De retour d'une balade autour de Sapa, hélas écourtée par la pluie et la brume (j'avais prévu au départ de suivre une piste entre I Ty et Phong To....dans la mesure du possible, et revenir à Sapa par Lai Chau et Tam Duong ; ce sera pour la prochaine fois !). Donc, parti en moto un dimanche matin direction le village hmong de Muong Hum. Pour y aller, on prend la route de Lai Chau et tourne à droite au 1er embranchement, direction Ban Xeo. Très belle route goudronnée jusqu'avant Ban Xeo (on tourne autour d'un énorme massif culminant en dents de requin - les "3 aiguilles" des français - qui culmine à 2600 m) ; ensuite, c'est l'horreur, une "route" défoncée, avec des portions en rocailles, des travaux partout, des gués, etc. donc actuellement pas pour des motards n'ayant pas l'habitude. Le marché est très sympa et sans touristes (j'en ai retrouvé 2 et pourtant, c'était le jour du marché et en plein wee-end du 1er mai !) ; c'est la première occasion de rencontrer des Ha Nhi. Petit resto-casse croute au coin du pont.
Ensuite, traverser le pont direction I TY, le village Ha Nhi le plus proche de la frontière chinoise. Les Ha Nhi, c'est encore un mystère, une petite minorité du
Vietnam d'environ 20 000 individus concentrés dans les districts très reculés de Muong Té (nord-ouest de Muong Lay, ex-Lai Chau) et du Ba Xat (nord de Sapa-
Lao Cai) ; la majorité vit dans le Yunnan chinois et un millier dans la région laotienne de Phong Saly. De langue tibéto-birmane, on ne sait pas trop d'où ils viennent vu qu'ils n'ont que des traditions orales (qui veulent qu'ils descendent des YI et sont apparentés également aux Akha et aux La Hu). On pense qu'ils sont descendus des confins tibéto-birmans vers le 3e siècle, et qu'ils soient entrés au
Vietnam il y a très longtemps, la plus grande migration s'étant tenue il y a environ 300 ans.
Du temps des français (dixit Bodard dans un de ses livres, où il parle notamment dans
Le Fils du Consul) "d'un autre soulèvement sanglant des Ha Nhi" annoncé par son père le Consul), les hommes étaient célèbres pour être d'excellents cavaliers qui rataient rarement leur coup avec une lance, donc on leur fichait la paix.
Très beaux costumes des femmes avec manches de nombreuses rayures horizontales multicolores (une semaine rien que pour les broder) ; elles sont réputées pour prendre un soin incroyable de leur coiffure : elles confectionnent des perruques nattées avec des filament d'écorces et de racines, puis teintes ; elles lients ces perruques à leurs cheveux pour composer une longue chevelure nattée en 3 brins, un de chaque côté de la tête et un derrière ; elles couvrent le tout d'un turban brodé, et elles ne quittent jamais cet harnachement. Les petites filles portent des chapeaux de couleurs vives décorés de pièces d'argent et de rangées de perles multicolores, et les garçons des bonnets multicolores plus simples, la croyance voulant que ces chapeaux préservent l'âme des enfants. Pour les déplacements, elles portent des hottes, non pas suspendues aux épaules, mais sur le devant du front par un large bandeau de tissu.
Ils vivent en petits villages installés au pied des collines - et non en hauteur comme chez les hmongs - près de rivières ou ruisseaux. Leurs maisons sont en torchis, beaucoup peintes en blanc à la chaux, avec toit en chaume, et cultivent le riz inondé et le maïs. Animistes, ils pratiquent le culte des Ancêtres.
I Ty est un village typique des Ha Nhi. Il y a une GH avec le stict minimum de confort, ainsi qu'une sorte d'hôtel d'état ; je n'y ai pas couché car le temps se gâtait donc je suis rentré en 4e vitesse à Sapa.
Cela fait une belle ballade d'une journée tranquille sans touristes autour, en moto si vous pouvez négocier la rocaille de la piste Ban Xeo-Muong Hum, ou en 4x4 de location. Certaines agences de Sapa et autres proposent également des trekkings dans le coin.
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