Notre thé savouré, nous parcourons les quelques km qui nous séparent de l'erg El M'hazil.
Les El M'Hazil sont une tribu dont le territoire va de Foum Zguid à
M'hamid. C'est le nom de l'immense erg qui s'étend sur ce territoire. Le nom de Chegaga, donné à la partie Est de l'erg est récent. Ce sont les Français qui l'ont introduit, puis rendu familier.
Zaouia fut créé il y a 8 siècles par Sidi Abdenbi, saint fondateur de la tribu.
Nous arrivons donc pour le coucher de soleil et, illico presto, nous grimpons sur les premières dunes pour admirer le spectacle. Celle-ci ne sont pas très hautes, ce qui tout compte fait nous arrange bien.
Les dunes s'étalent jusqu'à l'horizon. Peu hautes en général, elles sont tout à fait comme un océan de sable. Au bout, sans doute le Drâa, puis l'
Algérie.
La-haut, car nous avons quand même grimpé la plus haute vague, les petits bretons ont l'air scotchés, pétrifiés...
Effectivement, c'est pas mal. Et c'est aussi dangereux que la mer. Abdoul nous contera qu'à proximité immédiate un touriste est décédé en juillet : enlisé en 4X4, il a essayé de rallier Zaouia à pied, à 8 km. Il est décédé avant d'arriver. Comme on dit : " A bon entendeur......"
Nous croisons plusieurs séries de traces, qu'Abdoul identifie comme étant des traces de fennecs. Mais nous ne verrons pas les charmantes petites bêtes. Ici, Papa, Maman et le petit dernier....
Le soleil se couche.....
Nous allons manger, puis commence une veillée au coin du feu. Le tamaris, brûle très bien, mais nous apprenons que l’acacia est meilleur, et encore que l'acacia femelle brûle mieux que l'acacia mâle,....
Nous sommes allongés sur des tapis. Le ciel est magnifique, la voie lactée s'étire, les étoiles filantes strient le ciel de temps en temps. Que demander de plus ? Tout d'un coup, je vois une étoile filante exploser en un petit feu d'artifice lors de son entrée dans l'atmosphère. Génial. Il s'agit d'un type de météore qu'on appelle un bolide. Je découvrirai, en faisant quelques recherches à mon retour, qu'il est rarissime d'en observer (les chanceux en voie 1 dans une vie). I y a même un site au niveau mondial pour les déclarer car qui dit bolide dit météorites fraîches au sol.
Nos hommes sont désormais 4. 2 bassines et un bidon de métal, des chanteurs, et le nouveau quartet du désert est né. Pendant 1 h 30, concert de mélopées du désert, danses autour du feu. Même ma fille, qui est musicienne professionnelle, s'y met avec son répertoire de
Bretagne, accompagnée aux percussions par nos gaillards. Curieux mélange.
Passé une bonne nuit, je suis le premier debout (et le seul), pour admirer le lever de soleil. Il fait froid. Pourtant, nos musiciens dorment dehors sous une simple couverture.
Je profite de ce moment pour aller marcher un peu dans les premières dunes. Entre 2 dunes, on trouve des cuvettes correspondant à l'ancien fond du lac d'Iriki. De nombreux petits cailloux s'y trouvent posées, ce sont pour partie des petits outils de pierres, utilisés là aux temps néolithiques ou paléolithiques. Ici, les 4X4 des rallyes et des touristes n'ont pas détruits les sols.
Je trouve rapidement une vingtaine de petits outils, grattoirs, perçoirs, etc....
Je rentre donc au bivouac les poches pleines de petites pierres. Voici une vue du lieu d'implantation. Le bivouac est très simple avec 3 petites tentes pour les invités, un plus grande pour l'intendance. Il y a 2 petits bâtiments en dur, dont les sanitaires.
La salle à manger est lumineuse, exposée sud et bénéficie d'une vue dégagée (comme dirait Stéphane Plazza...)
La cérémonie de la pose du turban est impressionnante. Le chèche des locaux fait au moins 5 mètres de long et n'a rien à voir avec celui qui est vendu au touriste. D'ailleurs, j'ai du mal a imaginer la tête d'un touriste qui essayerai de se mettre çà autour (et sur) la tête.....
Bon, on ne s'en lasse pas....
A perte de vue....
Ici, vous êtes seul. Il n'y a ni touristes (autre que vous), ni quads, ni.... ni.... oualou total.
Sauf la faune du désert : ici un scarabé à peiné à monter une pente (non, ce n'est pas une trace de VTT).
Ce n'est pas un lézard me dit Abdoul, mais un " poisson du désert".
Çà, par contre, c'est un lézard. Notre hôte a croisé dernièrement un warrant du désert, cet énorme
lézard. Il ne savait pas lequel des 2 avait eu le plus peur.
A suivre