La nuit s'est déroulée au calme dans une ambiance thermique idéale.
Azrou est, en effet, située en altitude et les températures descendent largement sous les 20 dès la tombée du jour.
Une fois le problème de la douche réglée (un bouchon obture quelquefois la bonne évacuation des eaux pour éviter une arrivée intempestive de bestioles et de désagréables odeurs), nous nous dirigeons vers la salle du petit déjeuner.
Ahhh, les petits déjeuners marocains !
Un jus d'orange toujours fraîchement pressé, un café bien noir et de délicieuses crêpes trouées, les baghrirs.
Il n'y a plus qu'à les arroser de miel et à les dévorer !
Les crêpes feuilletées, les msemmens, sont plus lourdes et parfois bien grasses. Une seule suffit souvent à caler les petits appétits...
Repus, nous démarrons la Dacia pour une brève expédition courses au Carrefour du coin.
Son but, trouver de quoi compléter nos menus pique-nique (le chorizo et les deux pâtés emportés ne feront pas tout...) mais aussi de quoi assouvir une envie de boire autre chose que de l'eau quand nous serons dans la maison louée à Akchour.
Aucun problème pour acheter du pain, des fruits et du fromage mais il est trop tôt pour le vin...
Le rayon alcool n'est pas encore ouvert, il faudra revenir !
Dis, Agnès, je croyais que l'alcool était interdit par l'islam ?
Certes (quoique pour certains, seule l'ivresse est à proscrire) mais, au
Maroc, tout n'est que paraître.
Il faut passer pour un musulman 100% halal en public.
Mais, en privé, c'est une autre affaire...
L'alcool coule à flot dans certaines maisons, des couples se forment en catimini, un homme rencontre d'autres hommes, une femme d'autres femmes, le ramadan est oublié voire même la croyance en un dieu...
La clientèle est donc en quasi majorité locale mais la cave reste à l'abri des regards au sous-sol du magasin.
Les soucis d'intendance résolus, nous prenons la direction de la forêt des cèdres, la principale attraction du coin.
Le vénérable cèdre Gouraud, 800 ans au compteur, est malheureusement mort mais la forêt, elle, est toujours là !
Nous nous garons au niveau de la maison de la Cédraie et partons en goguette parmi les conifères et les macaques de Barbarie.
Les singes sont très faciles à trouver. Logique, des marchands de cacahuètes incitent les touristes à les nourrir alors que cela est formellement interdit.
Résultat, les malheureuses bêtes finissent par ressembler à Kim Jong-un et fouillent les poubelles au lieu de vaquer à leurs habituelles occupations.
Les arbres connaissent un meilleur sort et se dressent majestueusement le long des sentiers apportant l'ombre et la fraîcheur qui manquent tant aux habitants des plaines.
Prochaine étape, le monastère de
Toumliline
où fut tourné le film Des hommes et des dieux.
Nous sommes bientôt alpagués par un monsieur qui nous propose, dans un français impeccable, une visite guidée des lieux, lieux qu'il a lui-même fréquentés en tant qu'élève il y a plus de 50 ans.
Il est aujourd'hui le gardien du temple et en a conservé toute la mémoire.
Nous n'aimons pas vraiment les visites guidées (langue pas toujours maîtrisée, laïus trop technique, débit d'une mauvaise récitation) mais nous nous laissons cependant tenter.
Bien nous en a pris, ce vieil homme sait faire revivre le bâtiment !
Nous enchaînons par une escapade routière entre les cèdres jusqu'au village d'Ain Leuh auprès duquel nous pique-niquons.
Un café ?
Cap à l'est jusqu'à la petite ville d'
Ifrane, une station climatique aux airs de bourgade de montagne.