Bonjour Fabienne,
Ce qui est difficile (pour moi) c'est que ces enfants doivent grandir et se construire sans leur mère...

.
J'imagine que ça doit être aussi un profond et douloureux déchirement pour ces mères de laisser leurs enfants derrière elles pour s'occuper d'autres à l'autre du bout du monde.
J'ai eu l'occasion de rencontrer et de sympathiser avec ces
breadwinners (soutiens de famille) à
Paris,
Monaco,
Chypre ou
Dubai, le mot qui revient le plus souvent est "sacrifice".
Une expression souvent entendue aussi de leur part :
"bahala na", traduire par
"il n'y a rien à faire ! Dieu pourvoira".
Si l'espoir d'une vie meilleure pour leurs enfants est la première des motivations, l'emigration de la main d'oeuvre pinoy ou pinay, nombreuse et peu coûteuse, est surtout un marché organisé par l'Etat.
Khrapka me corrigera si les chiffres ne sont pas bons, l’exportation de main-d’œuvre est un secteur d’activité à part entière car les fonds que les migrants envoient à leur famille représentent presque 10 % du PIB, ce qui constitue une manne pour l’économie nationale, fournissant un apport de devises, améliorant sensiblement la balance commerciale, assurant la vie de millions de personnes et stimulant la consommation. Le départ de ces migrants permet aussi d’atténuer la pression démographique et sociale car, avec une population de plus de 107 millions d’habitants et une démographie galopante, le pays connaît de forts taux de chômage et surtout de sous-emploi. Plus de 21% de la population vit encore dans la misère.
Ce mouvement migratoire a été encouragé officiellement par le dictateur Marcos en 1974 quand les États du Moyen-Orient enrichis par les pétrodollars avaient besoin de travailleurs dans le bâtiment, la construction d’infrastructures, puis dans les services.
Tous ses successeurs lui ont emboîté le pas, en améliorant peu à peu "le système": des organismes ont été mis en place pour encadrer, gérer, voire protéger les travailleurs philippins à l’étranger, de plus en plus nombreux, mais dont on sait qu’ils doivent faire face à des situations souvent dramatiques. Les cas de salaires non payés, travail forcé, harcèlement sexuel, viols, brutalités en tous genres et suicides sont légion. Les autorités semblent prises entre la crainte de mécontenter les employeurs étrangers et la pression d’une opinion publique de plus en plus sensible aux cas d’abus qui pourraient décourager des candidats au départ. Elles préfèrent exprimer leur gratitude en honorant publiquement les OFW comme "héros modernes" de la nation.
Il y a aussi le poids de la famille qui est une institution fondamentale en Asie. Dans les familles nombreuses, le premier qui a fini ses études et trouve un travail consacre les trois quarts, sinon plus, de son salaire à aider ses parents pour la scolarisation de ses autres frères et sœurs. Et cela ne finit jamais car quand tous les frères et sœurs ont terminé leurs études, ils sont prêts à aider encore des cousins et puis leurs neveux et nièces.
De plus, les femmes dans le documentaire en parlent très bien, l'argent rapatrié en travaillant durement ne profite pas toujours aux migrants ni à leurs familles.
@applevillage
Je n'ai pas trouvé ce documentaire tapageur (le tire du film documentaire n'est que "Overseas") ni versé dans le sensationnalisme, il donne un espace de liberté à ces femmes pour s'exprimer et raconter leur quotidien.
Il est vrai que beaucoup de programmes diffusés sur nos chaines ne peuvent être vus à l'étranger. Vous avez essayé Molotov ?