... Merci pour votre patience. Voici la fin de ce carnet...Lundi 23 juillet
Lever aux aurores, une journée chargée nous attend.
Plus nous approchons d’
Oulan Bator plus les troupeaux cèdent le pas aux cultures vivrières Un champ de colza d’un jaune pétant au pied d’une montagne soulignée par d’immenses espaces labourés complète le nuancier des couleurs qui dominaient jusque là.
L’accès à la capitale en plein chantier nous rappelle les pistes les plus chaotiques, la poussière en sus du fait d’un trafic de plus en plus dense.
1er arrêt au monastère de Gandan dont le bouddha doré de 30 mètres veille sur l’université bouddhiste de
Mongolie. Beaucoup de moines, de pèlerins, de touristes et aussi de vrais pigeons et bien sur, des petits marchands.
Nous embrayons rapidement pour libérer Adia et son camion et faisons devant l’hôtel de courts adieux à notre chauffeur dont on se demande s’il profitera longtemps de sa retraite vu le cancer qui lui mange la cuisse. Peut être avons nous été conduits par un futur chaman!
Un petit saut à Air China pour confirmer le vol de retour et nous repartons pour le musée préhistorique abritant d’imposants squelettes d’animaux présents bien avant l’homme qui nous font froid dans le dos. Mais vu le rythme de la visite pas de quoi s’enrhumer.
Puis c’est le tour touriste par excellence avec la case usine à cashmere. L’ambiance des ateliers est bien glauque et les ouvrier(e)s que nous croisons lors de leur pause déjeuner n’ont pas l’air de rigoler tous les jours. A raison de 12h de boulot quotidien 6 jours hebdo dans ces sous sols obscurs et humides on les comprend. Même si Bayna nous assure de leurs très bons salaires. 500€/mois ça fait pas lourd du SMIC horaire.
Vu les prix du produit à la vente on voit bien qu’il y en a au moins un qui s’en met plein les poches.
Nous restons très sobres dans le achats, puis engageons un petit bras de fer avec notre guide au sujet du repas de midi qu’il honore finalement dans une gargote du marché noir où nous sommes curieusement accueillis au son de « Voyages » de Desirless.
Et c’est presque encore au pas de course que nous visitons cette immense foire où l’on trouve de tout à condition de ne rien chercher en particulier. Après quelques frissons dans le carré des accessoires, pattes d'aigles, os de loup... réservés aux chamans, nous émergeons finalement deux heures plus tard avec fausses bottes de cheval, cordage, pantoufles, couteau, chapeau et cigarettes à un prix défiant tous les moyens du ministère de la santé.
La sortie du parking est une énorme injure à la bonne conduite. Nous asphyxions pour trouver deux taxis au noir un peu moins pourris que celui qui nous amena, malgré tout, à bon port jusque là.
L’heure du spectacle approche, la marche forcée reprend et nous avalons encore pas mal de poussière avant d’arriver au théâtre ad hoc.
La mise en scène hésite entre tradition et modernité, les décors et costumes sont très soignés. La diversité des instruments et des interprètes complète, sans toutefois égaler surtout pour les
khoomi (chants de gorge) la prestation de la veille. Un numéro de contorsionniste nous laissera baba.
Nous finissons nos emplettes dans les boutiques souvenirs avant d’aller souper, épuisés, dans un « indimex » où nous invitons Bayna à partager ce dernier repas.
Gavés de nans et autres burritos nous rentrons à l’hôtel, non sans laisser encore quelques tugriks au hasard des marchands dont les magasins semblent ne jamais fermer.
Une douche et au lit.
«Heureux celui qui reçoit des hôtes, c'est une heureuse maison que celle où des chevaux sont toujours attachés devant la porte.»
Proverbe mongol
Mardi 24 juillet
Hier nous avons connu une des très rares journées sans pluie de notre séjour.
Véro s'est réveillée les intestins vrillés... pas terrible pour les 30 heures de voyage qui nous attendent!
J'ai avalé mon petit déjeuner à la hâte et ma tête de linotte a quitté la chambre d'hôtel en oubliant son journal de bord.
Drôle d'acte manqué.
Bayna, contacté avant qu’il ne quitte l’aéroport, m'arrange le coup et me l’enverra par la poste.
Décidément épatant ce garçon, même s’il n'apprécie guère les chinois, qu'il trouve trop nombreux (!), trop envahissants, trop médiocres, trop âpres au gain, même s'il pense que tous les Sud Coréens sont de dangereux obsédés sexuels et qu'il se moque des touristes japonais qui viennent pleurer leurs pères morts à la guerre.
Que dira-t- il des Français quand ils seront rentrés au bercail, après une aventure si exceptionnelle. Tous ébouriffés d'un souffle de liberté, ressourcés de tant de beauté, certains d'avoir appris un peu et de savoir qu'il leur reste encore tant à découvrir en
Mongolie et par le monde ?
Nous décollons, mon dernier proverbe mongol est pour lui et son magnifique pays.
«
La distance qui relie la terre au ciel est celle de la pensée»