Bonjour Andrés,

Les sujets que tu abordes dans tes messages (comme ceux d'arthuuur il y a quelques semaines) ont déclenché des réactions qui m'ont interpelée.
Je vais simplement reprendre des expressions que j'ai lues dans quelques discussions récentes, sans citer ni mettre en cause les personnes qui les ont écrites, ce n'est pas du tout mon but :
on est pas des parasites on fait juste nos vacances en camping, c est une autre maniere de voyage tout en espectant les gens qui vont ds les hotels 5 etoiles.Ce sont deux mondes tellement différents ! comme 2 étrangers méfiants mis face à face, incapables (voire non désireux) de communiquer. Leurs codes/langages ne sont pas les mêmes, les raisons de leur présence ne sont pas les mêmes, leur façon de "profiter" des lieux ne sont pas les mêmes. Alors au mieux, ils s'ignoreront...
Notre première découverte de la
Polynésie remonte à 2001; nous avions des amis sur Bora qui allaient quitter le fenua pour revenir en métropole après pratiquement 20 ans dans les îles. Ils nous ont, en quelque sorte, mis le pied à l'étrier ; ils étaient le joli prétexte de notre premier périple. Nous avons donc débarqué, sur leur conseil, avec notre matériel de camping : pour avoir eux-mêmes vécu en autonomie complète sur leur atoll des Tuamotu pendant plusieurs mois et connaissant notre façon de vivre (sport, camping, nature etc...), ils nous ont encouragés à venir découvrir la
Polynésie "autrement".
"Riches" de leur expérience, de quelques récits lus sur internet et d'un Lonely Planet plein de renseignements pratiques qui répertoriait déjà les principaux campings "officiels", nous avons passé 2 mois absolument extraordinaires : balades à vélo, balades à pied dans toutes les îles de la Société, avec tout ce que cela peut générer de rencontres et de moments inattendus et étonnants.
Déplacements faits sans pass aérien (mais ça ne veut pas dire sans prendre l'avion).
Tout cela était un CHOIX mais il y a bien peu de personnes qui, plus par méconnaissance que par intolérance (c'est en tous cas ce que je veux croire) puissent concevoir que ce style de voyage ou de vacances (peu importe le mot) soit agréable et tout à fait ordinaire pour d'autres. J'ai bien lu dans un message une réflexion révélatrice qui m'a fait sourire
"il n'est pas si facile que ça de camper (...), enfin si en sauvage mais ç'est pas la joie" 
Mais si, justement



je comprends ceux qui s'offrent un voyage en Polynésie, en sachant qu'ils ne pourront pas y revenir de si tôt, (...) le budget en prend un sacré coup ! alors on se dit : faisons le maximum d'îles.Il n'y a pas "que" l'aspect temps/argent dans un voyage: certains courront toujours partout, tout le temps, car "il faut" en faire un maximum, avoir "tout vu", "tout fait" pour passer à autre chose, à un autre pays et ainsi de suite... Ce sont d'ailleurs souvent les plus mal embouchés car quand on paie (et en l'occurrence quand on paie cher), on en veut pour son argent.
D'autres reviennent pour approfondir, faire différemment. Sans doute moins argentés mais pas forcément, ils ont surtout des priorités différentes et s'accommodent bien souvent de conditions matérielles plus chiches. Je regrette qu'ils soient pour cela comparés à des marginaux pas fréquentables, voire condamnables. Tous les voyageurs ne sont pas à assimiler à des clodos ou des traine-savates inactifs ; ils ont généralement pensé leur voyage et réalisent une démarche personnelle en payant... de leur personne.
Quand on sort volontairement du circuit touristique, les contacts avec les habitants sont infiniment plus simples et chaleureux. Et les échanges avec les autres voyageurs dénués de toute compétition d'argent.
A la limite je dirais que l'un y va pour son enrichissement personnel quand les autres y vont pour dépenser leur argent.
Où laisser le sac à dos pendant le snorkeling ?Ma foi, l'une des réponses m'a paru complète et logique : soit vous êtes dans des endroits fréquentés et
"vous faites une relève", soit vous êtes dans des lieux isolés et le problème ne se pose même pas.
De toutes façons,
Vous voulez faire du camping sauvage??? Alors, il faut assumer. C'est valable pour bien d'autres situations dans lesquelles tu te seras volontairement mis. A toi d'envisager les solutions possibles en y ayant réfléchi auparavant puisque c'est
ta façon de fonctionner (ce n'est pas une leçon de morale, je parle en connaissance de cause

).
TOUTE CETTE JUSTIFICATION N EST LA QUE POUR FAIRE TAIRE LES MAUVAISES LANGUES QUI PENSENT QU ON VIENT SQUATTER SANS RIEN APPORTER. Ce que tu vis ainsi n'est pas l'échange de monnaie "sonnante et trébuchante" pour lequel tu es sensé être venu en payant des services formatés, à des tarifs souvent prohibitifs et proposés comme étant incontournables... Par ce circuit parallèle, tu ne fais effectivement pas avancer l'économie touristique "traditionnelle".
Vaste débat en perspective si le tourisme polynésien ne doit se résumer qu'à celui qui est vendu par les agences ou TO à des tourtereaux en lune de miel, retraités à l'aise et/ou touristes entièrement pris en charge pour faire résonner le tiroir caisse...
En achetant dans les boutiques, en mangeant dans les snacks, aux roulottes, en louant des vélos, des scooters, en empruntant des transports locaux, etc... tu participes pourtant bien à l'économie locale.
Mais il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut rien entendre...
Les messages fourmillent de détails prouvant ce fossé, cette incompréhension (ce mépris ?

). Dommage non ?
Preserver ces lieux magiques! n allez pas consommer la bas et surtout respecter l espace naturel. Quand on a l'habitude de voyager par ses propres moyens quelle que soit la destination, pourquoi effectivement faudrait-il faire différemment en
Polynésie ? Une consommation à bon escient (un guide pour une rando difficile, un billet pour un spectacle de qualité, un vol hors pass pour un atoll hors des sentiers battus, une sortie resto pour le plaisir gastronomique etc...) n'a rien à voir avec de la radinerie. Simple gestion de budget.
Et pour finir, je voudrais rassurer ceux qui déjà s'offusqueraient des éventuelles saletés que pourraient laisser derrière eux de tels personnages : il n'y a pas plus respectueux de la nature que les gens qui aiment y vivre. Alors lorsqu'elle est belle comme en
Polynésie, elle ne peut qu'appeler au respect de sa propreté (les papiers gras abandonnés et bouteilles dans les fossés sont rarement le fait des rando-voyageurs).
Bon voyage à tous