Souvent je lis des messages de gens qui se disent à la recherche de destinations "hors des sentiers battus". Le
Kosovo se pose là. Surtout en hiver !
De l'aéroport à
Pristina, le trajet en taxi m'a coûté 20€. A
Pristina, la partie piétonne du boulevard Mère Térésa héberge de nombreux cafés et restaurants où la nourriture est copieuse et pas chère du tout. Pour aller au
monastère de Gracanica depuis
Pristina, il faut aller à la gare routière (légèrement excentrée, mais accessible en 20mn à pied depuis le centre-ville) et prendre le bus à destination de Gniljan. Trajet très rapide, 50 centimes. A Gracanica, la pizzeria Fratello sert des plats basiques à des prix modiques (tous les prix sont modiques au
Kosovo). De Gracanica, j'ai fait l'aller-retour en taxi vers Lipljan (où subsiste une petite communauté serbe autour de deux églises) pour 15 euros. C'est peut-être un peu élevé, mais le chauffeur vit dans un petit village complètement isolé, donc je me dis que cet argent lui sera utile.
De
Pristina à
Mitrovica, le trajet en bus coûte 1,50 euro. Les bus sont normalement fréquents, même si j'ai dû attendre le mien plus d'une heure (peut-être parce que nous étions un samedi, 2 janvier de surcroît). Trajet d'une petite heure. Pas la peine de réserver son billet, on monte dans le bus et on paie à l'assistant du chauffeur pendant le trajet (technique très balkanique). A
Mitrovica, j'avais fait le choix de loger dans la partie nord (donc serbe) de la ville, à l'hôtel North City, également connu sous le nom de Number One. Bon hôtel, très bon staff, 31€ avec petit déjeuner. Le restaurant de l'hôtel sert une bonne nourriture, plats copieux. Il n'y a rien de très particulier à voir à
Mitrovica au sens touristique du terme, mais il y a une ambiance à sentir. Le mieux à faire est donc de se balader dans les deux parties de la ville, l'une couverte de drapeaux serbes, l'autre de drapeaux albanais. Comme me l'ont dit plusieurs personnes, "on s'en fout du drapeau du
Kosovo". J'ai tout de même pris un taxi (160 dinars, environ 1,50 euro) pour aller à la forteresse de Zvecan. Magnifique point de vue de là-haut, mais attention, sol très glissant sous la neige !
De
Mitrovica à
Pec, il y a des bus à la gare routière (côté sud de la ville). J'avais fait l'aller à pied jusqu'à l'hôtel (environ une demi-heure), mais pour le retour j'ai pris un taxi commandé par le staff du North City. Ils font venir un chauffeur albanais (les serbes ne vont pas dans le sud de la ville) qu'ils connaissent bien, 4 euros le trajet. A la gare, j'ai eu un bol monstre car un minibus partait pour
Pec juste quand je suis arrivé (départ 10h10). Le trajet coûte 3,50 euros et dure 2 heures.
A
Pec, j'ai logé à l'hôtel Dukagjini (55€ par nuit avec petit déjeuner). Hôtel luxueux, exactement comme le décrit le LP. Le patriarchat est accessible à pied en 20mn. Il faut laisser son passeport à l'entrée. Une ancienne église orthodoxe est visible au centre de la ville, sur Korza street. Pas simple à trouver car entourée de hauts immeubles. Elle a été détruite en 2004, puis restaurée en partie depuis. De
Pec, possibilité également de se rendre à Decani pour y visiter un autre monastère serbe, "Visoki Decani". Il faut aller à la gare routière (15mn à pied depuis l'hôtel) et prendre le bus pour
Gjakovë. Les bus sont très fréquents, 1 euro. Le bus vous descend quelque part à Decani, ensuite il faut marcher et prendre un chemin vers la droite. Comme rien n'est indiqué (le village est albanais), j'ai demandé mon chemin à des policiers, très coopératifs. Il faut un petit quart d'heure pour arriver au monastère, où il faut également laisser son passeport. La zone a été le théâtre d'intenses combats durant la guerre, donc le village est plein de drapeaux albanais et de plaques commémoratives. Aux alentours, vous pouvez voir de nombreux cimetières. Dans Decani, la pizzeria Aurora est très bonne. Pour repartir, comme il n'y a pas vraiment d'arrêt, il suffit de se mettre sur le bord de la grande route et d'arrêter un bus qui va à
Pec.
De
Pec à
Prizren, je m'y suis pris à deux fois, mais il y a des bus directs. J'ai d'abord fait
Pec-Gjakova, puis Gjakova-
Prizren, à peu près 1h chacun pour 4 euros au total (payés au premier bus, qui s'est arrangé avec le second). De la gare des bus au centre-ville, 1 euro en taxi (10-15mn à pied). Je logeais à l'hôtel Prizreni pour 40€ par nuit, petit déjeuner compris. Bon hôtel, propre. Juste à côté de la mosquée Sinan Pasha, donc réveil assuré pour l'appel à la prière de l'aube ! Très jolie ville, aisément visitable à pied, avec son lot de monastères et églises orthodoxes détruits par des vandales (en 2004 principalement).
Après
Prizren, j'avais décidé de passer quelques jours à
Tirana. Il m'a été impossible de trouver la moindre information sur les bus à la gare routière de
Prizren. Heureusement, un gars qui traînait par là m'a expliqué que je n'avais qu'à me présenter le matin à l'entrée de la gare, où des "fourgons" relient l'
Albanie. C'est ce que j'ai fait et effectivement, un fourgon attendait. On est partis à 8h45, mais pas directement pour
Tirana. On a fait quelques arrêts dans des village du
Kosovo pour prendre des gens (on a fini à 12 pour 9 places) ou livrer de la nourriture. On a passé la frontière après ça (très rapidement), mais le fourgon s'est arrêté à Kukes, où on m'a transféré vers un autre. Pas de souci pour le paiement, ils se sont arrangés entre eux, par contre il a fallu attendre que ce fourgon soit plein lui aussi, et on est partis après ça. Au final, je suis arrivé à
Tirana quelques 4h plus tard (et non pas 2h30 comme les fourgons sont supposés faire), mais même pas au centre-ville : le fourgon s'est arrêté quelque part au nord. Heureusement qu'une dame qui voyageait avec moi s'est proposé de me prendre en charge, sinon j'aurais mis une demi-heure de plus. J'étais pas pressé, donc c'est pas si grave, mais le trajet
Prizren-
Tirana peut être assez long. On était en janvier, c'est peut-être différent au printemps et en été quand il y a plus de monde.
A
Tirana, j'ai séjourné au B&B Smile pour 35€ avec petit déjeuner. C'est un endroit très sympa, qui occupe un étage dans un immeuble, avec 4 ou 5 chambres. C'est géré comme un B&B, pas un hôtel. Vous arrivez, vous vous enregistrez et vous vivez votre vie. Il n'y a pas quelqu'un à la réception 24h/24 (en tout cas pas en janvier), il faut se mettre d'accord avec eux pour votre arrivée, mais ensuite ils sont toujours disposés à vous aider. Pour mon dernier jour, ils m'ont arrangé une voiture jusqu'à l'aéroport pour 20€, un assez bon prix si je compare avec ce qu'un taxi m'aurait demandé.
Tirana est une ville très relax, avec énormément de bars et cafés où se reposer. A la différence du
Kosovo, les femmes fréquentent également les cafés, même sans la compagnie d'hommes.
En résumé, j'ai été très agréablement surpris par
Tirana. Je connaissais déjà le
Kosovo. J'ai pu y constater que même si la guerre est déjà finie depuis longtemps et les tensions cachées, il suffirait de pas grand chose... D'ailleurs, une manifestation a dégénéré le 9 janvier à
Pristina, avec des jets de cocktail molotov sur des bâtiments officiels.