Bonne chance

La bactérie c. difficile résiste aux antibiotiques et au ministre Couillard
Presse Canadienne
| Le 20 octobre 2004 - 18:05
La bactérie c.difficile est loin d'être sous contrôle. Au contraire, elle résiste aux antibiotiques et tue un nombre croissant de malades dans plusieurs hôpitaux du
Québec.
"C'est un problème sérieux", a admis mercredi le ministre de la Santé, Philippe Couillard, en avouant qu'il ne possédait toujours pas toutes les données pour se faire une idée juste de l'ampleur du phénomène.
L'infection représente actuellement "la menace la plus grave" en termes de santé publique, a-t-il ajouté, lors d'un point de presse.
Les mesures prises par le gouvernement au cours derniers mois n'ont donc pas été suffisantes pour enrayer le Clostridium difficile, qui a réussi l'an dernier à se muter en une nouvelle souche plus virulente et beaucoup plus complexe que prévu à combattre.
L'an dernier, au
Québec, alors qu'elles séjournaient à l'hôpital, pas moins de 600 personnes en seraient mortes.
Pendant de nombreuses années, le taux d'infection à la bactérie c. difficile était stable, et on observait environ 10 cas par 1000 hospitalisations, avec un taux de mortalité de 1 à 2 pour cent.
Or, depuis 2003, on parle plutôt de 25 à 30 cas par 1000 hospitalisations avec un taux de mortalité atteignant près de 8 pour cent.
En clair, cette année-là, sans qu'on sache encore pourquoi, le nombre de personnes atteintes a pratiquement doublé, passant de 3000 à 4000, en moyenne, à plus de 7000, d'où l'inquiétude des pouvoirs publics.
Ces données proviennent d'une étude récente effectuée dans huit hôpitaux montréalais par la Dr Vivian Loo, directrice de la prévention et du contrôle des infections à l'Hôpital général de
Montreal.
En 2003, on s'est rendu compte que de nombreux hôpitaux ne respectaient pas les normes en vigueur de prévention de la bactérie. Dans un établissement, il faut l'équivalent d'une personne responsable de la prévention des infections pour 133 lits.
Mais "quand on a fait le portrait au
Québec à l'été 2003, on était à peu près à 25 pour cent de cette norme", a rappelé de son côté le directeur national de la Santé publique, le Dr Alain Poirier, lors d'un point de presse. "Cela a sonné la cloche d'alarme."
Pour avoir un portrait plus juste de la situation, il faudra attendre, dans quelques semaines, le dépôt du rapport du groupe d'experts qui a reçu le mandat de présenter des données à jour et formuler des recommandations quant aux moyens en vue d'éradiquer l'infection. On devrait alors connaître la situation pour chaque hôpital où des cas ont été observés.
La bactérie fait des ravages dans plusieurs régions, dont l'Estrie,
Montréal, la
Montérégie,
Lanaudière et l'Abitibi.
Au mois d'août, le Dr Jacques Pépin, du Centre hospitalier de l'Université de
Sherbrooke, a été le premier à sonner l'alarme, après avoir constaté le décès de dizaines de patients qui avaient contracté la bactérie.
Le ministre Couillard avait alors annoncé diverses mesures, consistant essentiellement à encourager le personnel hospitalier à se laver les mains fréquemment, désinfecter les locaux, isoler les patients atteints et réévaluer la prise d'antibiotiques.
Le Clostridium difficile est une bactérie qui s'attaque aux intestins, en produisant des toxines qui causent des diarrhées violentes, dans bien des cas mortelles.
Il n'est pas clair de savoir pourquoi le
Québec semble plus frappé qu'ailleurs. Le problème existe également dans certains Etats américains, en
Ontario et en
Alberta, notamment, a fait valoir M. Couillard.
Voir aussi:
www.radio-canada.ca/...icile-vendredi.shtml