Et toujours sans langue de bois il y a un "dépanneur" qui a été fermé en quelques minutes hier soir sur la Rue Jean Talon / d'Iberville parce que les employés voulaient se syndiquer....
Pour le bénéfice de vos lecteurs : et si vous donniez le portrait global, au lieu d’une vision tronquée du conflit?
Portrait de l’entreprise au 17 juillet 2011: 5 795 établissements (
Canada,
États-Unis,
Japon,
Hong Kong,
Chine,
Indonésie et
Mexique), dont plus de 550 au
Québec.
Nombre de dépanneur fermés en 2011 (au 17 juillet) : 87 pour cause de non rentabilité, dont 8 au
Québec.
Type d’entreprise : spécialisé dans le commerce de détail avec ses étudiants et les autres employés à temps partiel qui changent d'employeur fréquemment. Les marges bénéficiaires nettes sont de 1% dans les dépanneurs, ce qui ne laisse pas beaucoup de place à de futurs gains salariaux.
Nombre d’employés au
Québec : plus de 5 500. Moyenne de travailleurs par établissement = 10
Heures d’ouverture : ouvert 24 heures, 7 jours par semaine. 168 heures de travail par semaine par établissement.
Condition de travail : Surveillance du vol à l’étalage, tenue d’une caisse enregistreuse, à l’occasion pompiste (15 % des établissements au
Québec) Moyenne d’heures par employé par établissement = 16 heures. Taux horaire : 9,85 de l’heure (loi des normes du travail). Gains hebdomadaires moyen par employé = 157,60 $. Cotisations syndicale à payer si il y a accréditation syndicale = environ 10 $ par semaine, 500 $ par année (pour beaucoup d’étudiants cela représente les frais d’inscription à une session d’étude), 7-8 % de moins dans les poches des étudiants.
Offre d’emploi de l’entreprise : Une entreprise Québécoise (la même qui nous concerne ici) recrute présentement des employés en
Ontario et dans les Maritimes en faisant miroiter les conditions de travail suivantes:
1.Un appartement payé
2.Des billets d'avion pour retourner visiter sa famille
3.Une voiture
4.Tirages de prix en argent
Vous pensez qu'on fait ce genre d'offre mirobolante à des ingénieurs ?
Source : The Star.com, édition du 19 septembre 2011.
Bon an mal an, l’ensemble des cotisations syndicales au
Québec correspond à un montant qui est estimé entre
800 et 820 millions de dollars.
Il s’agit d’une estimation étant donné que
les syndicats ne sont pas tenus par le gouvernement de rendre publics leurs états financiers. Pourtant, en vertu des lois, tout cet argent est à l’abri du fisc. À quand plus de transparence ? Vous pensez que les syndicats toléreraient ce genre de situation dans le secteur privé ?
Le Conseil du patronat du
Québec, avais entrepris une campagne publique afin de permettre aux travailleurs de pouvoir voter quand ils font l'objet d'une tentative de syndicalisation. Oui, oui, chers lecteurs, vous ne rêvez pas en lisant ces lignes.
Actuellement,
ces derniers n'ont pas la possibilité de s'exprimer dans le cadre d'un vote secret en bonne et due forme puisque cela se fait par signature de cartes. Rien n'empêche, et le cas des dépanneurs est un bon exemple, les agents de syndicalisation de se présenter au domicile du travailleur, et ce, même à plusieurs reprises en cas de refus initial par ce dernier.
Qui plus est, la loi actuelle n'oblige pas le syndicat à consulter tous les travailleurs visés par la demande d'accréditation. Ainsi, si, par exemple, un travailleur est connu comme étant notoirement sceptique envers les syndicats, on peut tout simplement l'ignorer. Mais, une fois l'accréditation syndicale obtenue, on pourra alors le forcer à payer une cotisation en vertu de la formule Rand.
Bref, au
Québec,
un travailleur peut se retrouver forcé à payer une cotisation syndicale sans même ne jamais avoir eu au préalable l'occasion de s'exprimer. Autrement dit, dans un dépanneur ayant 10 employés à temps partiel, le syndicat n’a qu’à en convaincre 6 pour obtenir l’accréditation du dépanneur. Les 4 autres vous fermer vos gueules et vous payer vos cotisations.
Au fait, savez-vous combien gagnera le représentant syndical qui s’occupera de la nouvelle convention collective chez les dépanneurs? Entre 40 et 50 K $ par année. Le salaire annuel de 4-5 étudiants à temps partiel.
Plus de 1,3 million de travailleurs québécois sont couverts par une convention collective, soit 39,6% de l'ensemble de la main-d’œuvre, le taux le plus élevé en
Amérique du Nord.
Le ministère du Travail vient de publier la mise à jour de son document intitulé La présence syndicale au
Québec pour 2010. La province francophone arrive encore une fois en tête. Le reste du pays suit à 30,8%, l'
Ontario à 28% et les
États-Unis ferment la marche à 13,1%.
Un paradoxe amusant... Depuis quelques mois, deux grandes Centrales syndicales sont parties en croisade contre une possible intervention du privé dans le système de santé québécois.
Pourtant,
plus de la moitiédes conventions collectives signées par ces Centrales accordent à leur membre une assurance santé/dentaire...
privée ! Finalement, le privé ne doit pas être si mauvais que ça...
La Centrale syndicale décide de s’attaquer aux dépanneurs en vue d’y syndiquer ses employés. Après avoir réussi à forcer la syndicalisation de 15 000 gardiennes d’enfants en 2010, les 20 000 employés de dépanneurs font maintenant saliver la Centrale.
De même, il faut savoir les revenus annuels totaux des trois principales organisations représentant les entreprises au
Québec oscillent autour de 6 à 7 millions de dollars alors que les revenus annuels totaux des trois principales centrales syndicales québécoises sont de l'ordre de plus de 800 millions, excluant l'argent (et donc, le pouvoir) qui se trouve dans leurs fonds fiscalisés.
L’industrie des dépanneurs est aussi une curieuse cible pour les syndicats. Les propriétaires de dépanneurs en arrachent ces jours-ci. La contrebande de cigarettes, les frais excessifs des cartes de crédit et la hausse des prix de l’essence ont un effet dévastateur sur leurs revenus. Plus de 2300 dépanneurs fermaient leurs portes en 2009-2010 au
Canada, principalement au
Québec et en
Ontario.
Syndiquer des employés du secteur public est une chose. Syndiquer des employés de dépanneurs en est une autre. Les premiers n’ont pas à offrir des services 24 heures par jour, sept jours par semaine, avec des petites équipes de 10-15 employés à temps partiel, dans un milieu hyperconcurrentiel, pour une maigre marge bénéficiaire de 1 à 2%.
On ne syndique pas les dépanneurs ailleurs sur le continent pour plusieurs bonnes raisons. Ici, l’absence de démocratie syndicale dans les lois du travail permettra cependant de syndiquer un dépanneur sans même un vote des employés. La gloutonnerie des grandes centrales québécoises qui profitent de lois québécoises complaisantes transforme ces organisations en parasites géants cherchant à infiltrer leurs tentacules dans chacun des petits secteurs d’activité économique.
Qui dit syndicat dit négociation, qui dit négociation dit compromis afin d’en arriver à une entente et la signature d’une convention collective. Que céderont des employés à temps partiel, étudiants pour la plupart? Qu’exigera l’employeur?
Je vous le donne en mille : le patron exigera plus d’heures travaillées par employé. Terminer les dépenses d’énergies, de temps et d’argent à former du personnel qui, de toute façon, ne sera plus là dans une semaine, un mois. Au lieu de 10 employés par établissement il transformera chaque dépanneur avec 4 employés à temps plein (4 X 42 heures semaines = 168 heures). 60 % des emplois à temps partiel disparaitront. 3 300 étudiants aux
Québec devront se trouver un autre boulot, sinon adieu les études pour certains.
Le grand gagnant? Le syndicat. 1,1 million de $ par année (au
Québec seulement) en nouvelle cotisation dans ses poches. 4 millions $ pour l’ensemble du
Canada.
DeCléricy