J'ai terminé mon deuxième GR 20 Samedi dernier en 14 jours dans le sens Sud Nord, cette fois-ci avec ma nièce et filleule. Nous avons fait les variantes suivantes : alpine de Bavella, par le Monte Incudine entre Asinau et Usciulu, de Usciulu à Vizzavona en 2 jours au lieu de trois en s'arrêtant au Col de Verde et de Onda à Petra
Piana par les crêtes.
Voilà donc quelques informations fraiches et que j'espère utiles.
La majorité des dortoirs des refuges étant infectés de punaises de lit nous n'avons dormi qu'en tente de location. Nous avons croisé de nombreuses personnes qui se sont bien fait piquer, certaines avec de grosses réactions allergiques. Dans les tentes aucune piqûre à constater même si par précaution nous avons bien secoué les matelas avant de s'y installer. Ces tentes de location contiennent en général deux très gros matelas autogonflants, sauf celles de Ciottulu à I mori où les matelas sont un peu moins épais et celles de Ortu di u Piobbu où se sont de gros matelas entièrement recouverts d'un film. Il y en a en général suffisamment pour ne pas avoir besoin de réserver en ligne sous réserve de ne pas arriver trop tard sur les étapes un peu incontournables où tout le monde s'arrête (Usciulu, Manganu par exemple). C'est quand même assez cher : 23 € pour deux personnes en réservant en ligne, 25 € directement au refuge. Le simple bivouac est à 6 € !
Trois refuges sont désormais équipés de cabines douches et de toilettes sèches (Manganu, Carrozzu et Ortu di u Piobbu.), un vrai plus, la palme revenant à Manganu avec des cabines douches tout en inox y compris au sol avec une grille inox et un pédiluve en caoutchouc à leur sortie. Espérons le PNRC va poursuivre cette mise à niveau.
A la place du refuge d'Asinau qui avait brulé il y a maintenant une tente mess et une tente cuisine où se trouve le gardien.
A E Capannelle le refuge est fermé mais il y a les tentes de location du PNRC, des tables avec bancs et un réchaud gaz, sinon il y a toujours le gite d'étape.
Les diners dans les refuges sont très variables, de la simple assiette de pates carottes au menu complet, de 15 à 25 euros.
La plupart des bergeries sur le parcours proposent aussi quelques tentes de location.
Vizzavona a bien changé depuis mon premier GR 20 en 2005 : nouveau refuge et aire de camping, deux épiceries, deux bars - restaurants, de nouveaux propriétaires très accueillants à l'hôtel avec un succulent diner dont l'omelette au brocchiu et à la menthe et le fondant à la chataigne.
Un peu la même chose pour Asco : l'épicerie a été remplacée par une maison de la montagne du coup il n'y a que du petit ravitaillement au refuge, grand hôtel restaurant où l'on dine aussi très bien, tente de location sur l'aire de camping qui est toujours en plein dans les cailloux.
Au niveau des changements de parcours récents :
- L'ancienne longue étape historique Asinau Usciulu est maintenant coupée en deux avec un arrêt possible aux bergeries de Croci, Basseta ou Matalza (nouveau balisage GR). Dans le sens Sud Nord il est alors préférable de s'arrêter à Bavella plutôt qu'à I Paliri, ce qui est dommage car le gardien est très sympathique et de ne pas s'arrêter à Asinau pour aller directement aux bergeries. Dans le sens Nord Sud, en partant des bergeries on peut aussi ne pas s'arrêter à Asinau et poursuivre jusqu'à Bavella ou I Paliri. Beaucoup de personnes que nous avons croisées ne s'arrêtaient pas au refuge d'Asinau à cause du mauvais accueil, le seul sur tout le GR. De notre côté nous nous sommes arrêtés aux bergeries d'Asinau à 50 mètres en dessous du refuge et nous avons fait la variante par l'Incudine, l'ancien GR historique (nouveau balisage en variante avec deux traits jaunes).
- La nouvelle étape qui remplace le passage par le cirque de la solitude est beaucoup plus longue (au moins 2 heures de plus) et moins aérienne. Par contre les derniers tiers de chaque côté de la pointe des éboulis et du col Bocca Cruccetta sont très raides et on glisse beaucoup dans le sentier de terre et petits cailloux. Les 1200 mètres depuis Asco sont très longs et assez pénibles sur la quasi totalité du parcours, après le tiers raide du haut et équipé de chaines par endroit le reste n'est constitué que de pierriers et de rochers avec des passages où il faut s'aider des mains. Il n'y a qu'une demi-heure avant d'arriver à Asco que le chemin devient facile, juste avant il y a encore plusieurs chaines. L'étape étant beaucoup plus longue il faut partir très tôt pour éviter de se retrouver dans le brouillard ou pire entre la pointe des éboulis et le col Bocca Cruccetta. Tous les accompagnateurs que nous avons rencontrés trouvent aussi ce nouveau parcours plus problématique que l'ancien parcours par le cirque de la solitude et je suis de cet avis. En effet cela n'évitera pas les imprudents de tenter le passage même en cas de mauvaise météo et le risque est plus élevé car ce parcours est beaucoup plus long. Et pour les personnes prudentes c'est beaucoup plus casse gueule et sélectif.
Le parcours est assez bien balisé sauf par endroit. Il faut tout de même faire attention car je pense qu'il est balisé dans le sens Nord Sud et en venant du Sud toutes les marques ne sont pas toujours visibles et il faut penser à se retourner.