Moi j'aurai la prétention de dire qu'on peut mieux connaitre le
Sénégal que les sénégalais.
Pour nous, tout est différent, tout est nouveau, tout sort des critères de compréhension de nos educations cartésiennes, alors nous ouvrons les yeux, nous observons tout, nous essayons de comprendre et oui, il nous faut tout comprendre, tout expliquer... même l'inexplicable.
Le sénégalais, il vit dans son quotidien. Une termitière géante ne lui fera même pas dévier le regard, un paysage magnifique peut-être son lieu de travail, donc il ne le voit pas comme beauté naturelle mais comme richesse potentielle.
Un exemple, un sénégalais circule en pirogue de nuit, des lumières s'allument dans l'eau au contact de la coque qui fend les flots. Il le sait, point barre. A quoi ca sert de savoir ce que c'est ? Nous, toubabs, nous nous étonnons de ces lueurs qui illuminent l'eau au contact de la pirogue, alors on cherche à comprendre. Avec un peu de chance et de curiosité, on apprendra que ce sont des planctons qui, comme des lucioles, s'éclairent en cas de danger. Le calmar qui va les avaler sera peut etre effrayé par ces lueurs soudaines et la micro-algue sera sauvée. Les plus curieux apprendront qu'il s'agit de nictoflagèlés de la famille des noctibules.
Nous sommes content, nous savons... le local lui s'en importe peu, ce n'est pas cela qui lui permettra de mieux survivre. Il en va de même pour les coutumes, le mysticisme, la vie locale,... il en va de même pour tout.
Qu'est ce qui est le plus important ?
Tout savoir, tout expliquer, tout connaître ? ou bien survivre ?
Pouvoir briller en société ? ou savoir ce que l'on peut tirer de notre environnement ?
Alors, ce n'est pas parce qu'on connait mieux le
Sénégal que les Sénégalais que l'on peut mieux y réussir nos vies.