Homer
Le lendemain matin très tôt, c’est déjà l’effervescence dans le camping : c’est le retour des pêcheurs. D’un côté pendent les énormes halibuts et de l’autre les saumons.
Ils sont déjà rassemblés en petits groupes, se racontant sans doute leurs anecdotes pendant que les femmes commencent à nettoyer les poissons. Les hommes dans le coin ont l'air d'être des fans de ZZ Top, longue barbe blanche manque que la guitare qui est remplacée par la canne à pêche
Un des saumons pêchés fait environ 15 livres, belle bête. Les autres ne pèsent pas beaucoup moins, ils sont eux aussi énormes. Les déchets sont laissés sur les tables pendant un moment pour le plaisir des mouettes et autres oiseaux. Ici, rien ne se perd.
Nous continuons notre route jusqu’à Homer, il reste une trentaine de kilomètres à parcourir. Sur le chemin, dans une plaine, des mooses mangent tranquillement. Quelques cris plus tard, le temps de changer d’objectif et de faire demi-tour, ils avaient disparu. Tant pis. Même de loin, ils paraissent énormes.
Le Lonely Planet dit « Lucky is the visitor who drives into Homer on a clear day ». Et c’est vrai. La Sterling Highway fait un grand virage à gauche, avec un grand parking, et au bout de ce parking
Kachemak Bay se découvre avec ses eaux bleues et ses montagnes enneigées. Le spectacle est magnifique. A chaque petite parcelle de parking, des dizaines de voitures arrêtées immortalisent l’instant. Nous faisons un petit détour par le visitor center dédié à la faune marine de la région à l'entrée de la ville. Nous ferons une longue promenade sur
Bishop Beach et cette fois nous sommes de retour avant que la marée ne remonte et ne nous bloque.
Sur la plage, sur un épicéa un nid d’aigle. Les deux parents s’affairent autour de deux petits, plus si petits que ça d’ailleurs. On les entend très bien d’en bas. Un des deux aigles s'envole chercher de la nourriture. Nous le verrons plonger vers la mer et ressortir avec un poisson qu’il ramènera au nid pendant que l’autre ramène plutôt branchages et mousse. Quel beau spectacle ! Il n’y a qu’en
Alaska que l’on peut vivre de tels moments. Nous ne nous lassons pas d’observer ce spectacle si rare.
Le Spit d’Homer, cette grande langue de terre qui s’étire dans l’eau est remplie de mobilhomes. Que ce soit pour la journée ou dans les campings en front de mer, il y en a partout.
Dans les cabanons colorés, les sociétés proposent toutes sortes d’excursion à la journée, du survol, au bear et whale watching, water taxi vers
Kachemak Bay mais aussi de nombreuses petites restaurations ainsi que des magasins de souvenirs qui rivalisent d’objets kitchs.
Pourtant vers 18h00, alors que la saison touristique bat son plein, les échoppes sont fermées. Quelques irréductibles mais pas beaucoup. Le marchand de glaces est ouvert, c’est l’essentiel ! Après un bon barbecue ne manquait plus que le bon petit café !
Le lendemain, traversée en bateau vers le lagon d’Halibut Cove dans
Kachemak Bay State Park.
Nous avions réservé un bateau taxi un peu plus confortable que les autres, le Danny J. Les réservations avaient été faites en mai, sans possibilité d’annulation : qu’il pleuve, vente ou neige, le bateau part. Autant dire que nous étions un peu inquiets, mon mari souffrant du mal de mer.
Traversée d’une heure environ sur des eaux calmes avec passage par le rocher Gull Island où nichent des centaines d’oiseaux. Une petite loutre se prélasse dans les algues à quelques mètres du rocher et une otarie sort la tête de l’eau pour nous saluer.
Arrivée dans le lagon, que dire, waouw !. Pour circuler sur place, d’interminables plateformes en bois qui se fondent dans le paysage. Les maisons sont construites sur pilotis avec de grandes rampes d’accès. Les tempêtes doivent être terribles dans le coin.
Bizarrement, un des plus beaux points de vue c’est du cimetière. Nous mangeons dans le coin et faisons une balade aux alentours en passant par de petites plages tranquilles et ma foi bien paradisiaques sous le soleil. Plusieurs artistes ont une galerie d’art dans le lagon et présentent leurs œuvres.
Paresseusement installé dans l’herbe au soleil, nous observons le ballet des bateaux de pêche aux saumons qui forment un cercle avec leur filet pendant que d’autres pêcheurs se font emmener en bateau taxi sur les sites de pêche.
Le temps passe très vite, trop vite. Sur le chemin du retour vers le bateau, nous croisons une autre petite loutre qui nage à côté de deux kayaks.
Nous prenons un café au soleil sur la terrasse du coffee house, c’est beau les vacances.
C’est à regret que nous reprenons le bateau de retour vers Homer, nous aurions bien passé la nuit ici et même deux ou trois jours. Ily a beaucoup de possibilités de randonnées et par beau temps cela doit vraiment valoir la peine. Le bateau revient aussi exprès le soir pour les couples qui ont réservé au restaurant « The Saltry ». Ils peuvent dormir sur place ou bien retourner à Homer en toute fin de soirée.
Le retour est un peu plus agité : d’ailleurs on nous propose directement des ponchos car le vent s’est levé. Nous serons de temps en temps un peu rincés lorsque le bateau prendra une vague et nous regardons avec amusement les deux petites filles qui s’amusent à s’en prendre plein la tr..... pendant qu’un autre nous fait une crise de colère ! Ambiance de fin de journée quoi !!!!!
Rentrés à Homer, nous empruntons la East End Road sur une quinzaine de kilomètres qui longe la côte offrant de nouveau de très belles vues sur
Kachemak Bay.
Nous quittons Homer après un passage au McDo pour le Wifi. Nous sommes impressionnés par le nombre de mobilhomes sur les 7 km que forme le Spit. Comme à chaque fois, nous aurions aimé avoir encore une semaine pour barouder à droite à gauche. Nous devons débuter notre remontée vers le
Denali et il y a de la route.