Dans l'immobilier, ce qui pose le premier probleme est l'achat de la parcelle; c'est en amont de ta question, mais peut éclairer d'autres lecteurs du forum. Il y a un risque important d'escroquerie; par exemple un escroc qui se fait passer pour le proprietaire. Aussi l'usage veut que tout soit payé en cash (pour échapper au fisc, aucun recours ultérieur)... Les congolais sont eux-meme victimes, meme les politiciens utilisent des astuces juridiques pour spolier leurs adversaires politiques. Et l'Etat n'est pas encore en mesure d'assurer son role de garant (malgré les hologrammes sur les titres de propriété).
Concernant la réalisation des logements, le secteur n'est pas structuré, il y a des bons et des mauvais. Je ne parlerai pas des multiples "abris" en parpaing-tole ondulée qui pullulent a Kinshasa. Dans des batiments prestigieux, on voit ainsi de grosses erreurs d'architecture: une marche ou une colonne placée en dépit du bon sens, incohérence dans le choix et la géometrie des fenetres, non respect des règles de sécurité, hideux disjoncteurs de climatisation qu'il faut sans cesse renclencher en cas de coupure de courant...
L'idée force de l'architecture congolaise est le tape-a-l'oeil (le "paraitre"), la fonctionnalité passant au second plan. Le paraitre est une composante importante de la culture congolaise, que l'on retrouve dans le gout du prestige (voiture, mode, téléphonie), malgré une misere de vie quotidienne (cuisine au braséro, logement précaire ou insalubre, manque d'eau et d'électricité).
Concernant les matériaux et les techniques, c'est la meme chose: du bon et du mauvais. Le choix pour les matériaux a bas prix (principalement chinois), conduit a des réalisations éphémères, dont la durée de vie est encore plus écourtée par l'absence d'entretien (encore une composante culturelle typique).
Les ouvriers sont souvent choisis parce qu'ils sont des cousins du contre-maitre, alors qu'ils sont le plus souvent chauffeurs de taxi, ou vendeur d'unités téléphoniques.
En conclusion, il est nécessaire de tout controler, et de se donner la peine de chercher les bons matériaux, et les bons ouvriers. Si tu veux monter une entreprise de construction il faudra nécessairement envisager de former - et fidéliser - tes salariés (fideliser = bien payer); pour les materiaux, il y a énormément de ressources naturelles locales qui restent inexploitées car pas assez prestigieuses aux yeux congolais (pierres de taille, bambous...). Dommage que la culture congolaise ne soit pas mise en valeur dans l'architecture.
Le potentiel dans la construction réside dans l'appartenance a un groupe humain (ethnie, cercle familial, nationalité - la qualification passe au second plan), et dans l'offre d'un bon prix (le pouvoir d'achat est faible). Si tu n'appartient pas à un groupe, il n'y a que de très faibles chances de décrocher des contrats de la part des membres de ce groupe.
Il reste les investisseurs neutres (ONU, ong, UNICEF...) qui procèdent par appels d'offres.
Exemple d'investisseurs étrangers : les libanais ont fait construire par des libanais le siege de Ecobank, Rakeen du moyen-orient fait construire par ses propres contre-maitres l'hotel de la place de la gare... Pas facile de se faire un nom lorsqu'on n'appartient pas a l'un de ces groupes humains. Et pour les étrangers, des vautours guettent et n'hésiteront pas a décourager l'entrepreneur qui émerge et gagne de l'argent (ticket d'entrée exorbitant a payer au notable du coin, intimidation, coup-montés rocambolesques, pillage téléguidé... - pourquoi donc les entreprises du Congo ont elles disparu et pourquoi n'y a il plus de créations alors qu'il y a tant de besoins élémentaire insatisfaits ?)
Se rappeler aussi, que, dans le tout dernier classement de développement humain, la RDC est avant-derniere, moins bien qu'au temps de Mobutu!!! Sans parler du climat des affaires, ou la encore la RDC se classe derniere mondiale. Ces maigres résultats a la veille des élections, attisent les oppositions au régime. De ce fait, le régime est toujours aussi instable et incapable de protéger les investisseurs nationaux comme étrangers. Prudence donc, avoir une idée et vouloir la developper n'est que 1% des difficultés a venir.