Bonjour
Lors de notre retour, après 1700 km de voyage à vélo en
Bolivie (et un peu au
Chili sur les conseils des
Cyclocosmos
), nous avions raconté avec j'espère un peu d'humour le
Menu Bolivien
de notre périple.
D'autres voyageurs ayant exprimés leur envie de visiter ce pays, voici notre petit retour d'expérience sans prétention concernant les détails qui peuvent intéresser les futurs candidats.
C'est un peu long...désolé.
Les cyclovoyageurs :
A
La Paz, à la Casa de cyclistas nous avons été très bien accueillis par Cristian et avons croisé nombre de cyclistes, de toutes nationalités.
Mais sur la route pas grand monde. Pourquoi ? Parce que nous avons choisi un itinéraire très nature, très piste, très....dur. Beaucoup prennent le bus ou les routes principales et gageons que c'est dommage car ce sont les paysages qu'il faut voir en
Bolivie.
Enfin, nous vîmes toute sorte de cyclos : des gentils (la majorité), des aventuriers avec chiens et couteaux de Rambo (!?), des autistes (quelques uns...), et aussi des cons (qui sont bien souvent les mêmes que les autistes). Mais force est de constater que la grande famille des voyageurs à vélo se porte bien et se fut un plaisir.
Les Touristes motorisés :
Nous avons croisé beaucoup de ces voyageurs, ils nous encourageaient, nous prenaient pour des héros (et ça fait du bien), et nous prenaient (très / trop) souvent en photo, ce qui finissait par être gênant, on a aussi notre pudeur, même si on schlingue (beaucoup).
Il faut aussi reconnaître que les touristes qui jaillissent d'un 4X4 ou d'un bus, portant fièrement la tenue intégrale et quasi neuve Quechua ou North Face nous faisaient sourire...
Nous retrouvions bien souvent ces intrépides aventuriers à la terrasse des cafés et des bars, vautrés à côté de leur énorme sac à dos devant une mousse après quelques heures de bus...hé hé (sourire moqueur) puis ils s'engouffraient dans leur hôtel après le restaurant. Mais alors pourquoi un si gros sac ?
La circulation / Les routes et la sécurité :
Les routes, quand il y en a, ne sont pas pires qu'ailleurs et, personnellement, je les ai pas trouvées énormément plus dangereuses que les routes françaises (et bien moins que les routes Roumaines). Cela dit, il convient d'être prudent, la sécurité routière fonctionne de deux façons en
Bolivie. 1 : le klaxon et 2 : la chapelle. Sortie de là..point de salut. Les boliviens klaxonnent donc beaucoup, et construisent de très belles petites chapelles sur le bords des routes.
Les chiens :
D’après des amis Belges (mais peut on faire confiance à des belges

), ils sont plus dangereux au
Perou. Nous en avons en tout cas rencontré beaucoup (des chiens, pas des belges), rarement des petits..souvent des pénibles qui se ruent vers vous en gueulant.
Pour cela 3 techniques : 1 :le klaxon à air comprimé Airzound (117 db avec ou sans gueulante) radical pour gagner quelques mètres ou stopper l'attaque. En effet le chien, qui brille plus par ses crocs que par son intelligence, s’attend à voir un camion et non deux magnifiques gambettes musclées, fuselées et poilues (je parle pour moi) ; 2 : le bâtons de marche, dégainé rapidement, même en roulant façon d'Artagnan (fier et pas loin de se casser la gueule), 3 : le lancer de cailloux, une fois arrêté, le cycliste qui a épuisé les méthodes pré citées, devenu piéton, aligne le clébard qui se sauvera (à moins que ce ne soit le cycliste). Rassurez vous je n' ai touché qu'un chien, une seule fois, et au rebond, il paraît que ça compte pas... (et en plus il me semble l'avoir vu rigoler ensuite).
les Bivouacs :
Le rêve, le pied, un must, que ce soit au milieu du Salar ou chez les Chipayas. Nous fûmes donc gâtés : seuls au monde sous les étoiles, (dans la poussière et le froid aussi, un peu comme si le congélateur était assez grand pour que vous dormiez dedans). Notez qu'a l'approches des grandes villes, notamment
Sucre, il fut difficile de trouver un endroit pour dormir.
Notez également que nous avons péché... oui par excès de confiance. Nous avons dormi prés d'une rivière mais pas planqués du tout, et nous avons été enquiquinés par 3 Boliviens qui voulaient voir mon passeport? Comme ça au milieu de la nuit? L'explication a duré une bonne vingtaine de minutes (quand on connaît mon niveau d'espagnol...) avec pour notre part un NON ferme (ça, je sais le dire en espagnol). Ils sont partis en promettant de revenir le lendemain... Le lendemain nous sommes partis une heure plus tôt... et seuls.
Dans une situation similaire, un soir nous avons essuyé quelques lancés de cailloux par des gamins. J'ai mis ma tête des mauvais jours, celle que je prends quand je vais bosser (croyez moi ça fait peur), et les gamins ont filé comme un pet sur une toile cirée.
Sinon en terme de sécurité nous n'avons jamais eu à subir d'attaque, ni de lamas, ni de boliviens.
Eau et Nourriture :
Pas toujours simple de se ravitailler en nourriture, du coup on roule chargés (attention dans le cyclisme cette expression est tendancieuse voir illicite). Les échoppes ne sont pas indiquées et ne vendent souvent que des sardines en boite, du thon en boite, du poulet en boite, des boites en boite et... des petits gâteaux pour le thé des dames anglaises ou de l'Inca Cola (parfois même pas d'eau).
Bref nous avons trouvé de l'eau (potable ?) aux pompes des villages, dans les ruisseaux, (tôt le matin avant que pisse le lama... on peut rêver), et dans les épiceries (pas fines) des villages.
Nous n'avons manqué qu'une seule fois d'eau et avons mendié auprès des camionneurs. Idem pour la nourriture, mais là nous avons mendié auprès de la société qui exploite le Salar de Sourire au
Chili, et ils ne sont sans doute pas rendus compte du cadeau qu'ils nous faisaient : des fruits !! (et 10 litres d'eau en bouteille). Muchas gracias !
La profusion des marchés dans les villes est un must pour les fruits et légumes, un régal pour la vue. Sauf peut être au rayon viande ou un inspecteur sanitaire de chez nous aurait peu de chance d'échapper à la crise cardiaque.
Pistes / Routes :
En
Bolivie les routes (goudronnées) sont presque aussi rares que douches chaudes dans les hôtels 2 étoiles, mais elles sont alors en bon état (les routes, pas les douches). Les pistes sont pourries. 30 km de pistes pourries sur un voyage, c'est une anecdote 800 km de pistes ensablées, empierrées, en tôle ondulée.... une galère. Tout le corps prend alors un sacré choc.
Pour vous rendre compte de ce que nous vivions : Prenez le cheval à bascule de vos 5 ans (celui avec la crinière orange et deux petites poignées blanches sur les côtés pour bien vous tenir), posez le sur la remorque de tonton Jean (celle qui n'a plus d'amortisseur depuis 1978), montez sur le canasson et faite tirer l'attelage sur une route pavée à 5 ou 6 km/h, ça suffira.... Roulez... Roulez... Râlez... Pestez... Hurlez... Râlez... Jetez le cheval et promettez lui une fin de vie chez Findus.Voilà c'est ce que nous avons vécu !
L'accueil des indigènes :
Bof... c'est ce qui ressort de notre voyage. On dirait des Corses... Dans tout ce qui est commerce, y a pas à dire : On est souvent accueillis comme un chien qui aurait pissé sur la vitrine. Dans la rue le Bolivien quand il ne vous ignore pas est plutôt sympathique.
Pour la petite histoire, on nous a souvent demandé : C'est quoi ton métier ? Dans chaque hôtel, la même rengaine. Alors j'en ai eu marre, j'ai répondu de travers; moi : Policia, Isabelle : Professor. Alors là Respect ! On a même eu une ristourne dans un hôtel, on se demande si c'est pas grâce à cette blague.
Santé :
Si j'avais dû donner mon corps à la science au retour, elle n'en aurait pas voulu.
Touristas, vomissements, déshydratation, crise de colique néphrétique, douleurs lombaires, doigts éclatés par le froid, peau brûlée par le soleil, 12 kg de perdus... Mais, comme nous ne sommes pas égaux, Isabelle s'est (seulement) cassé un ongle, pas moi ! J'exagère, elle a aussi subi le froid sur les mains et le soleil sur sa peau et en plus il fallait qu'elle se lave les cheveux à l'eau froide des ruisseaux alors que moi... je ne me lavais que la tête.
25 % des touristes en
Bolivie ont une tourista, pas de doute, j'ai piqué la part de beaucoup de monde ! Et probablement fortement accéléré la mise en place d'usine de traitement des eaux usées dans le sud ouest de la
Bolivie... merci qui !?
Pollution :
C'est crade ! D’après des amis français, c'est dans tous les pays pauvres comme cela ! (mais peut on faire confiance à des français ?

). Les boliviens jettent tout dehors, sur la route, dans la rue, dans les campagnes ou les ruisseaux. Le sol est bien souvent jonché de déchets plastique, même dans leur (pas) propre jardin. Chaque fois que nous approchions d'une ville ou d'un village, nous le savions car la quantité de déchet augmentait de façon significative sur le bords des routes... consternant. Mais ça ne semble choquer que les touristes.
Armée / Police /Douane :
Partout profusion d'uniforme nous avons vu. Étonnant dans un pays pauvre de sacrifier autant de revenu à payer des gens à... glander. Chaque édifice public, chaque banque, chaque coin de rue, possède son ou ses hommes en uniforme. Franchement qui aurait envie d’envahir la
Bolivie ?
A
Potosi par exemple il y a une gare, une gare où passent 2 trains par semaine, et il y a un militaire en faction devant la gare. Mais la rue à côté n'a pas de revêtement c'est une piste... Pas de sous !
Nous avons passé la douane depuis la
Bolivie et depuis le
Chili pour rentrer. Chaque pays se fait un plaisir d'emmerder son voisin pour ralentir le trafic : fouille, attente, rayon X etc. Le grand frère nord américain doit bien rigoler de voir ainsi les petits se tirer une balle dans le pied
Pas besoin de Visa pour la
Bolivie sauf...si vous entrez par voie terrestre. Nous avons donc du faire prolonger notre visa d'entrée au bureau d'immigration de
La Paz.
Visualisez bien : 5 flics dans un bureau, 1 mange, 2 font un bras de fer, 2 regardent un dessin animé sur internet, tout ça dans un bureau vitré. Quand enfin on s'occupe de nous, il manque un des tampons d'entrée en
Bolivie sur chaque passeport. Discussion, explication, solution ils antidatent notre entrée, nous font remplir le papier comme si nous étions arrivés en avion avec un vrai faux numéro de vol, tamponnent tout ça et roule ma poule (enfin mon poulet)...efficace non ? Et tellement drôle de remplir les papiers sur la musique des trois petits cochons du PC des 2 inspecteurs.
GPS, cartes et guides :
les Guides sont faux, obsolètes avant même d'être imprimés.
Nous avons ainsi dormi sur les conseils du Lonely dans un Hotel de sucré aux « jolies chambres coquettes ». Alors, soit le Lonely n'est jamais rentré dans une des chambres soit, Mycose et Crados ont envahis les lieux. Mais nous avons battu en retraite le lendemain non sans avoir déploré la mort aussi soudaine que brutale de Oggy le cafard et Speedo le petit ver de la douche.
Les cartes papier ne sont guère mieux, les routes et les villages sont mal placées, les routes sont en fait des chemins, les chemins des pistes, et les pistes ? Mention spéciale à la carte du très sérieux National Géographic qui, selon on ne sait quel critère, à porté la mention «
nice village » sur un village quelconque. Imaginez une place carrée, 30 maisons effondrées et 30 en construction (depuis longtemps), visuellement vous faites pas la différence... et vous vous dites : z'ont de l'humour au NG ?
Le GPS Garmin s'en sort un peu mieux avec des cartes téléchargées gratuitement sur
ViajerosMapas
, il nous sauva bien souvent, mais il essaya aussi de nous faire prendre les pistes les plus pourries au dénivelé pharaonique.
Avec tout ça faut il aller en Bolivie ?
OUI ! pour les fabuleux paysages du Lipez, le Salar d'
Uyuni, le
Parc du Sajama, des landes desertiques des Chipayas, du
Parc Lauca au
Chili etc
Penser juste à emmener une caisse d'Immodium, de Smecta, des calmants et prier pour avoir une sinusite car se laver devient un luxe par -15 ° la nuit.
Foncez donc...et revenez plus fort (ou pas).
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