Bonjour à tous,
je voulais vous faire partager une expérience exceptionnelle que j'ai pu réaliser au sud du
Texas, à
Big Bend National Park. En effet, avec un groupe d'étudiants de mon université (
Georgia State à
Atlanta), nous avons décidé de passer notre springbreak à descendre une partie du mythique Rio Grande, frontière naturelle avec le
Mexique.
10 jours, 12 étudiants, 2 vans, 6 canoës, et plus de 30h de route pour rallier l'entrée de
Big Bend depuis
Atlanta en van.
Traversée du Texas désertique
Après avoir obtenu le permis auprès des
Texas Rangers (non pas de Chuck Norris hélas !), nous avons campé sur place et le lendemain avons rejoint le point de départ avec les 2 vans (...), laissé les canoës, et choisi des volontaires pour amener l'autre van au point d'arrivée. Ceux-ci étant revenus, nous avons mis les canots à l'eau et sommes parti pour la plus incroyable expérience qu'il m'était donné de faire (peut-être avec le saut en parachute et nager avec les requins baleines).
Pour ceux qui connaissent un peu le coin, nous avons campé la 1e nuit à
Terlingua, puis avons mis les canots à l'eau à Lajitas. Notre périple nous a mené jusqu'à la sortie du Santa Elena Canyon.
Carte de Big Bend (et non pas du Texas !!)
Nous avons traversé des paysages fantastiques, déserts et étions seuls, coupés du monde pendant plusieurs jours. Pour seule compagnie, les tortues, les vautours, les pumas, les chevaux, les bruits de l'eau qui ruisselle sur la surface rockeuse des pierres qui se sont détachées des canyons il y a plusieurs milliers d'années.
Nous dormions évidemment à la belle étoile avec nos seuls sacs de couchage (les filles en tente), la température chutait drôlement la nuit évidemment (pas loin de 0) et pouvait facilement atteindre les 35/40° en plein soleil la journée (c'était en février).
Le 2e jour, encore tous frais
Nous avions avec nos canoës nos bidons d'eau potable, notre nourriture, réchauds...bref tout matériel du bon campeur sinon (même le wc portatif pour ne pas polluer les eaux de la rivière avec nos excréments) et des lotions gel et shampoings biodégradables.
Tous petits face à la grandeur de la nature
Au crépuscule nous faisions un feu de camp (grâce à l'approbation des rangers) modérés et nous nous endormions au rythme d'histoire que chacun faisait partager chaque soir sous le velours sombre de la nuit illuminé par une collection d'étoiles brillantes tel un tapis de pierres précieuses.
Chaque jour les paysages étaient différents de la veille, chaque jour était une nouvelle aventure, chaque jour était un pas de plus vers l'émerveillement...
Moment de détente et de contemplation sur le Rio Grande
Les journées étaient assez difficiles, une chaleur étouffante, un soleil brûlant sur les épaules, contrastant avec la température très fraîche de l'eau du Rio Bravo (nom mexicain).
Les efforts physiques demandaient beaucoup d'énergie par conséquent, chaque coup de pagaie était ressenti comme une impression de coup de fouet au bout d'une semaine. Nous réalisions à peu près l'équivalent de 6 à 8h de canoë par jour, jusqu'au prochain site de campement. Je tiens d'ailleurs à tirer mon chapeau aux 6 filles, d'un courage et d'une persévérance à toute épreuve.
Petit passage difficile car très peu d'eau et beaucoup de cailloux, il faut pousser !
Nous avons rencontré quelques tempêtes de sable la nuit, sans conséquences lorsque l'on est à l'abri au creux d'un canyon, et très embêtant lorsque on est à découvert dans une plaine.
Entrée de Santa Elena
Chaque jour nous pouvions nous amuser à franchir la frontière passant des
USA au
Mexique, en faisant preuve d'une certaine prudence évidemment car l'endroit est connu pour être assez surveillé par les autorités. Mais nous n'avons rencontré aucun problème, seul des habitants qui vivaient au bord du fleuve perdu au milieu de nulle part et qui dès les premiers échanges vous transforment littéralement, vous et votre vision du monde.
Au coeur de canyons vieux de plusieurs millions d'années
Après avoir navigué au fil des immenses canyons qui vous regardent de haut, avoir chavirer à de nombreuses reprises, s'être pris des parois rocheuses sans cesse, être descendu du canoë pour le pousser ou le tirer dans un rapide avec de l'eau jusqu'à la poitrine, être resté de nombreuses fois impuissant face à des défilés ou des blocs de pierre géants qui bouchaient la suite du fleuve, s'être découragé puis remotivé, puis entraider, nous sommes parvenus à apercevoir le bout du tunner...enfin du canyon de Santa Elena, se profilant petit à petit devant nous d'une façon majestueusement indescriptible, certainement un des moments les plus intenses de ce voyage qui restera à coup sûr un grand de moment de ma vie pourtant si jeune...
Sortie de Santa Elena Canyon: fin de l'aventure.
Merci de m'avoir lu.
A la prochaine, au détour d'un canyon ou d'un désert qui sait ?

Kev
La Photo Bonus, c'est moi en plein effort !
