Bonjour,
J'ai vécu ce type de déracinement à plusieurs reprises et à plusieurs étapes de ma vie. J'ai grandi en
France, à la campagne mais dans un endroit mort qui ne me plaisait pas du tout. Je suis partie à 19 ans à
Paris faire mes études (alors que je déteste
Paris). Le cadre étudiant facilite énormément les rencontres donc ça a été. Je suis venue faire ma maîtrise à
Montréal avec mon conjoint donc premier GROS déracinement. On était une vingtaine seulement dans mon programme et donc plus dur de trouver du monde avec qui ça accrochait vraiment. Je suis musicienne et j'ai intégré un orchestre rapidement, j'ai parlé à plus de monde et petit à petit les simples connaissances sont parfois devenus des amis, voire même des amis très importants. Mais ça prend beaucoup de temps.
Je dirais qu'au bout d'un an environ je commençais à avoir un petit cercle de gens avec qui sortir, et au bout de 1 an 1/2 - 2ans j'ai eu des «vrais» amis, ceux qui sont toujours mes amis aujourd'hui, bien que l'on soit retournés en Europe en avril dernier.
On s'est installés en
Écosse, car on voulait se rapprocher de nos familles en
France mais pas retourner y vivre. On adore vivre à
Edimbourg, on adore l'
Écosse, c'est parfait pour nous. Mais c'est encore un cas de déracinement. On est encore très attachés au
Québec où sont tous nos amis maintenant. On commence juste à créer de nouvelles relations à
Edimbourg, mais ça prend encore plus de temps car nous ne sommes plus étudiants et même si nous parlons bien anglais, ce n'est pas notre langue maternelle donc ça ralenti encore un peu les choses.
Mon conseil est d'être patient, car ça va venir, mais c'est long, et c'est normal. Ça prend vraiment quelques années avant de vraiment se construire une vie ailleurs surtout passé 30 ans et sorti de la vie étudiante. Mon «secret» c'est de faire des activités qui provoquent les rencontres. Je suis dans un nouvel orchestre ici, mon conjoint participe à des open mic toutes les semaines (car il est musicien aussi) et on va aller aider bénévolement une association qui organise des sorties toutes les fins de semaines pour entretenir des espaces naturels etc. Il y a forcément des activités qui vous intéressent à faire avec d'autres, du bénévolat, des clubs etc. où on partage des intérêts communs, ce qui facilite les rencontres avec du monde avec qui on a plus de chances de s'entendre.
Mon message est bien long, désolée! Tout le meilleur pour cette nouvelle vie, c'est tellement beau le lac! Il ne faut pas se décourager, ce passage à vide, ce sentiment de ne pas trop savoir où est sa place, je l'ai vécu en arrivant à
Montréal, et en arrivant à
Édimbourg. Ce qui est drôle c'est qu'en
Écosse je me sens déracinée du
Québec, pas de la
France! Donc oui, c'est possible de se faire de «nouvelles racines» mais ça prend du temps et des soins de faire pousser un arbre ;)