En mars dernier, j’ai passé quelques jours dans des villages Kogis en
Colombie. Ce fut-il un privilège ou une formidable erreur ?
Par le plus grand des hasards, j'ai débarquais d’un voilier en
Colombie. Je me rendis à
Santa Marta, au centro indigeno afin de rencontrer des représentants des peuples de la Sierra pour savoir qu’elle était la meilleure solution – si il y en avait une – de me rendre dans un village Kogis sans que ma visite n’affecte la vie du village.
Je n’ai jamais pu avoir une réponse claire et ayant rencontré un couple américano-colombien qui revenait enchanté de 4 jours dans un village Kogis, j’ai suivi leur conseil et me suis rendue dans une village et rencontrer un guide sensé m’amener dans un village Kogis.
On m’avait prévenu d’amener de quoi partager avec le village (nourriture essentielle telle que riz, fromage sec, poisson seché...) mais le guide m’a certifié qu’il se chargeait de tout et donc après lui avoir payé la somme qu’il réclamait pour ses services, la nourriture, les """""cadeaux""""" pour le village et la mule, nous nous sommes mis en marche vers le village.
Pour faire court,
je n’ai jamais vu le guide donner autre chose que
des sucettes aux enfants.
S’il leur donnait de la nourriture, ce n’était que
les restes de notre plat et seuls
quelques enfants (très peu) en profitaient.
De plus, alors qu’au Centro Indigeno de
Santa Marta, on m’avait clairement dit d’éviter de prendre les Kogis en photo (ou du moins de ne pas le faire avant d’avoir créer un contact), le guide
insistait souvent pour que je prennent des photos.
Par ailleurs,
rien de ce que nous avions n’a était donné à la
communauté
et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle
il avait été décidé (je l’ai appris plus tard) q
ue le village n’accueillerait plus de visiteurs.
En effet, quelques
jalousies et rivalités (Les Kogis sont généralement un peuple où
ces deux notions n'existent pas) commençaient à se former au sein du village car seuls quelques familles profitaient de la venue des visiteurs. La décision avait été prise quelques semaines auparavant, avant même que le guide ne se rende dans le village avec le couple américano-colombien. Il est donc fort probable que le guide ait su que le village ne souhaitait plus de visites mais par
pure avidité il nous y a tout de même guidé.
En discutant avec les 2 professeurs de l’école et l’infirmière du village, j’ai bien ressenti l’aversion qu’elles avaient envers ce guide et son « business ». Et les Kogis ? Les Chefs et la plupart des habitants n’étaient pas là lors de notre passage dans le village car ils étaient en train de construire un autre village, un peu plus haut dans la Sierra. De plus, la brièveté de notre visite ne nous à pas permis de bien ressentir si la population éprouvait cette même aversion mais je ne serait pas étonnée que mes doutes soient un fait. J’ai quelques raisons de le croire.
Je voulais vous raconter cette histoire car je crains les effets néfastes que ce guide et ses amis peuvent entraîner en continuant leur business dans les villages Kogis et ce, même si ce n’est qu’un cas isolé.
ces guides ne sont pas toujours conscient de ce qu'il font... Le niveau de vie aidant, ils profite juste du nouveau maillon entrainé par l'apparition d'une nouvelle masse de touriste en mal d'aventure, ces fameux """eco-touriste""", """neo-routards""" ou """ethno-touristes""". Qu'importe le nom, vous voyez ce que je veux dire. le problème c'est que bien que vivant à l'orée de ces peuples indigènes, ces guides ne sont pas toujours les plus informés sur les méfaits de ce contact et des règles à suivre. Alors...
NE FAITES PAS LA MÊME ERREUR QUE MOI ! Protegez les Kogis, leurs savoirs, leur environnement... et donc un peu nous-même.