Après l'unanimité, pourquoi ne pas livrer plutôt vos impressions sur cette interdiction faite aux marocains de s'encanailler à l'hôtel entre adultes consentants? S'agit-il d'une loi? D'un décret? D'un arrété? D'une circulaire? D'une directive? Que ni! Rien de tout ça! C'est le fruit opaque de l'obscurantisme, de l'arbitraire et de la bêtise. C'est le cas flagrant d'une intrusion grotesque de l'autorité dans la sphère privée.
Qui appuie cette mesure, qui l'applaudit? Sans surprise, ce sont les barbus et leurs ouailles. Pour cette engeance (qui ne se prive de rien en privé), c'est une question d'éthique et de vertu. Seuls les gens de basse moralité vont à l'hôtel pour faire ces choses-là sans être mariés. Quelle hypocrisie monumentale! Les rapports entre personnes non mariées sont devenues d'une telle banalité au
Maroc qu'on balance entre l'écoeurement et le fou rire en lisant de pareilles sornettes. Et comme toujours avec l'arbitraire, ce sont les plus modestes qui sont les plus exposés. Les riches, eux, possèdent des "
pritchs", entendez, des chambres de bonne, des studios, des petits aménagements en sous-sol, voire, pour les plus fortunés, de spacieux pied-à-terre, toutes sortes de huis clos bien pratiques lorsque les appels du frétillant se font pressants. En conséquence, de cette interdiction de faire de la gymnastique à l'hôtel sans union certifiée, les riches n'en ont cure. Alors, le
Maroc, pays des contrastes? Tout à fait! On en a ici une illustration supplémentaire.
Khaldoun