Suite de la 1ère partie qui est ici ;
Sa 14/02
La météo n'étant pas très optimiste pour aujourd'hui, nous décidons d'aller en ville.
Il nous faut 1h30 à bonne allure pour rejoindre
Ostersund.
Nous prenons un « raccourci » par une route de glace tracée sur le lac même, à la place du ferry estival.
Nous approchons....
On y est! Il fait -20°C, pas de risque pour la piste!
Il faut respecter une distance de 50 m entre 2 voitures et rouler à moins de 40km/h.
C'est très bruyant de rouler sur la glace!
Nous longeons ensuite le lac de Storsjön où nous avons roulé.
Nous arrivons enfin à
Ostersund, 60000 habitants.
C'est samedi, nous faisons quelques boutiques de déco (ah le design scandinave!) puis allons faire un tour sur le lac.
Il y a foule: bien plus de monde que dans les magasins! Est-ce un effet de la crise, l'attrait pour la nature des Suédois ou la conjonction des 2?
La ville a dégagé sur le lac une large piste empruntée par tout un cortège de poussettes,
de familles chaussées de patins, de patineurs tirés par leur chien...
Plus loin, un jardin d'enfant sur la glace, un château-fort.
Il y a un stand où on affûte gratuitement les patins.
Il y a même 2 foyers aménagés pour y faire son petit barbecue
et il y a des gens qui déjeunent là, assis sur la glace : exotique non?
Nous voyons beaucoup de ces petits traîneaux en bois, très épurés.
Ces 2 femmes sont-elles des sami?
Peut-être aussi des immigrées d'
Asie centrale, difficile à dire pour mon oeil non exercé?
Il y a une forte immigration en
Suède, bien acceptée par la population.
J'ai le souvenir qu'en
Norvège il y a plus de 20 ans, je me sentais « petite » en marchant dans la rue, chose inhabituelle pour moi et un peu dérangeante. Rien de tel aujourd'hui, en une génération, les Scandinaves sont devenus « normaux »...
Les 2 femmes brunes ont décidé de faire un tour en traîneau à chiens :
sami nostalgiques d'un temps bientôt révolu ou immigrées qui découvrent une nouvelle culture?
Contrairement aux apparences,
ce chien est très doux.
Celui-là hurle depuis un moment, lui aussi veut se dégourdir les pattes!
Il fait trop chaud dans cette boîte!
En quittant
Ostersund, le soleil fait une brève apparition.
Di 15/02Aujourd'hui, nous allons à la mer!
A Hudiksvall pour être précise.
Il y a 3 h de route, aussi dormirons-nous à l'AJ de Hudiksvall.
Longue route dans... les arbres et sous les nuages. Le ciel est bien bas.
Nous croisons une foultitude de volvo avec coffre de toit: tout
Stockholm part au ski pour les vacances. En nous arrêtant pour déjeuner, on tombe sur un jeune lycéen qui habite à qq dizaines de km de chez nous et est en
Suède dans une famille d'accueil pour l'année scolaire. Il est ravi de son séjour et tout content de parler français, avec - déjà- un accent!
Nous découvrons enfin la baie de Hudiksvall, entièrement prise par les glaces.
3 pêcheurs sont-là depuis 7 h du matin.
Certes il ne fait que -7°C mais l'air humide de la mer les rend plus difficiles à supporter que les -20°C de l'intérieur.
Ils sont contents d'avoir un peu de visite! Ils ont pris chacun en tout environ 1 petit kilo de poisson.
Ils nous font essayer leur « drill », nécessaire pour faire un trou dans la glace de 40 cm d'épaisseur.
Pas facile, il faut du muscle,
à moins d'utiliser la perceuse à moteur!
Ils nous expliquent que pour voir la mer libre il faut sortir de la baie et aller vers Hölick.
30 km dans... les arbres.
Voilà la mer, brrr...
L'entrée du petit port est rendue inaccessible par la glace.
En roulant vers l'AJ, les enfants s'écrient : là! Une biche! Je pile! Enfin, façon de parler sur une route enneigée, disons que je m'arrête 200 m plus loin, avant de faire marche arrière)
Elle attend patiemment que je change d'objectif et s'enfuit quelques instants plus tard pour disparaître dans les arbres.
Je comprends maintenant pourquoi de nombreuses voitures sont équipées de phares longue portée. Je trouvais ça disons « original » pour ne pas dire un peu « beauf » sur de bourgeoises Volvo.
En fait l'état des routes et les distances de freinage rendent nécessaires une vision beaucoup plus lointaine que sur une route sèche, afin d'avoir le temps de réagir.
Il y a d'ailleurs de nombreux accidents causés principalement par les élans qui traversent sans regarder!
Encore un petit tour sur la mer gelée pour profiter d'un fugace passage du soleil sous les nuages.
La neige est rose.
Tout est rose!
Nous arrivons enfin à l'AJ, plus « normale » que la 1ère. Forcément on est déçu. Bah, on ne restera qu'une nuit! Cette fois on est 6 en tout (avec nous 4)!
Lu 16/02Le temps est toujours couvert.
Aujourd'hui nous partons visiter le village de Kuggörarna, toujours dans la presqu'îlede Hornslandet.
C'est un village de pêcheur dont le port est entièrement pris dans les glaces.
On peut donc s'y promener à ski.
Les suédois aiment leur nature.
On voit partout des maisons à oiseaux, des graines de toutes sortes.
Faire son bois n'est pas une mince affaire quand il en faut pour tenir tout l'hiver.
Autant être bien équipé.
Les bateaux devront attendre le printemps avant de se dégourdir les membrures.
Du côté du large, seule la berge est gelée
et le ressac forme de jolis stalactites.
Après avoir retraversé la
Suède (dans sa largeur!) nous retrouvons avec plaisir notre douillet chalet où Christoph, prévenu de notre retour, a allumé un bon feu.
Ma 17/02Après 3 jours de temps couvert, revoilà le soleil.
Nous en profitons pour faire une petite balade matinale autour du Angelicasjön.
Il a neigé durant la nuit et la neige est très légère!
Nous filons ensuite à
Ostersund récupérer Fred à l'aéroport.
Je profite des dernières heures de soleil (selon la météo) pour photographier quelques jolies maisons.
Le voyage lui a pris la journée : TGV jusqu'à
Paris, vol
Paris Stockholm puis vers
Ostersund.
Avec ce temps couvert, il ne fait que -10°C. Pour un nancéien, ça va.
Me 18/02Il neige à gros flocons! Inutile d'aller dans les montagnes, on serait dans les nuages.
Il y a tout près du chalet un vieux village qui me fait envie à chaque fois qu'on passe devant.
C'est le moment de faire un saut de 250 ans en arrière.
La neige est très profonde et il a pas mal neigé cette nuit.
A 2 reprises nous entendons un wrouff assez sourd et finissons pas comprendre que c'est le bruit de la couche de neige récemment tombée qui se tasse. Bizarre, je n'avais jamais entendu parler d'un tel phénomène.
Même avec les skis on s'enfonce parfois vraiment profondément dans la poudreuse. Faire la trace n'est pas de tout repos!
Ça donne soif!
Finalement cette neige est la bienvenue car il eût été dommage de venir jusqu'ici sans en avoir au moins un peu!
On en rigole d'autant plus
qu'un douillet chalet nous attend.
A l'époque ce devait être un peu différent...
Les enfants décident de rentrer à ski par la route et en les dépassant j'ai trop serré à droite et roulé à côté de la route (le chasse neige avait dégagé plus large que la route, je ne me suis pas méfiée)
Après avoir un peu creusé, nous mettons les chaînes et nous sortons de là sans trop de mal.
Je 19/02Il neige encore mais moins fort.
En route vers la montagne (bon... toujours la même, comme disent les enfants...)
Agréable atmosphère avec la neige et le soleil en même temps.
La descente est assez mouvementée avec toute cette neige fraîche qui camoufle de vieilles congères...
L'après-midi est consacrée à une visite au wildkafé à Asarna qui propose tout un attirail d'objets +/- « typiques ». On craque pour une peau de renne, définitivement adoptée par nos chats après quelques jours d'étude circonspecte.
Ve 20/02Lever 4h, départ 5h.
Nous devons être au ferry à
Göteborg à 18h au plus tard.
Via Michelin annonce presque 11h de route et avec toute cette neige...
Atmosphère féérique en partant dans la nuit.
Tout est feutré car il a encore neigé.
Une perdrix des neiges s'envole à notre passage à quelques mètres du chalet.
A cette heure indue, la route n'est pas dégagée et on commence par 300 km dans 10 cm de poudreuse, dans de grands schlourfs comme si on roulait dans de l'eau.
Quand on croise un camion, on est presque obligé de s'arrêter à cause du nuage de poudreuse qui l'escorte.
On est content de savoir que « normalement » les élans ont migré plus au sud où il y a moins de neige.
On serre un peu les fesses d'autant que Fred, la veille a fait un « tout droit » dans un virage.
Heureusement à petite vitesse.
Heureusement, percevant l'enthousiasme exagéré de Fred au volant, j'avais vérifié que les enfants avaient leur ceinture. Marion est déçue que les airbags ne se soient pas déclenchés, pour voir comment ça fait.
Bref, on a planté l'avant dans un mur de neige poudreuse, sans dégât. Deux minutes après l'incident, un 1er 4X4 s'arrête, sort une sangle, 30 sec plus tard, un autre 4X4 s'arrête et nous tire de là en un clin d'oeil. Bref, même pas le temps de faire une photo de « l'exploit »
Un partout!
4 pneus neige sont obligatoires en hiver pour les Suédois et ils sont souvent cloutés en plus. C'est mieux!
Après des centaines de km dans les arbres, nous arrivons enfin au bateau dans les temps.
Au lit!
Sa 20/02Nous arrivons à
Kiel dans le brouillard.
Plus que 800 km, on est presque à la maison...
CONCLUSIONTrop plat...... Trop d'arbres....
Je le savais pourtant mais j'avais l'espoir d'aciduler la saveur de ce pays par quelques virées en char à glace et la contemplation des aurores.
Le fait d'être sédentaire (sans camping-car) diminue beaucoup les opportunités de se balader dans des endroits différents chaque jour et vu les distances, la monotonie des paysages, on a vite l'impression de toujours faire un peu les mêmes balades..
Pourtant on s'est senti à l'aise en
Suède, on se verrait bien y vivre - pourquoi pas? (à condition de pouvoir s'en échapper souvent)
La vie semble y être simple, sans complications, proche de la nature sans se priver des dernières technologies.
Mais 'y a pas à tortiller, les paysages suédois n'arrivent pas à la cheville de ceux de la
Norvège!