Je suis un peu embêté pour te répondre...
La route entre Coronel Oviedo et Pedro Juan Caballero est en goudron et très roulable techniquement en vélo.
Mais je crains que ce ne soit vraiment pas prudent de prévoir ce passage en vélo.
Dis toi bien que s'il n'y a pas de cyclistes dans la campagne au
Paraguay, c'est qu'il doit y avoir une raison.
J'en vois quelques unes.> la circulation. On ne va pas passer le permis, on va acheter le permis. Ce n'est pas une boutade, c'est pour de vrai. moi, on m'a posé deux questions : ce que je voulais comme permis (j'ai pris PL ou plus exactement "professionnal") et quel était mon groupe sanguin. On ne m'a même pas demandé si je savais conduire ou si j'avais mon permis dans un autre pays...
Ce qui fait que la moitié des conducteurs n'a strictement aucune idée de ce que c'est le code de la route. Et de toute façon, l'autre moitié s'en fout.
C'est tellement débile qu'à
Asuncion, j'ai commencé par avoir un chauffeur avec ma propre voiture pendant deux mois pour apprendre où étaient les routes prioritaires (des fois il y a un stop que personne ne respecte et des fois, il faut bien s'arre^ter et regarder comme il faut sans que soit signalé parce que c'est là que passent les lignes de bus. Et comme Yacaré l'a rappelé, c'est le plus gros qui a raison).> l'état des routes
Oui, c'est du goudron, mais dans les parties "campagne" il y a parfois de mauvaises surprises. Les deux plus dures sont probablement la pluie qui forme avec la poussière une sorte de glacis qui transforme en une patinoire. le mot n'est pas trop fort, il m'est arrivé de me casser la gueule sur le goudron en descendant de la voiture.
L'autre sont les branches épineuses. J'ai crevé plusieurs fois en roulant sur des branches de Palo Santo (bois de fer) à cause des épines. Et pas en vélo : avec un 4x4
Et je ne parle pas de trous qui se forment parfois en plein milieu à cause du ravinement. Une fois, j'ai vu à Colonel Oviedo un fossé de 4m comme coupé au couteau en travers de la route par un orage dans la nuit. La ligne de bus avait trouvé un système : le bus en provenance d'
Asuncion s'arrête, les gens traversent à pied et prennent le bus qui vient de
Ciudad del este qui y retourne. bref, chacun des bus repart d'où il vient en s'échangeant leurs passagers. Cela a duré un mois...> la sécurité en approchant de la frontière brésilienne.
Comme le dit Yacaré, la frontière séche est une zone de trafic intense. une des activités d'
Asuncion, c'est le blanchiement d'argent. Il y a d'ailleurs plus d'établissement financiers que de coiffeurs ou de n'importe quel autre profession. Et la presque totalité du trafic se fait par la frontière séche entre le
Brésil et le
Paraguay là où tu sembles vouloir aller.
Bien spur, tu ne les intéresse pas. Mais il suffit que tu voies quelque chose que tu ne devais pas voir pour que ça aille vraiment très très mal.
Chaque lundi, il y a un journal qui paraît (dont je ne me souviens plus du nom) qui publie toutes les photos des gens assassinés, écrasés, flingués, accidentés, etc... Et quand je dis publie leurs photos, ce ne sont pas des photos d'identité d'avant mais bien des photos des cadavres avec tous les gors plans qu'il faut avec les points de vue jugés les plus intéressants. L'imprimerie doit d'ailleurs utiliser plus d'encre rouge que les autres.
Et bien, on se rend compte que les morts non accidentelles représentent une forte proportion des morts violentes.
Quant à la frontière humide (le long du fleuve
paraguay), il n'y a carrément pas de route du tout, meêm pas de piste. C'est le fleuve qui sert de voie de liaison.
Finalement, la seule région que je pense qu'on puisse faire à vélo est celle qui longe le fleuve
Parana de
Ciudad del este à
Encarnacion : petite route mais goudronnée, circulation plustôt un peu moins rapide qu'ailleurs et pas mal de villages.
Parce que sur la transchaco, tu risques de passer plus que ta journée sans voir un seul village !