Voici une 3ème journée bien remplie...

Acte 3,
Aujourd’hui... Lever sur les chapeaux de roues !

C’est qu’à 8h00 « la gazelle » (c’est comme cela qu’on appele les femmes là-bas) et le « gazou »

embarquent pour descendre dans le
Delta du Saloum.
Juste le temps d’une bonne douche, d’un rafraîchissant jus de Bissap que l’on part à la rencontre de Raphaël. D’une gentillesse et d’une patience incroyable, il nous accompagnera pour la virée en brousse.
On grimpe à l’arrière d’un pick up décapoté, cheveux au vent...
Sur la route qui mène à
Mbour, tout en slalomant pour éviter les nids de poules (je dirais même d’Autruches tant la route est trouée de partout...Superficie et profondeur garantie

), Raphaël nous montre toutes ses maisons en construction...Il en pleut véritablement de partout...avec juste les 4 coins posés au sol (il s’agit apparemment de terrains octroyés par le gouvernement... à utiliser (disons à rentabiliser) dans les 2 ans, faute de quoi il seront alloués à d’autres familles)
A quoi ressembleront les faubourgs de cette ville de pêcheurs dans 5 ans ? Une prolifération de béton certainement, entre les baobabs !

On dépasse le centre névralgique de
Mbour pour aller pickuper 4 autres voyageurs... Dont Zorglub30 (que j’ai retrouvé sur VF après notre saga commune sur
Sénégal Airways)...
Le coin est très joli, perdu en pleine nature mais infesté de moustiques apparemment !

La communication s’engage de suite et on forme un chouette groupe, nous voilà donc 7 à l’arrière du véhicule...
On quitte la route principale pour rejoindre le Delta par l’intérieur des terres...Samba garantie sur les banquettes ! (Autant de fois le pet en l’air qu’assis ! hé hé !

)
La vue au départ des pistes poussiéreuses, sur les forêts de baobabs (jadis on inhumait les Griots au cœur des racines des baobabs) et de cocotiers est de toute beauté...
On fait une première halte auprès d’une termitière géante. On y restera pas bien longtemps...Un camion (qui emmène les touristes de TO fort bien connus arrive)...Une petite marée humaine d’une quarantaine de personnes casse un peu l’intimité.
La route est plaisante et la brousse dépaysante (comme je l’aime

)... Et elle nous mène au cœur d’un village traditionnel et de la rencontre avec ses habitants...
C’est l’heure de l’école, toutes ces petites frimousses ébènes nous regardent de leur petites billes rondes... L’instituteur donne cours à deux groupes en même temps au sein de la même et unique pièce qui sert de classe. (Carence de lieu et manque d’effectifs).
Les petits n’écoutent plus le gd maître, ils sont davantage intéressés par notre venue... Je cède à une petite fille, le bracelet Grec que j’avais au poignet (il faisait partie d’un de mes nombreux voyage, il sera à présent au cœur de la brousse africaine et cette symbolique du voyage au travers le don d’un petit objet me plait).
N’empêche que là on comprend plus que tout que l’école là bas est une réelle chance et que tous n’ont pas la possibilité d’y aller (par manque de moyen des parents) alors que chez nous c’est un devoir et que plein de jeunes oublient et bousillent cette opportunité d’être scolarisé !

Pas le même monde...plus les mêmes valeurs non plus...Ca laisse pensif !
On ne tardera pas trop pour ne pas perturber le rythme du cours...Le village est en face.
Une petite dizaine de cases rondes, le bol de mil, la réserve d’eau (je goûte aussi le pain de singe, fruit du baobab qui est l’imodium local contre le « rhume des fesses »

)...
Chacun de nous partons à la rencontre de plusieurs habitants.JP et moi, craquons littéralement pour cette jeune femme et son petit pitchoune. On échange quelques mots sur la vie au cœur de ce village de brousse... Elle nous explique les conditions de vie rudimentaires mais simples et solidaires qui là rendent heureuse, loin d’une ville comme
Dakar.
Une autre femme du village m’aborde, elle souffre de douleurs au ventre. Ici seul un cabanon sert d’infirmerie avec les moyens du bord... Je vide ma poche des quelques médocs que j’avais (antidouleur) et les lui donne... Mais bon sang !!! A ce moment là, je me serais foutue une claque magistrale

, celle de ne pas avoir été faire la razzia à la pharmacie de mon quartier, avant le départ !!! Histoire d’emporter un stock qui ici aurait servi plus que tout ! Qu’est ce que je me suis sentie mal à ce moment là et promis d’évacuer une bonne partie du reste de ma pharmacie de voyage, avant de repartir !
D’autres apportent par contre, directement une contribution financière qui servira au centre de santé
.
C’est avec de nombreux petits papiers (adresses écrites ici et là) que nous repartons. Zorglub a quant à lui la « popularité » du petit papier


, c’est lui qui en recueille le plus (en échange d’une carte postale, d’un colis de médicament, d’une paire de chaussures...)
N’empêche que cette rencontre m’a posé moult questions et quand j’entends ces gosses de rue, qui à la vue d’un « toubab » crient «cadeau cadeau »...je me dis qu'indirectement je viens, peut être de participer à cette dérive provoquée par le tourisme, ça me laisse un petit goût amer

(j’ai tant à apprendre encore de la vie...j’ai tant à apprendre de ces gens là aussi...)
Arrivée à
Ndangane pour explorer, en pirogue colorée, la mangrove du
Saloum...Le soleil tanne et avec le reflet de l’eau, une protection solaire s'impose!
Quelques pêcheurs jettent ici et là, leur filet...
Hérons cendrés, aigrettes, pélicans, flamants roses, martin et aigles pêcheurs prennent leur envol où se calfeutrent au cœur des palétuviers. La nature est belle, calme...

On ne peux quitter cet endroit sans faire honneur aux crevettes (les « mange tout » car hormis la tête tout le reste s’avale !

) et poisson de cette eau douce... Raphaël, partage notre repas (il est chrétien).
Le retour par la brousse nous apprend encore bien des choses...comme ses monticules de terre ici et là qui sont en fait d’anciennes tombes du peuple Sérère.
On déguste la coco verte qu’un enfant découpe à même le sol, on goutte les arachides...
La poussière virevolte, Il fait épouvantablement chaud...
Deux gamins qui gardent un troupeau de Zébu crient « de l’eau de l’eau »

...D’un coup de main, j’attrape le réflexe local et tape nerveusement sur la carrosserie du véhicule pour signifier au chauffeur de s’arrêter Tous nous donnons ce qu’il nous reste comme bouteille d’eau... Ici, à 1000 lieues du « Royaume coca, soda and co ! »...l’eau prend toute la dimension vitale que l’on oublie.

De retour à
Mbour, on quitte nos comparses (que l’on retrouvera dans la semaine)...Et Raphaël, JP et moi poursuivons sur le centre de
Mbour. Cette ville grouille de monde, couleurs, cris...Ca bouge de partout!
Le spectacle de l’arrivée des pêcheurs est hallucinant.

Multitude de pirogues, étale de poissons (du plus petit au plus gros !) et de coquillages à même le sol... Une vision d’une gigantesque marée humaine, c’est dingue !
Mbour restera véritablement un des grands moments de ce voyage !
Quelle journée...Mon Dieu quelle journée...C’est avec cette succession d’images que je tombe dans les bras de morphée, avant de découvrir celle qui m'attendra demain.
Images attachées:
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