Bonsoir Christian,
J’ai fait
Toulouse-
Bobo-Dioulasso en février de l’année passée, sur une Renault 21 bien ordinaire. Pour vos quatre points confirmés :
(1) Aucun problème, même pour les fameux 200 km de tôle à l’entrée du Mali. Mais si vous partez en avril, ça risque d’être un coup de dé : il suffit d’un peu de pluie et aucune voiture de tourisme traverse ça (et pas n'importe quel 4X4). La bonne nouvelle c’est qu’on était au point de finir l’asphalte sur ce trajet (on parlait d’ouverture de ce tronçon pour octobre 2006 – mais va savoir quand il s’agit d’Afrique...).
(2) Ce n’est pas le meilleur trajet, c’est le SEUL possible pour une voiture ordinaire.
(3) J’avais tous mes visas, mais quant à savoir si c’est préférable, c’est matière à discussion. Et ne pensez pas une seule seconde que ce sera plus vite parce que vous avez déjà un visa tamponné dans votre passeport. Parfois c’est le contraire qui se produit. Beaucoup de policiers dans les frontières d’Afrique n’ont jamais vu un passeport avant d’être placés là et tout ce qu’ils comprennent des visas se limite à ceux qu’ils délivrent (moyennant, très souvent, un petit « extra » au prix officiel). Ça m’a pris une bonne demi-heure, à la frontière entre le Mali et le
Burkina pour expliquer à un flic (malien) que mon visa malien (délivré au
Canada, mon pays d’origine) était un visa en bonne et due forme. Oui, vous m’avez bien lu : je sortais du Mali et entrais au
Burkina. Mais comme on est toujours contrôlé six fois à chaque frontière (douane, gendarmerie et police nationale, pour chaque pays) le flic du Mali prétendais que j’avais séjourné au Mali sans visa!!! Bref, il n’était même pas capable de lire le tampon de l’ambassade du Mali à
Ottawa... Voilà pourquoi vous lirez souvent dans ce site qu’il est préférable de prendre des visas à la frontière : ça ils comprennent très bien et très vite.
(4) Tout à fait vrai, mais il faut payer le laissez-passer, les assurances et les autres « taxes »...
Pour vos questions :
(5) En principe, aucun problème pour l’essence – les pompes sont à des distances raisonnables, même dans le désert. Mais... petit détail, il n’est pas assuré qu’on y trouve toujours de l’essence, ah que non. Alors, je vous conseille vivement de vous promener avec (au moins) un bidon de 20 l dans le coffre et de remplir le réservoir de la voiture, si possible, après environ 200 km de route. Si vous avez de la place pour deux bidons, c’est encore mieux : vous les remplirez à Ceuta, où l’essence est détaxée (une sacrée différence de prix, je vous l’assure).
(6) Je ne l’ai jamais fait, mais il faut faire gaffe. Le mieux c’est de chercher un « campement », genre d’auberge qui accepte souvent (à des prix très raisonnables) qu’on y gare sa voiture (des camping-cars, généralement) pour y passer la nuit.
(7) Que voulez-vous dire par « laisser » la voiture? Voulez-vous la vendre? Si c’est le cas, non, ce n’est pas autorisé, mais ça se fait tout le temps. Mais attendez-vous à vous faire offrir un prix ridicule pour votre bagnole sous prétexte que l’acheteur devra débourser une fortune pour la dédouaner – autrement il ne pourra pas circuler avec (du moins en principe, car en Afrique toutes les règles ont PLUSIEURS exceptions – que les africains connaissent bien, pas vous...). Vous pouvez la dédouaner vous-même, mais soyez prêts à des emmerdements bureaucratiques interminables et coûteux.
(8) On trouve toujours un endroit pour échanger du fric dans les grandes et moyennes villes et, dans toutes les capitales, des guichets électroniques (pas beaucoup, mais on en trouve toujours). Mastercard est un très mauvais choix pour l’Afrique de l’Ouest. La carte là-bas c’est, définitivement, VISA (la carte bleue, comme l’appellent les français). Et n’oubliez pas qu’une carte de crédit, en Afrique de l’Ouest, ne sert en réalité qu’à prendre de l’argent dans un guichet. Exception faite des hôtels de luxe, on ne les accepte nulle part. Mais tout compte fait, c’est bon d’avoir toujours une provision d’euros sur soi – on ne sait jamais. ATTENTION : à moins que les choses aient changées depuis mon passage par là-bas (février 2006), AUCUNE carte de crédit n’est acceptée en
Mauritanie, nulle part, même pas à
Nouakchott. Si vous n’avez pas du cash en
Mauritanie, vous allez devoir vous asseoir sur un bord de trottoir en attendant que quelqu'un vous fasse parvenir de l'argent par Western Union...
Eh bien, bonne route!
Fernando
Canada