Une exposition susceptible d’intéresser les mordus de la culture du
Cambodge, et de son histoire, risque de passer inaperçue ; aussi je souhaite en dire un mot ici.
Adhémard Leclère, né à Alençon en 1853, a eu un parcours original. D’abord ouvrier typographe, engagé politiquement, il embarque pour l’Indochine en 1886 et devient Résident à
Kampot, d’un protectorat français créé en 1863. Il apprend le khmer, fait preuve d’un intérêt très vif pour le pays et ses habitants. Il sera pionnier en matière d’ethnologie. Il rédige des notes, cahiers, livres, et amasse une collection d’objets khmers de l’époque. Il sera ensuite Résident à
Kratié (1890), puis à Kompong Thom,
Kratié de nouveau, puis
Phnom Penh. Il quitte le
Cambodge en 1910 et poursuit en
France son œuvre d’orientaliste. Colon atypique, humaniste, il léguera ses écrits et collections à la Ville d’Alençon.
Sous la conduite d’experts (EFEO, CNRS, Université et EHESS), un travail fouillé d’inventaire a été réalisé et suscite une nouvelle exposition à Alençon (Orne), actuellement visible à la Médiathèque / Musée des Beaux Arts (et de la Dentelle), jusqu’au 15 novembre 2009.
L’exposition
intitulée
« Extrême Asie, le Trésor Indochinois d’Alençon » est passionnante et je la recommande à tous ceux qui se baladent dans l’ouest de la
France. Elle comprend : des cartes sur tissu, des photos d’époque, des aquarelles et dessins, des figurines du ballet royal, des vêtements, des armes, outils, bijoux, avec des commentaires bien documentés. Un ouvrage (164 p, Éd. Étrave) a été édité avec une dizaine d’articles et des photos d’objets sélectionnés.
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PatMet.
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