Ouais.
Évidemment, cela a dû être éprouvant pour tout le monde.
Mais je crois qu'il faut arrêter ces attaques en règle contre Air France. Il faut savoir que dans les pays de l'Est, l'imprévu est vécu de façon très suspecte par les autorités et tout devient extrêmement compliqué. J'ai vécu ce cas en ayant dû nous poser sur un autre aéroport que celui qui était prévu, à
Moscou, à cause d'un tempête de neige. Et le résultat a été à peu près le même que pour ces pauvres gens : les autorités russes refusaient purement et simplement le débarquement des pax, il acceptaient le ravitaillement en kérosène de l'avion, mais pas plus. Mais la tempête de neige nous a rattrappés et nous ne pouvions plus décoller non plus de là où nous étions. Les passagers voulaient débarquer et il a fallu l'intervention de la Direction Générale d'AF (peut-être même avec un appui des autorités françaises) auprès des autorités russes pour qu'au bout de 3 heures, les passagers soient autorisés à débarquer. Que voulez-vous faire das ces cas là ? Faut-il réellement blâmer la compagnie, qui ne fait que ce qu'elle peut avec les contraintes locales ?
Si on ajoute à cela une panne vraissembleble de l'APU (moteur auxiliaire servant à la climatisation et au démarrage des moteurs), on arrive vite à un situation d'exaspération totale et compréhensible. Mais on n'y peut rien. L'aérien a cette part d'imprévu. C'est ainsi.
Pour l'explication technique : comment démarre-t-on un moteur d'avion ?
Pour démarrer un moteur a besoin d'air comprimé.
Le cas général est le suivant : on démarre l'APU grâce à un démarreur électrique. L'APU fournit ensuite de l'air comprimé au premier moteur à démarrer. Le moteur, une fois démarré, fournit de l'air aux autres moteurs restant à démarrer. Simple non ?
Lorsque l'APU est en panne (cas très rare, mais qui arrive) : on utilise un générateur d'air haute pression (un ASU) de l'aéroport pour démarrer ke premier moteur. On retombe ensuite sur une séquence connue. La totalité des aéroports diposent d'ASU adaptés aux avions "familiers". Pour un 320 ou un 737, pas de problème.
Mais il faut bien comprendre que pour démarrer un moteur de 3, 80 mètres de diamètre; 52 tonnes de poussée (cas du 777-300), c'est pas avec un sèche-cheveux de Barbie que ça va donner quoi que ce soit. Si l'ASU n'est pas adapté (donc énorme pour un 777-300), le moteur ne sentira qu'un léger souffle et ne partira pas. Dans ces cas-là, aucune solution, à part réparer l'APU ou faire venir un ASU de quelque part.
Voilà pour les infos techniques.