| Voyage tranquille au Mali Mamina64 · 9 décembre 2008 à 11:11 · 75 photos 54 messages · 20 participants · 13 545 affichages | | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 17:30 Re: Voyage tranquille au Mali Message 21 de 54 · Page 2 de 3 · 4 961 affichages · Partager Bonjour Mamina...
C'est gentil d'avoir pensé à moi pour "réduire la taille" de ton texte, mais je ne pense pas que je puisse faire grand-chose... La police étant de taille normale je ne vois plus pour toi que la solution d'écrire "moins de lignes de texte" peut-être...??? et je pense que c'est ce que voulaient dire tes interlocuteurs sur cette discussion... sinon, je ne vois pas par quel procédé te rendre moins bavarde si c'est bien ce dont il s'agit....  ....  ....
Amicalement... | | | À: Archimade · 13 décembre 2008 à 17:51 Re: Voyage tranquille au Mali Message 22 de 54 · Page 2 de 3 · 4 943 affichages · Partager Mais non ! c'est pas le texte.... encore que si toi aussi tu t'y mets ! C'est la série de photos, quand je n'ai que quatre ou cinq photos le texte reste normal, il faudrait mettre les photos sur deux lignes (rien que ça !) Quant à inclure les photos dans le texte, malgré toutes les explications je ne sais  pas faire.... Tant pis, je vais mettre moins de photos  , merci | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 17:56 Re: Voyage tranquille au Mali Message 23 de 54 · Page 2 de 3 · 4 937 affichages · Partager Alors, stresse pas Mamina, parce que chez moi, tes photos se répartissent tranquillement  (toujours aussi beau, lui !) en 2 lignes, et ton texte est comme d'habitude dans la largeur habituelle de l'écran... 
Ha, les mystères de VF et de nos navigateurs !!! | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 18:01 Re: Voyage tranquille au Mali Message 24 de 54 · Page 2 de 3 · 4 934 affichages · Partager moi j'ai fai un copier coller et en option j'ai grossi la police c'était nickel la ballade chez les dogons on vas ou après ? yendouma ? ou bien ! willynomad | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 18:05 · Modifié le 13 déc. 2008 à 18:47 Re: Voyage tranquille au Mali Message 25 de 54 · Page 2 de 3 · 3 435 affichages · Partager Une fois que tu as mis tes miniatures sous ton texte dans...
Images attachées:
Image postée par le membre mamina64 dans la discussion « Voyage tranquille au Mali».
et avant d'envoyer ton post, tu cliques sur la miniature déjà en bas du texte pour l'agrandir 1 fois ou 2 fois... ensuite tu cliques droit sur ton image agrandie et tu selectionnes copier Tu te remets sous ton texte et tu recliques droit à nouveau pour selectionner coller Une fois ton image placée dans ton texte, tu supprimes la miniature dans "image attachée"... et tu envoies ton post... | | | À: Archimade · 13 décembre 2008 à 20:40 Re: Voyage tranquille au Mali Message 26 de 54 · Page 2 de 3 · 3 399 affichages · Partager Ca y est, je viens de comprendre. Merci Archimade pour cette explication, je me posais les mêmes questions que Mamina.... euh que voici d'ailleurs... elle arrive à grands pas, bien décidée à venir à bout de ce drôle d'escalier !!!
La famille Wap : nous pouvons voir d'ailleurs sur ce cliché les mains de Tranquille prenant tranquillement le chemin du postérieur de la dame. MDR
| | | À: Beatrices · 14 décembre 2008 à 9:34 Re: Voyage tranquille au Mali Message 27 de 54 · Page 2 de 3 · 3 382 affichages · Partager ...pas de quoi Béatrice... mais d'après le silence de Mamina, j'en déduis qu'elle n'a pas encore trouvé l'astuce... On verra bien...
Bon Dimanche !!! | | | À: Mamina64 · 14 décembre 2008 à 19:47 · Modifié le 17 déc. 2008 à 13:49 Re: Voyage tranquille au Mali Message 28 de 54 · Page 2 de 3 · 3 355 affichages · Partager Oui, c'est ça ! moquez-vous ! sales gosses !
Merci Archi, tout a l'air simple avec toi, je vais donc essayer de mettre tes conseils en pratique ci-dessous !
Jeudi 27
Quelle bonne nuit ! dès le réveil ce sont à nouveau les scènes quotidiennes du village.... (encore loupé !!!)
Ce matin la marche va être facile, descente dans la plaine puis longue traversée jusqu’à Yendouma. Nous faisons nos adieux au responsable de ce campement communautaire avec qui nous avions bien discuté hier soir. Un homme très intéressant qui a vécu dans d’autres pays avant de revenir au Mali et se mettre à disposition des enfants de son village en créant quelques classes élémentaires.
Ce passage aux trois Youga m’aura marquée, d’abord par le dénuement extrême des habitants, par la vie rude qu’ils y mènent et malgré tout par leur accueil chaleureux et leurs grands sourires. Ce village de Youga Piri est assez visité car d’accès facile par le passage où nous allons descendre. Certains groupes arrivent en 4x4 jusqu’en bas du piton rocheux, une demi-heure de grimpette, une visite rapide, l’achat d’un souvenir ou deux et ils repartent... Invasion barbare ? Je ne sais pas si j’en ai vu plus mais je crois avoir senti un petit sentiment d’appartenance à passer une nuit ici. Malgré tout, comme eux je repars ! Nous rencontrons d’ailleurs pas mal de groupes dans la descente, ce seront pratiquement les seuls touristes que nous verrons lors de notre périple dogon.
Nous nous échappons un peu de la piste de sable pour marcher sur du « dur », nous voyons passer au loin nos porteurs, Tranquille nous fait remarquer des traces particulières dans le sable : ici un devin a posé des questions en disposant des petits cailloux dans les cases d’une table dessinée sur le sol, le renard pâle répondra pendant la nuit en déplaçant les cailloux sur son passage... les croyances sont tenaces et régissent bon nombre de situations de la vie quotidienne : mariage, naissance, récoltes etc...
Nous arrivons en vue de Yendouma, village natal de notre guide, gros bourg composé de 7 quartiers, c’est à Sogol que nous nous posons pour deux jours. Tranquille et ses frères ont bâti une auberge bien sympathique au bord de la mare aux caïmans, la construction est terminée, reste maintenant à améliorer les conditions d’hébergement et d’accueil : pas encore de limites, pas beaucoup de verdure ni de fleurs qui flattent l’œil, pas encore de cuisine mais c’est prévu et les améliorations vont se faire. Par ailleurs, les sanitaires sommaires sont tout à fait corrects et propres, une terrasse couverte permet une jolie vue sur le village et sur la plaine avec au fond le plateau des Youga, une deuxième terrasse peut accueillir d’autres matelas et si la nuit est vraiment fraiche une pièce en rez-de-chaussée fait office de chambre. Un panneau solaire permet d’avoir une lumière le soir (un vilain néon... mais...) Derrière l’auberge une boutique d’artisanat et une épicerie, en face un tailleur que nous verrons travailler 20 heures par jour car la fête de l’Aïd a rempli son carnet de commandes et tout à coté l’école où nous pourrons observer les enfants dans la cour. Nous sommes au centre ville !!! La proximité de la mare aux caïmans ne nous inquiète guère, cela fait au moins la troisième que nous voyons et aucune trace de caïmans ! ici ces animaux sont sacrés et parait-il ne font aucun mal... de quoi se nourrissent-ils ? mystère ! nous soupçonnons un piège à touristes ! quelqu’un en a-t-il déjà vu ? nous chahutons un peu Tranquille sur la présence de ces bêtes et lui promettons un colis avec autant de saucissons que de caïmans aperçus !
Grâce à des infos glanées ci et là nous savions quoi apporter pour aider un peu ce village et la possibilité de prendre 40 kgs de bagages chacun nous a permis de remplir deux sacs de fournitures scolaires, de vêtements d’enfants et de médicaments de base (merci Mr mon pharmacien). Nous n’avons pas voulu distribuer ce matériel au hasard de nos rencontres, cela a été difficile parfois de ne pas céder mais le but était de remettre ces sacs à l’école, au collège et au dispensaire en espérant qu’ils ne soient ni troqué, ni vendu mais bien utilisé sur place. D’autre part cela nous permettait de répondre aux enfants qui réclamaient des « bics » que nous avions tout donné aux maîtres, pas de jaloux, pas de favoritisme... de toute façon il est impossible de faire plaisir à tout le monde !
Du coup, nous finissons la matinée en faisant le tour du collège d’abord puis de l’école primaire. Le collège a été ouvert à la rentrée 2007, il y a 232 élèves pour trois classes et 4 professeurs dont le directeur pour couvrir toutes les matières. Une grande fierté : en classe de 7 ièm (notre 5 ièm) il y a plus de filles que de garçons ! pourvu qu’elles puissent continuer.... En 8 ièm c’est le cours d’anglais et Yolande discute un peu avec les élèves qui sont très ouverts, répondent avec plaisir et sont très disciplinés ! En 9 ièm nous avons droit à un chant de bienvenue qui parle de paix, d’amitié, un moment émouvant ! Les enseignants sont sacrément motivés devant ces classes surchargées ! Et ce n’est rien à côté du primaire ! d’ailleurs une moitié de classe (+ de 50 élèves) a cours le matin et l’autre l’après-midi. Pas de classes maternelles, les enfants rentrent à l’école vers six ans sans autre matériel qu’une ardoise qu’ils laissent en classe pour les suivants de l’après-midi. Les deux premières années l’enseignement se fait en bambara (oral et écrit) puis les 4 années suivantes en français. Là, les enfants ont un sac en coton avec un cahier et un stylo pour l’année. Nous n’avons vu aucun support pédagogique (livres, cahiers de pratiques etc...), l’apprentissage passe beaucoup par le par cœur. Dans la cour, des groupes de filles qui papotent, qui jouent à s’attraper et des garçons qui s’entrainent déjà à la lutte, jeu très répandu chez les adultes aussi. En fin de semaine nous verrons tous les élèves regroupés autour du drapeau malien pour la relève des couleurs...
Dans l’après-midi nous nous reposons sous un énorme manguier au bord de la mare, près de nous un groupe d’hommes qui boit du thé et ça discute, et ça discute... quels bavards !
Plus tard, en allant vers le dispensaire nous croisons le chef du village, le maire en quelque sorte, mais la fonction reste dans la même famille... il nous accompagne car Tranquille a l’air de tenir à ce qu’il voit ce que nous remettons à l’infirmier... La matrone (sage-femme) est présente aussi et veut nous montrer un minuscule bébé né le matin même. Il est déjà dans les bras de sa grand-mère et sa maman lave du linge à l’extérieur ! un petit garçon pleure dans son lit, il a une perfusion au bras. Le chef tient à ce que nous rentrions dans les chambres, nous refusons, nous sommes plein de poussières, les mains sales, pas question pour nous de favoriser une infection... par contre ici, ça n’a pas l’air de gêner personne, les gens rentrent et sortent, les armoires à pharmacie, guère pleines, sont grandes ouvertes, des seringues trainent, la salle d’accouchement, avec pourtant deux tables, n’est pas très clean... dommage ! il n’y a déjà pas grand-chose et un minimum d’ordre et de propreté seraient nécessaires ! Difficile de dire quoique ce soit mais qu’est-ce-que j’aimerais venir faire une petite mission hygiène par ici ! Malheureusement, les missions humanitaires sont rares dans les campagnes et il faut nécessairement un cadre de références pour se permettre d’intervenir... avis ! En plus, lorsque nous osons parler de la prévention du sida ce sont d’abord les yeux horrifiés et le mutisme complet chez la matrone (jeune pourtant) et la négation du problème chez les hommes : y’a pas ça en Pays Dogon, ici on connaît pas, on en a juste entendu parler à Bamako ! bien sur, nous n’insistons pas, nous ne sommes pas ici pour changer les choses, ni pour choquer, ni pour nous mêler de leur vie... L'approche culturelle de la maladie est différente et à fortiori une maladie incluant la sexualité... Pourtant, à l'entrée de chaque ville nous avons vu de grands panneaux d'information installés par le Ministère de la Santé, impossible d'y échapper. Enfin, Yendouma a des écoles et un dispensaire qui profitent aussi à tous les villages des environs, cela évite d'aller à Sangha, c'est une très bonne chose et les gens qui y sont rattachés font ce qu'ils peuvent ! Seule la bibliothèque semble abandonnée...
Le chef vient avec nous jusqu’au campement, nous avons remarqué qu’il n’arrivait pas à lire les boites de médicaments, nous avons quelques lunettes de vue à donner.
Puis douche (une jarre d’eau et un pichet), installation des matelas sur la terrasse, depuis plusieurs nuits nous ne mettons plus de moustiquaires, repas, discussion autour d'un Nescafé... Nous passons la nuit planqués dans nos sacs car le vent s’est levé et tout le sable du Mali semble nous recouvrir...
PS : ça fait une heure que j'y suis ! c'est pourtant simple et ça ne marche pas ! désolée Archi ! Images attachées: | | | À: Mamina64 · 14 décembre 2008 à 22:28 Re: Voyage tranquille au Mali Message 29 de 54 · Page 2 de 3 · 3 340 affichages · Partager C'est vraiment sympa de voir l'évolution en un an et demi... Février 2007, le collège était en construction (les toutes premières pierres !), le dispensaire vide de tout et surtout de personnel, l'auberge de Tranquille & Co inexistante... Qu'il fait plaisir de repartir là-bas grâce à ton récit !  
Et j'imagine très bien le Tranquille en train de chercher un moyen de faire apparaître un caïman, même tout petit et en carton pâte, tant il adore le saucisson d'âne !!!  
Bon, t'inquiète pas pour les photos : promis, au printemps ou l'été prochain je t'offre un stage gratuit à domicile. (même maintenant que ton message est posté, tu peux le modifier :1. agrandir la photo avec la loupe2. clic droit -> copier3. clic sur le bouton 'modifier'4. à l'endroit où tu veux mettre la photo, clic droit -> coller5. Sauvegarder les modifications... le tour est joué ! )
| | | À: Mamina64 · 15 décembre 2008 à 10:36 · Modifié le 15 déc. 2008 à 14:09 Re: Voyage tranquille au Mali Message 30 de 54 · Page 2 de 3 · 3 320 affichages · Partager Maminoche,
pas évident de se concentrer sur ton texte (ne te limite surtout pas au nombre de mots par page... on ne les compte pas, on aime!) si tu nous gâtes avec des clichés agrandis (certes par d´autres) nous montrant une Mamina déterminée et s´entrainant pour l´ascension éventuelle de la face sud de l´ Annapurna. Je commence peu à peu à comprendre ce que tu voulais dire au commencement de ton carnet. Tu n´es pas sortie vraiment indemne de ton équipée malienne. Pas fastoche une fois qu´on met les pieds sur le continent africain.
Je continue à te suivre à la belle étoile ou dans la poussière peu importe.. en tout cas avec ton humour et ta générosité de conteuse globe-trotteuse.
Bises | | | À: Mamina64 · 15 décembre 2008 à 13:34 Re: Voyage tranquille au Mali Message 31 de 54 · Page 2 de 3 · 3 332 affichages · Partager A la pia le A la pia le Nundo lale Nundo lale..
Salutations dogonnes qui résonnent en écho dans ma mémoire a la lecture de tes pérégrinations entre falaises, sourires de gamins, les rondes des calebasses des femmes aux puits et mare aux caïmans...
Un chouette cadeau avant Noël ce récit de latérite, d'eau fraiche et de sable; en attendant la suite... Mais en Afrique, la première leçon pour les toubabs étant la patience ("vous avez l'heure, nous avons le temps"/ "le quart d'heure angevin, la demi-journée africaine), je vais attendre, tranquillement... | | | À: Mamina64 · 15 décembre 2008 à 18:27 · Modifié le 15 déc. 2008 à 23:54 Re: Voyage tranquille au Mali Message 32 de 54 · Page 2 de 3 · 3 305 affichages · Partager Vendredi 28
Joli coup de cœur aujourd’hui. Nous partons dès 7 h pour une petite marche (8-10 kms ?) vers Yendouma Ato, un quartier éloigné du village, un peu en hauteur, juste sous la falaise. C’est l’heure pour les collégiens d’aller en cours et nous en rencontrerons tout le long du chemin, ils nous parlent de notre visite d’hier, c’est plus difficile pour nous de les reconnaître...
Nous passons devant l’emplacement où a lieu le marché tous les cinq jours. Nous n’aurons malheureusement pas la chance d’y assister et c’est un regret ! Au loin, le piton rocheux des trois Youga barre l’horizon, le soleil se lève doucement en éclairant peu à peu la plaine et vient rapidement nous lécher de ses rayons brulants. La balade est très belle, à nouveau dans les cultures, au milieu des baobabs, au loin encore une mare aux caïmans (!), de jolies images du travail dans les champs. Les femmes coupent les branches des baobabs et recueillent les feuilles pour en faire des condiments, elles sont entourées de leurs enfants en bas âge qui, eux, à l’inverse des plus grands, restent à distance, ils ont un peu peur de ces toubabs...
Nous traversons le quartier de Yendouma Dama, une longue ruelle toute droite bordée de greniers à grains, comme un village de fées... je capte une jolie image d’une maman avec ses jumeaux, ici les jumeaux sont reçus avec méfiance, il faut attendre quelques jours après la naissance et un signe (nous n’avons pas pu savoir lequel) pour savoir s’ils vont porter chance ou non à la famille. Autre chose aussi que nous avons revu avec plaisir ce sont les poules et leurs poussins courir partout, comme dans les fermes quand nous étions petits... ici on ne mange pas les œufs, ils sont couvés sous la poule (1 œuf = 1 personne nourrie, 1 poulet = 6 ou 7 personnes qui mangent).
Nous grimpons doucement sur un chemin dans la caillasse et la vue qui se découvre en prenant de la hauteur est magnifique. Nous commençons à bien nous repérer et nous traçons notre parcours avec ses tours et ses détours.
Comment ont-ils fait à Yendouma Ato pour construire le village... mystère... des groupes de greniers sont plantés en équilibre sur de grosses pierres (mon avatar), les maisons s’imbriquent dans ce chaos rocheux, des habitations ont pris place dans les troglodytes. Nous nous promenons dans ce labyrinthe, ici un ancien tresse des paniers d’osier, là la paroi renvoie le chant d’un pilon à mil, ici on ne doit pas aller, c’est un passage pour les rituels, là c’est le lieu réservé aux femmes qui quittent la maison pendant leurs règles, tout là-haut nous apercevons un bel ensemble d’échelles dogon, et, cachés dans une grotte, les tambours des fêtes... plein de surprises partout, plein de symboles qui nous étonnent et plein de mystères qui ont donnés leur identité au peuple Dogon.
En redescendant quelques enfants et ados essayent de nous vendre quelques pièces d’artisanat, mon regard se pose sur une porte dogon (la fameuse porte sculptée qui ferme les greniers à grain) assez grossière mais qui contient à peu près tous les symboles dont nous avait parlé Tranquille. Je ne peux résister à l’acheter quand j’apprends que c’est le gamin qui la vend qui l’a sculptée... allez, j’y crois, ne m’enlevez pas mes illusions !!! Sur le chemin du retour, un rollier d'Abyssinie vient se poser devant nous sur une branche ; au moment où Tranquille nous dit que le voir de face porte bonheur, il se retourne et nous montre sa gorge d'un bleu turquoise, serions-nous chanceux ? Nous rentrons vers 11 h au campement, nous flânons moins au retour, bien que nous commencions à nous habituer à la chaleur, le soleil tape dur !
Tranquille nous propose, à Yolande et moi, de monter dans le village rendre visite à une famille et voir un tailleur. Nous grimpons entre les murs en banco gris, par les marches de pierres irrégulières accompagnées d’un groupe d’enfants.
Au fait, je ne vous ai pas encore parlé d’Ali... Ali est un petit garçon de huit-neuf ans qui était là dès notre arrivée à Yendouma, il a jeté son dévolu sur moi et... « nous sommes tombés en amour », il est adorable, des yeux, un sourire ! il me prend la main dès que je sors du campement et j’ai du mal à la lâcher ! il m’accompagne partout et arrive même à déjouer la surveillance pour monter sur la terrasse de l’auberge quand nous y sommes ! pas effronté mais sacrément dégourdi ! je suppose qu’il joue à ce jeu avec beaucoup de toubabous qui passent par ici, tant pis ! ça a été mon petit compagnon à Yendouma. Il m’a fait plein de dessins (j’ai son masque Kanaga sur mon frigo), m’a donné son curriculum vitae recopié sur son cahier de classe, une belle rencontre de voyage que je ramène dans mon coeur...
Nous entrons dans une cour, un homme est allongé sur un matelas pendant que ses deux femmes, avec chacune un bébé dans le dos (des jumeaux, et du coup, c’est bien pratique d’être deux !) s’affairent, une au pillage du mil et l’autre au tri des cacahuètes. Dans un coin de la cour, sur un feu entre deux pierres, le repas cuit dans une marmite, ici une chèvre saute sur le toit, là une échelle pour monter le grain dans le grenier, un gros tonneau en fer pour l’eau certainement, une scène banale, rien de superflu... je demande aux femmes si je peux prendre une photo, c’est le mari qui donne l’autorisation... punaise, celui-là ! Une d’entre elle a un boubou qui vante la journée mondiale de la femme... 8 mars 2007... y’a encore du boulot....
Nous reprenons notre montée pour pénétrer dans une autre cour –quand je pense que ces femmes font sans arrêt ce chemin avec de l’eau, du bois, du linge, du grain sur la tête, tiens, pas étonnant qu’elles aient la ligne !-, Ici c’est la pâte de mil qui vient de finir d’être préparée et on nous en propose gentiment, cela ressemble à une bouillie de tapioca. La famille qui vit ici parait plus importante, plein d’enfants, beaucoup de femmes de tout âge, des pièces tout autour de la cour dont l’atelier du père qui est tailleur. Il travaille face à une grande ouverture avec vue sur l’ensemble du village, des tissus sont suspendus sur des ficelles à travers l’atelier, une grande affiche avec des mannequins portant différents modèles de robes et deux machines Butterfly à pédale. Une est pour le père, sur l’autre travaille son fils (12 -13 ans) à qui il apprend le métier. Eux aussi ont beaucoup de travail avec la fête qui approche. Pas de patrons, il coupe direct dans le tissu avec les mensurations, il coud les pièces et le fils fait les finitions. On nous a apporté de petites chaises en rotin, tous les enfants se sont assis sur un tapis à côté de nous et nous entamons un échange de petites comptines, rapidement ils répètent « Frère Jacques » ou « une souris verte » avec les gestes... tout cela avec plein de rires et toute l’attention des femmes qui s’en amusent aussi ! Nous laissons quelques paquets de bobines de fils et nous repartons avec deux jolis bonnets dogons. Très pratiques ces bonnets en coton : des pompons pour chasser les mouches et des pointes que l’on déplie sur les oreilles quand il fait froid ! je ne suis pas certaine de les utiliser ici quand même ! (Yolande, tu me pardonnes, j’ai mis la photo, c’est Ali devant moi !)
Repas de... 14 h ! et sieste bienvenue car le vent de sable de cette nuit a été pénible ! Dans l’après-midi Tranquille nous amène voir les artisans du village. Nous passons d’abord dans l’atelier des femmes qui fabriquent les fameux bogolans indigos. Le coton est tissé en longues bandes de couleur naturelle cousues ensemble puis, pour réaliser les motifs, le tissu est à nouveau recousu en bouillonné, en boudin, avant d’être trempé dans la teinture indigo, tout devient bleu sauf les parties décousues par la suite... (difficile à expliquer), bon, du travail en tous les cas ! Viens ensuite le moment de la vente, du marchandage, de chacune qui veut réussir sa vente...logique mais pénible ! Nous repartons avec ce qui sera une nappe sur nos tables d’été... pour l’instant, la mienne fixe ses couleurs dans du gros sel...
Dans un autre quartier, il y a une autre mare à caïmans et Tranquille insiste (tiens ! tiens !) pour nous y amener, pas plus de caïmans ici qu’ailleurs ! Nous passons d’abord chez un sculpteur sur bois. Ils sont nombreux à tailler, sculpter, poncer, teindre le bois, tout y est, du paysan dogon au grand cavalier en passant par le couple ou la femme avec son enfant dans les bras, tous les personnages sont là... Le sculpteur, « Petit Telem », est assez connu et il nous montre avec fierté son press-book. Nous flânons près de la mare, au milieu des parcelles de culture, près du puits où les femmes remplissent encore et encore les calebasses, où des gamines font la lessive ou lavent les plus petits qu’elles. C’est l’heure du retour des champs et les boubous colorés égayent les façades ocre à flanc de falaise. C’est calme, reposant, la vie est au ralenti, personne ne se presse et cette sérénité nous gagne.
Pour notre dernière soirée à Yendouma nous avons droit au méchoui que nous partageons, avec Joël qui nous a rejoints, avec d’autres guides amis, avec le chef du village invité pour l’occasion. Les meilleurs morceaux sont pour nous mais le mouton sera dépieuté jusqu’à l’os par bien d’autres convives que nous ne verrons pas...
Tout de suite après le repas nous entendons des bruits de tambour dans la rue, Tranquille et ses amis ont organisé pour nous une fête du village ! nous descendons, on nous installe sur des bancs et très vite nous voyons arriver de partout des jeunes hommes, des enfants, des jeunes filles attirés eux aussi par la musique ! ils font cercle devant les musiciens et tour à tour prennent possession du centre en dansant de façon acharnée ! d’abord les hommes, puis les filles, puis les deux avec une danse du foulard significative. Chacun a entre les lèvres un sifflet strident qui rythme la danse et qui accompagne les djembés... nous sommes très vite oubliés et nous assistons vraiment à un moment de joie, de plaisir, de jeux entre jeunes... de temps en temps, quand le cercle se resserre de trop un adulte éloigne les spectateurs par des coups de bâton dans les pieds ! c’est impressionnant mais il ne touche personne... enfin ! j’en ai senti le souffle ! Les danseurs tapent de leurs pieds nus sur la terre, la poussière s’envole, le vent du soir est revenu, des moucherons emplissent l’air, nous sommes compressés par la foule, la musique est lancinante... nous ne pouvons que participer pleinement à cette soirée ! beaucoup de rires entre eux, d’applaudissements de notre part, un peu, tout petit peu de participation en dansant aussi, des défis sont lancés entre filles et garçons et c’est à qui tiendra le plus longtemps! les musiciens sont aussi déchainés que les danseurs,... Quel bon moment qui se termine par un beau chant dogon auquel nous répondons par un « ce n’est qu’un au revoir » nostalgique ! Nous avons essayé de faire des remparts avec les tables mais le vent de sable a su nous trouver et c’est à nouveau la tête dans le sac que nous passons notre dernière nuit en Pays Dogon. Images attachées: | | | À: Mamina64 · 15 décembre 2008 à 23:47 Re: Voyage tranquille au Mali Message 33 de 54 · Page 2 de 3 · 3 284 affichages · Partager Bonsoir Mamina,
Quel plaisir de vous lire, et quelle belle preuve qu'il ne suffit pas de coucher son voyage sur le papier pour en faire un carnet de voyage agréable, vivant et toujours attendu.
Danielle | | | À: Mamina64 · 16 décembre 2008 à 3:12 Re: Voyage tranquille au Mali Message 34 de 54 · Page 2 de 3 · 3 278 affichages · Partager bonsoir, maminette levi-strauss,
ou "au bonheur des insomniaques"... avec toi, on vit des aventures palpitantes, on descend des fleuves impassibles, on maraude du miel sur des échelles improbables...la photo d'alexandra maminette, aidée par un bras indigène, dérobant des vivres dan sun grenier dogon en remontrerait à plus d'une aventurière derrrière son écran...
Quand on te lit, on a envie de te demander qui t'a inspiré ces aventures engagées à la plus chaude saison (bonjour les 40° à l'ombre, on a soif de flag avec toi) on est admiratif de voir que vous n'avez pris aucune agence et qu'Aigle-Azur pour vous lancer au pays des bambaras, des peuls, des wolofs et des soninkès.
Dis-nous comment notre Mamie London travaille: carnet de voyage rédigé le soir au campement, magnétoscope de poche, ton carnet très fouillé, très documenté, rédigé a posteriori, devant la cheminée des longues soirées d'hiver, laisse à penser que tu as engrangé une forte prise de notes... donne nous tes secrets...
chapeau à notre étrange voyageuse, qui sait réunir tout son peuple étrange autour d'elle, avec un avatar de "conte de fée", c'est presque plus attractif qu'un conte de fée...
dis-nous encore les danses et les coutumes dogons, avec ton talent et tes dons d'observation, ne tape pas trop sur les hommes, ils ont le mérite de faire les enfants...et puis tu dis toi même qu'aller chercher l'eau au puit affine la silhouette, porter la calebasse de 20 litres sur la tête redresse aussi la colonne vertébrale...humour de toubab...
encore des photos de mamina sur l'échelle....ca vaut toutes les Isabelle Eberhart, les alexandra david-neel, ca fait rêver dans les chaumières...
En réponse à Comment ont-ils fait à Yendouma Ato pour construire le village... mystère... des groupes de greniers sont plantés en équilibre sur de grosses pierres (mon avatar), | | | À: Mamina64 · 17 décembre 2008 à 15:44 · Modifié le 17 déc. 2008 à 17:20 Re: Voyage tranquille au Mali Message 35 de 54 · Page 2 de 3 · 3 237 affichages · Partager Merci à tous de continuer à suivre notre périple... Quel flatteur ce Tomas ! arriver à faire de "Bécassine en voyage" une "Lara Croft de l'aventure" une belle prouesse !
Samedi 29
Tout a une fin... il nous faut quitter ce village que nous avons vu vivre quelques jours, eux vont rester longtemps présents dans nos esprits... mais nous, nous laissons quoi ? toujours les mêmes choses ressassées : oui, on voit bien, vous n’avez rien et encore moins, non, la France n’est pas la terre d’accueil que vous croyez, oui bien sûr venez nous voir, oui on enverra des colis, mais oui, vous êtes heureux comme ça, vous savez le progrès... Dans ces villages le tourisme a apporté du travail, une ouverture, un peu plus d’aisance par des dons, une possibilité pour les guides de voir un avenir meilleur, et, même si pour nous le voyage c’est aussi prévoir un budget, se priver sur autre chose, faire des économies pour partir, nous serons pour eux toujours les riches, mais la crise ne va-t-elle pas toucher le secteur des voyages aussi ? Nous ne sommes pas les premiers à nous poser toutes ces questions en repartant...quoi faire ? Continuer peut-être tout simplement à aller là-bas, voir une autre culture, un autre rythme, s’y plonger, l’accepter, ne pas vouloir à tout prix y mettre notre façon de faire.
Un 4x4, avec Ladi au volant, vient nous chercher très tôt car ce soir nous dormons à Mopti et quelques arrêts sont prévus sur la route. Timothé, un guide ami, profite du transport. Tranquille a entendu que la boutique d’artisanat à Ibi nous avait plu et que j’avais un petit regret d’achat, du coup ce sera notre première halte, sympa ! deuxième halte à Banani d’où Yolande, Jean-Marie, Pierre et Tranquille vont monter à pied vers Sangha sur le plateau. Je reste dans la voiture, nous prenons une route bien abrupte, moitié béton, moitié piste caillouteuse d’où la vue est magnifique. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises, Timothé me fait remarquer dans les anciennes habitations telèmes la maison du Hogon particulièrement décorée et au loin nous apercevons dans la falaise la faille par laquelle vont passer les marcheurs. Dès l’arrivée sur le plateau ce sont les immenses champs d’oignons d’un vert très vif qui nous entourent. Un barrage retient l’eau bien précieuse et dans les champs règne une atmosphère laborieuse. Sangha c’est la ville d’arrivée en Pays Dogon donc beaucoup de sollicitations insistantes... pas mal de bureaux de guides, pour ceux qui viennent jusqu’ici aucun problème pour trouver des accompagnateurs !
Nous reprenons la piste jusqu’à Bandiagara, la boucle est bouclée... et nous retrouvons le goudron.
Peu après nous obliquons vers l’Est pour visiter Songho et la fameuse grotte des circoncis. Ce village est très bien organisé, une association structure les visites (droit d’entrée) et nous avons un peu l’impression d’arriver dans un éco-musée : tous les artisans sont là, le tisserand, le forgeron, le sculpteur sur bois, les métiers de la terre... la ruelle principale est bordée de boutiques d’artisanat (très jolies d’ailleurs). Chaque détail est mis en valeur comme les greniers à grain et leur porte, les échelles... Nous montons vers la grotte accompagnés d’un guide local. Comme dans tout le Pays Dogon, la circoncision fait l’objet de grandes fêtes et de rituels particuliers. À Songho, les rituels sont particulièrement respectés et concernent uniquement les cinq grandes familles du village. A l’occasion, une trentaine de garçons de 12 à 15 ans sont circoncis. Auparavant un serpent est appelé par le Hogon, il ne sort (le serpent !) des rochers que tous les trois ans (!) et doit manger les trois poulets qu’on lui donne en sacrifice avant que la cérémonie ne commence, le tout au son des tambours et calebasses que l’on a sorti d’un abri proche de la grotte et qui ne doivent résonner que pendant ces jours de fête ! C’est à cette occasion aussi que l’on repeint tous les symboles qui décorent la grotte. Le guide est intéressant et la visite nous plait beaucoup.
Nous nous arrêtons dans les marchés sur le trajet, de jolies vendeuses nous proposent d' énormes pastèques entassées sur les bords de la route, à d'autres nous achetons des plaques de sésame délicieuses et nous nous laissons tenter par des bracelets de perles que vendent de toutes petites filles... l'une d'entre elles me regarde avec insistance et d'un coup me touche les cheveux ! tiens, ça fait drôle d'être prise pour une extra-terrestre !
A Mopti nous dormons à l’hôtel « Doux Rêves », hôtel très agréable, un peu excentré, et nous commandons notre repas du soir au restaurant "Yérédémé » juste à côté, restaurant qui est géré par une association de mères célibataires, sous la houlette de Dominique, propriétaire de l’hôtel.
L’autre jour, en arrivant en pinasse nous avions vu le quartier du port, là nous allons vers le centre, nous flânons dans les rues bien rectilignes de Mopti. L’activité y est intense surtout à l’approche de l’Aïd. Partout des moutons, dans les rues, dans les cours, ils sont d’un blanc immaculé, nous avons vu des gens les laver dans le fleuve. Des groupes de femmes se coiffent mutuellement et refont leurs jolies tresses, elles nettoient en grand leur maison, s’avancent pour la cuisine...Nous traversons assez rapidement le marché artisanal ; par contre, nous trainons au milieu des étals du marché traditionnel.
Les couleurs vives des boubous rivalisent avec les étalages colorés de fruits et légumes, nous y retrouvons nos produits mais souvent de formes différentes. Nous y faisons quelques achats de graines et de plantes diverses. Les couturiers s'affairent à leurs machines à côté des poissonnières qui écoulent leur marché du jour, les bouchers cuisent directement la viande sur des barbecues de fortune et les petits enfants accrochés au dos de leurs mères nous observent avec de grands yeux effrayés !
A nouveau un guide pour voir la mosquée de l’extérieur et monter sur une terrasse d’où la vue est plus dégagée, bien sûr, il essaye de nous entrainer dans une boutique... Nous préférons aller jusqu'au port, dans la cohue des mobylettes et des charrettes pour observer les bateaux, chargés de passagers, d'animaux, de marchandises et qui se préparent à une traversée de nuit vers Tombouctou.
Après le calme du Pays Dogon, l’agitation de Mopti et surtout les sollicitations pressantes des marchands qui nous suivent sur des centaines de mètres nous agacent un peu ! nous repartons vite nous réfugier à l’hôtel où nous profitons de la jolie cour fleurie. Excellent repas, nous nous régalons d’un bon morceau de capitaine et de bananes plantain. Nous mangeons à l'heure du feuilleton quotidien, gros succès au Mali, et nous nous amusons de voir participer les serveuses, de façon si intense, devant le téléviseur, aux péripéties des personnages. Nous restons un bon moment discuter avec Dominique avant de monter dans la chambre.
Nous retrouvons la moustiquaire et ce sera le ventilateur qui bercera notre nuit. Images attachées: | | | À: Mamina64 · 17 décembre 2008 à 18:42 · Modifié le 20 déc. 2008 à 10:02 Re: Voyage tranquille au Mali Message 36 de 54 · Page 2 de 3 · 3 225 affichages · Partager On s'en va déjà de ce si beau pays Dogon... On y était si bien ! | | | À: Mamina64 · 18 décembre 2008 à 13:00 Re: Voyage tranquille au Mali Message 37 de 54 · Page 2 de 3 · 3 200 affichages · Partager Nous ne sommes pas les premiers à nous poser toutes ces questions en repartant...quoi faire ? Continuer peut-être tout simplement à aller là-bas, voir une autre culture, un autre rythme, s’y plonger, l’accepter, ne pas vouloir à tout prix y mettre notre façon de faire.
de mamina | | | À: Mamina64 · 20 décembre 2008 à 1:33 Re: Voyage tranquille au Mali Message 38 de 54 · Page 2 de 3 · 3 167 affichages · Partager Dimanche 30 et lundi 1 ier décembre
Nous allons vers la fin du voyage et nous avons de la route à faire pour rejoindre Bamako ! je regrette vraiment de ne pas avoir pris un retour par Sévaré même si cela nous permet de visiter quelques villes, nous aurions pu le faire à l’aller....
Donc, départ ce matin à 7 h pour une route longue et somme toute monotone.... Il fait toujours aussi chaud ! Nous arrivons à Ségou vers midi, fonio au repas dans un petit restau sympa où la patronne fait son show ! Nous nous installons à l’hôtel (je n’en parle pas, pas terrible !) un peu de repos et nous partons pour une belle promenade au bord du Niger.
Ségou nous a beaucoup plu même si nous n’y sommes pas resté longtemps, est-ce la présence du Niger, fleuve calme, apaisant, mais la ville aussi est reposante, pas d’agitation, de grandes avenues, beaucoup de végétation, des gens cools... le Niger ici est très large, nous voyons des îles sur l’autre berge, c’est là que se trouvent les villages des potiers. Nous n’irons pas là-bas mais des poteries nous en avons vu partout ! Ce sont des piles et des piles qui sont exposées devant l’acheteur et pour des prix dérisoires on peut se faire des petits plaisirs... reste juste à trouver qui va les porter jusqu’à la maison !
Nous marchons un bon moment le long du fleuve où l’on retrouve toute une activité liée à l’eau... d’abord plein de petits jardins maraichers juste sur les bords, puis des femmes et leurs enfants pour la toilette ou la lessive, à peine plus loin quelques jeunes, à mi-cuisse dans l’eau, qui essayent de prendre quelques poissons dans leurs filets et les bateaux qui font leur va-et-vient d’une rive à l’autre... c’est la fin d’après-midi, une fois de plus les couleurs sont magiques. Nous visitons une fabrique de bogolans, ceux-là peints à la main, la technique est intéressante et le centre artisanal montre la fabrication du début à la fin. Ne voulant rien acheter, mais par contre assoiffés, nous montons sur la terrasse aménagée en bar. C’est superbe ! vue directe sur le fleuve, canapés confortables, un balafon sur la rambarde permet à Tranquille de nous offrir un joli moment de musique, quant au jus de baobab et au bisap, ils sont excellents ! le bisap est servi glacé, sucré et avec des feuilles de menthe, un régal ! l’endroit est vraiment chouette, nous passons là un bon moment de détente, pensant en avoir fini avec les visites.
Mais Ladi nous véhicule jusqu’à Ségoukoro, village bambara, à l’origine de Ségou et où se trouvent encore beaucoup de vestiges de cet empire puissant au 17 ièm et 18 ièm siècles. Les Bambaras sont le symbole de la résistance à la colonisation mais ils furent vaincus par les Français en 1883. Nous passons d’abord par la maison du chef du village pour avoir le droit de visite après s’être acquitté... du droit d’entrée... un sacré chef ! Dommage, la visite sera un peu rapide, je retiendrais l’image d’un joli village en banco très authentique, du palais de la reine Ba Sounou Sacko, de la tombe de Biton Mamaty Coulibaly et de la petite mosquée, sous le manguier, au bord du fleuve, des pirogues qui rentrent à la nuit tombée...
Nous retournons à Ségou en traversant l’ancien quartier colonial de la ville et ce qui a été de splendides propriétés, malheureusement aujourd’hui très peu entretenues... on peut cependant imaginer la vie ici il y a cent ans... juste pour l’histoire, sans aucune nostalgie bien sûr !
Nous mangeons en musique au « Soleil de minuit », un groupe local nous régale de musique malienne si agréable et entrainante Nous aurons aussi la chance de discuter un moment avec le grand artiste Amahiguéré Dolo dont nous avions entendu parler dans les guides mais quelle chance de le rencontrer ! dès le retour nous sommes allés admirer ses œuvres contemporaines sur Internet en attendant une exposition...
Finalement, notre journée a été bien remplie et riche....
Dernier jour et nous ne sommes guère emballés par l’idée de le passer à Bamako, notre avion ne décolle qu’à 23 h !
En attendant nous repassons par le bord du Niger tôt le matin et c’est un spectacle surprenant qui nous y attend. Une intense activité règne au bord de l’eau, les pirogues amènent des chargements de poteries de l’autre bord du fleuve, les femmes transbordent des bassines énormes sur leurs têtes, des jeunes très adroits balancent ensuite les poteries une à une à un copain situé en hauteur, là où nous sommes. Ils nous voient les regarder et s’amusent à faire des passes de basket en riant de bon cœur... pas de casse en plus ! Je resterais bien des heures à regarder toutes ces scènes pleines de vie, de rires, mais de dur labeur aussi.... Il faut partir !
A nouveau sur la route nous retrouvons les camions surchargés, les transports en commun archi-plein, les moutons ficelés et empaquetés par-dessus les marchandises, et ce n'est qu'aux abords de Bamako que nous voyons de belles maliennes, très élégantes, conduire avec aisance des mobylettes au milieu de tout ce trafic et cette pollution.
Ladi aura été un très bon guide à Bamako et la journée a passé très vite, il faut dire aussi que nous sommes souvent restés coincés dans les embouteillages ! Nous mangeons dans une gargote qui fait de la cuisine sénégalaise : nous terminons notre épisode gastronomie avec du riz au gras et du poulet yassa (plutôt relevé !), délicieux.
Nous reprenons la voiture et, à travers un dédale de rues bordées de centaines de petits commerces de toutes sortes, au milieu des mobylettes, des piétons, des charrettes il se fraye un chemin vers un dépôt où il nous fait entrer... nous nous demandons bien ce que nous faisons là ! Ladi a l’air de bien connaître la famille qui habite à l’entrée, il nous guide vers un enclos et là, gros éclat de rire, c’est un élevage de crocodiles !!! Nous sommes épatés, Tranquille est ravi de sa blague et d’après ce que nous voyons ce sont des kilos de saucissons qu’il va falloir lui expédier ! Derrière un grillage (oui, quand même !) dans une eau saumâtre, les crocodiles sont là : des énormes, des petits sur le dos des gros, des qui dorment au soleil, d’autres qui se cherchent des noises, des minuscules qu’on a peine à voir... un beau cadeau de départ...
Ensuite ils tiennent tous les deux à nous conduire vers le Point G... Point G ? qu’à cela ne tienne, nous ne sommes plus à ça près... allons-y ! en fait nous montons vers l’hôpital sur une colline qui surplombe toute la ville de Bamako. Point G, certainement pour géodésique, la vue sur Bamako est de 180 °, le Niger brille au milieu de la plaine, les deux ponts principaux sont bien visibles, la ville s’étend largement sur les deux rives, beaucoup de verdure, très peu d’immeubles sinon ceux très modernes du quartier des affaires, et de grandes étendues de toits en tôle. En ce milieu d’après-midi le soleil tape fort, nous avons du mal à rester dehors.
En descendant le plateau nous pensons faire la visite du musée du Mali, il parait qu’il est chouette mais... il est fermé le lundi, dommage, rien que le parc ombragé avec toutes les reproductions miniatures des mosquées du pays nous tente bien ! Du coup nous nous rabattons sur le marché artisanal, plein de belles choses mais trop d’insistance, là c’est pénible ! dehors par contre nous voyons les artisans travailler qui le bois, qui le cuir, qui fabriquer des bijoux, ici aussi beaucoup d’animation !
Nous finissons l’après-midi dans un bar pas loin de l’aéroport, une dernière Flag pour les hommes, une dernière sucrerie pour Yolande et moi, nous décidons de ne plus en boire de tout 2008 ! C’est le moment de dire au revoir à Tranquille, moment toujours empreint de tristesse, nous avons appris à l’apprécier et surtout ses compétences ont fait que ce séjour a été très riche en découvertes...
Ensuite ce sont les heures qui s’écoulent lentement avant de prendre l’avion, les quelques heures de sommeil avant de retrouver les 5 ° de Paris, la course dans le métro pour ne pas louper le train, encore 5 h de trajet et l’arrivée à la maison où nous replongeons dans un autre monde, le notre...
Merci une nouvelle fois à vous tous d'avoir suivi mon bavardage, vos encouragements permettent d'aller au bout du récit ! La semaine prochaine sera consacrée aux retrouvailles familiales. Passez des fêtes pleines de joie et de tendresse... Très bon Noël ! Images attachées: | | | À: Mamina64 · 20 décembre 2008 à 8:42 Re: Voyage tranquille au Mali Message 39 de 54 · Page 2 de 3 · 3 161 affichages · Partager Bonjour Mamina,
C'est un superbe voyage sous le soleil ardent d'un Mali très pittoresque et bien raconté, mêlant des anecdotes amusantes, des randonnées originales et des rencontres si émouvantes.
Merci pour ce dépaysement, Mamina. Joyeux Noël et bonne et heureuse année 2009 ! | | | À: Mamina64 · 20 décembre 2008 à 10:01 Re: Voyage tranquille au Mali Message 40 de 54 · Page 2 de 3 · 3 150 affichages · Partager Ségou, Ségoukoro, Bamako... Ton récit si agréable me donne vraiment envie de retourner dans ce fabuleux pays pour découvrir ces coins que je ne connais pas !
Et revoir Tranquille, connaître un peu mieux Joël, retrouver cette ambiance, cette magie et cette beauté du pays Dogon, se ressourcer sur les bords du Niger, se repoudrer de cette latérite rouge...
Merci Mamina pour ce beau récit malien. 
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