| Voyage tranquille au Mali Mamina64 · 9 décembre 2008 à 11:11 · 75 photos 54 messages · 20 participants · 13 630 affichages | | | | 9 décembre 2008 à 11:11 Voyage tranquille au Mali Message 1 de 54 · Page 1 de 3 · 7 964 affichages · Partager Tranquille ? non pas si tranquille que ça... voyage qui a souvent chamboulé nos repères, nos certitudes et nos habitudes... voyage dont on revient touché par des sourires et des rires, agacé par trop de sollicitations, émerveillé par des paysages splendides, étonné par la présence de l’eau, reposé par des images d’un autre temps, fatigué par la chaleur plombante, ensablé d’une multitude de petits grains que l’on retrouve encore entre les pages de nos livres... Et Tranquille, c’est surtout le surnom de notre guide !
Vendredi 21 novembre 2008
Nous ne sommes que très peu d’européens dans le vol Aigle Azur qui nous emmène à Bamako, nous avons largement de la place, l’avion ne fait jamais le plein pour privilégier une surcharge de bagages des passagers. Compagnie à recommander, super accueil et bonnes prestations. Sur le tarmac nous descendons de la passerelle dans un four : 30 ° à 20 h ! Joël est à l’arrivée, c’est le frère de Tranquille, le guide qui doit nous accompagner en Pays Dogon. Nous passons notre première nuit chez Fanny et Nico, une auberge de routards, chambre ventilée ou dortoirs en terrasse, sanitaires en commun, beaucoup de motos dans la cour, des jeunes sur les canapés qui fument, qui discutent, qui refont le monde... Pour arriver ici nous avons déjà senti l’Afrique, la chaleur, la poussière, les embouteillages de mobylettes, les petits marchands à nos vitres, les propositions, les boutiques en plein air tout au long du chemin, l’éclairage qui arrive à peine à illuminer les visages et surtout les larges sourires, « bienvenue au Mali ! » Nous aurons chaud toute la nuit !
Samedi 22 :
Super bon petit déjeuner en terrasse, jus de papaye, confiture de mangues, nous sommes vite dans le bain ! Moussa, au volant d’un 4x4, va nous conduire jusqu’à Djenné où nous dormirons ce soir. Pour pouvoir rester un peu plus longtemps au Mali nous avons fait le choix d’arriver et de repartir de Bamako, du coup, nous avons fait beaucoup de route, ce qui aurait pu être évité en arrivant à Mopti/Sévaré, cela nous a permis cependant de visiter Ségou au retour, de traverser des régions d’élevages, une forêt protégée avec nos premiers baobabs, de manger dans des gargotes au bord de la route, de s’arrêter dans les marchés colorés des petits villages, de voir la vie des campagnes (la fabrication du charbon de bois, des briques cuites...)... Nous nous arrêtons à San, au bord de la route, pour un repas du midi tardif (il est déjà 14 h) et nous faisons honneur à une grande assiette de riz en sauce. Ce sera LE plat du séjour, les sauces varient, parfois pâtes ou fonio mais ce sera le repas habituel, parfois une délicieuse petite banane ou quelques morceaux de pastèque bien juteuse pour dessert. Vers 17 h nous sommes au bord du Bani, nous attendons le bac pour rejoindre Djenné. La saison des pluies vient de se terminer il y a un mois, il y a encore beaucoup d’eau partout, ici en particulier c’est une région marécageuse, beaucoup de rizières et de plantations de céréales, bien sûr, rien à voir avec le rendement des hectares de la Beauce ou la Brie... il y a encore beaucoup à faire et surtout en premier lieu avoir du matériel, tout est cultivé et récolté par la main des hommes (plus souvent des femmes d’ailleurs !) C’est la fin de l’après-midi, le bac est sur l’autre rive et en attendant, de jeunes enfants nous proposent des petits véhicules qu’ils ont fabriqués avec l’alu des canettes. Près du bord quelques pêcheurs relèvent leurs filets, des femmes finissent la toilette des enfants ou leur lessive quotidienne, le soleil va sombrer dans des couleurs rougeoyantes, au loin deux hippopotames plongent si rapidement dans l’eau fraiche que peu de gens les aperçoivent... De jeunes routards lillois voyagent dans une voiture si délabrée qu’on la prend pour un tas de ferraille, les habitants de Djenné regagnent leur maison, un bus-taxi bien chargé nous suit et tout ce monde s’entasse sur le bac poussif à souhait ! Nous traversons ensuite cette étrange ville ancienne (patrimoine de l’Unesco) par d’étroites ruelles bordées de maison en banco gris, nous apercevons la Mosquée et nous nous arrêtons devant « Le Campement » hôtel tout à fait confortable où nous sommes contents de déguster une bonne Flag bien fraiche ! Après s’être rafraichi nous avons besoin de nous dégourdir un peu les jambes, la nuit est bien tombée, nous allons manger un Tion-Tion (riz et sauce aux oignons !!!) dans un restau local vers la place de la Mosquée. Même le soir nous avons du mal à supporter la chaleur qui nous plombe, normalement il devrait faire plus frais mais ce qu’aucun guide touristique ne dit c’est que vers novembre il y a à nouveau un pic de hautes températures, nous sommes en plein dedans : 35 à 40° dans la journée, à peine moins la nuit ! ça va être chaud pour marcher ! Nuit sous la moustiquaire, l’eau n’est pas loin mais globalement nous n’avons pas été gêné par les moustiques. Images attachées: | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Mamina64 · 9 décembre 2008 à 11:45 Re: Voyage tranquille au Mali Message 2 de 54 · Page 1 de 3 · 7 940 affichages · Partager Que voilà un joli début ! La suite ! La suite !
| | | À: Mamina64 · 9 décembre 2008 à 13:35 Re: Voyage tranquille au Mali Message 3 de 54 · Page 1 de 3 · 7 919 affichages · Partager la suite ! j'avais lu "l'avant départ et ses appréhensions"  j'ai hâte de lire le retour de voyage avec mr tranquille. willynomad | | | À: Mamina64 · 9 décembre 2008 à 13:54 Re: Voyage tranquille au Mali Message 4 de 54 · Page 1 de 3 · 7 915 affichages · Partager Bonjour Mamina
hummm !! ça sent bon l'Afrique Quel plaisir de te lire  Tranquille c'est un nom qui ne s'invente pas. à bientôt par ici
Eric | | | À: Mamina64 · 9 décembre 2008 à 14:00 Re: Voyage tranquille au Mali Message 5 de 54 · Page 1 de 3 · 7 911 affichages · Partager Te voilà rentrée et déjà à l´oeuvre, Maminafrique (enfin "déjà"... plus d´une bonne semaine quand même !).
Je me console de l´absence de djembé dans tes valises avec le démarrage de ton récit, d´ores et déjà coloré et mordant, agrémenté de recettes de riz à toutes les sauces ainsi que de premiers beaux clichés.
Je suis curieuse de savoir à quelles occasions et quelles certitudes ont pu être bousculées chez toi qui es aplomb et stabilité. Pourrais-tu avoir l´obligeance de laisser à ton homme le soin de trouver une place pour les collections de poterie, les portes dogon et autres souvenirs rapportés et éventuellement de préparer Noel, pour te consacrer à rattrapper le retard déjà pris dans ton récit !
Bises | | | À: Mamina64 · 9 décembre 2008 à 16:27 Re: Voyage tranquille au Mali Message 6 de 54 · Page 1 de 3 · 7 878 affichages · Partager Merci à tous de vos gentils mots... je continue...
Dimanche 23
Rapidement nous avons compris que si nous ne voulions pas sécher sur place au soleil il fallait profiter des heures fraiches de la journée et il est à peine 7 heures quand nous prenons notre petit déjeuner.
Au fait, nous, c’est deux couples d’amis de longue date, nous avons pas mal de voyages ensemble à notre actif en mélangeant, au hasard des destinations, soit de l’organisé, soit de la débrouille. Pour le Mali nous avons pris directement contact avec un guide conseillé par un membre VF (vous voyez, ça marche !), il nous a accompagné tout le séjour, je pense qu’il y a eu beaucoup d’improvisation dans les étapes, il s’est complètement adapté à notre rythme, à nos envies. Pas d’intermédiaire, pas d’agence, il a fait travailler les gens de son village comme porteur et cuisinier, les copains pour les auberges, la pinasse... tant mieux... nous avons payé au bout du compte la même chose pour 10 jours plein sur place que par agence pour 7 jours, le transport de Bamako au Pays Dogon en 4x4 a été le gros du budget, proportionnellement l’essence est très chère (presque 1 euro le l).
C’est un jeune guide qui se propose de nous faire visiter Djenné, ville édifiée au IX ième siècle au bord du Bani (affluent du Niger) protégée de hautes murailles de banco (genre de torchis, eau et paille + beurre de karité pour que l’eau coule en surface) et dont le monument principal est la Mosquée. Nous avons reçu quelques explications du guide et nous nous approchons de la Mosquée lorsqu’un policier à mobylette et un homme se présentant comme le directeur de l’Office du Tourisme nous interpellent. Notre petit guide n’est pas accrédité ! il est emmené vers le poste de police (tout va s’arranger pour lui mais après beaucoup de palabres !) et nous voilà avec un guide « officiel » bien moins intéressant et qui nous dirige surtout vers les boutiques d’artisans ! nous monterons quand même sur une terrasse pour avoir une vue d’ensemble de la ville mais c’est à peu près tout ! ce sera le regret de ce voyage : ne pas en avoir vu plus à Djenné. Nous aurions mieux fait de flâner seul dans les ruelles et sur le bord du fleuve.
En fin de matinée un bon moment nous attend, nous montons sur la pinasse qui va naviguer jusqu’à Mopti. C’est une jolie barque colorée, confortable, bien stable. Tout y est, salon, salle à manger, cuisine, WC, poste de pilotage,... Nous mangerons d’excellents repas préparés par le « pilote-cuisinier », du « Capitaine » un très bon poisson pêché dans le fleuve et du poulet plumé à bord ! Rien n’est plus agréable que de se laisser bercer au fil de l’eau et d’observer sur les rives la vie d’un peuple de pêcheurs (les Bozos) ou d’éleveurs (les Peuls). Les pinasses à touristes sont tout à fait reconnaissables, d’abord nous ne sommes que 7 à bord y compris l’équipage, ensuite les gilets de sauvetage orange arrimés aux montants du toit se voient de loin et sur notre passage les bras se lèvent pour des coucous bien chaleureux ! dès que nous approchons d’un village en torchis de pêcheurs ou celui de cases des peuls nomades, nous le remarquons par l’activité intense au bord du fleuve : les femmes lavent le linge ou les calebasses, les enfants se baignent, s’amusent, font leur toilette, les animaux s’abreuvent, les hommes sont aux champs ou gardent les troupeaux. Cela fait des scènes colorées, vivantes, joyeuses... A plusieurs reprises nous assisterons au passage des troupeaux de zébus d’une rive à l’autre, une centaine de vaches entrainée par le courant, au milieu quelques hommes à l’eau qui les dirigent de l’autre côté, des cris, des meuglements, impressionnant !
Nous nous arrêtons aux abords d’un petit village bozo, c’est Djenné en miniature, une jolie mosquée d’inspiration soudanaise en son centre. Les enfants se précipitent sur nous pour nous tenir la main, pour se jeter devant l’objectif dès que je veux prendre une photo, ils sont ravis lorsque j’emprunte à l’un d’entre eux son pneu de bicyclette et que j’essaye de le faire rouler avec un bout de bois... ouh ! ça va vite.... Il faut courir derrière ! le problème c’est qu’après ça chacun veut me prêter son jouet ! rapidement essoufflée Mamina ! Les petits sont adorables, souriants avec une dentition parfaite, pieds nus dans la poussière, vivants probablement de très peu de choses cependant je n’ai pas eu l’impression de voir des enfants affamés...bien sûr ils sont démunis et vivent ou survivent en fonction des pluies et des récoltes. Joël nous explique que ces trois dernières années ont été pluvieuses, que les récoltes globalement ont été bonnes et que pour l’instant ils ont échappé à la famine comme en 96 ou aux invasions de criquets. En ville le problème est sûrement différent pour trouver du travail et se loger, la vie à la campagne est plus simple et plus facile, un peu comme partout ! Les hommes s’approchent peu de nous sauf de Jean-Marie qui, en vrai homme de la terre, est toujours à l’affût des instruments des champs ou des bricolages des artisans. Les femmes nous sourient, nous montrent leurs bébés, nous accueillent dans leur cour quand nous sommes curieux d’entendre le son des pilons, les anciens réclament quelques médicaments que nous laissons de bon cœur en remerciement de notre intrusion. Nous repartons sur l’eau après cet épisode bruyant, remuant mais bien chaleureux... pour nous arrêter un peu plus loin pour un arrêt pipi ! oui il y a un WC sur la pinasse mais d’y accéder nécessite une acrobatie dont je préfère me passer pour ne pas servir d’appât aux poissons du fleuve ! déjà, pour arriver aux sièges c’est tout un parcours du combattant : enlever les chaussures, passer par-dessus un banc, puis par-dessus les bagages, reprendre l’équilibre, ne pas oublier qu’une barque ça penche et ne pas se déplacer trop brusquement d’un côté à l’autre (ce que je fais régulièrement bien sûr pour prendre des photos !)... et tout dans le sens inverse pour descendre ! non, c’est très sympa cet épisode sur le fleuve et vraiment faites-le si vous allez au Mali. Dans un autre genre il y a aussi les pinasses régulières qui transportent des voyageurs d’une ville à l’autre.
Nous continuons notre descente vers le Niger, nous sommes étonnés par les immenses troupeaux qui paissent dans les champs où l’on vient de faire les récoltes, vraiment une région d’élevage ! Beaucoup d’oiseaux aussi, des aigrettes, des hérons, quelques canards sauvages, et, est-ce les oies sauvages que nous avons vu passer dans le ciel béarnais ? Nous commençons à reconnaître quelques arbres : le manguier, le raisinnier, le tamarin, le baobab qui en ce moment perd ses feuilles (c’est l’automne !) et est chargé de fruits, l’arbre à karité.
Avant la nuit nous nous arrêtons dans un endroit isolé, nous avons juste le temps de monter les tentes avant que le soleil ne se couche, nous avons la visite d’un pêcheur qui nous montre sa pêche, nous mangeons au milieu des moustiques et des moucherons à la lumière d’un feu de camp. Vite dans les duvets pour une nuit calme sous un ciel étoilé que nous ne reconnaissons pas ! le croissant de lune est horizontal, la casserole posée à l’envers, les étoiles sont chamboulées mais la voie lactée est d’une clarté magique, les étoiles filantes nous font un feu d’artifice et dans un coin du ciel la poule veille sur ses poussins.... Quoi ? les nuits sont calmes au bord du Bani ? que nenni !!! toute la nuit des pêcheurs passeront aux abords de notre campement dans leur barque, clapotis de l’eau, bavardage nourri (les maliens sont sacrément bavards !) voire transistor, bruissement des ailes des chauve-souris, chants des coqs décalés.... Nous passerons malgré tout une bonne nuit ! Images attachées: | | | À: Mamina64 · 9 décembre 2008 à 21:38 Re: Voyage tranquille au Mali Message 7 de 54 · Page 1 de 3 · 7 833 affichages · Partager quel bonheur, Mamina, que de me replonger dans ce magnifique pays grâce à ton récit
j'attends avec impatience la suite !!!!    
biz à toi et bonjour à Papipic | | | À: Mamina64 · 9 décembre 2008 à 22:55 Re: Voyage tranquille au Mali Message 8 de 54 · Page 1 de 3 · 7 825 affichages · Partager coucou Wapata, oui, c'est un chouette voyage !
Lundi 24
Nous sommes réveillés très tôt, vers 5 h 30 et nous embarquons à 6 h 15 après le pliage des tentes et la fermeture des bagages. La toilette a été vite faite, quelques lingettes sur les endroits stratégiques comme dit Yolande, brossage des dents (à l’eau minérale) et c’est en dégustant le petit déjeuner sur la pinasse que nous assistons au lever du soleil : un beau spectacle avec les pêcheurs en avant-plan et cette lumière toujours aussi belle en début ou fin de journée...
Nous nous arrêtons à nouveau dans un village bozo en milieu de matinée, toujours le même accueil, toujours autant d’enfants autour de nous, toujours les femmes au travail, des hommes qui fabriquent des nasses à poisson, une mosquée, des pièces d’habitation autour d’une cour intérieure, c’est calme, paisible, authentique. Nous continuons la navigation jusqu’à Mopti, c’est vraiment un moment agréable, la chaleur est plus supportable, les paysages varient un peu, tantôt des berges de sable, tantôt des pâturages, tantôt des rizières ou des marécages mais toujours les mêmes scènes de la vie quotidienne et surtout des rubans de femmes, de jeunes et de petites filles portant des charges sur la tête...
Nous voici en vue de Mopti, beaucoup, beaucoup de bateaux, une activité intense sur le port où nous accosterons après avoir fait un tour dans le confluent des deux fleuves, c’est le delta intérieur du Niger, fait de nombreuses iles, de lacs, de ramifications. Nous croisons de nombreuses pinasses qui font le passage entre les rives, elles sont chargées à bloc de passagers, de marchandises, d’animaux... oui, ça va être l’Aîd et chaque musulman se doit de tuer un mouton pour sa famille, nous en verrons partout : dans les rues, dans les cours, sur les camions, sur les mobylettes, dans les charrettes et dans tous les endroits où nous irons, attendant bravement la fin !
Après avoir remercié les pinassiers nous retrouvons notre 4x4.... Enfin un autre ! nous n’avons rien compris au change... peu importe. Joël nous amène d’abord faire du change, nous nous rendons compte qu’il faudra prévoir un gros budget pour les boissons, je bois des hectolitres d’eau, du coca aussi un peu (beurk !) et nos hommes découvrent la Flag en litre !La bouteille d’eau varie entre 1 et 2 euros, la bière aussi, les « sucreries » comme ils appellent les Fanta, Coca et autres à 1 euro. Est-ce la chaleur et la déshydratation, la poussière et la gorge sèche mais notre soif sera insatiable ! j’ai même encore soif ! Yolande a une bonne idée, nous achèterons des petits citrons et nous ajouterons le jus dans les bouteilles. Je ne sais pas si c’est la vertu aseptisante du citron ou le riz ou le Coca de temps en temps mais j’ai échappé pour la première fois dans ce type de voyage à la tourista... quel bonheur ! Un autre poste du budget que nous avions minimisé ce sont les pourboires... nous ne sommes plus habitués chez nous, souvent cela se justifie et nous sommes les premiers à le faire, parfois c’est un marchandage désagréable. Ce côté quémandeur nous a souvent gêné, les enfants aussi s’y mettent et c’est dommage !
Nous passons au Cyber café où nous envoyons quelques messages à nos enfants : « Tout va bien, vos globe-trotters de parents sont encore en vie, nous serons encore là pour vous embêter un peu ! »
A la sortie, surprise ! Tranquille nous attend, Joël nous lâche mais nous le reverrons en fin de semaine dans son village natal en Pays Dogon, Tranquille prend le relais et nous accompagnera jusqu’au retour, il était jusqu’à présent occupé par un autre groupe. Tout s’est très bien passé avec son frère qui est un garçon sérieux, moderne, compétent, épatant, gai, plein d’humour... mais c’est Tranquille qui m’avait été conseillé, nous allons maintenant faire sa connaissance. Deux tempéraments complètement différents, Tranquille est.... tranquille !
Déjeuner à Mopti près du port, nous goutons notre premier plat de fonio, petite graine qui ressemble au couscous, ce repas doit être particulièrement prisé ici car non seulement la salle est pleine mais de nombreux maliens viennent acheter ce plat à emporter !
Nous partons ensuite en 4x4 en direction du Pays Dogon. D’abord de la route goudronnée et à partir de Bandiagara une piste de sable et de pierres, nous nous dirigeons vers Dourou. Les paysages changent aussi et nous sommes surpris de découvrir au milieu de ces roches noires des champs d’oignons ! La roche retient l’eau, de petits barrages ont été érigé, par contre la terre est emportée donc, pour cultiver ces petits lopins de terre il faut ramener de la terre, la retenir en faisant des cuvettes. Ces cultures demandent beaucoup de soins et de travail car une nouvelle fois tout est fait à la main : bêchage, plantations, arrosage, entretien....ces champs tout verts sont surprenants au milieu d’un paysage désertique ! il y a même une odeur d’oignons dans l’air ! Sur la piste nous croisons aussi beaucoup de charrettes chargées d’épis de mil rangés au cordeau ! nous sommes en plein dans la période de récolte des céréales et nous observerons le travail dans les champs de mil et de sorgho ainsi que le ramassage des feuilles de baobab pour les inclure aux sauces mijotées...
Nous sommes sur le bord du plateau et nous descendons la falaise pour rejoindre Ireli où nous dormirons ce soir. C’est la fin de l’après-midi, la lumière rase le sol et les couleurs sur la dune rose sont superbes, pour ma chance le chauffeur se trompe de piste, il descend jusqu’à Nombori, veut remonter la dune, s’ensable et c’est l’arrêt ! je peux tranquillement prendre quelques photos juste au bon moment !
L’arrêt sera de courte durée, nous arrivons à la nuit tombée dans une « auberge », c’est une maison du village, nous dormirons sur la terrasse sous des moustiquaires, des sanitaires très sommaires (un bidon d’eau posé sur une poutre au-dessus de nous) nous permettent quand même de nous laver de toute la poussière accumulée depuis deux jours ! Nous aurons du mal à fermer les yeux tant le « plafond » de notre chambre est magique ! Images attachées: | | | À: Mamina64 · 10 décembre 2008 à 1:12 Re: Voyage tranquille au Mali Message 9 de 54 · Page 1 de 3 · 7 819 affichages · Partager Bonsoir Mamina,
C'est bien agréable de te suivre dans ce voyage et les photos sont jolies !
D'ailleurs celle de ton avatar me rappelle les maisons des fées des contes de mon enfance ! | | | À: Mamina64 · 11 décembre 2008 à 22:22 Re: Voyage tranquille au Mali Message 10 de 54 · Page 1 de 3 · 7 683 affichages · Partager tu emballe les cadeaux de noël ou tu nous écrit la suite !  willynomad | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 9:01 Re: Voyage tranquille au Mali Message 11 de 54 · Page 1 de 3 · 7 548 affichages · Partager Bon, Mamina, t'es passée où ?? Tu t'es perdue dans la foule des grands magasins ou dans la latérite de tes souvenirs maliens ?? Ne me dis pas que tu es déjà partie vers tes petiots sur les routes de France !! Ils ont encore 1 semaine d'école avant les vacances !
Tu ne nous a pas encore raconté le plus beau !!  (je ne sais si je pense à ce moment plus au pays ou au guide...   )
Et il faut assurer ce week-end : j'ai le temps de te lire ! 
Wap'encouragements avec Wap'bisouilles toutes de blancs vêtues et givrées. | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 10:40 Re: Voyage tranquille au Mali Message 12 de 54 · Page 1 de 3 · 7 531 affichages · Partager c'est vrai quoi tu nous laisse là.... en plan..... à Ireli
on veut la suite nous !!!  
wap'bisous | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 11:15 Re: Voyage tranquille au Mali Message 13 de 54 · Page 1 de 3 · 7 526 affichages · Partager Bonjour Mamina
Un jour un ami vivant en Guadeloupe est venu me rendre visite lorsque je vivais en Guyane et il me disait que ce coin du monde lui faisait penser à l'Afrique. Je comprend maintenant, à travers ton récit, ce qu'il voulait dire. Et ta photo de camp avec moustiquaire sous les étoiles m'a filé un coup de nostalgie
Mais je suis d'accord avec la Wap'family enneigée, tu ne nous laisses pas en plan dis !!!
pleins de bisous frisquets | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 11:48 Re: Voyage tranquille au Mali Message 14 de 54 · Page 1 de 3 · 7 519 affichages · Partager Hé ne me stressez pas ! mais c'est un peu vrai, entre deux boules sur le sapin, trois noeuds sur les cadeaux, la prévision des menus je me replonge dans le voyage. En plus, au début je n'étais pas trop inspirée et me voilà bavarde à nouveau ! Je vais essayer d'avancer pas mal ce week-end. Bises à tous
Mardi 25
Le village est encore endormi quand nous émergeons de dessous les moustiquaires. Les coqs chantent depuis bien longtemps, ils ont pris le relais des ânes au milieu de la nuit... Hier soir nous n’avons pas vu grand-chose de l’endroit où nous étions et c’est la surprise ce matin de voir la falaise qui nous domine de toute sa hauteur.
Le soleil qui va se lever nous fait découvrir tout là-haut les tombes Télem dans les grottes puis les greniers à grains caractéristiques disséminés un peu partout, le tout dans une couleur ocre et chaude. Petit à petit l’activité reprend, les chèvres sautent de rocher en rocher, les femmes s’activent autour du puits pour remplir la première calebasse de la journée. Elles se croisent, se dépassent, s’attendent et rapidement c’est presque l’embouteillage dans les sentiers pentus ou les escaliers de pierre qui relient le bas du haut du village. Les enfants aussi se sont réveillés et font déjà leur part de travail. Ce sont des cris, des rires... nous n’avons entendu que très très peu de pleurs d’enfants, pas de caprices, pas d’impatience de la part des mères...
En discutant hier soir avec Tranquille sur sa vie de famille nous avons découvert avec stupeur une coutume du Pays Dogon concernant justement les enfants : les mariages sont encore plutôt arrangés et les mariés assez jeunes, la jeune femme reste encore six ans après le mariage chez ses parents mais le couple se voit et dort ensemble, lorsque vient le temps de rejoindre sa belle-famille, la mariée (déjà mère de deux ou trois enfants) laisse son premier enfant aux grands-parents pour qu’il leur reste à la maison quelqu’un qui s’occupera d’eux ! Il arrive aussi que l’on confie (donne ?) un autre de ses enfants à un frère ou une sœur stérile... c’est un don très naturel qui fait partie des coutumes... ce poids des traditions tend à disparaître petit à petit chez les quelques jeunes avec lesquels nous en avons discuté mais ce sera très lent et c’est du coup un bouleversement de l’ordre établi... qui va s’occuper des anciens ? Par ailleurs, ils expliquent très naturellement la nécessité de prendre plusieurs femmes par la surcharge de travail à la maison, dans les champs, auprès des enfants etc... à plusieurs le travail est réparti mais il faut quand même être suffisamment riche. Tout cela donne aux femmes un statut peu enviable, nous les avons vues sans cesse travailler. Avec une allure fine, élancée, un port de tête d’aristocrate elles sont constamment actives. Elles doivent d’abord chercher l’eau pour la journée, allumer le feu au charbon de bois, laver les enfants (souvent deux fois par jour), aller aux champs pour les récoltes, transporter de lourdes charges sur la tête, piler le mil, préparer ensuite la bouillie pour le repas ou la bière, chercher du bois, nettoyer la cour, retourner au puits, loin parfois, pour laver les calebasses et le linge et tout cela avec un bébé ficelé dans le dos ! et ça papote, et ça papote ! (lire le joli texte de Douya sur VF : une journée de femme dogon) Tout est long car tous les gestes sont primitifs...
Nous avons vu quelques panneaux solaires (ce serait l’avenir ici mais souvent ils n’ont que les moyens d’en acheter un petit et d’occasion en plus !), nous avons entendu quelques rares groupes électrogènes. De ce que nous avons vu, il y a des puits dans à peu près tous les villages, plus ou moins près des habitations mais nous sommes encore bien loin du robinet, il faut pomper ou descendre le seau... Le Pays Dogon est encore à l’écart des progrès de la civilisation, le gouvernement malien ne fait pas grand-chose pour les aider et c’est grâce à leur organisation, de leur propre volonté qu’ils avancent. Un autre exemple : une école est construite (souvent grâce à une association européenne) 5 classes sont aménagées et seulement 3 enseignants sont envoyés par l’Etat ! du coup, le village se cotise pour payer deux enseignants supplémentaires et en plus, rapidement les 5 classes ne suffisent plus ! Mais de l’école, j’en reparlerais...
Nous ne jugeons absolument pas la situation, nous nous contentons d’observer et de nous rendre compte qu’ici on vit avec le minimum : un toit, à manger (quand les récoltes sont bonnes) deux, trois vêtements, très peu d’eau... ceci pour la majorité des familles. Les jeunes guides que nous côtoyons veulent faire bouger les choses, ils ont tous le portable, certains une mobylette, maitrisent Internet, parlent Anglais, choisissent leur femme, essayent de monter une auberge pour accueillir les touristes et faire travailler le village. Tout cela leur donne plus d’aisance, mais ils ont une grande famille à faire vivre !!!
Le Pays Dogon, au Sud-Est du Mali vers le Burkina Faso, c’est un immense plateau qui se termine par une longue falaise tombant dans une plaine sablonneuse. Tout au long de cette falaise se sont installés de nombreux villages, prenant souvent la place des Télèmes que les Dogons ont chassés il y a plusieurs siècles de leurs abris troglodytes. C’est là que nous allons marcher quelques jours, soit au pied de la falaise, soit montant vers les villages du plateau. Nous avons deux porteurs pour nos sacs (pas évident dans notre culture à nous de laisser faire !) et un cuisinier qui nous mitonne d’excellentes sauces midi et soir. Il fait très très chaud et nous marcherons donc tôt le matin (de 7 h à 10 h) et à nouveau une heure et demie en fin d’après-midi, gros repos donc à mi-journée. Nous voilà en route sous une fraîcheur toute relative et qui va devenir fournaise dès que le soleil tapera sur nos têtes ! de bonnes réserves d’eau, une chemise à manches longues, un bon chapeau et nous avalons les quelques kms qui nous séparent des villages soit par des pistes sablonneuses, soit à travers les cultures, avec toujours en vue cette falaise dont les couleurs changent à chaque heure du jour...
Nous apprenons à reconnaître le mil avec ses épis longs, fins et fournis, le sorgho qui lui penche sa tête sous le poids de ses grains, ici les plans de bisap qui font une boisson rouge, légèrement amère, là des baobabs aux troncs lacérés pour fournir des lianes et chargés de fruits aux multiples usages, plus loin l’arbre à karité et Tranquille nous ouvre une coque qu’il frotte sur un rocher pour nous montrer la matière grasse dont on fait le beurre, le raisinier aussi, si différent de nos plans de vigne que l’on a du mal à imaginer qu’il donne un raisin gouteux. C’est sans arrêt une découverte... Nous sommes loin d’être seuls et à chaque rencontre les gens se saluent et se répondent, c’est comme une litanie qui résonne sur la piste : Agapo... sewo...sewo...sewo et ça peut être cinquante fois d’affilée !
Nous arrivons à Banani, village très vivant, croisement des chemins, juste avant de monter la falaise vers Sangha, sur la route entre le Burkina et Mopti (mais ce n’est qu’une piste !). Le marché bat son plein, toutes les femmes des environs sont venues vendre leur petite production qu’elles ont transportée sur la tête évidemment ! on y trouve avec surprise quelques boutiques d’artisanat local et j’achète mon premier bonnet dogon en tissu indigo... beaucoup de sollicitations pour tout regarder... Nous reprenons la piste jusqu’à Ibi où nous nous arrêtons pour le repos du midi, joli campement, terrasse à l’ombre, boissons fraiches... la famille vit dans un angle de la cour. Nous apprenons par hasard que la femme milite contre l’excision mais la barrière de la langue nous empêche de communiquer. Ici nous gouterons l’intérieur du fruit du baobab (une pâte blanche un peu plâtreuse) et nous boirons quelques gorgées de bière de mil qui fermente encore dans la calebasse. C’est une jeune fille qui transporte ce liquide (au moins 20 litres !) sur la tête, pour le vendre de village en village et sur les pistes. Comme nous elle fait un arrêt aux heures chaudes de l’après-midi et nous la verrons plaisanter et rire de façon très naturelle avec les hommes en cuisine. Même si le statut de la femme est difficile, il y a entre les deux sexes des relations très cordiales, sympathiques et franches ! Au fait, les Dogons, hommes comme femmes, sont magnifiques, j’ai rarement vu un peuple aussi beau... quant aux enfants !!!
Quand nous repartons il fait encore très chaud et j’aurais un bon coup de pompe sur la piste avant d’arriver à Koudou Da... Jean-Marie sort de son sac des pâtes de coing qui font un miracle... à défaut de son eau bénite habituelle ! La cour du campement Touguina est toute fleurie, il y a l’eau courante aux douches et nous allons dormir sur une terrasse couverte en compagnie de trois jeunes européens (un portugais, une suisse, une française).
Nous avons le temps de faire le tour du village qui est très riche en symboles de la culture dogon. Arrêt devant la Toguna (la case à palabres) dont les piliers sculptés représentent les personnages et animaux présents dans les rituels : le Hogon (chef spirituel), la femme, les fétiches, le caïman.... Puis Tranquille nous explique dans le moindre détail chaque sculpture d’une magnifique porte dogon. Petit tour chez un artisan et nous allons un peu nous perdre dans les ruelles du village. C’est la fin de la journée, les troupeaux rentrent dans leurs enclos, ici une femme finit la fabrication de la bière de mil, là c’est la bouillie pour le soir. Des enfants rentrent de l’école et veulent tous nous montrer leurs cahiers, nous nous éloignons un peu vers la dune de sable rosie par le soleil couchant. Au retour à l’auberge un bon couscous nous attend. C’est une nouvelle fois sous ce ciel unique que nous nous couchons avec les poules, en attendant que le coq ne se fasse entendre dès 3 heures du matin ! Images attachées: | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 11:58 Re: Voyage tranquille au Mali Message 15 de 54 · Page 1 de 3 · 7 513 affichages · Partager Non on ne te stresse pas douce Mamina, prend ton temps... mais je dois dire que lorsque tu te mets à faire ta bavarde, nous on aime, alors n'hésite pas | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 16:58 Re: Voyage tranquille au Mali Message 16 de 54 · Page 1 de 3 · 7 470 affichages · Partager oups j'l'avais oublié cette coutume de laisser l'ainé chez les grands parents  
merci de me rappeler ces magnifiques souvenirs | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 17:05 Re: Voyage tranquille au Mali Message 17 de 54 · Page 1 de 3 · 7 469 affichages · Partager Mercredi 26
Il est 6 h 30 ce matin quand nous quittons Koudou, ça nous va bien de marcher à la fraîche et couchés très tôt nous n’avons aucun mal à être prêt ! Papipic a été vite repéré par les enfants comme étant le chef des bonbons (comme à la maison !) et ceux qui n’ont pas eu leur part la veille l’attendent devant l’auberge ! trop drôle ! Aujourd’hui nous allons gravir le plateau des trois Youga, trois villages accrochés à un plateau qui fait face à la falaise. L’objectif est donc le rocher tout loin, tout là-haut à l’horizon... pfffououou !
Après quelques kms de piste sablonneuse le relief commence à changer. Nous continuons à être étonné de la présence régulière de l’eau par des mares et des étangs souvent couverts de nénuphars... étrange quand même dans la savane ! Nous commençons à marcher dans les pierres, nous dépassons le premier village au bas du piton rocheux et, « dégué-dégué » (doucement, doucement) nous attaquons la bonne grimpette vers Youga Dogourou heureusement la plupart du temps à l’ombre. Des jeunes gens, à l’affût des touristes, nous accompagnent, sachant pertinemment que nous (que je) aurons vite besoin de nous délester de notre sac à dos et qu’une main secourable sera la bienvenue ! j’en ai deux autour de moi.... C’est dire le boulot pour me faire monter là-haut !
Ce village est.... au bout du bout du monde ! quelques maisons d’habitations les unes sur les autres tellement le relief est abrupt, des escaliers dans le rocher, le moindre bruit résonne sur la paroi rocheuse, des maisons pour les morts, des greniers à chapeau pointu pour les réserves de grains, rien, il n’y a rien de facile ici ! c’est ici qu’a lieu tous les soixante ans le Sigi, fête des morts où l’on sort tous les masques dogon. La légende dit qu’une jeune fille du village a vu, en gardant ses troupeaux, apparaître d’étranges personnages masqués. Son père a chassé les personnages qui ont laissé sur place leurs masques (je résume et elle ne s’appelait pas Bernadette...)) et depuis le village tout entier est dépositaire de ce legs. Chaque habitant est responsable d’un masque qu’il cache dans un endroit secret, rien ne transparait des rituels et la transmission de ceux-ci se fait dans le plus grand secret. Chaque village détient des copies de ces masques et des cérémonies se font régulièrement, en général tous les trois ans à tour de rôle pour honorer les morts mais le Sigi est particulier, le prochain aura lieu en 2027. Tranquille nous fait un cours sur les masques, surtout sur le masque Kanaga dont la symbolique est particulière.
Youga Dogourou est loin de tout, difficile d’accès et cependant des familles vivent ici, elles se regroupent autour des rares baobabs qui arrivent à pousser entre les roches, l’eau est loin, les champs sont dans la plaine, quelle vie ! au-dessus d’un rocher plat un café-abri-artisan- nous accueille pour notre repas du midi, il fait une chaleur étouffante et épuisante, malgré tout nous boirons frais car des bouteilles sont plantées dans une jarre d’eau fraiche. Nous n’avons pas très faim mais rien n’est perdu car Moussa cuisine largement et à chaque fois cela nourrit au moins 5 ou 6 personnes supplémentaires. Un bon moment de repos pendant lequel nous avons la visite d’un ancien qui nous présente son carnet militaire français datant des années 1950. Nous examinons ce carnet et promettons de voir s’il ne pourrait pas bénéficier d’une rente d’ancien combattant. Malheureusement, renseignements pris au retour il n’était pas incorporé dans les bonnes années...
Nous repartons de cet endroit calme, attachant pour grimper encore un peu, traverser le plateau et redescendre vers Youga Piri où nous dormirons ce soir. Nous entrons d’abord dans une faille où nous découvrons une retenue d’eau limpide ! puis nous voilà face à une échelle dogon (quelques marches sommairement creusées dans un tronc d’arbre) bon on y va ! ça donnera l’occasion à Papipic de filmer mon exploit (!) aux petits-enfants de bien en rire et à Tranquille de pousser sur mon arrière-train !!!!! La traversée du plateau en roche volcanique noire est bien agréable, c’est presque plat, il y a dans l’air un petit vent rafraichissant et la vue est magnifique ! vers l’Ouest la plaine et les villages que nous avons traversés le matin même, tout en bas, à pic, Youga Da et ses maisons de poupées, vers le Sud-Est des kms de savane et les prémices des Monts Hombori très au loin et vers le Nord, face à nous, nous retrouvons la falaise de Bandiagara avec à ses pieds le village de Yendouma où nous serons demain. Nous restons ici quelques temps, émus, admiratifs devant ces paysages et nous savons alors ce que nous sommes venus chercher au Pays Dogon...
En descendant vers le troisième village, une ribambelle d’enfants nous dépasse en riant, portant sur la tête des seaux et des bidons d’eau. Ils sont agiles comme tout dans ces gros rochers et n’en font pas tomber une goutte, un tout petit de 4 – 5 ans porte aussi sa charge : une bouteille plastique de 2 l ! tout d’un coup, nous vient à l’idée qu’il s’agit là peut-être de l’eau que nous allons consommer pour nous laver tout à l’heure. Plus question de prendre une douche, nous nous en passerons ce soir ! faisant part de notre réflexion à Tranquille voilà sa réponse : « si vous n’utilisez pas l’eau aujourd’hui, demain ils n’auront pas à aller en chercher et ne seront donc pas payés, avec les trois sous qu’ils reçoivent ils aident beaucoup leur famille ! » alors ? quoi faire ? ben, on s’est lavé, mais avec juste une casserole pour se mouiller et une pour se rincer...
Nous sommes dans une maison au centre du village, sous les maisons troglodytes, nous dormons sur une terrasse abritée par un énorme baobab, encore un beau feu d’artifice dans le ciel ce soir, des satellites que l’on suit longtemps du regard et plein d’étoiles filantes... Images attachées: | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 17:14 Re: Voyage tranquille au Mali Message 18 de 54 · Page 1 de 3 · 7 464 affichages · Partager Le format du texte est proportionnel au nombre de photos ! désolée.... je vais en réduire le nombre pour revenir à quelque chose de plus facile à lire.... A moins qu'un pro. du site (Archimade peut-être ?) puisse arranger ça ! Merci | | | À: Mamina64 · 13 décembre 2008 à 17:19 Re: Voyage tranquille au Mali Message 19 de 54 · Page 1 de 3 · 7 461 affichages · Partager puis nous voilà face à une échelle dogon (quelques marches sommairement creusées dans un tronc d’arbre) bon on y va ! ça donnera l’occasion à Papipic de filmer mon exploit (!) aux petits-enfants de bien en rire et à Tranquille de pousser sur mon arrière-train !!!!!
   Je veux voir ce film !!!! Là, garanti, je vais venir te voir dans ton Sud-Ouest très vite !!!! | | | À: Wapiti74 · 13 décembre 2008 à 17:28 Re: Voyage tranquille au Mali Message 20 de 54 · Page 1 de 3 · 7 458 affichages · Partager | Carnets similaires sur le Mali: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 276 visiteurs en ligne depuis une heure! |