ce n'est pas forcément impossible, mais vouloir passer par
russie, uigur (xingjiang chinois),
tibet (chinois...) puis
nepal, c'est le chemin le plus dur et compliqué.
les problèmes sont à la fois physiques (état des routes et ravitaillement au
tibet, sans parler du trafic/conducteurs au
népal/
inde) et politiques (visa russe, permis et guide tibetain, fontière
chine-
nepal).
l'état des routes en
russie ne devrait pas poser de gros problèmes (je n'y ai jamais été mais ça doit être bon).
le xingjiang a des super routes tant qu'on reste sur les grands axes.
mais arrivé au
tibet... aie aie aie: routes non asphaltées qui peuvent être roulantes sur le plat, mais aussi avec des cailloux gros comme des pastèques dans les pentes, sans parler des possibles éboulements.
préparez vous a pousser votre vélo... dans les descentes!

idem pour le
népal, quoique la route doit être sensiblement meilleure.
problème logistique aussi: prévoir de faire 200km de piste en montée sans ravitaillement ni même eau.
je ne suis pas monté au
tibet mais au qinghai en jeep, et l'eau semble rare sur de longues distances, même sous forme de neige. sur le plateau du qinghai, pas une goutte d'eau, que du sel!
ce ne sont pas des 'vrais' problèmes... on peut pratiquement toujours passer, éventuellement en portant son vélo et ses bagages.
en asie (peut être pas en
russie), hors des villes, les camions font la majorité du trafic.
en
chine ils ne roulent pas trop vite mais ne savent pas trop conduire non plus. attention aux intersections et dans les villes.
et 80% klaxonnent comme des malades dès qu'ils voient un vélo... (de deux km avant jusqu'à l'avoir dépassé, ou même encore sur 500 m après...)
après deux mois de
chine ça m'a rendu quasiment fou..

quand j'entendais un camion arriver, je me crispais sur mon guidon en me demandant 'est ce que ce connard va me klaxonner ou pas'
ça peut faire sourire, une douzaine de camions qui vous klaxonnent par jour ça peut aller, mais 200 fois par jour pendant deux mois, c'est vraiment l'enfer.
en
turquie, deux fois on m'a 'poussé' hors de la route... ces camions m'ont serré vers le bas côté caillouteux parce que pour eux c'est là la place des vélos et que l'asphalte et pour eux. c'est arrivé deux fois à un ami cyclo australien aussi.
quant au trafic et au conducteurs népalais et indiens, je n'ai jamais testé a vélo, mais ça me semble assez hardcore là bas.
je connais des français qui m'ont dit ne pas avoir eu trop de problèmes mais il doit falloir être extrêmement prudent et ce ne doit pas être une partie de plaisir.
ce ne sont pas non plus de vrais problèmes... si on est bien dans sa tête et suffisamment motivé on peut rouler pratiquement n'importe où (certains coins d'
indonésie sont bien pires!

)
les problèmes politiques sont par contre peut être insurmontables...
entrer au
tibet peut poser problème si on ne le fait pas depuis le qinghai au nord, qui devrait être la seule entrée du
tibet pour les étrangers.
entrer par le yunnan ou le sichuan est normalement interdit, bien que je connaisse des gens l'ayant fait dans le passé, dont des cyclos, avec ou sans permis tibetain.
les postes de garde se contournent éventuellement la nuit (je ne conseille pas du tout ça, a moins que vous aimeriez avoir une balle d'AK 47 chinois dans les fesses...)
entrer depuis le xingjiang peut être interdit.. ou pas! tout comme circuler seul/avec son propre véhicule au
tibet ou dans certaines régions sensibles (?) de
chine.
connaître ces régions interdites peut se révéler ardu voire impossible, jusqu'au moment ou on tombe sur un poste de garde où on nous dit qu'on ne peut aller plus loin.
là c'est plus de la chance qu'autre chose je pense, car tant qu'on ne se fait pas contrôler, on peut aller où on veut!

sur ce point, certaines personnes peuvent raconter qu'untel trajet est impossible et d'autres qu'il se fait sans ennuis. et les deux auront raison!
CCA (C'est Ca l'Asie!)
passer de
chine vers le
népal me semble possible, au contraire de ce que dit stalingrad...
c'est passer du
népal vers la
chine qui peut être plus dur :pas de vélos, pas de personnes 'hors groupe' (bien qu'il soit possible de faire des groupes d'UNE personne!), etc... parce que la
chine craint les indépendantistes tibetains venant du
népal.
passer de
chine au pakistan me semble aussi possible via la karakorum highway (KKH).
mais si la route est parfaite en
chine, elle est souvent très pourrie au pakistan... cailloux gros comme des pastèques dans les pentes et poussée de vélo dans les descentes là aussi!
en outre, la vallée de hunza est bloquée par un éboulement et le lac de 20 km formé par celui-ci.
j'ai lu qu'on peut passer en bateau ou par hélico, mais que le service de bateaux avait été arrèté... ou pas

regarde ce post:
voyageforum.com/v.f?post=3552888
ou le site
www.hunzatimes.com/
pour plus d'infos.
de toutes façons ce lac est surement passable, car il faut bien ravitailler les populations de la haute vallée.
si on transporte de la nourriture vers le haut, on doit bien pouvoir transporter des cyclos vers le bas!

passer par le pakistan pour rejoindre l'
inde peut aussi poser problème, n'y comptez pas trop à vélo: ce sera sans doute dans un train de lahore vers
amristar.
sans parler des problèmes liés aux inondations au pakistan...
bref ce trajet
russie-
inde semble très compliqué, voire impossible, mais qui sait?
en tous cas parler russe et chinois résoudra pas mal de problèmes en route.
sinon pour aller de
france en
inde, vous pouvez essayer de passer par l'
iran.
l'
iran est le pays où j'ai rencontré les gens les plus sympas de tous mes voyages et les routes iraniennes sont super.
plusieurs problèmes là aussi:
- obtenir son visa iranien.
le plus simple est de le demander a
istanbul et de le récupérer a erzurum deux semaines après (ça correspond a peu près au temps qu'on met a vélo pour joindre ces deux villes)
normalement aucun problème pour l'obtenir si vous n'êtes pas journaliste ou un truc dans le genre.
- prolonger son visa iranien.
le visa sera de 21 ou 30 jours maxi, trop court pour traverser l'
iran a vélo... il faudra une extension qu'on obtient dans les grandes villes.
ces extensions sont plus faciles a obtenir dans les villes touristiques comme
shiraz et beaucoup moins dans les villes comme tabriz. avoir des contacts facilite beaucoup les choses et comme toujours, tomber sur un gars gentil dans l'administration ouvre toutes les portes.
- faire du vélo en
iran.
aucun problème concernant l'état des routes, le seul problème est vestimentaire: épaules et genoux couverts pour les hommes (c'est mieux de se couvrir les mollets dans les villes). pour les femmes, voile obligatoire et éviter de montrer avant-bras et mollets... partout... chaud en été! mais je connais une danoise qui a traversé l'
iran à vélo, seule...
en
iran le statut de la femme et très élevé par rapport a certains pays arabes. des femmes ont des hauts postes un peu partout, ne portent généralement pas de voile à la maison et sont aussi bien éduquées que les hommes. hormis le voile, je n'ai pas vraiment vu de différence a parler avec une femme en
iran que n'importe où ailleurs.
- passer d'
iran au pakistan.
le seul passge terrestre se fait par taftan et la route dans le baluchistan peut être dangereuse (traficants de drogue et enlèvements talibans) voire interdite aux vélos...
en outre obtenir un visa paki en
iran est selon moi impossible... pas a
tehran en tous cas et encore moins a mashaad ou zahedan...
la frontière est aussi occasionnellement fermée.
- passer d'
iran en afghanistan pose le même genre de problèmes, auquels il faut ajouter les problèmes de passer en afghanistan...
sinon il reste la solution de passer par
dubai via bandar e abbas, pour rejoindre le pakistan ou même directement l'
inde.
ça résoud pas mal de problèmes:
pas besoin de visa pour
dubai et obtenir un visa paki ou indien là bas ne doit pas poser d'ennui.
en conclusion votre voyage sera bien difficile a planifier!
sans compter que même vous planifiez pendant deux ans, la situation en
asie centrale peut changer dans la semaine...
je suis en train de préparer mon tour du monde a vélo via le col de
karakorum et je veux monter par la route pourrie au pakistan pour pouvoir profiter de la descente sur la super route chinoise (faire l'inverse est une connerie selon moi et pas mal d'autres cyclos avec lesquels j'ai discuté)
ce trajet est semé d'embuches, bien pires que celles de mon voyage de
genève à
bangkok!
et en plus je veux passer par la géorgie depuis l'ex urss et aussi en afghanistan!

2010 n'est pas du tout une bonne année pour ce voyage: troubles en
russie, géorgie,
iran, afghanistan, pakistan,
chine, inondations au pakistan et en
chine, éboulement de la vallée de hunza...
en tous cas, préparez à fond votre voyage, ça vous permettra de vous focaliser sur le problèmes qui surviendront en route.
le mieux est sans doute de parler de vive voix avec des cyclos qui ont déja fait ce genre de voyage dans ces régions, mais il faut bien vous rendre compte que la situation en
asie centrale s'est beaucoup dégradée ces derniers temps et qu'on ne va plus en
inde en stop les mains dans les poches comme certains on pu le faire dans les années 60-70...
regardez toujours mon blog, si il n'y a pas beaucoup d'infos dedans, les citations du début et les photos vous donneront sans doute le courage de partir et de réaliser le voyage de votre vie!
en tous cas, bonne route et bon vent!