Bonjour,
Je te joins un article du journal de NC paru le 28/03/09 concernant W et F qui peut t'intéresser sur le plan économique :
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L’accord particulier en marche avec Wallis-et-Futuna
Aide au développement, à l’équipement, à l’enseignement, appuis techniques. Après cinq ans de sommeil, la mise en œuvre de l’accord particulier entre la Calédonie et Wallis-et-Futuna commence. Harold Martin et Victor Brial, président de l’Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna, ont signé hier à Mata Utu les premiers engagements concrets.
«
Moi, je suis commerçant. Si je veux importer des yaourts, avec le coût du fret en provenance de Nouméa, et la taxe au bénéfice d’Aircalin, ça m’obligerait à les revendre plus de 2 000 francs le paquet de quatre. » Qu’on se le dise, il n’y a pas de yaourts à
Wallis-et-Futuna.
«
Moi, je suis installateur de matériel électrique. Quand je commande à des grosses sociétés calédoniennes, je paie double taxe : celle de chez vous et celle de Wallis. Conséquence, sauf quand je suis coincé, j’importe de Métropole. Ce qui, compte tenu des petites quantités, revient très cher. » Des anecdotes comme celles-là, Harold Martin en a entendu des dizaines pendant son voyage à
Wallis-et-Futuna destiné à mettre en marche l’accord particulier qui doit redéfinir les liens entre la Calédonie et les deux îles françaises d’
Océanie.
Les entrepreneurs de
Wallis- et-
Futuna n’ont pas le moral. La population déserte au rythme inquiétant de 3 % par an. L’activité économique s’en ressent. Les prix des denrées courantes sont prohibitifs (plus encore à
Futuna) et il n’y a pas de travail pour les jeunes.
Maisons abandonnées ou constructions arrêtées attestent de l’hémorragie
Un peu partout, à
Wallis comme à
Futuna, des constructions arrêtées ou des maisons abandonnées dessinent autant de plaies qui attestent de l’hémorragie. Les jeunes s’en vont, et pour cause.
L’accord particulier entre la
Nouvelle-Calédonie et
Wallis-et-
Futuna ne va certes pas tout résoudre. Mais il peut, à travers une série de mesures concrètes, parfois très simples, contribuer à freiner et, peut-être, à inverser la tendance au déclin. Cet accord, Harold Martin, président du gouvernement calédonien, n’est pas venu le signer. Il l’a été en 2003. Une déclaration d’intention de deux pages qui est restée lettre morte. Il est venu le mettre en marche, lui donner un contenu, après un an de travail avec Victor Brial, président de l’assemblée territoriale de
Wallis et Futuna, et les représentants de l’Etat dans les deux collectivités.
Et pour que ce ne soit pas un cadre rigide mais évolutif, une commission de suivi de l’accord a été créée. Elle s’est tenue pour la première fois vendredi à l’assemblée territoriale de
Wallis-et-Futuna. Il est convenu qu’elle se réunira chaque année, tantôt en Calédonie, tantôt à
Wallis ou à
Futuna.
Reportage à Wallis : Philippe Frédière
Un échange de bons procédés Dans cette affaire, tout le monde est censé y trouver son compte. La
Nouvelle-Calédonie, parce qu’en aidant le développement de
Wallis-et-Futuna, elle limitera l’immigration des jeunes Océaniens à
Nouméa. Les deux îles royaumes, parce qu’elles se doivent impérativement de stopper leur inquiétant déclin. En perdant plus de 3 % de leur population chaque année, leur activité économique se rétrécit d’autant. Ce qui pousse toujours plus de jeunes à partir. Vers la Métropole en s’engageant dans l’armée, mais surtout vers le Caillou pour y chercher du travail. Et le cercle vicieux s’accélère.
Et puis il y a aussi le poids de l’histoire, les liens étroits tissés pendant de longues décennies entre la Calédonie et ce que l’administration coloniale appelait autrefois «
ses dépendances ». Avec les accords de Matignon puis de
Nouméa, la Calédonie est entrée dans une évolution institutionnelle qui impose une redistribution des cartes avec
Wallis-et-Futuna, dont plus des deux tiers des ressortissants vivent sur le Caillou.
A Mata Utu, on s’inquiète de la loi sur l’emploi local
Une redistribution, pas une rupture. A Mata Utu, on s’inquiète de la loi calédonienne sur l’emploi local. Même si Harold Martin s’est voulu rassurant, Victor Brial, président de l’Assemblée territoriale de
Wallis-et-Futuna, a eu beau jeu de rappeler que, depuis cinquante ans, ses compatriotes ont travaillé au développement économique de la Calédonie. «
Dans le nickel, dans la construction, dans le tourisme. »
Quant à la dépendance, c’est encore une réalité à bien des égards. Les actuels dirigeants de
Wallis-et-
Futuna ont tous été formés au lycée catholique de Païta. Parce que chez eux, dans les années 1960 et 1970, l’enseignement s’arrêtait au début du secondaire. Aujourd’hui, Wallisiens et Futuniens ont besoin de l’université de
Nouméa, de son hôpital, de ses grandes entreprises. La desserte aérienne locale est opérée par Aircalin.
En Calédonie, les rôles ont été revus entre l’Etat et les administrations locales. Le pays est en pleine mutation. A
Wallis-et-Futuna, c’est toujours l’Etat qui tient lieu d’exécutif. Le statut de 1961 est resté figé. Les trois royaumes aussi.
Des aides et des missions Les grands points à retenir du relevé de conclusion du premier comité de suivi de l’accord particulier portent sur des aides techniques et administratives, ainsi que sur de possibles ouvertures de marchés : Une Maison de
Wallis-et-
Futuna. Il existe actuellement une délégation chargée notamment de l’accueil des étudiants ou des familles des malades. Cette délégation pourrait devenir dans les prochaines années une Maison de
Wallis-et-Futuna, construite aux frais de la Calédonie. Un espace serait dédié à l’artisanat. Appuis techniques. Des appuis techniques vont être fournis à
Wallis-et-Futuna dans les domaines du développement agricole (et notamment la sylviculture) ; de la sécurité sociale (pour la réforme de sa caisse de retraite) ; pour le contrôle des prix ; pour la diversification de la production énergétique ; et pour la formation des pompiers. Soutien au développement économique. Une exonération de taxes à l’importation des produits artisanaux de
Wallis est à l’étude. Le problème de la double taxation des produits à destination de
Wallis, mais transitant par
Nouméa, ou achetés à
Nouméa, va être étudié avec les douanes. Certaines importations agricoles (et particulièrement du fruit à pain) seront mises à l’ordre du jour. Enseignement. Trente chambres de la future cité universitaire de
Nouméa (qui entrera en service après les Jeux du Pacifique) seront réservées aux étudiants wallisiens et futuniens. Culture, jeunesse. Le gouvernement doit aider à l’achat d’un podium pour les jeunes de
Futuna, et l’appui du Conservatoire de musique calédonien.
LNC 28/03/09