Bonjour !
Je réponds (avec 3 ans de retard), et donc ma réponse n'est plus vraiment d'actualité en fait... mais elle est une mise à jour pour les autres qui n'ont pas posé de question ;-)
J'ai eu un gros problème de santé fin 2013 (en voyage), et j'ai passé 2 semaines dans le coma entre la vie et la mort. Ils m'ont appliqué un traitement de la dernière chance (statistiquement, un patient sur deux en meurt), et je m'en suis sorti. Enfin, difficilement : respiration artificielle, reins bloqués, et tension descendue à 7 (ça fait pas vraiment beaucoup). je suis resté ensuite 4 semaines intransportable à
Johanesburg et ils m'on rapatrié ensuite sur
Paris à la Salpétrière où j'ai encore passé un mois, puis une autre fois dans l'est de la
France un autre mois, une nouvelle opération en mars, et deux ans de rééducation.
Je vous raconte ça, mais pour de vrai, tout le monde s'en fout....
Je suis retourné cet été au
Zimbabwe. Et donc je réponds en donnant les dernières nouvelles de ce pays car cela peut intéresser.
- carburant : plus aucun problème, plein d'essence partout à environ 1,32 à 1,35$us le litre
- location de véhicule : très cher au Zim, et si on loue à l'extérieur du Zim (par exemple en
AFS), il y a des taxes à la frontière même si le loueur de voiture vous promet que non. Si vous restez strictement sur les grands axes (Beitbridge-Vicfalls en passant par
Bulawayo,
Bulawayo-
Harare,
Bulawayo-Masvingo et Masvingo-
Harare), pas besoin d'un 4x4. Si vous sortez de ces axes, il faut un véhicule avec une bonne garde au sol et si possible 4x4. Les 4x4 sont très chers chez les loueurs classiques (compagnies internationales), genre 200$ par jour, mais on trouve des petits loueurs à des prix tout à fait décents. J'ai utilisé un loueur de
Harare pour un Nissan xtrail 4x4 boite auto pour 45$ par jour (comprenant 200km d'allowance par jour). Me la faire livrer à
Vic Falls m'a coûté un supplément de 220$. Je n'ai pas pris de chauffeur, mais on me l'a proposé pour 30$ par jour, ce prix comprenant sa nourriture et son logement (j'imagine qu'il dort souvent dans la voiture quand on est dans la brousse, donc, il faut prévoir son propre hébergement si on prend un chauffeur). Le coffre contient 2 grosses valises et deux moyennes.
- circulation : sauf indication explicite, la vitesse est limitée à 120km/h en wide tar (goudron large) et 80km/h sur les autres (comprendre moins de 2 voies en goudron, soit une voie en goudron pour les deux sens. Il y a des bas côtés en terre battue, en général bien stabilisés, mais avec parfois des gros trous. En ville, la limite normale est de 60km/h. Dans certains axes de
Harare, les routes sont dans un état impeccable, mais le reste a des nids de poule... pardon des nids d'léphant (ce sont vraiment de gros trous), et il y en a tellement qu'il faut rouler dedans à petite vitesse.
- contrôles de police : il semblerait que ce soit devenu un sport national. En 1600km, je suis passé par 60 barrages de police. Certains n'ont même pas de barrière, juste quelques flics qui font signe de passer, mais parfois cela va jusqu'à des chicanes importantes genre Checkpoint Charlie. Je me suis fait contrôler 9 fois. Parfois pour le permis de conduire (3 fois : ils n'avaient jamais vu de permis français, mais ça passe), une fois pour les papiers de la voiture (le contrat de location, et le reste est collé sur le parebrise), une fois pour la validité de l'extincteur (obligatoire) et une pour les deux triangles (2 triangles obligatoires). Il m'ont également plusieurs fois vérifié l'état des pneus et même toutes les lumières.
Il paraît que j'ai eu de la chance, aucun ne m'a demandé d'argent (collé une contredanse plus ou moins légale). En pratique j'avais été prévenu : c'est 10 ou 20$, et j'avais prévu 100$ de budget pour les prunes que j'ai pu finalement dépense pour les souvenirs à la fin
- péages : plein de péages. En tout 7 en tout. Chaque fois 2$, ce n'est pas la ruine. Par contre, c'est cher pour les camions.
- alimentation : plus aucun problème d'approvisionnement, même dans les épiceries de village. Tous les restaurants peuvent vous servir à manger, mais il faut savoir qu'à priori rien n'est préparé à l'avance et que tout se fait à la commande. Donc sauf exception, vous allez attendre entre une demi-heure et une heure après la commande.
Parmi les exceptions, les "stew" (ragoûts) de boeuf, poulet ou chèvre dans les restaurants spécialisés cuisine traditionnelle. Partout il y a de la sadza (purée de maïs blanc) et du "rape" (brassica rapa), sorte de légume dont on hâche les feuilles en qui sont sautées à la poele, entre le choux et la feuille de moutarde tout les monde aimanit bien ça dans notre petit groupe de 4.
A essayer le biltong (tout le sud de l'afrique machouille ça) : viande séchée, en général de boeuf, mais parfois de iande de brousse. Le bilton de koudou (et oui...) est délicieux. Attention au biltong piripiri, il est assez costaud en piment fort.
Si vous êtes curieux, vous pouvez essayer la bière locale (chibuku) qui n'est fait avec de l'orge mais du sorgho. Spécial.
Egalement le Madora (ver de mopane) qui n'est en fait pas un ver mais une chenille. C'et une délicatesse pour eux, mais je ne suis pas certain d'aimer, il y a des trucs comme ça...
Au moins, c'est préparé et ça ne se consomme pas vivant.
- argent : la monnaie officielle est le dolar US. Le gouvernement a imprimé des "bond", sorte d'assignat dont la valeur est en USD. Je n'ai jamais eu de que des bonds de 2$ en main, mais cela existe jusqu'à 20$. On vous les prendra pour des dollars US, mais les commerçants sont tous compréhensifs et se débrouillent du mieux qu'ils peuvent pour vous rendre en vrai $. Dès que vous en avez, dépensez les de préférence aux vrais ûs, car en dehors du Zim, cela vaut exactement 0.
A la sortie du Zim, faites attention, la limite en espèces est de 1000$ par personne, ils vous confisquent ce qui est au dessus, sauf si vous avez fait une déclaration à l'entrée dans le pays. Calculez bien, car les distributeurs de billets sont limités à 30$ par jour et il y a une autre limite par semaine. Ce n'est pas vous qui êtes limité, c'est tout le monde (dont vous quand même)
- coût de la vie : le
Zimbabwe est un pays cher par rapport à un pays pauvre (le
Zimbabwe est toujours pauvre, même si cela n'est plus aussi grave). En particulier le logement est assez cher : un guest house de bonne qualité (sans être luxe) est entre 50 et 70$ par nuit. Vous pouvez vous faire une idée en allant sur hotels.com ou airbnb. Dans les restaurants, on va de un peu moins de 10$ à 20$, mais on mange tout à fait correctement.
- santé et sécurité : strictement aucun problème de sécurité. Comme toujours, dans les quartiers où les gens se rassemblent, il faut faire attention aux pickpockets, et fuir les rassemblements politiques où la passion peut dégénérer. Le reste du temps, aucun risque : par rapport à l'
Afrique du Sud ou au
Kenya par exemple (vraiment dangereux), le
Zimbabwe est totalement sûr.
Contrairement à il y a quelques années, il n'y a presque plus de paludisme au
Zimbabwe. Il en reste un peu le long du Zambèze (donc VF) et de novembre à juin sur le reste du pays. Les recommendations aux voyageurs (Institut pasteur, et OMS) sont de prendre un traitement, mais la doxycycline suffit largement (le moins cher et probablement le moins agressif. Seul inconvénient, ne pas s'exposer au soleil). SOS International (la plus grosse boite d'intervention médicale d'urgence au monde) m'a indiqué à de nombreux endroits au mois d'aout "0 risque de paludisme". Ma stratégie (qui n'engage que moi) a été de me protéger avec 100mg de doxy par jour (30 comprimes moins de 8€, allez voir le prix des autres traitements...) et j'ai arrêté au retour parce que ma protection avec des répulsifs m'a permis de ne pas être piqué (peut être aussi qu'il n'y avait la plupart du temps pas de moustique au mois d'aout)