Divali est la principale fête hindoue du calendrier et cette année elle est fêtée le 11 novembre. Heureux hasard, cela coïncide avec la date de notre séjour mauricien. Des festivités qui marquent la victoire du dieu Rama sur le démon Ravana, la vérité sur le mensonge mais aussi la lumière sur les ténèbres.
C'est donc pour cette dernière raison que traditionnellement les familles hindoues illuminent en soirée leurs maisons. Le spectacle s'avère splendide.
Il faut attendre la tombée de la nuit pour que débute cette fête des lumières. Peu à peu les guirlandes colorées se mettent à briller à chaque coin de rue comme des étoiles scintillant dans la nuit noire.
Un petit attroupement vient de se former devant cette élégante demeure, la réussite de cette éblouissante mise en lumière en est de toute évidence la raison. «
... elle appartient à de riches commerçants » me dit dans un français créolisé un admirateur habitant dans le quartier.
A l'autre angle de la rue, un «
Welcome » lumineux est suspendu au-dessus de la porte d'entrée. Divali est une fête très conviviale, on s'invite en familles ou entre amis, on s'offre aussi des cadeaux entre voisins.
Voici un homme, très élégant dans sa tunique claire, il passe devant moi en traversant la rue. Dans ses mains, je devine un paquet cadeau recouvert de papier doré et brillant. Il sonne à présent chez son voisin d'en face et c'est un «
Happy Divali.... » qui me parvient aux oreilles...
Il n'y a pas que les familles hindoues aisées qui ornent de mille lumières leurs habitations. Chacun selon ses moyens et son type de logement participe aux festivités, les uns accrochent des guirlandes colorées à la façade de leur résidence et/ou à leur balcon.
Oh ! Jolie cette vue avec ces reflets étincelants à la surface de cette flaque d'eau, clic ! clac ! Photo.
Et pour ceux qui n'ont qu'une modeste case en tôles avec on l'imagine des revenus très limités... une ou deux guirlandes et quelques lampes de couleurs feront l'affaire ! C'est aussi ça, les lumières de Divali à
Mahébourg comme d'ailleurs dans le reste de l'île.
Une partie des Mauriciens d'origine indienne sont musulmans, principalement ceux originaires d'
Inde du Nord, soit environ un peu plus de 15 %. Dans la ville ils ont leur
mosquée avec minaret et murs teintés de vert clair.
L'
église catholique est à seulement quelques pas de la Mosquée, sur une place au bout de la rue.
En pénétrant dans l'édifice, je vois près de la porte latérale d'entrée un homme âgé assis sur une chaise. Après un signe de salutation, il m'indique d'emblée la place de la statue du Père Laval, sans doute la sculpture de l'homme qui lui tient le plus à cœur dans cette église. Une statue en bois devant laquelle se pressent quelques fidèles.
Le Père Laval était un prêtre missionnaire d'origine française ordonné en 1839.Toute sa vie il a cherché à aider la population, d'abord les esclaves puis les plus démunis dans le cadre de sa Mission des Noirs. Ces actions lui ont valu une béatification, en 1979, devenant ainsi le Bienheureux Père Laval.
Terminons notre tour de
Mahébourg par le bord de mer. Il n'y a pas de plage mais un plaisant front de mer avec une fois encore un panorama d'exception sur le plus étendu lagon de toute l'île, prés de 7 kilomètres depuis la barrière de corail jusqu'à l'intérieur des terres, rien que ça !
Et juste en face de la promenade, au milieu des eaux bleues, le coquet
îlot du Mouchoir rouge vous offre la vue de sa petite case à la toiture d'un rouge qui se remarque.
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Quelques minutes à longer le bord du lagon et nous voici arrivé à la
Pointe Jérôme, là, nous allons embarquer pour une balade naturaliste sur l'île aux Aigrettes.
Mais avant, comment ne pas tomber une nouvelle fois sous le charme du paysage :
un petit banc de sable encore à découvert, puis le lagon bleu avec en fond les silhouettes des crêtes montagneuses et en particulier, l'imposante Montagne du Lion. Une dénomination due bien sûr à sa forme qui évoque (avec imagination) celle d'un gigantesque félin au repos.
Le bateau à moteur vient de nous déposer sur l'
île aux Aigrettes. L'île, enfin l'îlot est une « terre » insulaire d'origine corallienne, un roc hérissé de végétation.
Son accès est réglementé car depuis 1965 ce territoire de 25 hectares est devenu une Réserve naturelle. Il faut donc obligatoirement être accompagné pour parcourir ses sentiers dont certains sont même réservés exclusivement aux seuls scientifiques. Très pédagogue, Jackie sera notre guide, elle va nous faire partager sa passion pour l'étude et la conservation de la faune et de la flore endémique de l'îlot. Et d'emblée elle nous prévient : «
Pour avoir la chance d'observer quelques oiseaux, nous devons nous faire discret ! ». Les yeux aux aguets, nous marchons lentement en serpentant par arbustes et broussailles.
Tiens à droite, sur une branche, on aperçoit le plumage rouge d'un cardinal de
Maurice, un passereau endémique qui le temps de le viser (en photo, évidemment!) s'envole déjà vers un autre arbre.
Ce pigeon des mares au joli plumage arborant des tons rosés est plus tranquille, il se laisse facilement admirer. Voici une espèce endémique de
Maurice qui était en danger d'extinction : en 1990 il n'en restait que 9 spécimens vivant à l'état sauvage... aujourd'hui on en compte 40. Une belle réussite du travail effectué sur cette aire protégée. La reproduction de certaines espèces nécessite tout de même de se faire en volière grillagée, bien à l'abri de prédateurs... comme les souris, très friandes des œufs pendant la couvée.
Cela peut surprendre cette entrave à la liberté et aux lois de la nature, mais c'est la condition pour que des espèces de plus en plus rares soient sauvées...
Le célèbre dodo n'a pas eu cette chance ! Ce gros pigeon aux ailes atrophiées et à l'allure pataude a disparu près d'un siècle après sa découverte par les Européens, victime de prédateurs... humains. Pourtant sa chair était considérée comme peu goûteuse mais lorsque les marins n'avaient plus de viande à se mettre sous la dent, cette volaille facile à attraper faisait l'affaire.... c'est ainsi que plus aucun dodo n'a été observé depuis les années 1700.
Un dodo est bien présent sur l'île aux Aigrettes mais statufié ! Ah ces dodos, bien que disparus, ils sont devenus un des emblèmes (touristique !) de l'île
Maurice.
Sur l'île, il n'y a pas que des oiseaux à observer, on peut aussi voir de nombreux lézards comme des geckos tout en couleurs et quelques tortues géantes, toutes sont marquées et suivies par les naturalistes.
Au fait, savez-vous comment faire marcher une tortue au repos ? C'est notre guide qui nous l'apprendra. Il suffit de lui masser doucement les sillons que l'on observe sur sa carapace, ceux qui séparent les losanges bosselés de son dos. En effet, ça marche pourrait-on dire ! Un léger massage et voici notre tortue qui se lève et effectue lentement quelques pas. Mais pour la faire détaler comme un lièvre, il faudra découvrir un autre subterfuge !
La flore n'est pas en reste sur l'île où quelques plantes font l'objet d'un programme de préservation avec des cultures dans une serre protégée. Parfois les naturalistes doivent faire quelques concessions dans leurs plans de sauvegarde. Par exemple, dans un secteur de l'île les fougères prolifèrent presque au détriment de plantes plus rares, mais ces fougères sont très appréciées par les tortues... alors on les laisse pousser !
Au grès de notre randonnée, on chemine entre hibiscus et lataniers et plus en avant entre le précieux bois d’ébène et des fleurs d'orchidées aux douces effluves parfumées.
Et les aigrettes me direz-vous ? L'espèce n'est pas éteinte mais on ne l'observe pas sur l'île. Alors pourquoi un tel nom : île aux Aigrettes ? L'explication se trouve dans les témoignages et gravures laissées par les colons européens notamment ceux des Hollandais.
Sur ce dessin, une reproduction d'époque, exposé dans une cabane de la Réserve, on voit distinctement une aigrette en vol, preuve que l'espèce était bien présente sur l'île à l'époque. Et au sol que voit-on parmi tous les détails de cette scène ? Un gros dodo ! C'était il y a bien longtemps !
Un dernier coup d’œil aux eaux du lagon avec cette vue sublime. Les eaux calmes et translucides des bords de l'île laissent distinguer les coraux complétant ainsi la vue du paysage en surface. Pour un peu, on croirait que mon appareil est en partie immergé, mais non, cette vue est prise depuis le bateau. Bluffant !
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Un peu plus au Sud, la côte change radicalement d'aspect. C'en est bien fini des paisibles lagons bleus et de leurs plages de sable fin, le contraste va s'avérer saisissant !
Près de l'Escalier (c'est le nom d'un bourg rural perdu au milieu des champs de canne à sucre), il nous faut emprunter des pistes chaotiques et parfois boueuses pour parvenir en bord de mer. Là, des rochers sombres et de
hautes falaises sont assaillis par de puissantes vagues. Une dépression située au large nous envoie aujourd'hui nuages et vent, tandis qu'une forte houle agite la surface de l'eau.
Et c'est le visage fouetté par les embruns salés que j'observe ce panorama où le blanc de l'écume des vagues tranche sur le noir des parois rocheuses. Pas facile de prendre des photos dans ces conditions, sans cesse des gouttelettes perlent sur mon objectif !
Cette météo presque tempétueuse est finalement une chance, elle permet d'assister à un phénomène occasionnel très impressionnant.
Nous sommes maintenant devant l'avancée rocheuse appelée «
Le Souffleur ». C'est une dénomination désignant des rochers percés, on la rencontre assez souvent le long des falaises escarpées j'en ai vu d'autres au cours de mes voyages mais c'est bien la première fois que je vois (et que j'entends) un tel jet d'eau naturel !
Par intermittence, lorsqu'une vague poussée par le vent s'engouffre puissamment dans ce fameux trou du Souffleur, une haute colonne d'eau jaillie vers le ciel ! Un spectacle accompagné d'un bruyant souffle dont le son couvre celui du vacarme de cette mer en furie. Ce phénomène est surprenant et sa vision pour le moins fantastique. Ce n'est plus ici l'île
Maurice mais presque « Geysir » en terre islandaise, sans les émanations soufrées, évidemment !
Continuons la promenade le long de ces falaises de ce bout de côte mauricienne. Là, un chemin de terre traverse une petite forêt de filaos et nous mène en surplomb d'un éperon rocheux, la vue plongeante est à donner le vertige ! Cependant, j'apprécie ce point de vue, la composition me paraît photogénique alors que le soleil transperce la couche de nuages, ses rayons font luire de belle façon la végétation verdoyante qui recouvre le bord de la falaise.
Côté mer, le spectacle reste impressionnant avec toujours ces énormes rouleaux qui viennent se briser sur les rochers. Chaque vague éclate au pied de la falaise en formant de géantes gerbes d'eau et d'écume. L'eau de mer ruisselle ensuite sur les parois sombres... comme des larmes. D'où le nom donné à ce cap de «
Roche qui pleure », belle imagination, n'est-ce pas ?
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A
Maurice tous les chemins passent par des champs de cannes à sucre et de même tous les chemins mauriciens mènent... au Rhum !
La culture de la canne est donc la principale activité agricole de l'île mais le travail dans les plantations sucrières se modernise. L'image de grosses machines ramassant les cannes remplace celle des troupes d'ouvriers coupant manuellement les tiges à la machette. Les usines de production de sucre changent, elles aussi : ça et là on voit encore quelques vestiges des distilleries d'autrefois avec de hautes cheminées dressées à la périphérie des villages. Des cheminées de pierres qui ne fument plus mais comme celle-ci (photo ci-après) sont abandonnées avec a leur sommet un panache... d'arbustes !
Quant aux usines actuelles, elles s'imposent dans les paysages de campagne avec leurs structures de métal, sans que la peinture vive qui les recouvrent ne parviennent à les rendre esthétiques !
Des remorques chargées de canne à sucre, on en rencontre et on en suit (parfois/souvent) sur les routes rurales, cela fait aussi du paysage.
C'est sans doute très couleur locale mais en pratique, que c'est pénible : petite vitesse, vue de la route complètement masquée et lorsqu'il est enfin possible de doubler.... bien concentré sur le dépassement, dans la précipitation ce sont les essuie-glace que l'on déclenche à la place du clignotant, et zut !
En effet, la conduite est « à gauche » à
Maurice et les commandes au volant sont inversées.Tout le charme d'une conduite dépaysante !
Parfois et par chance, le tracteur et son encombrante remorque ont la bonne idée de bifurquer vers une autre direction que la vôtre... ouf !
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Suite du récit, message suivant : Domaine de Saint Aubin,
Souillac, Chutes de Rochester, Vallée des couleurs...