L'intensité lumineuse de la cabine augmente, les passagers du vol Air France sortent peu à peu de leur torpeur après un si long vol.
Les sympathiques hôtesses distribuent le maigre petit déjeuner servi aux occupants de la classe économique puis l'appareil amorce sa descente vers l'aéroport de Sir Seewoosagur Ramgoolam.
Plus que quelques instants et nous pouvons enfin nous échapper de cette boîte de sardines volante !
Les formalités ne sont pas très longues mais nous avions pris soin de réserver des places pas trop éloignées de la sortie.
Vu le nombre de guichets ouverts et la certaine nonchalance propre à la destination, les passagers situés aux rangées 40 et ceux qui traînent la patte ne sont pas près de respirer l'air extérieur...
Nous voilà maintenant devant le carrousel à bagages.
Nous récupérons rapidement la première valise puis...
J'entends finalement mon nom lors d'une annonce.
Il faut se rendre au service bagages !
Je pense que nous ne commencerons ce voyage qu'avec la moitié de nos affaires...
Bingo ! L'autre valise est à
Paris, elle devrait arriver demain.
Nous remplissons le formulaire et indiquons que nous préférons passer la reprendre plutôt que d'être livré.
Pas envie de poireauter toute la journée !
Oui, oui, pas de problèmes, on vous appellera !
Nous quittons donc bientôt la zone sous douane et cherchons les guichets des loueurs de voiture.
Ah, c'est par là !
L'employé remplit soigneusement le contrat de son écriture très scolaire puis nous fait payer notre dû.
Il oublie la caution, nous nous en apercevons un peu plus tard.
Pratique pour ne pas avoir de soucis au retour du véhicule !
Nous devons alors attendre la livraison de la KIA.
Le parking de l'aéroport étant gratuit les premières minutes, les loueurs garent les voitures à l'extérieur et ne les emmènent qu'au dernier moment.
C'est bon, vous pouvez me suivre, s'exclame un nouvel employé !
Il fait le tour du véhicule avec nous, griffonne son constat de nombreuses rayures puis nous demande de rendre le véhicule avec le même niveau d'essence.
Il nous tend alors le ticket pour sortir du parking et nous prévient que nous avons 5 minutes pour quitter l'enceinte si on ne veut pas payer...
Ok ok !
Nous chargeons la valise, prenons nos marques et filons vers la sortie.
Je crois que nous sommes maintenant totalement entrés dans ces nouvelles vacances !
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Le jus de chaussette servi en vol n'est pas très efficace pour nous maintenir éveillés.
Si nous allions boire un véritable expresso et grignoter une douceur ?
Aussitôt dit aussitôt fait, nos paupières se font un peu moins lourdes, nos cerveaux sortent un peu du brouillard.
Nous profitons de cet arrêt en zone commerciale pour retirer des roupies mauriciennes, environ 50 pour un euro, les calculs seront faciles à effectuer !
Contrairement à d'autres pays, les banques locales ne prennent pas de frais ni n'essaient d'entourlouper le voyageur avec une conversion désavantageuse.
L'intérêt des officines de change est donc ici encore plus qu'ailleurs parfaitement mince !
Pas la peine non plus de prendre trop d'argent liquide, la plupart des transactions peuvent s'effectuer avec la carte.
Le porte monnaie n'est plus à sec, les estomacs et les gosiers non plus, passons aux choses sérieuses !
Nous contournons
Mahébourg et prenons la route en direction du nord-est en suivant la côte.
Attention, la conduite s'effectue à gauche, la chaussée est étroite et les mauriciens ont leur propre vision du code de la route.
N'espérez pas dépasser le 40 km/h en moyenne et ne soyez pas surpris de voir des véhicules garés sur les voies de circulation...
En effet, pourquoi s'embêter ?
J'ai envie d'acheter un ananas ?
Je stoppe devant le magasin sur la route et pars effectuer mon achat. Les autres me doubleront !
Ceci est valable pour une envie de téléphoner, un bavardage avec un passant...
Surprenant au départ mais finalement assez pratique.
Plus la peine de s'affoler quand on est perdu ! On s'arrête de suite et on consulte tranquillement son GPS !
De toutes façons, les places de parking sont quasi inexistantes...
Nous arrivons à Bois des Amourettes.
Joli nom !
Villes, villages et lieux dits ont souvent une charmante appellation.
Généralement en français !
Curepipe, Trou d'eau douce, Bois Chéri, Rivière des Anguilles, Bel Ombre, Belle Mare,
Cap Malheureux,
Trou aux biches...
Ce n'est pas la langue qui dépaysera ici le francophone puisqu'une majorité des mauriciens parle le français.
Leur langue maternelle est souvent le créole mais le français n'a pas été oublié bien que l'anglais soit la langue officielle de l'île.
La plupart des publicités, des pancartes, des menus sont ainsi écrits dans la langue de Molière et vous n'aurez jamais de mal à vous faire comprendre.
Le dépaysement est ailleurs...
Une furieuse impression d'être en
Inde !
Une
Inde édulcorée certes mais tout y est !
Mais revenons à Bois des Amourettes...
Nous garons la voiture histoire de faire quelques pas en bord de mer.
La météo n'est pas terrible, c'est le moins qu'on puisse dire, mais qu'importe, c'est notre premier rendez-vous avec l'océan indien.
Le vent souffle à décorner les boeufs, le ciel est de plomb, ce n'est pas tout à fait comme cela que je m'imaginais l'île
Maurice...
Un passage au supermarché de
Centre de Flacq et nous arrivons à la maison louée au bord de la plage de Palmar pour l'heure de déjeuner.
L'intérieur est vieillissant mais quelle situation !
Quelques pas à travers le jardin et nous sommes sur le sable...
Nous voyons la mer depuis la chambre comme depuis le coin-repas extérieur, pas si mal finalement...