
olive31 France

30 septembre 2007 à 10:23
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Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale
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Tadjikistan : coup de coeur en Asie Centrale De retour depuis quelques semaines sur le sol français je me décide à écrire pour vous un petit carnet de route sur ce dernier voyage effectué en Asie centrale qui fut assez magique pour moi. Magie qui tient au fait que j’ai passé 43 jours sur place mais pas une seule nuit à l’hôtel et qu’avec deux amis venus me rejoindre pendant 2 semaines nous avons pu gravir un pic délaissé et très beau du massif du Pamir : le Pic Karl Marx. Magie liée à l’ambiance chaleureuse que l’on ressent quotidiennement en compagnie des habitants de cet endroit du monde qui resteront dans ma mémoire comme les plus sympathiques croisés lors d’un voyage jusqu’à présent. Au final, en dehors des nuits passées sous tente cela représente une vingtaine de jours à dormir invité chez l’habitant sans avoir rien demandé, même à Dushambe la capitale. Ce contact avec la population locale fut plutôt inattendu pour moi qui pensais en baver un peu dans cette ex-république soviétique et ce d’autant plus que j’y allais seul avec une connaissance du russe plutôt sommaire et alors que les quelques rares pages photocopiées dans le Lonely Planet d’Asie centrale me prédisaient certaines difficultés pour bouger et me loger dans ce pays inquiétant, voisin immédiat d’un autre pays si inquiétant : l’Afghanistan. Voici donc quelques images écrites sur ce voyage dans un pays qui pourrait recevoir le prix Nobel de l’accueil tant l’hospitalité de ses habitants est déroutante. Pour le voyageur sac au dos et infortuné que je suis, habitué à se soulager le plus souvent d’espèces sonnantes et trébuchantes en échange d’un lit, d’un repas et d’une douche, ce fut une bonne surprise. 1. Aéroports L’aéroport d’Istambul est grand, propre et lors du décollage vers le Tadjikistan j’ai eu droit au très beau spectacle de la vue aérienne sur cette ville avec ses nombreuses mosquées aux minarets en forme de fusées spatiales. Beaucoup d’images de mon voyage en Turquie de 2002 me sont revenues et je me suis endormi en me repassant de vieilles images turques gardées en mémoire. A Dushambe par contre, l’aéroport est petit et on nous range sur deux files devant des portes vitrées qui restent fermées de longues minutes, on ne sait pourquoi. Il y a une file pour ceux qui ont déjà le visa et une autre pour ceux qui doivent encore le faire. Oui, car depuis peu on obtient son visa à l’arrivée au Tadjikistan mais uniquement pour 30 jours. Tout content d’être déjà l’heureux possesseur d’un sésame (délivré par l’ambassade tadjique de Vienne en Autriche) et qui m’autorise à visiter la région pour 45 jours, je déchante assez vite quand un énergumène pas vraiment en uniforme commence par faire entrer ceux qui n’ont pas de visa . Je ne suis pas le seul à pester contre cette façon de procéder peu logique mais bon il est trois heures du matin et franchement je suis bien content de " jouer la montre " en attendant le lever du jour et le réveil de la capitale même si pour le moment l’acceuil tadjique est décevant. Je ressortirais de l’aéroport deux heures plus tard en ayant eu tout le loisir d’observer la beauté secrète des lieux, coincé dans la file menant au coup de tampon libérateur et consolé de voir que de toute façon les bagages de soute ne sont déchargés sur le tapis qu’à ce moment là. Tout le monde aura donc poireauté jusqu’au petit matin. 2. Premiers pas à Dushambe D’ailleurs en ce petit matin de juillet il n’y a pas grande vie devant l’aéroport. Les autres voyageurs s’évanouissent assez vite dans des taxis ou en rejoignant des groupes organisés tandis que j’essaie vaillamment d’échanger quelques mots dans la langue de Lénine afin de trouver où changer mes euros contre de la monnaie locale. Il n’y a apparemment qu’un petit kiosque à journaux qui puisse me dépanner en cette heure matinale (5h00 du mat’) et j’y entreprends la transaction . Le tenancier de l’échoppe m’explique alors que le taux est de 100 euros pour 460 somonis jusqu’à 9h00 et qu’après si je reviens il me fera le taux affiché sur sa pancarte à savoir 470 somonis. Le vieux roublard ! Je ne tiens pas spécialement à attendre pendant quatre heures le changement international du cours du somoni et je me lance dans ce que je sais bien faire, même dans la langue de Pouchkine : râler et marchander ! J’ai beau sortir mes meilleures tournures dans cette langue difficilement étudiée à grand renfort de méthode Assimil et faire la grimace, il ne veut rien savoir et insiste pour maintenir son taux de change "spécial pigeon". En bon pigeon voyageur et rompu aux techniques du marchandade sournois je ne change donc que le minimum syndical pour pouvoir attraper le premier trolleybus délabré venu et je lui demande une bouteille d’eau gratuite histoire de sauver la face et pour sceller notre affaire sur un sourire et une poignée de main qu’il me tend avec la bouteille. Je suis un peu perdu, ne sachant vraiment pas bien par où commencer ce voyage. Je sais que mon visa doit être enregistré dans les bureaux de l’Ovir dans les 72h00 mais en même temps il est tôt, j’ai toute la journée pour bouger et trouver un transport vers une plus petite ville afin d’y passer une première nuit (j’ai du mal avec les grandes villes). Surtout que dans la rubrique " bon marché " des pages photocopiées de mon Lonely planet, à part l’hôtel " Varch " à 15 dollars, il n’y a rien d'enthousiasmant à Dushambe… 15 dollars je trouve que c’est cher pour du " bon marché " dans un pays qu’ils décrivent par ailleurs comme étant le plus pauvre d’Asie Centrale. L’an dernier au Kirghizstan qui est un pays plus riche, je me rappelle avoir trouvé à dormir pour beaucoup moins cher que ça. Ma solution à ce problème est donc de quitter la capitale pour prendre mes marques dans un coin plus calme et moins cher en province. 3. Abdhulwahid et le green market Tout absorbé dans ces considérations bassement financières et en route vers la gare routière de " Tsementzavod " à bord d’un " Tangen ", quelqu’un assis en face de moi m’apostrophe alors dans la langue de Shaekespeare. Si vous n’êtes jamais allé au Tadjikistan je dois vous dire que " Tsementzavod " c’est une grande cimenterie assez " russe " dans son style de l’époque soviétique… et qu’un " Tangen " c’est un minibus (réellement mini) de marque chinoise et de couleur blanche qui circule sur un trajet fixe dans la capitale. Etonné qu’on s’adresse à moi en anglais dans un pays réputé pour ne pratiquer que la langue de Sergueï Bubka (en dehors des idiomes locaux : farsi, tadjique, ouzbek, kirghize, shugnansky, wakhansky…) je fais ainsi la connaissance d’Abdhulwahid qui me demande l’objet de ma venue dans le pays et qui m’explique très vite que la première chose que j’ai intérêt à faire en vitesse est d’aller m’enregistrer à l’Ovir sous peine de futurs problèmes avec les uniformes locaux. J’explique aussi à mon interlocuteur que je souhaite acheter des provisions en perspective du séjour en montagne que je projette pour les prochains jours. Il me faudrait également trouver du gaz pour mon réchaud (même si je prévois de grandes difficultés pour accomplir cette mission). Abdhulwahid réfléchi deux secondes l’air soucieux et concerné par ce que je lui raconte puis il arrête le Tangen au milieu de je ne sais où afin d’en prendre un deuxième qui roule dans l’autre sens. Il m’annonce qu’il va m’aider car ce n’est pas un hasard si nous nous sommes rencontrés, c’est Allah (qui est grand) qui m’envoie et il se doit de m’aider comme un frère. Il va donc m’accompagner au bazar pour faire mes emplettes (sans me faire pigeonner) et pour trouver du gaz . Bien entendu je dors à la maison ce soir. Bienvenue au Tadjikistan ! Nous laissons mon énorme sac de montagne chez un ami à lui qui tient une petite boutique de coiffeur et partons nous noyer dans la foule colorée du marché . Nous ne trouvons évidemment que d’énormes bonbonnes de gaz pas vraiment adaptées à mon réchaud d’alpiniste malgré les dires de nombreux vendeurs mais par contre les emplettes vont bon train en compagnie de mon guide qui connaît bien les lieux. Boites de sardines, thon à la tomate, sucre, thé, abricots sec, 5 kg de halva, biscuits variés, des raisins sec, des amandes, des bonbons, du kalbaci, de la saucisse à la viande de boeuf/poulet, des soupes chinoises, des boulettes de kurut,etc… Bref de quoi tenir un siège pendant 25 jours ! (le kalbaci c’est du fromage en forme de saucisse, au goût fumé). (le kurut c'est des boulettes de fromage séché et salé). (le halva c'est un genre de gateau de semoule sec et compacté à base d'amande, de pistache ou de noisette, sucré et délicieux). Satisfait de mes achats nous prenons la route du 9ème kilomètre en dehors de Dushambe où habite mon hôte. 0.50 somoni en marshroutka , 1 somoni en lada jiguli et nous voilà vingt minutes plus tard chez Abdhulwahid qui me montre ma chambre et donne des recommandations aux enfants puis à moi. Les enfants vont m’apporter à manger et me servir le thé, ils vont me tenir compagnie car lui est pressé et doit visiter un parent malade. Il me conseille de retourner en ville pour faire mes démarches auprès de l’OVIR puis de rentrer ce soir pour dormir ici. Il me donne son numéro de téléphone au cas où je me perdrais et me fait répéter deux fois la marche à suivre pour venir chez lui : -marshroutka n°18 jusqu’au terminus, -taxi jusqu’à la maison. Je suis très content de ces quelques heures au Tadjikistan, je peux enfin me détendre un moment et savourer ce qu’on m’apporte tout en discutant avec les enfants. Je m’endors une heure puis décide de retourner en ville. Je laisse mon gros sac de montagne dans la chambre qui ne ferme pas à clé dans cette maison qui a une porte ouverte sur la ruelle en terre battue. Ma parano habituelle s'est volatilisée : j'ai confiance . Il fait très chaud, dans les 40° et je pars en direction des bureaux de l’OVIR. Pour ceux qui ne sont jamais allé en Asie centrale voici quelques précisions : - une marshroutka c’est un minibus genre " ford transit " qui est le plus souvent bondé de monde et qui est méga pratique, simple et économique à utiliser en ville. C’est aussi (surtout au Tadjikistan) un minibus tout terrain qui permet de parcourir les pistes du réseau routier assez difficile dans le pays. - les véhicules les plus fréquents sont les LADA jiguli et moskvitch (petites voitures), la niva 4x4 (la même qu’on voit en France), les Volga (limousine plus classe), les UAZ (4x4 verts robustes), les camions Kamaz. Et puis à Dushambe et dans les grandes villes il y a toute une panoplie de voitures puissantes étrangères, j’ai même aperçu des marques françaises.
(Ce message a été modifié par olive31 le 11 octobre 2007 à 14:54.)
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