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olive31
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Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale

30 septembre 2007 à 10:23 · modifié par olive31 le 18 octobre 2008 à 0:09
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Tadjikistan : coup de coeur en Asie Centrale

De retour depuis quelques semaines sur le sol français je me décide à écrire pour vous un carnet de route sur ce dernier voyage effectué en Asie Centrale qui fut assez magique pour moi.
Magie qui tient au fait que j’ai passé 43 jours sur place (fin juillet à début septembre 2007) mais pas une seule nuit à l’hôtel car les habitants m'ont invité chez eux sans arrêt.
Je me rappellerai longtemps de l’ambiance chaleureuse que l’on ressent quotidiennement en compagnie des habitants de cet endroit du monde et ils resteront dans ma mémoire comme les plus sympathiques croisés lors d’un voyage jusqu’à présent.
Au final, cela représente une vingtaine de jours à dormir invité chez l’habitant sans avoir rien demandé, à divers endroits du pays et même à Dushambe la capitale.
Les autres jours j'étais en montagne et sous la tente !
Ce contact avec la population locale fut plutôt inattendu pour moi qui pensais en baver un peu dans cette ex-république soviétique.

J'arrivais seul avec une connaissance du russe plutôt sommaire emportant avec moi quelques pages photocopiées dans le Lonely Planet, périmées la plupart du temps et finalement pas très utiles.
Encombré de matériel et de vivres de montagne j'ai tenté, sans succès, de rejoindre seul le camp de base « Moskvina » au pied de 2 géants de 7000m (pic du Communisme et pic Korjenevskaïa) avec un vieux rêve de pouvoir tenter leur ascension .
J'ai continué alors ma visite des massifs montagneux en faisant une traversée des monts Fans.
Puis je fus rejoins par 2 amis pour gravir le Pic Karl Marx plus facile d'accès mais très sauvage et non fréquenté.
Je suis ensuite resté à nouveau seul dans le GBAO pour remonter la vallée du Wakhan et rejoindre Murghab sur le haut plateau du massif du Pamir.

Voici donc quelques images écrites sur ce voyage dans un pays qui pourrait recevoir le prix Nobel de l’accueil tant l’hospitalité de ses habitants est déroutante.
Ce fut une bonne surprise et avec le recul du temps mon meilleur souvenir de voyage.

Bonne lecture !

1. Aéroports (Istambul et Douchambé)

L’aéroport d’Istambul est grand, propre et lors du décollage vers le Tadjikistan j’ai eu droit au très beau spectacle de la vue aérienne sur cette ville avec ses nombreuses mosquées aux minarets en forme de fusées spatiales. Beaucoup d’images de mon voyage en Turquie de 2002 me sont revenues et je me suis endormi en me repassant de vieilles images turques gardées en mémoire.

A Dushambe par contre, l’aéroport est petit et on nous range sur deux files devant des portes vitrées qui restent fermées de longues minutes, on ne sait pourquoi.
Il y a une file pour ceux qui ont déjà le visa et une autre pour ceux qui doivent encore le faire.
Oui, car depuis peu on obtient son visa à l’arrivée au Tadjikistan mais uniquement pour 30 jours.
Tout content d’être déjà l’heureux possesseur d’un sésame (délivré par l’ambassade tadjique de Vienne en Autriche) et qui m’autorise à visiter la région pour 45 jours, je déchante assez vite quand un énergumène pas vraiment en uniforme commence par faire entrer ceux qui n’ont pas de visa .
Je ne suis pas le seul à pester contre cette façon de procéder peu logique mais bon il est trois heures du matin et franchement je suis bien content de " jouer la montre " en attendant le lever du jour et le réveil de la capitale même si pour le moment l’acceuil tadjique est décevant.
Je ressortirais de l’aéroport deux heures plus tard en ayant eu tout le loisir d’observer la beauté secrète des lieux, coincé dans la file menant au coup de tampon libérateur et consolé de voir que de toute façon les bagages de soute ne sont déchargés sur le tapis qu’à ce moment là.
Tout le monde aura donc poireauté jusqu’au petit matin.

2. Premiers pas à Dushambe
D’ailleurs en ce petit matin de juillet il n’y a pas grande vie devant l’aéroport. Il est encore trop tôt.
Quelques occidentaux rejoignent un groupe organisé, les autres s'évanouissent dans des taxis et moi j’essaie vaillamment d’échanger quelques mots dans la langue de Lénine afin de trouver de la monnaie locale.
Il n’y a rien d'ouvert sauf un genre de kiosque à journaux avec un petit gars rondouillard à l'intérieur .
Celui-ci m’explique alors que le taux est de 100 euros pour 460 somonis jusqu’à 9h00 et qu’après si je reviens il me fera le taux affiché sur sa pancarte à savoir 470 somonis.
Le vieux roublard !
Je ne tiens pas spécialement à attendre pendant quatre heures le changement international du cours du somoni et je me lance dans ce que je sais bien faire, même dans la langue de Pouchkine : râler et marchander !
J’ai beau sortir mes meilleures tournures dans cette langue difficilement étudiée à grand renfort de méthode Assimil et faire la grimace, il ne veut rien savoir et insiste pour maintenir son taux de change "spécial pigeon".
Ok, Ok, en bon pigeon voyageur je ne change donc que le minimum syndical pour pouvoir attraper le premier trolleybus délabré venu, on verra plus tard en ville pour changer un peu plus.

Je suis un peu perdu, ne sachant pas vraiment par où commencer ce voyage.
Je sais que mon visa doit être enregistré dans les bureaux de l’Ovir dans les 72h00 mais en même temps il est tôt, j’ai toute la journée pour bouger et trouver un transport vers une plus petite ville afin d’y passer une première nuit (j’ai du mal avec les grandes villes).
Surtout que dans la rubrique " bon marché " des pages photocopiées de mon Lonely planet, à part l’hôtel " Varch " à 15 dollars, il n’y a rien d'enthousiasmant à Dushambe…
15 dollars je trouve que c’est cher pour du " bon marché " dans un pays qu’ils décrivent par ailleurs comme étant le plus pauvre d’Asie Centrale si ce n'est un des plus pauvres au monde !
L’an dernier au Kirghizstan qui est un pays plus riche, je me rappelle avoir trouvé à dormir pour beaucoup moins cher que ça.
Ma solution à ce problème est donc de quitter la capitale pour prendre mes marques dans un coin plus calme et moins cher en province.
Je m'occuperais de l'OVIR plus tard...

3. Abdhulwahid et le green market
Tout absorbé dans ces considérations bassement financières et en route vers la gare routière de " Tsementzavod " à bord d’un " Tangen ", quelqu’un assis en face de moi m’apostrophe alors dans la langue de Shaekespeare.

" Tsementzavod " c’est une grande cimenterie assez " russe " dans son style de l’époque soviétique (bien moche quoi!)… et un " Tangen " c’est un minibus vraiment tout petit de marque chinoise et de couleur blanche qui circule sur un trajet fixe dans la capitale.

Etonné d'entendre parler anglais dans un pays réputé pour ne pratiquer que la langue de Sergueï Bubka ou un tas d'idiomes locaux (farsi, tadjique, ouzbek, kirghize, shugnansky, wakhansky…) je réponds aux nombreuses questions et fais ainsi la connaissance d’Abdhulwahid.
Après quelques minutes d'échange il m’explique que la première chose que j’ai intérêt à faire (et en vitesse !) c'est d’aller m’enregistrer à l’OVIR sous peine de futurs problèmes.
Bon, ok, je vais m'occuper de ça aujourd'hui.
Nous continuons la conversation en anglais et je lui fais part de mon souhait d'acheter des provisions en perspective de ma tentative d'approche de « Moskvina » dans les prochains jours.
J'ai également besoin de gaz pour mon réchaud .
Je sais que je n'en trouverais qu'une fois arrivé au camp de base mais il va bien me falloir manger durant l'approche !
Abdhulwahid réfléchi deux secondes l’air soucieux et concerné par ce que je lui raconte puis il arrête le Tangen au milieu de je ne sais où afin d’en prendre un deuxième qui roule dans l’autre sens.
Il m’annonce qu’il va m’aider car ce n’est pas un hasard si nous nous sommes rencontrés, c’est Allah (qui est grand) qui m’envoie et il se doit de m’aider comme un frère.
Et nous voilà reparti vers le grand bazar pour faire des emplettes et pour trouver du gaz .
Bien entendu je dors à la maison ce soir.

"Bienvenue au Tadjikistan ! "

Au marché nous laissons mon énorme sac de montagne dans l'arrière boutique d'un de ses amis qui est coiffeur et partons nous noyer dans la foule colorée .
C'est le Green Market (zélioni market).

Nous ne trouvons évidemment que d’énormes bonbonnes de gaz pas vraiment adaptées à mon réchaud d’alpiniste mais par contre les emplettes vont bon train .
Boites de sardines, thon à la tomate, sucre, thé, abricots sec, 5 kg de halva, biscuits variés, des raisins sec, des amandes, des bonbons, du kalbaci, de la saucisse à la viande de boeuf/poulet, des soupes chinoises, des boulettes de kurut, etc…
Bref de quoi tenir un siège pendant 25 jours !
(le kalbaci c’est du fromage en forme de saucisse, au goût fumé).
(le kurut c'est des boulettes de fromage séché et salé).
(le halva c'est un genre de gateau de semoule sec et compacté à base d'amande, de pistache ou de noisette, sucré et délicieux).

4) Chez Abdulwahid

Satisfait de mes achats nous prenons la route du 9ème kilomètre en dehors de Dushambe où habite mon hôte. Drôle d'adresse !
Un court trajet en marshroutka puis un autre en lada jiguli et nous voilà vingt minutes plus tard chez Abdhulwahid qui me fait faire le tour du propriétaire.
C'est une grande maison avec une cour en terre battue et une étable . On est presque à la campagne.
Les toilettes/ bannia sont juste à côté de cette étable et c'est accompagné par la douce odeur de vaches et de mules qu'on peut se laver avec un petit seau.
Il y a du raisin qui grimpe et donne de l'ombre sur une treille, l'endroit est vraiment reposant et les enfants ont l'air bien étonné de ma présence.
Abdulwahid me montre ma chambre et donne des recommandations aux enfants.

Il est midi, ils vont m’apporter à manger, me servir le thé et me tenir compagnie car lui est pressé et doit visiter un parent malade.
Il ne rentrera que ce soir et me conseille encore une fois de retourner en ville cet aprés-midi pour faire mes démarches auprès de l’OVIR .
Puis je pourrais rentrer ensuite pour dormir ici. Il me donne son numéro de téléphone au cas où je me perdrais et me fait répéter deux fois la marche à suivre pour revenir chez lui .
Il a vraiment peur que je me perde !

Je suis très content de ces quelques heures au Tadjikistan, je peux enfin me détendre un moment et savourer ce qu’on m’apporte tout en discutant avec les enfants.
Je m’endors une heure puis décide de retourner en ville.
Je laisse mon gros sac de montagne dans la chambre qui ne ferme pas à clé dans cette maison qui a une porte ouverte sur la ruelle en terre battue.
Ma parano habituelle s'est volatilisée : j'ai confiance .

Il fait très chaud, dans les 40°, et je pars en direction des bureaux de l’OVIR.

Voici quelques précisions sur les termes employés plus haut : une marshroutka c’est un minibus genre " ford transit " qui est le plus souvent bondé de monde et qui est pratique, simple et économique à utiliser en ville.
Mais ça peut être aussi, pour les longs trajets sur pistes, un minibus tout terrain qui permet de parcourir le réseau routier assez difficile dans le pays. les véhicules les plus fréquents sont les LADA jiguli et moskvitch (petites voitures), la niva 4x4 (la même qu’on voit en France), les Volga (limousine plus classe), les UAZ (4x4 verts robustes), les camions Kamaz.
Et puis à Dushambe et dans les grandes villes il y a toute une panoplie de voitures puissantes étrangères, j’ai même aperçu des marques françaises.  

Images attachées:

dushambe.JPG - Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale
Image postée par le membre olive31 dans la discussion «Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale».
green market.JPG - Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale
Image postée par le membre olive31 dans la discussion «Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale».
bienvenue !.JPG - Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale
Image postée par le membre olive31 dans la discussion «Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale».


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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

30 septembre 2007 à 11:52 · modifié par olive31 le 18 octobre 2008 à 0:12
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5. OVIR !

Après m’être un peu perdu et avoir demandé plusieurs fois où se trouve ce fameux OVIR je m’aperçois une fois sur place que ça ne va pas être une partie de plaisir.
Il y a beaucoup de monde qui se presse et se bouscule en criant contre des grilles avec leur passeport qu’ils agitent à bout de bras . Aucune queue à l’occidentale, c’est un paquet humain, un genre de mélée de rugby qui tente de pénétrer le pack adverse.
Les uniformes qui gardent l’entrée n’ont pas l’air commodes.
Des feuilles blanches sous pochettes plastiques sont punaisées sur un panneau près de cette entrée, je suppose que c’est la marche à suivre mais je n’y comprend strictement rien vu que c’est écrit en tadjique ou russe.
Quel bordel !
En criant " hey ! ia tourist ! ia frantzous !" je parviens à interpeller un des gardes qui m’explique qu’il faut d’abord aller dans un premier bureau plus loin à droite puis revenir ici après.
Dans ce bureau une charmante jeune fille qui parle anglais en souriant écoute ma demande d’enregistrement.
Elle ne doit pas souvent avoir affaire à un cas comme le mien car la plupart des touristes font faire cette démarche par un des hôtels " bon marché " du centre ville…ce qui n'est pas bête et évite de perdre de l'énergie inutilement.
Mais je ne dors pas à l'hôtel ce soir !
Je suis plein de confiance et le sourire de mon interlocutrice est encourageant.
Son collègue moustachu par contre ne sourit pas vraiment et me demande où j’habite au Tadjikistan.
" Ben, je suis touriste donc j’habiterai dans les hôtels du pays le temps de mon séjour ".
Ca ne semble pas lui plaire du tout, il me réclame une lettre d’invitation ou une adresse au Tadjikistan.
" Mais j’ai mon visa, je suis en règle, j’ai même un permis spécial pour visiter le GBAO ".
Il ne veut rien savoir. Je ne vois pas de solutions.

J’explique que l’ambassade de Vienne m’a donné un visa et que je suis donc libre d’aller dans le pays.
Il veut savoir où je dormirai ce soir et je lui raconte ma rencontre avec Abdhulwahid.
Il me demande de revenir avec lui muni de son passeport et qu’il verra ce qu’il peut faire alors.

Maudissant intérieurement toutes les administrations du monde je regagne piteusement le 9ème kilomètre en me demandant comment tout ça va se terminer !
Je trouve déjà énorme d’être invité chez Abdhulwahid et ca me gêne franchement de lui demander quelquechose.
Il fait chaud, je retrouve sans problème le chemin de la maison et la fraîcheur relative de ma chambre dans laquelle je suis vite rejoins par les enfants qui installent un radio cassette.
Sur un grand plateau on m’apporte de nouveau une théière pleine, du sucre, des gros morceaux de nan, des bonbons, des biscuits et du beurre.
Les enfants mangent avec moi et insistent pour que je me resserve :
" kuchaï " (mange !).
Ils ont l’air contents que je sois ici.
Je leur explique les règles de la bataille navale en attendant le retour d’Abdhulwahid .

Autres précisions :OVIR = office for visa and immigration registration, GBAO = gorno badakhshan autonomous oblast (il faut un permis en plus du visa pour visiter cette région montagneuse à l'est du pays que les locaux appellent tout simplement "Pamir"), Nan = large pain rond que l'on trouve aussi au kirghizstan,

Note: Les Tadjiques ont tendance à prononcer "o" à la place de "a", ainsi on entend plutôt "Todjikiston" ou encore "non" ou bien "tchoï"

Sur la photo ci-dessous on voit la chambre où je suis invité à rester et à prendre le thé. Le sac de riz blanc c'est les emplettes réalisées au Green Market juste avant !  

Image attachée:

1ère nuit à dushambe.JPG - Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale
Image postée par le membre olive31 dans la discussion «Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale».


cupda
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

30 septembre 2007 à 15:39
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Salut, je suis assez curieux de savoir comment tu t'en es sorti avec l'ovir... et où tu as vadrouillé par la suite.
A+


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Oublieuse
Rennes, France

Photo/image personnelle du membre Oublieuse.

Description de la photo/image: Un bel homme face à de belles montagnes kurdes, Sirnak


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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

30 septembre 2007 à 19:11
  Répondre

 
ARgh, moi pareil! ça y est j'étais déjà partie dans le récit... tu racontes bien Sourire

Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
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olive31
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

1 octobre 2007 à 14:03 · modifié par olive31 le 24 octobre 2008 à 11:51
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6. foot et prières

Abdhulwahid nous rejoint en pleine bataille navale et s’empresse de prendre de mes nouvelles.
« Alors, c’est bon pour l'OVIR ? »

Je lui relate l'après midi avec les gens de l’OVIR et les difficultés rencontrées.
Il me rassure, passe quelques coups de fil et me dévoile son plan .
Demain un ami de la famille m’accompagnera avec son passeport et il m’aidera pour arranger cette situation.
Pour l’heure un foot est prévu au bord de la rivière Kofarnihon et étant donné que je viens du pays de Zidane c’est que forcément j’aime le foot !
Bon, je n’ai rien contre le foot mais je n’y ai pas joué depuis des années et surtout pas avec les pieds nus sur des galets douloureux ni avec un ballon dégonflé et encore moins avec des adversaires qui mélangent un peu les règles avec le rugby ou le water polo.
En effet le terrain est bordé sur un côté par les eaux de la rivière et plus d’une fois il faudra mouiller le maillot.
Je joue dans l’équipe des non barbus (les enfants) contre celle des adultes.
C’est une famille de musulmans assez stricts (en tout cas très praticants) puisqu’ils jouent et se baignent en pantalon, portent la barbe et arrêteront le match pour faire leur prière sur la plage.
Spectacle et situation assez cocasses car ça fait à peine 24h00 que j’ai décollé de France et me voilà en train de jouer au foot-polo-rugby (qui tue les pieds) avec de bons musulmans qui n’ont rien à gagner avec moi (sauf le match contre les enfants).

Je termine le match dans les cages car j’ai trop mal aux pieds, le score est plus ou moins équilibré mais à partir de la dizaine de buts marqués de chaque côté j’ai arrêté de compter.

On ne rentre pas tout de suite à la maison après la baignade générale mais nous passons voir un ami de la famille chez qui on discute tout en prenant le thé (ce qui au Tadjikistan veut aussi dire que l’on mange: beurre, nan, miel, abricots ou pommes, biscuits et bonbons).
Tout ce petit monde me refera le coup de la prière (cette fois dans la même pièce que moi) et je pourrais observer en toute tranquillité le « spectacle » comme si on m’avait complètement oublié pour le coup !
Ce n’est qu’après un repas copieux au menu duquel j’ai pu découvrir les « galoupsi » (poivrons farcis) que je m’endors comme un bébé confiant en l’avenir.

7. OVIR, suite et fin

(le lendemain matin)
Nous partons avec la vieille Moskvitch de la famille qui marche au gaz (comme tout véhicule à Dushambe) en direction du centre ville après avoir récupéré au passage Zaynedine qui va se porter garant pour moi.
C’est un jeune de 25 ans qui a une bonne tête et je me rappelle qu’il jouait aussi au foot hier dans l’équipe des barbus. Je crois même lui devoir quelques bleus aux tibias !

Nous retrouvons la jeune fille anglophone du bureau de l’OVIR, elle semble ravie de me revoir et de découvrir mon « adresse » en chair et en os en la personne de Zaynedine muni de son passeport.
Elle rempli un document, nous le fait signer et le donne à un coursier.
Maintenant il faut encore que les gradés qui sont dans le bâtiment entouré de grilles daignent aposer sur mon passeport le coup de tampon qui me sera utile pour bouger dans le pays.
Et nous ressortons en direction des grilles, je croise les doigts.

Zaynedine arrive à franchir la barrière et la mélée des criards en glissant deux mots à l’oreille d’un garde. Je lui ai confié mon passeport.
A l’écart et à travers la grille il m’explique la situation :
Chez lui les uniformes sont plutôt « verreux », surtout à l’OVIR et si je glisse un petit « cadeau » dans mon passeport j’ai de grandes chances de le récupérer aujourd’hui même avec le tampon qu’il me manque.
Autrement je risque d’attendre plusieurs jours et de venir réclamer mon passeport en criant dans la mélée comme les autres…

Je lui explique que c’est mal d’agir comme ça, que comme première image d’un pays pour des touristes fraîchement débarqués c’est pas bien et que « bla bla bla» ...
Oui il le sait mais c’est comme ça ici, tout le monde le fait, même lui.
C’est normal.
Il m’explique que 30 somonis devraient suffire et je cède car j’ai vraiment envie d’en finir avec tout ça.
Je vois mon ami rentrer dans le bâtiment derrière les soldats et aller dans un bureau avec mon passeport et mes 30 somonis.
Il ressort de longues minutes après en me faisant un clin d’œil d’encouragement : c’est bon me dit il, on repasse cet après midi pour récupérer le passeport.
Ouf !

8. En route vers les montagnes

L’objet de ma venue dans ce petit pays est à la fois de faire du tourisme classique en bougeant un peu partout et en rencontrant les locaux mais aussi de tenter de rejoindre le camp de base « Moskvina » situé entre deux géants de 7000m du massif du Pamir non loin de la frontière avec le Kirghizstan.
Je suis seul pour faire cette approche mais une fois arrivé dans ce camp je rencontrerais sûrement d’autres alpinistes étrangers et je pourrais tenter de me greffer à une des nombreuses expéditions qui ne doivent pas manquer d’être déjà sur place à cette heure.
Je sais aussi que je trouverais du gaz pour mon réchaud directement au camp de base et qu’il me sera alors envisageable de tenter la grimpette en altitude.
Le hic pour moi c’est que tout ce petit monde d’alpinistes est suffisamment fortuné pour pouvoir se payer un aller-retour en hélicoptère jusqu’à ce lieu fort reculé et mal aisé à atteindre à pied.
Le coût de l'hélico est très élevé (surtout au regard du niveau de vie des habitants) et je ne souhaite surtout pas shunter l'approche de mes montagnes qui est un voyage dans le voyage, qui permet de s'acclimater en douceur à l'altitude et qui fait pleinement partie d'une ascension.
Prendre cet hélico, pour moi, c'est un symbole d'une société de consommation à outrance.
On consomme à présent la montagne. Certains arrivent à l'aéroport de Dushambe, montent dans l'hélico et restent un mois sur la montagne sans avoir de contact avec les gens...
Mais bon je ne critique pas trop non plus car finalement moi aussi je consomme bien un avion pour venir ici en vadrouille et puis cela n'empêche pas de rencontrer des montagnards du monde entier qui peuvent être très sympathiques.
Et puis autant si j'ai de la chance je rencontrerais des alpinistes qui tentent aussi une approche à pied comme moi : il faut aller voir !

Si je suis seul ce ne sera pas un avantage pour porter mon gros sac de montagne et celui, bien lourd également, de tous les vivres achetés à Dushambe .
Tout cela représente dans les 50 kilos et j’espère pouvoir trouver dans un village de montagne une mule et son maitre pour m’accompagner jusqu’aux abords de « Moskvina ».
D'après des amis russes qui sont venus dans les parages quelques années avant, je sais que l'approche est difficile mais possible .

Bon, pour l'instant je suis toujours à Dushambe et le prochain objectif est de trouver un transport pour m'approcher de ces hauts lieux !
Au Tadjikistan, il n'y a pas d'horaires fixes ni de bus.
En général pour rejoindre une destination il faut aller de bon matin à l'endroit d'où partent les véhicules (souvent une place au bord de la route) et faire le tour des chauffeurs présents, se renseigner sur le nombre de passagers déjà prêts à partir puis négocier et enfin attendre que le véhicule soit bien rempli pour permettre au chauffeur de faire son bénéfice.
Autant dire qu'il faut être patient !
Abdhulwahid m’aide à trouver une voiture dans laquelle je peux prendre place sans me faire « pigeonner » trop fortement et me voilà parti à bord d’une belle Volga dans laquelle nous sommes 6 passagers et un conducteur.
Ce qui veut dire qu’on est entassés.

Cap sur Djergatal !

Les tadjiques n’ont pas la même notion d’intimité que nous (enfin j’imagine) car être collés serrés pendant de longues heures dans une voiture qui tressaute sur une piste poussièreuse ne semble pas les choquer de trop et je découvrirais même que certains gestes qui pourraient paraître osés chez nous sont en réalité faisables ici .
Une dame pose sa main sur ma cuisse comme si j’étais l’accoudoir de sa chaise.
Dans les secousses elle serre plus fort ses doigts et j’ai donc droit à un massage gratuit.
Etonné mais bien décidé à respecter les coutumes locales et faire un effort d’intégration, je laisse faire.

9. Djergatal-Deepchar

Arrivé à Djergatal je n’ai pas à me poser la question d’où je vais bien pouvoir dormir ce soir car un des passagers de la Volga m’a proposé de rester chez lui alors que nous faisions la route collés-serrés tout en discutant .
Il s'appelle Ravshambek et me mitraille de questions !

Les tadjiques sont curieux et vous demandent souvent d’où vous venez, si vous êtes marié, si vous avez des enfants, si vos parents sont vivants, quel est votre travail et combien sa rapporte, combien coûte un billet d’avion, est ce que les routes en France sont aussi pourries qu’ici…bref c’est bien de pouvoir parler un petit peu dans la belle langue de Youri Gagarine !
Selon mon humeur et mon énergie du moment je m’invente une petite copine ou j’avoue mon célibat ce qui ne manque pas de faire forte impression car ici tout le monde est marié vers 25 ans et la moyenne d’enfant par famille est de quatre.
C’est une moyenne et bien souvent il y a sept enfants dans la famille.
Parfois on un père me réponds qu'il a 13 enfants !!!
Les enfants et les jeunes mères avec bébés sont nombreux dans le pays et c’est un bien sympathique et vivant aspect de la vie quotidienne au Tadjikistan.

---

L’accueil chez Ravshambek (mon nouvel hôte à Djergatal) est tout aussi généreux que celui d'Abdulwahid à Dushambe et je repars le lendemain matin pour Dombrachi alourdi d'une dizaines de nan "maison" offert par la femme de Ravshambek !
J'ai pu manger en famille et faire la connaissance des enfants.
Après seulement quelques jours au Tadjikistan me voici avec deux "familles d'accueil" !
Je sais que je peux compter sur des gens en cas de pépin dans ce pays et je ne me sens pas seul.

---

A Dombrachi, alors que je fais du stop à l’embrachement pour Muk, un passant me conduit chez lui pour le repas du midi et pour discuter.
Rien ne presse en Asie Centrale et vu la faible circulation en direction de Deepchar je ne raterais pas beaucoup de véhicules !
Après ce repas et tandis que je m'essaie aux clopes locales en faisant du stop, le chauffeur d’un UAZ fini par s’arrêter, on s’accorde sur un tarif et je monte à bord.
Il habite à Deepchar et propose un arrêt « pêche aux poissons » dans un lac du bord de la route auquel je participe pour le bonheur de sa femme car « deux cannes à pêche rapportent mieux qu’une ! ».
En effet ça mord plutôt pas mal malgré les hameçons trop gros et le bouchon fabriqué avec une capsule de bouteille.
Même les poissons sont sympas au Tadjikistan !
Je suis bien content et en plus on peut voir au loin le pic Lénine que j'ai pu gravir l'an dernier du côté Kirghize et qui reste un très bon souvenir pour moi avec là-bas aussi des gens accueillants au pied de la montagne.

Après la pêche un pique-nique et une nage dans le lac sont improvisés avec d'autres pêcheurs qui étaient là puis on s'entasse tous dans la Lada pour reprendre la piste.
Nous arrivons de nuit à Deepchar où se trouvent les dernières maisons au bout d’une piste vraiment déglinguée .

C’est d'ici, au hameau de Deepchar, que je dois débuter demain l’approche à pied du camp de base « Moskvina ».
Je suis convié à rester dans la très sobre maison du chauffeur avec qui je viens de pêcher pendant 2h00.
On se régale du poisson attrapé plus tôt.
La vodka est de sortie !


Oublieuse
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

1 octobre 2007 à 15:42
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Passionnant!
Aaah, c'est bien ça fait patienter sainement Sourire

Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

2 octobre 2007 à 11:11 · modifié par olive31 le 18 octobre 2008 à 0:36
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10. Une décision
Tout cela est bien beau ; les rencontres, les repas et la vodka mais je reste soucieux de mener à bien mon projet en altitude, après tout c’est mon truc et je suis aussi venu pour ça donc je me réveille ce matin-là bien décidé à faire avancer mon affaire.
Je suis content de moi puisque me voilà au début du problème : dans le dernier village et avec tout ce dont je peux avoir besoin comme provisions pour brasser les neiges éternelles pendant un mois entier si je veux.
Bon, c’est sûr je n’ai toujours pas de gaz donc ca ne va pas être " bizance " au niveau des repas durant cette approche mais avec la dose de nans que je me trimballe et toutes mes boites de thon à la tomate, je dois bien pouvoir arriver au bout du voyage solitaire jusqu’au camp de base de " Moskvina ".
Pour les non alpinistes qui ne s’intéressent pas non plus aux montagnes de ce monde voici une petite note informative :
" Moskvina " est situé près du glacier du même nom entre le pic Korjenevskaia (7105 m) et le Pic du Communisme (7495m).
Le pic du Communisme est le culmen du massif du Pamir et également du Tadjikistan, il s’appelle depuis peu " Koh-i-Somoni " car les Tadjiques ont rebaptisé pas mal d’endroit de leur pays (ville, montagnes…) depuis le départ des russes en 91.
Le camp de base voit la visite de pas mal d’expéditions chaque année en juillet/août et ils y arrivent tous par la voie des airs à l’aide d’un gros hélicoptère blanc qui peut je crois en prendre 15 d’un coup !
Il y a bien quelques groupes de russes courageux et fauchés qui tentent l’approche à pied de temps en temps. Ce sont de braves camarades de cordée si on a la chance d’en rencontrer mais pour l’heure, à Deepchar je suis bien le seul étranger.
Point de Russes dans les parages, ils sont bien partis en 91 !

Donc en cette matinée déjà chaude malgré l’altitude gagnée pour venir jusqu’ici j’entreprends la recherche d’une mule et de son muletier pour m’accompagner pendant 4 jours minimum.

Le résultat de ma petite enquête est très vite décevant :
J’apprends que le chemin n’est plus celui qui existait naguère en raison d’éboulements et que le coût d’une mule aller-retour est honteusement élevé.
Pour avoir déjà pratiqué plusieurs fois ce moyen de transport très pratique lors de précédents voyages, j’ai une notion assez correcte du cours mondial de la mule de location en fonction de la richesse du pays et de l’abondance de mules qu’on peut y voir.
J’imagine qu’à Deepchar les gens sont au courant du coût faramineux que paient ceux qui prennent l’hélicoptère en bas à Djergatal et que cela entraine ici une inflation du cours de la mule, mais bon quand même faut pas abuser…
On me parle plutôt de 8 jours pour arriver à " Moskvina " et je sais très bien que la fin du parcours se fera sur le glacier Fortambeck qui lui ne manquera pas d’être un point difficile de l’approche.
On me parle de nombreux gués à passer (sans ponts donc !), de danger d’éboulements, de passages pas faisables avec la mule.
A la limite, en y mettant le prix fort, il y en a qui sont d’accord pour y aller avec moi en tant que porteurs. Il faudrait deux gaillards mais ca me gêne de faire ça .
Je cogite deux secondes, imaginant une mule en difficulté au bout de 3 jours, imaginant un glacier à parcourir seul si le muletier ne se sent pas de m’accompagner ou visualisant un bobo un peu sérieux…bref j’imagine le pire et je me dis que le jeu est trop aléatoire, trop incertain et trop cher !
De plus depuis ce matin je n’ai pas la pêche, est-ce la vodka ou le poisson ? Je ne saurais le dire mais je sais parfaitement que je couve quelque chose rien qu’au goût familier de renvois acides venus de mon estomac.
C’est gagné, j’ai chopé la gastro !
En France je la chope jamais mais en voyage, selon les coins où je vais, j’y suis assez sensible et du coup j’ai une bonne connaissance des réactions de mon corps face à ces petits soucis gastriques.
Je me prédis un vomissement dans les heures qui suivent ainsi que deux jours pour bien récupérer.
Bref tout ceci met un point final à mes tergiversations et j’annonce à tout le monde que je redescens et que je n’ai plus besoin de mules…


olive31
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

2 octobre 2007 à 12:02 · modifié par olive31 le 15 octobre 2008 à 3:20
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11. La terre tremble !
La recherche d’une mule de location n’ayant donc pas tellement aboutie, je ne laisse pas refroidir le fer pour autant et me met en recherche d’un véhicule susceptible de me redescendre sur Dombrachi en cette chaude journée .
Le village de Deepchar n’est même pas tout à fait un vrai village alors je vous laisse deviner le nombre de voitures qui circulent ici !
Finalement en posant pas mal de questions et en me faisant renvoyer d’une maison à l’autre on m’informe qu’un habitant descendra ce soir pour faire le marché de demain qui se tient à Dombrachi.
Chance !
Je repère cet habitant que l’on me montre du doigt, affairé plus loin à couper de l’herbe avec une faux.
Avant même d’être près de lui et de le saluer à la mode tadjique (c’est à dire échanger une poignée de main tout en portant l’autre main sur le cœur) je m’aperçois à son kalpak (chapeau de feutre blanc à motifs noirs) qu’il s’agit d’un kirghize.
Les kirghizes ont le type mongol et sont un peu plus froids que les tadjiques en général, pour autant et pour y être allé l’an passé ils sont également forts sympathiques.
Après une brève discussion et passés les échanges habituels pour savoir où est ma femme et combien j’ai d’enfants, mon ami kirghize me donne rendez-vous chez lui en fin de journée pour qu’on mange en famille avant le départ vers Dombrachi.
En attendant, lui continu de faucher sous le soleil tandis que je vais faire la sieste au frais en compagnie de Kolia, mon hôte à Deepchar, qui semble avoir du mal à vraiment émerger du coma après la soirée " vodka " d’hier soir (qu’il a, faut bien le dire, prolongée ce matin au petit déjeuner de même que pendant mon abscence si j’en juge par la bouteille vide qui traine près de sa couche…).
Note : au Tadjikistan la vodka circule pas mal et vous serez encouragés à porter des toasts si une bouteille s’ouvre quelque part, mais rien ne vous oblige à boire !
Kolia, lui est un vrai alcoolo, c'est le seul cas que j'ai vu durant mon séjour.
En général c’est à plusieurs que ça se fait, dans un esprit de fête !
C’est en étant absorbé par de telles pensées tristes pour mon ami Kolia que soudain tout c’est mis à trembler autour de nous pendant quelques secondes.
"Bordel ! C’est mon baptême de tremblement de terre !
J’en avais jamais ressenti avant ! "
La secousse est assez forte pour réveiller Kolia qui me regarde en souriant et qui déclare " Ziémlié triasiénié ! " avant de ressombrer dans les bras de Morphée.
Ah oui, pour le lecteur qui ne parle toujours pas la belle langue des frères Bogdanov je précise que Kolia vient, fort à propos, de dire " tremblement de terre ! ".
Tout ceci semblant complètement normal et fréquent je m’endors en faisant abstraction également de ce sale goût de renvois acides que j’ai depuis quelques heures et qui ne présage rien de bon !


olive31
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

2 octobre 2007 à 12:53 · modifié par olive31 le 18 octobre 2008 à 0:43
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12. Malade !

La sieste terminée je me prépare pour rejoindre le vieux kirghize puis je fait mes adieux à Kolia et à sa petite famille (il n’a que 4 enfants !).
Je quitte donc mon buveur de vodka mais non sans lui avoir auparavant abandonné toute ma cargaison de kalbaci (fromages en forme de saucisses et au gout fumé) qui ne me servira plus et pour le remercier de l’accueil dans sa maison.
Comble de gentillesse, il voulait me les payer.
Je me sépare sans regret de cette nourriture étant, pour le moment, sans le moindre appétit mais plutôt sur le point de vomir ...

Dans la belle maison du faucheur kirghize je touche à peine ce qu'on m’incite à avaler.
Quand même, je fais l’effort par politesse, de manger un peu de kéfir car me dit-il, c’est bon pour ce que j’ai.
Bon ou pas bon toujours est-il que je me cramponne comme je peux lors de la descente vers Dombrachi pour ne pas subir la piste cahoteuse et pour gérer mon mal être nauséeux.
Je ne suis plus là, pâle et concentré sur moi, je ne discute pas avec lui et il doit me trouver bien rustre de pas faire la causette !
Arrivé à Dombrachi j’ai juste la force de charger mes sacs sur un vélo qui passait par là (c’est le cycliste qui s’arrête pour m’aider) afin de venir m’échouer chez le seul habitant que je connaisse ici : le passant qui m’avait invité alors que je faisais du stop l’autre jour.
Dans la cour de sa maison, sous un grand pommier il y a une de ces petites plate-formes à baldaquins sur lesquelles on peux prendre le thé ou dormir et qui sont si fréquentes en Asie Centrale. (nom ?)
Je m’y affale en m’excusant et en disant que j’ai besoin de dormir un moment, je sens que j’arrive au moment critique de ma gastro.
D’ailleurs je n’ai pas le loisir de vraiment dormir mais juste le temps de me lever pour vomir tout mon quatre heure dans un fossé près de la maison.
Soulagement !
Quatre heure qui n’est pas perdu pour tout le monde...

En effet, le chien de la maison qui dormait non loin de là se lève et s’approche du fossé tout en me regardant d’un œil inquiet pour voir si je ne vais pas l’engueuler de tenter de voler de la nourriture.
Je ne peux pas m’empêcher de rire en le voyant lapper goulûment mon vomi en même temps que l’eau du fossé et en me jetant des regards craintifs .
Ca mange vraiment n’importe quoi les chiens !

Là où je cesse de rire et qu’en même temps une explication à ma gastro commence à s’étayer dans mon esprit, c’est au moment où la jeune fille qui s’occupe de tout dans cette maison vient rincer des tasses de porcelaine directement dans l’eau du fossé à l’endroit même où j’ai tout dégobillé et là où le chien vient de boire.
Evidemment vous avez déjà deviné qu’il s’agit bien des tasses dans lesquelles on va servir le thé en l’honneur de ma venue d’ici deux à trois minutes…
C’est sûr, les tadjiques ne sont vraiment pas faits comme nous et ont une notion de l’hygiène vraiment déroutante ou, pour le moins, différente de la notre en occident .
Mais bon, ça va mieux, je décline le thé et avale quelques bonbons avant de passer la nuit dans cette maison une fois de plus accueilli comme si j’étais un parent de la famille.


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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

3 octobre 2007 à 2:37
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Tire la langue... J'ajoute mon nom à la liste de tes lecteurs admiratifs !

(C'est exact... les chiens mangent vraiment n'importe quoi... et là-bas, la vaisselle se fait vraiment n'importe où !)

Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)

catherineGil
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

3 octobre 2007 à 2:58
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C'est sur, la gastro c'est pas marrant, mais c'est un régal de te lire.

Tatchen. Tatchen ces petites plateformes à baldaquins qui servent à tout, dormir, manger, se reposer, bavarder, en Asie Centrale.

Bon, je suis impatiente de lire la suite.Tire la langue

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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

3 octobre 2007 à 4:14
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C'est aussi délicieux de vous lire que doit l'être la dégustation d'un Halva ! well done


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Re: [catherineGil] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

3 octobre 2007 à 4:15
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Mais là où est Olive, il me semble bien que c'est plutôt un tcharpoï le tatchen...


olive31
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

3 octobre 2007 à 5:33 · modifié par olive31 le 18 octobre 2008 à 0:49
  Répondre

 
13. Construction d’un bannia

Le lendemain et alors que je suis toujours un peu patraque je trouve facilement une place à bord d’un Kamaz en provenance d’Osh au Kirghizstan.
Juste avant de quitter Dombrachi je laisse au maître des lieux mon kilo de sucre et mes saucisses à la viande de boeuf/poulet pour le remercier de son accueil (de retour sur Dushambe, je n'aurais pas besoin de tout ça et la chaleur risque de les avarier).

Le trajet n’est pas bien long pour le retour jusqu'à Djergatal et j'indique au chauffeur du Kamaz où me déposer au bord de la route.
Je reconnais bien les abords du seul lieu qui me soit familier ici :la maison de Ravshambek.
Avec tout mon bardas, je pousse le vieux portail fatigué de la maison.
Les enfants et les femmes m’accueillent avec étonnement, ils me croyaient parti vers les sommets pour au moins 3 semaines et voilà que je réapparais déjà.
Si je reviens dans cette maison c’est pour rendre la dizaine de gros nans que la femme de Ravshambek avait tenu à me préparer elle-même pour mon périple en altitude.
Le maître des lieux n’est pas là pour le moment, je voudrais aussi le voir pour lui raconter mes malheurs et pour qu’il me dise si un de ses voisins n’a pas prévu par hasard d’aller sur Dushambe aujourd’hui.
Alors qu’on m’invite déjà à m’installer pour manger j’explique que je ne suis pas trop en forme en ce moment mais que par contre s’ils ont un petit coin douche quelque part je suis preneur pour pouvoir me laver un peu.
Ma question semble les gêner, en fait il n’y a pas de coin douche ici, le bannia est démoli depuis quelques temps et ils prévoient justement d’entamer sa construction ces jours-ci.
Aussi je me douche sous un arbre au fond du jardin à l’aide d’un bidon d’eau froide en bordure du champ de " kartochka " familial, incontournable aspect des maisons tadjiques de province.
C’est spartiate, je suis pied nus dans les patates mais propre et rasé de frais avec le spectacle de la vue sur le sommet de " Pierre 1er " juste en face.
Comme rien ne presse en Asie Centrale et que je me fais assez bien à cette façon de voir les choses, je décide d’attendre le retour de Ravshambek qu’on me dit imminent.
Celui-ci rentre alors que je commencais à somnoler et je l’informe sur mon séjour à Deepchar. Il est très curieux de savoir comment je me suis débrouillé pour monter là-haut et qui j’ai rencontré.
Apparemment il connaît tout le monde dans ce coin car quand je cite des noms il s’esclaffe et me répète " haracho, haracho ! ".
Il me dit alors de rester ce soir chez lui car demain matin il connaît quelqu’un qui va sur la capitale et qui me prendra pour un bon prix.

Il n’est même pas midi, nous discutons puis arrivons à parler du bannia détruit que nous sortons voir par nous même.
Un gros tas de terre sèche se trouve en lieu et place du futur bannia.
Cette terre provient des murs de l’ancien, trop vieux, qu’ils ont réduit en petites mottes et déjà les enfants se remettent au boulot en continuant de concasser les mottes de terre.
Avec Ravshambek nous allons alors dans le village pour dévier le cours d’un ruisseau à l’aide de petits barrages de terre et amener l’eau à la maison.
Normalement cette eau arrose les champs de patates mais là elle va servir à arroser le tas de terre afin d’arriver à en faire une boue ni trop molle ni trop dure qui servira de matière première.
C'est la grande arrosade à coup de seaux d'eau ! Les enfants sont excités par le chantier et ne se font pas prier tandis que les filles ramènent des pommes du verger pour encourager tous les bras.
Je me joins à l’équipe et nous travaillons efficacement, la terre prend une consistance de pâte à modeler, on la piétine pied nus pour l’étaler en une grande galette.
Puis à l’aide d’une bêche on découpe le front de ce gâteau en petites briques malaxables qui sont alors transportées de mains en mains par une chaîne humaine (Ravshambek, ses enfants, les voisins et moi !) pour construire les murs.
On ne peut pas monter plus de 50 cm car il faut laisser sécher l’ensemble avant de poursuivre sur une autre rangée mais la première fournée de briques ainsi montées donne une idée de ce que sera cet espace une fois terminé.
Ce labeur nous occupe jusqu’au soir.
Tout le monde est content et pendant ce temps les femmes nous ont préparé un plof délicieux servi dans un grand plat en bois dans lequel nous piochons directement avec les mains, tous réunis sur les tapis et alors qu’à la télé la chaîne nationale " tojikiston 1 " nous donne les dernières informations sur le pays.
On y voit bien souvent le président et son nom est répété un maximum de fois :
" Emomali Rharmon par-ci, Emomali Rharmon par-là ". Il semble aimé de son peuple.
Puis une émission culturelle nous montre les chants et danses traditionnelles d’un autre pays dans le pays : le Pamir (ou GBAO).
C’est là-bas que je vais poursuivre mon voyage dans quelques temps.

Précisions :
Le plof est un plat à base de riz/légumes/viandes/huile très simple et très bon.
Les patates (kartochka) sont réellement présentes dans toutes les maisons du Tadjikistan.
Dans ce pays il n’y a pas d’eau courante dans les maisons (même aux abords immédiats de Dushambe) mais un système de sources (tuyaux métalliques recourbés vers le sol que l’on trouve disséminés dans les rues) ou bien tout simplement un système de ruisseaux d’irrigation qui coulent dans des fossés au bord des rues et dans lesquels les enfants boivent dès le plus jeune âge sans trop se poser de questions. C’est cette eau qui sert à préparer le thé et la cuisine en général.  

Image attachée:

construction bannia.JPG - Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale
Image postée par le membre olive31 dans la discussion «Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale».


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Re: [cupda] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

3 octobre 2007 à 10:53
  Répondre

 

Citation Mais là où est Olive, il me semble bien que c'est plutôt un tcharpoï le tatchen... Citation


Rire ha ! J'ai du mal entendre le mot que m'avait indiqué Sobir, le chauffeur qui nous avait conduits au lac de Aydarkul ! Ce qui n'aurait rien d'étonnant, puisqu'il a fallu que je rentre en France pour savoir que le lac en question ne s'appelle pas Aïdakul mais Aydarkul avec un ou deux ll selon les auteurs .

Donc tchapoï bien, je vais de ce pas corriger dans mon blog merci Tire la langue

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Re: [catherineGil] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

3 octobre 2007 à 11:07
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Non, non, ne corrige rien. Tu étais en Ouzbékistan il me semble ? L'ouzbek n'ayant rien à voir avec le tadjik, un tcharpoï ouzbek est sûrement un tatchen si c'est ce que tu as entendu...
Mais Olive était-il chez un tadjik vraiment tadjik ? Les frontières sont floues dans ce coin...


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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

3 octobre 2007 à 15:50 · modifié par olive31 le 18 octobre 2008 à 1:00
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14. Un nouveau plan

(le lendemain matin)
En cadeau d’adieu je laisse mes 5 kg de Halva même pas déballés du carton à Ravshambek et sa famille.
Le sac de riz qui me sert à trimballer toutes mes victuailles de montagne commence enfin à s’alléger un peu.
Mais bon, j'ai également le gros sac de matériel et celui, plus petit, de tous les jours.
Tout ça est bien encombrant et le coffre de la vieille Lada Jiguli qui me ramène sur Dushambe est plein à craquer car je ne suis pas le seul à bord à avoir des bagages.
Je m’ accoutume aux séances de "collé-serré" en compagnie des autres passagers et la poussière ambiante me gêne moins depuis que je remonte mon tee shirt sur le nez en guise de filtre à air .
Je m'autorise même une p’tite clopette locale à chaque pause, je taxe ou on me taxe, c’est selon.

Pauses :
Il y a en réalité les pauses voulues, comme les arrêts pipi du chauffeur ou lorsque nous croisons une source d’eau minérale en bord de route ou encore quand il est l’heure de se délasser et de manger un petit bout sur l’une de ces fameuse plates formes à baldaquins (je vous laisse trouver comment ça s’appelle) qui bordent les routes et qui sont en fait des tables de restos routiers, si on peut dire.

Mais il y aussi les pauses pas vraiment voulues mais si fréquentes :
- arrêts chauffe du moteur / arrosage du radiateur : près d'un ruisseau, on ouvre le vase d'expansion et on donne une douche au moteur et au radiateur à l'aide d'un seau !
- les casses de courroie d’alternateur : attendre qu'un véhicule arrive en espérant qu'il ait une courroie ou qu'il aille en chercher une au prochain bled,
- les crevaisons : assez rapide à condition d'avoir une roue de secours...
- la chauffe de la pompe à essence : technique particulière (voir plus bas) !
- plus rare, la bougie encrassée ou noyée : démonter, passer dans la poussière et souffler...

Etant très amateur de mécanique moi-même c’est toujours avec grand intérêt que je viens mettre mon nez dans tout cela et prêter main forte dans la résolution des problèmes.
Par contre j’avoue que je ne connaissais pas la technique de la touffe d’herbe+ terre mouillée que l’on applique comme un cataplasme sur la pompe à essence des UAZ pour qu’elle reste au frais : de vrais écolos ces tadjiques !

Un autre truc marrant c’est de voir à quel point les gens de ce pays sont économes et soucieux de préserver nos énergies fossiles.
En effet à chaque descente un peu longue le chauffeur coupe le contact, la voiture avance en roue libre et tandis qu’elle perd de la vitesse dans la prochaine remontée au point de vraiment se traîner et de faire naître en vous une certaine lassitude, le conducteur enclenche une vitesse pour redémarrer et c’est reparti jusqu’à la prochaine descente…
En Asie Centrale je vous l’ai déjà dis rien ne presse, faut pas s’affoler on arrive toujours à bon port.
Il est vrai que le prix du litre d’essence est compris entre 2.50 et 3 somonis selon le coin où l’on se trouve. Pour nous cela reste raisonnable mais pour eux c’est un budget.---

Bon, encore une fois je digresse et j’oublie de vous dire ce qui occupe mon esprit depuis l’échec de mon approche en mule de "Moskvina" .

Je sais que deux amis vont arriver ces jours-ci sur Dushambe dans le but de gravir un sommet du Pamir moins élevé que le groupe Korjenevskaia/Communisme et plus accessible .
C’est leur première expé !

Au départ nous devions être ensemble pour ce voyage mais des difficultés pour se libérer et un accident de dernière minute pour l’un d’eux a obligé à tout reporter de leur côté.
Je suis impatient de voir où ils en sont en ce moment, et j’espère bien pouvoir me regreffer à eux pour la suite de ce voyage.
Je suis également curieux de savoir quelle montagne de quelle région ils visent.
J’ai tout le matériel, des vivres en quantité et ça serait dommage de ne rien tenter ailleurs, le pays comptant un bon paquet de sommets assez élevés à se mettre sous la dent.

De retour à Dushambe un mail m’informe qu’ils ne seront là que dans une semaine et qu’ils pensent aller voir du côté des montagnes qui bordent la vallée du Wakhan (côté Tadjique bien sûr car l’autre est en territoire Afghan !).
Jérôme, que je connais depuis peu, est un passionné de la région, son rêve serait de pouvoir aller un jour en Afghanistan et il possède même quelques rudiments de farsi ce qui, ajouté à mes petites connaissances dans la belle langue de Dostoïevski, risque d’être bien pratique .
Rendez-vous est pris pour leur arrivée.

En attendant j’informe Abdhulwahid (chez qui je suis revenu à Dushambe pour cette nouvelle nuit) de mes futurs projets et de mon départ le lendemain en direction des monts Fan.
Je souhaite faire une randonnée dans ces montagnes durant quelques jours pour attendre l’arrivée de Jérôme et Nicolas dans la capitale.
Puis on ira tous les 3 faire un p’tit tour dans le Pamir (GBAO) .
Abdhulwahid est content pour moi, lui qui n'a jamais mis les pieds dans les mont Fans ni même au Pamir, et il est très intéressé par tout ce que je lui raconte de mes journées passées du côté de Djergatal.
Il fait les gros yeux en écoutant l’histoire de Kolia et de la vodka et m’affirme qu’un tel comportement n’est pas digne d’un bon musulman .
Il me rappelle que je suis ici chez moi et que demain il me trouvera un voisin pour m’emmener à la cimenterie de Tsemendzavod d’où partent les véhicules pour le nord du pays et les monts Fans.
Pour l’heure on se goinfre du gros raisin qui pousse sur les treilles contre la maison, une pastèque est sacrifiée en même temps que le thé, tout le monde à soif et ces victuailles sont idoines par la touffeur qu’il fait sur Dushambe.
Les enfants décident de me surnommer « Umar » d’après un personnage du Coran mais n'ayant aucune connaissance de la religion musulmane je ne peux donc pas voir à qui ils font référence.
Ils tiennent à me faire écouter de la musique puis à passer un film ( Mr bones ) qui fait bien rire tout le monde.
Encore une bonne journée en compagnie des gens de ce pays de plus en plus sympathiques !

Note : malgré leur pauvreté évidente la plupart des tadjiques ont le portable, la télé et le lecteur de DVD.  

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Re: [cupda] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

4 octobre 2007 à 4:29
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Citation Non, non, ne corrige rien. Tu étais en Ouzbékistan il me semble ? L'ouzbek n'ayant rien à voir avec le tadjik, un tcharpoï ouzbek est sûrement un tatchen si c'est ce que tu as entendu...
Mais Olive était-il chez un tadjik vraiment tadjik ? Les frontières sont floues dans ce coin... Citation


Rire, Trop tard aussitôt dit aussitôt fait ! En plus, c'est joli tcharpoï, c'est un mot qui me plait bien, ca fait langue de Cholokhov ( tiens, un qu' Olive n'a pas encore cité Clin d'oeil ) et comme Sobir est un tadjik qui nous parlait Russe ..... je ne serais pas étonnée d'avoir mal compris, ou mal transcrit . Davaï pour tcharpoï !

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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

5 octobre 2007 à 7:30 · modifié par olive31 le 15 octobre 2008 à 8:24
  Répondre

 
15. Ca goudronne !
Levé de très bonne heure et conduit par un voisin d’ Abdhulwahid jusqu’à la cimenterie de Tsemendzavod je commence à chercher un véhicule en partance pour Ayni ou Khojand au nord du pays.
Je ne sais pas quel genre de touristes fortunés sont passés avant moi par ici mais les prix que l’on m’annonce sont tout simplement surréalistes (et en dollars s’il vous plait).
Les Tadjiques seraient-ils les même que dans certains pays trop touristiques ?
Est ce à cause de la popularité du lac Iskander Kul que beaucoup de touristes vont voir ?
Je ne me laisse pas démonter pour autant en expliquant que je connais les tarifs et qu’il ne faut pas me la faire. En tout cas pas à ce point.
Comme ils persistent et sont solidaires entre eux pour pigeonner l’étranger occidental que je représente, je décide de ne pas perdre mon temps et mon énergie et de quitter les lieux pour me mettre au bord de la route et faire du stop.
Avant même d’avoir posé mon sac, un curieux qui m’avait observé en train de batailler avec les taxis me rattrape et me propose la dernière " place " inoccupée de sa voiture au prix que je voulais.
Top là, c’est parti !
La petite Lada est déjà pleine de femmes et d’enfants, et le coffre déborde…qu’à cela ne tienne, mon sac est ficelé sur le toit de la voiture et, sans ménagement pour ces dames, je me bourre contre elles pour pouvoir claquer la portière.
C’est parti, et ça roule bien.
Etonnant mais pourtant bien réel, la route est goudronnée de frais.
Je comprend très vite après quelques échanges avec le chauffeur qu’en ce moment au Tadjikistan, les routes principales sont en train d’être améliorées par les chinois.
Du matériel arrive tous les jours depuis l’extrême ouest de la Chine et le Kolma Pass, de gros camions dévalant lentement la route du Pamir jusqu’à Dushambe, chargés de bulldozers et de matériel de génie civil.
En effet nous ne tardons pas à voir ces chinois très appliqués à construire de petits murets le long de la route ou à manœuvrer des engins estampillés d’idéogrammes qui traduisent leur provenance.
Les Tadjiques ont l’air contents que les routes se construisent mais ils ne semblent pas aimer tellement les chinois pour autant (j’en reparlerai).
Sans doute ces derniers les prennent-ils de haut avec leur richesse et leur savoir faire.

16. Petits mensonges
Le voyage se poursuit, interrompu régulièrement par les nombreux chantiers disséminés le long de la route de Khojand.
Je fais connaissance avec les autres passagers très curieux en apprenant que je suis " frantsouz ".
Encore une fois interrogé sur mon statut marital et le nombre de mes enfants je répond " qu’elle " travaille pendant que je voyage et que nous n’avons pas encore d’enfant.Ah bon ? ! Mais c’est pour quand ?Heu, quand je rentrerais…Ah, c’est bien !
Plusieurs fois embarrassé par ce genre de questions (systématiquement posées) lors de précédentes rencontres l’astuce du petit mensonge est une façon simple d’échapper à une enquête approfondie et à une proposition de mariage avec une cousine ou une petite sœur de la famille.
En effet on m’a déjà demandé si je cherchais une femme et, aux grands sourires qu’on me faisait, je crois qu’il y avait réellement possibilité de prendre épouse au Tadjikistan .

17. Une traversée des Monts Fan
Succédant au goudron tout neuf, la route redevient bien pourrie, nous mangeons de nouveau la poussière mais le spectacle vaut le coup d’œil.
Gorges, rivières impétueuses, col en altitude, vue sur les montagnes…tout ceci au rythme de la musique locale qui sort du vieux radio cassette.
Je me sens en famille du fait du manque d’espace et parce que ces femmes me donnent à boire ou à manger tout ce qu’elles peuvent.
Voyage éprouvant et peu confortable mais voyage tellement agréable en même temps !
Après quelques heures dans cette voiture me voici au départ du circuit que je projette de faire sur 4 ou 5 jours : rejoindre à pied le village de Zimtut.
Pour ce faire il me faudra remonter la rivière Pasrud Daria et passer plusieurs cols, bref une petite traversée des monts Fans.

Je ne vais pas raconter par le détail cette randonnée mais juste vous donner quelques infos :
chiens de bergers : nombreux troupeaux de chèvres gardés par des bergers et leurs patous (qui tenteront de me bouffer plusieurs fois !) : méfiance donc, par contre les bergers sont supers sympas (ils maitrisent les patous !), carte du Lonely Planet sur les Monts Fans : elle est fausse et je me suis mis dans une drôle de situation en pensant pouvoir passer d’une vallée à l’autre par un col qui en réalité ne se gravi que d’un côté (l’autre côté est un éboulis raide donnant sur des barres rocheuses. Il a donc fallu remonter ce sale pierrier !)les pic enneigés de 5000m : Moskva, Energia, Chimtarga et bien d’autres : belles possibilités d’ascensions sur certains sommets devenus classiques, fréquentation : quelques alpinistes ou grimpeurs par ci par là sinon on est seul sauf un spot très touristique au dessus d’Artush avec des groupes de trekkeurs et des mules surchargées. J’ai ainsi posé ma tente un soir près d’un groupe de la Balaguère qui transportait une bouteille de pastis ! Là, j’ai pas refusé, c’est quand même meilleur que la vodka ! (Bise aux 2 suissesses si elles me lisent !).
En fait beaucoup de touristes viennent s’aérer ici après un tour en Ouzbékistan où ils visitent les belles villes sous la chaleur. Pendjikent et la frontière sont juste à côté.Permis de trek : en venant par la vallée de la Pasrud Daria, aucun permis demandé . Il paraît qu’il en faut un si on arrive directement par Artush.

Bref les Monts Fans peuvent sans aucun doute faire l’objet d’une visite un peu longue (randonnée ou ascensions de certains sommets), les villages (abricotiers en abondance) non touristiques qui se trouvent aux abords de ces montagnes sont peuplés de gens très accueillants.
En montagne il y a de très beaux lacs turquoises encadrés par des forêt de gros genévriers (thurifères ?).


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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

6 octobre 2007 à 13:42 · modifié par olive31 le 15 octobre 2008 à 8:32
  Répondre

 
18. En route vers le GBAO

Parvenu au village de Zimtut je fais du stop pour rejoindre la ville de Pendjikent .
Là, je suis une fois de plus hébergé !
Rien que par ce que je suis français on m’emmène voir le prof de langues du coin qui est sans doute un des très rares tadjiques capables de parler notre belle langue de Molière et ce dernier tiendra absolument à me garder chez lui pour parler français.
Et il parle très bien notre langue ! Impressionnant !

Le lendemain, un long trajet en Volga collé-serré me ramène sur Dushambe.

Là, je m’empresse d’aller consulter ma boite mail pour avoir des nouvelles de Jérôme et Nicolas.
Ils sont déjà arrivés au Tadjikistan malgré ce qu’ils m’avaient dis et j’apprends qu’ils sont sur le point de prendre l’avion pour Khorog dans le Pamir.
Ils n’ont pas fait d’excentricités comme moi au début du voyage et sont descendus à l’hôtel Varch où je me dépêche d’aller faire un tour .
Chance, je les trouve dans leur chambre, scotchés par la chaleur et apparemment fatigués d’avoir du lutter pour obtenir leur place dans le petit avion.
Ils ne partent que demain.
Nous convenons de nous retrouver à Khorog.
Eux iront en avion et moi par la route.
Une heure de voyage par les airs et environs 21 h par la route du Pamir…

De retour au 9ème kilomètre, chez Abdhulwahid, je prépare mes affaires, informe la petite famille de l’arrivée de mes camarades et les préviens que je ne reviendrais à Dushambe que pour prendre l’avion de retour en France d’ici 3 grosses semaines/1 mois.
Je leur laisse en dépôt mes billets d’avion et des affaires inutiles et le lendemain matin très tôt je me rends au départ des véhicules qui roulent vers le Pamir dans l’espoir de dénicher un transport au meilleur prix. C'est un grand parking avec plusieurs marshroutkas ou des UAZ, chacun cherche à obtenir le meilleur prix pour la meilleure prestation, je me fais aiguiller par un père de famille sympa qui lui part vers une autre destination.
J’ai de la chance, une marshroutka n’attendait plus qu’un dernier passager pour partir. Mes sacs sont calés à l’arrière et je prends place à bord, toujours collé-serré mais cette fois-ci contre une vraie beauté…ça commence bien !

Le voyage sera très éprouvant (21h00 de piste poussièreuse et de jambes enkilosées sans vraiment pouvoir dormir) mais encore une fois je tombe avec des gens supers.
Un gai luron fait rire tout le monde, ça chante et ça danse (avec la tête et les bras à la mode orientale), la nuit je me retrouve avec deux beautés qui me prennent pour un oreiller ou leur dou-dou dans leur sommeil…bref, malgré les pannes et la promiscuité, j’arrive à Khorog au cœur du GBAO sans encombre et sans avoir été contrôlé.
Ne désirant qu’une chose (dormir) de même que la plupart des passagers alors qu’il est à peine 5h00 du matin, je suis invité (je me répète !) à suivre une dame avec qui je faisais la causette durant le voyage et à qui j’ai donné de l’aspirine pour lui faire passer son mal de tête.
Sa maison est de l’autre côté de la rivière Gunt et une plateforme à baldaquin occupe son jardin, sous des abricotiers et des pommiers, c’est là qu’on m’installe une couche avec une grosse couette.
Je dors au moins deux heures en rêvant à cette nuit de marshroutka un peu spéciale.
J’ai donc une 3ème famille d’accueil au Tadjikistan après celle de Dushambe et celle de Djergatal !
Khorog se trouve à l’endroit où les rivières Gunt et Pyanj se rejoignent, la ville est agréable.
L’Afghanistan est juste de l’autre côté de la rivière, le ciel est d’une grande pureté, ce voyage jusqu’ici donne l’impression d’être arrivé dans un nouveau pays et en effet c’est un peu le cas.
Me voici enfin dans le «Badakshan» encore appelé plus simplement « Pamir » ou « GBAO ».
Les gens parlent une autre langue qu’à Dushambe mais celle, très belle, de Rimsky-Korsakov est encore pratiquée ici comme dans tout le pays !  

Image attachée:

marshroutka.JPG - Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

7 octobre 2007 à 4:01 · modifié par olive31 le 15 octobre 2008 à 8:34
  Répondre

 
19. Khorog, un petit paradis !
Khorog est une petite ville dans laquelle je me sens tout de suite à l’aise. Ses dimensions, son jardin botanique à l’abandon sur les hauteurs de la ville, les ponts suspendus qui traversent la Gunt pour relier les deux parties du gros bourg et bien sûr le spectacle toujours ravissant des femmes dans leur tuniques colorées : tout ça me plait.
On peut picorer et se régaler pour quelques somonis, le bazar est bien vivant.
Glaces, clopes, fruits, samosas et jus de fruits, rien de tel pour aller ensuite faire le zouave en altitude !
La maison des 3 soeurs Maïna, Salima et Azima où je suis hébergé est proche du centre. Elles fabriquent ici un pain délicieux en forme de cake qui, trempé dans la confiture d’abricot liquide au moment du thé est un moment de pur bonheur .
Le genre d’endroit qui s’approche de l’idée qu’on peut avoir du paradis : de belles femmes qui s’occupent de votre bien être dans un jardin avec des enfants et des fleurs le tout mollement allongé sous les tentures du lit à baldaquins .
Leurs maris sont absents, un en déplacement à Dushambe, un parti en Russie pour un an de travail dans le bâtiment et le dernier dans les champs de blé jusqu’à la nuit.
Navruzbek, qui comme moi se fait chouchouter par ces femmes (c’est le grand fils de Salima), m’emmène pour repérer la ville : bazar, banque, KGB, OVIR, le bureau de poste pour l’accès internet…
J’en profite pour lire les nouvelles de Nicolas et Jérôme : ils sont biens arrivés, ont fait leur complément d’achat de vivres de course au bazar et pensent être au départ des marshroutkas qui montent en direction de la vallée de Sokhdara demain matin vers 7h00.
On essaiera d’approcher deux sommets du Pamir qui se trouvent plus haut dans cette vallée au dessus de Roshkhala et non loin de Javshanguz : le pic Engels et le pic Karl Marx que nous surnommons les " Marx brother " !
Je suis impatient d’y être !  

Image attachée:

lit à baldaquins.JPG - Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

7 octobre 2007 à 4:56 · modifié par olive31 le 15 octobre 2008 à 8:46
  Répondre

 
20. Un trajet incertain : Khorog - Javshanguz

Vers 7h30 Jérôme et Nicolas débarquent près du bazar avec leur gros sacs, nous trouvons assez vite une marshroutka pour Roshtkhala et entamons un longue et belle piste qui doit nous mener, si tout va bien, jusqu’à Javshanguz où nous dormirons ce soir.
Je sais (pour l’avoir lu dans ce forum de voyage) que le permis GBAO peut parfois être incomplet et que la mention " Roshtkhala " n’y figure pas forcément.
Le hic c’est que c’est bien là que nous allons !
Je demande à Nico et Jérôme de me montrer leur permis et avec déception je vois qu’ils n’ont pas obtenus la même chose que moi auprès de l’ambassade tadjique de Vienne…
Pourtant il me semble que nous avions fait la même demande.
On verra bien, maintenant qu’on roule avec les gros sacs on tente le coup !
Effectivement ça ne loupe pas, au niveau du contrôle des passeports à Roshtkhala, les autorités locales remarquent que je suis le seul à être en règle.
Jérôme bredouille un peu de farsi, moi je bégaie dans la belle langue de Kasparov et à force de palabres, de sourires et d’argumentations, nous parvenons à être pris en sympathie par ces " uniformes " (habillés en civil sauf peut être une casquette).
Le fait que je sois en règle semble jouer en notre faveur.
Sympathie toute relative car Jérôme et Nicolas devront quand même se délester de quelques somonis en guise de bakshish …
On a bien failli rentrer sur Khorog pour faire de nouveaux permis ce qui nous aurait coûté un temps précieux (Jérôme et Nico n’ayant que trois semaines sur place).
Tout contents de reprendre place dans la marshroutka et de poursuivre notre chemin sur la piste qui devient de plus en plus belle et sauvage nous commençons à lacher un peu de pression et à nous sentir à présent libres comme l’air.
Après quelques heures nous parvenons à Javshanguz où le chauffeur nous emmène vers une belle maison de style Pamiri dans laquelle on nous assoit pour le thé.
Ici on nous sert le " chir tchoy " (thé+lait+sel) et de grands bols de kéfir qu’on nous pousse à finir.
Nicolas qui a l’estomac barbouillé depuis son arrivée à Dushambe est au supplice devant ces boissons si gentiment offertes.
Jérôme se fait un devoir de bien vider les bols et d’encourager Nicolas qui, tel un gamin qui n’a plus faim, se force malgré son état à finir ces breuvages exotiques et suspects, ce qui me fait bien rire. Mais chapeau, c’est courageux dans son état !
Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour respecter les traditions et ne choquer personne !
Les maisons pamiris sont superbes : en terre avec un toit plat, spacieuses et peintes en blanc.
La charpente en une petite oeuvre d’art avec le fameux " chor rona " qui est une succession de 4 carrés concentriques permettant d’ouvrir une sorte de " vélux " dans le toit.
La photo de l’Aga Khan est bien en vue (ici nous sommes en terre ismaélienne).

Photo ci dessous : une marshroutka arrive en soirée au village de Barshid situé après Javshanguz.
Le chauffeur a été trop optimiste et un tracteur va arriver pour sortir le véhicule de la rivière.
Tout le monde prête son aide et nous aussi !  

Image attachée:

marshroutka !.JPG - Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale
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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

7 octobre 2007 à 6:16 · modifié par olive31 le 15 octobre 2008 à 8:43
  Répondre

 
21. une expédition sur le Pic KARL MARX dans l’esprit des pionniers

Javshanguz est environnée de montagnes pelées et arides, il fait gris ce jour-là et un vent fort nous fait ressentir de façon assez hostile la nature sauvage qui entoure la belle maison. Une piste effacée et un pont nous conduisent au petit village de Barchid où nous passons la nuit dans la première maison rencontrée, accueillis encore une fois comme il se "doit" au Tadjikistan !
Nous expliquons notre projet au maître des lieux et donnons rendez-vous au chauffeur de la marshroutka pour dans 10 jours. Le projet est simple : nous avons besoin de deux mules pour approcher les " Marx brother " .
Nous resterons là-bas quelques jours puis il faut que les mules reviennent nous chercher . Ca ne pose aucun soucis et le tarif que l’on nous propose pour 2 mules accompagnées par 2 enfants de la famille est dérisoire.
C’est ainsi que le lendemain matin de bonne heure nous arnachons 2 belles et vaillantes mules de nos gros sacs de montagne et des sacs de vivres.
Les mules sont dociles et les deux enfants-guides qui nous accompagnent s'installent confortablement sur leur arrière-train.
Ils sont tout fiers de leur job et veulent tour à tour essayer de prendre des photos avec l’appareil de Nico, marcher avec les bâtons télescopiques ou porter nos petits sacs de la journée.
Mais assez vite ils reprennent place sur leur mules et nous continuons à pied à remonter un beau fond de vallée verdoyant.
Nous voilà en marche pour tenter une ascension dans l’esprit des anciens : sans carte précise, topos ou photos des lieux où nous nous rendons. Nous avons juste la carte générale du Pamir (1cm = 5km) pour repérer quelle vallée semble la plus propice à nous rapprocher des frères jumeaux (Engels et Marx).
Après douze kilomètres et une traversée à gué assez facile nous parvenons à une grande prairie peuplée de quelques gros blocs erratiques et occupée par de nombreux yacks à la démarche nonchalante.
Nous décidons de stopper ici, de l’eau coule à proximité et l’herbe sera parfaite pour accueillir les tentes. Nous baptisons l’endroit " camp de base des yacks " !
Tout en buvant un peu du thé de notre thermos et en grignottant quelques biscuits, nos deux jeunes guides nous regardent monter nos abris et déballer notre mystérieux matériel de montagne .
Puis ils reprennent la route après que nous ayons convenus du jour où ils doivent revenir.
De notre côté, soucieux de préserver l’essence de notre réchaud, nous ramassons autant de bouses de yacks sèches que nous pouvons et allumons un feu contre un des gros blocs.
Ce moyen de faire la cuisine est très efficace et nous pouvons bientôt ingurgiter nos premières soupes chinoises et notre première platée de riz au pémican .
Le soir arrive vite, les yacks peu farouches broutent à quelques mètres des toiles de tentes et la vue sur les faces nord des pics Engels et Marx est superbe.
Nous scrutons de loin les barres rocheuse, les séracs, les crevasses, les pentes de glaces et tentons de nous projeter sur les lieux pour estimer l’inclinaison, l’exposition au danger, la faisabilité de tel ou tel passage.
Au pied de cet amphithéâtre monumental nous restons admiratifs et perplexes .
Nous sommes très isolés ici et nos seuls voisins sont ces yacks plein de longs poils sur le ventre !
Gravir un des 2 Marx brothers ne semble pas gagné du tout et rien ne dit que nous réussirons tant les faces sont raides et impressionantes…  

Image attachée:

mules.JPG - Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale
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Oublieuse
Rennes, France

Photo/image personnelle du membre Oublieuse.

Description de la photo/image: Un bel homme face à de belles montagnes kurdes, Sirnak


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Re: [olive31] Tadjikistan: coup de coeur en Asie Centrale (en réponse à...)

7 octobre 2007 à 11:29
  Répondre

 
tiens je n'aurais pas cru que les Bretons et les Tadjiks avaient un prénom féminin en commun: Maïna Sourire

Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
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