Découvrir les Bardenas est aussi l'occasion de visiter, chemin faisant, quelques autres lieux de la
région de Navarre.
Après (ou avant) l'univers naturel et minéral du désert, on peut ainsi s'intéresser au patrimoine et à quelques traditions régionales.
Un bref aperçu avec nos quelques visites dans les environs :
L'Ermitage de Nuestra Señora del Yugo
Ce
sanctuaire dédié à la Vierge est un important lieu de pèlerinage de la région, le principal qui attire une foule de fidèles à lieu chaque année le 1er dimanche d'octobre.
Il y aurait eu en ces lieux une apparition de la Vierge... une dalle placée devant l'édifice y fait référence.
L'église est le résultat d'une construction ayant débuté au XVIIe siècle pour s'achever au XVIIIe.
Cet ermitage est situé à seulement 4 kms au nord d'Arguedas comme il est perché sur un point élevé à 477 mètres, il constitue un superbe
belvédère sur la Bardena Blanca. Un bon complément de visite avant de quitter le secteur, idéal pour une dernière vision du site.
D'ailleurs un mirador a été installé en surplomb de la falaise afin de bénéficier du point de vue.
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Tudela
Cette ville de 35 000 habitants est la principale agglomération à proximité des Bardenas, à environ une vingtaine de kilomètre au sud est. C'est aussi la seconde cité de Navarre après
Pampelune.
On peut y faire étape lors d'une visite dans cette région, vous l'aurez compris, c'est ce que nous avons fait.
La
vieille ville peut faire l'objet d'une balade parmi les ruelles étroites autour de la
Cathédrale Santa Maria : architecture romane XIIe siècle, porche remarquable comme certains encadrements de fenêtres des ruelles attenantes.
Cette cathédrale a été construite avec les pierres de l'ancienne mosquée de la ville... En effet, la cité était auparavant sous domination musulmane, elle a été fondée en 802, à l'époque Amrus Ben Yusuf en était le gouverneur.
Retour, en nocturne, sur la
Plaza Fueros au centre de la ville. On connaît l'animation traditionnelle des soirées dans les villes d'
Espagne. Là, en ce soir de septembre la place était quasiment déserte... comme dans le désert des Bardenas !
Autrefois se déroulaient ici des corridas comme en témoigne les décorations murales des façades avec ces scènes de tauromachie.
Après la nuit noire... retour de la lumière, un autre jour débute avec un lever de soleil entre collines et éoliennes des environs de
Tudela... que nous quittons en direction d'
Olite.
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Olite
Presque à mi parcours entre
Tudela et
Pampelune, la petite ville d'
Olite (3 500 habitants) vaut la peine d'y faire une halte.
La place centrale Plaza Carlos III El Noble est pittoresque avec ses élégantes façades et son joli point de vue sur Le monument de la cité : le
Palais Royal.
C'était autrefois un des sièges du royaume de Navarre à l'époque de Charles III... de Navarre. L'architecture de ce palais ou/et château est pour le moins hétéroclite avec toutes ces tours de différents styles où le gothique domine mais en partie seulement.
La construction du palais a débuté au XVe siècle pour se voir compéter ensuite... jusqu'à une profonde rénovation effectuée au siècle dernier. Un édifice d'abord défensif qui au fil du temps s'est transformé en un plus confortable lieu résidentiel.
La
Calle Rua Mayorest la principale rue de la vieille ville, étroite et bordée de constructions toute en hauteur.
Tiens, amusant et original ce vélo et cette petite remorque rencontrés lors de notre flânerie. Là, ce n'est pas le chien qui tire l'attelage comme un traîneau mais le chien qui se fait se fait balader... et il a l'air d'apprécier !
C'est la mi-journée et les cartes des petits restaurants sont invitantes. L'occasion de goûter aux spécialités locales avec pour débuter une assiette de jambon de pays et d'asperges... les cultures maraîchères sont une des principales productions de la région et l'asperge en particulier.
Le tout arrosé comme de bien entendu par un vin rouge local, la vigne étant elle aussi très présente dans cette région rurale.
On le constate, les rues d'
Olite sont pavoisées en ce mois de septembre, les Fêtes médiévales son en cours de préparation.
Par endroits des hommes fixent des panneaux de bois devant les portes d'entrée et au bout de la rue des barrières ont été dressées... c'est sur ce parcours que va se dérouler un fameux « e
ncierro ».
Ce sont ces drôles de courses où les taureaux déboulent en furie dans le centre ville précédés par de téméraires coureurs... mais attention aux chutes et aux coups de cornes !
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Pampelune
Si il est bien une ville où les « encierros » sont renommés, c'est bien
Pampelune. Chaque année, début juillet la liesse populaire est au rendez-vous durant les fêtes de la
San Fermin, saint patron de Navarre.
Des festivités qui attirent une foule nombreuse et enthousiaste, on parle de la participation de près de trois millions de joyeux fêtards ! Ce serait même le troisième rassemblement festif au monde par le nombre de ses visiteurs après le Carnaval de Rio et la fête munichoise de la bière, c'est tout dire !
La
San Fermin, une fête religieuse à l'origine dès le XIe siècle, populaire et commerciale maintenant et surtout célèbre pour ses corridas et ses
encierro.
En plein centre ville, une œuvre de bronzes sculptés honore ces fameux
encierro. Bien que figés, ces taureaux et ces hommes dégagent une impression de dynamisme. On admire la belle réalisation du sculpteur basque Rafael Huerta... et là, aucun risque d'être bousculé ou chargé par un de ces imposants taureaux.
Nous allons maintenant parcourir le trajet de l'
encierro (enfin une partie), c'est à dire celui qu'empruntent les taureaux à travers la ville les jours de corridas. Ce parcours parmi les rues de la vieille ville mène des enclos où sont parqués les taureaux jusqu'à l'entrée des arènes.
Mais aujourd'hui, qu'on se rassure, aucun taureau déchaîné n'est lâché dans les rues. Non, la longue et rectiligne
Calle Estafeta est parfaitement calme.
Les jours de corridas, pendant les festivités de la
San Fermin, déboulent ici des taureaux particulièrement excités... à l'image de tous les coureurs de ces
encierro de folie. Ce sont des centaines de personnes qui tentent un challenge de dingue... courir au devant des taureaux !
Emportés par leur enthousiasme, certains (malchanceux ou inconscients ?) terminent la course piétinés ou même pire, encornés par un bovidé ! En effet, chaque année il y a des accidents, c'est ainsi !
Sans être un aficionado des corridas, poursuivons notre découverte de l'univers taurin si cher aux habitants de
Pampelune.
Le tracé de l'
encierro nous a donc mené
Plaza de toros à l'entrée donc des célèbres
arènes de la ville.
Nous allons donc suivre la visite chronologique des lieux avec des audioguides, comme des moutons... ou plutôt comme des taureaux puisque nous pénétrons dans l'enceinte par la grande entrée : celles ou passent les taureaux à l'issu de leur cavalcade en ville !
Des arènes aux dimensions impressionnantes construites en 1921 puis agrandies en 1966. Les gradins peuvent recevoir jusqu'à 20 000 personnes !
Des tribunes aujourd'hui vides mais qu' on imagine pleines à craquer d'aficionados chantant, criant et applaudissant le « spectacle » (façon de parler) du combat entre le toréador et son taureau...
Lors de la visite, Il faut se rendre au centre de cette arène totalement silencieuse ce jour. Cela permet d'apprécier son étonnante acoustique : il suffit de chuchoter ou d'un simple claquement de doigts pour entendre le son s'amplifier et résonner dans l'enceinte.
Après le devant de la scène, le parcours de la visite vous mène dans les coulisses : enclos des taureaux et pièces réservées aux toréadors, là sont exposés les fameux habits de lumière, tout en paillettes. Il y a même une chapelle pour des prières avant l'affrontement.
Une autre salle rassemble des affiches de corridas puis un célèbre taureau mais naturalisé et permet également d'assister à une projection de films :
encierro et corridas... mais que des scènes «
light », plus pour mettre à l'honneur la tradition taurine régionale que pour montrer les mises à mort des taureaux ou même les accidents. Montrer et partager, oui, mais sans choquer le visiteur !
Juste à côté des arènes, trône un buste, celui d'un homme très célèbre. Il n'était pourtant ni toréador ni espagnol mais écrivain et même Prix Nobel de littérature en 1954.
Il s'agit de l'effigie d'
Ernest Hemingway. Venu à
Pampelune pour le compte d'un journal canadien en juillet 1923, l'écrivain s'est pris de passion pour la ferveur de ces fêtes de la
San Fermin.
Ainsi, par ses écrits, il aura été un des auteurs qui a fait la renommée des
encierro et autres corridas de
Pampelune.
L'histoire dit qu'il aimait particulièrement retrouver ses amis passionnés de corridas et autre toréadors dans le Café Iruña qui se trouve en ville, là, la fiesta battait son plein !
Hemingway est connu comme auteur mais aussi comme un globe-trotter infatigable... Quand on voyage de part le monde, on rencontre parfois (souvent) son souvenir. Ainsi je me rappelle de la «
Bodeguita del medio » de
La Havane à
Cuba, ce bar où Hemingway appréciait paraît-il ses petits Daïquiri ou encore je me souviens avoir vu la belle demeure coloniale où il a séjourné en
Floride à Key West...
Pampelune, n'est pas seulement une localité taurine....
Il fait bon continuer la balade dans le centre ville parmi les ruelles étroites du côté de la cathédrale ou encore vers la grande
Plaza del Castillo bordées de terrasses de cafés très animés...
Notre périple espagnol est sur le point de s'achever... mais il nous faudra encore une bonne heure et demi de route à travers les vallées verdoyantes de Navarre pour atteindre la frontière et nous retrouver de l'autre côté, en
France à Hendaye.