Je hais les frontières!
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
MO
Au jour d'aujourd'hui, je devrais être tranquillement installée dans mon compartiment du train partant de Kars (Nord-Est de la Turquie) et se rendant à Istanbul. Je devrais être en train d'admirer le paysage, quelque part aux environs d'Erzurum. Avant Erzurum si le train a du retard, après Erzurum s'il est à l'heure 😛.

Mais non... Je suis à Yerevan, à tuer le temps dans un cybercafé, à tenter d'appeler l'ambassade de France qui sonne occupé depuis une heure, et comme c'est l'heure de midi, je ne suis pas sûre qu'elle soit ouverte, et pas envie de me casser le nez, dans la chaleur lourde de ce tout début d'après-midi en Arménie.

Hier matin, à 6h30, toute guillerette de partir en mini-voyage de deux semaines, pour rendre visite à mes amis d'Istanbul, faire la surprise à mon mari qui y atterrit dans dix jours et ne sait pas que je viens le chercher, retrouver mon frère qui est sur la route, et faire le trajet en voiture Istanbul-Yerevan tous ensemble, toute guillerette disais-je, je me lève, m'habille, n'arrive à rien avaler en raison de mon ventre noué par l'excitation, laisse un mot à mes amis, pique deux bananes dans le frigo pour le trajet. Le but, c'est de traverser la frontière Arméno-Géorgienne par la route qui se rend de Gyumri à Ahalciha (petite ville géorgienne, qui est aussi la ville natale des parents de Charles Aznavour 😎), puis de traverser la frontière turco-Georgienne par Posof, petit poste frontière perché dans les montagnes, et pas très fréquenté par les transports paraît-il.

Les rues ne sont pas aussi désertes que je l'eûs cru, à cette heure matinale. Les Arméniens, sont donc plus travailleurs qu'il n'y paraît. J'arrive en métro à l'endroit d'où partent les marshutnis pour Gyumri. On m'indique la bonne, qui attend de se remplir pour partir. A l'intérieur, deux trois bonnes femmes, avec qui j'entame une discussion. Et d'où tu es? Tu es arménienne de France? Non, Française? Et tu parles arménien? Si bien en seulement 4 mois? Maladiets! De fil en aiguille, je leur explique mon trajet. Alors j'apprends qu'il existe des marshutnis directes pour la Géorgie passant par la frontière qui m'intéresse. Je commence à vraiment apprécier de connaître l'arménien, même s'il me restent beaucoup de progrès à faire, car il commence vraiment à me faciliter la vie. Je ressors de la marshutni après les avoir remerciées pour le renseignement, et demande aux chauffeurs d'où partent ces marshutnis pour Ahaltsiha. L'un d'entre eux m'explique comment m'y rendre, et finalement vient attendre avec moi la bonne marshutni pour m'emmener à la gare routière centrale. Mais c'est qu'ils sont sympas ces Arméniens de bon matin! Hop, en route pour Kilikia Aftokayan (gare routière). Arrivée là-bas, un taxi essaie bien de me décourager de prendre une marshoutni, mais je suis bien trop près de mes sous, et puis les chauffeurs de taxi arméniens sont un peu pénibles avec les étrangères seules... Je m'assois dans ma marshoutni définitive. Il y a là deux femmes avec leurs enfants, et une jeune Arménienne de Géorgie qui aussitôt qu'elle me voit m'invite à m'asseoir à côté d'elle. Nous entamons la discussion, re-compliments sur mon niveau d'arménien, re-étonnement que je ne sois même pas arménienne de la diaspora. Le chauffeur, plutôt jovial, m'explique que le terminus est à Ahalkalag, et qu'ensuite j'ai une correspondance pour Ahaltsiha.

Nous finissons par décoller à 8h40, car le chauffeur attendait une autre personne qui s'est laissé désirer. Sur le trajet, je continue à copiner avec ma voisine de banquette. Elle a 28 ans, non-mariée, vit en Géorgie dans la partie arménienne, ne parle pas le géorgien car elle utilise le russe lors de ses visites à T'bilissi. Nous échangeons nos contacts, elle promet de m'aider une fois à Ahalkalag, et aussi d'appeler une de ses connaissances à Ahaltsiha pour m'aider à trouver un transport jusqu'à la frontière de Vale. Vraiment une bonne journée qui commence, moi qui m'inquiétais un peu de peut-être devoir faire du stop seule dans un pays dont je ne parle pas la langue, me voilà bien rassurée!

Quelques km avant la frontière, Ruzanna demande à voir mon passeport, par curiosité. Après qu'elle l'ait regardé, j'en profite pour regarder la date exacte d'expiration de mon visa. C'est fin mai, pensé-je, mais quand? Et là, petit coup au coeur... la date inscrite sur mon visa est le 7 Mai, noir sur vert... Mince! Ils vont me raquetter à la frontière pour mes jours de retard, et je n'ai vraiment pas trop d'argent avec moi, 295 dollars exactement. J'en parle à ma voisine, elle me conseille de ne rien dire, et d'essayer de négocier s'ils disent quelque chose. On croise les doigts toutes les deux. Je suis un peu stressée, car ça m'embête vraiment de devoir payer ce surplus, mais je me dis qu'il doit bien y avoir moyen de marchander.

En attendant, nous montons de plus en plus haut en altitude, avec les pluies journalières qui durent depuis un mois, tout est vert tendre, les montagnes d'Arménie me donnent toujours aussi chaud au coeur. Dehors il fait très froid par rapport à Yerevan. Arrivés à la frontière, nous descendons pour aller présenter nos passeports. La frontière est minuscule, à haute altititude. Nous avons froid dans nos pulls, et le vent souffle pas mal. Il y a deux baraques en bois, l'une pour la sortie, l'autre pour l'entrée en Arménie. Pas d'ordinateur. Le douanier est assis derrière une petite table et note tout sur un grand cahier, et derrière lui on voit tout un tas de bazar entassé (une porte, des planches de bois...). Mon tour arrive. Et ça ne loupe pas, il me dit qu'il y a un problème, mon visa est périmé. Je fais celle qui vient de le découvrir, on demande qu'est-ce que je dois faire. Il donne mon passeport à son supérieur, qui ne rigole pas du tout, ne me jette même pas un coup d'oeil. Ils discutent en arménien, je comprends mais pas vraiment tout. On finit par m'expliquer que je dois revenir en arrière, à Yerevan. Je demande pourquoi on ne peut pas régler ça à la frontière, pourquoi je ne paie pas pour "rallonger" mon visa (j'ai oublié le mot en français...). Je commence à comprendre qu'il va vraiment falloir que je fasse marche arrière, et là, vraiment je ne m'attendais pas à ça. Je commence à sentir les larmes me monter aux yeux. Je me dis, vas-y laisse les venir, on sait jamais, ça peut toujours aider.

J'insiste, plaide ma cause en expliquant que je suis volontaire en Arménie, que je sors pour rerentrer, mais rien à faire, les douaniers qui m'entourent n'ont aucun pouvoir, il n'y a que le chef qui peut quelque chose, et le chef n'en a rien à foutre de ma gueule. Et comme je suis pas du genre à proposer des backchichs... Effondrée, en particulier à cause de ma très courte nuit (étant sortie la veille histoire de profiter un peu des bars de Yerevan, qui ne sont pas légion dans la petite ville où j'habite, et surtout pas tard le soir pour les filles), on me fait asseoir dans une pièce avec deux lits. Un gars recopie des registres, j'en profite pour mettre mon portable à charger, appeler ma coordinatrice à Yerevan. Un des douniers m'apportent des bonbons pour me consoler, d'autres me posent des questions, un autre encore me propose du café... Bon ben au moins, pleurer n'aura pas servi qu'à me foutre la honte :-)

Ils arrêtent une marshutni en sens inverse pour qu'elle me remmène à Yerevan, ils me disent que je n'aurai pas à payer pour le trajet retour. Bonne nouvelle!

Dans la marshutni, tout le monde sait que je viens de me faire refouler, ils compatissent. Je reste un peu dans mon coin, pas envie de recopiner, j'étais bien moi à côté de Ruzanna, à penser à la suite de mon trajet, et à profiter des beaux paysages en sens aller... En sens retour, je les trouve moins amicaux, mais ils réussissent quand même à me faire un peu chaud au coeur. Nous nous arrêtons pour la pause. Je me mets à une table à l'extérieur. Un couple d'Arméniens de Géorgie vient s'asseoir à la même table. Ils ne me parlent pas, mais la femme coupe une pomme en deux, et m'en donnent la moitié 😮. Je ne m'y attendais pas. Puis elle me donne un bonbon, puis nous commeçons à discuter. Elle est très gentille, et me fait elle aussi plein de compliments sur mon niveau d'arménien. Décidément, je trouve ces arméniens de Géorgie bien plus chaleureux que les arméniens qui peuplent les marshoutnis que je prends régulièrement pour aller à Yerevan depuis mon bled. Ca me rappelle alors mon premier trajet en Géorgie, lors de mon arrivée depuis la Turquie. Une dame m'avait aussi spontanément nourrie de pommes, avant même de découvrir avec étonnement que j'étais étrangère.

Depuis le début j'entends dire que la Géorgie est vachement plus accueillante que l'Arménie, mais je me refusais à y croire sans connaître. Mais je commence à me demander si ça n'est pas tout simplement vrai.

Cette chaleur humaine dans cette journée décevante m'a beaucoup touchée, car au bout de 4 mois en Arménie, ça commence à vraiment me manquer. Ici à part ma famille, personne ne fait vraiment d'efforts pour m'intégrer. Mais revenons à nos moutons.

Arrivée à Yerevan, j'enchaîne directement pour me rendre à l'OVIR (administration qui s'occupe des visas). Ma coordinatrice, Anna, m'y attend. Nous allons revoir cette dame malaimable à qui nous avions eu affaire lors de mon arrivée. Le prototype même de la fonctionnaire bornée.

Et là, dans leur discussion en arménien, je comprends un truc qui me démoralise encore plus, mais n'étant pas sûre d'avoir bien saisi, je demande à Anna de traduire. Elle m'explique alors, qu'il n'est pas possible de prolonger (ah, ça y est, j'ai retrouvé le bon mot 😏) le visa en payant les jours du séjour "illégal". Pour sortir du pays, ça n'est plus l'OVIR qui s'occupe de moi à présent, mais il faut qu'ils envoient mon "dossier" à la Police, qui décidera (après un délai d'une semaine 🤪), de combien je dois payer. A la suite de quoi, il me faudra quitter le territoire dans les cinq jours, et ne plus revenir en Arménie durant une année. Et si je ne quitte pas le territoire durant ces cinq jours après le "verdict", alors c'est de 5 années de "banissement" dont il s'agira... Là, le ciel s'écroule, et je me dis que ces Arméniens sont complètement frappés du ciboulot.

Je sors du bureau car je sens les larmes revenir. Décidément c'est le déluge aujourd'hui...

Je suis en SVE en Arménie, donc volontaire européenne, donc ici officiellement, et pour autre chose que du tourisme. Mais depuis le début, ce sont des complications bureaucratiques pour avoir un visa correct, rien n'est proposé pour me faciliter les choses, c'est pourquoi nous avions donc choisi de prendre un visa touristique et de me faire sortir et entrer autant de fois qu'il serait nécessaire. C'était sans compter mon incapacité génétique à regarder une date inscrite sur un visa.

Pas de voyage en Turquie, alors que j'en rêvais depuis deux mois, et peut-être plus de SVE du tout. Et surtout, confirmation officielle que les étrangers ne sont définitivement pas bienvenus dans ce foutu pays à la noix. On dirait la France, ma parole 😠. A un détail près. En France tous les ans des milliers, des millions de gens viennent pour émigrer, travailler, voyager, visiter, étudier. Tandis que le monde entier se fiche profondément de l'Arménie et des arméniens, et que ces derniers ne sont même pas fichus d'accueillir sympatiquement les rares personnes qui s'intéressent à leur pays et à leur culture. Que ce soit officiellement ou dans la vie de tous les jours.

Je sature de la mentalité arménienne, de les entendre se plaindre, ressasser le génocide et se comporter en éternelles victimes. Il est temps qu'ils aillent un peu de l'avant. Ceci étant dit, ce qui est bien c'est que je peux me mettre dans la peau d'un étranger venant en France 😄

Voilà, j'avais envie de partager mon p'tit malheur de la semaine, vu que je n'ai pas grand-chose d'autre à faire. A mon tour de me plaindre un peu, non mais! Ceci étant dit, je vous conseille de visiter l'Arménie, ses montagnes sont magnifiques, et les Arméniens sont vachement plus sympas avec les touristes de passage 😛
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonjour Oublieuse,

! Je t'imaginais en train de traverser les paysages anatoliens...🙂

"Pour sortir du pays, ça n'est plus l'OVIR qui s'occupe de moi à présent, mais il faut qu'ils envoient mon "dossier" à la Police, qui décidera (après un délai d'une semaine 🤪), de combien je dois payer. A la suite de quoi, il me faudra quitter le territoire dans les cinq jours, et ne plus revenir en Arménie durant une année"

Est-ce à dire qu'il ne te reste qu'au plus une quinzaine de jours à rester en Arménie ? Pas d'alternatives ?

Bon courage.🙂

Catherine
LA Laptitmarie Veteran ·
Et bien, quelles péripéties !!!

J'espère que l'on trouvera une solution administrative. Avec un peu de bonne volonté de leur part, cela ne devrait pas être si difficile que ça....🤪

Je t'envoie plein de bonnes vibrations.
Balades autour de la boule : Inde, Bangladesh, Turquie, Népal, .. Récit Bangladesh Récit Inde 2001
CU Cupda Veteran ·
Le récit de tes trajets en marshrout me rappelle de sacrés souvenirs : c'est vrai que les gens sont sciés de voir un non-arménien se débrouiller dans leur langue.

Pour le reste, j'espère pour toi qu'il y aura moyen de s'arranger : en s'appuyant sur les bonnes personnes et en jouant des raisons de ton séjour, tu peux peut-être faire pencher la décision en ta faveur. Mais c'est vrai que la bureaucratie arménienne est rude. On croise les doigts !!
LA Lahaut Veteran ·
🙂tu portes bien ton pseudo "Oublieuse" de regarder son passeport!! Tu ne dois t'en prendre qu'a toi même car un visa c'est assez important pour savoir quand on doit quitter le pays !!Si tout le monde faisait comme toi alors à quoi cela sert un visa ? (surtout si on dépasse la date d'au moins 15 jours ) L'Armenie (que je ne connais pas) ne doit pas être un pays "sous-developpé" mais il y a des lois et des régles à respecter comme dans n'importe quel autre pays et il est normal de respecter celles ci . Pour moi le respect des régles et des lois d'un pays est le premier devoir d'un étranger qui y rentre pour le visiter ou y travailler !
Heureux qui, comme Lahaut, a fait un beau voyage ! 100 photos de Birmanie, Yemen, Ethiopie, Namibie, Philippines, Bolivie, Inde, Tanzanie, Indonésie, Ouzbékistan-Turkménistan, Oman, Madagascar, Nouvelle Zélande, Bulgarie https://get.google.com/albumarchive/114337581313320762314
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour Oublieuse...

C'est embêtant ton histoire....

Franchement, j'ose à peine le dire de crainte d'être jugé de parti-pris, les Arméniens ont depuis longtemps - depuis la nouvelle indépendance du pays en 1990 - une très très mauvaise réputation en matière d'accueil des étrangers et des voyageurs ; c'était, est-ce peut-être encore, le seul pays sans doute au monde à exiger que les gens déclarent... leurs alliances en or.... 🤪

Dans ton cas il reste sans doute a essayer de faire intervenir la hiérarchie sur ton lieu de VSE.

Ah, oui... On proroge un visa.

Bon courage, tiens-nous au courant ici.

Michel
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour,

"Pour moi le respect des régles et des lois d'un pays est le premier devoir d'un étranger qui y rentre pour le visiter ou y travailler !"

Ouais... Tu as sans doute un peu raison, mais ce serait délicat d'attendre qu'elle ait résolu le problème et qu'elle ait trouvé une issue pas trop douloureuse pour lui faire la morale.

Michel
NA Naps Globetrotter ·
Tu as sans doute un peu raison, mais ce serait délicat d'attendre qu'elle ait résolu le problème et qu'elle ait trouvé une issue pas trop douloureuse pour lui faire la morale.

ben oui, la pauvre, faut quand meme voir que son trip est tombe a l eau et qu elle se retrouve dans une situation plus qu inconfortable avec peut etre depart premmature du pays, retour en france avec tout ce que ca implique etc... par contre oublieuse, fais gaffe a l avenir, il y a des pays ou ce genre de choses sont tres graves et/ou tres couteuses. par exemple, la chine ou la thailande, 10 euros par jour d overstay. l indonesie, 20 euros. multiplie par 15 jours... dans certains pays tu peux meme te faire deporter aux frais de l ambassade, c est a dire qu ils te collent dans le 1 er avion qui part pour la france, au tarif plein pot bien sur, et ensuite tu rembourses l ambassade le prix d or qu a coute le billet. enfin bon, je ne veux pas te faire la morale non plus et donc il ne me reste a te souhaiter bonne chance, j espere que ca s arrangera et connaitra une fin heureuse ou disons satisfaisante...
http://lespetitshommesmoustachus.blogspot.com/
MO Montagne666 Veteran ·
Bonjour tout le monde 😎... je mets les lunettes de soleil car ici l'été est (enfin!) arrivé... ça fait du bien un peu de soleil.

Bon, pour la morale, je n'en ai pas besoin, je suis adulte, certes handicapée de l'organisation, de l'anticipation et avec une mémoire de poisson rouge, mais adulte quand même, et je sais bien que c'est de ma faute ce qui m'arrive... enfin seulement en partie.

Les fautifs dans cette histoire sont nombreux. En premier lieu l'Europe, qui a conçu le SVE mais n'est pas allée jusqu'au bout en vérifiant avec chaque pays partenaire ou voisin s'ils avaient vraiment mis en place un dispositif simple de visa. Deuxièmement, l'Arménie, qui depuis Décembre dernier n'octroie plus de carte de résident aux volontaires (avant c'était très facile, et pour la modique somme de 10 euros si j'en crois mes "collègues" volontaires). Troisièmement, ma coordinatrice, qui a eu la flemme (et je la comprends) d'entreprendre des démarches paperassesques qui n'étaient pas sûres d'aboutir afin de m'obtenir cette carte, et a donc opté pour le visa touristique sans sortie à renouveler deux fois en sortant du pays. Ce qui est une mauvaise solution, car du coup officiellement je ne suis qu'une simple touriste. En dernier lieu, moi, qui n'ai pas été rigoureuse. Et bien sûr, l'OVIR lors de mon arrivée ne m'a pas prévenue que la loi s'était durcie concernant les jours de retard (auparavant ils étaient payables à la frontière).

Merci pour votre attention, je crois que ça m'a soulagée de l'écrire quelque part, à présent j'attends le coup de fil du ministère de la jeunesse pour savoir s'ils peuvent faire quelque chose et le coup de fil d'un Arménien de l'ambassade française qui essaie de son côté de régler les choses avec le consul d'Arménie en France. Sinon, je quitterai l'Arménie. Bien sûr, je pourrais régler le problème vite fait bien fait en glissant un billet de 100 dollars dans la bonne poche. Mais je ne mets pas mes idéaux à la poubelle sous prétexte que je suis dans un pays corrompu jusqu'à la moëlle.

Personellement, que je reste ou non, ça me va. Si mon mari savait ça, il me dirait d'arrêter tout de suite les démarches et de rentrer avec lui dans un mois😄. Si je ne reste pas en Arménie, j'aurai un mois de vacances en Turquie, puis un autre mois en Algérie chez la belle-famille, puis retour à ma petite vie bien joyeuse de Rennes, les amis, la famille, franchement je ne m'en plaindrai pas...

Les Arméniens en tant que peuple ne sont pas très accueillants, alors les quitter ne me déchirera pas le coeur, même si j'ai commencé à créer des liens avec certaines personnes ici. De plus une partie de mon projet (création d'un site web pour la région où j'habite), est faisable depuis la France. En tous cas, je ne suis pas la seule imbécile à ne jamais ouvrir son passeport, une anglaise est aussi dans le même cas, mais la justice n'ayant pas encore statué sur son cas, il n'y a pas jurisprudence pour l'instant. Voilà! Une journée de repos permet de relativiser, et de prendre les choses plus à la légère.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
MO Montagne666 Veteran ·
Je crois que cette histoire va au moins me servir de leçon! L'étourderie, à force, on s'habitue, mais je crois que là cette bourde remplace l'ancienne au top 50 😛.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
BR Breizhat ·
Je vais souvent en Arménie car ma fiancée y habite. Bien entendu l'accueil qu'elle me réserve n'est pas objectif😎.

Mais l'accueil des HABITANTS reste exceptionnel... les habitants pris individuellement bien sûr.

Le problème vient des autorités et comme en France (et probablement dans beaucoup de pays) maintenant des petits chefs investis d'une once de pouvoir, qui se croient tout permis. Ma fiancée a pu expérimenter ceci en venant en France comme touriste (et je ne vous parle pas de quand elle va venir pour se marier avec moi, merci au nouveau gouvernement). Chance pour elle elle parle parfaitement français, ce qui impressionne généralement favorablement à la frontière française.

De même, au Kazakhstan par exemple, parler russe facilite énormément les problèmes.

La corruption est telle que tout est bon pour se faire quelques bakchichs! Au Kazakhstan il y a quelques années, on m'a demandé un "cadeau" parce que j'étais arrivé un peu juste pour prendre mon avion. J'ai fait semblant de ne pas comprendre le russe...

Ce qui est désolant avec l'Arménie, c'est cette impression d'un pays où les "oligarques" et leurs affidés s'en mettent plein les poches et où les habitants "normaux" n'ont qu'une envie: partir! Et le dernier qui partira est prié d'éteindre la lumière...

Et pourtant c'est tellement beau....

Allez, à samedi à Erevan!
NA Naps Globetrotter ·
tu as raison de rester cool, ca va bien finir par s arranger et puis comme tu as dit ca te servira de lecon, on fait tous des erreurs, ce st comme ca que nous apprenons, l essentiel etant de pas les faire deux fois!! bonne chance a toi au nom de la fraternite des voyageurs!!!
http://lespetitshommesmoustachus.blogspot.com/
NA Najette81 ·
En latin, on dit:

"Errare humanun est..." (Se tromper est humain ou L'erreur est humaine), mais on oublie souvent la deuxième partie (qui ne nécessite je pense aucune traduction...): "... sed perseverare diabolicum ."

😉

Bonne philosophie en tout cas, que tes réactions finales (rester zen).

Mais je pense que dans les "responsables", c'est toi la première, et aucune autre institution!! C'est trop facile de dire que c'est d'abord qqn d'autre qui est responsable de nos propres erreurs, comme je l'ai lu plus haut. ;)

Enfin, bon, moi je dis ça, j'dis rien, hein.

Bonne continuation de voyage en tout cas, et good vibes from Madinina!

Janette
Qui ne se plante jamais n'a aucune chance de pousser :)
MO Montagne666 Veteran ·
BIen sur que c'est de ma faute, ça je ne le nie aucunement. Mais tout de même rien n'a été fait pour faciliter les choses, alors que je suis ici pour faire du bénévolat, je n'ai pas dépassé mon visa pour me prélasser sur la plage, mais parce que j'étais à fond dans mon projet. En fait le problème avec les administrations, où qu'elles soient, c'est qu'elles sont inhumaines, c'est ça le plus dur en fait. Mais bon, c'est la vie.

Après quelques jours de blues, et de moral en dents de scie, à ne plus savoir si je voulais rester ou partir (car si je veux rester il y a encore de l'espoir) de suite, je me suis requinquée avec des potes iraniens, leur chaleur et hospitalité m'a fait beaucoup de bien. Car je persiste et signe, je ne trouve pas les habitants de l'Arménie beaucoup plus chaleureux que leurs administrations (bon j'exagère un peu quand même). J'ai remarqué que lorsqu'on est touriste, effectivement, l'accueil est très bon, et ils font tout pour t'aider. Mais s'installer est autre chose, et là, les portes s'ouvrent vraiment difficilement, la curiosité est absente etc... j'aimerais être la seule à avoir cette expérience, malheureusement, pas un seul des étrangers que je connaisse, quel que soit son âge, sa ville d'habitation en Arménie ou sa nationalité, qui ne dise à peu près la même chose que moi. Et encore moi j'ai appris la langue très vite. Mais bref, je ne vais raconter ma vie hein! Malgré tout ça j'aime l'Arménie, pour ses paysages, sa musique, mais hélas pas pour la mentalité générale (j'insiste sur "général", car bien entendu ensuite chaque personne est différente).

Bref, maintenant j'ai de nouveau très envie de rester, car il me reste beaucoup à voir et à apprendre, et j'espère bien changer d'avis par rapport à ce que je dis plus haut, car oui je suis optimiste et en cinq mois, tout est possible 🙂. Et puis plein de gens sont près à m'aider, et ça c'est chouette.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
MO Montagne666 Veteran ·
Ca y est, une solution a été trouvée, je vais donc rester en Arménie, et irai en Turquie normalement fin Juin, non plus pour aller accueillir mon mari, mais pour le raccompagner à l'aéroport. Voilà, maintenant j'attends qu'on me fasse payer mes jours de retard et qu'on me redonne un nouveau visa 🙂. Tout est bien qui finit bien.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonjour,

Voilà une bonne nouvelle.🙂

Il est indiscret de te demander quelle solution ?

Catherine
MO Montagne666 Veteran ·
Non pas indiscret, mais en fait pour l'instant je n'ai pas les détails. Le président de l'organisation qui est responsable de moi connait une personne de l'OVIR et a discuté avec elle. Normalement, pas de corruption au programme, car j'ai bien insisté sur le fait que j'étais totalement contre. Je donnerai plus de détails quand j'en aurai (et si j'en ai, car ça n'est pas tout à fait légal évidemment, vu que c'est du piston). A ce propos, je ne sais pas si le piston vaut mieux que la corruption...
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour encore....

"A ce propos, je ne sais pas si le piston vaut mieux que la corruption..."

C'est quasiment la même chose ; la contrepartie peut juste éventuellement ne pas être financière, mais celui qui recourt au piston reste l'obligé de celui qui l'accorde.

Michel
MO Montagne666 Veteran ·
🤪 Que c'est dur d'etre en accord avec ses principes...

Sinon, à propos de l'Arménie et des Arméniens... mon énervement contre moi-même et le reste du monde étant passé, j'aimerais mettre un peu d'eau dans mon vin concernant ce que j'ai dit plus haut. Malgré la difficile intégration en Arménie, j'aime beaucoup ce pays, et ses habitants ne sont pas des affreux méchants comme on pourrait le penser en me lisant. Il me reste cinq mois pour relativiser encore un peu plus, d'ici là, j'aurai peut-être une vision plus objective.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
FI Filtoche Regular ·
Un peu tard, bonsoir Tu disais, des bananes dans le frigo ? Étrange idée.
Filtoche
MO Montagne666 Veteran ·
Viens gouter a la chaleur armenienne et tu comprendras ;-)
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
MO Montagne666 Veteran ·
Relire cet épisode est instructif, et je suis heureuse d'avoir pressenti que l'Arménie ne resterait pas seulement un fruit au goût acide. J'ai bien fait d'insister. Je ne pensais pas un jour dire qu'il me serait difficile de quitter ce pays, et pourtant si. Concernant mon visa, aucune solution n'a été trouvée, l'arrangement en question ne constituait en fait qu'un "forfait" pour les jours de retard, en aucun cas la possibilité d'avoir un nouveau visa. Je suis finalement restée ici illégalement, et nous payerons mes jours lors de mon départ. Je n'ai donc pas pu ressortir du pays entretemps. Je ne sais pas jusqu'à quand je vais rester ici. J'attends un versement depui mon compte français sur mon compte arménien, en effet j'ai prévu de quitter le pays avant la fin officielle de mon projet. Mais à présent j'hésite, j'ai fini par m'y sentir bien dans ce foutu pays aux moeurs archaïques.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
MO Montagne666 Veteran ·
mardi 7 octobre 2008

Je suis finalement sortie d'Arménie. Après ces neuf mois passés là-bas, j'avoue que je ne réalise pas trop ce qui m'arrive. Je ne sais même pas si j'ai envie de voyager, je crois que j'ai très envie de recommencer ma nouvelle vie en France. Mais je devrais plutôt raconter ma journée à la douane, encore des péripéties intéressantes avec l'OVIR...

Donc, la semaine dernière, moi et Anna nous rendons au bureau de l'OVIR (administration de l'immigration) à Yerevan, pour régulariser ma situation afin que je puisse enfin sortir du territoire arménien. Cette fois, nous avons à faire à un bonhomme, dans un autre bureau. Anna lui parle, et je peux mesurer mes progrès car je comprends 90% de la discussion.

Il ne regarde même pas mon passeport. Il me dit que la procédure prend 15 jours à Yerevan, et 2h à la frontière. En voilà une bonne nouvelle! Il dit aussi qu'il faudra payer entre 50 et 100 000 drams (ce qui fait entre 100 et 200 euros). Mais que ce sera 50 000. Il appelle le poste-frontière pour leur dire quand je dois passer, me regarde et me demande quand, alors moi je dis une date au pif, le 6 Octobre, vu que mon projet finit le 5. C'est à dire dans 4 jours! Une fois sortie de l'OVIR, je me dis que ça va faire drôlement court, tout va aller soudain très vite. Ca me fera un peu stresser toute la soirée, mais finalement j'accepte l'idée de partir. Enfin avec un jour de retard quand même, car je voulais acheter un doudouk, mais par flemme je ne l'ai finalement pas fait... fidèle à moi-même.

Bref ce matin, après un trajet de 4h en micro-bus avec des Arméniens aussi peu causants que d'habitude, on arrive à la frontière géorgienne. Je passe devant et parle à un douanier pour lui expliquer mon cas. Ils sont tous super souriants et super aimables, me disent qu'il n'y aura pas de problème. A un moment, je crois même comprendre que ça ne sera qu'une formalité, mais voyant que ça dure, je demande si je dois prévenir ma marshoutka (micro-bus), que je ne vois plus, d'ailleurs...

"Oui oui oui, vous ne pouvez plus repartir en marchoutka maintenant, il y en a pour 1h30". OK. Bon je cours de l'autre côté de la frontière, ne vois pas de micro-bus. Je l'imagine déjà, parti, avec toutes mes affaires dedans... Mais non, heureusement, ils sont tous un peu plus loin côté géorgien à faire vérifier leurs sacs. J'embarque le mien, et oublie mes provisions de pommes du jardin et de pêches séchées que m'avait préparées Sona, snif.

Retour au poste arménien. J'attends encore. Finalement on me fait signe. Un jeune douanier tout en longueur m'explique que maintenant il faut aller voir le grand-chef des douaniers pour qu'il décide du montant de l'amende. Il me fait monter dans une lada Niva, et en chemin je lui explique que je n'ai que les 50 000 drams annoncés par l'OVIR de Yerevan. Il m'explique alors que ça n'est pas l'OVIR qui décide, mais le grand shtroumpf de la douane, et qu'il faudra lui expliquer tout ça.

Le trajet est long, je me demande jusqu'où on va aller.

On finit par arriver à un bâtiment blanc, neuf, avec un groupe de 4/5 personnes oisives en uniforme qui bouche l'entrée. A l'intérieur, c'est plutôt vide. On monte à l'étage, on entre dans un bureau, et dans un coin il y a un uniformisé en face d'un ordinateur. En passant derrière lui pour aller m'asseoir vu qu'on m'y a invitée, je découvre l'activité épuisante de notre bon fonctionnaire. Il joue à un jeu qui consiste à faire éclater des grosses bulles de couleur. Eh be ils ne sont pas débordés ici...

Pendant ce temps, mon escorteur m'explique qu'il faut écrire une déclaration. Il raconte aussi toute mon histoire au gars des bulles. C'est bien, j'ai pas besoin de répéter. Le bulleur appelle le grand manitou, le met au courant que l'OVIR a dit que c'était 50 000 et que je n'ai que ça avec moi. Alors l'autre au bout du fil dit que ce n'est pas à l'OVIR de décider, et que puisque c'est comme ça, eh ben pour cette fois ce sera 100 000, na!

J'appelle Anna. Elle manque de s'étrangler au téléphone. Je lui passe Bubulle pour qu'ils s'expliquent, ce dernier donne le numéro de Number One à Anna, raccroche. S'ensuit un silence bienfaiteur. La pièce est à température idéale, dehors le soleil réchauffe l'atmosphère. Dans le bureau, la quiétude est bercée par les clic-clic de la souris creveuse de ballons, le bourdonnement de l'unité centrale et le stylo de la seule personne qui travaille à 30 km alentours, à savoir mon jeune douanier qui s'occupe, lentement et paisiblement, mais sûrement, de mon cas.

Finalement, Anna me rappelle pour me dire qu'après discussion, le chef me fera la grâce de ne payer que les 50 000 drams annoncés, mais mieux vaut que je ne parle pas trop et rectifie les dires à propos de l'OVIR. Je dis Ok et je raccroche. Le ball-killer me demande ce qu'on s'est dit. Je réponds: "Votre chef a dit qu'on trouverait peut-être une solution - Mais alors c'est oui ou c'est non pour les 50 000 - Oh ben moi j'en sais rien, c'est pas moi qui décide..." Re attente. On entend les mouches se gratter les aisselles. Je me dis que je vais finir par m'endormir. Cette fois, le temps qui passe m'est totalement égal, je sais que je finirai bien par sortir de toutes façons, peu importe quand ni comment.

Aussi, on m'explique que pour payer, il n'est pas sûr que la banque de la douane puisse prendre mon argent, car la procédure est nouvelle. Et si c'était le cas, il faudrait que j'aille demain à Noyemberyan (parce que la banque de Noyemberyan ferme tôt, alors c'est trop tard pour aujourd'hui). Arf... "Et il y a des micro-bus pour Noyemberyan? - Seulement des taxis - Ah, et c'est loin? - Une 30aine de km" Waou, trop cool... Je me vois déjà en train de faire du stop pour aller payer mon amende. Absurde pour absurde, après tout...

Je somnole déjà, quand mon sérieux douanier me tend une feuille de papier, avec un texte en arménien au début, puis des lignes, comme sur les feuilles d'examens de la fac, pour écrire droit. C'est l'heure de ma dictée d'arménien. Je comprends mieux, maintenant, pourquoi il m'avait demandé si je peux lire et écrire l'arménien. Je me prête au jeu de bonne grâce. Il me dicte du jargon administratif. Il m'affirme que si je fais des fautes d'orthographe, c'est pas grave. Ah ben me vlà rassurée, moi qui me voyais déjà au cachot pour dyslexie...

En gros, j'écris un texte qui veut dire qu'on m'a mise au courant que je suis bannie du territoire arménien pendant un an et que je suis d'accord, et des trucs que j'ai pas compris. Mais c'est pas grave parce que de toutes façons je suis d'accord. Et vu qu'ils ne m'ont pas demandé mon numéro de compte, je pense que c'est pas la peine que je demande à faire valoir mes droits de citoyenne pour un interprète arménien-breton.

Finalement, Anna me rappelle pour me demander des nouvelles. Entretemps, le cliqueur fou a reçu un coup de fil qui disait que c'était bon pour les 50 000. Et aussi que c'est bon pour la banque de la douane. Que des bonnes nouvelles dites donc!

Plus qu'une demie-heure et je suis libre d'aller où bon me semble, me disent-ils. Enfin sauf en Arménie, évidemment...

On retourne au poste-frontière. Je poursuis comme un chiot la main qui tient mon passeport, et nous revoilà devant un des douaniers souriants du début. Il me dit que je n'ai plus qu'à payer mon amende à la banque, ensuite je donne 10 000 drams pour un nouveau visa (?) et c'est bon, je peux partir. Là, je le regarde de mon air gentil et fatigué, et je dis que je n'ai pas 10 000 drams (ouh la menteuse!) et que personne ne m'a dit que je devrais payer un nouveau visa pour pouvoir sortir.

Sur le moment, je me dis que c'est une arnaque. Bon, il me dit, comment on va faire alors? Moi, je hausse les épaules, j'en sais rien, je dis.

Ils continuent leurs paperasseries, moi j'attends à l'entrée du bureau. Finalement, il me rappelle, il remplit une fiche de visa. Je demande, qu'est-ce qu'on fait maintenant? Il me dit, attends. Me redemande si j'ai 10 000 drams. Je réponds non. Au pire, je me dis, j'irai faire semblant de changer des euros et je le ferai bien culpabiliser en lui disant que c'est l'argent de mon billet d'avion T'bilisi-Paris... si vraiment il s'avérait que je doive payer ce fichu visa qui va me servir à rien.

Il téléphone à quelqu'un, fait genre il plaide en ma faveur (franchement je ne sais toujours pas si cette histoire de visa était une tentative pour se faire 10 000 drams en douce, ou pas). Quelques minutes plus tard, il me fait signe de le suivre dans le bureau d'à côté. Il dit au gars qui est là (plutôt mignon, et qui avait déjà tenté au tout début de m'apater avec un café), que tout est en règle et qu'il peut me mettre le tampon de sortie. Suspense... j'attends dans le couloir. Le gars mignon ressort, va dans le bureau du premier, avec mon passeport. Je me dis mince, si ça se trouve ce truc de visa c'est vrai, et celui-là est du genre super intègre et ne veut pas laisser passer... Je prie.

Ouf, miracle, dix minutes plus tard on me rend enfin mon passeport, avec un magnifique et tant attendu tampon de sortie :-).

Il est 15h30, je suis arrivée à la frontière vers 12h30. Cela n'aura duré que 3h! J'ai eu l'impression d'y passer une éternité. Tous les douaniers qui sont là me font de grands sourires. Tu m'étonnes, une 'tite française perdue au milieu des mamies en fichu et des papis qui puent, avec qui on peut même communiquer vu qu'elle parle arménien, non c'est sûr ça ne doit pas leur arriver tous les jours.

Je patiente encore, au soleil cette fois pour raviver mon hâle, ben quoi, c'est pas parce que je suis une clandestine que je dois pas soigner mon bronzage!

On finit par me trouver une voiture pour m'emmener à T'bilissi. Mais franchement, un gros type, arménien, dans un 4*4 aux vitres fumées, et seul, ça ne me dit rien qui vaille. Sauvée, un deuxième douanier dit au premier qu'il a déjà une voiture pour moi. Une belle merco balnche, avec à son bord une femme et un enfant, le mari qui arrive. Ouf! Beaucoup plus rassurant!

Cette fois, ça y est, plus de langue commune, l'arménien ne me sert déjà plus à rien à peine la frontière passée. Même en totalisant 8 langues à trois avec mes chauffeurs, dur dur de se comprendre.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
LI Lilie82 Globetrotter ·
nuit nuit, 😉

wow!... ca pour des emmerdes de visas...

Ce que je ne comprend pas, c'est pourquoi c'a traine 5 mois entre le moment on "ils" se sont apercus que ton visa etait perime, et le moment ou tu es sortie du pays? j'ai loupe un de tes posts ou bien?

Profites de ton chemin retour vers ta jolie Bretagne!😉

Lilie

ps:1 mois apres etre sortie d'Armenie, ca ne te manque pas de frequenter les douaniers?...🤪😛
https://raconte-moi-l-irlande.com/ - Pour en découvrir toujours plus sur l'Irlande !
MO Montagne666 Veteran ·
En fait, c'est parce qu'une fois que tu régularises la situation, il faut sortir, s'en aller, bye bye... donc je suis restée illégalement pendant 5 mois, c'était la seule solution que j'avais pour rester. Non les douaniers me manquent pas trop, et puis il y a la jandarma turque pour les remplacer, je les vois tous les jours, même des fois plusieurs fois, et même des fois ils ne comprennent rien à mon passeport 😏 (mon passeport est tout à fait normal, je précise, mais bon les soldats turcs ne sont pas professionels, et sont rares à comprendre l'anglais).
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour encore...

' il y a la jandarma turque pour les remplacer, je les vois tous les jours, même des fois plusieurs fois, et même des fois ils ne comprennent rien à mon passeport (mon passeport est tout à fait normal, je précise, mais bon les soldats turcs ne sont pas professionels, et sont rares à comprendre l'anglais).'

il faut comprendre l'anglais pour lire ton passeport ? 🤪🙂

Ce sont des appeles tres souvent, et ils vivent souvent en... Allemagne ou aux Pays Bas.....

Michel
MO Montagne666 Veteran ·
Oui, ou alors le français... Non sérieusement, la dernière fois que j'ai été contrôlée, vraiment ils avaient l'air de poules qui ont trouvé un couteau... Malheureusement, nous n'avions aucune langue de communication. C'était bien la première fois que je posais problème en Turquie. A l'Est de la Turquie, je ne suis pas la seule à qui cela arrive, de tomber sur des soldats qui tournent le passeport dans tous les sens...
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour,

'A l'Est de la Turquie, je ne suis pas la seule à qui cela arrive, de tomber sur des soldats qui tournent le passeport dans tous les sens...'

Dans mon cas ils ont toujours recolte les papiers dans le vehicule pour les regarder dans une guerite... Donc je ne sais pas dans quel sens ils le tournaient !

Michel
CH Choucarde Globetrotter ·
Salut,

Bin j'ai bien rigolé de ton passage à la douane, en fait ça rappelle un peu l'Afrique, la lecture du passeport, les palabres, l'attente etc, ... et y a toujours moyen de s'arranger ! C'est bien raconté en tous cas... ++
Choucarde
MO Montagne666 Veteran ·
Oui, je crois que c'est presque dans le monde entier comme ça. Contente que ça t'ait fait rire :-). Moi aussi ça m'a fait sourire intérieurement au moment où ça s'est passé.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
LI Lilie82 Globetrotter ·
lol, j'adore les passeports bordeliques avec des tattoos dans tous les sens!😄

Suis sure que quand meme, te ballader en Europe et passer de pays en pays sur le chemin vers la Gaule, sans avoir a montrer ton code-barre aux postes frontieres, ca va te paraitre bien monotone maintenant...😛

Bon vent!

Breizhement,

Lilie
https://raconte-moi-l-irlande.com/ - Pour en découvrir toujours plus sur l'Irlande !
MO Montagne666 Veteran ·
Oui, enfın non, je crois que ça va pas me manquer, les contrôles militaires, je suis pas fan de ce genre d'exotisme 😕.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque

Similar discussions

You might also like