Carnet de voyage: Kashgar et nord Pakistan en été 2011
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WA
Ce carnet de voyage décrira mon voyage avec ma compagne dans cette région du monde injustement délaissée voire méprisée. Je le dis d’emblée, le Pakistan qui était le cœur du voyage nous a véritablement fascinés et nous voulons déjà y retourner !

Pourquoi le Pakistan ? Question qui nous a été posée des centaines de fois aussi bien en France qu’au Pakistan. C’est une question de feeling. Certains sont fascinés par l’Amérique latine, d’autres ne jurent que par l’Asie du sud est ou l’Afrique des Grands Lacs. Nous avons visité une partie de l’Asie centrale anciennement soviétique il y a deux ans et nous avons été sous le charme surtout du Tadjikistan. Nous sommes tous deux historiens et le passé de cette région nous a toujours beaucoup plu. Les paysages grandioses de montagnes du Pamir nous ayant conquis, ceux de du Karakoram et de l’Hindu Kuch ne pouvaient nous échapper plus longtemps. De plus, les contacts établis avec les habitants ont été si riches, bien plus qu’en Amérique latine, que nous voulions approfondir ce territoire. Les gens les plus adorables que nous ayons rencontrés furent les Ismaéliens. Le nord du Pakistan possède une des plus grandes communautés de l’Agha Khan du monde ! Tous ses ingrédients se trouvaient réunis pour faire un voyage extraordinaire. Et nous ne furent pas déçus. Bien sûr, il y aura toujours les indécrottables râleurs, les sceptiques et les obscurantistes. Je fus l’un d’entre eux donc je peux comprendre… Mais à partir du moment où nous avons décidé de nous engager dans ce périple, les pressions (dont le chantage, insultes et mensonges) que nous avons subies de la part de certains de nos proches furent insupportables. Certains se permettaient de critiquer en ne connaissant STRICTEMENT RIEN du Pakistan et n’écoutant pas nos arguments. Je pense que dès que nous nous sommes engagés dans cette aventure, nous aurions pu bénéficier d’un peu de soutien et de confiance. De plus, ce n’est pas notre premier voyage « bizarre », nous étions fortement documentés, ouverts d’esprit mais prudents et preneurs de toutes information sur la situation quitte à changer notre itinéraire. Je laisse la morale de l’histoire à un Pakistanais de Gilgit : il rencontre un Tchèque à Kashgar qui lui dit « T’es Pakistanais ? T’es un terroriste ! » Réponse : « Tu connais le Pakistan ? » « Non » ; « Je peux très bien dire que la République tchèque est un pays de terroriste, ça te fera plaisir ? » « Non » « Alors au lieu de dire n’importe quoi, viens avec moi, je te fais visiter mon pays et tu verras par toi-même ! ». Le Tchèque déclina l’invitation piteusement.

Le Pakistan est il un pays dangereux ? Non si on ne fait pas n’importe quoi. Nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité, jamais. Le nord, donc la région Gilgit Baltistan est tranquille. Les habitants sont extrêmement accueillants, les rencontres et les tasses de thé sont innombrables. La Khyber Pachtoukhwa est sûre dans le district de Chitral mais est plus problématique vers Peshawar. Même si la ville elle-même était à peu près sûre l’été 2011, on nous a déconseillé d’y aller surtout pour un couple. Un homme, habillé en pakistanais, peut s’y balader sans souci mais une femme sans burqua, même avec le voile attire trop l’attention et le risque d’enlèvement est possible. Pas à Peshawar même, je le répète, mais autour et pour y arriver. Plusieurs Pakistanais nous l’ont répété. La mort dans l’âme, nous avons privilégié la sécurité. Islamabad, Rawalpindi et Lahore sont des grandes villes où nous nous sommes sentis parfaitement bien. Attention cependant à la circulation : beaucoup roulent comme des malades et les accidents sont légion. Je me souviens du vol plané d’une femme à Gilgit… Mais c’est la même chose en Inde.

Une femme au Pakistan ? Etre en couple aide énormément. La plupart des Pakistanais n’hésitent pas à parler directement à la femme, parfois à lui serrer la main à condition qu’elle soit accompagnée. Les Ismaéliens sont beaucoup plus ouverts. Nous avons rencontré une Américaine seule qu’un Ismaélien avait pris sous son aile et lui faisait découvrir les montages. Ne pas hésiter à s’inventer une vie car les Pakistanais ne comprennent pas que nous ne soyons pas mariés ou sans enfants. « Mais si vous avez des enfants, pourquoi ne sont ils pas avec vous ??? » Alors pour éviter les questions parfois pesantes, nous avons raconté que nous étions jeunes mariés en lune de miel ! Et tout le monde était ravi ! Une femme occidentale n’est pas toujours obligée d’aller à l’avant du bus, peut rester avec les hommes à condition d’être coincée entre la vitre et son compagnon. Bien sûr c’est l’homme qui doit payer ! Le voile n’est pas obligatoire. Un Balti nous l’a bien dit et affirmé. De nombreuses femmes à Lahore sont tête nue. Cependant, je conseillerais quand même de le porter : en effet c’est le meilleur moyen de passer un peu inaperçu et surtout de respecter les gens et les femmes. Plusieurs Pakistanaises ont dit à ma compagne qu’elles étaient ravies qu’elle s’habille comme elles. Au marché de Upal, près de Kashgar, le regard a changé du tout au tout une fois qu’elle a acheté un voile et l’a porté.

Des barbus islamistes ? Certaines régions sont plus religieuses et conservatrices que d’autres. Les Pachtounes le sont 100 fois plus que les habitants du Gilgit Baltistan. Forcement nous discutions moins (mais un peu quand même !) avec les barbus mais nous n’avons pas senti de haine à notre égard. Une indifférence au pire. La société s’islamise certes, mais nombreux sont ceux qui ne respectent pas le ramadan, mais pas en public et ceux qui aiment l’alcool essaient de s’approvisionner : à Sost (frontière avec la Chine) et Chitral (proximité avec les kalash non musulmans) c’est plus facile !

Transport et patience Un réseau de bus relativement bien développé, mais lent avec des routes parfois dans un état catastrophique. Les inondations de 2010 n’ont pas aidé. Sinon, il y a des Jeep et des taxis un peu partout mais plus chers bien sûr. L’avion peut être une bonne alternative aux longs trajets en bus. Mais il peut être souvent annulé pour mauvais temps. Ainsi au bout de deux tentatives à Chitral, nous avons rejoint Pindi en voiture. Le Pakistan est un pays où la patience est un maître mot. Mais le temps n’a pas la même signification ici.

Langue et conversation Parler quelques mots d’Urdu aide bien sûr. Mais l’anglais est généralement parlé et nous avons réussi à nous faire comprendre même au fin fond du Baltistan. Suivant l’interlocuteur (mais les masques tombent vite), on peut parler de tout : religion, politique, terrorisme, Ben Laden, famille. Pour les hommes comme pour les femmes, porter le shalwar kamiz est confortable et permet d’avoir des contacts faciles. Avec souvent la phrase « Are you muslim ? » « No » « OK. No problem ! ». Where are you come from ? France ? Very good ! »

La meilleure réponse qu’on peut donner aux sceptiques se trouve dans ces lignes et les suivantes. Sinon, en résumé : nous sommes revenus vivants ! Et nous avons adoré ce pays. C’est pour lui rendre justice ainsi qu’à ses merveilleux habitants que nous déclarons solennellement : Le Pakistan n’est pas un pays terroriste, au contraire c’est un pays extraordinaire.
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
WA Wakhan Regular ·
Kashgar et environs On arrive à Urumqi via Moscou. Un bagage perdu ! On le déclare, sans problème. On vous l’enverra à Kashgar dès qu’on l‘aura retrouvé ! Finalement, il faudra qu’on rappelle l’aéroport qui nous raccrochera au nez à chaque fois…après nous avoir dit qu’il fallait revenir à Urumqi chercher le sac. L’agence de Southern Airlines se moquera de nous. Et c’est un Ouighour, qui tient l’agence de voyage du Seman qui nous aidera en nous disant de retourner à l’aéroport et faire le pressing. Le sac arrivera dans la nuit donc 48h après sa perte. Cette expérience nous rapprochera des Ouighours et nous nous méfierons désormais des Hans du Xinjiang… On prend l’avion dans la foulée et direction cette ville mythique de la route de la soie. On sort de l’aéroport et là on est dans le bain : des charrettes, des ânes, des fruits et légumes qui débordent des chariots, des Ouïgours partout sur le chemin. Ouf, la ville n’aurait finalement pas perdu son âme ? Mais plus on se rapproche de Kashgar (non, je ne dirai pas Kashi), plus les buildings se dressent à l’horizon… On se pose au Seman Hotel, plutôt pas mal, avec quelques touristes et pas mal de Pakistanais. On est lundi, le marché est donc passé. On prend un taxi pour Upal. Et là comme mise en bouche, c’est plutôt génial : un marché débordant de vie, où on retrouve les bestiaux, les tapis, les vêtements, les fruits et légumes etc.… Et surtout pas un seul touriste ! On nous regarde avec curiosité sans trop nous adresser la parole à l’exception d’un marchand qui est… pakistanais, avec qui on discute un moment. Kashgar est paradoxale. Le quartier ouighour même si il se réduit sans cesse, visible quasiment à l’œil nu, est vraiment chouette avec des restaus sympas, des façades décaties comme il faut. La mosquée Id Kah, la plus grande de Chine, et le mausolée Ab Kojah sont vraiment à faire. Même si la ville n’égale vraiment pas Boukhara ou Samarcande. Le quartier han est une horreur avec la statue de tonton Mao qui indique la marche à suivre… A traverser par curiosité, mais le masochisme a ses limites. Kashgar reste malgré mes réserves un bon souvenir et une ville à faire absolument, combiné avec Upal, bien sûr où un autre marché voisin.

A la gare routière voisine du grand timonier, nous prenons le bus pour Kara Kul. A 500m de l’arrivée, le bus s’arrête, un Kirghize nous appelle et nous demande si nous voulons dormir sous la yourte. Bien sûr, on veut éviter l’hôtel étatique han ! On saute sur deux motos et direction une yourte en tissu, ce qui devient plutôt rare dans le coin où les yourtes en béton poussent comme des champignons. Le lac est vraiment magnifique, avec 2 sommets à plus de 7000m : le Kongur Shan et surtout le Mustag Ata qui se reflète dans le Kara Kul. Le Tadjikistan est à quelques kilomètres, les paysages y sont similaires : on est dans le Pamir quand même ! Par contre ce Kara Kul ne ressemble pas du tout à son homonyme tadjik. Plus petit, le lac est peut être moins beau, mais ces deux géants lui donnent un charme fou ! On ne rencontre que 4 touristes autour du lac. J’avais peur d’en voir davantage… On discute avec quelques Kirghizes sur le chemin, plus sympas que notre logeur un peu froid et voulant nous vendre toutes ses babioles.

Le lendemain, nous faisons du stop avec les Kirghizes en suivant le procédé de la veille. Et nous nous dirigeons vers Tashkurgan. La ville frontière, majoritairement tadjike, est sans véritable intérêt si ce n’est la vielle forteresse. Nous galérons à trouver un hôtel pas trop cher. La plupart sont tenus par des Hans qui se désintéressent de nous à la première question. On débarque finalement au Pamir hôtel tenue par une Tadjike ! L’armée chinoise est présente partout et le lendemain matin les hauts parleurs dressés tous les 400m annoncent la bonne parole. Après tout, nous sommes aux confins de la plus grande dictature du monde ! Le billet de bus n’est pas donné pour Sost, 270Y. Le passage de douane est un grand moment de poilade. Malgré leur costume impeccable, leur gapette et leur matériel à faire pâlir les Américains, les autorités chinoises, ici, sont futiles, lentes et inefficaces. Alors, on va compenser en bombant le torse, en t’enfonçant le doigt dans le dos car tu ne vas pas assez vite ou alors en te convoquant au bureau car ils ont un doute sur la photo du passeport. C’est pathétique mais le fait de rencontrer autant de pakistanais (80% du bus) éclaircit cette journée. C’est un bus couchette assez improbable où nous pouvons facilement discuter avec ses voisins. 6h de route inoubliables à travers le plateau du Pamir, le col de Khunjerab sous la neige, de cours d’urdu avant d’arriver à Sost. Et oui, il est possible d’acheter son visa à la frontière. C’est dans le cadre du rapprochement diplomatique entre les deux pays.

La suite, bientôt !
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Guillaume

bravo. ça fait plaisir de découvrir un carnet sur le Pakistan. et les mots que tu emploies me réconforte car j'avais quitté ce pays difficilement , en route pour l'Inde avec mes compagnons eux aussi sous le charme...et lorsque j'en parle à des amis, c'est avec de l'émotion dans la voix. Des gens chez qui l'hospitalité n'est pas un vain mot

j'attend la suite. on en rediscutera
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
MA Marie31 Globetrotter ·


nous avons raconté que nous étions jeunes mariés en lune de miel ! Et tout le monde était ravi

exactement comme nous en 92 !!

par contre tu as ete plus chanceux que nous à karakul , apres un sejour super sous la yourte de plusieurs jours nous avons aussi fait du stop mais visiblement nous avons ete reperés et à l'arrivée à taskhurgan arretés ainsi que le camioneur le stop etait disant interdit et la zone de karakul necessitait un "permis" on nous a confiqués les passport et nous sommes passés en "jugement " le lendemain nous nous sommes bcp excusés fait les ignorants et on a eu une amende de qq francs
YE Yemen Veteran ·
meri pour ce carnet de voyage. on attend la suite 😏
On est la somme de nos rencontres
WA Wakhan Regular ·
De Sost à Gilgit, le long de la Karakoram Highway

Ça y est ils pénètrent dans l’antre du démon, où chaque parcelle de terre, où chaque montagne semble avoir été crée par Lucifer lui-même. Où ne s’aventurent ici que les poseurs de bombes qui veulent détruire notre sublime société consumériste. Où… Ah, zut, je me suis branché par erreur sur TF1. Jean Pierre Pernaud, ça suffit maintenant ! Tu as fait suffisamment de mal pour aujourd’hui !

Bon, après ces insanités, où en étions-nous ? Ah oui. La frontière. Les formalités administratives et douanières se déroulent parfaitement bien. A croire que plus les douaniers sont équipés, plus ils sont lents. Les Japonais se font faire leur visa très rapidement. Attention : il n’y a pas de change de dollars ou d’euros avant Karimabad. Soit on a déjà des roupies, soit on échange les yuans. Prévoir d’en avoir suffisamment, sinon il faut se serrer la ceinture ! Et nous voilà lâchés au Pakistan. Nous recevons plusieurs cartes de visite de nos voisins pakistanais nous demandant de venir les voir. La plupart sont joailliers à Gilgit. Sost est une ville étrange, comme chaque ville frontière d’ailleurs. Plusieurs choses nous frappent : les camions bariolés et furieusement kitsch, les montagnes du Karakoram plus brunes que celles du Pamir et le fait de ne voir aucune femme. Un Japonais interloqué se tourne vers un Pakistanais au restaurant en lui demandant « where are your women ? ». Il ne subira pas le sort du Russe dans le Chat du rabbin… Nous nous dirigeons vers un hôtel, le Al Mahmood, assez… moyen, pour rester poli… Le Badakhshan semble être bien mieux, selon les dires reçus après ! Je change mon argent dans un magasin près de l’hôtel et je me perds en rentrant ! Il faut le faire à Sost ! Un homme me récupère, me parle dans un anglais impeccable et m’invite à prendre un verre de thé. Ça fait pas une heure qu’on est au Pakistan et voilà que je goûte à l’hospitalité et au thé pakistanais, thé noir avec du lait, du sucre et de la cardamome. Pas mal comme entrée en matière. On retrouvera cet homme plusieurs fois avant notre départ. Il n’y a pas grand-chose à faire à Sost, les hommes passent et repassent toute l’après midi dans l’artère principale. Mais nous devenons la curiosité de la journée avec les 3 Japonais. Nous avions prévu d’aller dans la vallée de Chapurshan le lendemain matin. Mais nous apprenons, après avoir attendu en vain une voiture sensée venir nous chercher (la patience est un art qui doit s’acquérir rapidement dans ce pays), que la vallée est fermée en ce moment. Pas de bol, on voulait vraiment la visiter. Tant pis. On apprendra par la suite, qu’il semblerait qu’on ait trouvé des gisements d’hydrocarbures et que la vallée est temporairement fermée. Pas eu d’autres explications ou de confirmations. On se dirige alors vers Passu. On se pose au Passu Inn, bien mais spartiate. On a vraiment la dalle. On se dirige vers un restau indiqué dans le LP et en chemin nous rencontrons Adnan, un jeune Ismaélien. Il nous parle de son village et nous invite à manger chez lui. Et là, on passe une journée fabuleuse. Sa mère nous prépare à manger, c’est délicieux, c’est copieux, c’est généreusement resservi. Nous discutons de tout, notamment de politique. On se rend compte du désamour entre les habitants du nord du pays et le président Zardari, qualifié de pourri, d’incompétent et qui n’aide pas sa population. Pourtant, les affiches du PPP (Pakistan Peoples Party) fleurissent dans la région. Son père arrive, parlant un anglais parfait. Adnan et un de ses amis nous amènent ensuite à un mariage ismaélien, puis nous nous prenons pour Indiana Jones dans le temple maudit traversant le pont où il manque une planche sur deux avant d’aller au lac de Passu et admirer le glacier. Passu est un véritable havre de paix, totalement délaissé par les touristes. Les rares de Sost ont filé directement à Karimabad. C’est un oubli majeur à notre humble avis ! Pour continuer sa route, il faut à présent traverser le lac d’Atabad de 20km. Catastrophe naturelle survenue en janvier 2010. Pas de victimes car la montée des eaux a été progressive mais des villages ont été engloutis. Il faut maintenant 2h pour la traversée, devenue payante. C’est une catastrophe pour les habitants qui sont désormais coupés du reste du pays et ne se gênent pas pour critiquer les autorités (in)compétentes. Sur le bateau, nous dissertons sur les bienfaits du vin avec un vieil Ismaélien qui a pris sous son aile une Américaine et lui a fait découvrir les montagnes de Hunza. A la sortie du bateau, nous trouvons une jeep et nous rejoignons Karimabad. On s’installe au Hunza Inn, petit hôtel vraiment sympa, tenu par le père et les fils tous adorables. Karimabad est un vrai coin de paradis. On prend notre temps. On s’arrête, on discute, on se fait offrir de nombreuses tasses de thé. On se balade dans une ambiance paradisiaque. Il y a quelques boutiques intéressantes pour acheter des beaux tapis et des vêtements. C’est là que nous avons acheté nos shalwar kameez. Le Baltit Fort qui surplombe la vallée est vraiment à visiter, le village d’Altit est très joli. L’Ultar meadow est également superbe. Et la vue du Lady finger est sublime ! Pas évident à trouver, ne pas hésiter à demander de l’aide aux quelques bergers rencontrés sur la route. C’est d’ailleurs l’un d’entre eux qui nous a dit qu’il est guide de haute montagne mais que la chute du tourisme l’a contraint à retourner vivre ici et à devenir berger. C’est une constance dans le Nord : les Pakistanais souffrent de l’image déplorable véhiculée par leur pays. Tous les gens rencontrés dans le Nord (la plupart chiites), honnissent les talibans, sunnites. Certains se réjouissaient publiquement de la mort ou disparition de Ben Laden en nous conseillant d’être discret sur le sujet avec les sunnites. Ils ont tous été prévenants et bienveillants avec nous en nous montrant bien que le Pakistan n’est pas un pays de terroristes et qu’il ne faut pas confondre Pakistanais et taliban. Ces premiers jours pakistanais nous en ont rapidement convaincus ! La baisse du tourisme entre 2001 et 2007 a porté un coup d’arrêt au pays. Mais l’année 2007 a été fatale avec la prise de la vallée de Swat par les talibans, l’assaut de la mosquée rouge d’Islamabad et l’assassinat de Benazir Bhutto (dont les portraits ornent les murs des maisons). On a l’impression que le pays est resté figé à la fin des années 90, touristiquement parlant. C’est avec un pincement au cœur que nous quittons ce coin de paradis (malgré l’électricité plus souvent absente que présente) pour Gilgit. Il faut cependant prendre un minibus pour Aliabad et ensuite un bus pour Gilgit. La ville est totalement différente de ce qu’on a vu jusqu’à présent. Plus grande, plus grouillante, dynamique, beaucoup de barbus, de niquabs, même chez les enfants. Les militaires sont présents un peu partout car les tensions entre chiites et sunnites peuvent éclater brusquement. Nous retrouvons un des joailliers de Sost. Malgré ce qu’il dit, les affaires n’ont pas l’air de marcher, la plupart des boutiques de pierre sont fermées. Il nous fait un tour de la ville, nous présente ses amis qui viennent de tout le Pakistan. Notre hôtel est le Madina Guest House, avec un bon restau. Il est tenu par Yakoob un petit homme qui se met en quatre pour le client. Le reste du personnel est à l’avenant. Excellente adresse. Pour résumer, cette région est splendide, avec une population adorable, où le risque terroriste n’existe pas. Nous sommes totalement sous le charme et nous ne comprenons pas pourquoi sur la carte du ministère des affaires étrangères le nord est en rouge au même titre que les zones tribales. Enfin, si on est assez stupide pour écouter ces nazes là, on irait passer nos vacances uniquement au Luxembourg.

Merci aux lecteurs fidèles et leur patience (mais il faut en avoir pour aller au Pakistan !) à bientôt pour le Baltistan !

Guillaume
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
YE Yemen Veteran ·
on est patient, ne t'inquiète pas 😉
On est la somme de nos rencontres
WA Wakhan Regular ·
Baltistan

On se lève aux aurores pour attraper le bus de la compagnie K2 pour Skardu. Gilgit se réveille doucement sous nos yeux. Le trajet est long, difficile et mon estomac menace de me lâcher à plusieurs reprises. Il faut savoir que le minibus est rentabilisé au maximum et qu’on n’a pas tellement de place pour ne serait ce que lever le sourcil. Ce qui n’aide pas dans mon cas, malgré la gentillesse de quelques passagers (dont le sosie de Jean Marie Bigard) qui nous offrent du soda et des gâteaux. Les paysages traversés sont magnifiques, l’Indus nous offre des vues superbes. Skardu est une ville animée, pas désagréable, passage obligé pour s’aventurer plus en profondeur dans le Karakoram. Deux chemins sont envisageables, la vallée de Shigar au Nord ou la Shyok à l’Est. Nous choisissons la seconde afin de relier Hushé et de faire le trek du Humbrock. Le satpara lake est très beau mais la construction d’un barrage menace sa préservation. Tout près, subsistent des gravures de bouddhas du VIIème siècle, parfaitement conservés, qui détonnent ici. En attendant, on s’installe au Dewan e khas, conseillé par le personnel de Gilgit. C’est un autre standing, plus cher, mais le Baltistan l’est obligatoirement à cause de son enclavement. Mais l’hôtel est le plus confortable de ce qu’on a eu et qu’on aura. Un personnel très bien parlant un très bon anglais et prodiguant de bons conseils. Le restaurant est bon et accueille pas mal de randonneurs qui font uniquement le trek du Concordia mais finalement ne voient que les montagnes, les glaciers et rien du pays en lui-même. En ça le Baltistan est relativement épargné de la pénurie de touristes du reste du pays. La route continue ensuite vers Khaplu, le long de la Shyok, affluent de l’Indus. Comme d’habitude, on fait des rencontres dans le bus et un jeune ingénieur nous fait le tour de la ville. Je ne sais pas si c’est à cause de la fatigue, mais nous n’avons pas tellement apprécié le coin, malgré les jolies mosquées, le fort et le système d’irrigation des villages au dessus de Khaplu. Les habitants nous ont un peu saoulés, des enfants nous ont jeté des graviers probablement car nous ne leur avions pas donné d’argent. Et notre connaissance qui commençait à devenir collant. Bref une journée contrastée. L’hôtel, le Karakoram Lodge n’était vraiment pas terrible avec un restau médiocre. Le lendemain fut nettement meilleur, la (re)découverte des villages au dessus de Khaplu nous a permis de découvrir des coins charmants, de discuter avec des gens, notamment un flic en civil qui nous avait repéré la veille. En fait, tout le monde nous avait déjà vus la veille… L’attraction de la semaine nous étions devenus ! Nous savions qu’une jeep passait par l’hôtel avant d’aller à Hushé. A l’intérieur nous rencontrons Taqi, guide de haute montagne avec qui nous discutons pendant tout le trajet. Il sera notre guide pour les trois jours suivants. Nous dormons chez lui, la maison la plus proche de l’école fondée par le Central Asia Institut de Greg Mortensen, l’auteur de trois tasses de thé. Nous partons donc faire un trek de trois jours à l’ouest de Hushé, le Humbrock. Nous ne sommes par des trekkeurs confirmés. Le LP indique que ce trek est « easy » comme l’Ultar me parait gonflé et irréaliste! Un guide est obligatoire ne serait ce que pour escalader la montagne qui nous permet de voir la chaine du Karakoram. Le spectacle est grandiose si le temps est favorable, nous avons des vues magnifiques sur les pics les plus proches ainsi qu’au loin le Broad Peak et le K2. Le hameau Humbrock sert de base pour femmes et enfants s’occupant des vaches qui paissent sur les hauteurs. Les garçons, curieux, viennent discuter et danser autour de nous tandis que les filles plus réservées se laissent apprivoiser doucement. Par contre, si des filles viennent à votre tente et vous offrent du lait chaud directement du pis de la vache, trouvez une parade sans les vexer. Nous l’avons bu et nous avons été malades toute la nuit ! Le trek du Humbrock a été une expérience extraordinaire pour plusieurs raisons : le trek en lui-même, l’immersion dans un coin vraiment reculé du Pakistan et Taqi, un homme merveilleux, qui sans éducation, parlait bien anglais et était avide de connaissances. Le dernier soir, chez lui il avait invité des amis, dont son mentor et nous avons longuement parlé, notamment de religion. Si les Baltis sont majoritairement chiites, les habitants de Hushé sont soufis. Il y a une tolérance chez ces villageois là, ceux qu’on a rencontrés du moins, qui contraste avec les discours de certains hommes dits civilisés de toute religion. Le retour à Khaplu, puis Skardu et enfin Gilgit est long et encore plus difficile car les effets du lait reviennent au pire des moments. Une journée de repos à Gilgit est nécessaire pour reprendre son souffle. Au Madina Guest House, une Allemande est malade depuis une semaine à cause d’une intoxication alimentaire survenue à Skardu. Yakoob nous prépare un riz, menthe, ultra citronné pas très bon mais efficace. Nous pouvons partir pour Chitral le lendemain !
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
WA Wakhan Regular ·
Je viens de lire la discussion sur "enlèvement au Pakistan", il y a quand même des excités qui critiquent sans connaitre. Je vais pas intervenir sinon je vais m’énerver...
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
WA Wakhan Regular ·
La Khyber Pakhtunkhwa, et la politique pakistanaise

Allez hop, on continue le marathon du transport depuis Hushé pour enfin se reposer à Chitral. Mais pour cela, il faut passer par la case « comment rallier Gilgit à Mastuj (même pas 250km) en 13h30 car 12h c’est trop court ? ». On attend un moment sous la flotte, on nous refile des places qui n’existent pas, on nous fait asseoir au fond où les sièges sont trempés. On retourne au local où le vendeur nous dit de nous asseoir où on veut. On se fait engueuler par le contrôleur qui nous dit d’aller au fond et se frite avec le vendeur qui prend notre défense ! Ambiance. Finalement tout le monde se calme, heureusement car il y a du boulot pour la journée. C’est un bus public qui s’arrête toutes les 10mn au grand dam de certains passagers qui rouspètent. Ce à quoi le chauffeur répond « c’est un service public, je suis là pour ne laisser personne à quai ». Je ne parle pas l’urdu mais je suis à peu près sûr que ça voulait dire ça. Ou alors je fantasme un peu… Pour résumer, plus on s’enfonce dans l’Hindu Kush plus les paysages sont grandioses notamment le Shandur Pass qui ressemble à l’Ecosse… Mais nous avons aussi vécu le pire, non à cause de l’estomac et des intestins, mais la musique… Nous avions mis 3,4 heures sur les 22h de route à apprécier plutôt à tolérer la musique tadjik il y a 2 ans. Là, ce n’est pas possible. Jusqu’à présent la musique urdu me sortait par les yeux mais c’était un doux châtiment comparé à la musique chitrali. Ca geint, ça pleure, ça gémit dans des chansons qui durent une éternité. Et en plus quand la même repasse en boucle pendant les deux dernières heures… J’avais beau mettre mon ipod à fond avec le peu de heavy metal qui se trouve dedans, la voix de Bruce Dikinson ne fait pas le poids…. Enfin bref, halte d’une nuit à Mastuj où des gens de l’hôtel Paradise viennent nous chercher. On négocie le prix et on demande une autre chambre. On mange bien et dodo ! Le lendemain, on choisit la mauvaise voiture qui crève 2 fois, de la même roue bien sûr, quand on ne gonfle pas sa roue de secours, voilà ce qui arrive ! On se pose donc plusieurs fois à boire du thé avec nos voisins de route, un Pendjabi et un Pachtoune. Et enfin Chitral ! L’hôtel est le city tower où nous sommes seuls. Le patron est aux petits oignons. L’hotel semble s’être figé à la fin des années 90, avec des plans et des posters touristiques défraichis. Chitral est difficile d’accès, si on exclut l’avion, qui est fréquemment annulé, les distances sont assez logues jusqu’à Gilgit ou Peshawar. La proximité avec l’Afghanistan n’est pas un atout. On s’attendait à un mini Peshawar mais force est de constater que ce n’est plus le cas. On a juste quelques années de retard. Les boutiques intéressantes touristiquement parlant ont fermé, 2 tapis (moches) afghans qui se battent en duel… Il faut dire que sur les quelques jours passés dans le coin, y compris les vallées kalash, nous n’avons vu qu’un japonais…Cependant la ville est vraiment à faire pour ses alentours et ses habitants. Bon, première étape, s’enregistrer auprès des autorités pour accéder aux vallées kalash. On ne trouve pas le bureau, on s’adresse à des hommes qui pour certains sont vraiment très beaux. Finalement, on s’approche d’une caserne militaire, on croyait que c’était le lieu recherché, on nous y fait rentrer pour nous en faire sortir de l’autre côté ! Un homme nous récupère, se moque des militaires et nous emmène chez les flics. C’est vrai que les soldats pakistanais rencontrés sont assez stupides, on comprend mieux leurs déboires dans leurs multiples guerres avec l’Inde…. Au commissariat, il est midi on nous accueille avec des sourires car c’est l’heure du déjeuner. On nous dresse une table et on nous sert généreusement du riz et du mouton ! Génial ! Bon, une fois que les festivités sont terminées, on range tout y compris les sourires et on nous explique la situation, que les vallées kalash ça peut être dangereux, blabla et que deux policiers en uniformes et en armes vont nous escorter jusqu’à ce qu’on quitte le district de Chitral ! On le savait mais bon je n’ai jamais été fan ni des flics ni des armes… En fin d’après midi, on est abordé par un homme, Amin, d’une gentillesse rarement vue. Nous discutons, il nous invite à boire un thé à l’hôtel de ses amis. On fait la connaissance de quelques membres de la jet set chitrali. On passe là une soirée inoubliable à discuter autour d’un bon repas. Même si pour la première fois nous avons vu des femmes en burqua à Chitral, ce n’est pas une ville conservatrice pour autant : les hommes avec qui nous avons discuté sont tout à fait ouverts, boivent de l’alcool d’abricots kalash, parlent sans tabou de religion et de politique. Ils pensent que si le commissaire assigne des policiers aux touristes c’est pour protéger son poste, pour montrer qu’il agit et donc fait exprès de dramatiser la situation. Concernant Ben Laden, ils ne remettent pas en question sa présence à Abbotabad. Ils pensent même que le gouvernement était au courant de sa présence (les Baltis, eux croient que non), mais qu’il était protégé par l’armée. Après la plupart s’accorde sur le fait qu’il n’est surement pas mort mais emprisonné par les Américains. Mais finalement, Al Qaida leur importe peu, les talibans sont une menace beaucoup plus grande et plus visible pour les Pakistanais. Car si les deux organisations sont alliées, il faut quand même les dissocier. Une soirée mémorable en compagnie des ces Pakistanais qui pourraient paraître atypiquent mais en fait pas du tout. Quelques jours plus tard, grâce à Amin, nous rencontrons un élu local, principal soutien dans la région de Imran Khan, capitaine de l’équipe de cricket victorieuse de la coupe du monde en 92, et leader politique, un des favoris pour la prochaine présidentielle. Il est surnommé « the last chance of Pakistan ». A nouveau une soirée passionnante à parler de politique pakistanaise et d’avoir, non plus des critiques mais des propositions formelles pour redresser le pays, notamment et surtout par l’éducation « laïque ». Ce qui revient toujours c’est une critique plus ou moins acerbe des Etats-Unis, avec une condamnation unanime des drones qui tuent des talibans et surtout des innocents dont les familles trouveront automatiquement refuge dans l’islam radical. La Chine, elle, est vue comme une sœur protectrice qui n’a que des ambitions économiques et en RIEN politique. J’essaie de leur expliquer que ce n’est pas si rose et qu’à chaque apogée des dynasties que se soient les han, les Tang ou les Qing, les Chinois ont voulu contrôler l’Asie Centrale et que ce ne sera pas différent aujourd’hui.

Bon après mes divagations, retournons à nos moutons, à savoir les vallées kalash. On souhaite aller à Rumbur, la vallée la traditionnelle. Pour cela, il faut aller à Ayun. Après une heure d’attente, on revoit nos plans et on se dirige à Bumburet. Nous visiterons Rumbur le lendemain. Les 2 sont différentes mais méritent d’être visitées. Bumburet est plus développée, plus grande, plus animée où les musulmans sont majoritaires. Mais il y a presque trop d’hôtels, et de boutiques tandis que Rumbur semble plus préservée avec des rues plus étroites et des maisons typiquement kalash. Le responsable (musulman) du Peace hotel (parfois trop curieux et qui devait être recadré) nous fait visiter les 2 régions et rencontrer des Kalash chez eux. C’est d’ailleurs amusant d’entendre les femmes se moquer des musulmans à cause du ramadan (qui venait de débuter). Nous avons eu de la chance car à Rumbur il y avait une fête où la plupart des Kalash des 3 vallées se retrouvaient. Il y avait également un enterrement donc nous avons pu voir 2 commémorations différentes en même lieu. Et évidemment les discussions avec les Kalash, qui ne croient qu’en un seul dieu, et ne croient plus à la légende de leur ascendance macédonienne. L’alcool d’abricot, coupé à l’eau (hérésie !!!) change du thé au lait. La rencontre avec la doyenne kalash restera un grand moment d’émotion.

Nous rentrons à Chitral, où l’avion devait partir pour Rawalpindi. Car comme je l’ai déjà expliqué, Peshawar pour un couple n’est, à l’heure actuelle, pas la meilleure des options. Finalement après deux annulations, nous prenons un taxi collectif qui doit nous amener à Dir, puis un autre pour Mardan et enfin pour Pindi. La route se fait sans incident jusqu’au lowari pass. En redescendant, un flic nous arrête et nous explique que nous ne devons pas être dans un taxi collectif car c’est trop dangereux contrairement à un bus. Il nous fait rentrer dans sa jeep rutilante avec 4 policiers armés d’AK47 et un commissaire de la sécurité de Dir. Nous passons 2 heures insolites avec eux et toujours à parler de nos vies, des leurs, du Pakistan et des talibans. Je le redis mais il ne faut pas confondre talibans et Al Qaida. Le commissaire nous demande si on aime ben Laden, après avoir répondu par la négative, je lui demande son point de vue : il me répond que c’est un « nice man » et que le terrorisme c’est d’autres pays. Mais à la vue d’une voiture suspecte, la tension monte : je l’entends dire « moudjahidin ». Il observe la voiture s’éloigner doucement…et reprend la conversation. Finalement, après plusieurs photos de groupes, il appelle un taxi de Mardan qui nous amène directement à Pindi. A noter que le district de Chitral et celui de Dir séparé par le lowari pass sont 2 entités totalement différentes. Les pins et les vertes contrées remplacent la caillasse, les calottes blanches se substituent au pakol et les pachtounes ultra religieux relayent les chitralis. J’aurai tellement voulu visiter le Pachtounistan, une prochaine fois j’espère avec l’Afghanistan en prime… pas avant quelques décennies...

A bientôt pour la dernière partie dans le Penjab.

Guillaume
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
TH TheClem Regular ·
Merci énormément pour ces récits de voyage! Je comptais aller dans ce pays mais j'ai du y renoncer suite aux nombreuses pressions de mon entourage. C'est juste remit à plus tard :D

Ah, et pour les vacances au Luxembourg (cf: fin de ton 3ème post), je te le déconseille car, d'après le site du ministère des affaires étrangères, : "Le risque terroriste peut exister au Luxembourg comme dans tout pays de l’Union européenne siège d’une ou de plusieurs institutions communautaires." ( http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/conseils-par-pays_12191/luxembourg_12280/index.html ).

Bizarre que TF1 n'ait pas encore fait un sujet sur les terroristes Luxo....
WA Wakhan Regular ·
Merci énormément pour ces récits de voyage! Je comptais aller dans ce pays mais j'ai du y renoncer suite aux nombreuses pressions de mon entourage. C'est juste remit à plus tard :D

C'est vrai que l'entourage peut être particulièrement énervant dans ce cas là. On lui a dit merde sans le vexer plus qu'il ne l’était déjà. Mais c'est aussi particulièrement réjouissant qu’après lui avoir fait comprendre que "non, je peux décider par moi même", cet entourage revienne la queue basse, impressionné, mais surtout sans le dire, qu'un autre ait pu faire ce voyage qu'il n'osera jamais faire.
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
WA Wakhan Regular ·
Ah, et pour les vacances au Luxembourg (cf: fin de ton 3ème post), je te le déconseille car, d'après le site du ministère des affaires étrangères, : "Le risque terroriste peut exister au Luxembourg comme dans tout pays de l’Union européenne siège d’une ou de plusieurs institutions communautaires." ( http://www.diplomatie.gouv.fr/...urg_12280/index.html ).

Bizarre que TF1 n'ait pas encore fait un sujet sur les terroristes Luxo....

Et Claude Guéant ne dit rien ??? Et dire que j'habite à 2 pas de ce pays de terroristes...
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
WA Wakhan Regular ·
Le Penjab, fin de parcours On arrive tard à Rawalpindi. On a fait le choix de s’y poser car la ville nous parait plus authentique et plus charmante que sa jumelle inversée, Islamabad. Quelle erreur. On fait le tour des hôtels qui nous claquent la porte les uns après les autres : pour tous les motifs possibles: mais le meilleur : « une chambre double ? Bien sûr. Pour deux hommes ? » Non, un couple, marié je précise. « Alors non ! » : c’est le Al Falah, pour en faire de la contre pub. Le Karman nous fait poireauter 45mn avant de nous dire que c’est niet. Finalement, quelqu’un nous indique le Paradise Inn, finalement correct mais que ce fut dur ! L’entrée en matière à Pindi contraste avec ce que nous avons eu avant ! Le lendemain matin, on saute dans un minibus pour Taxila. On trouve un taxi pour nous amener sur les différents sites très éloignés les uns des autres. Il y fait une chaleur et une moiteur terribles. Heureusement on peut acheter des boissons fraiches un peu partout. Le musée est très intéressant et les sites aux alentours sont passionnants pour les amateurs d’histoire. Pour ceux qui ne s’intéressent que peu à l’antiquité, je ne sais pas s’ils y trouveront leur compte. Par contre, et c’est la seule fois que nous l’avons vu, tous les gardiens des sites en plein air nous ont demandé un bakchich à la fin de la visite. Nous avons refusé car les sites sont tous payants ! Au musée, les photos sont interdites mais les guides arrondissent leur fin de mois en les autorisant contre pourliche. Mais ils vont amener ça délicatement en vous montrant ceux que les précédents touristes, vu qu’ils sont peu nombreux j’ai des doutes, lui ont déjà donné : 10$ ou 1000 rp. Ce qui fait un peu cher pour 3 photos ! Donnez-lui ce que vous voulez même si il s’en étonne en disant que c’est « very little » ! La visite de Rawalpindi fut assez décevante et le bazar également. Nous n’avons pas trouvé l’ambiance très sympathique, la ville pas très intéressante et les gens assez tendus. On ne s’y attarde pas : on fonce vers sa petite sœur futuriste et la grande mosquée Faisal. Islamabad n’a beau être qu’à 15km, il n’y a aucun rapport entre les deux villes: plus verte, plus douce, plus agréable à vivre, plus chaleureuse. Personne ne nous a parlé à Pindi, alors qu’autour de la mosquée Faisal, impressionnante, de nombreuses personnes sont venues taper la discute. Notamment un charpentier pashtoune tout content de poser avec nous avec un photographe officiel. OK, les quartiers résidentiels surveillés font plus penser à une ville fermée sur elle-même et l’absence de grand bazar ne donne pas l’impression d’être au Pakistan et pourtant la chaleur humaine est toujours là. De plus, le restaurant le Kaboul est vraiment succulent. Bref, Islamabad fut une excellente surprise comparée à la décevante Pindi. Nous rejoignons Lahore par train pour la dernière étape pakistanaise. Nous avons adoré cette ville. Dynamique, belle tout en étant sale, grouillante, riche culturellement, chaleureuse, vraiment un must du Pakistan même si certains touristes l’ont évitée. Le seul regret vient de l’hôtel, le fameux Regal Inn Internet. Il n’y avait personne à part 2 Japonais et Malik le proprio, qui, j’ai l’impression donne tout son charme au lieu, ne s’est jamais pointé. Le dernier soir, le toit a fui et nous avons changé de chambre de peur d’être noyés ! J’exagère presque… Ce fut le seul point négatif de la ville. Les visites historiques y furent nombreuses : la superbe mosquée Badshashi, celle perdue de Wazir Khan, le fort même si son état actuel laisse à désirer, les jardins de Shalimar ou le mausolée de Jahangir en périphérie et bien sûr le très beau musée de Lahore avec le canon de Kim juste en face. Mais ce que nous avons peut être préféré c’est la vieille ville de Lahore : un immense bazar labyrinthique. Ne pensez plus à rien, respirez un bon coup et sautez : vous ne serez pas déçus ! Des dizaines de ruelles, des centaines d’échoppes, des milliers de personnes, des rickshaws, des motos, des pousses pousses, des vélos partout qu’il faut éviter, laisser passer car ils ne s’arrêteront pas. Ne cherchez pas la perle rare dans les boutiques, c’est plastique et compagnie mais vous y trouverez bien plus : les habitants qui vous interpellent, vous offrent un coca, même en période de ramadan, discutent de tout et vous font sentir l’âme de cette ville passionnante. Alors bien sûr claustrophobe et agoraphobe s’abstenir. Cette plongée dans le cœur de la ville peut être éprouvante mais les découvertes de certaines mosquées quasi abandonnées au détour d’une ruelle permettent de se reposer. Nous quittons le Pakistan sous une pluie diluvienne, probablement triste de nous voir partir. Par contre, prévoir large pour rejoindre la frontière. Elle n’est qu’à 30km mais nous avons mis 3h pour y arriver. Les formalités douanières furent expédiées et nous sommes arrivés au moment où les Indiens bouclaient la frontière. Nous avons été très chanceux ! L’Inde est un autre pays et un autre voyage, je n’en parlerai donc pas ici. L’Inde est probablement un pays magnifique et je ne peux pas juger un pays voire un sous contient qu’avec Amritsar, Delhi et Agra mais quand même… Venant du Pakistan, l’Inde et surtout les Indiens ne soutiennent pas la comparaison. Nous n’avons jamais retrouvé la chaleur, l’humanité et l���humilité des Pakistanais. Le Pakistan est vraiment un pays extraordinaire qui restera à jamais comme un de nos plus beaux souvenirs de voyage avec le Tadjikistan. Je remercie ceux qui sont allés jusqu’au bout de mes palabres. Si j’ai réussi à attirer la curiosité de quelques-uns, à inciter à découvrir ce pays génial et surtout à dédiaboliser ses habitants, j’en serai déjà heureux. Je reste à disposition pour répondre à vos questions et remarques.

Guillaume
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
CL Clarissa7 Regular ·
Merci à vous de ces récits passionnants, drôles et pleins d'enseignements à la fois de vos pérégrinations à travers le Pakistan !

J'y suis allée 4 fois, espère bien y retourner à nouveau In Châ Allah...

Surtout, je vous souhaite le meilleur pour votre séjour en Inde ! Si vous allez à Delhi, ne ratez pas le "Hazrat Nizamuddin Auliya" (il vous faudra sûrement insister pour qu'un taxi ou autre accepte de vous y amener...), extraordinaire centre/site religieux musulman (et chiite de mémoire) au fin fond de ruelles et d'impasses, où la ferveur religieuse est impressionnante, le tout au milieu de femmes qui papotent et de gosses qui courrent partout y compris sur les qq tombes qu'il renferme. Ce lieu est par ailleurs très célèbre pour la musique qawwalli (le père de Nusrat Fateh Ali Khan -- le pape de cette musique -- y a joué et enseigné avant la Partition et le transfert de cette famille d'Inde au Pakistan), donc avec un peu de chance vous aurez droit à un concert de cette merveilleuse musique.

Bonne chance à nouveau !

Claire

ps au sujet des hôtels au Pakistan : en dehors des grands hotels (chers, etc -- mais climatisés !!), on utilise surtout (yc pour des raisons de sécurité, ref. les attentats répétés dans les hôtels) les "guest-house", situés dans des villas privées, qui ont souvent bcp de charme, notamment à Islamabad.
WA Wakhan Regular ·
Bonsoir, j'ai du mal m'exprimer: je suis dejà rentré en France depuis presque un mois. J'ai terminé par une semaine en Inde, histoire de prendre l'avion à Delhi, vu que Aeroflot ne dessert pas le Pakistan (je suis arrivé à Urumqi). L'Inde était un peu la cerise sur le gateau et une mise en bouche pour un eventuel voyage futur. Je disais qu'avec le peu que j'ai vu de l'inde, le Pakistan est en tout point supérieur. Et qu'après un mois de calme et de gentillesse, la réalité indienne ne m'a pas convaincu d'y retourner (même si j'ai apprécié Delhi)... ou alors le Ladakh !
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
WA Wakhan Regular ·
Je viens d'apprendre par une connaissance de Chitral que fin aout une attaque de talibans a eu lieu dans cette vallée si tranquille. Les infos different: selon lui, ce sont des talibans soutenus par l'Otan, pour d'autres seulement des talibans qui franchissent la frontière de plus en plus poreuse. C'est vraiment une nouvelle catastrophique si ces extrémistes s'implantent dans cette région si calme. Ses habitants ne le méritent pas, personne ne le méite d'ailleurs... J'ai l'impression que les prochaines années seront encore plus difficiles qu'elles ne le sont dejà pour les populations afghanes et pakistanaises. Le témoignage de Ilivic qui revient d'Afghanistan est clairement pessimiste sur l'avenir. Ceux qui vont dans la Khyber Pakhtunkhwa bientôt, renseignez vous bien avant d'y pénétrer: les choses changent si rapidement... ça respirait tellement la tranquillité début aout... ça me rend malade, j'aime tellement ce pays et ses habitants...
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
YE Yemen Veteran ·
bravo pour ton récit. tous les évenements dans cette région amènent à beaucoup de rétissences pour s'y rendre. les richesses de ce pays, pas de doute (humaines, culturelles etc). tu ne t'es pas senti en insécurité ? 🤪

pour continuer la discussion sur ton périple en inde : c'est un pays merveilleux, il faut simplement sortir des grandes villes. il y a des régions où les touristes vont moins et où les contacts sont encore basées sur l'humain et pas l'argent. 😏
On est la somme de nos rencontres
WA Wakhan Regular ·
ça m'a fait plaisir de raconter mon voyage et de me le remémorer ! Non, je ne me suis à aucun moment senti en insécurité. A Chitral, nous avions deux policiers qui nous escortaient mais tout le monde nous a dit que ça rentrait dans le cadre de la mégalomanie du commissaire qui tient à son poste. En cas de moindre souci, le plus minime soit il, touchant un touriste, il perdrait son poste. Donc on sécurise tout, même les endroits tranquilles ! Et Chitral était très tranquille. Enfin, début aout... Nous avons évité Peshawar car plusieurs locaux nous l'ont déconseillé. Mais sur notre parcours, nous n'avons eu aucun problème et nous n'avons jamais éprouvé la moindre crainte, même lorsque le bus roulait près du précipice. Jusqu'à aujourd'hui, mais les choses peuvent changer rapidement, les talibans au Pakistan, contrairement à l'Afghanistan, ne s'en prennent pas (encore ?) aux touristes. Ce sont les Baloutches au Sud qui sont les spécialistes ! Pays génial, habitants hyper accueillants avec les rares touristes. Informe toi avant de partir et fonce !
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
OO Ook ·
beau récit de voyage... effectivement, j'avais lu un article sur l'attaque des talibans sur un blog du Monde... voici l'article en question: http://sylvielasserre.blog.lemonde.fr/2011/09/06/pakistan-chitral-mon-beau-pays-a-ete-attaque-par-les-talibans-aujourdhui/ mon rêve de voyager la Karakoram Highway envolé pour longtemps (?)... surtout beaucoup de courage pour les gens qui vivent là-bas!
WA Wakhan Regular ·
Ne mets pas une croix sur ce projet: la KKH ne craint rien: les habitants jusqu'à Gilgit sont majoritairement chiites et ismaeliens donc le terreau n'est pas favorables pour les talibans sunnites. De plus la région est suffisamant enclavée pour éviter une incursion talibane avant longtemps (jamais j'espere). Le Baltistan est majoritairement chiite et soufi. Rien à voir, j'ai vu que tu es allé en Ouzbekistan et au Tadjikistan l'été 2009, comme nous ! On s'est peut être croisés ! Es tu allé dans le Pamir ?
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MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Guillaume

Et encore merci pour ce récit bien documenté et rare sur VF car ce pays est méconnu. comme toi j'avais adoré Lahore, dommage pour le Regal Inn. de cet endroit j'en garde de super souvenirs mais nous étions une bonne bande de voyageurs lorsque j'y étais fin 2007. il y a l'air d'avoir encore moins de touristes. c'est sur qu'après avoir cotoyé les Pakistanais, l'accueil des Indiens parait bien terne et au bout de deux voyages en Inde, je confirme cette impression.
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
TH Thevert7 Regular ·
merci pour ce beau récit
PH Phil64 Globetrotter ·
Merci pour ce beau récit. ca fait bien envie ! J'ai bien aimé le passage où tu parles de la zique. Pourtant Bruce Dickinson n'est pas un chanteur à la voix faiblarde 😉... J'ai dédicacé en octobre avec Jean-Yves Loude qui connait très bien les Kalashs, il m'avait dit que ce n'était plus trop le moment d'aller par là-bas... C'est bien d'avoir osé y aller en tous cas et nous en faire profiter ! Alors le prochain, c'est l'Iran ? Je te conseille... Au niveau des rencontres c'est un voyage vraiment fort.
Phil Voyages du bout de mon pinceau...
WA Wakhan Regular ·
Salut Phil Déjà merci à tous pour vos commentaires. Je pense constamment à ce pays. Encore plus aujourd'hui où Adnan, un jeune Ismaelien de Passu m'a retrouvé sur facebook... Pas fan de cette machine mais ça a aussi ses avantages ! C'est vrai que depuis septembre, la région de Chitral a eu quelques soucis. D'après un contact, la situation s'est améliorée le mois dernier et Chitral redevient "peaceful" comme les habitants le disent si bien. Pourvu que ça dure.... Tu m'as percé à jour ! L'Iran est effectivement un pays qui nous attire énormément ma compagne et moi (on s'est bien trouvés quand même !). Le prochain? Possible, au printemps ça serait bien... En 15 jours seulement, on avait pensé au circuit classique: Shiraz, Yazd, Ispahan, Kashan et Téhéran. On ne sait pas si on inclura Kerman et Bam, qui semble dans un meilleur état qu'il y a 3 ans. Je vais relire tes récits en attendant que ça se précise.
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
LO Lohra Regular ·
Bonjour,

je n'ai pas encore tout lu, mais ça me plait :)

Je n'ai que 23ans, mais j'ai quand meme la chance d'avoir pas mal voyagé (seule ou avec quelqu'un), , notamment en europe de l'est, amérique du nord et asie (népal, inde x2, sri lanka, thailande x2)

BREF... je devais en decembre dernier partir en ouzbékistan suite a un travail fait sur une légende ouzbek... annulé par la compagnie :/ et la, je commence a me passionner par les pays tel que le pakistan, l'afghanistan... donc je lis beaucoup, des récits, l'histoire...

et le pakistan, pour une jeune fille seule, rééllement, ça craint ou pas?
WA Wakhan Regular ·
Salut Lohra. Le Pakistan est réellement magnifique. Mais j'ai peur que les prochaines années soient difficiles. C'est une société très machiste et je ne pense pas que la destination soit appropriée pour une femme seule. A la rigueur, juste le nord entre Sost et Karimabad. Renseigne toi sur le Tadjikistan par contre...
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
LU Lucq Globetrotter ·
l année passée, j ai rencontré "pas mal" de femmes seules qui voyagaient au pakistan: une americaine (renco, tré a kasghar, karimabad, chitral) une egyptienne (kasghar, karimabad), et une australienne (lahore)... j avais entenu parlé (et je l ai rencontré a lahore) d une etudiante allemade qui faisait une etude sur les pashtoun et qui etait seule a peshawar! ah oui et une coreenne rencontre a lahore aussi...donc 5 en tout!!!!!!!!!!!!!!!

non pour moi , c est possible...
MÉ Mékong Globetrotter ·
idem je vais dans le sens de Lucq suis à Lahore et je rencontre plus de voyageuses que de voyageurs 5 coréennes, 1 Allemande et 1 Française toutes voyageant seules.
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
WA Wakhan Regular ·
OK, pas tombé sur une bonne année alors. Je n'en ai vu qu'une seule ! Une Américaine qui ne souhaitait pas allé plus au sud de Gilgit. Mais toutes les femmes ne sont pas américaines...
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
AL Alenroute ·
Je viens d'apprendre par une connaissance de Chitral que fin aout une attaque de talibans a eu lieu dans cette vallée si tranquille. Les infos different: selon lui, ce sont des talibans soutenus par l'Otan, pour d'autres seulement des talibans qui fran....

Merci pour ton récit passioné, as-tu eu des nouvelles depuis concernant Chitral et le nord pakistan? projet de vélo direction kashi, puis hésitations entre tibet et la karakoam, j'avais qqlq appéhensions concernant le pays que tu as levée. Belles aventures
WA Wakhan Regular ·
Tu viens surement d'apprendre qu'un groupe d'alpinistes a été exécuté sur le camp de base du Nanga Parbat. Le nord Pakistan, en particulier le Gilgit Baltistan était encore totalement sûr. Mais jusqu'à quand ? Relativisons un peu. Le Baltistan est chiite et soufi. Gilgit et le nord jusqu'à la frontière sont chiite et ismaélien donc par définition anti taliban, sunnite. Donc le terreau n'est pas favorable à une implantation extrémiste. Le Kohistan, la région du Nanga Parbat, est sunnite, et la population n'y est pas très accueillante d'après de nombreux témoignages. De là à dire que les talibans ont eu un appui local... Je pense de toute façon qu'on est moins repérable à la routarde qu'en circuit organisé. Bel exemple de porte ouverte enfoncée... La région de Chitral est, je pense, encore sûre. Mais à vélo, tu rouleras sur des pistes peu sûres au sud, notamment à Dir. Il n'est pas impossible que la police arrête ton parcours pour t'amener ensuite à Islamabad. Résumons, Sost à Gilgit au Nord. Gilgit-Skardu à l'est. Gilgit-Chitral à l'ouest me semblent tranquilles. Au sud de ces axes là, elle l'est moins. Il y a 2 ans, il n'y avait pas de problème. Aujourd'hui, je ne sais pas. Mais c'est un pays et une population extraordinaires. Je repense à ce voyage tous les jours.
« Quand les nains font de grandes ombres, c’est signe que le soleil décline »
LU Lucq Globetrotter ·
J ai été dans ces régions en 2010. A l époque , c'était encore sûr et la population extrêmement accueillante. Maintenant est-ce encore aussi sûr, je ne sais mais la population locale sera sans-doutes toujours aussi accueillante vis à vis des étrangers. Le problème de religion ne sera sans doute que le fait de sunnites du sud ou d imams sunnites veu eux aussi du sud ou d autres pays. Enfin, comme dit le message précédent, il faut relativiser les derniers événements.Tout est une question de bon sens. Bonne Chance
AL Alenroute ·
Merci bien!!

Oui je partage les avis concernant l'attaque de dimanche, ils ont visé, des Touristes! fortuné! cela à nettement + d'impact médiatique qu'un cyclo pauvre et ne rapportant aucun point de PIB aux occidentaux.. Je compte être à kashi pour le printemps prochain, j'aviserai à ce moment.

merci à tous les contributeurs de ce forum super top pratique concret, merci!!vive l'internet libre
CL Clarissa7 Regular ·
Je crains que vous ne fassiez erreur :

D'une part les alpinistes (a fortiori chinois et ukrainiens...) ne sont pas si fortunés que cela (j'ai lu de nb récits d'alpinistes au Pak) D'autre part les Talibans visaient à mettre un coup d'arrêt à la seule région encore touristique, celle du Nord, dont le Nanga Parbat en est le principal symbole (avec le K2, mais situé bien trop loin pour eux en termes de "logistique", car à la frontière chinoise) Le sous-groupe taliban ayant revendiqué cet attentat a bien indiqué (cela a été rapporté par Al Jazeera) qu'il avait été créé pour attenter à la vie des étrangers (touristes, ONG, ...), l'objectif étant de venger les attaques US de drones etc., il est donc "politique" (et non pas économique comme vous le suggérez) Et donc, et en bref, tout étranger reste un étranger...

J'adore le Pakistan, y suis allée 5 fois yc l'année dernière (A/R sur la KKH), mais à vélo, seul, et ces jours-ci, cela m'apparaît.... dingue.

Mais bonne chance et bon vent à vous,
LU Lucq Globetrotter ·
ce qui serait intéressant c est de voir si la nationalité cible a été choisie au hasard ou non? explication: on ne peut pas vraiment dire que la chine et l Ukraine fassent vraiment partie des pays occidentaux Bien sur ce sont des groupes étrangers et non musulmans. jusqu’à présent , les talibans se battaient contre les occidentaux chrétiens et leurs représentants. jamais encore , ils ne s en étaient pris à des ressortissants chinois. pourtant, la chine, grande puissance, aide le gvt pakistanais en place et investit énormément dans le pays. et, la chine est un pays athée et de tradition bouddhiste! ce qui n est certainement pas fait pour plaire aux talibans. a mon avis, on assiste a une 3 eme étape dans le combat des talibans -1 étape: guerre contre l athéisme soviétique avec l aide malencontreuse des usa - 2 étape :a la chute de l URSS, retournement contre les allies (contre nature en réalité) occidentaux et chrétiens -3 étape : prise de conscience que leur guerre focalisée contre les occidentaux pourraient les faire tomber entre les mains des nouvelles puissances émergentes. donc on pourrait assister dans le futur, non plus seulement a des attaques contre l occident chrétien mais a des attaques ciblées contre des ennemis puissants ou potentiellement puissants quel que soient leur religion, des attentats géostratégiques.

le monde se radicalise de plus en plus, et j en ai la preuve dans mon pays, la Belgique avec notre situation communautaire qui est en train de forger petit a petit et insidieusement deux peuples séparés.

oli
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Lucq et si c'était lié à la situation politique internationale ? sachant que la Chine et la Russie ont opposé leur véto à l'Onu

le prétexte invoqué pour cette tuerie est du pipeau car comment expliquer l'assassinat des deux guides pakistanais? ensuite le parlement pakistanais se bat depuis plusieurs années pour faire cesser les attaques de drones dans les zones tribales, il y a unanimité et d'autres part les habitants des zones tribales subissent de plein fouet ces attaques de drones (habitants appelés Taliban par nos médias menteurs) et ces groupes armés sèment la terreur dans la région n'hésitant pas à s'en prendre aux enfants (lorsque j'y étais l'an dernier, ils avaient mitraillé un bus scolaire tuant plusieurs enfants par représailles au motif qu'un chef tribal s'opposait à eux). Le politique et l'économique au Pakistan sont liés

la police aurait retrouvé les tueurs http://pamirtimes.net/2013/06/27/15-terrorists-incluing-10-from-diamer-attacked-tourist-base-camp-near-nanga-parbat-says-police-chief/ ils viennent en grande partie de Chilas et ses environs, du Kohistan autour de Besham et Manserah. Apparemment ils se cachent et ça été possible de les identifier grâce aux jirgas qui sont des assemblées d'anciens. Tout finit par se savoir dans la vallée. Espérons qu'ils les attrapent et que leurs donneurs d'ordre soient révélés
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
RO Rouxy Regular ·
Sympa comme récit, j'avais passé 6 mois là-bas également en 2010 avec un traducteur et de bonne connaissance préalable. Un truc qui m'étonne par contre, on a un peu l'impression que les sunnites conservateurs et les talibans sont mis dans le même sac; la majeure partie de la population est bien entendu sunnite, à 80% . Souvent barelvi, une forme de hanafisme teintée de soufisme, enfin peu importe: l'immense majorité des pakistanais n'en sait rien non plus , ayant des connaissances assez vagues sur la question. Les moeurs sont conservatrices, et je ne me sens pas en position de les juger du haut de mon piédestal d'occidental "libéré". Très conservatrices chez les pashtos et baloutchis, conservatrices chez les punjabis, un peu moins chez les ismaeliens du Nord et les sindhis du Sud. C'est plus affaire de moeurs locales que d'orientation religieuse, même si certains pakistanais y trouvent justification à leurs pratiques.

Les talibans sont majoritairement pachtounes, ce qui ne veut pas dire évidemment que la majorité des pachtounes est talibane. Grosso modo le talibanisme est une idéologie assez peu structurée, qui mélange sans le savoir wahabbisme et moeurs traditionnelles pashto, régionalisme et résistance à l'armée pakistanaise. Dans une région semi-féodale (l'extrême Ouest du Khyber Pakhtunkhawa) où les armes et l'héroïne coulent à flot, où les services secrets pakistanais jouent double, triple, où la corruption règne en maître, nombreux sont les "talibans" qui ne sont en réalité que des bandits de grand chemin. Il n'y a aucune direction précise, tout le monde navigue à vue, au coup par coup, dans un bordel monumental.

On peut mentionner également les partis conservateurs du genre jamiat e islami, bien plus structuré et complexes idéologiquement parlant, eux aussi influencés par le wahabbisme: dans ces zones traditionnellement marquées par les différentes formes de soufisme, elles contribuent à une forme d'acculturation, pas encore majoritaire, mais plus embryonnaire non plus, d'un pays en mutation.

Il y aurait énormément à dire sur les différentes formes du soufisme, sujet que j'avais étudié là-bas, et qu'on ne voit pas nécessairement en passant- passionnant. Ca nécessite beaucoup de temps et d'investissement.

Mékong: tout à fait, les attaques de drones font en majorité des victimes civiles, plusieurs milliers à ce jour: elles attisent une haine viscérale des Etats-Unis, et poussent potentiellement ceux qui ne sont pas talibans à le devenir. Situation a priori inextricable

personnellement brun avec une coupe de cheveux naturellement pako (brushing de sharukh Khan dans les 80s😇) à Peshawar, avec un peu d'ourdou, et un shalwar kamiz, un petit sac à dos, tout le monde me prenait pour un afghan, j'ai même été arrêté par la police. Bon d'accord, j'avais ce sac à dos http://www.crux.uk.com/en/rucksacks.php?range=1&product=2 😎 , je suis passé au 37 depuis.
RO Rouxy Regular ·
Bien sur ce sont des groupes étrangers et non musulmans. les talibans ont attaqué surtout des chiites locaux, des tombeaux soufis, des endroits au hasard... jusqu’à présent , le s en étaient pris à des ressortissants chinois. pourtant, la chine, grande puissance, aide le gvt pakistanais en place et investit énormément dans le pays. et, la chine est un pays athée et de tradition bouddhiste! aujourd'hui communiste globalisée, avant bouddhiste et surtout confucianiste non? ce qui n est certainement pas fait pour plaire aux talibans. a mon avis, on assiste a une 3 eme étape dans le combat des talibans -1 étape: guerre contre l athéisme soviétique avec l aide malencontreuse des usa - 2 étape :a la chute de l URSS, retournement contre les allies (contre nature en réalité) occidentaux et chrétiens -3 étape : prise de conscience que leur guerre focalisée contre les occidentaux pourraient les faire tomber entre les mains des nouvelles puissances émergentes.

-1e étape, d'accord avec toi -2e étape, chute de l'URSS= guerre tribalo-civile, entre grands chefs de guerre, tous islamistes d'ailleurs, 89/96 -3 e étape 1996: après des approches de la population, et des chefs de guerre, souvent sans armes, les talibans prennent une partie de la zone pachtoune, voire la totalité. Les restrictions morales qu'ils imposent sont en partie acceptées par la population (mais ça se joue de village à village), usée de ces quinze ans de guerre dévastatrices. -4e étape: il faut bien comprendre que la seule période de relative paix depuis l'invasion russe, c'est la période où les talibans sont au pouvoir (attention, je ne cautionne pas du tout leur vision de la religion, bien au contraire!). Eux-même se sont vus comme des libérateurs du pays, et ont été surpris et très déçus d'être évincés du pouvoir par l'invasion américaine. De gouvernement plus ou moins légal, ils sont destitués par une puissance étrangère, et relégués au rang de terroristes. -5e étape, 2001 à maintenant: ils passent de la guérilla à l'attentat-suicide, visant avant tout l'état afghan, les civils, l'Otan quand ils peuvent. Ce n'est pas fini, et le retrait de l'Otan les redirigera vers des cibles gouvernementales. N'oublions pas qu'ils étaient en désaccord avec les US sur le fameux pipe line de la mer caspienne, mais qu'ils avaient commencé par entamer des pourparlers. Les chinois sont plus pragmatiques, et l'exploitation des mines de lithium(estimation 1000 milliard d'euros) se fait à la chinoise, intervention purement commerciale... est-ce qu'ils auront intérêt à casser ça?
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut

en effet, des Taliban sont pachtounes mais ne pas oublier que bcp de Taliban sont étrangers. Et il y a des pachtounes nationalistes et d'autres qui essayent de vivre normalement haïssant les Taliban et l'armée Us. Il y a des alliances de circonstances entre certains chefs de guerre contre les coalisés, je pense à Rachid Dostom et Gulgumar Heykmatyar.

Quant au jeu trouble de l'Isi, c'est un réel problème car les barbouzes bossent étroitement avec certains groupes armés sans foi ni loi comme tu le rappelle, qui sévissent dans les zones tribales. Tout le monde le sait mais le parlement pakistanais a du mal à exister entre l'Isi et l'armée.

C'est la population qui morfle, prise en étau, surtout dans les zones tribales. Outre les meurtres par les groupes armés et les drones, des militants des droits de l'homme et des avocats disparaissent.
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
RO Rouxy Regular ·
salut

en effet, des Taliban sont pachtounes mais ne pas oublier que bcp de Taliban sont étrangers.

Salut

Quand tu dis "beaucoup" tu estimes combien environ?
MÉ Mékong Globetrotter ·
aucune idée

mais c'est en lisant les journaux locaux qui recoupent les témoignages que ce soit dans les zones tribales et la swat vallée que tu réalises qu'il y a des étrangers dans les rangs des groupes armés.

ou en parlant avec les gens en direct comme ceux qui sont pris en étau photo : tente de protestation à Islamabad, ce jour là, j'étais trop mal à l'aise pour aller les questionner
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
CL Clarissa7 Regular ·
Voici peut-être des infos utiles, pour en revenir à la réalité récente sur le terrain, à savoir l'assassinat des 9 alpinistes étrangers (+ 1 cuisinier pakistanais) à plus de 4000 m d'altitude sur le Nanga Parbat (8126 m) :

La grande majorité des terroristes venait de la vallée du Diamir, au pied de la face nord-ouest du Nanga Parbat (plus qq uns du Kohistan et de Mansehra). Or les habitants du Diamir sont ceux qui depuis des générations bénéficient de l'économie liée aux expés de très haute altitude (porteurs, cuisiniers, sherpas, ...). C'est comme si des habitants de Chamonix s'étaient lancés dans une opération similaire sur le Mont Blanc. En bref, c'est dire le niveau d'implantation et d'extension du phénomène taliban (ou quel que soit le nom qu'on lui donne) : http://tribune.com.pk/story/568718/nanga-parbat-attack-attackers-identified-but-search-continues/

De fait, un parlementaire pakistanais a conclu que si cela continuait comme cela (et notamment à la suite de tous les attentats inter-communautaires dans le Gilgit-Baltistan de l'année dernière sur la KKH et dans la Kaghan Valley), cette région ferait aussi un jour l'objet d'attaques de drones comme dans le Waziristan etc.: http://tribune.com.pk/story/569484/next-destination-g-b-could-attract-drone-strikes-says-lawmaker/

Je viens de terminer le dernier bouquin (sorte de roman-thriller politique et ethnique) de Uzma Aslam Khan (une écrivaine pak renommée), intitulé "Thinner Than Skin", qui décrit en détail l'extension du phénomène dans la Kaghan Valley justement et jusqu'à Balakot et Mansehra, et ce à travers le sort de plus en plus pathétique des nomades Gujjars de cette région (et aussi celui de 2 américains d'origine pakistanaise de retour "at home" et dont l'inconscience mène au désastre). J'ai été effarée de ce qu'elle écrit et décrit, étant allée plusieurs fois dans cette région (au moins pour la partie Mansehra/Balakot)...

Notre Pakistan va très mal...
RO Rouxy Regular ·
La grande majorité des terroristes venait de la vallée du Diamir, au pied de la face nord-ouest du Nanga Parbat

- En bref, c'est dire le niveau d'implantation et d'extension du phénomène taliban (ou quel que soit le nom qu'on lui donne) :

Notre Pakistan va très mal...

Salut Clarissa: pour moi, après avoir fait mon unique voyage de 6 mois au Pakistan(2010), avec comme objectif d'étudier les différentes formes du soufisme, et les différentes formes d' Islam également, le niveau d'implantation du mouvement taliban est plutôt faible, y compris dans la zone pachtoune, par contre ils sont hyper-actifs. Cela étant on en a trouvé jusqu'à Dir, à Mingora... et maintenant Skardu🤪. Dès qu'on touche à la politique de ce pays, que ce soient les grands partis officiels, l'armée, L' isi, il y a mafia, corruption, meurtres. D'un point de vue non-religieux, les talibans représentent aujourd'hui-pour moi- une forme de régionalisme armé censé "résister" à la domination punjabie, et à l'ingérence américaine. C'est précisément l'ultra-minorité numérique et militaire des talibans, qui donne à leur violence l'énergie du désespoir, et les fait s'enfoncer dans une spirale aveugle et destructrice. Sans compter la notion de vengeance rituelle (Badal en pakhto): toute offense perçue doit moralement être vengée. On n'est pas près de sortir du cycle😕
DI Diamina Globetrotter ·
Salut Guillaume,

Intriguée par le carnet de Yémen, je m'intéresse donc au tien..... avec beaucoup de retard, j'en conviens. 😊 Merci de ce partage qui prouve que même 9 ans après, un carnet peut être redécouvert! Je débute tout juste avec le premier post et j'ai adoré la mise au point. 😄 Je poursuis ma découverte, et je verrai si je peux envisager d'y aller.
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie

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