Traversée du Balouchistan Mai 2014 - Baluchistan crossing May 2014
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There has been enough reports in english, so for translation, google it or harass me :)

Après tout ce que ce forum m'a apporté, il faut bien que de temps en temps je rende la pareille. Vu que beaucoup de terrestres comme moi ou autres voyageurs épris de petites aventures se demandent ce qu'il en est de la situation au Baluchistan, voici, avec un peu de retard, mon expérience.

Préambule: Suite a un voyage d'Europe vers le sud de l'Inde par la terre, je n'avais pas trop le choix que de traverser le Baluchistan, ou la frontière est ouverte avec quasi certitude et où les risques sécuritaires semblent moindres qu'en passant par l'Afghanistan.

Etape 1: Arrivée à Zahedan, Sistan av Baluchistan, Iran

Après presque un mois idillyque dans ce magnifique pays qu'est l'Iran, me voila enfin dans le train pour Zahedan, depuis Yazd. Je m'attendais à une escorte iranienne, mais après avoir vérifié mes papiers, les gardes iraniens me laissent prendre le train sans problème. Une longue nuit dans le train en compagnie de 3 Baluchs assez sympathiques, qui ne parlaient pas anglais et mal farsi. Ils m'ont montré la substance qu'il prenait, je pense du tabac, peut etre une autre drogue, je ne le saurais pas. J'ai du assez les mettre en confiance quand, petit stress, ils me montrent une video de leurs "potes" (va savoir si c'est le cas ou si c'est pour se la jouer), en train de tabasser à mort des perses (certains baluchs n'aiment pas les sistani et les perses), à Zahedan. Très sanglant et pas très rassurant, mais bon, je dors en me disant que je ne suis pas perse. Arrivé à Zahedan, je passe devant de nombreux gardes à la gare, policiers et militaires, en esperant ne pas me faire choper et avoir une escorte, ce qui aurait entrainé une obligation de rester à l'hotel deux nuits. Je me dirige vite avec les autres iraniens où se trouvent les taxis et j'en trouve un qui m'emmene chez mon hote. La, je passe deux jours tranquilles chez mon hote dans son laboratoire de dentisterie/fumerie d'opium (ca depend des clients). Je ne sors pas trop, fais des courses, passe du temps sur le net. J'ai bien sur été accompagné jusqu'au marché ou j'ai pu trouvé un shalwar et kameez baluch, assez joli mais de pas très bonnes qualité. Ajouté à cela un foulard assorti et je devrais me faire identifier comme étranger moins facilement (je suis caucasion mais j'ai une grosse barbe). J'apprend également que le train Zahedan Mixer Passanger (Zahedan - Quetta), ne roule plus 2 fois par mois comme je l'esperais mais une fois tout les trois mois, avec de la chance, cela a cause d'un deraillement. Peu importe la raison, je me suis bien renseigné et j'ai insisté lourdement pour avoir les infos. Je me suis donc résigné à prendre le bus (enfin, j'ai essayé). Solution à ce moment: taxi collectif jusque la frontière et ensuite bus de Taftan jusque Quetta.

Etape 2: De Zahedan à la frontière irano-pakistanaise

Je pars assez tot le matin pour essayer d'arriver le lendemain soir au plus tard à Quetta. Mon hote m'emmene aux taxis collectifs et trouve un taxi collectif pour petit prix, malgrès l'insistance lourde (presque indienne) de nombreux taxis a ce que je prenne le taxi seul. Cela me revient a trois fois rien (je ne me rappelle plus du prix exacte, mais moins de 5€). Le trajet se fit sans probleme et le taxi me deposa a la frontière. Je fut laissé à moi même avec seulement une vague idée de par ou on doit passer et j'avance sans preter attention aux gens qui n'ont même pas remarquer que j'étais européen. Je trouve le bureau pour sortir de l'Iran et après 30 minutes d'aattente du coté iranien à coté de la frontière même, khoda hafez, et c'est parti pour le Pakistan!

Etape 3: De la frontière irano pakistanaise à Dalbandin

Coté pakistanais, les autorités n'ont meme pas tous un uniforme qui ressemble a une autorité, et je dois forcer ma place au bureau d'entrée pour qu'ils me recoivent (depuis le Pakistan, les files, les gens connaissent plus). Une autre demi heure d'attente et on m'indique un levie (une sorte de police paramilitaire supposer s'assurer de votre sécurité) qui va constituer ma première escorte. Je monte sur sa moto et me rend a la caserne de levie de Taftan à un km de là ou j'attend une prochaine escorte. La j'explique que je vais prendre le bus jusque quetta mais ils me disent que c'est impossible. J'insiste pourtant plusieurs fois mais ils ne veulent rien entendre et me disent que de toute façon (après avoir discuté de longues minutes et pris du retard), il n'y a plus de bus aujourd'hui et que le bus n'acceptera pas de faire Taftan - Quetta pour un étranger, au vu des risques sécuritaires. L'officier levie me dit de prendre un taxi jusque Dalbandin et de là je pourrais prendre le bus, j'accepte après avoir arrangé grace a eux un taxi jusque Dalbandin pour une vingtaine d'euros. Le taxi arrive et c'est avec un très sympathique levie que je passe le début du trajet

Tout le reste du trajet et jusque Quetta, je vais regulièrement changer d'escorte toutes les quelques dizaines de kilomètres au mieux. Ca veut dire, s'arreter, noter ses détails dans un carnet, attendre parfois 30 minutes, etc. Dans les villes, l'escorte ce n'est plus des levies mais des policiers (cas de Dalbandin et Quetta).

Le trajet se passe bien, avec différents levies, parlant tous plus ou moins anglais, certains très mals, certains assez bien. Le paysage est a coupé le souffle. Tout ce que m'ont dit mes proches et certains médias trop orientés m'a quand même un peu influencé, tout le long du trajet, un leger stress est la, et reviens par moment. Cela ne m'empeche pas de dormir dans le taxi. Les villes, Taftan et Dalbandin, font clairement tiers monde et cela clash pas mal avec l'Iran. Le Baluchistan est pauvre, les trottoirs n'existent pas et les détritus sont assez présent en bord de route en ville (un peu comme le nord de l'Inde, mais moins sale). Mais ce qui m'a surtout marqué, c'est les montagnes, les champs, le désert et ses dromadaires, et j'en passe. Arrivé à Dalbandin, on me dit que je dois restera l'hotel au vu de l'heure (17h, bon...), et que demain je pourrais reprendre un autre taxi. Je m'offusque en expliquant au chef de la police qu'on m'a dit que je pourrais prendrele bus et que payer un taxi etait hors de mes moyens, de même que l'hotel car a la base je ne comptais pas dormir la. Je demande à dormir dans la caserne des levies mais il me le refuse, et dit que si je reste à hotel cette nuit car je n'ai pas le choix, ils assureront mon transport de Dalbandin à Quetta via les véhicules de patrouille. Je n'ai pas d'autre choix que de lui faire confiance. Je suis très étonné à l'hotel (500 Roupies par nuit), un peu miteux d'ailleurs mais le seul à Dalbandin, de rencontrer deux autres européens! Un autrichien et un autre européen qui faisaient la route avec leur propre véhicule, dans l'autre sens. Coupure de courant sont fréquentes à Dalbandin et après une nuit difficile a cause de la chaleur et de mon levie qui a décidé de dormir au pied du lit en ronflant.

J'en profite pour noter au passage que je suis tombé deux trois fois sur des levies qui quemandait un peu d'argent pour leur retour ou autre, ce que l'on est pas en obligation de leur donner bien sur, ca c'est à vous de voir. Refuser de donner une fois m'a posé un soucis, qui me semble etre exceptionnel, j'expliquerais par la suite.

Etape 4: De Dalbandin à Quetta

Au petit matin, mon premier pick up m'attend pour commencé la route vers Quetta. Les paysages se font moins desertiques et plus montagneux, et la route est toujours très scenique et splendide. Je suis transferer d'escorte en escorte, donc de pick up en pick up (avec en général 2 ou 3 levies, ce qui changeait de la veille ou j'en avais juste 1). Jusqu'à ce que...

Je m'appretais à changer d'escorte mais le pick up de l'escorte suivante ne fonctionnait pas apparemment, on pris donc la moto d'un levie et nous partimes à deux pour le prochain check point. Sur le chemin, il me dit plusieurs fois qu'il voulait que je paie 300 Roupies d'essence. Un peu trop cher a mon gout, mais vu qu'il n'avait peut etre reellement plus d'essence, je lui dit de se rendre a la station service et qu'on payerait à deux, je payais 100 au final et la il se fachait que je ne lui donnais pas plus, il pris l'argent, ne rechargea plus la moto et m'emmena plus loin. La, il me deposa à un check point et me dit de rentrer dans un bus car il ne voulait pas m'emmener plus loin. Je me dit qu'il me suivrait, mais non, le bus parta sans lui, il n'a pas voulu venir avec.

Donc je voyageais une grosse heure dans le bus jusqu'a un autre checkpoint. La, je fis des rencontres interessantes. Des étudiants islamiques afghans, qui me poserent pas mal de questions, je leur ai bien sur dit que je n'étais pas américain ni israeliens, comme ce n'est pas le cas, et au vu de mon look, ils me demanderent si j'etais musulman, je répondis par l'affirmative pour ne pas avoir de probleme et comptant sur ma connaissance de l'islam en cas de questions plus poussées. On parla de mon voyage, de l'émirat afghan, etc. Des gens assez sympathiques au final, pas les démons qu'on a l'art de faire le portrait en Europe. Mais quand j'ai compris et qu'ils m'ont avoués même leur allegeance, ca a quand même fait un peu stresser :) Le bus m'ayant déposé, je pris une nouvelle escorte après que les levies furent étonné de me voir sortir du bus sans escorte.

Le reste du trajet se fit sans encombre à part des escortes de plus en plus militarisées à l'approche de Quetta

Etape 5: Séjour à Quetta

Je fut emméné à l'hotel Bloomstar qui m'a été recommandé et la, je ne pu sortir de cet hotel sans escorte. L'hotel était très chouette, et pas trop cher au final. Il fallait à chaque fois appelé la police via l'hotel pour avoir une escorte, et seulement pendant la journée. Je profita donc de mon temps à l'hotel et ne vis Quetta qu'avec les escortes policières. Une ville presque entierement masculine, assez bruyante mais aux gens très sympathiques, de ce que j'en ai vu. La difficulté majeure, chose que j'appris a l'rrivée à l'hotel, c'est que pour sortir de Quetta, il faut un NOC, un Non Objection Certificate, en detaillant quand on veut partir et par quel moyen. J'ai du donc passé un jour supplémentaire, le lendemain, à me rendre de bureau en bureau pour obtenir ce certificat après 5 heures d'attente (apparemment, en général c'est plus long, plusieurs jours, mais il faut insister). Enfin ce papier en main, je Quetta le lendemain. Autre chose à faire, obtenir un billet de train, mais ca a été tout seul et rapidement, si on oublie qu'il faut se coltiner l'escorte partout.

Etape 6: De Quetta jusque Lahore

Depuis l'hotel, l'escorte m'a emmené à la gare et j'attendis avec la police le train qui était plusieurs heures en retard. Une fois dans le train, je ne pris pas place à ma place reservée mais dans le compartiment des gardes. Je restais avec eux dans ce compartiment assez spacieux et confortable, jusqu'a ce que je quitte la frontière Baluch ou je pris ma place jusque Lahore, et où la chaleur étouffante et la maladie des voyageurs ont commencé a se manifester...

Voila pour le Baluchistan. Sinon, Lahore était géniale, je recommande vraiment comme ville, surtout pour ses habitants, ca change completement du nord de l'Inde en terme d'hospitalité.

PS: Si quelqun a un site pour heberger des photos, je le lui envoie et puis je met les liens dans ce message après. PS2: Désolé pour les fautes d'orthographe.





ME Meg2 Globetrotter ·
traverser le Baluchistan, ou la frontière est ouverte avec quasi certitude et où les risques sécuritaires semblent moindres qu'en passant par l'Afghanistan.

oui, certes, mais disons que c'est relatif... Cf dépêche AFP du 8 juin 2014: afp.com/.../pakistan-23-morts-attentat
GE Geysir111 Regular ·
traverser le Baluchistan, ou la frontière est ouverte avec quasi certitude et où les risques sécuritaires semblent moindres qu'en passant par l'Afghanistan.

oui, certes, mais disons que c'est relatif... Cf dépêche AFP du 8 juin 2014: afp.com/.../pakistan-23-morts-attentat

Des shiites, c'est triste, mais c'est surtout contre eux que sont organisé les attentats.
FA FabGreg Globetrotter ·
Les statistiques montrent que les attentats islamiques font plus de morts musulmans que de toute autre religion.

Ainsi, au Pakistan, en Irak, en Syrie... Les hazaras ont aussi bien souffert en Afghanistan.

Triste illustration que ce récent attentat au Baloutchistan.

Merci Yannick pour ton compte-rendu, d'autant que c'est une zone vraiment en dehors des sentiers battus.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.

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