De Cuemba à Quellimane

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SA
Cuemba.. Une halte sur la route du Malawi.. Mais je fais demi tour. Je suis arrivé dans cette ville, hier soir vers 16 heures par le train qui part de Nampula le matin à 6 heures. Ville sans aucun intérêt, mais point de passage obligé. Je souhaitais découvrir les bords du lac Nyassa à partir de Linchinga et je pensais revenir à Maputo par l'avion. J'apprends de la LAM, compagnie aérienne nationale, que l'aller simple pour Maputo est à 360 euros. Là c'est trop... Je rebrousse chemin en direction de Maputo, toujours par la route. Je pourrais reprendre le train en sens inverse mais je décide d'aller à Gurué. Etape manquée en montant vers le Nord. De là, il sera simple de rejoindre Mocuba. Normalement.

Lever 4 heures du matin. Je quitte l'hôtel "Carioca" sans regret. Escroquerie pure. Mais pas de concurrence à part un autre hôtel plus cher et aussi lamentable. Rues désertes, lumières blafardes. Atmosphère pesante. Fraîcheur de la nuit. Estomac vide. Il faut rejoindre l'endroit de départ des chappas pour GURUE et marcher environ deux bons kilomètres. Traverser la voie ferrée.

Départ à 5h30. Dans un van hyper chargé....22 personnes et 3 enfants. Je n'en crois pas mes yeux. Jamais je n'avais vu ça auparavant lors de ma vie de voyageur, pourtant pas si mal remplie. C'est invraisemblable mais pourtant réel. Je n'ose pas imaginer ce qui se passerait en cas d'accident. Je suis effaré alors que les passagers sont plutôt souriants. Ils acceptent de bonne grâce d'être traités de la sorte. L'inconfort ne semble nullement les perturber et fait partie de leur quotidien , à défaut, de leurs habitudes. Soumission totale au dicktat du chauffeur. C'est ça ou rester sur place. il n'y a qu'un seul chappa pour Gurué.

Paysages vraiment jolis et piste bien carrossable. Le chappa peine dans les montées car nous sommes, à l'évidence, en surcharge. Avant Gurué, une petite altercation avec le chauffeur du Chappas. Son véhicule est tombé en panne à 20 kms de la ville et il veut nous faire payer malgré tout, la totalité du trajet. Soit 200 Mtz. Je refuse. Échanges virils. Je suis d'autant moins enclin à faire un effort que je le trouve fort désagréable, un peu hargneux et surtout à la limite de l'honneteté. Je lui laisserai 150 Mtz malgré ses menaces. Mes 115 kgs ont fait pencher la balance de mon côté.

Je rejoins GURUé à l'aide d'un 4X4 qui a bien voulu s'arrêter pour me prendre à son bord. La route est superbe. de la moyenne montagne, vallonnée, couverte d'immenses plantations de thé. Juste le temps de m'acheter un morceau de pain, j'attrape de manière inattendue, quasiment inespérée, un bus qui part pour Mocuba. Un Coaster Toyota où ne nous sommes pas entassés comme du bétail.!! Finalement le plaisir sera de courte durée, le conducteur nous déposera à mi- chemin à ILE. C'est une pratique courante de se refiler les passagers comme s'il s'agissait d'une vulgaire marchandise. Je poursuis donc ma route dans un autre mini-van, bien moins confortable. Mais il ne reste que 1h30 environ de transport. Ca ira. A MOCUBA , c'est le même scénario, le chauffeur transvase les passagers dans un autre Chappa qui est déjà bien rempli celui-ci.. Je décide de mettre fin à ce désagréable scénario et réclame l'argent du voyage payé jusqu'à Quellimane. J'ai décidé de tenter le stop. Je connais déjà l'endroit pour y avoir passé une nuit en montant vers le Nord. Je marche un bon kilomètre pour m'éloigner de la gare des chapas malgré les recommandations pressées des locaux qui m'incitent à rester sur place. Ils sont convaincus que j'aurai bien plus de chance de trouver une voiture à cet endroit. Ils n'ont pas compris mon intention. J'attends donc, debout en plein soleil, à la sortie de la ville qu'un véhicule s'arrête. En vain malgré un bon trafic de voitures. Cela dure plus d'une heure. Finalement un "camion- chapas" s'arrête et m'emmène pour 120 Mtz. Il s'arrêtera partout, évidemment. J' arrive donc de nuit à QUELLIMANE . Difficile, ici comme dans le reste du pays, de trouver une chambre d'hôtel digne de ce nom. J'ai cependant une adresse. Le "Rosy hôtel". Chambres à 1000 Mtz. Il est plein. On m'indique la " Pension IDÉAL ". A quelques centaines de mètres. Pas trop mal. Plutôt fréquentée et restaurant contigu. Chambres disponibles. Avec ou sans " salle de bain". Pour 750 Mtz ce sera sans salle de bain. Bien suffisant. Surprise, à ce prix là j'ai droit à une antique climatisation qui me sera de toutes façons inutile. Les nuits restent fraîches. Le matelas a déjà bien vécu. Je passerai la nuit sur les lattes de bois de ce qui sert de sommier. Réveillé dès 6 heures. Presque une grasse matinée. J'en ai ma claque de me lever à 3 heures du matin pour prendre des bus bondés.

Il set plus de 7 heures quand je quitte l'hôtel. Il faut rejoindre Nicoalada, la jonction de la route principale qui me mènera à Inchope.

3 véhicules différents pour arriver a INCHOPE. Le premier tronçon est effectué avec un petit camion- pick up. 20 mtz pour se rendre à Nicoalada. Ensuite, un camion plus traditionnel jusqu'à Caia pour 200 mtz et enfin un bus "Nagui" ( trés bien) qui vient de Pemba et part à Maputo pour 300mtz. Arrivée à 17 h30. Certaines portions de routes sont désastreuses car pleines de nids de poules.

Arrivé à INCHOPE, je sais déjà où je vais dormir. C'est l'avantage d'y être passé en arrivant.. On me reconnaît.. J'aurai donc la même chambre au même prix et toujours sans douche. Une grosse bassine d'eau fera l'affaire. Je mange mon poulet-frite, un peu cher pour l'endroit, et vais me coucher après avoir avalé deux grandes bières. Je suis fatigué, du trajet, et de ce pays...

une bonne nuit de sommeil et demain ça ira mieux...
Bien cordialement.

SAINT.

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