Salut bambizou.
Nous sommes Camille et julien, les 2 copains de Romain et Nico, avec qui ils etaient pour passer au Tibet.
Une première chose que tu as bien senti est le facteur "chance". C'est lui qui nous a permis d'obtenir les billets de train Beijing-Lhassa. Ensuite, le passage en gare nous a semblé d'une facilité déconcertante. Mais d'après Romain et Nico, des écossais à vélo se sont faits refoulés... En version sac à dos, c'est tellement plus discret !
C'est la suite qui pose soucis. Une fois à Lhassa, pas trop de problèmes, si ce n'est de trouver l'hotel qui t'accepte, mais il en existe.
Au Tibet, logiquement aucun local n'a le droit d'héberger ou de transporter un touriste non chinois. Et c'est là le plus dur, c'est qu'ils s'exposent à de sérieux problemes. Un guide touristique tibétain avec lequel nous en parlions a utilisé le mot "persecutions". Pourtant c'est bien dans son bus de touristes slovaques que nous sommes montés et avec lequel nous avons rejoint la frontière. Le chauffeur, le guide tibétain et le guide slovaque se sont mis d'accord tous les trois pour nous emmener alors que nous faisions du stop. En ce qui nous concerne, c'est notre deuxième chance, dont Nico et Romain n'ont pas eu besoin en voyageant à vélo.
Avant, nous avions pris un bus local avec un billet que le chauffeur de bus nous a acheté car la dame du guichet ne voulait pas nous le vendre (on lui a donné l'argent du billet et comme il ne voulait pas, les gens qui suivaient la discussion l'ont persuadé. Tout s'est passé en tibétain, donc on ne sait pas trop ce qu'ils se sont dit) et nous avions marché quelques jours de monastère en monastère. Nous avions la tente et avons aussi dormi dans les monastères qui vous accueillent facilement, gratuitement et offre le thé et l'eau chaude (toujours avoir des nouilles chinoises sur soi, romain et Nico vous le diront !!!), sans doute car ils nous ont pris pour des pellerins. Lorsque l'on marche, plus de stress. Les controles sont sur les grands axes routiers touristiques, pas sur les sentiers des cols !
Et puis, il y a la période. Les controles sont nettement plus intenses en saison touristique et les checkpoints plus nombreux. Nous y etions la première quinzaine de novembre. Le froid arrive, donc les touristes partent !!!
Pour ce que l'on risque, ma réponse est: pas grand-chose. En tout cas, je ne pense pas que ça puisse aller à la prison. Le voyageur ou touriste a un statut un peu spécial, un peu protégé que n'a pas le tibétain local que l'on peut terroriser sans problème. Donc à ton niveau, tu risques au pire une amende ou moins pire une reconduite à l'aéroport de Lhassa ou au mieux absolument rien !!!
Pour le passage de la frontière, nous avions prévu un bon gros mensonge, une histoire de guide chinois alcoolique avec lequel je me suis battu et blablabla...
Si tu as un peu de temps, voici le récit de nos trois semaines en Chine et au Tibet: http://kametju.blogspot.com/2009/11/ce-que-cest-bon-la-liberte-dexpression.html
Pour conclure, je pense que le mieux est d'y être, de prendre la température et, si les choses sont en place, de se laisser porter par les évènements. J'avais retourné et imaginé des situations dans ma tête ou en rêve durant les semaines précédant notre arrivée à Beijing. Mais les choses se sont déroulées d'elle-même. On a surement saisi les opportunités quand elles se sont présentées. Ce doit être le facteur "chance". Je ne pense réèllement pas que nous ayons plus de cran que quelqu'un d'autre. Nous etions dans l'action. On a réagi au feeling aux situations. C'est comme pour le voyage en général, le plus dur est de prendre la décision de partir et de faire le premier pas. Les autres s'enchainent naturellement...
N'hésites pas si tu veux d'autres infos, nous nous ferons un plaisir de t'en donner.
camille et Julien
Camille et Julien