La journée «restauration». (Episode 10)
Nous ne sommes pas rentrés squelettiques des USA car, hormis les heures indues auxquelles nous prenions nos repas, nous mangions bien. Très bien même.
J’ai même découvert quelques nouvelles épices comme le caraway dont je vous ai parlé dans un des chapitres précédents et le poivre au citron qui agrémente les salades.
Il en est bien d’autres et vous en connaissez certainement plus que moi car je cuisine assez «au naturel».
Seulement les enfants n’ont pas voulu que nous fassions l’impasse des restaurants. C’est ainsi que nous avons dîné (midi) dans un restaurant himalayen, soupé (soir) dans un restaurant italien, un japonais, un turc et, politesse oblige, un américain! Je souris, car il ne s’agit nullement de politesse, mais bien de curiosité.
* * *
Enkeleida est à la maternité, elle se repose de la naissance du petit. Il a un jour et nous venons d’arriver, fatigués mais heureux. Jimmy veut fêter cela en nous emmenant dans un bon restaurant japonais où l’on cuisine le poisson cru: tout un spectacle qui peut s’admirer si l’on obtient une place au «bar» de cuisson.
Pour le parking, aucun problème: nous nous arrêtons face au resto, remettons nos clés à une des personnes devant le resto. Il ira la parquer à un endroit autorisé et reviendra rejoindre sa place au pas de course. Une autre manière de faire du sport. Une autre manière de stationner très agréable pour le client, qui n’a pas à faire 1 km à pied pour retrouver sa voiture.
A la sortie, le coursier ira la rechercher. Et ce qui ne gâte rien, la somme exigée n’est pas très élevée. De plus en plus de restaurants procèdent de la sorte.
En tout cas, ce restaurant-ci est très prisé et est reconnu pour la fraîcheur de son poissson. Beaucoup de célibataires y passent leurs soirées car, installés au «bar», ils peuvent parler avec le cuistot et lui demander ce qu’ils désirent. Ce dernier se fait un plaisir de les épater avec ses sushis artistiquement présentés, le tout avec un poisson hyperfrais. En fait, si on le veut plus frais que cela, on le mange vivant!
Cette manière de faire crée la convivialité dans une ambiance agréable et détendue.

Clic!
Nous n’obtenons pas de place au «bar», mais si cela chagrine un peu Jimmy qui désirait nous offrir «la totale», nous, nous sommes heureux de rester à 50 cm du sol. Nous venons de passer près de 12 heures à 9 000 m d’altitude, alors retourner à 1 mètre du sol, sur un tabouret, aussi confortable soit-il, ne nous tente pas davantage. Meuh! le bon plancher des vaches!
Je ne répéterai rien du nom des plats qui nous ont été servis. Je n’y connaissais rien! Je suis «très» chanson française, cuisine française...et, merci de me le souffler, provinciale. Ce qui n’empêche pas la curiosité et tous les plats sont de petits tableaux. Alignés comme à l'armée, les sushis nous sont servis sur de petits plats par des serveurs extrêmement gentils. Les plats sont jolis comme tout! On mange avec les baguettes ou avec les doigts. Je choisis les doigts car, rien à faire, avec les baguettes, je tricote! Oui, oui, provinciale! Je sais.
Le poisson est tranché finement ou en morceaux extra-fins, entourés ou pas de riz, assaisonnés ou pas d’épices, en croûte parfois. J’ai beaucoup aimé le saumon, carpaccio miniature. Le reste..., je n’accroche vraiment pas. Ce qui n'est pas le cas des autres convives ni de mon mari. Tous apprécient et s’en délectent.
Edmée (*), une amie, me disait adorer ça plus que tout au monde. Elle raconte: les sushis sont poisson et riz collant présentés ensemble dans de petits rouleaux ou cubes. On y ajoute des algues etc. Et les sashimis sont les tranches de poisson cru, servies avec le riz collant à part, avec des lamelles de gingembre et la fameuse moutarde verte qui fait sauter au plafond, le Wasabi.
Jolie expérience que ce restaurant japonais dont le type de cuisine extrêmement «branché» est régulièrement présenté à la télévision.
Ah oui ! Au moment de régler l’addition aux USA, ne jamais oublier d’ajouter les 20 à 25 % de taxes et de service. Il vaut mieux s’en souvenir lorque l’on regarde le prix des menus ; quand on n’y est pas habitué, ce Œ du prix non mentionné rend trompeur le prix affiché.
* * *
Les enfants rentrent d’une visite de chez le pédiâtre. Non! Le pédiâtre, ce n’était pas pour le papa! Le repas est prêt.
- Eteins tout, maman. Nous vous emmenons au resto!
Et nous voici, entassés à cinq dans la New Beetle. C’est le petiot, installé dans son siège, qui prend le plus de place!
Et justement, à propos de siège pour enfant : quand Jimmy est allé chercher Enka et Andréas à la maternité, il fallait déjà avoir le siège pour bébé. Quand il y est installé, quelqu’un vient vérifier le tout. Et si ce n’est pas en ordre ou si tu n'as pas de siège, tu n’emportes pas le bébé! C’est clair et net! Aucune dérogation ni compromis à la belge!
Vous voilà prévenus.
Retour au centre ville.
Nous stationnons facilement devant le restaurant himalayen et l’accueil reçu est des plus sympathiques.

Clic!
Nous remarquons immédiatement que les enfants sont bien connus et appréciés ; ils expliquent qu’ils y viennent fréquemment lorsqu’ils reçoivent des professeurs étrangers pour des conférences. Les prix ne sont pas élevés et l’on y mange vraiment très bien.
Toujours perdus dans ces menus dont ne comprenons pas un traitre mot, nous nous laissons guider tout le long du buffet. Et nous avons aimé: les différentes sauces dont les piquantes qui nous feraient presque plonger la langue dans n'importe quoi pourvu que ça rafraîchisse…, les différents légumes, les différents plats. Et ce que j’ai le plus aimé est une boisson à la saveur à nulle autre pareille : elle est à base de yaourth et elle rafraîchit délicieusement la bouche: le lassi
Le bébé nous accompagne. Il dort durant tout le repas et, comme tous les bébés, attire tous les regards. Le patron est aux petits soins pour la jeune maman. Il explique:
- Dans mon pays, nous donnons une boisson qui revigore les jeunes mamans. Je vais dire à mon cuisinier de vous en préparer immédiatement.
Aussitôt dit, aussitôt fait! Et le cuisinier, tout fier, ramène un bol contenant un bouillon brûlant à base de jus de légumes et surtout de beurre fondu, le tout aromatisé de caraway. Et il faut boire! Enka est entourée: le patron qui sourit, le cuisinier qui attend le verdict, quelques serveurs qui passent et repassent et nous.
Je souris. Pas facile, facile. Enka ne pourra vraiment pas le terminer. Que faire ?
Aucun problème. On lui ramène un petit thermos de la cuisine. La boisson arrivera à la maison.
Merveilleux accueil empli d'humanité.
Ces Népalais ont tout quitté pour venir gagner leur vie ici et ils y sont parvenus. Que Dieu, quelle que soit la manière dont on l'appelle, fasse qu’ils gardent leurs racines !
* * *
Le restaurant italien (qui n'existe plus maintenant)
Restaurant classique, chic et qui offre une belle carte.

Un grand parking. Une place de choix. Etonnant, le peu de monde...alors que d’habitude, il faut réserver longtemps à l’avance…! C’est que ce soir a lieu la grande finale du super-bowl. Moment sacré entre tous: tout le monde reste chez soi pour suivre la finale à la télé!
Je n’étais pas très tranquille:c’estle soir, le petit bout qui nous accompagne toujours est fatigué. Je reconnais que, pour moi, quand on a un petiot, rien ne vaut être à la maison. Mais, là aussi, il dormira à poings fermés durant tout le repas. Brave petit bout d’chou!
J’ai oublié sur quels mets se sont portés nos choix: nous avons tous pris quelque chose de différent, histoire de piquer à gauche et à droite. Tout fut très bon et la soirée agréable. Comme toujours.
* * *
Mais aussi le restaurant américain!
Nous sommes à Moab, nous venons de visiter le parc des Arches. Moab, j’en parlerai dans un prochain épisode. Aujourd’hui, je me réserve aux plaisirs de la bouche.
Le «manger» à l’américaine, c’est la troisième fois que je le vivais.
Une première fois à Atlantic City, le Las Vegas de l'Est. Rien n’est cher puisque l’on chouchoute les clients dans l’unique but que ce qui n'est pas dépensé au resto l’est dans les casinos. J’ai vu là-bas un gaspillage comme je n’en ai jamais vu. Des assiettes énormes dont les deux tiers resteront sur les tables. Des assiettes gorgées de desserts divers dans lesquels une seule bouchée a été prélevée. J’ai été écœurée comme jamais. Ecœurée par la nourriture et par le gaspillage. Je déteste cela plus que tout! Trop de gens dans le monde meurent de faim.
Une seconde fois à Philadelphie. Nous avions fait connaissance à Philadelphie d’un petit, comment dirais-je, d’un petit snack sur un marché. Construit à la place de l’ancienne gare, ce marché accueillait marchands de fruits, de légumes, bouchers, boulangers, amishs (à ne pas confondre avec les mormons) et leurs légumes et, dans ce marché, quelques coins étaient réservés à la restauration.
Nous avons mangé à l’américaine et je vous assure que nous ne sommes pas prêts de l’oublier: hamburger et frites. Manger proprement fut difficile tant la graisse coulait des oignons emprisonnés dans leshamburgers. Les jeunes aimaient, les amis des enfants aussi, même si tout le monde était bien d’accord pour dire que l’on ne pouvait surtout pas manger ainsi tous les jours! Bah tiens!
En tout cas, mon mari qui fuit le cholestérol comme la peste, fut bien difficile à calmer. Je souris à ce souvenir d’immersion gustative dans ce type d’endroit.
Et aujourd’hui, Moab. Nous choisissons un restaurant américain. J’ai envie d'un hamburger américain, de frites américaines. J’ai envie aussi de ces rondelles frites que les Américains mangent avec la boisson apéritive.

clic!
- Que mangent-ils, demandé-je à Jimmy ?
- Ca, c’est typique à l’Amérique, c’est très bon, ce sont des oignons frits.
J’entends mon mari qui dit :
- Noooon! Tu ne vas pas prendre cela!
- Si, si! J’ai envie d’essayer. Zut alors ! Ce n’est pas demain la veille que je reviendrai par ici et, sous le regard réprobateur de Robert, nous commandons une assiette d’oignons frits.
Résultat: bof. Surfait. Même une mouche entendrait les yeux de mon mari dire "Bien fait!".
Tout le reste fut bon. Encore une fois, un plat à ne pas prendre chaque jour, mais être en Amérique et ne jamais manger ce qui leur est typique, non, je ne pouvais pas leur faire cela. Ni me faire cela. Rires!
Un petit mot sur le personnel: gentil comme partout. C’est une des qualités ici, la gentillesse des gens. Leur ouverture à la discussion, à l’échange. J’adore. Vous leur demandez tout ce que vous voulez, vous craignez d’être indiscrets… Eh bien pas du tout, on vous répond très simplement. Il n’est pas de sujet tabou.
Elle est là, la liberté américaine.
C’est elle aussi qui accepte toutes les idées, du «pour-l'IVG» au «contre-IVG», du «pour-le-port-d'arme» au «contre-le-port-d'arme». L’avis de chacun, ici, n’est pas un problème et l’Europe se laisse encore trop manipuler par le sensationnalisme des reportages télé qui satanisent certaines attitudes, certains mouvements.
Quand je dis à mon fils et à ma belle-fille :
- Vous avez bien vu ces groupuscules nazis.
Ils me répondent:
- Ici, ce n’est pas un problème. C’est une minorité et si on monte tout un dossier sur une minorité, c’est uniquement dans le but de créer un reportage-choc. Ne t’inquiète pas, ces mouvements sont parfaitement connus et contrôlés.
Cette liberté et ce côté «battant» sont deux traits du caractère américain que j’aime par dessus tout.
Je me révolte contre la délation qui fait que si quelqu’un met ses pieds sur les sièges d'un train (compagnie privée), aussitôt deux «GSM» sortent des poches et, à l’arrêt suivant, la police monte dans le train.
A ma révolte, on me répond:
- Tu dois savoir ce que tu veux. Tu n’aimes pas le saccage, tu n’aimes pas l’indifférence et le manque de prise de responsabilité. Ici, on la prend. La manière est peut-être discutable, mais la pseudo-indifférence est-elle si jolie ? Et vlan! Je dois à nouveau réfléchir.
Mais zut, je n’aime toujours pas la délation!
Par contre j’ai aimé quand, à Paris, Jean-Jacques, un ami de mon mari, a houspillé un jeune de 12 ans qui emm... tout le monde dans les transports en commun. Il fut le seul à avoir osé. Ca, j’ai aimé et, semblant de rien, le Jean-Jacques, eh bien, il m’a donné une leçon que je ne suis pas prête d’oublier.
Et dire que, dans ce paragraphe, tout a commencé par un hamburger!
* * *
C’est la veille du départ. Normalement, nous aurions dû passer les deux derniers jours en compagnie des parents et de la famille d'Enka. Seulement, à Philadelphie, il y avait 53 cm de neige et l’aéroport était fermé. Nous n’aurons donc pas la chance de nous revoir.
Odisea, Evelina, Joey, Milena, Toshi, Lluk je vous envoie mille baisers d’ici, many kisses from Salt Lake !
Nous devions également passer cette dernière soirée ensemble dans un restaurant libanais . Nous disons aux enfants de remettre cela à plus tard. C’est mal connaître les enfants que de croire, ne fut-ce qu'une seconde, qu’ils nous écouteront!
Ce soir, restaurant libanais.

Clic! Allez Andréas, en route! Tu as à peine un mois et ton inconscient a déjà dû sentir les parfums de l’Italie, du Japon, de l’Himalaya, des USA et maintenant ceux de la Turquie. Aucun ne vaut celui de maman, n’est-ce pas mon petit bout! Quant à moi, je sens déjà l'odeur du départ et cette odeur-là, je l’exècre entre toutes!
Nous poussons la porte: atmosphère particulière. J’adore ces petites lampes qui tamisent l’ambiance, ces couleurs qui donnent de la chaleur. J’aime moins le fait qu’il faille attendre son tour pour avoir une table.
Sur ce point, on ne me changera pas. J’aime le confort du luxe et le luxe du confort. Et attendre une place me dérange toujours énormément. Mais pourquoi m’en faire ? Andréas dort, je n’ai donc qu’à attendre partiemment notre tour.
En deux temps trois mouvements, la table est dressée. Nous sommes bien placés et nous pourrons apprécier tous les mets qui nous serons servis.
- - Je reviendrai compléter cette page une fois les enfants-là, car j’ai totalement oublié tout ce que nous avons pris--
- S’il vous plaît, pas de dessert!
Mais vous l’avez deviné. Nous aurons un dessert. Un bbbb-finger. Et ce fut bien un finger. Petit et délicieux.
Finalement j’aurais bien pris two fingers.
* * *
Bon appétit !
(*)Edmée de Xhavée