Tristes éthiopiques?
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J'avais mon billet ! Le 28 septembre, j'atterrirais à Addis-Abeba, capitale de la mythique terre des " faces brûlées ". Etrange pays où l'on ignorait l'heure solaire et préférait la calculer lorsque la nuit tombe. Rares étaient les messages qui lui étaient consacrés sur ce site. Je les ai lus. Plus je lisais, plus j'avais l'impression qu'on aimait passionnément l'Ethiopie ou qu'on l'avait détestée... viscéralement. Pas de " bof ", " mouais c'était pas mal " ou autre constat mitigé. Certains échanges dégénéraient plutôt à grands coups de " toi, ta gueule ! ! " quand on n'accusait pas le voyageur dégoûté de xénophobie. Les propos les plus violents étaient vite supprimés. Mon voyage a eu lieu et je continue de lire les discussions. Elles sont plus modérées... mais le fond ne change pas : l'Ethiopie subjugue ou fait mal. Moi, elle m'a fait mal. Depuis je ne cesse de me demander pourquoi. Alors que j'espérais y couler des jours relativement paisibles, épuisée je m'y suis effondrée en larmes. On m'y a insultée. Elle est le seul pays que j'ai voulu quitter au plus vite.

Arrivée à Addis-Abeba. Ville à la topographie extravagante... dénivelés incroyables. Nous sommes deux, nous allons faire la petite boucle dans le nord via ce que l'on appelle " la route chinoise ". Ni Candide, encore moins Cunégonde, nous partons à la recherche d'un autre Eldorado : l'Abyssinie. En bus. Sans agence. Sans guide. Ca a peut-être été notre tort.
SY Sylvie57 Regular ·
I. Lalibela ou comment on vous prend pour des poires

Lalibela, la noire Jérusalem... Charmante petite bourgade où la puce est reine. Ses onze églises ne sont pas construites, elles sont creusées dans le sol. C'est beau. Ah Lalibela ! la ville qui n'a plus de saint que le nom. Clergé cupide qui pratique le business plus que les offices. Le prêtre de Lalibela et des environs est en effet passé maître es calculette. A 40 kilomètres de là, Yemrehanna Kristos. Eglise paumée, perchée dans les montagnes. Elle se visite moyennant un droit d'entrée assez élevé. L'endroit est absolument magique. Faite de marbre et de bois, intégralement décorée, elle est édifiée au fond d'une grotte. Plongée dans l'obscurité.

Nous... en l'occurrence quatre français et deux anglais : - Fait sombre, on n'y voit goutte. Hé, mais c'est pas des néons ça ? Lui... jeune prêtre :- Si si ! seulement pour pouvoir les allumer, il faut mettre le générateur en route. Et pour ça, il faut payer un supplément. Nous... incrédules : - Il déconne ? Non, il ne déconne pas. Vingt minutes plus tard nous sommes toujours à la case départ. Pendant ce temps, Lui compte deux fois nos billets, les donne à un coreligionnaire qui recommence la même opération. Au cas où. Nos birrs échouent au final dans les mains d'un troisième prêtre qui les recompte... aidé d'une calculatrice. Nous les regardons, définitivement atterrés. Nous n'avions pas envisagé l'érémitisme sous cet angle. Lui... imperturbable : - Si vous voulez qu'on allume la lumière, ce sera plus cher. Avec nous, Jane. Jane est anglaise et photographe. Free lance, elle parcourt le monde en quête d'images qu'elle vend à des guides de voyage et des magazines. De retour chez moi, je découvrirai des photos d'elle dans presque tous mes LPs. Nous logeons dans le même hôtel à Lalibela. L'Ethiopie la déçoit. Jane... furax : - Toi tu commences à nous les briser ! ! Tu viens d'empocher 300 birrs. Alors soit tu actives ton p... de générateur histoire qu'on ne soit pas venu pour rien... soit quand je rentre à Addis, je file à l'office du tourisme et je te taille un costard ! ! ! ! !

Moui... arrivé à un certain stade d'agacement, votre seuil de tolérance chute inexorablement jusqu'à parfois atteindre le degré zéro.Venir jusqu'ici n'avait pas été des plus simples.Il avait fallu négocier férocement avec un chauffeur qui nous réclamait des sommes délirantes. En prime ces types se foutaient ouvertement de nous.Quoiqu'il en soit, les menaces de se plaindre à la capitale n'ont pas été vaines. Jane venait d'ailleurs de toucher du doigt, sans le faire exprès, un véritable sésame. Il nous a été très utile par la suite. Soudainement la lumière fut !

En Ethiopie, on se déchausse avant d'entrer dans les églises. J'avais fait de même en Thaïlande avant d'entrer dans les temples ou dans les mosquées en pays musulmans. Jusque là, tout était normal. Mais à Lalibela, on insiste pour veiller sur vos chaussures. Dire à votre interlocuteur que c'est inutile... revient souvent à ne rien dire.

Un clone de Lui nous attend à la sortie : - J'ai gardé vos chaussures, ça fait 2 birrs par personne. Nous... franchement excédés : - On n'a rien demandé et nos godasses peuvent bien se garder toutes seules. A fortiori dans un endroit où il n'y a personne à 20 kilomètres à la ronde. Le copain de Lui s'est échauffé. Les autres sont alors arrivés. Tous se sont énervés.Las, nous nous sommes assis par terre. Pas la peine de parler, il suffisait de se regarder pour lire l'écoeurement sur nos visages. Dieu que c'était moche ! Là, devant cette église qu'un roi avait fait construire si haut pour être plus près de son Dieu, une assemblée de prêtres essayait de nous plumer. Nous étions la manne... et rien d'autre.

(à suivre...)
YA Yangguizi Globetrotter ·
Voilà un récit que je prends beaucoup de plaisir à lire: intéressant et bien écrit. Je ne suis jamais allé en Ethiopie, et ne connais personne qui y soit allé, mais le pays me tente beaucoup. Je vais donc suivre tes aventures avec beaucoup d'intérêt.

La suite, la suite!

Pour ce qui est du mariage d'amour entre fric et religion, je l'avais déjà constaté par ailleurs, même si dans ton cas, ça a pris des proportions spectaculaires. Le coup du payer pour garder les chaussures (ce qu'on vous dit après coup), on me l'a souvent fait en Inde. Au fait, un birr ça fait combien?
SY Sylvie57 Regular ·
Merci pour ton message encourageant. D'autant que j'ai beaucoup hésité avant de démarrer ce récit. Et oui, comme ne le dit pas Pangloss, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes... 😏

Pour répondre à ta question, 10 birrs valent 1 euro.

La suite demain...
MA Maesjl Regular ·
Salut sylvie57, Je viens de lire tes messages. Bien que n'ayant pas vécu l'Ethiopie comme toi (je fais partie des "subjugués" et je vais partir pour mon 17me séjour), je suis content de trouver quelqu'un qui raconte ce qu'il a vécu sans généraliser, ni injurier tout un peuple (je devrais dire DES peuples) à partir d'un petit échantillon. Je crois que tu as donné, dès le début, une bonne explication : il y a des pays dans lesquels il est très difficile de "pénétrer" sans l'assistance de quelqu'un qui connaît, que ce soit un guide, une agence ou un ami. L'Ethiopie est dans ce cas. Ce que tu dis de Lalibela et des églises du Nord ne trahit pas la vérité (même si je connais beaucoup de touristes pour qui cela ne s'est pas passé ainsi). Mais que dirait un Américain (du Nord ou du Sud) s'il visitait le Mont St Michel et Lourdes… et quelques autres endroits de notre beau pays (Cannes, St Tropez, etc.). Tout cela pour dire que ce genre d'expédition se prépare minutieusement. Pour expliquer aussi pourquoi, lorsque l'on me pose la question, je suggère toujours d'encadrer son voyage. Tu dis que tu as du "négocier férocement" avec un chauffeur. Voilà l'autre problème. En Ethiopie en général et à Addis en particulier, il y a une masse de gens qui se prétendent guide ou agence. Une (très) bonne partie est composée de personnes qui, ayant un 4x4, cherchent à le louer. Ce ne sont pas des agences et ils n'ont pas d'assurance pour les passagers, ils connaissent 1 ou 2 endroits du pays mais prétendent tout connaître et leur véhicule n'est pas toujours en très bon état (c'est le moins que l'on puisse dire). Il m'est souvent arrivé de rencontrer sur la route des poubelles à roulettes, en panne, avec des touristes qui ne pouvaient rien faire d'autre qu'attendre…Belles vacances pour économiser quelques euros. On m'a quelquefois reproché de "faire de la pub" pour l'agence avec laquelle je voyage. J'ai deux bonnes raisons pour cela. La première est que si cela peut aider quelques personnes à revenir avec essentiellement de bons souvenirs…cela vaut le coup. La deuxième est que j'ai envie d'aider quelqu'un que je connais bien et qui fait bien son boulot. Je viens d'aller voir le site d'un touriste qui est allé là-bas tout dernièrement : perso.wanadoo.fr/ehtiopie-danakil. Je ne me souviens pas s'il a mis son adresse mais lire son récit est intéressant. Il y a peut-être le moyen de l'interroger. Voilà. Comme yanqquizi j'attends la suite de ton récit. @+ 😉
Voyager c'est rencontrer plus que voir.
K1 K1 ·
Ou Bouyon est le centre mondial des fans de l'Ethiopie de 70 ans, ou tu nous mènes en bateau cher Maesjl. Tu nous dis en être à ton 17ème voyage mais papachichilo, lui (toi, ou alors tu as un homonyme dans ta ville et tu ne le sais pas) n'en est qu'à son 4ème? N'est-ce point étrange, cher voyageur?
MA Maitairoa Globetrotter ·
... ton raccourci avec des touristes américains arrivant au Mont-St-Michel ou St-Tropez est saisissant ...

... par élégance, je ne dirai pas de quoi ... et préfère attendre la suite du récit de Sylvie
YO Youpi88 Globetrotter ·
Maitairoa malgré nos différents passés pour une fois je te suis, j'attends donc comme toi la suite du récit...sourire 😉
SY Sylvie57 Regular ·
Bonsoir Maesjl,

Effectivement mon but n'est pas de tomber dans le pathos : l'Ethiopie a aussi été l'occasion de vivre des moments forts. J'en parlerai.

Partir encadré ? Je ne peux aujourd'hui qu'être d'accord avec toi. Sans véhicule, beaucoup d'endroits vous sont inaccessibles et vouloir s'y rendre donne généralement lieu à des négociations interminables. Le hic : le prix. Nous n'étions que deux, nous ne pouvions pas nous le permettre. Le guide me semble une bonne option. Pour preuve les sourires béats qu'affichaient les touristes accompagnés de ce qui m'apparaissait presque comme une escorte. Ne voit aucune ironie dans ma phrase : alors que nous passions le plus clair de notre temps à batailler avec des curés sans complexes, des chauffeurs véreux ou autres, ces personnes coulaient tout simplement des jours heureux. D'un autre côté, prendre le bus en Ethiopie est une expérience unique. Tout comme le train, c'est un endroit privilégié pour y rencontrer des gens et discuter. Dommage de manquer ça !

A bientôt.
MI Minala Veteran ·
je suis d'accord avec toi je pense que les nords americains ne seraient pas surpirs par le mont saint michel quand on sait comment cela se passe a niagara!!! lourde ou le guadaloupe, les marchands du temple sont topuhjour la!!! et j'ais halucine quand, moi qui vient d'un endroit ou les chutes d'eau sont a tous les coins de montagne, de devoir payer pour en voire une qui en passant nn'avait strictement rien d'extraordinaire.
MA Maesjl Regular ·
Eh oui, il y a (au moins) deux personnes à Bouyon qui apprécient l'Ethiopie. C'est sans doute un peu grâce à moi. Si tout va bien, il y en aura d'autres, mais je ne peux pas te promettre qu'ils iront tous sur les forums. Merci de ta confiance
Voyager c'est rencontrer plus que voir.
BO Bozzo Regular ·
Une autre vision sur http://cyclo-interrogation.net : la decouverte de l'éthiopie à vélo. Bonne lecture😉
"Le seul moyen de se débarrasser d'une tentation, c'est d'y ceder" O.W
MA Maesjl Regular ·
Merci bozzo, Je suis allé voir ce site. Comme quoi on peut parcourir l'Ethiopie en vélo sans se faire "caillasser". En fin quelqu'un qui raconte ce qu'il a vécu sans généraliser, médire ni louer. Ce voyageur dit bien l'ennui des troupes d'enfants qui t'entourent et comment les choses changent dès que tu leur "parles". Il dit aussi les rencontres qu'il a pu faire. Je conseille à tous d'aller jeter unoeil, particulièrement à sylvie57 qui envisage un voyage. Je signale aussi un site sur le Danakil : cliquez ici Salut à tous.
Voyager c'est rencontrer plus que voir.
SY Sylvie57 Regular ·
J'ai simplement envie de raconter mon expérience. La mienne, juste la mienne. Il s'agit d'un récit. Pas d'un procès. Je l'avais d'ailleurs posté dans la rubrique "textes de voyageurs". J'ignore pourquoi il a été déplacé ici.

La suite...
SY Sylvie57 Regular ·
II. Vers l'ouest ou comment on voyage en divertissante compagnie

Quatre heures que nous attendons sur le bord de la route. Autant dire que le stop a été un échec : pas la moindre voiture à l’horizon. Nous quittons Lalibela. Direction Bahar Dar. Vers l’ouest, à 300 kilomètres à vol d’oiseau. Notre tentative d’attraper un bus au petit matin s’est avérée vaine, il était archi comble. Des hommes et des femmes occupaient déjà l’allée. Ils allaient voyager debout. Contre une poignée de birrs, on nous a proposé de déloger des personnes… déjà assises ! Nous avons refusé. Quatre heures ! Nous sommes affalées sur nos bagages. A manger des gaufrettes garnies d’une improbable crème à la vanille. Dyron passe nous voir de temps en temps. Ce sympathique anglais qui vit à Amsterdam voyage en solo. Il arrive d’Awasa, au sud d’Addis. Il règne dans cette ville un climat d’insécurité manifeste selon lui. Après l’assassinat d’une touriste, s’y sentant trop mal, il a préféré partir et remonter vers le nord. Débarque aussi, allez savoir d’où, un chauffeur. " 3000 birrs pour aller jusqu’à Bahar Dar " annonce hardiment ce dernier. 3000 birrs ! notre bonhomme ne doute de rien. Avec une telle somme, vous faites des allers-retours en avion toute la journée si ça vous chante. Sa proposition est tellement absurde que nous éclatons de rire. Tellement grotesque que nous n’essayons même pas de discuter.

Approche enfin un providentiel véhicule : un camion. A l’arrière, pas mal de monde, des marchandises, des plaques de tôle… Il ne va pas jusqu’à Bahar Dar mais s’arrête à Gashena. Gashena se trouve sur la " route chinoise " qui traverse les hauts-plateaux d’est en ouest. De là, nous devrions trouver un véhicule pour Bahar Dar. Nous grimpons… et c’est parti. Ciao Lalibela ! Lalibela ciao… oui " ciao ", insolite façon de se dire au revoir au fin fond de l’Afrique mais oh combien entendue dans ce bout d’Ethiopie. Patente réminiscence, tout comme les macaronis sauce tomate, d’une époque révolue etici haïe où un Duce assurément mégalo proclamait la naissance d’une " Africa Orientale Italiana ". Qu’il rêvait d’avoir à sa botte.

Notre apparition a suscité la stupéfaction. Deux farengi* dans le camion ! Il est vrai que l’essentiel des étrangers arrivent et donc repartent de Lalibela en 4X4 ou en avion. Plus rarement en bus.Deux occidentales qui circulent ainsi est sûrement des plus inhabituels. Tout le monde nous observe… naturellement surpris. Je regarde moi aussi mes nouveaux compagnons de route. Ce monsieur qui ramène une petite voiture en plastique multicolore pour, je présume, son petit garçon.Il n’arrête pas de la sortir de sa sacoche, de la tourner dans tous les sens. Il semble ravi.Ce jeune couple, leur tout petit bébé et leur quantité impressionnante de baluchons. Cette dame trop bien habillée.Ce vieux couple qui passé la phase d’étonnement nous sourit.Et beaucoup d’autres… que ma mémoire n’a pas intégrés.

Et puis eux… Eux, ce sont ces deux types.Ils ont une vingtaine d’années. Ils ont l’air un peu défaits.Alors qu’ils nous tournaient d’abord le dos, ils ont opéré un demi-touret se sont installés face à nous. Bien en face. Ils nous dévisagent de façon insolente. Leur attitude est suffisamment explicite, ce n’est pas causer qui les intéresse. Nous sommes mal à l’aise.L’atmosphère devient subitement très lourde. Celui qui me fait face me fixe… pas vraiment dans les yeux.Mes yeux justement, je ne sais plus où les poser. Je vise le ciel, mes chaussures, les paysages… grandioses comme d’habitude. Enfin partout sauf devant moi.Son regard en dit long. Je n’ai qu’une envie, lui coller des baffes. " Deux femmes seules ! Ca risque d’être compliqué " m’avait avertie un éthiopisant forumiste. Ca l’a été. A Debré Sina, un individu doté d’un sens inné de la formule était même allé jusqu’à dire à une Sylvie devenue blême qu’il aurait bien fait d’elle son quatre heures " but after a blood exam ". Propos brutal et insultant. L’allusion était sans équivoque.

Mais revenons à nos deux loustics. Mon nouveau boyfriend se lève brusquement, se penche à l’extérieur… et vomit. Bientôt imité par son acolyte.Se rasseyant, ils préfèrent nous tourner le dos… cruellement mortifiés. Ca vous apprendra à mater les filles !Ces deux là auraient-ils le mal des transports ? Non ! nos deux amis avaient tout simplement la gueule de bois.Malheureusement pour eux, leurs estomacs indubitablement malmenés par les incessantes secousses du véhicule, avaient décidé à plusieurs reprises de se venger d’une trop évidente orgie éthylique. Car comme partout dans le monde, une certaine jeunesse éthiopienne picole et se défonce. On se saoule surtout à la bière. A Lalibela, j’avais goûté le tej, une sorte d’hydromel au goût très particulier. Le tej vous décoiffe, j’en ai fait l’expérience.On se galvanise au khat, l’arbuste roi dont on mâche les feuilles des heures durant. A voir la quantité de sacs remplis d’or vert qui se baladent de mains en mains, il semblerait que l’on en fasse ici une consommation prodigieuse.

Après plus de deux heures de route apparaissent enfin les premières maisons de Gashena. L’engin s’arrête. Les deux compères descendent. S’assoient péniblement dans l’herbe, la tête entre leurs mains. Très mal en point, ils resteront ainsi un long moment. C’est clair, le trajet a été pour eux un véritable calvaire. Quant à moi, je ne le savais pas encore mais j’allais embarquer pour une expédition que je n’oublierais pas de sitôt.

* Terme communément employé pour désigner le "blanc"
FA Fabricia Globetrotter ·
Pourquoi ces textes ne figurent-ils pas dans "Carnets de voyage" ?

Ils sont effectivement le récit d'une aventure pas ordinaire : "Deux filles en Ethiopie", c'est vraiment une expérience hors de mes possibilités et je te lis avec beaucoup d'attention. J'attends la suite du voyage !
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
AL Alan Globetrotter ·
🙂 ..... Ne sois pas si pessimiste Fabricia, je te vois trés bien bravant toutes ces difficultés droite et fière dans une robe de mousseline flottant légèrement au vent, avec ce petit mouchoir de dentelle pour t'éponger le front et essayer d'enrayer l'assaut des odeurs pestilentielles ....... 😉, non, non, je ne fantasme pas, je t'y vois trés bien .........

Sylvie57 j'adore ton récit autre que bienséant sur ces conditions de voyage, et moi qui vais rater un voyage en Ethiopie prochainement, je te lis avec passion et admiration ....... subjugation même peut être ...... !

Je pense que la modération va repasser ce carnet à sa place ....... 🤪
FA Fabricia Globetrotter ·
😉 ... Tu dois me confondre avec un fantôme rencontré dans un vieux chateau écossais ! Robe de mousseline et mouchoir de dentelle, c'est pas du tout ma tenue, même pour un raid en Ethiopie 😏

Je suis baba en lisant Sylvie...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
YA Yangguizi Globetrotter ·
Moi aussi je bois tes paroles. Superbe récit!

Mais juste un reproche: est-il vraiment nécessaire de devoir attendre une semaine entre chaque épisode? 😉
SY Sylvie57 Regular ·
Merci à vous trois. 🙂

Concernant la fréquence du postage, ça devrait aller plus vite à partir de jeudi. Vacances ! Je rédige les chapitres au fur et à mesure. La suite du récit n'existe pour l'instant qu'à l'état de notes. Impossible d'écrire une ligne cette semaine. Trop fatiguée. Le boulot...
PH Phil64 Globetrotter ·
Bon, je m'ajoute aussi à la liste de ceux qui attendent la suite avec impatience ! Depuis le temps que je l'attendais ce récit... Comme Fabricia, je vote pour qu'il retrouve sa place dans les "carnets de voyages". Faut-il lancer un pétition ??

Merci Sylvie 🙂
Phil Voyages du bout de mon pinceau...
K1 K1 ·
Merci pour ce récit dont on attend la suite avec impatience. Je suis juste étonné que personne n’ait remarqué le jeu de mots « Lalibela ciao ».Cette référence musicale discrète à la colonisation italienne était plus que drôle. J’en ris encore d’ailleurs. Vivement la suite ! Les prêtres vont-ils faire un retour ? Quel suspense !
YA Yangguizi Globetrotter ·
Il me semblait que Bella Ciao était un chant de la résistance au contraire, mais je peux me tromper. En tout cas le jeu de mots m'avait effectivement échappé. Avec les gens lents à la comprenette comme moi, il vaut mieux souligner ce genre d'exploit plusieurs fois et mettre des smileys. 😊
K1 K1 ·
"Bella Ciao" est bien un chant de résistants italiens datant de 1943. Je vous donne un site proposant une traduction de ce beau chant plein d'espoir.http://www.mjs33.net/chants.php Je pense que SYlvie57 a voulu mettre en relation Ethiopie et Italie à travers ce chant. Mais il est vrai que ce jeu de mots était bien caché. La référence à Claude Levi-Strauss, bien que plus visible, avait une certaine élégance pour ne pas dire une élégance certaine. Siempre la revolucion!
CA CatherineGil Globetrotter ·
Bon, ben, le v'la revenu à sa place dans la bonne rubrique : Carnets de voyage, textes de voyageurs où il est bien mieux 🙂

Superbe. Comme les autres je me régale à te lire et j'admire le courage, qu'il à fallu pour réaliser ce voyage, et qu'il faut pour ne pas écrire un récit consensuel et neutre . Merci .
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
PA Pataugas Veteran ·
vivement jeudi!
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"
BA Balltrap ·
En Ethiopie, pour avoir un peu pratiqué le pays, on prend les touristes pour des poires .... seulement quand ils le sont. 300 bihrs pour de la lumiere tu m etonnes qu ils soient contents de voir debarquer des farenjis en short et en nikkon, pres à debourser des sommes incroyables pour le plaisir de prendre quelques photos qui, une fois rentré, épatreront leurs amis.

La naivete dont tu as fait preuve Sylvie est assez déconcertante. Donner des sommes aussi disproportionnées par rapport au niveau de vie locale est une erreur de débutants aux consequences à long terme. Si on t a demandé autant c est probablement parc' qu un nigaud a du precedemment donne la meme somme. Et toi, en leur donnant tu as alimenté le systeme. Et ils ont du refaire le coup dix minutes apres votre départ. Ils ont du bien se marrer en voyant vos mines deconfites. Reporter la faute sur les pretres est également une erreur car si faute il y a elle vient de toi, pas d' eux

La majorite des ethiopiens considerent les touristes comme des banques sur pattes parce que souvent les touristes se comportent comme des banques. Ce qui est ecoeurant c est que les touristes ne comprennent pas le role qu ils jouent pour les futurs touristes. Ce manque de reflexion prealable est navrant. Au debut j ai cru que les locaux avaient besoin d etre eduque vis a vis des touristes. Aujourd hui je pense que les touristes en au moins autant besoin.

Refuser car le prix est prohibitif est parfois un acte assez difficile, je le concois, surtout quand on a fait 1000 bornes pour acceder à un site. Mais il ne faut jamais oublier que sa frustation personnelle peut etre benefique pour le pays. Alors quand je me suis retrouve dans ce genre de situation, j ai refusé, remercié, caché ma deception derriere un large sourire, serré la main du "voleur", et tourne les talons avec le sentiment que c etait mieux pour moi, pour lui, pour les futurs touristes et pour l ethiopie.

L'Ethiopie est une perle qui apprend le tourisme. A chaque touriste d être un peu pédagogue.
CA CatherineGil Globetrotter ·
😎 Je voudrais pas m'immiscer mais..... j'ai comme l'impression que tu as mal lu le récit de Sylvie trop pressé que tu étais de la traiter de poire et de nous faire profiter de tes leçons de " maître es tourisme " .

Les 300 machins trucs c'était le prix de la visite pour je ne sais plus quatre ou cinq personnes et la lumière justement, ils ne l'ont pas payée.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
SY Sylvie57 Regular ·
Je constate que tu t’es inscrit sur ce site aujourd’hui afin de poster ce message. Je me dois donc de te répondre. Même si, puisque tu as tout lu de travers donc rien compris, je ne me sens pas trop concernée par ton réquisitoire.

Tout d’abord, comme le dit Catherine (que je remercie, elle a été plus prompte que moi), les 300 birrs annoncés représentent le droit d’entrée pour six personnes. Les 5 euros déboursés par chacun, tout comme les 10 euros que tu donnes en échange du billet qui te permet d’accéder aux 11 églises de Lalibela, correspondent il me semble au tarif officiel. C’est du moins ce qui est écrit dans les guides (ainsi qu’au guichet à Lalibela). C’est un prix élevé mais tous les étrangers doivent s’en acquitter. Pas toi ? A te lire, tu sembles il est vrai bien plus malin et plus avisé que la moyenne… Pour répondre à ta grande tirade sur l’éducation du touriste qui se rend en Ethiopie. Ne te bile pas, on ne t’a pas attendu pour distiller ce genre de conseils. Sur certains dépliants touristiques (et peut-être ailleurs), on incite en effet les étrangers à avoir un comportement responsable. Je trouve que c’est une bonne initiative. Je doute toutefois qu’elle porte ses fruits. Me concernant (puisque tu m’accuses non ?), sache que je n’ai pas pour habitude de distribuer mon fric. Où que ce soit. La misère m’émeut, c’est sûr. Seulement je ne suis pas suffisamment naïve pour imaginer qu’en leur donnant mes birrs je vais les aider.

PS : je ne porte jamais de short...
SY Sylvie57 Regular ·
Merci 🙂

La suite...
SY Sylvie57 Regular ·
III. La route chinoise ou comment on bourlingue dans un bus qui vole

Autant quitter Lalibela avait été laborieux, autant décamper de Gashena s'est avéré élémentaire. Le village de Gashena n'est qu'un carrefour. Constitué de quelques habitations au demeurant assez quelconques, l'endroit ne vous incite nullement à vouloir vous y attarder. Il n'y a rien… absolument rien. Rien à voir. Rien à faire.Valérie et moi dénichons l'unique gargote du village.Valérie, c’est ma grande copine. Anthropologue, comme beaucoup de ses pairs elle rêvait de l'Ethiopie depuis des années.Après seulement une heure d'attente à avaler des cafés, arrive un bus. Un gros bus. Il va à Bahar Dar. Il est déjà plein mais cette fois nous n'avons pas le choix. Ne pas le prendre signifie passer la nuit à Gashena.Nous n'en avons pas la possibilité : le village ne semble pas offrir le moindre hébergement.Ca tombe plutôt bien, nous n'en avons pas l'envie non plus.

Nos sacs à dos sont hissés sur le toit. Nous trouvons tant bien que mal deux mini places, tout au fond.Quand je réalise que j'ai oublié mon second bagage à l'avant du véhicule. L'allée pleine de sacs, de caisses, de paille aussi, est impraticable. La seule solution qui se présente à moi est de ressortir par la porte arrière. Mais le bus démarre. Si lentement que, nigaude, j'estime que je peux sauter par la porte encore ouverte. Je sens que ça claque dans mon mollet gauche. Ce qu'il advient ensuite est assez confus. Je crois entendre qu'un peu plus loin, à l'intérieur du bus, ça s'agite. On crie aussi peut-être. Le bus s'immobilise. J'ignore comment je récupère mon sac et par quel moyen je regagne ma place. Ce que je sais c'est qu'une douleur lancinante qui ne me quittera pas pendant plusieurs jours m'interdit de poser le pied par terre. Nous pouvons enfin partir. Pour un trajet qui promet d'être long. Et turbulent. " Ca va ? Tu es blanche comme un linge. " me demande Valérie inquiète. Non ça ne va pas fort. Je serre les dents.

La route chinoise doit son nom à la contribution financière apportée par l'Empire du Milieu lors de sa construction. Très pratique, elle permet la jonction entre les deux grands axes routiers nord-sud. D'après mon guide, nous avions déjà parcouru près de 900 kilomètres sur les routes éthiopiennes. Toutes étaient certes en mauvais état mais celle-ci décroche assurément la palme. Pour tout dire, le terme de " route " ne lui convient guère. Il tiendrait même plutôt du concept. La route chinoise n'est en fait que cailloux et nids-de-poules.Notre chauffeur, comme pris par un besoin urgent… celui d'arriver à destination, roule vite. Très vite. Ca secoue ! C'est alors qu'heurtant un des nombreux terre-pleins qui parsèment la route, le bus comme propulsé… décolle. Lorsqu'il touche à nouveau le sol dans un vacarme épouvantable, de ma place je peux voir mes prochains être projetés en l'air sur plusieurs dizaines de centimètres. Je subis d'ailleurs le même sort. Soucieux de ne pas contrarier Newton, nous nous écrasons tous sur nos sièges comme de lourdes masses. Le choc est rude.Ma colonne est en vrille sans compter ma jambe malade qui heurte brutalement le sol. Tout ne dure que quelques secondes durant lesquelles Valérie et moi hurlons.D'effroi plus que de douleur.L'ensemble des passagers se retourne. Ils sont hilares. Nous sommes mortes de peur…eux, sont morts de rire. Une question d'habitude.La recette pour éviter une désarticulation certaine est de ne jamais adhérer au sol nous explique-t-on.Votre corps catapulté au complet opère ainsi une réception moins fracassante. Cette précision sur comment s'asseoir dans un autocar spasmodique signifie-t-elle que cette première cascade n'est qu'un baptême, un exercice d'entraînement ? Nous découvrirons très vite que oui. Pendant près de 200 kilomètres, notre véhicule aux prises avec la route cabossée fera de nombreux décollages.Bien dure épreuve pour mes lombaires et pour ma jambe qui, ne connaissant pas de répit, me fait souffrir.

A ma droite est assise une petite fille âgée de dix ans tout au plus. Toute fluette, elle valdingue dans tous les sens. Elle tremble comme une feuille et s'agrippe à moi. Bien piètre réconfort puisque de toute façon j'ai aussi peur qu'elle sinon plus. Je tente de lui parler mais que lui dire quand de l'amharique, la langue la plus parlée ici, vous n'avez retenu que comment dire " merci " et " non " ? Sa maman est installée quelques rangées devant. Elle tient un bébé dans ses bras. Les chocs sont d'une violence inouïe et bien entendu, totalement imprévisibles. Un mauvais coup pourrait être funeste pour le nourrisson.Ca ne semble toutefois pas inquiéter la maman outre mesure. Fort détendue, la dame a entamé une conversation avec son voisin et à la voir babiller gaiement, j'en déduis que les sursauts de l'engin l'incommodent à peine. Curieux éthiopiens qui paraissent ne s'alarmer de rien.

Il était écrit quelque part que ce voyage devait être mouvementé. Quelqu'un l'avait incontestablement décidé. De ce fait, entre deux vols planés, je perçois une sensation très désagréable sur ma hanche. Une sensation que je commence à bien connaître : la morsure d'une puce. Moi… aux abois : - Des puces ! Il y a des puces dans le bus !! Valérie… pour l'instant épargnée : - Ne me dis pas qu'on en a emmenées avec nous ! Je le découvrirai dans ma chambre à Bahar Dar, j'en exportais bien via mes bagages.Assoupies jusqu'alors, la faim les avait sûrement réveillées.Des puces made in Lalibela où elles pullulent dans les innombrables tapis qui recouvrent le sol des églises.Particulièrement voraces, elles se jettent sans vergogne sur la blanche cheville du touriste en visite. Si votre conformation sanguine leur sied, vous êtes cuits.Ces bestioles sont une véritable engeance.Impossible de s'en débarrasser. Vous les tuez… qu'à cela ne tienne, elles sont fatalement supplées par des copines.Je ne vais tout de même pas sortir ma bombe de kill it ! Kill it, c'est l'insecticide autochtone. Mon épiderme étant strictement allergique à tout insecte piqueur ou mordeur, lui et moi on ne se quitte plus. Seulement kill it qui porte bien son nom est excessivement toxique. Il occit les puces… et vous par la même occasion. Vous avez beau aérer, rien n'y fait : kill it demeure.Vous êtes ainsi achevés par des relents de dichloro - diphényl - quelque chose... bref, des vapeurs nocives, en proie à d'épouvantables maux de têtes. Dans ce bus pris de convulsions, sans mon suicidaire mais efficace allié, je n'ai pas d'autre choix que de laisser les ogresses banqueter.

Tel un ruban, l’unique route sinue à n’en plus finir.Après chaque montagne, une nouvelle montagne. Nous grimpons… puis nous descendons. Pour encore grimper… et redescendre. Les hauts-plateaux m’évoquent un décor dantesque tant leur relief semble disloqué. Quel profond bouleversement tectonique avait pu dessiner ces belvédères cyclopéens et ces canyons vertigineux ? Le bus roule à tombeau ouvert, sautillant sur les lignes de crête qui pour certaines culminent à plus de 3000 m d'altitude, frôlant de dangereux à-pic.Arriverons-nous entières ? Arriverons-nous seulement ? Cette croisière apocalyptique à travers les montagnes a duré six heures… elle m'a paru s'étirer sur une éternité.

Mais voilà que nous redescendons vers la vallée. Les paysages changent. Ils sont beaucoup moins tourmentés. Tout en bas… une vision singulière. Egaré au beau milieu de la plaine se dresse, solitaire, un piton démesurément haut. Les hauts-plateaux sont pourtant déjà loin derrière nous.Ca me rappelle bizarrement King Kong et les vieux films de Tarzan. Un peu plus loin, le lac Tana… et le bitume."Une route ! une vraie route " je m'exclame, soulagée. Tout le monde fait volte-face et se marre.Nous aussi.Après des heures passées dans ce cercueil ambulant nous arrivons, éreintées, à Bahar Dar. Il fait nuit.
YA Yangguizi Globetrotter ·
Brrrrrr, rien ne vaut un bon fauteuil bien stable pour apprécier ce genre de récit. 🙂 Et cette douleur à la jambe, tu as trouvé d'où ça venait?
CR Critou ·
moi aussi, l'éthiopie par sa culture, ses paysages me fascinent, je n'y suis encore pas allée, j'attends avec impatience ton périple et j'aime cette franchise. beaucoup trop de personnes disent tjs que leur voyage fut du "nickel chrome" et je suis bien d'accord sur le fait que les fausses notes existent . souvenons nous que Les Poussins dans leur périple ont essuyé des crachas et violence en Ethiopie.
FA Fabricia Globetrotter ·
😮... Allo, Sylvie ?

Serait-il possible d'avoir le chapitre suivant ?

Signé : une lectrice impatiente.
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
SY Sylvie57 Regular ·
Je pense que je me suis tout simplement froissé un muscle. Le terrain était en pente et la réception n'a pas été terrible 🤪. Rien de bien grave en somme. Ca m'apprendra ! je sais maintenant qu'il faut sauter... à l'arrêt. 😏
SY Sylvie57 Regular ·
Oui il y a des voyages galère(s). Celui-ci l'a été. Et c'est la première fois en ce qui me concerne.

C'est marrant cette référence aux Poussin. Elle est récurrente dans les discussions qui portent sur l'Ethiopie. Je dois t'avouer que je n'ai pas lu ce passage... ils n'ont pas réussi à m'emmener plus loin que le Lesotho 😊.

Dis-moi Critou la Lorraine, crois-tu que le soleil va finir par se lever sur le pays de la quiche ? 😏
SY Sylvie57 Regular ·
Allo Fabricia !

J'en rédige quatre dans la foulée. Et comme je suis quelqu'un de très organisé, le chapitre VII est commencé alors que le chapitre IV n'est pas encore fini 😐.

Signé : une narratrice confuse.
FA Fabricia Globetrotter ·
🙂 Merci, Sylvie. A bientôt...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
WI Wiha ·
Je ne sais si c'est a cause de la mésaventure à Lalibela, mais j'ai l'impression que tu as vu "NOIR" tt au long de ton voyage. Tu prétends qu'il n'y a rien a voir à Gashena certes mais pendant ta pause café d'1 heure as tu pris le temps de discuter, d'échanger avec les habitants. Peut-être que pour toi voyage signifie seulement vistes de monuments et sites. Tu aurais pu peut-êtres passer la nuit a Gashena si tu t'étais adressée au chef du village. Non ? J'en suis sur il t'aurait trouvé un hébergement. Il oublit souvent de mettre une pancarte "hotel" ou "auberge de jeunesse". L'Ethiopie a fais d'énorme progres et a mit des moyens au nivaux routier. Bien évidement il y a encore du boulot. Comme la majorité des pays d'Afrique, il y a des routes et des chemins cabossés. C'est vraiment étrange que tu ne sois pas au courant! T'es tu bien renseignes avant de partir ? Tu t'étonnes que les éthiopiens ne s'alarment de rien. Tu veux qu'ils ralent parce qu'ils n'ont pas de place attribuer, la clim, et des attaches poucettes....Comme tu le dis bien ils sont habitués.(ils ne pouvent malheureusement pas faire autrement). J'ai l'impression que tu critiques et devisage chaques ethiopiens dt tu apercois. Tu l'as fortement dit et répeter ce voyage en bus était désagreable. Tu as eu droit en plus à des douleurs aux genoux et autres parties du corps et des puces sur la cerise du gateaux. C'est quand m^me regretable et decevant que tu n'as pas contempler, admirer pendant ces 6 longues heures de trajet les magnigiques paysages d'ethiopie. Je crois que ce voyage en bus t'as été porteur finalement. Je suppose que tu comprends maintenant les prix excessifs de nos cher péages. Lors des greves tu es surement détendue lors des attentes et de l'entassement dans les transports collectif. Grâce a ce voyage? tu as probalement trouver la Zen Attitude, tu es une veinarde(alors que tout le monde râle, bizarre!) Tu es devenue dorénavant une aventurière, une VOYAGEUSE
WI Wiha ·
J'attends comme certains internautes la suite des événements de ton voyage. D'apres le titre de ton message je suppose que tu vas continuer sur cette voie. Il me tarde tout de même le moment ou tu relateras les bons et forts moment(positif) de l'Ethiopie( bien evidement si tu en as vécu).

a bientôt
MA Maesjl Regular ·
Je rentre de voyage et j'ai repris contact avec tes textes. Bravo. J'ai l'impression que lorsque j'ai écrit quelque chose sur le site proposé par un autre voyageur (parcours en vélo), tu as pris cela comme une critique de ton propre récit...je me suis mal exprimé. Je trouve ton récit tout à fait intéressant. Ce que j'apprécie c'est qu'il est personnel et, justement, ne tombe pas dans les généralisations hâtives. Tu dis ce que tu as vécu et comment tu l'as vécu et j'aime ça. Ne t'inquiètes pas trop des "critiques", si tu te promène sur les forums de voyages tu verras que j'en ai subit pas mal aussi. Il se trouve que je connais un peu l'Ethiopie, que j'aime beaucoup ce pays, que je ne cesse de l'apprendre et que je résiste mal à l'envie de répondre quand je tombe sur des gens qui en disent n'importe quoi (évidemment négatif) après y être resté 1 ou 2 (voire 3) semaines. Comme beaucoup d'autres, j'attends la suite...particulièrement ce que tu nous dira du sud de la vallée de l'Omo. @+ 😉
Voyager c'est rencontrer plus que voir.
CH Chris06 Veteran ·
Je suis à 3 mois de mon départ pour l'Ethiopie avec un colègue et c'est avec grande attention que je suis toutes les discussions sur ce pays qui m'attire depuis plusieures années ( ce n'est pas le reportage de Hullot qui nous a décidés ) J'attends aussi la suite de ton récit Sylvie ... Le vrai fondement de ce forum est basé sur le partage de toutes les infos et expériences vécues Merci à tous
chris06
WI Wiha ·
Dans mon message je formule clairement 'j'ai l'impression" donc je peux me tromper sur l'interprétattion seul Sylvie57 peut me contredire sur la compréhension du message. Si c'est les cas, je m'en excuse. Je ne voulais a tout point la vexee. Je me suis mal exprimée cela arrive non comme toi il me semble. Il m'est arrivé certaine fois dans mes voyages d'avoir été apeuré ou psychoté sur certaines choses. Quand j'y repense c'était ridicule et j'en rigole. Pour ce qui est de la Zen attitude pour ma part je l'ai trouvé. Je relativise et je constate chaq jrs de la chance que j'ai. Je ne sais si ton message s'adresse directement a moi. Mias j'ai visité le Sud de l'ethiopie et mon séjour etait plus long que 3 semaines. Tout d'abord ce n'est pas avec la durée d'un voyage que l'on peut prétendre connaitre un pays. J'envisage de faire un jour le Nord de l'Ethiopie. Il me tarde mais j'attends avec impatience l'année prochaine pour debuter mon apprentisage à l'amharic. Puis je me lancerai pour repartir. J'ai fais lire le message de Sylvie57 à une ethiopienne. Elle trouve qu'elle a une belle plume. J'approuve egalement. Elle est juste surprise de la manière dont elle relate son voyage c'ad coté négatif puis positif. J'espère être chanceuse pour mon prochain voyage la bas. C'est pour cette raison qui me tarde qu'elle raconte les bons moments de l'ethiopie car pour le moment le nord me fait peu envie. Mais grâce a ses messages j'apprends tout de même les difficultés que je peux rencontrer et je lui en remercie.

Maesjl: les critiques ne sont pas toutes mauvaise si elles sont expliqués et justifiés.

Bonne journée
WI Wiha ·
waouuuuuuuhhhh ! tu es un veinard. Alors comme cela tu es parti pour faire l'ethiopie pendant la saison des pluies. C'est magnifique cette période la. En tout cas moi j'adore l'ethiopie que se soit sous le soleil ou sous la pluie pas pluie, averses(mais tt depend de ton circuit) Les paysages et la lumiositée sont magnifiques pendant et apres les averses. click, click et click, tu vas pas arreter avec les photos. Je suis tout a fait d'accord avec toi sur le fondement du forum. Bonne préparation pr le voyage, bon voyage puis si t'es ok passe mettre ton jounal de bord.
MA Maesjl Regular ·
Non, ce n'est pas à toi que mon message s'adressait. Quand je veux répondre à quelqu'un, je le fais nommément, comme maintenant. Je voulais simplement parler des personnes qui, à partir d'une expérience limitée, généralisent : les (éthiopiens, arabes juifs, anglais, français, etc.) sont comme ceci ou comme cela. Ce n'est évidemment pas ton cas. Quant à dire que ce n'est pas avec la durée d'un voyage que l'on peut comprendre un pays, je suis bien d'accord. Je le serais encore plus si tu disais que la durée n'est pas suffisante. Je crois qu'elle est néanmoins nécessaire. A capacité ou volonté égale à comprendre, ce sont LES expériences qui permettent de construire L'Expérience. Comme je l'ai déjà dit, je vais partir pour mon 17me séjour de 2 mois et je ne prétends pas avoir compris, mais comme je m'estime pas plus idiot, ni plus farci de préjugés qu'un autre, j'ai du mal à admettre les jugements définitifs de personnes qui sont allées une fois dans un pays (quel qu'il soit).
Voyager c'est rencontrer plus que voir.
SY Sylvie57 Regular ·
Bonjour,

Ben dis donc...

Je ne sais si c'est a cause de la mésaventure à Lalibela, mais j'ai l'impression que tu as vu "NOIR" tt au long de ton voyage. "Tout au long de mon voyage"... Je n'en suis qu'au chapitre III tu sais. Comme la majorité des pays d'Afrique, il y a des routes et des chemins cabossés. C'est vraiment étrange que tu ne sois pas au courant! T'es tu bien renseignes avant de partir ? Je ne pensais vraiment pas que ce passage pouvait être interprété comme une vive critique de l'infrastucture routière en Ethiopie 😐... Le mauvais état de cette route est un fait et il explique ce voyage en bus très mouvementé. Un point c'est tout. Et bien évidemment je ne m'attendais pas à voyager en 1ère classe dans un bus couchettes climatisé sur les dernières autoroutes construites par ASF... Tu t'étonnes que les éthiopiens ne s'alarment de rien. Tu veux qu'ils ralent parce qu'ils n'ont pas de place attribuer, la clim, et des attaches poucettes....Comme tu le dis bien ils sont habitués.(ils ne pouvent malheureusement pas faire autrement). Pourquoi encore une fois veux-tu que ce soit une critique ? J'envisageais ça plutôt comme un "compliment". J'ai l'impression que tu critiques et devisage chaques ethiopiens dt tu apercois. Oui j'ai regardé les gens. C'est heureux d'ailleurs. Dévisagé, je ne crois pas. Bon... je critique, je critique, je critique... J'espérais juste raconter. 😕 Tu l'as fortement dit et répeter ce voyage en bus était désagreable. Tu as eu droit en plus à des douleurs aux genoux et autres parties du corps et des puces sur la cerise du gateaux. Sur le moment ce trajet était flippant, oui c'est vrai. A postériori j'ai réalisé que nous ne risquions pas grand chose. Le chauffeur avait l'habitude et tout ceci semblait assez coutumier. J'ai choisi de le raconter parce que c'était tout de même très insolite. Aujourd'hui je trouve cet épisode franchement burlesque. Tu l'as visiblement perçu comme une suite de lamentations. Bon ben c'est loupé. Tant pis ! Quand je parle de "galères", je n'inclue pas ce genre d'évènements, je préfère le préciser tout de suite. Ils font aussi partie du voyage. C'est quand m^me regretable et decevant que tu n'as pas contempler, admirer pendant ces 6 longues heures de trajet les magnigiques paysages d'ethiopie. Je l'ai fait. Je le raconte d'ailleurs. Lors des greves tu es surement détendue lors des attentes et de l'entassement dans les transports collectif. Grâce a ce voyage? tu as probalement trouver la Zen Attitude, tu es une veinarde(alors que tout le monde râle, bizarre!) 🤪 Je ne vois pas ce que ça viens faire là mais bon... Tu parles à une gréviste tu sais... 😏
SY Sylvie57 Regular ·
Je ne voulais a tout point la vexee. Je ne suis pas vexée, pas de souci à ce propos. Tout d'abord ce n'est pas avec la durée d'un voyage que l'on peut prétendre connaitre un pays. Je trouve ta phrase injuste, je ne pense pas avoir écrit quelque part que je prétendais quoi que ce soit. Je n'y ai passé que 23 jours et bien sûr que c'est peu.

Elle est juste surprise de la manière dont elle relate son voyage c'ad coté négatif puis positif. Il ne s'agit pas de "côtés" négatifs ou positifs. Mais de moments vraiment pas sympas, d'autres très drôles ou étonnants etc... Malheureusement la fréquence de ces moments pas sympas a vraiment pourri l'ensemble de ce voyage.
WI Wiha ·
Tout d'abord ce n'est pas avec la durée d'un voyage que l'on peut prétendre connaitre un pays. Je trouve ta phrase injuste, je ne pense pas avoir écrit quelque part que je prétendais quoi que ce soit. Je n'y ai passé que 23 jours et bien sûr que c'est peu. Cette réponse était destinée a majesl. Tout le monde c'est expliqué calmement. C'est cool! A la prochaine.
RE RedBaron ·
Bonjour à tous!

Je m'immisce dans votre discussion passionnante autour de l'Ethiopie, pays que j'aurais probablement la chance de découvrir au mois de janvier 2007. En effet, ma meilleure amie est étudiante en histoire, son sujet de mémoire porte sur les moines dans l'Ethiopie médiévale, elle doit s'y rendre pour deux mois et je compte l'accompagner les deux premières semaines de son séjour.

Et j'ai hâte !

Ce carnet de voyage et ce débat arrivent à point nommé pour ma mission de renseignements !

Sylvie j'ai hâte d'avoir la suite de ton voyage. J'en apprends beaucoup et ton écriture est un plaisir à lire. J'admire ton éloquence et le ton sans jugement de ta prose.

J'ai une question un peu décalée : quid du logement à la capitale? que me conseillez-vous?

Merci d'avance !
The World Is Not Enough
LO Lolo4717 Regular ·
bonjour,

Je viens de lire ton email daté du14 mai... je me sens bêtement triste que cela se soit mal passé pour vous deux !!! J'ai passé 5 semaines en Erythrée (1 semaine) et Ethiopie (4 semaines) en juillet-août 2003 et cela a été fantastique pour moi !!! Pas facile toujours à cause de la longueur des trajets et de l'immense pauvreté ambiantes, mais des rencontres, des regards, des sourires et de merveilleuses photos à la clef. Mon séjour dans le pays Hamer, quoique court (3-4 jours) et un peu galère (sans véhicule, c'est pas facile de se déplacer) est un souvenir extraordianaire, tout comme mes deux jours à Harar ou ma journée sur le marché de Asbe Teferi ou les enfants venaient me serrer bravement la main pendant que les femmes carressaient surprises mes avant-bras (velus et doux) en appelant les copines ou que les plus âgés prenaient peur à l'éclat du flash !

Mais le fait d'être un homme a peut-être aidé... J'ai rencontré deux israéliennes qui m'ont dit avoir été enbêtées par des bandes d'ados un peu excités, mais rien de méchant, même si c'était pas agréable. Plus qu'une agence de voyage (à mon avis à proscrire dès qu'on ne s'aventure pas dans un raid type trek en montagne ou dans le désert), c'est plutôt un compagnon mâle qu'il aurait fallu entraîner pour qu'on vous laisse tranquilles.

Mon voyage a été une suite de rencontres, plus ou moins brèves, plus ou moins enrichissantes, mais des rencontres quand même. Quant à la galère, à moins d'être fortuné et de pouvoir louer voiture et guides, elle fait plus ou moins partie du voyage quand on part dans ce genre de pays. Et puis, comme touriste, j'ai préféré me trouver coincé à Turmi (pays hamer) trois jours, prendre le temps et râler contre l'overdose de galette de tef qui me guettait, plutôt que de faire partie des touristes qui se logent dans un camp de tentes luxueux à 5 km du village, puis débarquent à 12 dans 3 toyota 4/4 pour passer deux heures à prendre des photos sur le marché Hamer avant de filer en toute hâte vers le marché suivant...

Quand à l'appât du gain de prêtres ou d'autres personnes comme les prêtres, cela me semble facile de voir la paille dans l'oeil des Ethiopiens à défaut de voir la poutre dans le notre. Dans nos chères villes touristiques d'Europe où le touriste est roi, on est plumé de bien des façons, et avec le sourire en prime, et je me dis qu'il est difficile d'en vouloir à des gens souvent dénués de tout, de chercher quelques birrs auprès des touristes de passage. Le tout est de toujours négocier avec le sourire en gardant son honneur ; il est rare qu'un accord ménageant l'honneur et la susceptibilité des deux parties ne soit pas possible. Et puis 2 birrs, ça ne faisait jamais (en 2003) que 30 cts d'euro !! A leur place, sans ma carte visa et mon bon niveau de vie d'occidental que je retrouverai avec délectation deux mois plus tard, je suis certain que je ferai la même chose ! Il faut bien survivre !

Bref, je pars normalement en zambie et au Malawi du 11 juillet au 12 août avec Ethiopian Airlines, et j'ai bien prévu une dizaine de jour d'escale en Ethiopie sur le chemin du retour. En espérant que les problèmes politiques n'ont pas trop pourri la situation...

Bonne chance poru un prochain voyage !

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