Deux semaines (trop courtes) au Kerala
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Je prends (enfin !) le temps de faire un retour sur notre voyage au Kerala. Quelques renseignements pratiques, mais surtout quelques impressions qui seront peut-être utiles… ou feront rêver.

Le contexte : je suis partie du 4 au 19 avril dernier, avec mes deux enfants de 12 et 15 ans. Un second voyage en Inde pour eux, après un séjour un Rajasthan, et un troisième pour moi, le Kerala ayant été précédé quelques mois plus tôt par le Tamil Nadu. Deux semaines, bien sûr, c’est trop court et hyper frustrant, d’autant plus que moi, je me sens plutôt bien en Inde. Mais il faut faire avec, ce qui nous a amené à privilégier quelques « stops » parmi les plus faciles d’accès. A une prochaine fois donc le nord et le theyyatam, les coins reculés de Wayanad, Kannnur et ses plages… Pas question non plus de se serrer la ceinture à outrance : les économies on en a fait un maximum avant, on va privilégier le plaisir (quoique, bien entendu, plaisir ne rime souvent pas avec luxe). E puis aussi, si vous voulez comprendre un peu nos choix, disons que la mère est partie littéralement crevée. Alors, pas question de s’épuiser inutilement.

Nos stops (avec en gras les endroits où nous avons passé la nuit) : Cochin - Thattekad – Marayoor – Chinnar – Munnar – Varkala – Allepey - Aranmula – Ettumanur – Thattekad.

En bref : un très beau voyage, où le contact avec la nature et la « ruralité » nous ont le plus apporté. La montagne, la mer, les backwaters, les petites villes… le Kerala nous a offert une belle diversité. Si c’était à refaire, je planifierais autrement les choses pour éviter les longs déplacements que j’avais choisi d’effectuer, pour voir autrement la campagne, en voiture. A noter que les chambres sont pour 3 personnes .

Ca commence comme ça…

5 et 6 avril - Cochin : après une escale à l’aéroport/centre commercial de Dubaï (c’est dingue : à deux heures du mat, une véritable atmosphère de grand magasin à la veille de veille de Noël!) le choc : il fait chaud ! C’est humide ! Pas facile tout ça après un vol où personne n’a pu fermer l’œil. Et pas neutre non plus quant à l’image que je garde de Cochin : j’ai l’impression de revoir les petites rues tellement calmes de Fort Cochin comme dans une sorte de brouillard. Je ne connaissais pas cette Inde là : des arbres partout, des rues quasi désertes (évidemment, on n’est pas en haute saison touristique et les Indiens ne sont pas cons, ils ne sont pas dehors à cette heure là !). Je n’entends même pas de klaxon ! Etrange.

Après une journée à flâner et une petite sieste, on se traîne jusqu’au premier resto : Addy’s. Le poisson cuit dans une feuille de bananier se laisse manger mais les accompagnements (trois ( !) frites et du concombre) sont ridicules et le curry de légumes de ma fille « not too spicy, please » est carrément insipide, alors que la facture, elle, est plutôt salée. Leçon no.1 : se fier à son intuition ! On va finir la soirée sur une terrasse qui ne paie pas de mine et où les enfants engloutissent quelques pakoras. Un aigle, à l’aigle brisée, vient animer notre soirée et on rigole bien avec le serveur. Ca y est, j’ai l’impression que le voyage commence. De retour à notre pension (Henri’s Anchorage : 800 rps…) la proprio nous attend avec quelques tranches de gâteau (une spécialité des chrétiens du Kerala) et du vin (sans alcool), le tout « fait maison » et agrémenté d’un gentil « happy birthday ». Eh oui, mon « pauvre » fils n’avait pas pu fêter son anniversaire comme il se doit, puisque nous sommes partis en voyage ce jour-là (le pauvre…). La gentille dame de la pension n’avait pas l’esprit ailleurs lorsqu’elle a rempli nos fiches ! Une « maison », vous le constatez, au service très attentionné.

Le lendemain nous consacrons la journée aux quelques visites « classiques » de Cochin. Matttanchery semble être un endroit vraiment sympa et vivant. Ca me fait un peu penser à une ville… à la campagne. Malheureusement, c’est dimanche. La majorité des petits commerces sont fermés et les autres, près de la synagogue, regorgent d’objets « que pour nous les touristes ». Un peu décevant. C’est le soir que nous avons le sentiment de « toucher » vraiment à la vie de cette ville, en bord de mer, alors que les Indiens prennent le frais au coucher du soleil. C’est magique : j’avais oublié comment est belle la foule en Inde, éclatante de couleurs. J’allais oublier : il y a aussi les fameux filets chinois ! Ils sont beaux, c’est vrai (comme sur les photos…) mais moi c’est la foule bigarrée qui retient mon attention. Les enfants vont et viennent, je les vois faire la queue pour s’acheter une glace qu’ils devront lécher bien rapidement : le soleil a peut-être disparu à l’horizon mais il fait encore très chaud.

Le soir, un dîner fabuleux au Fort House. Eh oui, c’est probablement un ghetto à touristes. Eh oui, c’est plutôt cher. Mais les plats de poisson sont d’une finesse que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs (il ne faut pas non plus oublier une excellente salade de mangues, presque aussi bonne que celles que je cuisine à la maison…) et le fait de manger les pieds quasi dans l’eau est tellement reposant. Le Seagull à côté est, paraît-il, plutôt bien : il est en tout cas très fréquenté, et très bruyant…

Au final, nous ne garderons pas un souvenir impérissable de Cochin. Mais soyons honnête, ce n’est pas la faute à Cochin. Nous étions tout simplement trop fatigués pour vraiment l’apprécier et dimanche n’était pas l’idéal pour découvrir la ville. Mais pour qui sait sortir du quartier le plus touristique de Fort Cochin, l’endroit recèle certainement de jolies découvertes, avec la possibilité d’une plongée si besoin tout en douceur au Kerala. Next time.

7 au 10 avril – Thattekad, Marayoor et Chinnar : j’avais, avant notre départ, réservé un trek de 2 jours et demi dans le parc de Chinnar. Une décision que j’avais remise en question jusqu’à la dernière minute. L’organisation, la planification, ça ne correspond pas à mon idée des vacances. Mais bon, ayons l’esprit ouvert. En fait, ce furent parmi les plus beaux moments de notre séjour. Et je ne regrette pas du tout ce « luxe » que nous nous sommes payés (Wild Kerala Tour, 5500 rps par personne tout compris).

Nous nous rendons tout d’abord jusqu’au parc ornithologique de Thattekad où nous attend Vinod, notre guide pour les prochains jours. En taxi, pas le choix : on a avec nous plus de 30 kg de vêtements que nous comptons amener à Munnar (disons que nos vêtement ne sont pas très adaptés à un climat tropical…). A Thattekad, nous plongeons pour la première fois dans la forêt. Les bruits des animaux, leurs traces, les drôles d’insectes et les papillons, le goût des plantes et des fruits qui s’offrent à nous… On est bien. Vinod est charmant. Les prochains jours s’annoncent bien… même si notre ballade a pris fin dans un bain de sang. Enfin, pour mon fils, courageuse victime d’une « attaque» sournoise de sangsue! Mais on connaît maintenant la conjuration : une petite pincée de sel et ça y est, il n’y a plus qu’à ne pas trop se tacher.

Ensuite, c’est reparti pour la montée vers Munnar. Une véritable révélation : comme c’est vert! Un vrai paradis végétal. J’ai l’impression que nous sommes des nains de jardin en balade chez Truffaut... J’ai plusieurs de ces plantes chez moi, mais si petites, si maladives (bon, je l’avoue, je n’ai pas le pouce vert). C’est une révélation aussi que toutes ces maisons immenses et luxueuses qui jalonnent la route. L’Inde est en plein boom économique et, ici, ça se voit !

A Munnar, après nous être délesté de nos bagages pour ne garder que l’essentiel, nous prenons le bus, direction Marayoor. Les plantations de thé sont… comme sur les photos (!), mais là je les découvre sous la pluie. Une pluie qui nous oblige à fermer les « stores » du bus ce qui, du coup, nous donne plus l’impression d’être dans un manège de fête foraine que dans un bus (comme si on volait… tout en prenant parfois de sacrés coups. Un peu, pour ceux qui connaissent, comme le « Chatbus » de mon Voisin Totoro… mais en plus violent.). Il faut dire que l’on est tout à l’arrière, moi et Vinod. Quant aux enfants, à qui nous avons trouvé une place vers l’avant… ils dorment !

A Marayoor nous prenons une chambre à l’entrée de la ville au Marayoor Tourist Home (300 rps, basic mais correct). Les chambres sont disposées autour d’une cour en gravillon en contrebas de la route. On dirait presque un motel américain.

La ville semble se résumer à la rue où nous faisons nos courses pour les deux prochains jours. Il n’y a rien à voir et pourtant je m’y attarderais bien. Quelques étals, un bon chaï, la campagne tout autour, des fleurs qui poussent dans les ravines au bord de la route (je vois parfois les mêmes, dans les vitrines des fleuristes « de luxe » parisiens)… Mon fils mitraille avec son appareil photo un épouvantail accroché à un bâtiment en construction. C’est vrai qu’à la nuit tombée, l’impression est saisissante. On croirait un décor digne d’Halloween. Je suis toute fière de pouvoir expliquer aux enfants qu’il s’agit d’une pratique visant à protéger les immeubles en construction des mauvais esprits… J’en avais aperçu plusieurs quelques mois auparavant dans la campagne autour de Mammalipuram.

La nuit est… noire. Je m’aperçois que l’électricité, à Marayoor, c’est quelque chose qui va et qui vient… Et bien sûr, j’ai oublié nos torches, alors que le plus souvent je les traîne quasi pour rien. C’aurait été tellement plus pratique que ces petites bougies avec lesquelles je dois me battre pour qu’elles tiennent à peu près droites ! Le lendemain, nous parcourons en rickshaw les 12 kms qui nous séparent de l’entrée du parc. La végétation change très rapidement. Ici, tout est beaucoup plus sec et la forêt beaucoup plus clairsemée. La vue porte loin et, quelle vue.

La marche est rude au soleil et les montées n’en sont que plus pénibles mais nous n’avons surtout pas à nous plaindre : 4 hommes de la tribu locale des Pulaya portent tout ce dont nous aurons besoin jusqu’à la petite hutte de terre où nous passerons la nuit, au sommet d’une falaise. Et là, un vrai coup de foudre. Quand je ferme les yeux, je revois cette immense plaine à nos pieds et les montagnes qui se détachent sur l’horizon. J’entends le barrissement des éléphants, le croassement des grenouilles, les cris des singes, les oiseaux… Je salive en repensant à ces savoureux repas qui ont été cuisinés pour nous… Nous partons traquer les animaux que nos guides ont repérés. La nuit tombe, l’orage gronde sur le Tamil Nadu qui s’étend devant nous. Un bonheur… mais pas partagé par tous : selon les enfants, ça grouille de bêtes dans la hutte ! Mais bon, moi je suis myope comme une taupe… c’est pratique parfois…

Le lendemain, nous repassons par le « checkpoint » (où nous ferons un arrêt malheureusement trop long) avant de suivre le cours d’une rivière jusqu’à notre second hébergement. Je me croirais dans le Livre de la Jungle… On fait une trempette, observés par une foule de singes Langur et… par un gros sanglier pas vraiment sympathique. Vinod, notre guide, nous « abandonne », juste avant la nuit, entre les mains de gardes du parc que nous ne connaissons pas et qui parlent très peu anglais (le règlement !!! Ca, c’est à revoir.) Mais bon, comme nous sommes fatigués nous nous couchons peu de temps après la tombée de la nuit.

Réveil avec le lever du jour. Ce sont nos derniers moments à Chinnar. Nous reprenons la route vers le checkpoint où nous retrouverons Vinod avant de sauter dans un bus pour Munnar. La route cette fois-ci se fera sous le soleil… avec en fond sonore un film d’aventure tamoul.

10 et 11 avril – Munnar : Vinod reste à Munnar avec nous jusqu’en fin d’après-midi. Nous accompagnons Nohan, un élu local et aussi proprio d’une agence de « tourisme d’aventure » à Munnar (Trackfinder, 09447266632), dans un centre social où sont pris en charge les enfants des familles parmi les plus pauvres de la ville. Je me sens un peu bête parmi tous ces enfants : en général, nos « dons » sont un peu plus anonymes. Mais j’avais bien visé : les vêtements chauds semblent vraiment beaucoup leur plaire…

Nous optons pour un homestay à proximité du centre social (Theresian Homesaty, 700 rps). La chambre est vaste et très propre, l’endroit très calme, en retrait de la route principale, tout en étant proche du centre. Mais la vue est quelconque : on n’aperçoit même pas les plantations de thé. Et la proprio est assez… distante (le manque de chaleur de l’endroit sera toutefois compensé par les bains de vapeur du centre de massage Marayu qui se trouve à proximité et où nous nous ferons tous massés le soir venu. C’est qu’il fait quasi froid à Munnar !).

En fin d’après-midi, nous allons tous nous éclater à la Munnar Mella, tout à la fois foire et fête foraine. Les stands nous donnent à voir tout ce que nous n’avions jamais demandé à voir en venant à Munnar : ustensiles de cuisine indispensables à la bonne ménagère, outils de jardinage, pubs pour les projets de développement de la région, techniques d’insémination des vaches et fœtus de veau dans le formol, programmes des cours de l’école d’hôtellerie… Côté fête foraine… alors là, j’ai carrément l’impression de faire partie d’un tableau surréaliste. La foule se presse sur un terrain boueux où sont installés des manèges qui ne sont ni plus ni moins que ceux que j’ai connu enfant… mais dans un état que probablement même mes parents n’ont pas connu ! Il y a la rouille, bien sûr, qui vient un peu atténuer le débordement des couleurs, mais il y a surtout des mécanismes euh… que je ne sais trop comment qualifier (mais ça fait peur !), des moteurs qui crachent, des grincements, de la fumée noire qui tout à coup s’échappe de dessous un manège… Mon fils nous regarde horrifié, moi et ma fille, faire un tour de grande roue (la vue est si belle…), puis un autre dans ces espèces tasses qui tournent (j’ai mal au cœur…). C’est une folie, je le concède. Jamais, même en France, je ne fais confiance à ce type d installations. Quand on parle des Fous de l’Inde… Ici, ce serait plus « Fous en Inde… ». Disons simplement que le risque n’était probablement pas plus grand que celui que l’on court quotidiennement sur les routes indiennes (rationalisation de mon inconscience que tout cela. Bon, je ne recommencerai plus).

Il y avait aussi, tout au bout du terrain où se dressaient les manèges, une étrange installation. Imaginez une structure circulaire en bois surmontée d’un chapiteau, au sommet de laquelle il est possible de monter par des escaliers en métal rouillé. Des spectateurs sont agglutinés tout autour de la structure (un tube évasé surmonté d’une toile), sur des estrades métalliques. Ma curiosité est piquée : nous payons nos 10rps et commençons l’ascension de la structure lorsque, tout à coup, un vacarme épouvantable accompagné de terribles vibrations nous prend aux tripes. Arrivée en haut, je réussi à me faire une petite place entre deux spectateurs (j’ai le cœur qui cogne !) et ce que je vois me semble sorti tout droit de l’enfer. Des motos tournent à une vitesse folle, engagées sur les murs quasi verticaux de la structure de bois. Elles ne sont qu’à quelques centimètres les unes des autres. Leurs pilotes, hommes et femmes, se lèvent sur leurs sièges, se donnent la main tout en tournant, se croisent… C’est ensuite au tour d’une voiture de s’engager sur le mur, au milieu des motos! Son conducteur se hisse par la fenêtre ouverte, ne tenant le volant que d’une seule main. Le niveau de décibel est ahurissant, les vapeurs d’essence donnent la nausée. Je redescends, dégoûtée. Ce n’est pas mon premier voyage en Inde. J’ai vu la misère, la pauvreté. Mais là, je ne sais pas pourquoi, je suis sonnée. Payer pour voir des humains prendre de tels risques et vivre dans de telles conditions, y prendre plaisir… Ca me fait froid dans le dos. Même si, je l’admets, c’est loin d’être une particularité indienne.

Et puis il y a aussi ce spectacle de chiens savants qui rend tristes les enfants… Nous sommes les seuls à ne pas rire. Il est temps de rentrer.

Le lendemain, nous louons une jeep pour nous balader aux alentours de Munnar. Le petit déjeuner dans une échoppe au bord d’un lac de barrage est mémorable : vue splendide, chaï réconfortant et leçon « en live » de confection de parathas que nous dévorons par la suite accompagnés de sambar, le tout pour un gros total de 30 rps pour nous trois. Miam. Ensuite ? Eh bien, c’est avec plaisir que nous succombons à l’ « attrape-touristes » classique : la balade à dos d’éléphant, avec photo finale de l’éléphant caparaçonné et de sa « noble » monture protégée par une ombrelle… Plus kitsch, tu meurs, mais quelle rigolade. Et de voir tous ces touristes Indiens qui eux aussi se prêtent au jeu… c’est pas mal. Et disons, à notre décharge, que le lieu aurait pu être plus mal choisi : admirer du haut d’un éléphant un magnifique paysage de lac de montagne, on peut faire pire.

Nous continuons notre route jusqu’à Top Station. La route est grandiose mais, je ne sais si c’est en raison du brouillard, je ne vois pas trop l’intérêt à être venue jusqu’ici. Nous achetons des fruits de la passion et des « tree tomatoes » (une découverte pour moi) à une petite échoppe au bord de la route. Et ça, c’est un souvenir mémorable…

Retour à Munnar et déjeuner au Saravan Bhavan. Ca ne désemplit pas. Les places, aussitôt libérées, sont prises d’assaut aussi bien par des touristes indiens que par des locaux. Les feuilles de bananier sont vite jetées sur les tables et les serveurs se pressent pour nous servir et nous resservir d’une variété impressionnante de plats. Ambiance cafétéria, bruyante, conviviale. Les conversations vont bon train : un jeune couple de Bangalore, tout excité à l’idée de se retrouver le lendemain sur un houseboat, nous fait part de ses impressions de voyage, un marchand de montres nous évoque la situation économique de la ville… Les enfants s’empiffrent, surtout de riz. Pour le reste, il semble y avoir overdose. Dommage. Nous avions opté pour la « totale », à 45 rps ! Je n’avais pas remarqué que nous aurions pu faire beaucoup plus modeste…

L’après-midi, nous décidons de flâner dans les collines environnantes. C’est bon de marcher, au soleil, sans être écrasé par la chaleur. Afin de pousser un peu plus loin, nous arrêtons au hasard un conducteur de rickshaw qui se révélera tout simplement formidable. Comme on accroche bien, on décide de faire un bout de chemin avec lui. Bien sûr, il connaît plein de choses sur la culture du thé. Mais il se révèle surtout un guide plein d’entrain et d’humour qui fait connaître aux enfants aussi bien le secret des sifflets confectionnés avec les feuilles de thé que celui de ces feuilles que l’on déchire et sur lesquelles on souffle pour faire des bulles de savon (bon, pas de savon, bien sûr, mais c’est tout comme). Et on découvre, encore, un grand nombre de végétaux comestibles. On mange toutes sortes de graines, de fruits, mais le plus drôle ce sont ces petites plantes dont on écrase la tige pour en boire la sève et dont on mange ensuite la feuille. On a l’impression de brouter ! Dommage que nous n’ayons pas rencontré plus tôt Rajamani (09495187552). Ce sont souvent des rencontres comme celle-là qui nous font apprécier autrement un endroit.

Le soir venu, la question du « et maintenant, où va-t-on ? » est posée. Et là, rien d’évident. J’avais envisagé de descendre en bus jusqu’à Kottayam pour ensuite prendre le ferry jusqu’à Allepey. Mais face à l’éventualité de nous retrouver dans la chaleur écrasante des plaines (ce qui ne rend pas particulièrement de bonne humeur les enfants) et à la hâte qu’a ma fille de se baigner dans la mer, je décide de mettre tout de suite le cap sur Varkala. Une fausse bonne idée. Coûteuse (3500 rps de taxi) mais surtout épuisante et décevante. Quand nous optons pour un taxi, c’est le plus souvent pour pouvoir profiter de ce qu’il y a entre notre point de départ et notre point d’arrivée. Mais là, ce sera plutôt un chemin de croix…

12 et 13 avril – Varkala : Départ de Munnar à 7h00. Après un arrêt petit déjeuner vers 10h30 et la visite d’une plantation d’épices, nous atteignons en fin de matinée les abords d’Ernakulam. J’aurais préféré passer par la route de Kottayam, mais je me rends compte, trop tard, que Seluam a mis le cap sur le NH47 qui longe du nord au sud le Kerala. L’autre route serait beaucoup beaucoup trop dangereuse (sic). Nous ne percevons évidemment de la voiture que les aspects peu engageants de la ville –les bouchons, les grandes artères- et ses abords, comme presque tous les abords de ville, affreux et congestionnés. L’usage assez inusité que font les Indiens du klaxon n’est évidemment pas une découverte mais ce qui l’est, en revanche, c’est l’usage immodéré qu’en fait Seluam. Il a littéralement la main appuyée en continue sur le klaxon ! J’ai chaud. J’ai la tête qui menace d’éclater. Je ne vois rien des villes que l’on se presse de traverser et de la campagne environnante. Et, le clou de la journée, je m’aperçois trop tard que Seluam ne s’est pas arrêté à Kayamkulam pour que nous puissions faire la visite du Krishnapuram Palace où je lui avais pourtant demandé un peu plus tôt de nous arrêter. Grrrr.

Nous atteignons Varkala aux alentours de 16h30 et là, consternation : ça n’a absolument rien à voir avec l’image que je m’en étais faite. Evidemment, nous sommes tous crevés. Evidemment, une station balnéaire découverte sous la pluie ne se présente probablement pas sous son meilleur jour. Mais je suis sidérée devant tous ces panneaux accrochés aux arbres, aux clôtures, et qui à chaque intersection nous vantent les mérites ou nous incitent à visiter guesthouses, hôtels, salons de massage, agences de voyage, restos… Notre chauffeur est de mauvais poil, comme nous (ça se comprend, et lui il se tapera le chemin du retour). Je lui propose de nous laisser là, tout simplement, on se débrouillera bien, mais il refuse. Il me propose quelques guesthouse sur la Northcliff, un autre quasi sur la piste de l’héliport ( !) mais il est hors de question que nous louions une chambre derrière un barrage de commerces où se pressent toute la journée une foule de touristes. (Bon, je suis de mauvais poil, vous l’aurez compris). Tant qu’à être venue jusqu’ici, je veux la mer, tout près, et le calme (je crois que si je m’écoutais, je taperais du pied, comme une enfant, ou je m’effondrerais en sanglots. Mais bon, des enfants, il y en a déjà deux dans la voiture). J’essaie désespérément de nous faire conduire plus au nord, vers Odayam ou Edava, mais personne ne semble connaître, ni mon chauffeur ni tous ceux que je croise et à qui je demande des infos. Put… ! C’est une conspiration ou quoi.

Je finis quand même par me faire amener un peu plus au nord et je m’arrête au Wood House Cottage (1000 rps). Les constructions en continue ont pris fin. On se retrouve tout au bout de la Northcliff, juste à l’endroit où cette dernière redescends vers la mer. Un cottage est libre, le premier, tout au bord de la mer. C’est loin de correspondre à mon rêve mais bon, on s’arrêtera là. Adieu Seluam. Mauvaise pioche. Ca arrive.

Au final, nous ne regretterons pas le choix du Wood House. Le cottage est coquet et propre et, assis sur notre balcon, nous avons une vue magnifique sur la mer et la côte qui se prolonge vers le nord. La nuit, nous nous endormons avec le bruit des vagues qui se brisent sur les rochers en contrebas. Le lendemain matin, je découvre lors d’une longue balade vers le nord les sites d’Odayam et d’Edeva où je souhaitais m’installer à l’origine. C’est très calme, mais loin d’être désert. Les pêcheurs qui reviennent de leur nuit en mer remontent leurs filets. Je croise aussi des femmes, des enfants. Ca et là, je note la présence de quelques structures touristiques qui, en cette fin de saison, sont totalement vides. Pour un séjour prolongé, nul doute que c’est ici que j’aurais aimé m’installer. Mais pour quelques jours, en définitive, mieux vaut être près de « l’action » d’autant plus que les transports vers la plage de Varkala semblent quasi inexistants, du moins en cette saison, et que je n’ai toujours pas acheté de lampe torche, essentielle pour se déplacer une fois la nuit tombée. Je n’apprécie pas trop la grande plage de Varkala. Mais la petite plage de sable noir qui se situe à un jet de pierre de notre cottage est formidable. On y passe des heures dans l’eau… aussi chaude que celle d’une baignoire. Le soir, on flâne de ci de là, on se mange un poisson et on se retrouve, comme tant de monde, au Funky Art Cafe. C’est vraiment l’endroit « in » du moment, et ça se comprend. Nous aurons droit, les deux soirs que nous y passerons, à un concert de musique classique indienne. Car il ne faudrait pas l’oublier : on est en Inde !!! Et, qui plus est, au Kerala ! Les nombreuses boutiques tenues par des Cachemiris et des Tibétains pourraient nous amener à en douter…

Varkala… Décidément, si on considère que c’est encore une petite station, je préfère ne pas voir ce que doit être Kovalam. Disons que ça m’a un peu rappelé l’atmosphère un peu « baba » de certains coins de la Thaïlande il y a 20 ans, mais en beaucoup beaucoup plus développé (mes coins de prédilection, à l’époque, n’avaient même pas l’électricité). Ce n’est pas désagréable, d’autant qu’on peut se sauver assez facilement de la horde de touristes en cette saison. Mais ce n’est pas mon truc.

14 au 16 avril – Allepey : Le 14, nous prenons un train en fin de matinée pour Allepey, ce qui nous laisse suffisamment de temps pour faire trempette. Malheureusement, nous sommes expulsés de « notre »( !) plage par des pêcheurs qui remontent leur filet.

Pour un trajet aussi court, pas besoin de réservation. Nous prenons des places en sleeper (71rps). Le trajet est vraiment sympa. Il y a beaucoup de mouvements, les jeunes vont et viennent et les conversations vont bon train. Je déplie ma carte, sors mes guides, et tout le monde y va de son conseil pour que nous profitions au mieux de nos derniers jours de voyage. Il fait chaud mais les fenêtres ouvertes laissent passer suffisamment d’air et, surtout, elles permettent une première découverte des backwaters. Et ce qui est loin d’être négligeable, le train permet de se déplacer sans entendre le sempiternel bruit des klaxons. Ouf…

Arrivés à Allepey, nous sautons sur le quai de la gare et, là, je me fais avoir comme une « bleue ». La honte. Suite aux conseils de Stalingrad, forumiste grand spécialiste du Kerala et amoureux d’Allepey, j’étais entrée en contact avec Shameer, un chauffeur de taxi de ses amis. Celui-ci devait m’attendre à la gare d’où nous avions prévu trouver un hébergement et nous entendre sur un futur trajet dans la campagne, nous amenant d’Allepey à Thattekad.

Donc, pour faire court, il y avait bien quelqu’un à la gare qui m’attendait avec un grand sourire, mais ce n’était pas Shameer… en dépit de ce qu’il avait affirmé au départ (enfin, SHameer devait être là, mais un peu plus discret que l'autre chauffeur qui m'a bien eu). J’ai été un peu longue à la détente, j’aurais pourtant dû percuter en voyant le Jésus qui ornait le tableau de bord. Et le comportement du monsieur me semblait assez peu correspondre à ce que nos coups de fil m’avaient fait imaginer… Enfin, tout est bien qui finit bien. Shameer nous a retrouvés. On ne m’y reprendra plus.

J’avais envie, à Allepey, de m’installer hors de la ville, au bord de l’eau. Histoire de profiter du lieu, dans le calme. Nous tentons notre chance au Palm Grove Resort où nous nous installons dans un petit cottage avec une très chouette salle de bain en plein air. Quel plaisir de prendre sa douche sous les arbres, au milieu des plantes qui poussent partout ! Le cottage sera notre hébergement le plus cher de ce voyage (1250 rps) mais nous ne le regretterons pas. Nous sommes tout au bord de l’eau, loin de la route principale. Il y a une salle à manger en plein air où j’aurai de longues conversations avec Joseph, un jeune homme qui fait là son stage dans le cadre de sa formation en hôtellerie (un superbe cuisinier). Et il y a aussi des hamacs où les enfants passeront beaucoup de temps. De là, le spectacle est permanent. On voit passer sur l’eau les gens des environs mais aussi, ce qui ne nous donnera pas le goût de tenter l’expérience, les kettuvallam et leurs touristes qui profitent des backwaters. A certaines heures, on dirait une autoroute !

Allepey est certainement un de nos coups de cœur de ce voyage. Nous avons beaucoup profité de la ville où, curieusement, ne semblent pas beaucoup s’aventurer les touristes. Moi j’adore ces petites villes où très rapidement on peut prendre ses marques. Et les deux principaux canaux sont des points de repère qui facilitent bien les choses. Ce ne sont pas les principaux sites qui me laisseront un souvenir impérissable (les églises indiennes, bof… et les temples, quand on connaît le Tamil Nadu, sont plutôt décevants). Mais j’ai de magnifiques souvenirs des ballades dans les rizières qui entourent la ville et dans les quartiers où la campagne se mêle à la ville. Nous en avons aussi profité pour faire nos courses, conseillés par Joseph qui nous a orienté vers les boutiques « in » de vêtements pour hommes (bon, on n’est pas à Delhi…). Et puis, bien sûr, on a acheté quelques parapluies, une des grandes spécialités de la ville.

Nous avons préféré profiter des backwaters dans un petit bateau à rame, au lever du soleil. Départ à 5h40 .C’est magnifique de voir s’éveiller la vie dans les backwaters. Nous évoluons quelques temps sur de grands canaux pour ensuite nous engager dans certains canaux incroyablement étroits. Nous descendons parfois sur les berges pour nous délier les jambes et aller découvrir de magnifiques paysages. Il fait encore bon. On se laisse porter, au ras de l’eau, ce qui n’est pas désagréable. Notre balade nous aura coûté plutôt cher si je compare aux prix que certains offraient (150 rps de l’heure). Moi, j’ai payé 1200 rps pour un périple de 6 hrs, mais il faut dire que nous avions deux rameurs, ce qui n’est pas négligeable.

Et comment se remettre de tant d’émotions ? Par un bon massage, pourquoi pas. Et là, c’est la poursuite du bonheur. Total. Contrairement à Munnar, le massage s’effectue en partie assis, et en partie couché. Et il se termine par une séance de lavage : le corps, le visage, les cheveux. C’est un vrai bonheur, par cette chaleur, de se faire laver avec de l’eau très chaude. On en ressort tout sec et la moiteur prend un certain temps à se réinstaller. Ah ! Sudha, que de bonheur tu m’as fait connaître (un bonheur tel que moi et ma fille récidiveront le lendemain matin dès 7hrs) (Sreekrishna, Ayurveda Panchakarma Centre, 500 rps).

Après un superbe repas concocté par Joseph au Palm Grove, nous nous rendons en rickshaw à Marari Beach. Une vraie plage de carte postale. Les palmiers, les bateaux sur la sable : on se dit que ça, c’est une plage… Mais bon, il y a du vent et, surtout, une mer agitée qui, dès qu’on y trempe les pieds, nous fait bien sentir le danger. Je suis pourtant une bonne nageuse, pas trouillarde, mais là, je me suis contentée de rester au bord à barboter. Et j’ai terminée la baignade avec du sable collé partout (et comme je m’étais baignée avec mon tee-shirt, histoire de ne pas choquer d’éventuels passants, et que je n’avais pas de vêtements de rechange, je vous laisse imaginer les heures qui ont suivi…).

Le soir, on décide de se payer un bon resto. On choisit le Harbour, dont les cuisines semble-t-il sont les mêmes que celles du Chakara, le plus chic resto d’Allepey (selon le Rough Guide). Mais le Harbour est définitivement fermé, les enfants sont affamés, on est sur la route de la plage, il fait noir. Au diable la dépense, on tente le chic du chic au Chakara. Première surprise : un menu unique, de la mise en bouche ( !) au dessert. Deuxième surprise : le prix. 600 rps le repas !!! J’en tombe presque de stupeur. Mais bon, je suis curieuse… A quoi ça peut bien ressembler, un repas aussi cher en Inde ? Et le cadre est surprenant : disons, l’Inde telle qu’on la voit parfois représentée dans les pubs, d’un très bon goût « occidental », très raffiné et sobre. On casse le cochon, pour l’ « expérience ». On ne cadre pas trop avec le décor, c’est certain (c’est curieux, jusqu’ici je ne remarquais pas trop les taches qui maculent mes vêtements). Mais bon, pas grave, il est tôt et on est tout seul. Enfin, jusqu’à ce qu’un cameraman arrive, avec un éclairagiste, un perchman, une réalisatrice… et une SUPERBE actrice indienne qui ne parle pas un mot de malayalam et s’exprime donc en anglais. On assiste au tournage d’une pub qui, si j’ai bien compris, fera la promotion de plusieurs sites (commerces ?) de la région. Et nous qui voulions une petite soirée tranquille. Enfin, c’est ce que semblait croire le proprio du resto qui n’en finit plus de s’excuser. On finira par partir, en payant une note sensiblement réduite « en raison du dérangement ». Ouf ! L’apprentissage ne fut donc pas si dur pour notre porte-monnaie (soit dit en passant, le chic du chic est quand même moins cher qu’un simple repas en famille chez Courte Paille). Ah, au fait, ce n’était pas mauvais mais nous avons beaucoup regretté le biryani de chez … (bon, j’ai oublié le nom, mais ça ressemble à Allah… un resto tenu par des musulmans, en bordure du South canal. Une grande cafétéria, où les demi-portions sont bien suffisantes… Demandez, tout le monde connaît. Et ça vaut le coup.). Et aussi la bonne cuisine que l’on nous avait préparé en plein parc de Chinnar, loin de tout…

17 et 18 avril : Aranmula, Ettamanur, beaucoup de route (!) et Thattekad… Il n’y avait pas tant de route pour aller d’Allepey à Thattekad. Nous aurions fort bien pu prendre le ferry jusqu’à Kottayam, puis des bus. Mais j’avais envie de profiter de cette région du Kerala à laquelle m’avait fait rêver Arundathi Roy dans son livre Le Dieu des Petits Rien. Les backwaters, les rizières, les plantations … j’avais envie de sentir un peu mieux cet environnement, quitte à y revenir lors d’un prochain voyage. Deux endroits m’attiraient plus particulièrement: Aranmula, réputé pour sa fabrication de miroirs en métal et Ettamanur, pour y admirer les fresques du temple de Mahadeva. Nous avons donc loué une voiture pour cette journée d’exploration. Pas la meilleure idée du voyage.

Départ pour Aranmula. Nous passons progressivement d’un paysage où dominent l’eau et les rizières à un environnement boisé et vallonné qui annonce le tout début des ghats. On mesure ici l’importance de la culture du riz. Il y en a partout : étalé pour sécher le long des routes, dans de gros sacs, à l’arrière de camions qui en assurent le transport… Il y a bien peu de machinerie agricole. Cette industrie qui nourrit des millions de personnes est encore ici très artisanale.

Le temple d’Aranmula occupe le centre du village. Nous trouvons une petite boutique où sont exposés quelques miroirs : jolis mais, malheureusement, gâchés par l’inscription « valkannadi mirror », gravée juste sous la surface réfléchissante. Il est probablement important de bien montrer à tout le monde que l’on possède un spécimen de ces miroirs si spéciaux, autrefois réservés à la royauté… Mais de toute façon, si je suis venue jusqu’ici, c’est que j’étais très curieuse d’en découvrir la fabrication. Nous trouvons finalement une famille d’artisans. Nous traversons la maison, tout en longueur, qui débouche sur un atelier ouvert sur le jardin, véritable jungle au milieu du village. Il fait incroyablement chaud. Quatre hommes, assis à même le sol, font couler le métal fondu dans des moules de terre, cisèlent le métal, polissent les surfaces. Mais ce qui fait la spécificité de ces miroirs, c’est que leur surface réfléchissante n’est pas faite de miroir mais de métal poli. Tel que je les vois, ces hommes doivent travailler de la même manière et dans les mêmes conditions qu’il y a des centaines d’années. Leurs gestes sont lents, précis.

De petits miroirs, tous identiques, sont en cours de fabrication. Un Indien vivant aux Etats-Unis en a commandé 300 pour offrir aux invités du mariage de son fils. Ils sont jolis : petits, avec un manche, très féminin. Je réussis à les convaincre de m’en vendre un, qu’un des artisans termine pour moi. Il me le dépose dans la main, encore tout chaud (au sens propre). Le reflet est parfait mais, attention, il ne faut surtout pas y poser les doigts.

Nous reprenons la route, direction Ettumanur. Et là, ça se gâte. Bien sûr, le paysage est magnifique. Nous évoluons parmi des plantations de caoutchouc et diverses cultures. Mais alors qu’il y avait sur ma carte une route directe entre Aranmula et Ettumanur, nous roulons pendant 4 heures sur de petites routes tortueuses, obligés de nous arrêter à chaque carrefour pour demander notre chemin. C’est beau, bien sûr, mais c’est long, très long. Les heures et les kilomètres défilent. Nous arrivons finalement à Ettumanur en fin de journée, pressés par notre chauffeur de trouver au plus vite ces fameuses (foutues) murales pour repartir au plus tôt.

Le temple d’Ettumanur est impressionnant. Les murs de la structure centrale, très basse, sont tapissés de lampes remplies d’huile de coco dans lesquelles des moines déposent de petites mèches. Il y en a des milliers. Le résultat, les lampes allumées, doit être magique. Mais nous devrons repartir avant la tombée de la nuit. Nous trouvons finalement les fameuses murales, accrochées de chaque côté de la porte ouvrant sur le temple, dans un espace très sombre et encombré qui relève plus du débarras qu’autre chose. Nous sommes d’ailleurs les seuls, j’ai l’impression, à nous intéresser à ces murales, par ailleurs très belles mais dans un état lamentable. Les pèlerins sont pourtant nombreux. Plusieurs, le torse nu, habillés d’un dhoti noir, sont sur la route de Sabarimala.

Nous repartons pour Thattekad. Jamais je n’avais roulé aussi vite sur des routes en Inde ! Je me calme un peu dans les embouteillages de fin de journée à Muvattupula et nous arrivons àThattekad où nous attends Vinod. Enfin. Vinod nous a trouvé une chambre au Thattekadu Resort (650 rps) juste en contrebas du pont, de l’autre côté de l’entrée de la réserve. Les chambres sont très moyennes, les installations extérieures semblent à l’abandon, mais la situation au bord de la rivière Periyar est magnifique et nous sommes merveilleusement bien accueillis par Bibil qui fera la cuisine pour nous pendant notre séjour. Car nous sommes, littéralement, au milieu de rien… Il n’y a nulle part où aller, à pied.

La rivière est haute. Si haute en fait qu’elle recouvre les berges, les bancs installés dans le resort pour admirer le paysage, les barrières, les lampadaires… L’impression qui s’en dégage est très étrange. On peut s’installer sur un banc, les pieds dans l’eau… Nous choisissions plutôt, profitant qu’il fasse nuit, de nous baigner dans la rivière. Je m’y verrais mal en plein jour, les badauds nous observant à partir du pont… Après cette longue journée la sensation de se retrouver dans l’eau est tout simplement fabuleuse. Nous sommes tous de bons nageurs, Vinod aussi, mais il reste un peu nerveux. En février 2007, 15 élèves et 3 de leurs professeurs sont décédés un peu plus loin, dans l’accident de leur ferry. Vinod faisait parti des sauveteurs. Depuis, il y a beaucoup moins de touristes indiens à Thattekad et les affaires sont difficiles.

Le lendemain, Vinod part de très bonne heure pour Chinnar où un autre trek l’attend. Dommage. Mais cette dernière journée de notre voyage n’en sera pas moins mémorable. Nous partons très tôt pour Kodanad afin d’assister au bain des éléphants. Après un trajet d’environ une heure en voiture nous atteignons un zoo, ou plutôt un centre qui recueille les animaux blessés ou malades. Des slogans écolos ornent les barrières qui bordent l’accès au centre et en présentent la mission. De bien belles intentions. Mais que ce soit par manque de moyens ou suite à une représentation tout à fait différente de la mienne des besoins des animaux, nous nous retrouvons face à un spectacle plutôt triste. Les singes dans leur petite cage font peine à voir. Mais le pire de tout ce sont les cervidés : un nombre incroyable d’entre eux sont réunis dans un enclos boueux, entassés, sans espace où s’ébattre. Et selon le responsable, il n’y a aucune possibilité de les réadapter à la vie sauvage. Je n’ai pu m’empêcher de penser que, peut-être, il aurait mieux valu les laisser mourir.

Heureusement, cette escapade nous aura aussi permis d’assister au bain des éléphants. A partir du parc, nous les suivons sur une petite route qui nous conduit à un espace herbeux où nous nous arrêtons pour découper les noix de coco qui permettront de les laver. C’est pour nous un premier contact avec eux, timide. Pour les trois petits éléphants, ça va, mais le plus gros est vraiment… gros ! Nous descendons ensuite sur les bords de la rivière pour le fameux bain. Le paysage est très beau, serein. Les éléphants entrent dans l’eau, guidés par leur cornac, qui commence à les arroser avec les coques de noix de coco pour ensuite les frotter. Il faut avoir de la patience pour laver un éléphant. La tête, le dos, un côté, puis l’autre… Les touristes sont invités à donner un coup de main, les pieds dans l’eau. Il doit y en avoir une bonne douzaine, Indiens et surtout étrangers, qui nous ont rejoints au bord de la rivière. Je ne sais pas si c’est pour économiser le prix de l’entrée au centre animalier (très peu cher… 50rps si je me souviens bien) que leur chauffeur les amène directement ici, mais c’est vraiment dommage : les cornacs soutirent des touristes quelques rps mais le centre, lui, n’a rien (et il en aurait bien besoin, au vu des installations et de l’entretien du lieu).

Retour à Thattekad où Bibil nous a préparé un autre repas… chinois .Nous n’aurons d’ailleurs droit, ici, qu’à du Chinois. C’est sa cuisine préféré, et il fait des tests (sans commentaires…). En milieu d’après-midi, un jeune homme envoyé par Vinod vient nous chercher en canoë (tout neuf, en bois et fibres de coco). Le temps est à l’orage : les couleurs des oiseaux et de la végétation se détachent sur un ciel noir d’encre. Nous approchons tout doucement des oiseaux. Le vol de deux martins-pêcheurs, blanc et noir, nous laisse sans voix. C’est tout simplement magnifique.

C’est sous la pluie battante que nous atteignons le barrage de Bhoothathankettu. Lorsque la pluie se fait un peu moins forte, nous quittons notre abri et nous engageons sur la route qui passe sur le barrage. En sens inverse, plusieurs vaches font la traversée à la queue leu leu. Une glace, sous la pluie, et c’est reparti. Sur le chemin du retour, Bilil arrête le canoë sur des pierres à fleur d’eau pour nous permettre de nous baigner. Sur la rive, les muscadiers ressemblent à des arbres de Noël avec leurs fruits jaunes qui resplendissent au soleil couchant. Un vrai bonheur.

Nous rentrons à la nuit tombée. Dernier repas, re-re-re-chinois. Dernier émerveillement : une minuscule grenouille toute noire. C’est le temps de faire les bagages. Nous partons tôt demain matin pour l’aéroport.

19 avril : le retour La route vers l’aéroport se fait sans encombre. Pas de bouchon, pas de ville à traverser. Super. Un second arrêt à l’aéroport de Dubaï me confirme dans ma première impression : c’est complètement dingue comme endroit !

Arrivés à Roissy, nous retrouvons un de nos sacs complètement éventré et brûlé ( !). Il y a du thé partout, des boîtes en plastique ont carrément fondu… et on a l’impression que l’employée de la compagnie aérienne se fout carrément de notre gueule. Arrivés à Austerlitz, on saute dans le train qui nous ramènera chez nous : il est bondé, on voyage assis par terre. Bienvenue chez nous !
En voyage je ne sais pas toujours où je suis, mais je ne suis jamais perdue...
ST Stalingrad Globetrotter ·
Que rajouter à ton récit de voyage sinon qu'il donne envie de faire sa valise et de partir tout de suite destination Trivandrum, Kochi/Ernakulam ou Calicut (il paraît qu'il y a un aéroport international dorénavant à Calicut/Kozhikode).

Quant à ta méprise sur le chauffeur de taxi sur le quai de gare de Allepey, il m'est arrivé la même chose au pied de mon immeuble il y a quelques mois; j'avais commandé un taxi pour aller à Charles de Gaulle (destination ? l'Inde bien sûr 😉) car je partais avant que métro et RER ne fonctionnent; à l'heure dite je vois se pointer un taxi tout ce qu'il y a de plus officiel avec une charmante chauffeuse qui s'arrête, à qui je demande confirmation qu'elle fait bien partie de la société des taxis G7, qui prend mes babages pour les mettre dans le coffre (je ne me suis pas méfié car mon immeuble se trouve dans une rue secondaire où ne passent que les taxis qui y ont vraiment affaire), quand.... surgit une autre voiture taxi, le chauffeur descend, ne se fâche pas du tout mais me montre avec sa carte que c'est lui que j'ai commandé, la chauffeur du taxi précédent ne dit rien mais transporte illico mes babages dans le coffre de son "collègue". Le taxi que j'avais commandé m'a alors avoué que ce n'était pas la première fois que des taxis "pirates" les doublaient, mais ce qui le mécontentait le plus c'est que ces taxis (pirate est exagéré car ils ont des licences) ne respectent pas les conventions, en fait ils n'acceptent que les courses lucratives par exemple centre de Paris <--> aéroport.
MI Millipatti Veteran ·
J'ai fait une petite modification à mon texte pour éviter la confusion. Car c'était tout à fait ça: un taxi pirate. Paris - Allepey: même combat.

Je ne crois pas qu'il recommencera de sitôt: il a vraiment eu peur que je porte plainte.
En voyage je ne sais pas toujours où je suis, mais je ne suis jamais perdue...
NO Noham Regular ·
Merci, Millipatti, pour ce récit très... vivant... Dommage qu'on n'ait pas quelques lignes (sincères et non pour faire plaisir à maman) rédigées par les enfants afin d'voir leur opinion et leur vision à eux de ce voyage. Il y a beaucoup de plaisir et de charme dans ce que tu décris, mais j'y ressens aussi, en filigrane, un peu d'amertume et une certaine déception sinon une déception certaine. Me trompé-je ? J'attendrai les photos avec patience... (non, la patience n'est pas mon fort. Je l'exerce trop dans ma profession)
MI Millipatti Veteran ·
Pour les enfants, c'est vrai que j'aurais beaucoup aimé qu'ils contribuent à ce récit. Ca avait mon projet lors de notre séjour au Rajasthan mais j'avoue que, suite à mon échec cuisant à cette occasion (ils adorent lire ce que j'écris, quant à y contribuer, c'est autre chose), je n'ai pas récidivé cette fois-ci. Mais bon, je vais tenter le coup.

Amertume? Déception? C'est intéressant cette impression que tu as. Tu le perçois concernant notre voyage ou plutôt par rapport au Kerala ou plus globalement aux Indiens?

Concernant l'Inde, je ne crois pas être déçue. J'adore aller en Inde mais, contrairement à ce que l'on peut sentir parfois chez certaines personnes, je n'ai jamais idéalisé ce pays. L'Inde me fascine mais je suis loin de percevoir ce pays comme un Eden ou une référence...

Concernant le voyage, ta remarque m'amène à me dire que, c'est vrai, je suis probablement un peu déçue. Cette déception vient probablement du fait que, pour moi, deux semaines c'est beaucoup trop court. J'aime aller lentement mais il est difficile de se dire: je fais 2, 3 stops, pas plus, et je m'en tiens là. Ca correspondrait plus à mon rythme et à ma façon de voyager mais, malheureusement, je n'ai plus le temps de prendre le temps. Ca m'amène à beaucoup réfléchir à mon prochain séjour du 21 juillet au 17 août prochains. 26 jours sur place au total, c'est peu. Et le Madya Pradesh, où j'envisage de ma balader, c'est grand. Dilemne, dilemne.

Quant aux photos, je passe la commande à mon fils. A chacun ses responsabilités.

Et bon voyage à toi
En voyage je ne sais pas toujours où je suis, mais je ne suis jamais perdue...
NO Noham Regular ·
Oui, je parlais du voyage, globalement... Je suis un peu comme toi. Je suis un lent. Je déteste me speeder et encore plus qu'on me "speede". Il me faut du temps pour tout ce que je fais. Même prendre une douche ou me brosser les dents. Le matin avant d'émerger j'ingurgite un litre de thé pendant plus d'une demi-heure, hébété, sans rien faire, et faut pas me parler... Alors quand il s'agit de prendre une photo, ou de voyager, je te dis pas... Je crois avoir trouvé le compagnon de voyage idéal pour me supporter et suivre mon rythme. Nous partirons donc pour 3 mois et demi environ (moi, du moins, c'est sûr, le billet est acheté) Je déteste le bruit, la foule, les bousculades, et les cris. Le klaxon en Inde, ça va être très dur pour moi...
NA Nanasiana ·
Salut,

merci et bravo pour le récit de ce séjour. Tu as une belle plume, je te recommande de persister .. et signer ! Que signifie ton pseudo (je pars en Inde en juillet, j'élargis mon vocabulaire !!) Je te souhaite bien d'autres belles aventures,
MI Millipatti Veteran ·
Merci des compliments.

Millipatti... J'étais au Kenya quand, tout à coup, le propriétaire d'un petit élevage de serpents avec qui je discutais me pousse pour que je ne pose par le pied sur quelque chose de tout noir et brillant sur la route. La bête est impressionnante: un petit boyau rayé que l'on aurait dit monté sur un balai à double rangée de poils (tu vois ce que je veux dire?). Millipatti! Millipatti! Un gros mille-pattes, quoi.

Des pseudos, j'en avais plein en tête, pas très originaux probablement puisqu'ils étaient tous pris. Ce fut donc Millipatti.

Aucun rapport avec l'Inde, quoique... Lors de notre séjour au Kerala, à Thattekad, j'ai croisé sur ma route le jumeau de mon millipatti Kenyan. Mais cette fois-ci, j'ai été moins timide. Et les petits balais, sur la peau, c'est quelque chose!

Bon voyage en Inde
En voyage je ne sais pas toujours où je suis, mais je ne suis jamais perdue...
LA Laptitmarie Veteran ·
"Je déteste le bruit, la foule, les bousculades, et les cris. Le klaxon en Inde, ça va être très dur pour moi..."

Tu vas être servi !..........😛
Balades autour de la boule : Inde, Bangladesh, Turquie, Népal, .. Récit Bangladesh Récit Inde 2001
NA Nanasiana ·
ahah je suis écroulée de rire ! Ma naïveté me surprendra toujours, et mon sens de l'exotisme ! Je n'ai une seule fois sur mille pensé à ce bon vieux mille pattes, j'avais mis le cap sur une des nombreuses divinités hindoues que je ne connaîs pas encore !! J'ai de quoi rire pour longtemps encore, et pour sûr lorsque je croiserai l'un de nos petits amis, je ne manquerai pas de penser à toi. Merci pour l'histoire que tu rédiges encore de l'origine de ton pseudo, je suis friande d'histoires (lectrice et auditrice), et tu sais y mettre les formes ! Belle continuation,
MI Millipatti Veteran ·
Je t'imagine cherchant inlassablement un temple dédié à Millipatti! 😏 Mais qui sait, le panthéon indien étant ce qu'il est, tu finirais peut-être pas en découvrir un. Fais-moi signe si tu en croises un sur ton chemin.

Quant aux histoire, j'adore, particulièrement celles des autres. C'est que je suis un peu paresseuse.
En voyage je ne sais pas toujours où je suis, mais je ne suis jamais perdue...
PA Panchoa ·
Bonsoir Millipati j'ai lu ton journal de voyage au Kérala où je me ends avec ma femme et mon fils de 17 ans en février . Je cherche à organiser ce séjour . Je suis intéressé par la formule d'un chauffeur qui pourrait assurer nos déplacement. Nous arriverons à Mumbay puis pensons prendre de suite un vol jusqu'à Cochin. Es-tu passer par une agence pour les vols intérieurs, as-tu les coordonnées du chauffeur Shameer. Quel est le cout pour un tel service? Faut-il prendre en charge ses nuits ses repas? Merci pour tes infos Panchoa
MI Millipatti Veteran ·
Bonjour,

Désolé du délai, je reviens sur terre après les congés... lentement!

Pour les vols intérieurs, je te conseille de passer par l'agence makemytrip (sur internet). C'est une agence indienne, avec laquelle je n'ai jamais eu le moindre problème.

Pour le chauffeur, je t'envoie les coordonnées que m'avait envoyées Stalingrad (va voir ses posts sur le Kerala, c'est un amateur éclairé...)

Pour louer un taxi (avec chauffeur) sûr, sympathique, appelez de ma part Mr SHAMEER ( "Allo Mister SHAMEER, I am etc... Your friend Alan in Paris gave me your phone number, etc..."). Son numéro de téléphone portable est le suivant : (00.91).934.987.09.66. Pour payer moins cher la communication on peut utiliser télérabais.com au 0821.150.150. Si tu appelles d'Inde, tu remplaces le 00.91 par un 0 --> 0934.987.09.66. SHAMEER a un deuxième mobile (les indiens sont comme ça, ne pas chercher à comprendre, même si Shameer est évidemment muslim le dieux Shiva au cent bras n'est pas loin 😉) au (00.91).989.557.09.66. Il a aussi une boîte e-mail : mk_shameer@rediffmail.com. Attention au tiret mk_shameer !!! Il est basé à Allepey mais les taxis rayonnent dans tous le sud de l'Inde (Kérala, Tamil Nadu et parfois un peu au-delà).

Il faut savoir que Shameer est un ami de longue date de Stalingrad, avec qui il envisage de faire des affaires.Ca n'enlève rien aux qualités de Shameer mais en ce qui me concerne, ça n'a vraiment pas "collé". Pour les tarifs, ils sont facturés en général au kilomètre, avec un minimum journalier. Il faut compter aux environs de 30 euros par jour (mais ces chiffres datent un peu). Il faut rajouter si ce n'est pas déjà inclus les frais de vie du chauffeur (env. 200 rps/jour si je me souviens bien). Mais bon, Shameer mangeait avec nous... et je réglais!!! Il l'a fait 2 fois, mais j'avoue que je n'aurais pas apprécié que ce soit toujours comme ça. En ce qui me concerne, je ne prends jamais un chauffeur pour tout un séjour, mais uniquement pour certaines étapes. De deux choses l'une: ou l'on s'entend très bien avec le chauffeur et il est très inconfortable de le laisser manger seul et de l'abandonner tôt le soir, ou alors l'entente est moyenne et, en ce qui me concerne, je n'ai pas du tout envie de partager de si longues heures avec quelqu'un que je n'apprécie pas vraiment. Mais bon, c'est très personnel tout ça. Le mieux est de faire une recherche sur ce forum et de demander divers devis.

Je me permets de te rappeler (tu as dû le lire dans mon carnet de voyage) les services qu'offrent Wild Kerala Tour. J'en garde encore aujourd'hui un excellent souvenir. Si vous voulez passer quelques temps dans la nature, c'est un investissement qui à mon sens vaut vraiment le coup.

Si tu as besoin d'autres infos, n'hésites pas. Même si, à chaque fois que je pense à l'Inde, j'ai un petit pincement au coeur...

Je vous souhaite un très bon voyage

Madeleine
En voyage je ne sais pas toujours où je suis, mais je ne suis jamais perdue...
ER Ericangers ·
Trois semaines au Kerala en novembre 2009, voici comment nous avons organisé notre voyage, en rejetant d’emblée l’option « voyage marathon » permettant souvent de voir à la fois tout et rien, en privilégiant au contraire de rester plus longtemps sur chacune des étapes et rayonner autour, évitant ainsi les changements de chambre et tout le temps perdu qui va avec. J’ai indiqué volontairement beaucoup de prix, de façon à ce que ceux qui veulent se rendre au Kerala aient une petite notion des prix pratiqués, sachant que la vie y est beaucoup plus chère que dans le reste de l’Inde, il faut le savoir. Toutefois, il faut garder à l’esprit que même si mes ascendances méditerranéennes font que le marchandage fait partie de ma culture, je garde bien à l’esprit que les prix pratiqués envers les touristes, même bien négociés, sont rarement des prix « indiens » ! Ceci dit, il est indispensable en Inde de négocier pour montrer qu’on n’est pas prêt à payer n’importe quoi à n’importe quel prix…, tout en ayant conscience que les indiens n’ont pas les mêmes moyens que nous et qu’il faut bien que tout le monde vive ! Par contre, il faut éviter de comparer tous les prix en euros, car inévitablement, vous vous ferez avoir. Le prix moyen d’une location de voiture avec chauffeur est de l’ordre de 2000 roupies par jour, tout compris, essence incluse bien sur, un indian tchaï entre 5 et 10 roupies, surtout pas plus, une course moyenne en rickshaw tourne aux alentours de 50 roupies, une bouteille d’eau entre 10 et 15 roupies(le prix est inscrit dessus normalement), une carte postale 5 roupies…etc. Si vous avez des questions, je réponds sans problème. J’ai voyagé avec la Qatar Airways, aller retour Trivandrum pour 600 euros, certes il y a des vols moins chers pour Mumbaï ou Delhi, mais si on rajoute le prix du vol intérieur ensuite, on retombe sur le même chiffre en perdant deux jours de vacances, 1 a l’aller et 1 au retour ! La prochaine fois, je ferai l’aller par Chennaï et le retour par Trivandrum ou Cochin, ce qui me permettra de voir Maduraï et Pondichéry. Dernière chose, le service sur la Qatar est excellent, mais d’après quelques échos récents, sur la Koweït, il s’est fortement amélioré et tend à rejoindre en niveau celui de la Qatar. De plus, la Koweït s’est équipée entre temps d’avions neufs.

Arrivée à Trivandrum Airport le 11 novembre à 4h du matin. En premier lieu, change à l’aéroport à éviter absolument !!! (NL POREX LTD). A titre d’exemple : 5800 roupies pour 100 euros alors que le taux pratiqué partout ailleurs est de 6800 roupies pour 100 euros !!!) Après négociations, compte tenu de la distance, on se met d’accord avec un taxi pour nous rendre à la gare pour 160 roupies. Train Trivandrum Varkala, 63 roupies pour trois. Arrivée à la gare de Varkala aux alentours de 9h. Taxi de la gare au « pad » pour 70 roupies en Ambassador. ATTENTION : exiger d’être menés au pad et pas ailleurs, certains petits malins n’hésitent pas à mener les touristes dans les hôtels ou guesthouse ou ils sont commissionnés !!! (enfin ça en Inde, ça fait partie du quotidien pour le touriste, tout le monde est commissionné par tout le monde !) Du pad, il suffit de longer la falaise vers le nord, les guesthouse et les hôtels nous tendent les bras, on n’a que l’embarras du choix et donc une grande facilité pour négocier les prix. Je négocie deux chambres pour trois personnes au Hill Palace pour 2000 roupies la nuit(total pour les deux chambres bien sur !) Il y a moins cher, certes, mais nous n’avons pas résisté au charme de la vue sur la mer d’Oman, c’est assez exceptionnel ! J’ai trouvé des chambres entre 350 et 500 roupies, il ne faut pas hésiter à en visiter plusieurs, mais sans la vue ! Accès cyber café à 40 roupies (c’est cher mais bon, tous les cyber se sont alignés…) Pour parler un peu de Varkala, c’est un peu «un Saint Tropez Indien», dans l’esprit dira t’on. Enfin, des touristes déambulement le long de la falaise ou se trouvent tous les magasins qui vendent à des prix totalement délirants pour l’Inde, des tibétains très présents qui vendent quatre fois le prix pratiqué dans les états du nord(Ladakh/Himachal), et de toute façon, ceux qui souhaitent acheter des souvenirs du Tibet n’ont qu’à s’y rendre après tout !!! Des marchands cachemiris aussi, bien sur, avec des prix délirants également ! Un petit conseil, dès qu’un boutiquer commence à vous donner des prix en euros, deux façons d’y répondre : soit vous partez en courant, soit vous dites que vous êtes québécois ou suisse, en général, ça les déstabilise car il connaissent mal le cours des monnaies de ces pays. Enfin j’ai quand même trouvé un cachemiri qui vendait a des prix corrects ce que je cherchais, et après âpre négociation, j’ai acheté ) pour 1500 roupies une miniature moghole du 19ème (je précise quand même que c’est un sujet que je connais très bien et je sais parfaitement faire la différence entre une copie, aussi fidèle soit elle, avec un original. J’ai un peu l’habitude des prix, c’est très correct.) Autre précision, le cours moyen de l’argent pour les bijoux est de l’ordre de 25 à 27 roupies la grammes, en ne perdant pas de vue que le titre est en général assez loin des 925 millièmes annoncés, y compris si le poinçon le mentionne !!!. Pour les médailles, on peut aller jusqu’à 50/60 roupie le gramme, surtout pas au-delà. Ce sont les prix pratiqués à Pahar Ganj(quartier de Delhi) Eviter à tout prix d’acheter des écharpes en pashmina, vendus à des prix également délirants, et qui sont dans le meilleur des cas des écharpes en cachemire, dans le plus mauvais, du pur synthétique. Et le coup de l’écharpe qui passe dans l’anneau, c’est du pipeau, ça ne garanti absolument rien ! Ne surtout pas acheter de pierres style lapis lazuli, onyx ou turquoises également, il n’y a pratiquement que du faux. Petit conseil : soit un bijou vous plait en tant que bijou fantaisie et vous l’achetez comme tel à un prix 50% inférieur au marché français pour bijou fantaisie équivalent, il faut bien que tout le monde vive, soit vous vous abstenez, les boutiquiers indiens sont de GRANDS baratineurs. Personnellement, je suis plutôt mauvais en anglais, mais j’en rajoute un peu parfois et ainsi, j’en ai découragé plus d’un ! Le soir, en flanant sur le pad, je croise sur la falaise une jeune européenne vêtue d’un simple maillot de bains moulant à un point que l’on devinait de façon précise toute son anatomie ! Il s’agissait d’une allemande ou d’une hollandaise, mais cette façon d’agir montre la bêtise de certains touristes qui ne mesurent pas les différences culturelles et qui méconnaissent les règles élémentaires de bienséance lorsqu’on se trouve en Inde, à fortiori lorsqu’on est une femme ! Le 12 novembre, Varkala, deuxième journée. Repos, ballade le long de la falaise et sur la plage. Repas excellent au Wood House tout au bout de la falaise en remontant vers le nord, quelques tables à 10 mètres de la mer avec parasols, cadre très sympa et tarifs corrects(100 roupies pour un fish curry). Négociation avec un chauffeur de taxi qui va nous faire un peu découvrir les environs le lendemain pour 1000 roupies, 100 km inclus, de 7h à 15h30. Super soirée au Rock Café, avec une excellente musique karnatique, violon et tablas, franchement, ça valait le détour ! Etant un amateur de la musique de Subramaniam, j’ai d’autant plus apprécié ! Et le Malai Kofta était aussi succulent. Bières à 80 roupies. 13 novembre, visite en Ambassador avec Ashok. Il nous mène tout d’abord à Anjengo, un village chrétien à 10 km au sud. Visite rapide d’un vieux fort anglais, 50 roupies pour faire des photos(je refuse bien sur, donc je range illico mon matériel) Visite de l’église Saint Roch, style très kitch, et visite du phare également, entrée 25 roupies, et 20 roupies pour faire des photos d’en haut, je refuse à nouveau pour le principe…tant pis pour les photos car la vue est superbe). Nous assistons à la pêche traditionnelle effectuée depuis la plage. Une trentaine d’hommes tirent des filets déposés à plusieurs centaines de mètres au large, c’est impressionnant, et c’est pour nous une réelle découverte d’un mode de pèche ancestral, et intéressant à plus d’un titre car le produit de la pêche est commun aux villageois. Repas à Karpill, au nord de Varkala, 100 roupies à trois, thali, gâteau et thé. Il ne faut pas être regardant sur la propreté, mais bon, dans ce cas, il ne faut pas aller en Inde ! Enfin, c’était bon, mais j’ai quand même demandé une fourchette car manger avec la main, c’est quand même pas pratique ! Karpill est un village de pêcheurs musulmans cette fois, avec une petite mosquée toute verte et fraichement repeinte, qui fait un peu décor de cinéma. On peut aussi y accéder facilement à pieds depuis Varkala, compter une bonne heure de marche sous les cocotiers, mais attention aux noix de cocos qui tombent !!! Baignade dans la mer d’Oman, délicieusement chaude. Mais attention, vagues dangereuses, ne pas être trop téméraires, il y a souvent des accidents ici et les « surveillants de baignade » ne savent semble t’il pas nager d’après un français installé au kerala depuis plusieurs années! Ceci dit, cette baignade est un vrai bonheur. Repas au restaurant Ottopura sur le pad, Bonne cuisine indienne, mais mauvaise cuisine chinoise. Mais bon, pas la peine non plus de venir en Inde pour manger de la cuisine chinoise, cela dit, le veg chowmin était franchement pas bon. Et la musique style secte Hare Krishna peut être franchement irritante à la longue ! 14 novembre, départ en train de Varkala pour Kochi(Cochin) en train à 9h50. Finlament, train annulé, départ à 10h35, pour Ernakulam Junction. L’employé de l’office de tourisme de la gare de Varkala nous donne une superbe carte très détaillée du Kerala. Arrivée à 14h15. Rickshaw pour 150 roupies qui nous amène à Fort Cochin, ou plutôt dans la guesthouse (Dream Catcher) où il est commissionné ! Mais bon, cette guesthouse située dans une ruelle très calme dans Fort Cochin et entourée de verdure nous séduit, et le prix est acceptable, 600 roupies la chambre et de plus c’est TRES propre. La guesthouse est tenue par Bernard Fernandes, un métis descendant de portugais qui se révèle également un commerçant TRES avisé ! On a d’office rejeté ses propositions de house-boat, mais on a pris quand même les billets pour le Kathakali, de toute façon, c’est le même prix partout… Mais bon, il était quand même un peu lourd sur sa façon d’insister. Petit déjeuner à 120 roupies au lieu des 60 annoncés verbalement, on s’est fait avoir une seule fois ! Repas le soir au Febina Restaurant(Thoppumpady-5 à Fort Cochin, une espèce de fastfood indien absolument excellent, et d’un rapport qualité prix excellent. A essayer absolument le tomato fry, le Gobi Massala, le chili gobi ou le gobi manjoorian accompagné de porotas délicieux faits sous nos yeux. 15 novembre, journée à Fort Cochin. Carrelets chinois à voir lorsqu’ils sont en fonctionnement, une autre méthode de pêche ancestrale, église saint Francis ou fut enterré Vasco de Gama, cathédrale Santa Cruz, ballade dans les rues de Fort Cochin ou on est sollicités en permanence, c’est parfois très agaçant, mais bon, l’Inde, c’est aussi ça ! Repas du midi et du soir au Febina. Soirée Katkhali très intéressante(le Kathakali est une forme de théâtre traditionnel accompagné de musique, relatant des épisodes du Maha Barata), j’en ai profité pour faire quelques photos! 16 novembre, petit déjeuner Princess Street pour 30 roupies par personne, location de vélos pour la journée moyennant 50 roupies(attention, les vélos ne sont pas tout neufs !) Traversée en bac de Fort Cochin à Ernakulam pour 3 roupies par personne avec le vélo, Ballade dans Ernakulam, on reste un peu pour voir une fanfare très militaire de jeunes filles dans le collège Ernakulam LMCC HSG près d’une église toute bleue. Dépaysement total, on s’est amusé à essayer d’imaginer comment on pourrait faire la même chose en France… Achat d’un bracelet en argent pour 2000 roupies, j’ai quand même réussi à faire admettre le prix pratiqué à Delhi, soit 25 roupies la gramme, ce qui m’a permit de diviser le prix par trois ! (le fait de montrer mes six visas indiens sur mon passeport m’a quand même un peu aidé dans ma négociation). Visite de la synagogue de Fort Cochin, datant du 16ème siècle, photos interdites hélas, on se demande bien pourquoi !!!) Entrée : 5 roupies. Repas le soir au Talk of the Town pour 120 roupies par personne, excellent chicken biryani. 17 novembre, départ en train pour Kozhikode(Calicut). 270 roupies par personnes pour le train en classe CC. Départ 9h20 par le Jan Shaktadi express climatisé, super confort. Arrivée à Calicut vers 13h, départ à pieds vers les plages pour y dénicher un hôtel. On trouve une chambre au See Queen , 950 roupies la chambre double, taxe hôtel de luxe comprise(950 roupies, il faut relativiser, ça fait 15 euros, parfois, il peut être utile de faire des conversions quand même !). Hôtel près de la plage, très correct, je dirai même, mieux à l’intérieur qu’à l’extérieur, terrasse avec vue sur mer, chambre franchement confortables. Par contre, aucune négociation possible, les prix sont les prix, et ils sont affichés(pour une fois…) Achat d’un sari en coton en ville pour 520 roupies. Ici, à Kozhikode, on n’est absolument pas sollicités en tant que touristes, il n’y en a pas. Juste un peu de curiosité sympathique de la part des indiens, franchement, c’est très sympa ici ! Repas du soir sur la Beach road. 18 novembre, on commence par un petit déjeuner à 36 roupies à trois ! Visite du marché aux épices, à voir absolument, toute cette activité commerçante(de gros, on parlera plutôt de négoce). Aucun européen à l’horizon..l’Inde authentique ! Visite de la mosquée de Mucchandipalli , monument très ancien manifestement, au mois 5 siècles, il s’agit très vraisemblablement, vu l’architecture, d’un temple hindouiste transformé en mosquée. Repas du midi au Sagar Hôtel, franchement, c’était excellent, et on a apprécié au passage la clim ! Petite information, à Calicut, la course la plus chère en rickshaw est à 30 roupies !!! Ballade dans la ville très animée avec de nombreuses boutiques. Achat d’un autre sari, puis baignade dans la mer d’Oman. J’ai hésité à me baigner car Kozhikode est une ville musulmane et voyant du monde sur la plage et personne dans l’eau, je me suis un peu interrogé ! Le maillot de bains est il « convenable » ? La plage est elle dangereuse ? Finalement, la réponse est simple, la plupart des indiens ne savent pas nager. Ayant aperçu une bande de jeunes en train de se baigner, et après avoir prudemment demandé si la mer n’était pas dangereuse, je me suis finalement « jeté à l’eau » et me suis retrouvé très rapidement l’attraction de nombreux indiens sur la plage, tout simplement du fait que je savais nager. Un pur bonheur cependant , malgré le « public »! Repas du soir au Papas’ n’Mamas sur la Beach road pour 170 roupies à trois. 19 novembre , départ vers 10h de Calicut en train pour Allepey(Allapuza). Arrivée vers 16h. On trouve un rickshaw qui doit nous conduire à la guesthouse The Nest. Là, on nous propose une chambre à 500 roupies dans une espèce d’annexe située dans le jardin, franchement, c’est nul, hors de question de passer la nuit là, cher pour ce que c’est. Re rickshaw, en direction de la Sona Tourist House. Là, 500 roupies pour une chambre sans salle de bain ni WC, ni eau chaude, c’est ce qu’on appelle prendre les touristes pour des cons ! En plus, avant d’avoir posé les sacs à dos, le patron commence à vouloir nous fourguer du house-boat, ce qui m’agace au plus haut point ! Rickshaw encore, donc, pour le Palmy Lake Resort cette fois. Là, c’est correct, 750 roupies la chambre dans des petits bungalows, pas d’eau chaude, mais c’est propre. Seule ombre au tableau, le lieu est très fréquenté par les moustiques et se trouve à 3 km du centre ville, donc prévoir à chaque fois 50 roupies l’aller…et 150 roupies retour ! Repas au Thaff Café, c’est très bien pour le prix, j’ai beaucoup apprécié le beef curry. Un petit conseil que je donnerai pour ceux qui veulent se rendre à Alleppey, lorsque vous prenez le rickshaw à la gare, demandes leur de vous conduite au Thaff Café, entrez y pour prendre un jus de fruit(ils y sont excellents) et une fois le rickshaw parti, partez sur le quai à gauche lorsque vous avez le dos au dit restaurant, il y a plusieurs guest house a des prix corrects. 20 novembre, journée à Alleppey, visite de la ville et des temples. Très beau temple dravidien du 12èeme siècle avec ses sculptures en pierre polychromes. Changement de chambre(ça s’impose), donc transfert au Palmy Lake Residency, c’est le même propriétaire, mais là, on est au centre et non rickshaw-dépendants! Petite promenade de deux heures sur les back waters pour 200 roupies /heure(a trois bien sur, mais de toute façon, le prix est pour le bateau). Repas au Thaff le soir(le nom exact est Thaff Family Restaurant). Toujours aussi bien ! 21 novembre, journée tranquille à Alleppey. Location de vélos à la guesthouse pour 10 roupies le vélo. Quelques photos le long du canal, repas au Prince Hôtel pour 1000 roupies à trois, un petit « extra » que nous n’avons pas regretté(et il faut relativiser, ça fait 5 euros par personne !) Prix du rickshaw à l’aller, 100 roupies, prix demandé pour le retour..250 ! Refus bien entendu. J’ai arrêté un bus à la volée, retour pour 3, 5 roupies/personne ! A malin, malin et demi, c’est pas la première fois que je vais en Inde ! 22 novembre, on reste à Allepey, mais on passe la journée à Kottayam, capitale du christianisme indien, trajet dans un bateau de la DTPC, 10 roupies par personne et par trajet ! Un peu plus de trois heures de voyage à travers les backwaters dans un bateau omnibus très sympa et vivant ! A l’arrivée à Kottayam, après avoir pris des samossas et un tchaï dans l’échoppe juste à coté de l’embarcadère , nous prenons un bus pour nous rendre au centre. Pas compliqué, en sortant de l’embarcadère, se rendre jusqu’à la route et prendre n’importe quel bus qui va de la droite vers la gauche, et aller jusqu’au terminus. Coût : 3 roupies/personne. Visite de l’église orthodoxe de Cherriapally en compagnie d’un instituteur rencontré par hasard et qui a refusé tout cadeau de remerciement. Cette église a une partie très ancienne(le chœur) avec des peintures de style coptes qui sont a première vue du 13eme ou 14eme siècle, donc antérieure à la colonisation portugaise. Le reste de l’église est de style baroque portugais, avec une belle unité de style. Franchement, cette visite dans ce qui est sans doute l’une des plus anciennes églises d’Inde est indispensable. Petite info, on donne un reçu en échange d’un don pour la visite, c’est très rare en Inde !!! Trajet en rickshaw à parti du centre pour 20 roupies, retour en bus pour 3 roupies par personne. Une pluie torrentielle pendant une heure nous a permis de déguster un excellent beef curry pour 25 roupies/personnes accompagné de succulents porotas.(Baker Junction au centre de Kottayam) Retour en ferry à Alleppey, départ à 17h15, arrivée à 19h30, moins d’arrêts qu’à l’aller, mais superbe coucher de soleil sur les back waters, avec de fabuleuses lumières ! Pas d’hésitation, ça vaut les 10 roupies ! Repas du soir à l’Indian Café House à Alleppey, pas terrible(pas cher, heureusement, mais ça ne vaut pas le Thaff ! ). 23 novembre, dernier jour à Alleppey, visite encore du temple de Devi, puis du temple de Khali . Moments sympas et très agréables. Dégustations de samossas succulents, visite de l’église Sant Anthony, de rite syro malabar. Très belle église avec une superbe façade baroque. Repas au Royal Park Hotel le soir, très bon dîner pour 500 roupies par personnes, bières comprises, excellent fish tikka entre autres ! Retour en bus pour 3 roupies, on a les moyens ou on ne les a pas… Petite info, à Alleppey, j »’ai acheté de très beaux bijoux à la bijouterie Bhima sur l’artère principale. La boutique Bhima Silver (Dans la boutique Bhima Gold, les bijoux en or sont à 25 euros le gramme + la façon et les taxes, c’est surement moins cher qu’en France mais ça reste pas donné !) Bijoux en argent de belle qualité, prix très corrects , pas besoin de marchander, les prix sont fixes, et surtout, l’onyx et les turquoises ne sont pas synthétiques et l’argent est véritablement du 925 millièmes ! De plus, il y a des pièces véritablement originales à des prix très raisonnables(exemple : une paire de boucles d’oreilles en argent, nacre et onyx pour 1750 roupies, mais franchement, la qualité est au rendez vous et en France, la même couterait largement plus du double) . Pourquoi cette bijouterie vend elle de la qualité ? Très simple : le jour ou vous verrez des indiens acheter des bijoux dans une boutique tenue par des cachemiris, appelez moi ! Dans cette bijouterie, QUE des indiens ;-) 24 novembre, départ en bateau pour Kollam. Pour 200 roupies par personne, traversée des back waters, superbes vues, franchement, cette traversée vaut le coup ! Sur le bateau, on est tout au plus une quinzaine. Repas de midi au bord de l’eau pour 100 roupies, c’est correct. Arrivée à Kollam à 18h30, juste après le coucher du soleil. Rickshaw à 50 roupies pour rejoindre le Beach Retreat Hotel juste à coté de la plage. Repas pris sur la terrasse, dommage, il fait nuit, on entend la mer seulement, elle est à une vingtaine de mètres. 25 novembre, petit déjeuner à Kollam, puis départ en rickshaw à la gare(40 roupies à trois), train Kollam Varkala 40 roupies/personnes, et 40 roupies a trois pour le rickshaw pour rejoindre Varkala. Nous reprenons une chambre au Hill Palace, même, s’il ya moins cher moins cher sur la place la vue reste incomparable ! Journée de farniente, baignade, repas à Ottopura. Le soir, achat d’une miniature moghole du 18ème siècle, encore âprement discutée, prix de départ à 12000 roupies, 3250 à l’arrivée mais c’est une pièce superbe faite à la fois au pinceau et à la plume, avec une richesse de détails inouïe. Je suis content de mon achat ! Petite précision, l’exportation de pièces anciennes est en principe interdite, mais bon, on n’est pas obligé de le dire en passant la douane. 26 novembre, Varkala Karpil à pieds, départ à 7h30, superbe lumière du matin pour faire des photos. Vu travaux de charpente de marine, au Kerala, les bateaux traditionnels sont cousus avec de la corde! Une petite bière à mi chemin(tarif syndical de 80 roupies). Une touriste anglaise nous interpelle pour nous montrer une photo qu’elle a prise la veille sur la plage. Je regarde : pas de doutes, il s’agit bel et bien d’un cobra ! Du coup, je commence à faire attention ou je mets les pieds ! Baignade dans la mer d’Oman l’après midi, c’est vrai que c’est quand même un peu dangereux.. car on se sent littéralement aspiré par les vagues au reflux, je n’insiste pas, je ne m’éloigne plus. Le soir, repas au Clafouti. Un « red snapper » au tandoori pour 400 roupies a trois, un véritable régal. On avait zappé ce restaurant au départ, trouvant qu’il était surfait et trop « touristique ». Finalement, on a eu tort, la cuisine y est excellente et ce n’est pas plus cher qu’ailleurs. J’y au pris tous les petits déjeuners face a la mer. 27 novembre. Lever 7h. « Allah Akbar, Allah Akbar… » pendant 2 heures sans répit ! C’est vrai, aujourd’hui, c’est l’Aîd el Kebir, je ne souvenais plus, le muezzin, lui, le savait ! Départ en rickshaw pour Varkala(40 roupies) puis en bus jusqu’à Antjengo en faisant « escale » à Attingal…(pas vraiment prévu mais les indiens sont souvent très mauvais pour donner des renseignements !) Arrivée avec un bus de la Janatha à Antjengo, le village de pêcheurs chrétiens. Petit déjeuner dans une gargote pour 40 roupies à deux. Descente vers la plage ou nous allons voir les préparatifs des pêcheurs. Nous restons avec eux toute la matinée, moments à la fois fabuleux et passionnants de pouvoir assister à cette méthode de pêche ancestrale, excellents contacts avec les pêcheurs et les habitants et beaucoup de photos bien sur ! C’est là que je réalise que pour avoir de bonnes photos, il faut être patient et savoir attendre. Nous assistons a la remontée des filets(a vue de nez, à peu près 300kg de poissons), la criée(là, c’est le domaine des femmes)… dirigée d’une main de fer par une matrone dont l’autorité naturelle lui permet une grande efficacité !!! Retour à Varkala en bus pour 11 roupies par personne, j’en profite pour repérer le lieu de départ du bus pour Antjengo pour une autre fois, il se situe juste devant le magasin Indian Hard Ware à Varkala. Dos au magasin, prendre le bus qui vient de la droite, et qui va sur la gauche. Retour à Varkala, baignade, et repas à Clafouti, avec à nouveau un « red snapers » à la Keralaise cette fois, absoliment divin, et 80 roupies la bière, la moins chère de Varkala ! 28 novembre, journée à Trivandrum, voyage en train en seconde classe, pas chère mais à éviter, car même les sardines ont plus de place dans leur boite ! Pas cher, mais on en a pour son argent ! Nous filons en rickshaw(25 roupies) au Chalaï Market, le marché aux épices. Un véritable spectacle en plein air, avec des attelages de buffles, un berger se déplaçant avec un troupeau de poussins en pleine ville(je n’avais jamais vu ça !). tarifs très intéressants, poivre du Kerala d’excellent qualité pour 200 roupies le kilo, Massis (enveloppe de la noix de muscade, épice excellent pour les plats de poisson qui dégage un parfum subtil) à 80 roupies les 100 grammes…etc. Visite du temple Padmanabhaswamy (de l’extérieur seulement, l’entrée est interdite aux non hindouistes…dommage). Petit en cas au Indian café House, espèce de construction style tour de Babel avec une salle construite de manière hélicoïdale jusqu’au sommet de la tour) Retour à Varkala avec le train de 17h10. Soirée tranquille au Clafouti, excellent fish tikka à 200 roupies et un fish biryani à 90 roupies. 29 novembre, petit déjeuner au Clafouti face à la mer pour 50 roupies, plain porridge et indian tchaï. Journée tranquille ! Ballade à pieds le long de la mer jusqu’à Karpill, quelques photos avec les pêcheurs, baignade dans le mer d’Oman, et dernier repas au Clafouti ou nous dégustons cette fois un «Angel Fish » au tandoori absolument succulent ! 30 novembre, le dernier jour ! Petit déjeuner habituel, ballade à nouveau vers Karpill le matin, toujours d’aussi belles lumières pour les photos, un peu de shopping l’après midi, puis départ en taxi pour l’aéroport de Trivandrum voir prix sur photo) Arrivée à l’aéroport de Trivandrum, on demande pour les retiring rooms et là, ô surprise, les « retiring rooms » sont à 700 roupies…par personne ! Pas de salle d’attente et pas de possibilité malgré palabres avec le « chief manager » de l’aéroport d’attendre à l’intérieur. Possibilité de pénétrer dans l’aéroport uniquement 3 h avant le début de l’enregistrement, uniquement. Et pas de « waiting rooms » non plus, ça pourrait ressembler à du racket ! On se met à chercher une chambre, mais tout est plein. On me propose une chambre réellement crade pour 400 roupies! La chambre est tellement crade que nous faisons des photos souvenirs! Je vous en recommande la visite, il s’agit du « Millfort » en face de l’aéroport sur la droite. Enfin pour la petite histoire, l’aéroport de Trivandrum est certifié iso 9001 ! On est heureux de le savoir !- photos d'Inde sur mon site: http://www.luminescences.book.fr/ (celles du Kerala ne sont pas encore sur le site)
GO Gouillet ·
j'ai lu avec attention votre recit et ai contacté la même agence pour 2 parcs les même que vous (thattekad et chinnar ) or le prix que l'on me propose est pour chaque aprc (6500rp par pers pour thattekad et 8000 rp pour chinnar ); vous ne mentionnez qu'un tarif (5000 rp) cela correspondait aux 2 parcs ou à un seul ? merci bcp
MI Millipatti Veteran ·
Bonsoir, Il s'agissait, si ma mémoire est bonne, de 5000 rp pour les deux, sachant que nous n'avons pas passé beaucoup de temps à Thattekad. Il s'agissait plus, tout compte fait, d'une grande balade avant notre départ pour Munnar. Vinod habitant Thattekad nous étions passé le prendre avant la montée sur Munnar. Les prix sont indiqués sur leur site il me semble. Je ne les avait pas négociés. Dans tous les cas, c'est un "investissement" que je n'ai jamais regretté. Très bon voyage
En voyage je ne sais pas toujours où je suis, mais je ne suis jamais perdue...
GO Gouillet ·
merci bcp !! pour nous la proposition est de 2 jours et demi dans chaque parc mais cela fait 14000 rps par personne . il y a inflation ! Pour votre guide Vinod c'est donc l'agence qui vous l' a proposé ? on est un peu depité par le prix ...; a bientot ; votre blog nous a bcp apporté pour finaliser notre circuit !
MI Millipatti Veteran ·
Je viens de répondre à votre mp. Quant à Vinod, il fait partie intégrante de cette agence et ne travaille pas en free lance. N'hésitez pas si vous avez d'autres questions. Bon voyage
En voyage je ne sais pas toujours où je suis, mais je ne suis jamais perdue...
GO Gouillet ·
merci bcp ; je cherche egalement un guide du naturaliste de l'inde pour preparer ce voyage et me familiariser un peu avec les animaux (entre autre) j'ai trouvé sur internet un guide seulemetn mais ne peux le feuilleter , j'ai toujorus peur du niveau (je suis naturaliste de formation professeur de svt ) en aviez vous consulté avant ou sur place ? je vais essayer de trouver sur un forum specialisé mais cela se complique vite cordialement
MI Millipatti Veteran ·
Je me rappelle avoir lu quelques articles sur le net, sans plus. Je suis avant tout une contemplative face à la nature, mes exigences scientifiques ne sont donc pas excessivement élevées.
En voyage je ne sais pas toujours où je suis, mais je ne suis jamais perdue...

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