Interpréter une randonnée aux Etat Unis ou au Canada
en emboitant le pas à Zitounet...
voici une photo...
On rencontre parfois dans l'Ouest Nord- Américain qui a vu se dérouler nombre de sagas humaines , des choses étranges , naturelles ou anthropiques, signes ou témoins incertains dont on se demande ce qu'il faut en penser.
Parfois , comme dans les Parcs Nationaux, des hommes et des femmes, des Rangers sont là pour vous expliquer...ou vous passer une video ou des brochures...D'autres fois un guide privé vous accompagne mais vous êtes là encore généralement sur des ''sentiers battus''
Ailleurs ''en dehors des sentiers battus'' c'est rarement le cas. Vous restez alors sur votre faim sauf bien sûr si vous êtes accompagné de personnes du cru averties de l'histoire et de la culture locales
Exemple: la forêt , la montagne... à des jours de marche du plus prochain voisin... un groupe déménage un camp en hélicoptère à l'aide d'un filet d'héliportage. Lors d'une rotation, dans le filet...un balai.. Un vulgaire ballet de cuisine à l'ancienne, balai de jonc comme ceux des sorcières , servant à nettoyer le plancher de contre- plaqué des tentes …Mais ce balai mal positionné passe entre les mailles et tombe au sol …probablement reste-t-il accroché , pendu aux hautes branches d'une épinette.
Imaginons, même si c'est plutôt improbable, qu'un chasseur, un forestier , le trouve un peu plus tard . Comment interpréte-t-il çà ? Personne pour lui expliquer..[:)]
Une histoire digne de Harry Potter !!!!
d'autant que l'incident se déroule – je le jure- au nord de Witch Lake, British Columbia ( une bonne centaine de kilomètres au nord de FortSt. James)
Une trouvaille peut aussi faire réfléchir aux générations passées… celles des pionniers qui ont laissées les traces de leur labeur.
Dans les parties septentrionales du continent il m'est arrivé de trébucher sur des '' bouts de bois '' dépassant du Muskeg et regardant deplus près, creusant un peu , de m'apercevoir que je marchais sur les restes démantelés d' une ancienne piste de Corduroy antique technique de construction de routes encore utilisée massivement lors de la seconde guerre mondiale par l'Armée américaine pour l'Alaska Highway et nombre d'autres groupes à travers le monde dans des situations de dépannage . Corduroy enfoui, ''en voie de fossilisation'' sous 15 cm de tourbe et dont il était difficile de dire l'âge.. le muskeg comme les tourbières d'Irlande (oud'ailleurs) pouvant avoir des capacités bien connues de conservation. (leurs momies)
Alors évidemment on se prend à penser à l'aventure souvent épuisante, à la ténacité de ceux qui ont construit çà...
peut-être des bûcherons se rendant sur une exploitation forestière temporaire... peut-être, plus anciennement alors, des pionniers, des homesteaders allant s'établir quelque part..
A ''holein the rock'', enUtah les Mormons pour passer on dû creuser la roche , y enfoncer des pieux dans des trous dont on retrouve la trace mais dont que l'on serait en peine d'interpréter sans aide, afin d'aménager un porte-à-faux au dessus du vide pour y faire passer les roues extérieures de leurs chariots. Ici les pionniers ont dû vaincre le muskeg avec en plus les mouches les harcelant. En faisant avancer leur chariots mètre par mètre sur des arbres abattus à la hache. Malgré cela des chariots s'y sont enfoncés pour l'éternité, des animaux de trait épuisés y ont trouvé leur tombe.. peut-être bien des hommes aussi …
de la réflexion pour les archéologues du futur..
Pour avoir une idée de ce qu'un voyage en chariot au travers du muskeg en été pouvait représenter comme souffrances il faut lire le récit autobiographique d'une Canadienne née vers 1900 dans le nord del 'Alberta et décédée dans le nord de la Colombie Britannique vers 1978 ( je crois)
The Silence of the North by Olive A .Fredrickson
dont les Canadiens ont tiré un film
pour revenir à la photo : on y voit un homme et une femme en randonnée qui viennent de trouver quelque chose. L'homme –dont les travaux soit dit en passant ont fait l'objet d'une exposition en France- est expert en la matière, il sait commenter sa trouvaille pour le groupe dont il est le guide
bien sûr on peut se demander ce qu'il commente....
ce serait un peu plus long à expliquer …
à suivre (éventuellement)
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain" (26 février 2009)
USA 2018 - Arizona, chez les indiens... https://voyageforum.com/v.f?post=9061068;#9061068
USA 2014 – Là où vous n'aviez pas pensé aller https://voyageforum.com/v.f?post=6769327;#6769327
USA 2012 "Au long du Rio Grande" https://voyageforum.com/v.f?post=5290732;#5290732
vous avez tous les deux, Zitounet et Orionide, un fragment de la vérité
mais ce n'est pas de l'écorce de bouleau en fait c'est de l'écorce de tremble ... ce qui n'est pas anodin étant donné que le second peut conserver son écorce sur des décennies sans qu'elle ''desquame'' facilement comme celle du premier ce qui est essentiel pour notre affaire
pour identifier l'activité autour de laquelle cette randonnée gravite, j'ajouterais :
-qu'elle concerne ou plutôt... a concerné une profession...des gens qui ont participé à la construction de l'Ouest , des gens que des films hollywoodiens ont mis en scène,
- qu'il y a eu des conflits parfois sanglants ( même si cela a été dans d'autres Etats) entre eux et les vrais cow boys bien qu'ils sont loin d'en avoir jamais eu la notoriété et en ayant plutôt été l'objet de leur mépris (en tous cas dans les films !)
- et surtout qu'il y a une forte proximité entre leur activité et l'un des fondements de la société Navajo actuelle.... à laquelle mon avatar n'est pas étranger
-que cette activité qui perdure même si c'est dans d'autres Etats a récemment fait l'objet d'un film, un Western documentaire, primé en 2010 aux Etats Unis et en Espagne réalisé par un célèbre ethnologue-anthropoloque britannique
-qu'en France la même activité donne encore lieu à de pittoresques déplacements périodiques dans le sud
pour identifier l'expert ( çà... c'est plus difficile ! ) j'ajouterais :
-- qu'il est Américain, mais pas de naissance, qu'il est au moins bilingue, et que son patronyme, pas du tout anglo-saxon, mais alors pas du tout, est directement lié à ses activités . Son prénom l'est tout autant.
- qu'il peut être en fait connu sous deux prénoms.... ou plutôt sous le même prénom mais en deux langues c'est à dire avec une orthographe légèrement différente
- deux langues de l'Europe de l'Ouest
- deux langues proches...géographiquement mais alors pas du tout linguistiquement
- que sur certaines de ses photos un certain article vestimentaire indique sans ambiguité ses origines régionales sinon sa nationalité de naissance
ouf [:)]!!!
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain" (26 février 2009)
Il me semblait bien que ça n'était pas du bouleau, malgré la ressemblance.
Bon tu nous aiguilles vers les trappeurs, n'est-il pas ?
Que faisaient-ils avec ? des raquettes pour la neige ?
il y a eu hier un très grand reportage sur une chaine TNT,
avec l'histoire de plusieurs trappeurs en activité dans des région différentes
Bern
USA 2018 - Arizona, chez les indiens... https://voyageforum.com/v.f?post=9061068;#9061068
USA 2014 – Là où vous n'aviez pas pensé aller https://voyageforum.com/v.f?post=6769327;#6769327
USA 2012 "Au long du Rio Grande" https://voyageforum.com/v.f?post=5290732;#5290732
on peut dire que c'est lié à une propriété de l'écorce de tremble mais pas une propriété chimique, ni médicinale
parce qu'il sert à pas mal de choses , d'après ce que j'ai lu
sinon ce serait à cause de ça? :
Son bois est facile à travailler, il présente une excellente qualité au perçage avec point de centrage, au tournage, au façonnage et au mortaisage[16]. Son seul grand défaut est qu'il ne se ponce pas[16].
Son bois tendre est l'un des plus utilisés dans l'industrie du papier[17].
mis à part fabriquer des canoés, des raquettes, des maisons/abris... des grigris? des arcs et des flèches? des contenants (sac, coffres, carquois)?
de support aux dessins pour les chamanes et leurs rituels?
Le guide serait un chamane indien?
servir de nourriture aux castors?
abriter un espèce de champignon particulière?
7 semaines dans l'ouest avec enfants http://voyageforum.com/discussion/retour-sept-semaines-dans-ouest-avec-enfants-d6195384/
précisons d'abord la profession concernée avant de lever ce suspense insoutenable sur le thème de la randonnée dans l'Ouest américain....
Il s'agit des bergers (sheepherders) Basques et des troupeaux de moutons qu'ils conduisaient....
bergers Basques qui se sont installés au début surtout en Nevada, Idaho , Oregon …. et qui sont à l'origine d'une certaine diaspora laquelle diaspora s'efforce maintenant de maintenir sa présence culturelle notamment à Boise Idaho ou Reno par des célébrations festives etc....
Ce qui explique incidemment la présence d'un certain nombre de restaurants servant la cuisine basque dans le Nord du Nevada par exemple ( Elko etc...)
d'oû les allusions faites :
- aux films sur les conflits avec les éleveurs tel que The Sheepman , en français La Vallée de la poudre ( ce berger là n'est en fait pas Basque mais il a gagné son troupeau au poker !) . Films qui trouvent leurs bases historiques dans les SheepWars
- aux tapis Navajos, tel que celui de l'avatar, faits de la laine de leurs moutons
- au film Sweetgrass tourné en 2009
- à la Transhumance annuelle qui anime des villages du sud de la France
quand au guide il n'est pas Améridien mais d'origine Basque (espagnol) d'oû son intérêt pour la question. Il est une sorte d'historien, Universitaire du Département d'Etudes Basques de Reno NV . On le voit ici au Nevada près du lake Tahoe, à la tête d'un groupe de journalistes spécialisés en environnement sortant d'un colloque à Stanford CA et pour qui il commente les écorces de tremble..en parlant de moutons et de bergers
tout çà .. c'est bien beau...
mais il reste la question lancinante : en quoi, diable de diable , l'écorce de tremble qu'il commente concerne-t-elle les moutons, l'histoire et la culture du Névada ???
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain" (26 février 2009)
mais il reste la question lancinante : en quoi, diable de diable , l'écorce de tremble qu'il commente concerne-t-elle les moutons, l'histoire et la culture du Névada ???
En décoction, sirop ou suppo () pour soigner la "tremblante" du mouton ?
O.K. je sors...
L'écorce, utilisée telle quelle dans sa forme, ce qui permet de ranger les uns dans les autres les morceaux et d'y inscrire le nombre de bêtes gardées, ou des choix de pâturages...?
Si le chemin est difficile, le difficile est le chemin.
Il s'agit des bergers (sheepherders) Basques et des troupeaux de moutons qu'ils conduisaient....
mais il reste la question lancinante : en quoi, diable de diable , l'écorce de tremble qu'il commente concerne-t-elle les moutons, l'histoire et la culture du Névada ???
pour y faire du fromage!!
7 semaines dans l'ouest avec enfants http://voyageforum.com/discussion/retour-sept-semaines-dans-ouest-avec-enfants-d6195384/
mot "dendroglyphe" : "Ce terme est très pratique pour désigner les arbres dont le tronc a été incisé, gravé ou marqué par coupure ou par tout autre procédé"
Même si les mots Dendroglyphes et arborglyphes sont tous deux absents des dictionnaires, la recherche de ces images bat son plein en Amérique du Nord, où quelques chercheurs se sont spécialisés dans l'étude de ceux que les bergers basques ont laissés sur l'écorce des trembles, sur une zone qui va de l'Etat de Washington au Texas, et de la Californie au Dakota.
Comme ces arbres ne vivent guère plus de cent ans, les plus anciennes de ces marques ne remontent pas au-delà du XIXe siècle, mais elles n'en sont pas moins émouvantes, car elles constituent souvent la seule trace laissée par des émigrants dont le nom n'a jamais figuré sur aucun registre.
Environ 20.000 de ces inscriptions ont été relevées par Jose Mallea-Olaetxe, qui enseigne l'histoire basque à l'Université du Nevada, où il a entrepris leur étude. Ce chercheur infatigable a publié un article de synthèse sur les dendroglyphes basques d'Amérique dans la revue Forest History Today (la version pdf est téléchargeable ici)
7 semaines dans l'ouest avec enfants http://voyageforum.com/discussion/retour-sept-semaines-dans-ouest-avec-enfants-d6195384/
pour avoir persévéré et découvert un aspect méconnu des randonnées '' orientées'' dans les forêts de ce que les Américains appellent le Great Basin
c'est certainement moins pérenne que les pétroglypes ..malheureusement.... mais quand on se prend à réfléchir devant ces arbres gravés c'est aussi émouvant
voici la réponse que j'avais préparée moi-même:
Cet homme se nomme Joxe MalleaOlaetxe . (ci-dessous avec son béret...basque)
sur les photos précédentes il commente un de ses sujets d'études préférés : les arborglyphs dela forêt de la region du lac Tahoe
Il est connu pour avoir répertorié et étudié près de 30 000 de ces gravures sur arbres laissées sur l'écorce des trembles (aspen) entre ...disons 1880 et disons... 1970 par les bergers Basques du Great Basin, surtout au Nevada / Idaho , qui ont immigré pour s'occuper des moutons
si l'on veut avoir plus de détails sur son activité ce jour là il faut lire Newworld, new canvas - High Country News
Joxe documente ainsi la saga de la migration Basque exprimée par les messages des bergers plus ou moins itinérants qu'on appelle non
pas '' shepherd'' mais plutôt ''sheepherder'' terme qui a acquis une connotation un peu différente. Pour ceux que çà peut intéresser la photo jointe pourrait résumer la question :
à gauche le sheperd à droite le sheepherder : cette image est parfois utilisée dans les séminaires d'entreprise pour illustrer la différence entre leader ( le shepherd) et manager (le sheepherder). Shepherd pouvant avoir une connotation spirituelle ou religieuse, pas sheepherder (à ma connaissance)
Dans la solitude de leur vie les bergers, marquaient simplement leur passage, laissaient leurs messages (en basque, français, espagnol parfois ''broken english'' ) pour d'autres bergers ou exprimaient leurs rêves et leurs frustrations érotiques, témoin cet arbre oû l'on voit d'un côté une femme courir...disons peu vêtue, et en faisant le tour de l'arbre, de l'autre côté un homme la poursuivre !!!
La première année de mes itinérances au Nevada c'est la propriétaire d'un petit motel familial de Lovelock NV, elle-même fille d'un berger Basque français, dame bien sûr déjà assez âgée à l'époque, qui m'avait la première parler de ces inscriptions dont j'avais rencontré quelques exemples lors de mes traverses en forêt. De ce petit motel The two Stiffs (=les deux poivrots) - deux mannequins de quelques 3 mètres de haut encadraient l'entrée du bureau- il ne reste que des objets pour collectionneurs nostalgiques de l 'époque des ''roadsidemotels'' tels que des cendriers , cartes postales et pochettes d'allumettes ainsi qu'une pancarte sur le mini marché qui en a pris la place.
Actuellement l'héritage Basque reste bien présent au Nevada ...
- par exemple à Reno, qui a probablement la seule Université d'Amérique du Nord où l'on puisse passer un doctorat en Etudes Basques ..
- par exemple dans la tradition culinaire notamment à Elko NV
-par exemple dans la renaissance du SheepWagon (voir aussi sheepwagon) des anciens bergers, sorte d'hybride entre la roulotte ''bohémienne'' irlandaise et européenne et le ''wagon'' des pionniers qui est devenu un moyen de locomotion pour vacances sereines comme avec ces autres SheepWagon en Idaho
En France Des photos de Joxe Mullea ont été exposées il y a une vingtaine d'années dans le 64 Expositions- CPIE Pays basque
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain" (26 février 2009)