
Je me présente : Laurent, 44 ans, j’habite La Rochelle où j’aiguille les trains. Je vis dehors en permanence : natation en mer, vélo, marche, cafés et pique-niques entre amis au bord de mer je ne suis pas fan de shopping, musées et parcs d’attractions. Je suis parti dans l’ouest américain en septembre 2019 : Californie, Arizona, Utah, Nevada. C’est un voyage qui me trottait dans la tête depuis un petit moment. J’ai hésité à partir seul j’avais tendu des perches qui n’ont pas été saisies. En fait cela ne m’inquiétait pas de partir seul et je pourrai aller à mon rythme selon mes envies. J’avais besoin de faire une pause. En février 2019 je suis sur Skyscanner sans savoir que 10mn plus tard ce serait parti pour un road-trip aux USA de 18 jours.
Je tombe sur un vol AR United Airlines Paris – San-Francisco à 415 euros, sans escale avec bagage. J’hésite (pas longtemps) et hop billet pris. En 48 h j’affine le parcours et là : Frustration (pas désagréable) ! Il devient évident que d’autres voyages seront nécessaires : il y a le budget (je pars seul donc ce sera cher), le temps, et surtout les concessions : il y a trop de choses à voir et à faire je le verrai pendant les six mois de préparation. Ce qui est magique en fait !!!

Jour 0 : 17 septembre La Rochelle – Paris Je me retrouve donc sur le quai de la gare de La Rochelle, deux amies m’ont accompagné, avec une valise pas trop lourde (16kgs) et un sac à dos. Je pars peu en vacances, je ne réalise pas, je flotte. Je n’ai aucune inquiétude. Je dormirai chez mes parents en banlieue ce soir. Tout se passe bien.
Jour 1 : 18 Septembre Une longue et belle journée Paris – San-Francisco
Départ pour Roissy à 5h00 avant les bouchons, tout s’enchaîne super bien, pas d’attente, pas de stress, je change la carte Sim de mon téléphone, embarquement, installation et décollage à l’heure 9h15. Je suis assis au hublot, 15mn après on survole Boulogne-sur-Mer, en 3mn c’est Folkestone. Le voyage a vraiment commencé. Les nuages s’effaceront au dessus du Groenland puis au bout de 11h, voilà enfin l’Océan Pacifique avec les forêts de l’Oregon. Puis c’est la descente vers l’aéroport. Dommage le temps est un peu nuageux. Il est 11h30, je débarque à San-Francisco en Californie en 15 mn je passe la douane, je récupère ma valise et je me retrouve sur le quai du BART (le RER de San Francisco). Nous sommes plusieurs français dubitatifs devant le distributeur de billets. Explication : sur le ticket, il n’y a pas de destination mais un prix. On regarde sur un tableau sa destination, et on sélectionne un ticket au prix correspondant, si on n’a pas payé assez on ne peut pas sortir.
Je descends à la station « 16th Street Mission », je monte l’escalier et je me retrouve dans la série « Les Rues de San Francisco ». De vieux immeubles typiques, le drapeau américain, des sdf avec leurs cabats, une odeur de marijuana, des voitures de police. C’est sûr je suis aux USA mais tout est tranquille, il n’y aucune agressivité. Je trouve mon bus pour « Van Ness Avenue et Bay Street » le 49.
San-Francisco, ça monte et ça descend, à l’avant des bus il y a des supports où les gens peuvent installer leur vélo, je n’en reviens pas. Après 20mn, la baie de San-Francisco apparait. Je descends, j’ai 10mn de marche jusqu’à l’auberge de jeunesse « HI San Francisco Fisherman’s Warf Hostel » de Fort-Mason. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages, il fait doux, ce n’est pas la même ambiance qu’à la sortie du BART. Sur la droite, il y a une plage avec des gradins, l’Ile d’Alcatraz est à sa place, je monte une côte dans une rue piétonne et arborée et je me retrouve face au Golden-Gate. C’est surréaliste
Je ne suis jamais allé en auberge de jeunesse. Un copain qui me connait bien m’avait mis en garde, « Ce n’est pas pour toi !». Je garde un souvenir amusé mais il avait raison, nous en reparlerons.
J’arrive donc à l’auberge de jeunesse, accueil super sympa, chambre sommaire mais propre, quatre lits qui semblent confortables. Il est à peine 13h30 j’ai le temps de profiter de l’après-midi. Je vais prendre une douche et là, premiers doutes. Une grande pièce avec trois WC fermés ni en haut, ni en bas, une rangée de lavabos et une douche au fond seulement fermée par un rideau… A cette heure pas de soucis, il n’y a personne.
Je prends des renseignements pour louer un vélo le lendemain et je pars découvrir Fisherman’s Warf. 4h de promenade, je ne vois pas le temps passer. Plusieurs jetées, la vue sur Alcatraz, les otaries qui se prélassent, Lombard Street avec ses lacets. Une petite déception, le cable-car est en maintenance depuis deux semaines et pour encore 3 jours et je serai parti. Vers 17h je commence sérieusement à avoir faim, pas très original mais pour le premier soir ce sera pizza face à la mer. La fatigue commence à se faire sentir mais le temps s’est dégagé et je vais pouvoir profiter d’un beau coucher de soleil sur le Golden-Gate et les anciens docks.


Je rejoins l’auberge de jeunesse, dans la chambre un italien, qui part randonner et faire du paddle au Lac Tahoe (une bonne idée) . Nous engageons la conversation. Je parle anglais comme une clef à molette mais j’arrive à bien comprendre. La fatigue arrive, ça fait 35h que je suis réveillé. Lavage de dents et joies de l’auberge, un gars est en train de caguer bruyamment. Pas très glop. Puis la nuit sera courte 2h se sommeil au maximum malgré les bouchons d’oreilles et le masque de nuit. Le décalage horaire, un ronfleur et un japonais qui se lèvera quinze fois. On m’avait prévenu…
Jour 2: 19 septembre Une journée en plein air à San-Francisco
Mon manque de sommeil n'entame pas ma bonne humeur ce matin, il fait un temps magnifique, je vais en profiter. Le petit déjeuner de l'auberge tarde et je décide de le prendre sur le Warf. Il sera très copieux au Boudin Bakery Cafe.
Puis je me rends chez Blazing Saddles Bikes où je loue un VTC , j'ai une réduction par l'intermédiaire de l'AJ (c'est déjà ça) et un retour en bac depuis l'autre côté de la baie. C'est donc parti pour une cinquantaine de kilomètres. Je suis habitué du vélo à La Rochelle et dans le Marais Poitevin où les dénivelés sont proches de "0 "mais à SF c'est un peu différent, ça compte double[;)][;)][;)].
Je prends le chemin du Golden-Gate, sur des pistes cyclables le long du "Marina Blvd" il n'y a pas grand monde, il fait doux, beaucoup d'espace verts. J'arrive jusqu'au pied du pont, mais j'y passerai plus tard. je continue le long de la côte en direction d'"Ocean Beach" , une plage immense très sauvage aux portes de la ville. Il y a surtout des surfers. Ce n'est pas conseillé de se baigner car il y a beaucoup de rouleaux. Mais je ne résiste pas longtemps à tremper mes pieds dans l'Océan Pacifique!!!
Après ce bon bol d'air je file dans le Golden Gate Park et je rejoins le Golden Gate par le Presidio. Par moment on se croit en Provence ou en Bretagne, on ne sent pas en ville, il y a plusieurs points de vue sur la baie et le large.
Il est temps de franchir le Golden Gate, cela prendra une dizaine de minutes, c'est très sympa malgré le vacarme des voitures. Ensuite je décide de rejoindre Sausalito et Tiburon pour faire la balade complète. Je m'attendais à un peu mieux car la piste n'est jamais très loin de l'autoroute et Sausalito n'est qu'une Marina avec des restaurants. En arrivant à l'embarcadère de Tiburon, il fait chaud, un Coca sera le bienvenue. La traversée est la récompense du trajet en vélo. Il y a peu de personnes au départ de Tiburon mais à Sausalito le bac se remplit. je peux contempler Angel's Island et Alcatraz.
C'est très content de cette promenade que je rends le vélo. le matin j'avais discuté avec des triathlètes voyant quelques nageurs à la plage près de Fort-Mason, l'eau y est à 17°, on me dit quand même de venir avec le strict minimum pour éviter les vols. une grand-mère qui tricote sur les gradins me gardera mes affaires. Je nage 30mn, ça fait vraiment du bien. A 30m de la plage deux jeunes otaries s'amusent .
Je terminerai la soirée en allant vers la "Coit Tower" déjà fermée puis en profitant d'un nouveau merveilleux coucher de soleil. Je passe au Safeway faire quelques courses pour le voyage de demain. Ce soir, j'ai changé de chambre, je la partage avec un australien, un italien et un américain. La salle de bain n'est pas la même, il y a plusieurs douches séparées par un simple rideau. Ce n'est vraiment pas pour moi. Mais à l'extinction des feux, miracle, pas un bruit...
Ce ne sera que de courte durée, deux personnes parlent dans le couloir. Et cela durera une bonne partie de la nuit. vers 3h je sors, il s'agit de deux jeunes (un gars une fille)de 20 ans qui discutent. En fait je ne leur dirait rien, cela me fait rire, de toute manière je me lève à 5h. La nuit est fichue...
J’arrive à la gare d’Emeryville qui est très animée ce matin, il y a une foule qui attend dans un joyeux brouhaha. Je suis épuisé par la nuit et je me mets sur le quai alors que le soleil se lève. Plusieurs trains passent pour San José et Sacramento, la foule embarque. J’entame la conversation avec l’employée d’Amtrak qui vend les billets et fait l’accueil en gare. Je lui explique mon métier d’aiguilleur. Elle me dit que les trains de Californie ne sont même plus aiguillés de Californie mais d’ailleurs dans de très gros postes. En France un tel projet existe mais ça prend du temps (heureusement). Je me rends compte au passage que j’arrive à me faire comprendre en anglais.
Puis à 8h15 à l’heure le Coast Starlight fait entendre son klaxon si typique des trains américains, et entre en gare. Je discute avec une dame, pour elle, le train est le meilleur moyen de découvrir le pays même si c’est long.







J’arrive à Torrance Beach, l’eau est très claire, il y a de nombreux lycéens avec des sacs et des pics. Ils participent à une opération plage propre, apparemment c’est très banal.
Je prends ensuite un café, je n’ai plus envie de bouger mais j’ai décidé de remonter jusqu’au Pier de Santa-Monica. Je reprends le vélo et c’est parti.
Il est 13h passées et je commence vraiment à avoir le coup de barre, il fait plus chaud. Je reprends la direction d’Hermosa Beach, le retour est aussi sympa que l’aller. Mais arrivé à l’AJ je suis épuisé.















































































Le paysage change, ce n’est plus le désert, plus on approche de Mammoth Lakes, plus cela ressemble à une forêt des Alpes. J’arrive au niveau de l’aéroport, sur la droite j’aperçois au loin de la fumée ou plutôt de la vapeur d’eau. Je sors de l’autoroute pour rejoindre par une piste le site de Hot Creeks. J’arrête la voiture, dehors il gèle malgré le soleil radieux. Je descends dans un petit vallon. Une petite rivière de la verdure, tout semble paradisiaque. En fait c’est l’enfer. Dans cette vallée il y a une activité volcanique, l’eau peut monter à 100°, il y a des vapeurs d’arsenic. D’ailleurs, il y a un grillage pour empêcher l’accès à la rivière.
En reprenant la voiture, vers Mono Lake, je vois le ciel s’assombrir pour devenir carrément gris. Il y a même quelques flocons vers June Lake. Je demande au soleil de revenir et il commence à revenir alors que je descends vers le lac.
Je descends vers les tuffas. La balade est sympa, mais il ne faut pas oublier que si les tuffas sont visibles c’est que le niveau du lac baisse d’années en années.
J’avais remis un bermuda au bord du lac, là je me couvre sérieusement. Il n’y a pas grand monde ce qui rend la visite agréable. Petit voyage de 100 ans en arrière.
Je redescends en direction de Bridgeport où je passerai la nuit. Une nuit dont je me souviendrai.
Quelques kilomètres avant Bridgeport, la route est mise en circulation alternée. Il n’y a pas de feu mais un planton avec un panneau STOP dans une main et son portable dans l’autre, il a vraiment l’air de se faire c…. ! Au bout de 10mn arrive une voiture pilote qui se gare laissant passer la file de voitures en sens inverse. La voiture pilote fait demi-tour et l’on m’invite à la suivre. C’est quand même super organisé.
Je m’installerai au « Redwood Motel » pour la nuit. En réservant j’ai décidé de louer une caravane un peu moins chère. Le gérant me demande si vraiment je ne veux pas une vraie chambre. Je dis que ça ira, il me prête une espèce de convecteur. Je commence à avoir des doutes. La caravane est super confortable, ça devrait le faire.
Retour à Bridgeport qui est un petit village typique perdu au fin fond de la Californie, Une bonne douche car l’eau des sources sent un peu le soufre et repas au « Rhino’s Bar » sous la surveillance du propriétaire.

Alors que le soleil pointe son nez sur « Mono Lake » je m’engage sur la route 120, autrement dit la Tioga Road pour pénétrer dans le parc du Yosémite. Dès le départ ce sont de magnifiques paysages. Il y a ici et là un peu de neige, elle est tombée le samedi précédent. Il y a plusieurs randos à faire je n’ai pas encore choisi. A Tuolumne Meadows le visitor center est fermé, pas moyen de prendre une boisson chaude. Des allemands en camping car me proposent de partager un café. On discute une heure. C’est un couple avec leurs grands enfants qui font à peu près le même parcours que moi en sens inverse.

J’emprunterai ensuite la Tioga Road jusqu’à Yosemite Valley pour prendre quelques renseignements pour la journée suivante. En chemin, encore un gars avec son panneau STOP mais là pas de voiture pilote.
Il fait 25°, presque trop chaud au fond de Yosemite Valley. J’ai un hébergement à Mariposa, c’était beaucoup moins cher mais le trajet me semble long. La journée se termine bien, après la laverie et quelques courses, un bon restau. Puis au lit, il faut être en forme pour demain.



















Je regagne ensuite Piece-Point-Ranch et descends sur Mc Clures-Beach, plage très sauvage.


















