De Arles à Rome par la Via Aurelia
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Arles-Nice à pieds par la voie aurelia, première marche de printemps

Lyon-Marseille-Arles: je rêvais depuis plusieurs mois de marcher sur les traces des légions d'Auguste de Arles à Rome par la voie aurélienne(via aurelia). Première grande marche de printemps, après le canal de Midi et Garonne en 2008(550 kms) et la ruta de la plata entre Séville et Santiago (1000 kms ) en 2007 de l'andalousie à la Galice. Cette première marchede printemps peut se préparer le long des longues soirées d'hiver en surfant sur Google ou sur VF, croiser les informations des marcheurs au long cours, vérifier que le peuple étrange des voyageuses a pris son vol pour les premiers voyages de printemps. Gitanita croise toujours dans le continent amérindien, Béatrices s'est fixée aux pieds du Causse du Haut Languedoc en rêvant de voyages au long cours, d'autres préparent un second périple au pays des sassanides, périple de dix jours, avion, bus et train compris. On a les vacances qu'on peut... De son côté, la voyageuse du cirque a repris la tournée de son cirque en Turquie, à 300 kms d'Aleppo: bientôt, le petit cirque italien s'installera pour une longue tournée de six mois en Syrie, pour passer ensuite en Egypte... Mes compagnons de route au long cours ont préféré le Népal qu'ils préparent activement. Comme la météo est capricieuse, derrière le projet « Via Aurelia » en 37 jours(1000 kms) j'ai mis en réserve le ruta de levante de Valencia à Ourense, par Tolède et Avila et si la météo est vraiment capricieuse, le tour de Corse par le sentier littoral, la mer méditerranée est toujours pleine d'embruns...

31 Mars 2009: ARLES-SAINT MARTIN DE CRAU : Ière étape: 21 kms:

« préambule d'une longue marche de printemps »

Lyon-Marseille-Arles: il me faut rejoindre Arles, mais je passerai auparavant par Marseille au Consulat de Syrie déposer une demande de visa pour mon prochain voyage: les informations de VF m'ont révélé que la délivrance des visas syriens est beaucoup plus rapide à Marseille qu'à Paris. Recu courtoisement par le consul, je ne peux m'empêcher de penser qu'il représente une effroyable bureaucratie actuellement au pouvoir à Damas. Sa courtoisie n'efface pas ma mémoire.

A midi, je suis à Sainte Trophyme(Arles) que je connais déjà et comme la première étape projetée: Arles-Salon(39 kms) me paraît tartarinesque, je tente le coup de la partager en deux étapes: Arles-saint Martin de Crau cet après midi, Salon de Provence demain...

Pour une mise en jambe, il vaut mieux être prudent avant une marche au long cours: mes chaussures italiennes sont récentes: elles ont encore besoin d'être « faites », « culottées » ou « débridées » selon ce que l'on veut.

La bête, malgré ses piscines hebdomadaires, a besoin de remettre en route ses muscles longs et de vérifier l'état de ses tendons (tendinite 2007).

Le sac est neuf, il faut réapprendre à le remplir et à privilégier le choix des poches(clin d'oeil aux marcheurs au long cours...)

le jet de l'inutile se fait au cours des trois premiers jours. Bien entendu, j'ai une carte grossière de la Via Aurelia trouvée sur Google, que je complèterai par des cartes IGN au 1/100.000 et les informations précieuses des offices du tourisme traversés.

J 'ai l'intention d'être émerveillé par les paysages, les montagnes, les cieux, les floraisons et les odeurs de printemps, les oiseaux et les animaux que je rencontrerai, les hommes aussi tout au long de mon long chemin... 1 avril 2009: Saint Martin de Crau-Salon de Provence: (28 kms) « la plaine de la crau fait toujours 70 kms de large »

ma voiture garée sur le parking de la gare, je contourne le premier rond-point d'Arles pour buter sur le vieux moulin de Van Gogh(en cours de restauration, la restauration à l'identique de la toile de Vincent bute sur la reconstruction de l'annexe en briques rouges au pied gauche du moulin) j'oublie de photographier la relique, hypnotisé par les arcades d'un pont moyenageux qui enjambe les canaux. La météo n'est pas au beau fixe: j'ai capoté le marcheur: K-Way-casquette américaine à longue visière, le parapluie oublié et qui fait déjà défaut...Heureusement, Zeus, Ouranos, dans leur Olympe, sont cléments: la pluie se mue en un crachin breton qui autorise la marche au long cours...

J'ai eu le choix entre le parcours dit « du patrimoine » qui suit le GR des alpilles et la longue plaine de la Crau (70 kms de Arles à Aix) j'ai privilégié le second itinéraire, ayant déjà fortement transpiré sur le premier dans une autre vie...des alpilles au Ventoux.

La plaine de la Crau reste une large plaine alluviale où les mas s'égrènent le long du chemin, les portails des domaines ouvrant sur de longues allées de mûriers. La plaine est verte et humide: l'eau sourd de toutes parts, de multiples canaux de dérivations: les cheavux camarguais, les grues, les canards sauvages, les aigrettes sont en harmonie avec le vert de ce printemps tardif: les odeurs, les parfums, les cris d'oiseaux se répondent, couverts souvent par le rugissement des diesels de la petite départementale, diesels fous qui ont quitté l'autoroute proche que l'on suit...

Au détour d'une allée de buis, le beau tympan roman de saint Geniès, à l'entrée de Rafèle entre Arles et saint Martin: platitude, longueur des kilomètres, seule la montagne sainte Victoire émerge au loin et nous rappelle qu'on marche sur Aix..

2 avril 2009: Salon-de-provence- Aix: 27 kms: « où le château de l'Emperi prend des allures de Marlborough »

Salon de Provence est sous la pluie: redondance avec la Fontaine de mousse de la place de la Fontaine: même le château de l'Emperi, à l'architecture toscane, ne respire pas le blond de la pierre d'Orgon. N'empêche, Salon est une ville que l'on dédaigne souvent, mais qui a de vrais airs d'Italie et Saint Michel et son vieux tympan roman valent le détour...

L'hotel de la poste, recommandé aux compostelliens(cf.ww.compostelle-paca...) regorge de marcheurs au long cours: un italien arrive de Rome et part sur Compostelle, un autre marcheur arrive ce soir: je n'aurais pas le temps de connaître sa destination: Rome ou Compostelle. Sur cet itinéraire, il arrive que l'on croise des flux de randonneurs dont on ne sait s'ils vont sur Rome ou sur l'Espagne.

Je n'oublie pas de faire tamponner mon « credential » d'agnostique: les cachets des hotels ou des offices de tourisme suffisent à mon bonheur, je crains un peu les couvents et les nonnes, j'attend l'Italie... La D17 m'offre à la sortie de Salon 17 kilomètres de Voie Aurélienne parfaite jusqu'à Eguille, une borne miliaire est fièrement dressée au KM 6 à la sortie de Salon, ma première borne milaire, elle a encore au flanc, la petite niche boite aux lettres des coursiers de l'empereur. J'imagine, sous le goudron de la D17 les amoncellements de graviers et les milliers d'esclaves morts à dresser cette longue voie entre ROME et ARLES, les légions d'Aurélien, de Marius et de Claude, jeunes légionnaires de 20 ans marchant sur les itinéraires des tables de PEUTENGER( avec espérance de vie de 30 ans et souliers de bois cloutés) j'apprécie d'autant mes Merrell et mes Trezeta(chaussures de marcheurs du XXI siècle après J-C)..

3 avril 2009 : AIX-TRETS-SAINT MAXIMIN (36 kms) où les métamorphoses de PICASSO au Musée Granet

La pluie tombe d'abondance, j'abandonne une partie de l'étape pour me consacrer au Musée GRANET d'AIX où m'attendent « les métamorphoses de Picasso », parcours initiatique à l'oeuvre du peintre de Vauvenargues (inhumé dans le parc du château) La première salle d'exposition me semble un peu « disney », façon cité des sciences de la Villette, avec musique initiatique si l'on effleure les cartouches des oeuvres du peintre, je préfère la recréation d'une femme nue couché avec couches numériques révélant le miracle de la création: merveille du numérique et de la pédagogie inter-active... dehors, il pleut toujours: j'irai dormir à TRETS, cité médiévale à 21 kms d'Aix, au pied de PUYLOUBIER, d'où je reprendrai mon errance jusqu'à saint Maximin la sainte baume.

L'hotel du Val de Trets, vieille maison provencale au pied des remparts, me réconcilie avec l'hotellerie francaise: j'apprécierai d'autant après ma longue marche le long du tombeau de Marius dans la plaine des Loubières(bataille de Marius contre les teutons...je suis toujours sur le voie aurelia)

ici des chiens errants me prennent en affection et je mettrai sept kilomètres avant de m'en séparer, en suivant une voie ferrée désaffectée pour effacer mes traces. Heureusement, une belle provencale, inquiète de leur présence et de leur propriétaire, les gardera pour moi, le temps que je m'éloigne...

Une halte à POURCIEUX, avec bistrot tenu par un étrange personnage déguisé en souteneur(gourmette en or, veste prune, pantalon noir, teint illuminé par les veilles et les costières du Var...) et une belle boulangère à la poitrine aussi généreuse que ses croissants au beurre et ses pissaladières. Mon dieu, que que la France des chemins est bonne...

3 avril 2009: Saint Maximin – Brignoles: « Marie-Madeleine a désormais deux tombeaux »

je vais déchiffrer ma deuxième borne miliaire de la voie aurelia grâce à Evelyne, hôtesse de l'office du tourisme de saint Maximin, bien plus compétente que moi sur le »noli ne tangere »du crâne de Marie-Madeleine, enchâssé dans la crypte de la basilique de saint Maximin. Moi qui lui dis qu'il s'agit d'une supercherie, les révolutionnaires étant passé par là en I793, elle me confirme que les restes précieux de la sainte avaient été cachés pendant la révolution et que le morceau de chair sanctifié par les doigts du christ sur le front de la pénitente est tombé du crâne lors de sa redécouverte... elle me précise même que si les restes trouvés dans le sarcophage de la sainte sont d'un homme, c'est que les chrétiens de l'époque, craignant que les sarrazins fassent main basse sur les reliques de Marie-Madeleine, avaient mis à sa place la dépouille du pauvre saint Isidore... croyant comprenne que pourra...

il n 'empêche que les sarcophage de la crypte, sarcophages paléo-chrétiens, romains ré-employés, valent bien ceux du musée archéologique d'Arles...et que le retable d'Andre de ROZEN et ses dix sept prédelles(1510-1520) me préparent sérieusement aux fresques de Giotto que je verrai bientôt dans quelques jours.

J'apprécie de plus en plus la culture et le charme des hôtesses des offices de tourisme: elles vous donnent envie d'approfondir et d'aller plus loi sur le chemin(pour mémoire, la seconde borne miliaire de saint maximin est entreposée dans le cloître de la basilique, elle a été trouvée sur le mont aurélien sur la même commune...)

4 avril 2009: où le GR 99 croise la via aurelia:

on avait laissé notre héros en contemplation devant sa deuxième borne miliaire: on avait oublié de dire que nos ponts et chaussées successifs avaient fait disparaître toute trace de la monumentale autoroute romaine. En Espagne, on marche encore sur les pavés de la Via Augusta. Dans le Var et les Alpes-Maritimes, la via aurelia s'appelle D17, Nationale 7, autoroute provencale. Alors, de temps en temps, pour retrouver les maquis et les buis, la guarrigue, le GR ou sentier de grande randonnée est la meilleur formule.. A Brignoles, c'est le GR 99 qui croise la via aurelia, il descend de BARJOLS et de BRAS, il a des odeurs de sangliers, de feuilles mortes et de poudre à fusil, il croise la piste des chasseurs locaux, l'on s'attend à tout moment à voir surgir, apeurée, une laie et ses marcassins. Malheureusement, je pense à Peter Mayle, de redoutables propriétaires terriens entourent leurs territoires de barbelés et de miradors et obligent le poétique GR à gravir collines et descendre vallons, sans raison, sinon la fièvre « propriétaire » d'un hobereau local(avec 4x4 et fusil à 3 coups) voilà pour le GR 99. Il en sera de même pour le GR41 et le GR 55, mêmes itinéraires tourmentés, à forte déclivité, mais où l'ascension terminée, l'estérel et les maures valent le détour. A partir du Muy, le GR prend le nom de GR 51 pour longer les crêtes de l'Estérel. Le pélerin-randonneu a le choix entre les départementales dangereuses et les sentiers de chasseurs: selon son humeur, son envie d'écologie ou de verdure, de nature ou de vieilles pierres, il peut opter pour l'une ou pour l'autre formule.La formule GR est toujours plus coûteuse en énergie: St Maximin-brignoles par le GR: 8 heures de marche, le même itinéraire par la départementale: 4 heures de marche...

Dans le premier cas, des odeurs de trohens en fleur, des buis, des chênes-verts, des chênes lièges, des guarrigues sauvages... dans le second cas, les odeurs de diesels mal réglés, et la mauvaise humeur des automobilistes qui vous frôlent rageusement, jaloux de leur territoire sur lequel vous empiétez...

5 avril 2009: Brignoles-Le Thoronet-Fréjus: « où l'on s'apercoit que ce n'était pas Aurélien qui avait commandité la via aurelia »

je ne sais pas pourquoi en arrivant à Fréjus je fredonne une complainte bretonne « de Nice à Concarneau », ce qui est sûr, c'est que je ne suis pas encore arrivé à Nice, même si mes étapes m'en rapprochent. Je devrais plutôt fredonner, comme Auguste en I7 avant JC, de ARLES à FREJUS et de ROME à FREJUS par la Turbie, voilà la belle idée de notre empereur, alors que nos légionnaires se gelaient à franchir les cols des Alpes et celui de Larche particulièrement, depuis des lustres...

Mais je vais être infidèle au parcours romain, à cause de mes amours cisterciennes: il me faut voir LE THORONET, après SENANQUE, SILVACANE et FONTFROIDE: THORONET, la plus simple, la plus sauvage, la plus austère des abbayes cisterciennes de Provence. Le randonneur des GR se sent en harmonie, avec son sac, avec la simplicité et l'évidence des architectures solesmiennes... il me faut cependant revenir à la Via Aurelia, et c'est à Fréjus que je prendrai mon troisième pied devant ma troisième borne miliaire, entreposée sous une arche des arènes, sans inscription, au milieu d'autres vestiges antiques. FREJUS est une vraie capitale archéologique romaine: on vient d'ailleurs de mettre au jour, en creusant un parking en face de la Poste, les vestiges du port antique de Fréjus: impressionnants...

Alors, que faire à Fréjus, sinon passer des arènes à l'aqueduc de la porte dorée, à la reconstitution d'une magnifique villa romaine au musée archéologique, contempler les colonnes romaines de ré-emploi du baptistère paléo-chrétien de la cathédrale, et surtout, comble du syndrome de Stendhal, tomber en pamoison devant les 18 prédelles du retable de Jacobo DRANDI (1410-1463) consacré à la vie de sainte Marguerite( la carte postale de ce retable est en vente au prix de 60 centimes à la librairie du cloître de la cathédrale)

FREJUS: Capitale gréco-romaine ou sarrazine ?

Voilà pour le patrimoine, que dire de la sociologie de ce chemin romain ? Les sarrazins ont depuis longtemps repris pieds en Provence et les défenses et les fortifications érigées au IX et X ièmes siècles sur les contreforts des Maures et de L'Estérel n'ont plus de signification et sont tombées depuis longtemps devant une immigration d'outre-méditerranée qui s'est installée curieusement au coeur des cités médiévales provencales...

Nous allons à prix d'or acheter les dars de leurs casbah qu'ils désertent pour les banlieues de leurs grandes villes, tandis qu'ils restaurent avec ardeur les vieux quartiers de nos bastides..les horribles ETAP-HOTEL, B and B, et autres F1 fleurissent dans nos banlieues et aux périphéries des villes traversées... subsistent avec bonheur des hotels Riviera (Fréjus) de l'avenir (Saint Martin de Crau) les kebbabs, les épiceries tenues 7/7 par Ahmed, Karim et Mamadou... Les petits-bourgeois gaulois paient sur trente ans leurs pavillons en parpaing, tandis que les descendants de Mohamed restaurent et font revivre de belles demeures médiévales oubliées au coeur de cités fortifiées.

Le soir, des brunes aux yeux de gazelle rient très fort entre elles aux terrasses des cafés construits sur les traces des anciennes fortifications. La provence sarrazine est une réalité dont il faut se réjouir: il n'y a pas de meilleure intégration que l'accent chargé d'ail et de senteurs provencales de Mahdi, Leila, Khaled et Mina, leur vitalité, leur humour et leur absence de qu'en dira-t-on. Parfois, je songe aux fantômes errants de ces belles demeures avec qui ils font si bon ménage.

Ce soir, je dormirai chez Mohamed, après avoir gravi les vieux escaliers aux tomettes provencales de son hotel chargé d'ans et d'histoires...

6 Avril: FREJUS – LES ADRETS : « où les crêtes de l'estérel font oublier la via aurelia »

si l'on suit le parcours historique de la via aurelia, on doit suivre le bord de mer de saint Raphael à Cannes, revêtu de bêton et de goudron... La via aurelia mérite mieux que çà: on choisira de remonter le cours du Reyron à Partir de Fréjus et de gagner l'ancien barrage de Malpasset: on franchira ensuite l'Estérel par les Adrets... Pas un véhicule, pas une moto, des allées de chênes-liège et des paysages sur l'arrière pays àvous couper le souffle.

Détail amusant, c'est aussi la région où l'on trouve le plus de l'espèce curieuse de « l'étrange peuple des voyageuses », surtout des voyageuses en « a », mais aussi des voyageuses en « o ».

Aux adrets, c'est une voyageuse en « o » qui va me faire découvrir l'estérel et son arrière-pays, nous échangerons sur nos raids réciproques, elle dans le sud-est asiatique et moi sur mes marches au long cours. Nous passerons deux heures sympas à échanger nos bons plans et nos itinéraires: demain, je suivrai à son initiative les rives du lac de saint Cassien pour rejoindre PEYMEINADE. Elle m'aura permis de raccourcir mon étape en m'offrant de découvrir les rives d'un lac walchensien. Je rejoindrais la via aurelia à MOUANS-SARTOU...

Je regrette déjà de laisser l'étrange voyageuse dans son petit village de l'Estérel, je sais qu'au détour d'un chemin, au retour d'un trek, je la retrouverai, plaine d'humour, de convivialité, de simplicité et d'ouverture aux autres.

Voyage-Forum a cela de bon qu'il nous laisse des amis dans les coins les plus inaccessibles et les plus surprenants. Je marchera demain en pensant à elle, la remerciant du fond du coeur des paysages qu'elle m'aura permis de découvrir et que mon itinéraire n'avait pas prévu.

L'Estérel laisse demain sa place pour le Massif du tanneron.

7 avril : Les adrets-Montauroux (14 kms) « où une vfiste change l'itinéraire de la voie aurélienne

Nostalgique de cette rencontre furtive avec « O » la belle vfiste(brune, 1, 77 m)je me retiens du sms de regret du style « n'ai je pas été trop tactile? Je me suis pourtant retenu »(lu dans les perles de VF)il me faut reprendre la route: mon compteur indique encore 764 kms avant ROME... heureusement, BORDIGHIERA, ma ville fantasmée approche...

I4 kms après les Adrets, après avoir suivi les rives du lac de Saint Cassien, prêt à aborder le virage de PEYMEINADE, les klaxons compulsifs d'un véhicule que j'aurais pu prendre pour celui d'une boulangère livrant son pain me font me retourner et voilà-t-y pas que je retrouve ma vfiste en « o » que le hasard ou le destin remettait sur ma route...

Il est l'heure du café de I0 heures, le soleil est de la partie, nous voilà dérivant vers MONTAUROUX, village non inscrit dans l'itinéraire...mon destin sera-t-il lui aussi bouleversé?

Ma bonne étoile me suggère que ce soir, le gîte et le couvert seront assurés par Voyage Forum, merci Francois... la solidarité des voyageurs ou du peuple étrange des voyageuses me fera découvrir la gentillesse, la générosité, l'ouverture d'esprit de certains habitués du Forum: je ne regretterai pas le détour: non seulement, je vivrai au rythme et au coeur d'un village provencal, mais les curiosité du patrimoine de MONTAUROUX et de CALLIAN(village de Christian DIOR et de soeur Emmanuelle) n'auront plus de secret pour moi.

La voyageuse en « 0 » me fera découvrir les rouges corsés des coteaux du Var, j'échangerai contre son accueil un saint Estèphe, château BONIS, élevé et mis en fût au château...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
MA Martinenego Regular ·
Moi aussi je dis merci a François pour ce super forum!!! j ai été ravie de rencontrer ce voyageur a pied!! et que d eloges me fais tu cher JC pour une si bonne journée passée ensemble et quel plaisir aussi d avoir eu des nouilles sautées faites par mon amie asiate Christiane!!!! au petit bled de montauroux, tu as maintenant des ami es!!!!nouveaux!!!!! c est ça la vie il faut savoir changer parfois sa route pour croquer quelques bons moments!!!!au plaisir!!!!
Martine
TO Tomas3 Veteran ·
11ème étape : Montauroux-Grasse (22 kms)

« où l’on clôt le premier épisode de la via aurelia »

le départ pour la onzième étape est matinal et nostalgique à la fois. L’errance laisse toujours derrière elle beaucoup d’affectif. Je n’aurais pas l’occasion de remercier mon hôtesse des préparatifs discrets du petit déjeuner qu’elle a préparé à mon intention. Le sms que je lui enverrai n’aura pas la charge affective que je voudrais y mettre : « décidément, on fait de belles rencontres sur le chemin… ! Peut-être comprendra-t-elle, mais la départementale ou le GR 51 n’attendent pas : il est six heures trente du matin, l’heure d’été fait que le jour se lève tardivement pour le marcheur que je suis qui aime à épuiser son capital horaire à l’aurore sans pour autant marcher dans la nuit. Raphael, le fils de la voyageuse en « o » m’a donné les coordonnées d’un itinéraire-raccourci par « la ferme du vosgien », j’appréciera l’absence de diesels et d’autres véhicules, j’apprécierai moins le goudron des 22 kms qui séparent Montauroux de Grasse. L’Estérel est mangé de toutes parts par un immobilier invasif, si bien qu’on a l’impression sur cet itinéraire de traverser un immense domaine de villégiatures, toutes plus « sam suffit » les unes que les autres. La forêt de chênes-verts et de chênes-liège est devenue une sorte de repaires californiens pour retraités riches ou moins riches. Les chiens aboient derrière les grillages, les piscines succèdent aux piscines, tandis que quads et 4 x 4 dorment sous des auvents à l’abri du soleil méditerranéen… Je m’en veux d’avoir privilégié le goudron au GR 51 : je redoutais les tours et les détours capricieux du GR en espace urbanisé : me voilà rêvant de la gare de Grasse et de ses TER régionaux…

12 ème étape : Gare de Grasse- maison de garde barrière de Campaignan :

le compteur perso du randonneur marque 268 kms( entre Arles et Grasse) : les deux grandes étapes suivantes sur la Côte Ligure(Vintimille-Genova -250 kms) et Genova-La Spezia(200 kms) attendront que je récupère mon visa syrien au Consulat de Marseille, et mes forces pendant le week-end pascal. Une autre vfiste m’a proposé un hébergement dans une maison de garde-barrière à 10 kms de Pezenas : je n’hésite pas à sauter sur l’occasion : cette halte ne sera qu’une nuit d’étape avant de rejoindre un autre vfiste marcheur, arrêté au Puy-en-Velay par des ampoules sous la voûte plantaire.

Ce vfiste était parti de Lyon pour rejoindre le col du Somport par la voie de Genève du compostelle podiensis : il a dû abandonner son trek après cinq jours de marche, handicapé lourdement par des ampoules tenaces dues à des chaussures neuves.

Je le réceptionne en gare du Puy-en-velay et le ramène à son point de départ : LYON, où nous fêterons en famille la soirée du jeudi-saint.

Etrange randonneur, qui dort sous la tente, cuit sur feu de bois des espèces de tortillas aux herbes sauvages et se nourrit de légumes herborisés le long du chemin. Nous avons deux façons bien différentes de marcher : la mienne est bien bourgeoise et beaucoup moins rustique que la sienne. Une passion commune pour les marches au long cours nous réunit cependant et nous échangeons nos itinéraires : sentierdu littoral du cap corse, GR 10 pyrénéen, Podiensis, comme de vieux combattants de GR évoquant leurs marches respectives et leurs façons d’avancer, heures et kilomètres sur des sentiers encore enneigés( le mont Lozère est encore sous la neige et l’Aubrac ne vaut pas mieux…je lui vante les mérites de la côte ligure que je ne connais pas encore…)

au petit bled de Montauroux, tu as de nouveaux amis...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Ciao Jean Claude, il 13 aprile a Grasse!..... ...il 16 forse già arrivato in Italia.!?.. ...quindi si parla e scrive italiano....!!... Ho guardato meteo Ventimiglia......brutto!! piove!!! fa anche un po fresco... solo 14 gradi!! ma il calore nei cuori italiani non manca mai.....lo so! ci sono nata, un po più giù, proprio dove la terra sta tremando, a fianco del Gran Sasso. Anche in Lorraine sta arrivando la pioggia. Ma in Italia il sole tornerà presto........vedrai..

En attendant, je t'offre une poesie sur les sensations du marcheur. Tu les connais, je n'en doute pas..... peut-être pas en italien!?

Amichevolmente . Liliana

Mi addentravo per un miglio in un bosco, mi accorgevo di camminare con il corpo, ma essere presente con lo spirito Camminare in viali alberati e sentire odore di Muschio Camminare sotto la pioggia e sentire frescura sul viso Camminare presso un burrone e sentire freddo pungente. Camminare in luoghi appartati e isolarti dal reale Camminare andare alla ricerca dell’IO Andare alla ricerca del Noi!

Dora Forino

de la part de anima52(une voyageuse en "a")
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
bonjour, belle nicoise, de retour? tu as vu le beau poème italien d'Anima. Je lui ai demandé de nous le traduire, mes compétences en italien n'allant pas au-delà du glossaire de Lonely Planet, mon guide préféré. J'espère qu'elle nous en fera un belle traduction publique. Que devient le gîte de Montauroux et les baraquettes pleines de faux Vetriano, de Picasso et de Klimt? as-tu fait le ménage après le passage du "tonton"? Montauroux est-il toujours comme la gare de perpignan au centre de la Via aurelia?

où l'on regrette les nouilles sautées d'une cambodgienne de passage...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AN Anima52 ·
Ciao Jean Claude,

J’t’ai traduis de mon mieux le poème du marcheur. Espère avoir été fidèle à la pensée de son auteur. Mon italien est loin d’être parfait, (mon français non plus d’ailleurs !) si quelque internaute peut faire mieux………je n’y vois aucun d’inconvénient….. Bonne journée… ….de marche ??…..ou encore de repos ??

Je m'enfonçais un mille dans un bois, je m'apercevais marcher avec le corps, mais être présent avec l'esprit Marcher dans les boulevards d’arbres et respirer l’odeur de la mousse Marcher sous la pluie et sentir sa fraîcheur sur le visage Marcher près d'un ravin et sentir le froid piquant. Marcher hors des sentiers battus et t'isoler du réel Marcher… aller à la recherche du moi …Aller à la recherche du Soi!
AN Anima52 ·
reciao, tes souvenirs sont bons.......quelle mémoire!...pour une seule entrevue de quelques minutes......partir, pour moi, c'est pas évident....... je me contente des randonnées locales...... j'te traduirai le poème quand j'aurai un peu de temps...... mais va falloir qu't'amégliores ton italien...... Les abruzzes?....plus les années passent plus j'en ai la nostalgie, même si j'en suis partie à tout juste 7 ans. Mais je suppose que c'est courant, en vieillissant, désirer retourner aux sources.... J'y suis allée le mois dernier. Habituellement j'y vais l'été, tout est sec. Cette fois j'ai été surprise et émerveillée par le vert tendre du blé poussant sur les collines décorées d'olivier alignés. Toutes ces collines verdoyantes entre la blancheur des sommets encore enneigés et le bleu de la mer..sous le soleil printanier..... c'était un régal pour les yeux et une sensation de paradis perdu pour moi qui ai passé le reste du temps à Villerupt entre les cheminées des hauts fourneaux et les murs gris des citées ouvrières........( doit-on dire, heureusement ou malheureusement aujourd'hui disparus.)......et le vent du nord.... Là_bas.... la terre se réveille de temps en temps pour nous rappeler notre impuissance........ Fais le meilleur choix possible pour la suite de ton chemin...........arrivederci Lil
TO Tomas3 Veteran ·
ciao liliana,

je vois que tu prends plaisir à m'accompagner en pensée sur le trek dont nous avions rêvé ensemble. Ce sera peut-être réel pour toi une autre fois. J'ai posé mon sac quelques jours avant de franchir la frontière italienne, désespéré de savoir la via aurelia définitivement sous le goudron en Ligurie. Je potasse activement les guides de voyage pour me donner la solution: "alta via dei monti luguri" ?("liguri.net") "via francigena"?(www.compostelle-paca-corse-info/chemin/Resources/Schema_PACA.gif) "sentier du littoral ligure entre Ventimilia et Sarzana"? je n'ai pas encore pris de décision, mais mon carnet de voyage te tiendra au courant, si tu me lis... Depuis que j'ai vu "Villa AMALIA" de Benoit Jacquot, j'envisage de plus en plus de pousser jusqu'à ISCHIA, superbe ile dans la baie de Naples...

….de marche ??…..ou encore de repos ??
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
13ième étape : l’abbaye du village du peuple étrange (virtuelle) : extrait d’un carnet de voyage du vefistan

alors que je suis en pause technique et surtout physique, mettant sur le net le propre de mes carnets de voyage, errant sur la toile entre Grasse et Vintimilia, je tombe sur un site étrange, clone d’un forum de voyage dans lequel j’ai souvent mes habitudes, une sorte d’abbaye de Thélème électronique… une sœur tourière, des règles, un sas d’entrée pour les nouveaux ou les arrivants, un questionnaire sur vos intentions et vos origines, des petits oiseaux dans le cloître, des complies de bonheur simple et de joie quotidienne. Je suis rentré dans leur narthex électronique, ai signé leur livre d’or, et puis j’ai repris mon chemin. Voiçi des extraits de ce que j’ai laissé dans leur livre d’or :

« chère sœur frédérique, devrai-je plutôt vous appeler « tourière » ? quel bonheur et quel silence dans votre narthex(seuil obligatoire imposé aux pélerins-randonneurs dans certaines églises ou certains monastères de pèlerinage) je me présente : je ne suis pas un « petit nouveau », je viens du vfistan où j’ai eu l’occasion de partager parfois vos offices. Je découvre, après le Thoronet, abbaye cistercienne sur mon chemin entre Brignoles et Fréjus, votre jeune établissement « régulier » électronique et je me pause un instant dans votre « sas » narthex, avec le bonheur du pèlerin-randonneur.

Derrière les rubriques et sous-rubriques de votre jeune monastère, j’ai entrevu la trentaine de sœurs converses et régulières, ainsi que deux ou trois moines que vous avez eu la bonté d’introduire, en leur demandant de s’appliquer à eux-mêmes les règles que vous vous imposez. J’ai cru reconnaître plusieurs révérendes-mères, un père-abbé voyageur au long cours, et quelques jeunes nonnes énervées venues expier dans la fraîcheur de votre cloître, les débordements sentimentaux dus sans doute à leur excès d’hormones.

Quand on lit les complies, les matines et les couplets chantés par vos officiantes, on pense à sainte claire et à saint francois. Derrière l’ordinaire des propos quotidiens et des tâches humbles de votre couvent, règne une atmosphère d’amour et de tendresse partagés qui est loin de la qualification de « secte » que vous avez prêtée un instant à votre établissement.

Certes il s’apparente plus à la règle de saint benoît, séculière, qu’à la régulière et austère règle solesmienne, un tiers de repos, un tiers de travail, un tiers d’adoration.

Dans votre monastère, les nonnes vont et viennent, mais l’on devine une solidarité de tous les instants. Certaines poursuivent leurs délires romancés à l’ombre de leur cellule, mais l’on vous sent vigilantes entre vous. Ne serait-ce l’obligation de reprendre ma route, un instant détournée par votre « village », et l’ardente morale qui me pousse à expier sur le chemin les errements commis sans doute dans d’autres existences, j’aurais passé d’agréables moments dans les rubriques, sous-rubriques, thèmes et sous-thèmes de vos échanges électroniques, chère sœur tourière. Alors nous avons désormais deux modérateurs : sœur frédérique et frère francois, qu’ils restent longtemps dans leur pratique de tolèrance et de non-censure dans leurs forums respectifs, et que les révérendes-mères de vos couvents laissent à leurs nonnes l’épanouissement de leur âge…

fais le meilleur choix possible pour la suite de ton chemin...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Pause technique : le coût de l’hébergement sur un trek au long cours tel que le via aurelia :

Plusieurs correspondants m’ont interrogé sur le coût de l’hébergement sur un trek au long cours comme celui de la via aurelia, que ce soit sur le net ou sur vf. Une bonne information, mais qui demeure à vérifier, car elle date de 2007, est la liste des gîtes, refuges, hotels et autres hébergements que l’on trouve sur le site compostelle-paca.

Dans mon cas, après la première partie francaise, Arles-Grasse-Vintimilia, les premières observations que j’en tire sont très hétérogènes. Je ne suis pas « tente sur le dos et bivouac », pour moi la fatigue de 24 à 32 kms par jour ne se dilue que sous une bonne douche, et avec un minimum de confort, au moins pour le lit et la douche.

La consommation en énergie du marcheur au long cours frisant les 3500 calories, je ne saurais trop recommandé aux amateurs de ces treks au moins un repas complet par jour, même si le repas tiré du sac fait faire des économies de temps et d’argent, il est essentiel de choisir un bon petit restaurant, équilibré et pas cher, le midi ou le soir qu’importe, pour compléter les fruits secs, les barres de chocolats, les biscuits secs et autres barres vitaminés de complément.

Je m’étais fixé un budget hotelier de 45 euros par jour, à ne pas dépasser. En France, il est difficile, surtout en Provence de jongler avec un tel budget. La plupart des hotels 2 étoiles, les I étoile, vaut mieux ne pas en parler, sont encore en basse ou moyenne saisons : il est encore facile de dénicher des deux étoiles à 40 euros.(St Martin de Crau-Salon de Provence) Eviter le I étoile à 35 euros, souvent les toilettes sont au bout du couloir, et la douche, dont le pommeau est déchiré, est à l’étage en dessous(Fréjus) La solution idéale est de réserver la veille de l’office de tourisme du village précédent : cette marge d’autonomie vous évite de passer par des centrales de réservation de gîtes et chambres d’hôtes départementales… Si bien sûr, vous avez oublié de réserver la veille, ces centrales sont très utiles, mais lorsque vous annoncez les limites supérieures de votre budget, sont assez dubitatives sur leur résultat : elles vous proposent alors des chambres d’hôtes ou des gîtes.

Cette formule est excellente, à condition que le loueur ne soit pas trop gourmand : à saint Maximin, pour 45 euros, j’ai bénéficié d’une chambre 4 étoiles dans une villa avec piscine, chambre donnant sur la piscine, hotesse venue me chercher à l’office de tourisme, et m’accompagnant de sept à huit dans mon petit déjeuner…le repos du guerrier assuré.

Parfois de rudes surprises, quand dans l’Estérel, au bout de 22 kilomètres de marche, vous tombez sur un camping qui ne loue des mobil-home que pour deux jours minimum(en basse-saison, le camping est vide, mais on n’a pas besoin de travailler…) ou que, dans le même village vous n’avez le choix qu’entre un hotel 4 étoiles et un trois étoiles… va pour le 3 étoiles à 77 euros…

Le budget en prend un coup, mais le bonheur du marcheur, c’est la vfiste qui vous héberge au prix de son seul sourire et du vôtre aussi ( le lendemain) alors vous trouvez du plaisir à remettre votre budget en équilibre et à apprécier ce mode d’hébergement et vous récidivez, quelle chance le lendemain…

Dans les grandes agglomérations, les auberges de jeunesse( 17 euros) acceptent jeunes et moins jeunes( l’une m’a répondu que leur seul critère d’accueil est d’avoir les capacités de grimper le lit à étage et d’arriver avant I7 heures 30)

Un dernier conseil : la morale de Paul Bowles : » l’improvisation est le sel du voyage » est la meilleure formule d’hébergement…donc pas de règles, ni de budget, partir, le nez en l’air, les poings dans ses poches crevés…comme Rimbaud, le voyage à pied réconcilie avec Stevenson, Lanzman et Chatwin et tous les autres, les coûts des hébergements passent au second plan.

à quand les prochaines nouilles poelees?
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
bonjour Liliana,

des nouvelles du trek que tu suis désormais en Italie et en Italien(re-départ le 26 avril de San Miniato Basso)

Pause technique : les horizons d’attente de la côte ligure :

On ne franchit pas la frontière italienne sans fantasme ou a-priori, souvent ceux-çi sont très personnels. Dans mon cas, les premières images que j’ai de cette côte « ligurienne » sont liés à des films récents (Bordighiera, dans le Premier cercle avec Jean Reno) (Gênes, dans un Eté italien de Michael Winterbottom, avec le beau Colin Firth) (sur les écrans actuellement) Plus lointain, la fin tragique de Luigi Tenco, le second amant suicidé de Dalida, au Festival de San Remo. Puis historiquement, la période gênoise de Antoine Van Dyck, première étape de son long séjour en Italie, (1621-1627) Parti d’Anvers, sa ville natale, pour le célèbre « tour italien », il se posa à Gênes d’où il rayonna bien sûr sur Turin et Palerme où il séjourna pour étudier les grands maîtres de l’antiquité et de la Renaissance. Mais sa période gênoise fut la plus féconde. On lui doit un grand nombre de portraits de la société génoise de l’époque et des familles bourgeoises de la ville, les Brignole-Sale, les Adorno, les Cattaneo, portraits qui m’ont longtemps fait rêver : mon fantasme aurait été de les retrouver sur les lieux de leur création. Hélas, même une rétrospective des portraits du peintre de Charles Ier au Musée Jacquemard André à Paris cet hiver ne les collationna pas…

ah, la dame gênoise, ah, le sénateur gênois, ah, les enfants Cattaneo et leur mère, Elena Grimaldi, ah, le cardinal Bentivoglio, ah, la robe de la marquise Balbi, ah, le dédain et la laideur de Poléxéna Spinola, première marquise de Leganes, tous aujourd’hui dispersés au Prado à Madrid, à l’Hermitage à saint Pétersbourg, à la National Gallery de Washington, à la Gemaldegalerie de Berlin, au Palais Pitti de Florence…

Mais revenons à notre raid, il est temps de reprendre ses Vibram et de régler les sangles du sac de 10 kilogs(eau et nourritures du jour comprises)

La côte ligure (Vintimilia-Genova 200 kms) et Genova- La Spezia(250 kms) ont été découpées en douze étapes, qui pour des raisons de négociation, comme on va le voir plus loin, ont été reportées pour privilégier dans le temps la TOSCANE-OMBRIE sur les traces des légions romaines ou des pélerins romans, c’est selon (Via Emilia ou Via Francigena).

En effet, une pélerine a bien voulu rejoindre le randonneur au long cours, mais ses horaires exigeants ne pouvaient contenir qu’une partie du raid, et encore, dans sa partie la plus belle et la plus riche : de San Miniato Basso à Siena, sur les traces de Duccio, de Simone martini, de Pinturrichio, de Donatello, de Bernardino Mei…et surtout de Lorenzetti…

Il reste encore 420 kms pour arriver à Rome(arrivée prévue le 10 mai) nous suivrez-vous ?

amichevolmente
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Via francigena : épisode 3 : programme toscan :

Pour Yogito, Martinenego, Anima52, Manu69, Bouli54, Raymond44, Annie73, Asun, Piet, Else, Sandrine et manu, qui suivez derrière vos écrans, avec envie et sadisme, votre héros transpirant, courbatu, souffrant du dos, les muscles échauffés et tiraillés, ne sachant plus où donner de la météo, tant celle-çi, qui d’habitude sèche le sud et mouille le Nord, a décidé du contraire cette année et particulièrement ce mois d’avril, voilà l’itinéraire approximatif des 14 prochaines étapes.

Rome au bout du voyage, si les italiens, les ampoules, les tendinites, sainte Rita, Saint Roch laissent au pèlerin l’espoir de voir le bout de son chemin.

La Toscane du Nord et de l’Ouest : San Miniato Basso –Castelfiorantino (I4 kms)Castelfiorantino – San Gimignano (23 kms)San Gimignano – Monteriggioni ((25 kms)Monteriggioni – Siena (14 kms)Siena – Monteroni d’arbia (23 kms)Ponte d’arbia –San Quirico d’orcia ( 21 kms)san quirico d’orcia – Radicofani (29 kms)

La Toscane du Sud: Radicofani-Acquapendente (24 kms)Acquapendente – Bolsena (20 kms)Bolsena –Viterbo (31 kms)

Le latium : Viterbo-Capranica (25 kms) Capranica – Campagno di Roma(27 kms)Campagno di roma – La Storta (24 kms)La Storta – Roma (14 kms)

bien entendu, j’essaierai de vous dire au jour le jour, en fonction de ma wifi, de mon crayon à papier, des conditions d’hébergement, comment on transforme une randonnée francaise en randonnée italienne, et sans avoir la prétention d’Arrigo Bayle dans son « Voyage en Italie », de vous donner des touches de couleur du pays qui vit naître les couleurs…

va falloir que t'amegliores ton italien...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AN Anima52 ·
Bonjour Jean Claude...... “Quelque chose avant sa venue le pressent. Quelque chose après sa venue se souvient de lui. La Beauté sur la terre est ce quelque chose. La beauté du visible est faite de l’invisible tremblement des atomes déplacés par son corps en marche. (…) Et il marche. Sans arrêt. On dirait que le repos lui est interdit. Ce qu’on sait de lui, on le tient d’un livre. Avec l’oreille un peu plus fine, nous pourrions nous passer de ce livre et recevoir de ses nouvelles en écoutant le chant des particules de sable, soulevées par ses pieds nus. Rien ne se remet de son passage et son passage n’en finit pas. (…) Il va tête nue. La mort, le vent, l’injure, il reçoit tout de face, sans jamais ralentir son pas. A croire que ce qui le tourmente n’est rien en regard de ce qu’il espère. A croire que la mort n’est guère plus qu’un vent de sable. A croire que vivre est comme il marche - sans fin (…) L’homme qui marche (extrait)

je marcherai peut-être dimanche à Haucourt, s'il ne pleut pas trop......!! eh oui !! ici aussi la pluie est annoncée.. Bonne route..... Lil...ps: toujours rien en italien!?
TO Tomas3 Veteran ·
bonjour Lil,

quel beau poème(tu nous donnes l'auteur?) j'aime bien quand tes messages collent à ce que je vis. Les paysages d'Harcourt doivent ressembler à ceux de Manderen, tu m'en enverras l'itinéraire ?(de Sierck à Toul par exemple) ciao et le petit texte du jour..

Trekké seul ou accompagné, avantages et inconvénients

Quelques observations avant, pendant un trek seul ou accompagné, sur la documentation. Autant il est facile de partir seul, trekké le nez en l’air, « les poings dans ses poches crevées », autant partir accompagné, et surtout d’une « nana », nécessite un maximum de préparations… La plupart des « nanas » s’en remettent au « mec »(qu’il s’agisse déjà des trucs en « eur » concernant le véhicule ou des numéros de clés quand elles sont « à pipe »…) alors quand il s’agit de randonner, surtout à l’étranger…vous n’y pensez pas… Ne faisons pas de généralité, mais c’est bien souvent le cas. Ainsi, en matière de documentation, le « mâle » va se farcir trois librairies, six rayonnages de guides sur l’Italie du Nord, la Toscane-Ombrie, le latium, 50 sites sur le net, plusieurs publications spécialisées sur « les merveilles qu’il faut voir avant de mourir idiot en Toscane-Ombrie », pour entendre dire de sa compagne de marche : « au fait, as-tu pensé à prendre de la crème- protection 50 ? » il est bien entendu que les hommes viennent de Mars, et que ces pauvres petites viennent de Venus… revenons à notre doc, sur les dix guides patentés et dument estampillés « Toscane-Ombrie » je n’en conseillerai aucun, même si j’en privilégie 2 ( en fonction 1) du commentaire, 2) des réservations hotelières) Certes Google est merveilleux, avec les défauts de ses richesses : trop de perte de temps à chercher l’improbable hotel autour de san miniato, où l’embranchement de la via francigena entre siena et ponte d’arbia…trop d’informations nuit à l’information précise, ne parlons pas de Google Earth, dont les italiens raffolent(le moindre hotel a un lien au site…) Quant aux spams de pub, n’en parlons pas, je viens de détruire un A-R pour Rome à 57 euros le 26 juin, un A-R pour New-York à 235 euros dans les mêmes dates, et un Baden-Baden –Rome AR gratuit( je ne sais pas si l’utilisation des toilettes est payante sur cette compagnie…)

Pour en revenir à un trek à deux sur ce parcours aussi hétérogène et long, il s’agit de ne pas louper l’atterrissage de la copine-marcheuse : elles sont souvent délicates à la mise en route : le couvent de bénédictines aléatoire, le GE(gîte d’étapes) n’ayant pas de douche privative, l’AC(à votre bon cœur) ne lui conviendront certainement pas.

Je me résigne à jalonner l’itinéraire de réservations hotelières( au cas où d’aventure le couvent des nonnes bénédictines serait trop loin, trop exigu, trop calme, trop ceci, trop cela..) réservations que j’activerai en fonction des lieux et de l’ambiance.

Ca risque d’être la ruine de mon budget de pèlerin-randonneur : elle arrive demain sur mon chemin !!! il va falloir composer avec les kilomètres, les crèmes anti-rides(surcharges de sac…) les protections 14, les eaux minérales(vérifiées et labellisées par des pharmaciens DPLG) une tendinite reconnue en 2006, mais susceptible de se redéclencher en 2009, bref la vie de couple en Toscane-Ombrie, entre un Donatello et un des frères Lorenzetti. Heureusement, cette pélerine a un œil artistique incroyable, et dans ces cas-là, deux paires d’yeux valent mieux qu’une, c’est bien connu(proverbe auvergnat)

le 28 avril, c’est la sainte Soupente, patronne des causes perdues, un peu comme Sainte Rita.(cf. »la légende dorée de Jacques de Voragine) Je vais profiter de ma dernière journée de « poor lone some walker » Je sens déjà que le rendu de mon pseudo-trek n’aura pas le même piment : « ce que femme veut, dieu le veut » aurai-je au moins le temps de jeter quelques mots sur VF, je ne sais. « Of course que je suis conscient de mon inconscience » vouloir marcher avec une pélerine, c’est perdre toute notion de liberté, mais aimer l’Italie, c’est aussi aimer l’amour, et le vin et les huitres décadentes…

toujours rien en italien?

tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
MA Mamina64 Veteran ·
Ainsi donc tu attends ta pélerine... Pardon de te dire que si tu l'as choisie, tu la supportes... et avec galanterie s'il-te-plait !😉

Parce-que des filles qui bronzent au naturel y'en a encore, des filles qui s'en fichent d'avoir les WC au bout du couloir et le pommeau de douche déglingué y'en a aussi, des filles qui organisent leurs randos et lisent les guides avant j'en connais plein, des nanas qui n'ont pas besoin de mecs ni de mâles pour voyager y'en a à la pelle, qui ne se plaignent pas plus de leur tendinite de 2006 (et la tienne de 2007 ?) que de mener les hommes par le bout du nez... pas intéressant ! Tu vas perdre ta liberté ? Tu avais pourtant le choix sur VF ! 😮 Même à une vieille révérente-mère tu ne la feras pas !!! 😛

Chouette récit et bon voyage !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

mon blog : http://lesvoyagesdemamina.blogspot.com/
TO Tomas3 Veteran ·
Révérende-mère ou chère Lara Croft, selon le post que l'on choisit,

les 21 premières lignes du post précédent était un pastiche des correspondances lues par hasard ou par curiosité au réfectoire d'une abbaye électronique traversée...

les nonnes en étaient à lire les prospectus que la soeur portière leur laissait pour éplucher les légumes... tu penses bien que le portrait de la pélerine que je fais n'existe que dans mon imagination: l'intéressée l'a d'ailleurs lu et çà l'a fait bien rire.

Pour des nonnes qui liraient plus que le supplément de grandes surfaces ou leur poids en six semaines en pâtes à papier(pensons "vert") voici deux romans parus cette semaine qui devraient faire partie des rayons obligés de la bibliothèque du couvent:

"un temps fou" de Laurence TARDIEU aux Editions STOCK (17 euros) Elkabach s'est fait un plaisir de chat à la mettre sur le grill à la Bibliothèque Mazarine, elle mérite mieux que çà.

"FAKE" de Giulio MINGHINI, le premier roman d'un jeune auteur italien, qui, Anima52 appréciera, écrit superbement en français... roman sur les dangers de la compulsion électronique(trop d'écran peut détruire la personnalité de quelqu'un)

pour mémoire, "QUI A TUE L'AYATOLLAH KANUNI" d'une jeune iranienne exilée à Paris, Nairi NAHAPETIAN, ce roman nécessite, je crois, une connaissance approfondie de l'Iran et de ses moeurs actuelles.

tu ne le fais pas à une révérende-mère...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
bon liliana,

toujours rien en italien ?

la réception de la pélerine

où l'on vérifie que trekker à deux n'est pas trekker tout seul. La Toscane sous la pluie n'est pas un cadeau pour un accueil-pélerin : elle arrive par avion à Florence : elle me rejoint en bus à san Miniato Alto: pour un site à démarrer la via francigena, j'avais fait en sorte qu'elle se pète très vite un "syndrome de Stendhal" : elle se fit péter le syndrome de "Donato' à la cantina del fondo...

La carne bovina pisana de qualita certificata nelle mense scolastiche des commune de San Miniato avait organisé un concert de jazz dans la boucherie (sic) entre deux jambons des abruzzes et 250 vins de chianti: l'ambiance n'était pas possible... Tout était gratuit, mais, le degré de chianti aidant, mon italien pas fameux, on a décidé d'aller dîner chez Donato... à la cantina del Fondo...

on était parti pour boire deux chianti locaux, on a terminé chez Donato qui nous a offert non seulement le repas, mais une bouteille dédicacée: Antica cantina del fondo, vino de Toscana...

Il a remis dans ma main les billets tout froissés de l'addition en me faisant comprendre que nous êtions ses invités.

J'ai parfois honte d'être français, finalement nous ne sommes que des "italiens tristes" et même les amarotti du Bar cantini n'arrivent pas à nous dérider...

Il y a des couples d'amoureux sous les arcades de tous les palais de san Miniato Alto et nous rentrons doucement à la Dimora del Griffo, 31 via Battestini (san miniato-demoradelgriffo@yahoo.it) palais renaissance digne de deux pélerins...je ne vous raconterai pas la suite, sinon l'itinéraire de demain: san Miniato-Alto-Castelfiorentino.

toujours rien en italien?
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉tomas tu nous a fait un roman.

Quel courage toute cette marche à pied.

Bon, dès que j'aurai fini de galèrer avec mes 1800 vidéos enfin téléchargées sur l'ordi, mais qui ne veulent pas être gravées, je commencerai mes carnets de voyage.

Quelques bribes par ci par là, avec des photos rubrique Croisières et squatte sur le carnet de Pataugas, je vais prendre exemple sur ton talent épistolaire, et me lancer dans des récits.

Tiens, en plein Pacifique, un oiseau migrateur est venu se reposer au bord de la piscine, tranquille, on l'a laissé dormir, et au petit matin, le lendemain, il a repris son périple. Donc, un paquebot ne sert pas uniquement au plaisir des vacanciers, j'en suis ravi, il peut aussi venir en aide aux oiseaux essouflés......................

A bientôt Tomas, continue tes récits qui nous font rêver de marche à pied,

tu marches pieds nus????? LOL

Au fait qui peut me dire si un DVDR+ est plus pratique pour graver qu'un ordinaire R- J'ai un ACER ASPIRE WLMI. Tous les conseils seront les bienvenus. Merci par avance.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
CL Cléo40 ·
Tes commentaires sur ta pélerine m'ont aussi provoqué une montée d'adrénaline féministe... bravo en tout cas pour tes talents de macho fictionné, c'est très réaliste ! Ceci dit, cher pape du chemin de Saint Jacques, la pélerine que je suis et qui prépare son voyage estival hésite... et te demande conseil : le chemin de Ferréol, dit des Anglais, m'intéresse et je crois que tu l'as déjà pratiqué. Est-il chouette, balisé, parsemé d'auberges comme on les aime ? Bon courage pour la Toscane sous la pluie, je suis tes aventures pas à pas. Bizzzz Sandrine
Sand
TO Tomas3 Veteran ·
bonjour sandrine,

sur le chemin des anglais, je t'en parle en mp. Restons sur notre francigena, je te livre mon petit billet d'"humour"(à prendre au deuxième degré pour certaines lecrices trop rapides..) San Miniato-Alto- Castelfiorentino-San Gimignano:

Foresteria del Monasterio di san girolamo:

Je cite le routard "une bonne occasion de découvrir la vie monastique sans porter le voile ! tenu par des soeurs adorables...derrière les lourdes portes, on découvre des installations modernes et fonctionnelles ainsi qu'une dizaine de chambres austères, mais confortables et impeccables..." Foi de guide du R.... j'ai eu cependant l'occasion de discuter avec une nonne, sympa au demeurant, gaie et primesautière, "shootée à la vie drôle", et à qui on devinait un joli minois derrière le vole. Elle se plaignait de la dure vie des "épluchures" sur des journaux venant de l'extérieur (particulièrement celui d'un Giovanni Danielo) où certaines lectrices devaient reconnaître, à travers un quizz, les niveaux d'extase et d'expectase qu'elles atteignaient avec les pratiques diverses de san Ignacio ou de san domenico, voire avec celles de san francisco... Elles devaient choisir le niveau d'extase obtenue selon la règle choisie. La petite nonne me dit que les révérendes-mères, à qui elle en parlait, lui avait dit que çà n'existait pas et que la recherche d'extase était une épreuve propre au noviciat, noviciat qui durait 9 neuf ans... avant d'atteindre le statut apaisé de révérende-mère... Entre deux rires et deux épluchures, la petite nonne m'a confié qu'elle pensait bien trouver l'extase de san Ignacio avant d'arriver à l'âge canonique des révérendes-mères... Les repas du soir au réfectoire avec les frangins (frères convers) ne lui permettaient pas de rêver de l'avoir dans les murs du couvent. Elle parlait souvent d'un monastère de Reggio Emilia où les monniales étaient moins austères et la règle moins lourde... J'ai eu l'impression d'un petit oiseau en cage à qui l'on avait dit que le bonheur existe, il est en toi "reste ce que tu es ", c'est dans les épluchures et les travaux quotidiens que l'on se réalise... La pauvre moniale ne savait pas que sur le chemin, il y avait des donato, des albergo del fondo...

Je garde un bon souvenir de ce monastère (monasterosangirolamo.it)

Pour les historiens d'art, archéologues, passionnés de XII ième, XIIIième et XIV ième siècles, le chemin (via francigena) vaut le détour: un conseil modeste: les sites traversés sont tellement riches qu'il faut doubler les étapes, les hotels-renaissance confortables, voire les petites nonnes adorables...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
bonjour Georges, de retour de ton world tour?

qu'il est loin le bon temps des petits bouts de tissu à fleur.. j'espère pouvoir lire bientôt le livre de tes aventures...

castelfiorentino-san gimignano: la Toscane est sous l'eau:

Une dépression inonde la Toscane, la Corse et toute la péninsule...La Toscane est sous l'eau...Un hélicoptère vient de se crasher en Corse avec un bébé à peine né... Les infos arrivent filtrées par les quotidiens italiens que je déchiffre au matin derrière un capuccino et des amoretti à la liqueur d'amande. La Toscane est là sous le balcon des villes médiévales perchées au sommet des vignes de Chianti. Une brume irréelle ressemble assez aux fantasmes que l'on a de ce pays de cocagne... La météo a celà de bon que l'on s'attarde plus longtemps aux terrasses des cafés ou dans des brasseries voûtées style "XIIIième"... Certes on est dans le pays de Ghirlandaio, mais rien ne nous empêche d'apprécier une 50 cl de Spaten entre une Annonciation et une saga de la vie de saint Augustin... Il faudra d'ailleurs que je consacre une page à la gastronomie italienne. Ce midi, des Penne al arabiata ( macaroni à la tomate et au basilic) ont précédé une somptueuse assiette de carne in salata au Parmingiano émincé... Toutes ces friandises sont arrosées comme il se doit de Chianti Rosso, pas si épais que cà, et dont les effets rendent très vite amoroso... Il va falloir travailler sérieusement l'arrivée progressive à SIENNE, je redoute toujours les syndromes du symptome de STENDHAL(voir plus loin) dans ce pays d'histoire et de patrimoine, véritable miroir vivant de l'histoire de la Renaissance (cf. suivre le chemin de Frédéric II, le plus fameux des souabes, empereur chrétien germanique, dans ses guerres picrocolines contre ClémenT II, mais je vous le raconterai une autre fois...ma copine s'impatiente)

Trop d'églises baroques ou maniéristes, trop de fresques des XII-XIII-XIV siècles... trop de chef d'oeuvres naissants, d'églises où l'on s'essaie à la perspective a fresco à la façon de BRUNELLESCHI...

Trop de plate-tombes usées par les pas des chrétiens ou des touristes: il va falloir faire un tri pour ne laisser en mémoire que l'essentiel : beautés, couleurs, paysages...

tu nous en fait un roman...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
bonjour arrawak, alors ce tour du monde et ses oiseaux sur les bastingages, c'est pour quand? je suis sûr que tu passes tes journées à buller chez "Michel"...

San Giminiano- Monteriggioni: la madone au lait - la chambre du podestat - l'enfer de Ghirlandaio:

une lectrice de ce carnet le trouve "barbant et trop artistique "...(sic)j'ai bien peur d'avoir du mal à rendre ce carnet rigolo sur un itinéraire pareil: la via francigena en Toscane, ce n'est pas la mauritanie...on passe d'un bourg médiéval à une colline fortifiée à des "Pérouges ou des carcassonne" à la puissance dix. Je prends l'exemple du jour: san geminiano. Pour faire "gai" ou "humoristique", je ne ferai pas de compte-rendu "artistique" ou "gastronomique". Je le réserve pour d'autres moments, mais ne pouvant m'empêcher de me remémorer l'étonnant parcours de ce site, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, c'est le fêlé arts qui va tenter de vous faire sourire:

j'ai déniché dans ce capharnaum médiéval, renaissance et baroque, trois "joujous" intrigants: une madone au "lait"(madone allaitante) c'est assez rare dans la pudibonderie moyen-âgeuse(encore que certains sculpteurs médiévaux étaient de vrais coquins...) une madone qui montre ses seins...

Autre plaisanterie artistique, dirait Dom du Vefistan: l'enfer de Ghirlandaio:

on y voit des moines grillés en enfer avec des moniales délurées(eglise saint Augustin) tous les vices et les péchés des hommes et des femmes du temps y sont représentés de facon allégorique( comme à Sienne comme on verra plus loin) et comble du comble dans le domaine de la coquinerie moyenageuse: la chambre du Podestat, au Palazzo Publico, où l'on voit, a fresco, (1280) dans la chambre du gouverneur, sur les murs et les plafonds, le lent cheminement qui mène de la séduction dans les jardins du seigneur à sa baignoire, que l'on partage (toujours en I280) et puis au lit du seigneur(sans baldaquin ni chaufferette). Je ne vous parlerai pas de la Grande Maesta de Lippo Memmi, sinon Dom dirait encore à Frédérique qu'elle n'y comprend rien...

Demain on attaque SIENNE, un grand moment de l'histoire médiévale...

P.S pour les cinglés d'histoire de l'art dont je fais partie, à signaler toujours à san giminiano, une salle du palazzo publico où, dans la même salle, celle de la célèbre Maesta, on peut découvrir le passage de l'art byzantin à l'art roman sur deux crucifixions monumentales (1280-1290), puis le passage de l'art roman à l'art gothique (sur deux maestas) ce paragraphe n'est pas destiné aux lecteurs shootés à la vie drôle... 3 chefs-d'oeuvre:au musée d'art sacré: une madone à la rose de Bartolomeo di Fredi de RISEN, un christ en bois polychrome du XVII ième siècle, un incunable antiphonaire(aie, aie, aie...Dom...) de Nicolas de Sorro de 1430

à bientôt, tomas, continue tes récits qui nous font rêver
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
WA Wapiti74 Veteran ·
... sinon Dom dirait encore à Frédérique qu'elle n'y comprend rien...

à moins que ce ne soit l'inverse ! 😛

Allez, t'inquiète, continue ton bonhomme de chemin, frère pélerin, continue ton carnet, sans trop t'inquiéter de nos états d'âmes d'incultivées avérées qui s'assument pleinement. D'autres trouveraient certainement beaucoup plus de plaisir à ce que tu développes les découvertes, surprises et autres déliciosetés rencontrées au cours de tes errances de fêlé d'art et cinglé d'histoire de l'art. (si ! si ! je suis persuadée qu'il y en a dans ton public véfistanais !)
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
AR Arrawak Globetrotter ·
heureusement, durant le voyage, l'hôtesse Française s'occupait de nous faire imprimer un journal d'informations. Ainsi avons-nous su que 10 bateaux avaient été piratés, la semaine de notre passage au large de la Somalie. Les hélicoptères de surveillance ont survolé le Queen V, mais c'était assez impressionnant. Plus impressionnantes encore les infos sur les tremblements de terre en Italie, j'ai demandé à La Cunard, pourquoi elle avait fait une collecte de dons pour les incendies en Australie, et avait oublié l'Italie. Nous n'avions aucune infos Françaises télé, même pas TV5 Monde, durant 3mois et 20 jours, celà nous a manqué. Je vois que tu voyages et marche pas mal, tiens, j'ai fait l'acquisition au Mexique d'une paire de chaussures en cuir, bien aérées, artisanat local, sans importation de Chine, qui t'irait à ravir.

Alors!!! Glatch n'a pas encore trouvé un nouveau pseudo !!!! çà viendra, de toute façon, quoiqu'elle choisisse, on reconnaitra son style inimitable.

Donc, si elle a des ennemis ici, hou là là !! on va recommencer la collaboration dénonciatrice. Bon, j'arrête sinon, c'est moi qui vais me retrouver à la porte. Franchement cela serait dommage, j'ai encore tant de choses à raconter............

je te fais faire un petit tour à Nagasaki, la statue montre d'une main la bombe, et de l'autre la paix. Le reste sont des vues du jardin, qui a été détruit, et les ruines sont celles de la prison. Avec la Corée du Sud, les chantiers navals construisent par centaines de bateaux de croisière transatlantiques. Bonne lecture
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Elles s'amusaient bien les bacchanales !!!!

Oui, bien sur un tour chez Michel régal avec un chili

çà me rappelle le Mexique.

Très instructif ton récit, et amusant tout de même.

A bientôt
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
bonjour sandrine, l'ibérique au long cours,

voilà les renseignements que j'ai glanés le long du parcours auprès des autorités officielles: "les offices de tourisme italiens" qui souvent n'en peuvent mais...

de monteriggiori à siena : le "sigeric's itinerary"

il semblerait qu'à partir de Monteriggiori, la via francigena, financée par les crédits de la CEE, prenne enfin une véritable dimension: un gîte "de type espagnol", une exposition sur le projet, des dépliants enfin explicites, permettent aux pélerins-randonneurs de ne plus être la cible des automobilistes italiens, méditerranéens au possible...

Le dépliant, diffusé dans les offices de tourisme, s'intitule "sigeric's itinerary". Le site www.viafrancigena.eu

Il faut dire que les italiens, contrairement aux espagnols et aux francais (cocorico)(brekekekeks en grec)(cocklecockledo en anglais) sont très en retard sur la mise en valeur de cet itinéraire trans-européen(de Cantorbery à Rome) les fléchages, les orientations, les informations parcellaires glanées dans les provincia nécessitent un travail permanent(si vous ne suivez pas l'itinéraire ratzinger de nonnes en frères, de couvents en abbayes)

Aucune carte IGN, malgré des cartes italiennes au 1/200.000. Ou alors une revue sur papier glacé: "Via francigena" dont le dernier numéro date de décembre 2007, éditée chez GUIDOTI, www.guidottistudio.it

Pour les lecteurs qui se shootent à la vie drôle, certains randonneurs visitant les sites sacrés, oublient de quitter leur short de basket, édition I957-1958, avec fentes sur le côté et apercu sur le devant et l'arrière du sportif au "plus haut niveau"...

c'est ce qui avait du arriver à un sportif batave ou teuton, ébloui par les fresques de Ghirlandaio dans la basilique saint augustin de san geronimo:

une brave soeur avait noué autour de sa taille "impudique", à 10 cm de ses splendides adidas de compétition, un "perizonium" (c'est pour Dom et pour Fred...) perizonium malheureusement transparent, qui ne cachait rien de sa nudité. Pour moi, ca n'était pas un problème, cette église est pourrie de fresques de l'hermaphrodite san sebastiano et de madones allaitantes, toutes aussi impudiques...

le chemin des anglais m'interesse...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
hello, Fred,

* moi non plus, je ne comprend pas toujours tes allusions à un "public vefistanais"...

De Siena à Ponte d'arbia: où la via aurelia a pris le nom de FI-PI-LI (Firenza-Piza--Livourno)

il faut que je m'attarde un peu sur Sienne, point d'orgue de ce voyage au long cours. Deuxième monastère d'accueil: Santa Catarina(propre et fonctionnel avec vue sur le duomo et le palazzo publico: un luxe que les franciscains vous font payer cher(le prix d'un trois étoiles en France) mais quand on aime, on ne compte pas, aurait déclaré une certaine diariste dans son dernier opus : "à la recherche du glacon perdu..."

Ce monastère a l'avantage d'être au coeur de la ville historique, sur le plus vieux lavoir et la plus vieille fontaine de la ville(I246) encore en activité...

Deuxième "vierge au lait": vierge allaitante d'Ambroggio Lorenzetti: l'enfant Jesus, bien gras, comme ils savaient les faire à cette époque, regarde le spectateur avec un regard complice...

Je me m'attarderai pas sur les deux jours qu'il faut au moins passer à Sienne, je vous renvoie aux deux excellents ouvrages de Piero TORRETI et de Christina SIRIGATTI intitulés "SIENNE", débauches de couleurs, d'images et de photos de chefs d'oeuvre.

Pour les shootés à la vie drôle, les cris incessants des écoliers italiens pour qui l'histoire de l'art est enseignée au berceau, l'apreté au gain des commercants siennois, marqués par trop de touristes, qui font semblant d'avaoir des difficultés à faire marcher leur "cassetta" ( terminal de carte bleue) tant les italiens adorent le "cash", le coucher de soleil... dans ce cas, le crépuscule sur la torre maggia, piazza del campo, en dégustant un "vino santo e cantuccini" (vieille recette de grappa de chianti où l'on trempe avec délice des gâteaux secs parfumés aux amandes.

Pour la bibliothèque du couvent électronique : trois beaux livres sélectionnés:

"Une enquête amoureuse " d'Hélène RISSER chez Lattès "Les amoureuses, voyage au bout de la féminité" de clotilde LEGUIL, au Seuil "Guise des amours pluriels.pour une écologie amoureuse" de Francoise Simpère chez Pocket

Demain, Rome n'est plus qu'à deux cents kilomètres...

si ! si ! je suis persuadée qu'il y en a dans ton public véfistanais !
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
arrawak, mon fidèle compagnon de route,

encore une page, bien que j'attende les tiennes de ce "world tour" qui nous a tant fait rêver...on t'imaginait sur tes paquebots de luxe, pendant notre long hiver occidental, tu filais dans l'hémisphère sud nous abandonnant lâchement... Il n'y a que Michel pour connaître vraiment la réalité de tes croisières au long cours... pour toi, des impressions de voyage bien plus modestes que les tiennes..

Impressions de voyages : cyclistes allemands en Toscane :

D’autres impressions de voyage : le contraste frappant entre le calme et la douceur de vivre des collines siennoises, léchées par le travail des hommes, et la violence et la folie des mêmes hommes-automobilistes… Sur les petites routes de campagne et à l’approche des agglomérations.

La folie des hommes à dénaturer par des rocades, des autoroutes inutiles et des voies ferroviaires ce pays béni des dieux…

Heureusement, les automobilistes bataves ou teutons restent paisibles, même s’ils sont nombreux à cette époque de l’année, un conseil au randonneur : « il est suicidaire, en Italie, de prendre la moindre route : les bas-cotés ne sont généralement pas aménagés, les herbes hautes au printemps frôlent le goudron, quand ce n’est pas « l’automobiliste-enragé » qui frôle le piéton…

Je parlais à l’instant de bataves, de teutons, de camping-caristes, ces trois espèces fréquentent assidument les sites obligés, le plaisir pour les gens shootés à la vie drôle est de les regarder évoluer, soit à la terrasse d’un « enoteca » (bar à vins) soit dans les différents offices de tourisme fréquentés.

Chaque « espèce » a ses propres rites et ses propres comportements :

Les « burberries allemands », amateurs de tourisme de luxe, dit « tourisme culturel »(cf le catalogue du loisir culturel : « intermèdes »), habillés chez CELINE ou TRUSSARDI, chics et bien lavés,

Les faux randonneurs, où l’homme et la femme ont acheté la veille le même déguisement de marcheur chez Decathlon ou Go.sport : on les reconnaît à la fraicheur de leur adidas,

Les vrais randonneurs : on les reconnaît aux tongs usagées après cinq heures du soir et au sac en plastique de leurs victuailles du lendemain qu’ils tiennent à la main gauche(mollets souvent enflés et cales osseux autour des chevilles)

Les marcheurs chics : habillés chez Patagonia

Mais l’espèce la plus curieuse est l’allemand en groupe mixte faisant la Toscane et l’Ombrie en vélo (je laisse la description de cette catégorie à une autre page de ce carnet…) de l’étrange venu d’ailleurs, limite « grand comique » pour le modeste pèlerin que je suis…

"très instructif ton récit, et amusant tout de même...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉tu as raison, j'ai autrefois sillonné l'Italie, à l'époque en Camping-car, et au cours de promenades, à Vésuvio, j'ai pu constater l'état de saleté sur les bords de route, surtout les papiers et sacs plastiques. Pas encie de pique -niquer dans la prairie..............!!!!!!!!!!!!!! Eh bien Kusadasi en Turquie, je lui donnerai le premier prix de la propreté, et aussi de l'amabilité des commerçants. De nombreuses boutiques de souvenirs et d'achats en tous genres, on peut marchander. Agréable petite ville touristique avec un port où viennent accoster les paquebots de croisières et autres.

Photos ci jointes. La porte est celle de l'ancienne prison convertie en hôtel. A bientôt fidèle ami
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
GI Giorgio13 Globetrotter ·
malgré l'hécatombe de pietons aux bords des routes siennoises ( combien au fait ?), la mortalité routière en italie est plus basse qu'en france, et la toscane fait partie des régions les plus sages en la matière malgré la beauté des paysages, l'industrialisation de la province de sienne et ses 3% de chomeurs peut faire palir d'envie la plupart des département français, et celle de la toscane et ces 4% de chomeurs, la plupart des régions françaises ; d'où l'utilité des autoroutes
TO Tomas3 Veteran ·
Ciao, Giorgio,

je ne veux pas débattre de l'utilité des autoroutes italiennes, mais tu avoueras que le tracé de certaines nationales ou départementales procède plus du résultat de négociations entre riverains que d'une véritable rationalité( particulièrement entre san miniato et san geronimo...)

je dois reconnaître à nos cousins italiens tant de qualités qu'ils me permettent de leur reconnaître une certaine nervosité au volant, voire même un certain comportement "machiste"(grosses cylindrées, etc..) dans l'art du dépassement, sans vouloir les froisser.

et pour te faire oublier mes peurs sur le bas-côté italien(tu reconnaîtras que le mot "cantonnier"semble avoir disparu des pratiques d'entretien des petites routes) je te dédie cette page gastronomique italienne.

Page gastronomique italienne :

On ne saurait marcher en Italie sans reconnaître la qualité de la gastronomie du pays de Dante : la moindre enoteca tient à disposition des randonneurs, outre les restricto, longo ou capuccino rituels, une gamme de produits culinaires de très grande qualité, qui ne ressemblent en rien aux produits francais, souvent standardisés et industrialisés…heureux italiens.

D’ailleurs, ce sont eux qui ont inventé le concept de « cuisine slow-food »…

Ne pas hésiter à se poser le long de la route dans une macelleria(boucherie-charcuterie) on vous débite, selon votre goût, quatre tranches de san daniele à déguster sur le pouce, ou des tranches de saucisson qui valent tous les jesus lyonnais…

Toujours sur la route, les penne al arabiata(de gros macaronis à la tomate) ou des penne al pesto (macaronis au basilic et à l’huile d’olive) vous permettent d’ajouter quelques kilomètres au compteur…

On trouve des tapas italiennes sous le nom d’antipasti, les bruscette par exemple, elles permettent de surseoir au restaurant, avec cette saveur inimitable de tomates et d’huile d’olive : n’hésitez pas à les couper avec un « vino rosso » de la maison, il est toujours de grande qualité.

Le soir, au restaurant, vous pouvez même vous risquer à commander un « lapin sauté chasseur » : les italiens adorent les viandes en sauce, accompagnées de tomates longuement marinées…

Vous terminez par une pannacota amore mio, vanille et fruits rouges, une pannacotta à la crème de lait et à la mangue, , une panna cotta orgeat-cerise, ou une panna cotta citron vert et framboise : ce sont des délices de pécheurs (3 pénitences et un je vous salue marie)…

Après cela, vous êtes prêt à cheminer deux heures dans n’importe quelle pinacothèque siennoise et vous éviterez ce fâcheux syndrome de Stendhal, tant redouté…(cf. voir plus loin)

N’oubliez pas de terminer votre soirée avant d’aller dormir, par cette curieuse coutume patissière, le vino santo e cantuccini.(recette en mp)

de l'utilité des autoroutes italiennes...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
GI Giorgio13 Globetrotter ·
non je n'avoue rien du tout, sauf qu'encore ce samedi 2 pietons ont été tués en saone et loire par un chauffard ivre viens faire un tour dans les alpes de haute provence pour comparer les routes secondaires par rapport à celles de la province de sienne, d'autant que ça te permettra de faire la via domitia, avec de superbes tronçons pavés et des ponts complétement inexploités au point de vue touristique la gastronomie toscane, je connais, manque quand même l'antipasto typique constitué par les crostini toscani quand on mange un antipasto, car le plus souvent les repas sont constitué d'un primo et d'un secondo), le papardell au lievre ou au sanglier, la bistacca, la scottiglia, le tegamaccio et dans les poissons le cacciuco (liste non exhaustive )
TO Tomas3 Veteran ·
Page deux patissière sur la gastronomie italienne :

Mon bon giorgio, puisque tu me provoques dans un domaine qui me vaut les plus grandes pénitences et les plus grandes rechutes, la gourmandise italienne, il faut que je t’avoue que depuis mon entrée en Italie, je suis désormais » addict » à la panna cotta.

« petite crème cuite, simple fraiche et légère, tout en étant plus consistante que le flan, réalisée traditionnellement à partir de crème liquide, souvent sagement parfumée à la vanille et très souvent parfumée de fruits rouges…

A deux ans de l’anniversaire de Nicolas S, 40 ans après la création de la fraise Tagada, entre deux saintes Hohen(saintes souabes) je te ramène d’Italie les nouvelles « panna cotta » : en voilà une liste non exhaustive (lecteurs gourmands à vos fourneaux…) la panna cotta amore moi, vanille et fruits rouges( la traditionnelle) la panna cotta à la crème de lait et à la mangue, (conviendrait à Timouss) douceur de panna cotta aux fraises, (pour Dolma) panna cotta orgeat cerise… (pour Bouli54) panna cotta citron vert et framboise( ma préférée) panna cotta, citron et orange, (celle de Martinenego) panna cotta à l’amande et aux fruits, (pour Yogito) panna cotta aux noix, coulis de chocolat praliné, (pour Campora) panna cotta colombienne, expresso et speculos(pour Gitanita) panna cotta aux deux figues (pour arrawak) panna cotta bailey’s mascarpone et fèves de cacao (celle d’anima52) panna cotta pralinée aux pommes tatin (celle de raymond3) panna cotta aux marrons, cioccolato al latte et panettone (conviendrait à Fred la savoyarde) panna cotta chocolat blanc, amaretti et sauce cappucino (pour Dom la grenobloise) panna cotta crumble coco, café, chocolat et caramel ( ma seconde préférée) panna cotta abra carambar ( pour amatrice de fraise tagada) panna cotta au nutella ( pour notre regrettée agathe) panna cotta rose bonbon de miss tagada ( toujours pour Dom qui appréciera) panna cotta au pain d’épices ( pour zebulette) panna cotta dulce de leche et nougatine ( pour Michèle de raymond3) panna cotta cacao-gingembre au coulis d’abricots ( ma troisième préférée) panna cotta amaretto et noix de coco (pour Mamina sans rancune) panna cotta yourt et miel, coulis d’ananas, ( pour Clea) panna cotta jasmin-macaron ( pour Manu l’ibère) panna cotta sirop d’érable et muffins à la cacahuète (celle d’Odile42) panna cotta made in india, granité passion ( pour ma chérie) panna cotta au thé et à la menthe (pour Farida) baklava cotta ( pour Beatrices)….

A consommer avec modération, à moins de brûler plus de 3500 calories par jour…

les crostini toscani, la bistacca, la scottiglia, le tegamicio et le caccinco...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
GI Giorgio13 Globetrotter ·
le drame des touristes étrangers en italie qui s'interessent à la gastronomie, c'est qu'ils cherchent à retrouver les quelques plats basiques qu'on connait hors d'italie ; au contraire, il faut aller dans les restos où on ne comprend rien à la carte ; mieux encore s'il n'y a pas de carte du tout à l'extérieur, on est sur d'avoir affaire à un resto pour locaux initiés qui viennnent parcequ'ils savent qu'on y mange bien un repas toscan ça va etre par exemple: crostini toscani/ papardelle sull'anatra /scottiglia a l'aretine /castagnaccio
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, cléa,

puisque tu suis mes aventures "pas à pas", je t'envoie cette page du type "aventures marche d'escalier à marche d'escalier"...le tourisme culturel n'est parfois pas de tout repos, outre les courbatures de muscles non sollicités habituellement, tu risques d'attraper des courbatures au cerveau, du type S1-S1, comme tu vas le découvrir dans les lignes qui suivent, si tu cumules les facteurs aggravants...

Siena : les symptômes du virus S1-S1 (syndrome de Stendhal)

Depuis le temps que je redoute ce fameux virus(rien à voir avec le H1-N1 dite grippe du porc ou le syndrôme H1-H2 beaucoup plus redoutable et contacté l’an dernier dans une capitale européenne), j’ai voulu décrire les facteurs déclenchant de cette horrible détresse psychologique( d’ailleurs très bien relatée sur Wikipedia) en composant un bilan drôle en matière de découvertes en Toscane : Voilà ce que la donne : Siena :7 vierges allaitantes, -3 maestas, -2 fontaines médiévales, -1 beffroi de 90 mètres de haut (torre maggia) - 1 pizzeria infecte, - 1 resto coup de cœur répété deux fois, - 1 enotica, façon musée gastronomique, - 1 spaten sur la piazza de campo, - 4 orages, - 20 coups de tonnerre, - de 12 à 16 degrés en avril, - les cafés de chez NANINNI, - 4 musées, - 1 crypte, - 1 baptistère, - 2 monastères, - 4 églises visitées, - 1 oratoire, - 1 lieu de pèlerinage (sainte catherine de Sienne) - 10 annonciations, - 75 crucifixions, - 202 fresques, - 350 gypsi (statues) - 2300 scolaires italiens en classes d’art, - 50 cars de seniors en voyages offerts par leur caisse de retraite, - 300 japonais faisant l’Europe en cinq jours, - 2 banques internationales italiennes datant de 1450, (la crise ne date pas d’aujourd’hui…) - 55.000 habitants très occupés, - la circulation interdite réglementairement dans le centre historique mais librement pratiquée, - des policiers sortis de « Tintin au Congo » - des dons du sang du « misericordio » organisés pour les victimes du tremblement de terre des abruzzes, - 23350 marches montées et descendues, - des franciscains âpres au gain, - une cuisine toscane préparée par des sénégalais, des pakistanais, des sud-américains… - des italiens élégants, - des italiennes déguisées en « madones » ou en « courtisanes », c’est selon… - des serveurs empressés et confiants, - des commercants riches et durs à la tâche, - des serveuses polyglottes, - s’habiller en hiver au printemps, - prévoir 3 couches de vêtements : hiver : le matin, été : le midi, automne : l’après-midi…

vous brassez tout çà, vous remuez vos muscles courbatus, vous luttez contre les belles images enregistrées, et sur un « vino santo », vous ajoutez deux eferalgans… il est temps de reprendre la route…

bon courage pour la Toscane, je suis tes aventures pas à pas...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
GI Giorgio13 Globetrotter ·
pizzeria infecte en toscane c'est presqu'un pléonasme ; la pizza était inconnue au nord de rome ( on rome on a adapté la pizza napolitaine à pate épaisse et peu d'ingrédients en un plat plus riche à pate fine et plus d'ingrédients ) jusqu'à ce que les soldats américains, à la fin de la 2e guerre mondiale, la répandent au fur et à mesure de leur remontée vers le nord ; de nos jours l'italie est le pays occidental où on mange le moins de pizza : on en mange 2 fois plus en france, chiffres de la très sérieuse "tribune " ; tous mes parents et amis italiens qui ont mangé une pizza à marseille disent qu'ils n'en mangeront plus en italie ; en gros, manger une pizza en tosane, c'est comme manger une bouillabaisse à strasbourg ou des crèpes à castelnaudary précision sur la circulation dans le centre : elle n'est pas interdite, elle est réservée à ceux qui résident dans le périmètre réglementé (ZTL ); c'est une mesure généralisée dans toutes les villes italiennes, grandes, moyennes et souvent petites
DO Dolma Globetrotter ·
Il est amusant ce post : d'un côté nous avons la version doucement délirante, parfois délicieusement poétique et toujours très recherchée de Tomas3 et de l'autre la version "je remets les pendules à l'heure" de giorgio13...

Une longue marche bien apaisante (surtout pour moi qui ne fait que lire)...

Merci à vous 2

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
GI Giorgio13 Globetrotter ·
disons chacun son domaine ; thomas est très fort en histoire et en monuments historiques, moi mon domaine c'est la géographie, l'économie et la connaissance de l'italie hors tourisme pour en revenir aux pizza, privilège de l'age, quand j'étais enfant mais suffisemment grand pour comprendre, disons vers 1960, dans le village toscan ou j'ai une part de mes origines, personne n'avait jamais mangé de pizza l'équivalent là bas, c'était les fugaccine : on fait une pate avec de la farine de maîs, sans levure on la verse dans un objet type sous vase de pot de fleur mais en fonte, on met la pâte, on recouvre d'un second objet identique, on met dans le feu de la cheminée, et on fait cuire ; ensuite on ouvre le met obtenu en 2 et on le farcit de charcuterie ou de fromage les fugaccine n'ont pas eu le destin de la pizza, les gens de là-bas se les gardent pour eux, les jeunes ne veulent plus de cheminée dans la maison, et les fugaccine sont vouées à disparaitre
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, Dolma,

une poétesse au pays de Dante Alighieri, ca ne me choque pas. Merci pour tes appréciations flatteuses, mais pour remettre les pendules à l'heure de mes attachants lecteurs, je suis rentré le 10 mai 2009 de mon long périple de printemps, ce que vous lisez au jour le jour, c'est la prose du voyageur écrite et jetée plutôt chaque jour sur un cahier d'écolier, de marque le conquérant, 96 pages, grands carreaux de 56 g....

certes, j'ai utilisé le net, il faut le reconnaître, mais tous les couvents ne sont pas encore sur le net, encore que quand tu liras le billet ci-dessous, tu auras des doutes...

Le couvent de santa catarina et la vie enluminée de sainte catherine :

Le titre de cette page ne va pas plaire à Dom qui va le trouver « barbant », mais on ne peut pas faire abstraction du culte des saints et de Marie en Toscane, sinon autant parler du jambon des abruzzes et de prosciuto… Au couvent de santa catarina, tenu par des franciscains, mon troisième couvent, hypermoderne et fonctionnel, il y a une salle Internet où l’accès est gratuit pendant la première demi-heure. Pas vraiment branché sur le fonctionnement de ces étranges lucarnes, j’ai fait appel à une jeune novice chargée de l’accueil des pélerins-randonneurs, pour qu’elle m’installe derrière mon écran.

Un clone d’Elisabeth Salander, le hacker de Millenium, avec un sourire qui illuminait son visage, des cheveux bruns très courts sur la nuque (j’ai pensé au dernier opus de Patrice LECOMTE : « je n’aime que les femmes aux cheveux courts) et bavarde comme seule une moniale peut l’être.

Après que l’on ait échangé sur Internet et sur Google, je lui ai posé « sournoisement »quelques questions d’ordre général et puis, la conversation aidant, me suis enquis de savoir pourquoi une jeune fille si jeune et si vive avait décidé de consacrer sa vie à santa catarina…

Elle m’a raconté une très belle histoire que je me permets de vous rapporter :

De formation journalistique, elle s’était passionnée pour un domaine étrange : « l’élaboration des couleurs et des pigments des peintres au XIIième et XIIIième siécle, » couleurs encore si belles aujourd’hui.

De journaliste, elle était devenue une spécialiste des « couleurs » : la fréquentation des œuvres aidant, elle avait choisi de poursuivre ses recherches au couvent de santa catarina.

Elle était sur le point de publier un magnifique ouvrage dont elle me montra les maquettes : « la vie enluminée de santa catarina » (aux Editions Moleinaros à Barcelone)

pour ce faire, elle travaillait, me dit-elle, avec un moine réputé d’un couvent de Reggio Emilia(à 100 kms de Siena) spécialiste mondial de l’enluminure moderne.

Elle me confia que pour l’élaboration de leur ouvrage, en huit mois, ils avaient échangé pas moins de 24 sms par jour et plus de 900 mails…ca avait coûté des sommes folles à l’intendante du couvent.

La révérende-mère s’en était émue et l’avait rappelée à la raison.

Don Floriano, me dit-elle, avait déjà publié plusieurs ouvrages chez Moleinaros, éditeur lui aussi réputé, tous d’enluminures toutes plus belles les unes que les autres où il reprenait de façon moderne la vie des saints et de sainte catherine.

La petite nonne m’a confié qu’elle avait trouvé avec lui, dans leurs échanges, l’exaltation mystique que le couvent ne lui apportait pas, entre les frères convers et les révérendes mères.

Seul Don Floriano était ce saint esprit qui apaisait la jeune moniale : elle allait souvent au couvent de Reggio Emilia pour corriger les épreuves de leur ouvrage commun : ses conseils, ses observations sur le choix des teintures et des couleurs, des pigments et des composants, étaient vivement appréciés…

De ces virées au couvent de « proximité », elle revenait apaisée avant l’heure de la fermeture, les révérendes-mères et les frères-convers n’y voyaient que du feu.

Cette belle histoire de couleurs et d’enluminures fait partie des clins d’œil de ce voyage…j’aurai peut-être l’occasion de vous reparler de cette petite nonne insomniaque…

il est amusant ce post, d'un côté nous avons la version doucement délirante, parfois délicieusement poétique, toujours très recherchée de tomas3, et de l'autre la version "je remets les pendules à l'heure" de Giorgio13
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Mon bon Georgio,

Celui qui remet les pendules à l’heure gastronomique…et dans les centres historiques(je ne suis pas d’accord…) mais qui mérite, par son goût et ses connaissances approfondies géographiques surtout d’être doté de cet incipit anglais tiré du site via.francigena.eu :

L’information sur le parcours en Italie :

The european association of via francigena (ou chemin des anglais) web portal is a technologicaly advanced multifonction instrument which, starting from the definition of historical road (but they are for historical roads) can supply updated and complete information about the main events in each area, thanks the system editing implemented by each municipalities.

The web sit features a wide range of informations on the areas of member municipalities and institutions on such topics as history, orography, landscape, cultural assets, traditions, local products and food and wine specialities, accommodation facilities, services, events, news?;; and so on…

A GIS technology based web map system is implemented for a dynamic display of maps. As a result, customised itinaries (itinerarie can be drawn and displayed on the map)

The principal itinerary of vis francigena through Europe is being outlined and mapped. The association has been joined by the city council of Canterbury, where the Km-Zero is located, but it’s a choice, and your servitor has chose Arles, what has been choosed by compostelle-paca-corse.info/hebergement/resources/Schema_PACA.gif

Of course, un tel équipement nécessite d’être relié en permanence au net par un net-book perso, ce qui n’a pas été mon choix…

Le choix, c’est le Net dans les hotels et certains monastères…

moi, mon domaine, c'est la géographie
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
GI Giorgio13 Globetrotter ·
les sites anglais sont interessants pour visiter et connaitre l'angleterre ; je préfère les sites italiens pour l'italie, français pour la france, etc ...avoir de nombreux parents et amis italiens chez qui aller manger, et aller dans les restos où on ne voit jamais aucun étranger permet également une qualification gastronomique supérieure à la lecture d'un site anglais je n'ai pas très bien compris le point de désaccord sur les centres historiques ?
TO Tomas3 Veteran ·
Ciao, georgio,

tu peux parler d'accès par les résidents aux centres historiques, d'accord, mais avec les nouvelles plaques européennes qu'ont déjà adoptées nos cousins, il est évident qu'il y a pas mal d'italiens d'autres provincia qui tentent d'accéder aux centres historiques...si, si, je te jure, je l'ai constaté...tu en penses ce que tu veux...

on continue ce viaggio toscan avec des parisiens métis ? je t'ai annexé une photo gastronomique dans un post plus haut pour compléter en couleur nos échanges gourmands...

Parisiens heureux en Toscane comme Dieu en France :

Ce sont les rencontres qui font le piment du voyage :

Arrivant à San G. un petit village toscan perché sur sa colline médiévale et traînant mon sac au marché du jour pour sentir l’ambiance du lieu : couleurs, odeurs, vociférations des marchands, et puis cette façon étrange qu’ont les italiens de « crier » la moindre parole(un peu comme les espagnols) (comme si leur interlocuteur était sourd…)

J’ai engagé la conversation avec une française à veste de lin qui marchandait des savons à lavande comme on sait si bien le faire en Luberon… Look hésitant entre le VIIIième et le XVIième arrondissement, elle n’avait a priori que des signes extérieurs très loin de mes Merrell usées et de mon sac Earth World qui lui faisaient face…

L’échange se poursuivant, elle m’offre un restricto, plutôt longo à l’enoteca du village, avec des amoretti encore plus parfumés qu’à san Miniato.

Et puis voilà qu’elle m’invite à la suivre dans les ruelles étroites du village médiéval pour un apéritif dans un lieu étrange :

Vous suivez des ruelles de plus en plus étroites, où même un âne aurait du mal à passer, vous franchissez un couloir long et sombre, au 24 de la rue San Gregorio, vous vous attendez à trouver un studio ou un appentis renaissance dans le goût du quartier et vous pénétrez dans l’arrière d’une grande villa à terrasse sur panorama de carte postale toscane…

Elle partage cette villa avec son compagnon de 84 ans, de vingt ans plus âgé qu’elle, un homme charmant et plein d’humour, qui n’hésite pas à ouvrir une bouteille de champagne en l’honneur du randonneur…

Parisiens tous les deux, ils vivent I5 jours par mois à San G., I5 jours avenue des Sablons, Paris, XVIième….

Où l’on rencontre à l’improviste des parisiens heureux qui ont conscience d’avoir déjà gagné le paradis…(Joke)

je n'ai pas compris le problème sur les centres historiques...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
bonjour, Martine,

dans la page que tu vas lire, j'ai oublié les deux poulets-bio que tu as faits rôtir avec amour, les cubis de vin du var, le plateau de fromages, les confits d'écorces d'oranges amères de Madame de Montmartain(ain, elle y tient) l'ambiance de la belle brocante de ton village où l'on achte des chemisiers camieu à une belle anglaise pour 75 centimes d'euros, et surtout le magnifique hyppopotame tanzanien que je t'ai offert et dont tu ne sais que faire... tu sais que je reviendrai à Montauroux...

Une table de 27 sur la via francigena :

Randonner, c’est aussi être 27 autour d’une table improvisée : le 4 mai, elle m’a envoyé un texto : « promis qu’à ton retour, tu passes par le bled…il y a une vide-grenier-brocante : il ne faut pas le manquer… » je lui répondu : « OK, promis » Elle a rameuté ses copains et copines : « j’ai accueilli une espèce rare de marcheur au long cours, il faut que vous veniez voir la curiosité… » Au cœur d’un Estérel qui ressemble à la Toscane avec ses brumes légères en fond de vallon et les crêtes molles des monts Tanneron, sur fond de mer-azur…(attention, ce n’est pas une dictée à la Pondy…)

Dans un village perché entre Faience et Callian, aux mêmes ruelles médiévales qu’à saint géminiano, avec une église dédiée à saint Barthelemy et une statue noircie de sainte RITA(ma sainte préférée…) elle a organisé une grande tablée de ses amis-voyageurs.

Il y a Beth, tapissière-matelote, ronde et charmante, Nicole, capitaine au long cours de grands yatchs de l’Est, bodybuildée et ridée par les embruns, Carole, rentière de la Côte, Vincent, François, Paul et les autres…

Ils ont tous un point commun : ils ont navigué sur toutes les mers du globe et particulièrement dans les Caraîbes.

Ils sont venus vor un étrange voyageur qui navigue sur « terre ferme » : alors ils m’interrogent sur mes « amers », mes ports, mes courses entre deux villages.

Ils ont l’impression d’avoir affaire à une curiosité, alors que je leur raconte tout bêtement que je suis venu perdre mes kilogs superflus dus à un hiver trop long, que les soirées-télé sont une petite mort pour moi et que j’adore leurs bouilles de rencontres improvisées…

Il y a jusqu’ à Douglas, un vieil original, qui s’emmerde à retaper une improbable camionnette pour la transformer en camping-car, qui dort dans sa voiture quand il fait le tour de la Sardaigne et qui s’étonne de ne rencontrer personne sur ses routes dans des pays où il ne parle pas la langue et qui revient plus tôt que prévu…

Il y a Raymond et Josette qui se félicitent des 2, 5m de long de plus de leur nouveau camping-car et qui vont partir bientôt à la rencontre de nouveaux camping-caristes…

Il y a Patricia, actrice sur le retour, nostalgique de sa beauté d’antan et qui roucoule comme une midinette, et la petite frenchie qui n’en revient pas d’avoir épousé un riche américain et qui veut nous persuader de son statut et de la longueur de sa piscine, enfin, il y a surtout des gens qui s’ennuient dans une des plus belles régions de France et qui rêvent de voyages devant la télé en regardant Pékin-express…

Quand je leur dis que demain je rentre chez moi, pour des horaires réguliers, une vie stable et rangée, un journal à déplier le matin, un livre à découvrir, un film à voir dans la journée, des amis et des terrasses de bistrot à partager, ils sont décus : ils étaient venus rêver de rêves improbables, de caricatures de « grands voyageurs », de muscles d’acier, de fifi brindacier…

Ils regagneront ce soir leur écran plat de 250 cm, rêveront de Californie sur la Corniche de l’Estérel, d’autres ouvriront leur PC et iront voyager sur VF…

il faut savoir changer de route pour croquer quelques bons moments...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Pour le vin du Var, il y a le vin fou de Pierrefeu, excellent rosé. A Pierrefeu, tu as aussi un asile psychiatrique, mais ceci est un autre sujet. Je regrette que les journées ne fassent pas 72 heures au lieu de 24, ce qui me permettrait de tout lire pour ce délicieux parcours dont tu nous régales en détails. Mais, déjà pas mal occupé par mon carnet, je me réserve cet hiver quand je serai au coin du feu et de l'ordi, la lecture complète de tes récits. Bon, tu as mérité quelques photos de Jordanie en récompense. Dorénavant je distribuerai des bons points, comme pour les Quizz durant mon TDM.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
GI Giorgio13 Globetrotter ·
la ztl n'a rien à voir avec les immondes nouvelles plaques, qui sévissent en italie depuis 1993 ; pour entrer en ztl il faut etre résident de la zone ( pas de la commune, ni de la province ), ou venir y travailler pour certaines professions ( medecins par exemple ) ou etre handicapé habitant de la commune hors ztl ; les ayants droit doivent etre enregistré avec leur numero de plaque et ont un macaron sur le pare brise ; l'entrée de ztl est surveillée par des cameras, qui, comme les radars fixes, envoient automatiquement un PV aux contrevenants ; il y a sur ce forum une discussion sur les mésaventures de ceux qui sont entrés dans les ztl, sot par distraction, soit en pensant qu'en italie on peut faire n'importe quoi
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, arrawak,

"c'est pas parce qu'un steward est encore en ligne que son contrat a forcément été renouvelé au sol" (règlement interne d'Air-Galère, qui depuis le 20 avril, n'assure plus de liaisons extérieures) c'est tout ce que je peux répondre à tes interrogations, mais tu sais que notre ami commun nous a habitué à d'autres ruptures de lignes, qu'elles soient intérieures ou extérieures... c'est le propre de l'économie de "marché"... mais revenons à notre chère Toscane...

News in italia :

Le Nouvel Observateur publie un hors série MAI-JUIN sur le « génie de l’Italie » racontée par dix écrivains : superbe et talentueux… Savez-vous qu’on trouve la presse étrangère et LE MONDE dans le plus petit village de TOSCANE ? Les libraires sont désolés quand leur stock est épuisé… Mais un excès de « MONDE » tue le bonheur d’être à l’étranger. Même si le REPUBLICA, le NAZIONALE font parfois dans la presse « caniveau » avec le baiser de Carla B. et d’une princesse espagnole lors d’un voyage officiel, la presse italienne est plus sympa que « LE MONDE » qui vous crache des dépêches d’agence du style suivant :

« IRAN : 4000 exécutions capitales depuis 10 ans dont 40% ces deux dernières années : 3 lapidations, dont un couple en 2009 : l’homme est enterré jusqu’à la taille, la femme a le droit d’être enterrée jusqu’au cou… » ou tiré de LIBERATION : « 1, 2 millions de toxicomanes accros à l’opium et à l’héroïne en IRAN » « selon des statistiques officielles publiées par Téhéran. Une grande partie de la drogue produite en Afghanistan et au Pakistan transite par l’Iran, avant d’être acheminée vers l’Europe et les pays arabes.. »

De telles dépêches rafraîchissent vos velleités d’aller découvrir le peuple sassanide et ses gouvernants. Je me souviens après avoir lu « Notre ami le roi » de Gilles Perrault m’être promis de ne pas découvrir le Maroc tant que le commandeur des croyants était en vie, j’ai tenu promesse et depuis 10 ans, il ne se passe pas deux ans sans que je ne reparte sur les traces de Matisse et de Delacroix… Je ne pouvais penser profiter du Maroc après avoir lu le bouquin de Perrault…

A l’abbaye électronique, les petites sœurs chantent toujours « Jesus, que ma joie demeure »(joke) Complie tirée d’une célèbre symphonie de Beethoven, repris par Karajan pour l’hymne européen… Conflits des intérêts des voyageurs et de la réalité des pays traversés ? ou syndrome de TENFELSDROCHK ? Il ne peut y avoir de réponse claire à cette question.

On a les joies qu’on peut… quant à moi, les miennes sont faites de bonheurs du jour et de clins d’œil dans les marchés traversés : C’est dans les marchés qu’on ressent le plus le cœur et l’âme des populations traversées : J’achète des confits d’écorce d’oranges amères que je ne trouverai pas chez mon patissier-confiseur, compagnon du tour de France, des confits d’olives noires, des tapenades, des hanchois confits dans de l’huile d’olive et du piment, des extraits d’huiles balsamiques précieuses, des épices aux cinq baies… Les sons, les odeurs, les couleurs me poursuivent. Je ne sais pas si mon sac supportera la surchage de parmesan et de prosciutto, ce que je sais c’est que mes provisions de bouche seront mangées avant la fin du voyage…

dorénavant, je distribuerai des bons points...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
VE Venezia Regular ·
Merci Georges, pour ces belles photos de Pétra ...😉J'avais beaucoup aimé.

Je confirme pour le vin de Var, le petit rosé n'est pas mal non plus !!
""Le bonheur, ça n'est pas grand-chose, madame, c'est du chagrin qui se repose." Léo Férré
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, Venezia,

ca tanguait ce soir au village, la petite Fred a même modéré pour la première fois, elle était désolée, moi aussi; mais comme on dit chez moi: "comme on prie ses saints, on les honore"...ca sent de plus en plus la secte, avec tous les avantages et les inconvénients, et comme dirait Venezia: je confirme pour le vin du Var, le petit rosé n'est pas mal non plus...

passons aux choses plus sérieuses, cette fascination qu'exercent l'Italie et les italiens, les italiennes aussi, sur les voyageurs attentifs et pas pressés, "fascination-exaspération", Giorgio remettra peut-être les pendules à l'heure, mais voilà mes impressions toutes chaudes...

Fascination italienne :

« Impossible d’être vraiment français sans contracter la maladie italienne, sinon vous seriez allemands… » déclare Philippe Daverio dans le hors série sur l’Italie du Nouvel Obs de ce mois.

« La France est une cuisse de l’Italie » toutes ces réflexions sont pertinentes et justes, d’ailleurs le passage de la frontière française est imperceptible…les paysages des Maures et de l’Estérel sont tellement toscans..si, si, si…

Daverio poursuit : « les français sont schizophrènes, ils s’expriment en langue d’oïl et ils rêvent en langue d’oc… »

Tout au long de cette imprégnation profonde de l’âme italienne, on constate que parler français avec un italien qui vous répond en italien et que vous comprenez procède de cette « schizophrénie » (et non » perversité » comme dirait Agathe…) relatée par Daverio…

Nous sommes vraiment cousins, certes des cousins tristes, malgré nos emprunts linguistiques celtes, et d’ailleurs, à la question posée à un français : « dans quel pays, hormis la France, aimeriez vous vivre, aimer et mourir ? « tous les français répondent l’Italie :

France et Italie : entre fascination et exaspération. Daverio continue : « comme dans un miroir, la France, depuis la Renaissance, contemple en sa sœur latine une image inversée d’elle-même.. »

Le voyageur patient, curieux et observateur, ressentira par mille détails qu’il est, dans chaque village et dans chaque ville traversée, comme chez lui.

Alors, qu’est-ce qui fascine tant dans ce pays béni des dieux ? La gaité des italiens ? Leur cuisine raffinée ? Leur amour de la vie ? Ils ont pourtant comme nous, mille défauts exagérés, le bling-bling, le goût des « belles carrosseries », le goût du « paraître », inversons ces défauts ! on ne voit plus que leur raffinement, leur élégance, leur goût du design, leur créativité…

je confirme pour le vin du Var, le petit rosé n'est pas mal non plus...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉j'ai cru un instant que tu me parlais d'Air France KLM, qui rencontre quelques difficultés ................ Je me suis dit, j'ai du me tromper et aller dans compagnies aériennes...........!!!!!!!!!! Bon, j'ai décrypté ton message, OK pour tout.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
CO Cod11 Veteran ·
Heureux de retrouver ton humour.

cod11
Pourquoi se dit-on toujours APRES qu'il aurait fallu s'en occuper AVANT ?

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