Préparer le retour après plusieurs années d'expatriation...
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KE
Bonjour à tous! Voilà, la nouvelle vient de tomber: après 4 ans d'expatriation, nous rentrons en France. D'abord la joie, après les années galère, de retrouver une vie "normale", le boulot (surtout le salaire!), la vie sociale et culturelle. L'impression que beaucoup de choses seront plus faciles: l'école de la petite, des moyens financiers un peu plus élevés (eh oui, la fonction publique nous permettra, avec deux emplois, de gagner 300 euros de plus que maintenant avec une seule paie😕) qui nous permettront de vivre mieux. Et puis, des angoisses, une appréhension. Recommencer le boulot, pas facile, facile; changer de rythme. Et la France qui a tant changé. J'ai peur d'être complètement déboussolée.😮🏴‍☠️ Comment avez-vous géré vos retours? Quels seraient vos conseils? Merci beaucoup! 🙂
NA Nat7 Veteran ·
Desolee de ne pas pouvoir t'aider... ca fait 23 ans que je suis partie... et je pense revenir maintenant... mais j'ai les memes peurs et angoisses que vous ! Certains amis sont rentres apres des annees, et ils m'ont tous dit qu'ils avaient mis plusieurs mois a se rehabituer... Bon courage pour le retour... et tenez moi au courant Nat
GE Geli Veteran ·
Quoi de plus normal que cette peur légitime de l'inconnu ? Pour toi KelEssuf comme Nat, je pense que chacun en est au même point dans une telle situation ? Revenir après une longue absence, c'est revenir vers l'inconnu. Avez-vous gardé des contacts avec des amis vivant en France, durant tout ce temps ? Dans quelles régions pensez-vous vous réimplanter ? Il me semble que c'est à chacun de ce forum de vous y aider. J'accepte volontiers la mission. Donc à bientôt par mail : asso.un@gmail.com Pour vous faire une idée, je vous suggère une visite de notre site : http://asso.un.free.fr pour savoir qui nous sommes, ce que nous faisons, avec qui et comment 🤪 Geli
AN Anissamandin ·
bonjour,

voici 4 ans que j'habite en france...après 15 ans à l'étranger...et je ne me fait pas à la mentalité française sur tout dans le milieu du travail, la bureaucratie, le manque d'entrain, l'immobilisme, je repars l'année prochaine monter mon entreprise à l'étranger....je n'ai pas pu me réhabituer au cadre de vie étriqué que m'offre la france...mais moi en rentrant en france c'est la moitié de mon salaire que j'ai perdu, donc je vis l'inverse de ce que vous allez vivre...et meme si l'argent ne fait pas le bonheur, je ne fais que survivre payer des impots et des taxes en france alors que j'avais la belle vie à l'étranger....je pense que si l'envie de revenir est réelle et que le train de vie suit...pas de problème (à condition de pouvoir se permettre des escapades bouffées d'air)....bon courage et bon retout....à bientot parmi nous
KE Kelessuf Globetrotter ·
Bonjour!

Pas très encourageant tout ça 😕... Mais je comprends très bien. Je ne crois pas que notre retour soit vraiment une envie, à proprement parler, et c'est bien là le problème. On a toujours cherché à "rentrer", mais surtout pour la sécurité de l'emploi (nous sommes dans l'enseignement et la recherche, et hors de France, les chercheurs passent plus de temps dans la paperasse pour renouveler des cdd qu'à faire de la recherche...). C'était vraiment la galère. Financièrement, le retour n'est pas la meilleure solution: à 2 salaires en France, nous gagnerons à peine plus que maintenant avec un seul; c'est dire...; mais rester à l'étranger m'obligerait à démissionner et chercher autre chose, et j'aurais du mal à accepter d'avoir fait tout ça pour rien... Et puis, il y a la scolarité de notre fille. Rien n'est toujours tout noir ou tout blanc. Notre retour se fera en demi-teinte, avec des +, mais aussi beaucoup de -. J'espère que ça passera. Revenant de l'étranger, c'est vrai qu'en France, c'est très franco-français, peu d'ouverture sur le monde.

Merci pour ce témoignage. 🙂
TA Talila Regular ·
bonjour

je comprends votre apprehension, car je suis rentree en france apres 20 ans d expatriation je ne connaissais plus le francais et surtout mon oreille ne l entendait plus! j ai trouve les francais tristes, raleurs, toujours mecontents, des marches pleins, des maisons ou l on ne pouvait plus circuler je ne me sentais pas chez moi et dans ma voiture j avais toujours ma valise de prete, prete a repartir

je ne voyais pas d issue lorsque j ai eu lidee de travailler avec ce pays que j aimais tant, et cela me permettait de voyager en france mais toujours partie, j ai retrouve mon equilibre

j ai voyage vers d autres pays, j ai apprecie la culture les gens leur mode de vie

je ne suis pas fonctionnaire, je travaille dans le prive

mes nombreux voyages m ont donnes une grande ouverture d esprit et une bonne culture sur les pays et les personnes

je suis rentree pour ma famille, et maintenant apres plusieurs annees, je suis en phase, mais je ne vis pas a la francaise, trop restreint il ma fallu 20 ans, autant que mon absence

pourquoi rentrez vous? et pourquoi etes vous parti

je n ai eu aucun probleme de travail a mon retour juste des probemes de comprehension

alors bon courage, attendez vous a un epetite deprime, mais cela passe talila
RA Raoulx Globetrotter ·
Que d'inquiétude ? je ne comprend meme pas que l'on puisse parler d'expatriation en Europe, à quelques heures de route de France, ou à quelques euros d'easyjet. et des difficultés de réintégration quand celle ci semble etre automatique pour les protégés de la fonction publique.

L'Afrique, l'Asie, les Amériques, les différence de culture, les différences de niveau de vie, le "statut" local des expatriés, rendent les retours autrement plus complexes, d'autant plus que les séjours sont plus longs.

Le genre de travail aussi, pour les gens du privé surtout, comment se réinsérer dans un siège social de multinational de 3000 personnes quand on a été numéro 1, 2 ou 3 d'une filiale, modeste ou pas, mais avec le poids des responsabilités et de l'initiative. comment surtout se réinsérer, après avoir pratiquement perimé tout son carnet d'adresses, perdu les codes internes, et que l'on est la cible de tous les jaloux qui n'ont pas osé l'expat.

Que dire aussi des femmes d'expats dans des pays ou elles n'ont pas pu avoir d'activité, qu'elles ont perdu leurs compétences, qu'elles ont pris l'habitude du personnel de maison?. j'ai vu beaucoup de divorces ou de dépressions au retours.

Que dire des enfants, parfois nés sous les tropiques, avec une culture éclectique, parfois multilingues qui vont intégrer un système scolaire qui nivelle par le bas? un grand nombre se retrouve en échec scolaire, par ennui.

Perso, je ne m'en suis pas trop mal tiré, mais dans des familles j'ai vu énormément de dégats.
SI Sikatio Regular ·
Et oui, l'immigration ne se fait jamais inpunément. Partir c'est perdre un peu ou beaucoup de soi, pour se retrouver vraiment avec ses contradictions. Le pb est de savoir accepter le changement de soi sans sombrer dans la fatalité, autrement dit comprendre que si l'on a pu s'adapter là bas c'est que l'on peut le faire ici si le choix ne nous est permis, car on sousestime trop souvent la capacité humaine d'adaptation quand il n'a pas le choix. le pb de l'expatrié qui n'est rien d'autre que celui de l'immigré c'est qu'il a le choix, ou croit l'avoir par sa connaissance de l'ailleurs et donc sa plus grande critique de l'ici dans le choix des modèles de vie. Il a vécu autre chose, se sait différent d'avant, et se retrouve étranger partout ici et là bas.

La solution se trouve non pas dans la préservation de son confort matériel mais dans sa philosophie de la vie, dans la psychologie existentielle. et donc se poser de bonnes c'est avoir des bonnes réponses et pour être honnête je dirai qu'aucune de nos expériences ne saurai être une bonne réponse pour ce couple d'expatrié qui rentre car le bonheur est relatif, pour ne pas dire illusoire et qu'il nous appartient comme il leur appartient de concevoir leur propre illusion de bonheur. et là se pose le second problème celui de la remise en cause de l'équilibre illusoire sur laquelle se reposait le couple lors de leur vie ailleurs ou la complicité s'était établit sur des bases autres et l'harmonie du couple s'est trouvé plus ou moins facilité par le cadre de vie, qui nécessairement change. Et wi le changement de cadre de vie comme le dit si bien Raoulx a souvent raison de la vie de couple pour ne pas dire de l'harmonie établie. Le savoir ne suffit pas pour le maitriser les évolutions de nos sentiments et de nos personnalités car un couple des destins croisées qui dans certains contexte s'harmonisent et dans d'autres se détruisent (l'autre ne nous appartient pas).

En conclusion Partir c'est prendre le risque de mettre en danger ce qui fait ou a fait notre équilibre, partit, c'est nécessairement changer (ce qui se fait généralement sans partir, à plus forte raison dans le cas qu nous intéresse) et revenir c'est se remettre en cause ce qui faisait nous et qui confronter à d'autres réalités nous a permis d'être tout autre souvent sans nous en rendre compte. Alors preparer votre retour comme vous aviez préparer votre départ c'est à dire comme le début d'une autre vie et non le retour à une ancienne vie et dans cette nouvelle vie sachez que l'ailleurs féra partir de vous maintenant et donc que le budget voyage devra être intégré comme des boufées d'oxygène pour être en même temps ici comme ailleurs, le quotiden en somme de l'immigré ou de l'expatrié comme le présente si bien abdelmayek sayed avec son concept de l'altérité.

je ne vous souhaite bonne chance mais du courage car la volonté et la patience permet de résoudre ce type d'équation sans trop de dégat et le dernier pb c'es que nous sommes dans un monde d'impatient ou l'on veut tout tout de suite, or tout n'est question de temps pour trouyver la bonne solution tout pb
au lieu de rever sa vie ne faut-il pas mieux vivre ses reves
KE Kelessuf Globetrotter ·
Merci pour ces témoignages. Pour Talila: le départ et le retour ont des motifs professionnels, celui de devenir des "protégés de la fonction publique" comme les appelle Raoulx... J'ai conscience du risque de déprime; je m'y prépare... mais justement cette idée me fait déprimer... Merci SIKATIO, ta réflexion est très intéressante. Raoulx, ne confondez pas griefs personnels et discussion publique . Ce n'est pas très courtois; il y a la messagerie privée pour régler vos comptes. Et VF n'est sûrement pas l'endroit pour relayer les polémiques entre salariés et fonctionnaires. Vous attaquez sans savoir, alors je vous apporte quelques précisions:

je ne comprend meme pas que l'on puisse parler d'expatriation en Europe, à quelques heures de route de France, ou à quelques euros d'easyjet. et des difficultés de réintégration (...) le "statut" local des expatriés

Il y a chez vous une méconnaissance flagrante de l'Allemagne. L'intégration ne signifie rien ici: étranger on est, étranger on restera, c'est comme ça, quels que soient les efforts entrepris (pour ma part je maïtrise la langue, je scolarise ma fille dans le système allemand alors qu'il y a une école française à 5 km de chez moi, etc.). Il y a une certaine gradation dans cette séparation, mais la frontière existe dans tous les cas et plus on reste, plus le fossé se creuse. La première année tout s'est bien passé: les gens trouvaient ça très "glamour" de fréquenter des petits Français installés pour un an; puis... Je vous conseille la lecture du très bel aricle d'Albrecht Kieser, "De l'immigration à l'intégration. Le droit du sang prime encore en Allemagne", Le Monde diplomatique, n°627, juin 2006, pp. 16-17: http://www.monde-diplomatique.fr/2006/06/KIESER/13525

Que dire aussi des femmes d'expats dans des pays ou elles n'ont pas pu avoir d'activité, qu'elles ont perdu leurs compétences, qu'elles ont pris l'habitude du personnel de maison?

C'est mon cas, sauf le personnel de maison...

Que dire des enfants, parfois nés sous les tropiques, avec une culture éclectique, parfois multilingues qui vont intégrer un système scolaire qui nivelle par le bas?

Ma fille n'est pas née ici; elle avait 8 mois quand nous sommes arrivés, ce qui est tout comme, elle n'a connu que l'Allemagne. Ce ne sont pas les tropiques, d'accord. Elle est bilingue; sa chance est de pouvoir poursuivre une scolarité bilingue en France. Quant au système scolaire français, je préfère ne pas réagir à ces attaques... Enfin:

Que d'inquiétude ? [ et le ton général de votre réaction]

Qui êtes-vous pour juger mes inquiétudes? Pourquoi comparer à pire? C'est un procédé très facile... Vous n'étiez pas obligé de réagir; vous pouviez vous contenter de ricaner dans votre coin sur mes petites misères qui vous amusent...

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