La Province du Hainaut à l'été indien
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La ville où Verlaine vécut dans une « prison » enchantée…(1)

Au-delà de Lille et de Valenciennes, à l’Est du Brabant, au Sud-Ouest de la Wallonie, se déroule le Hainaut, belle province belge, française et hollandaise par intermittence…

Si, par hasard, vous la parcourez à l’été indien, les villes et les villages enfouis dans la verdure, les autoroutes bordées de lacs et de canaux, vous procurent l’impression de traverser un Parc National…

Loin des stéréotypes du borinage et des friches industrielles, vous découvrez alors une population aimable et souriante, plus prompte à échanger une Chimay* et à vous indiquer avec le sourire une adresse de « kot »* où déposer votre « breul »*…

Le patois local n’est pas le moins drôle des détails pittoresques de votre voyage… La guide-conférencière du patrimoine ira même jusqu’à vous chanter en dialecte une chansonnette que vous pensiez bien française jusqu’alors…

On est à la fois dans un pays francophone, mais aussi dans une province qui revendique sa propre identité…

La ville qui vit naître Roland de Lassus, le prince de la polyphonie, la ville qui eut « l’honneur » d’emprisonner Verlaine pendant deux longues années, saura vous révéler des trésors de légendes et d’histoire si vous vous surprenez à vouloir la découvrir avec patience, au détour de « refuges d’abbaye » et d’auberges danoises*…

Mons, comme son nom l’indique « Bergen », est « montueuse »: il faudra gravir la rue de la Chaussée ou la rue Havre avant d’atteindre la Grand Place et les dépendances comtales…

Vous aurez l’impression, une fois la Grand Place conquise, de vivre le temps retrouvé de « Piazza Navone » ou de « plazza nationale » de pays du Sud…

Le soleil se reflète sur les pierres grises du palais du Bourgmestre ou sur le fronton de l’Opéra Royal, avec en fond musical, une vieille berceuse sur le carillon électronique…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Le conte du « singe du grand-garde »(2)

Quand vous avez atteint la Grand Place par la rue Havré ou la rue de Nimy, que vous avez goûté le charme du carillon électronique installé face à l’imposante facade de l’Hotel du Bourgmestre, vous aurez la curiosité de visiter ce grand palais toujours ouvert pour cause de mariages en vous engageant sous son porche…

Il ne faut surtout pas oublier de caresser en passant la tête du « singe du grand-garde », et de la main gauche…vous murmurez un vœu, le plus profond, le plus secret…

Le petit singe est une statue en fer forgé que l’on date du Moyen-Age, dont on a oublié les origines, mais qui, comme la tombe de Jim Morrison au Père Lachaize ou le pourpoint d’un poète oublié que l’on caresse de la main au passage, porte bonheur…

Vous vous engagez alors dans la Cour de Barrabas en direction du jardin du mayeur, un havre de jardin romantique au cœur de la ville…

Si vous y pénétrez un samedi, un mariage chasse l’autre…les grands salons de l’Hotel de Ville bruissent de robes blanches et de queues de pie, les lustres anciens reflètent des tableaux de maître oubliés..

Au Jardin du Mayeur, des groupes de touristes attentifs suivent les commentaires d’un guide-conférencier du patrimoine…Ils découvrent avec curiosité que le bronze du « ropieur » figure un gamin espiègle de Mons sur le point de les éclabousser…

Dans cette ville si riche d’histoire, il vaut mieux se laisser guider pour ne pas passer à côté de telles curiosités…Vous irez ainsi du passage « César » à la tour du même nom, puis au passage « Victor Hugo » en sachant pourquoi…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LO Louisehg ·
Est-ce une blague "L'été indien" en france??
louisehg
TO Tomas3 Veteran ·
Bonjour Louisehg,

pourquoi les belges n'auraient pas droit à l'expression "été indien" ? quand les chaleurs de l'automne roussissent prématurément les feuillages des marronniers et jaunissent ceux des érables, que l'on se surprend à deviser très tard le soir en attendant le crépuscule? alors "été celte"? "été wallon", qu'importe si l'on vous vole cette belle image?

L’imaginaire du château comtal (3)

Sortis du jardin du Mayeur, vous n’aurez de cesse de rejoindre cet étrange beffroi qui domine la ville, comme le minaret de la Koutoubia domine la ville rouge…

Où que vous soyez, le grand beffroi baroque vous permet de vous repérer…

Il est planté au pied de la butte de l’ancien château comtal, celui-çi arasé, mais dont il reste la porterie(Chapelle Sainte Calixte)

Débouchant sur la rue d’Enghien, vous gagnez par la rue Cronque la rue Marguerite Bervoerts et là, vous cherchez le passage César, entre deux immeubles, juste sous l’hotel de Graty…

Vous vous glissez dans un goulet étroit et humide, dont vous ne voyez pas l’issue…par des escaliers ruinés et tortueux, entre deux jardins suspendus, vous atteignez la porte César…

On observe bien souvent que l’on appelle « César » ou « romain » d’étranges ruines dont on a perdu l’histoire…

Ici, il s’agit des restes d’une ancienne porterie du château comtal qui vous permet d’accéder à la butte sommitale…

Les gisants de Charles de Valois(copies fidèles, mais copies quand même…) et d’un autre prince de sang vous nargueront dans la salle voûtée de Sainte Callixte, et, delà vous atteignez le terre-plein du beffroi: vous dominez alors Sainte Waudru, la collégiale, et l’ensemble des toits de la vieille ville, capitale du Hainaut.

Vous comprenez alors pourquoi les Echevins et autres édiles locaux se sont battus pour les conserver, pour éviter ces immeubles de verre et d’acier qui ont défiguré Bruxelles et d’autres cités belges, ou que l’on a construit par inadvertance face au Palais de Justice néo-classique de la rue de Nimy…

Du beffroi, on contemple ces vieilles cités de l’Europe du Nord avec leurs façades à pignons et leurs toits en chapeaux…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LO Louisehg ·
Parce que vous n'avez pas d'Indiens.

louisehg
louisehg
RA Raspoutina ·
Bonjour Vous semblez voyager beaucoup, et vos carnets sont intéressants. Je ne connais pas la Belgique, çà donne envie d'y aller faire un tour
la vie est belle pour qui sait l'apprécier
TO Tomas3 Veteran ·
Bonjour Vous semblez voyager beaucoup, et vos carnets sont intéressants. Je ne connais pas la Belgique, çà donne envie d'y aller faire un tour

Bonjour, il est vrai que nos gènes de voyageurs nous portent plus souvent vers les latitudes ensoleillées...le Hainaut, le Brabant restent à quelques heures d'autoroute ou à une heure d'avion, et l'on découvre avec stupéfaction, comme en Suisse d'ailleurs, une francophonie qui nous donne bien des leçons...

Où Sainte Waudru retrouve sa tête 600 ans après l’avoir perdue…(4)

Mons présente un caractère « mérovingien » insolite avec sa sainte-protectrice: Sainte Waudru…devenue sainte avec les siècles et le concours de l’église catholique…

Cette noble dame;épouse de « Madelgaire » et mère de quatre enfants aux prénoms « alambiqués »: « Aldetrude, Madelberte, Landry et Dentelin… »(on dirait des héros de séries inter-galactiques…) vécut en odeur de sainteté aux environs de 650 après JC…

En 1250, le culte des reliques aidant, on partagea son « chef »*(sa tête) et deux de ses côtes entre les villes de Liège, de Mons et de Tournai…

Le « chef « ayant son propre reliquaire, le reste de la dépouille enchâssé superbement et promené chaque année lors de la fête de la trinité dans un « car » somptueux…

Au XIX ème siècle, on ne sait pas si c’est parce que les belges avaient recouvré récemment l’indépendance ou avaient décidé d’un surplus de religiosité, ils décidèrent de rassembler les pauvres restes de l’illustre défunte: tête et corps rassemblés dans la châsse d’or de la collégiale Sainte Waudru(1867).

On admire encore les deux reliquaires(celui de la tête et celui du corps) Curiosité scientifique: les restes mortels de la Sainte, soumis au Carbone 14, donnèrent les dates réelles de l’existence de la première des dames chanoinesses de Mons: 612-650...

On ne peut s’empêcher cependant de penser que, comme Thérèse d’Avila et Jean de Lacroix, Waudru et Madgelaire(son défunt époux) avaient commis le « péché de chair » avant de suivre les voies du Seigneur(celles-çi glorieuses pour « les siècles des siècles »…amen)
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LO Louisehg ·
Merci beaucoup, vos textes sont très intéressants, vous avez attisé ma curiosité du côté de la Belgique!! louisehg
louisehg
TO Tomas3 Veteran ·
Merci beaucoup, vos textes sont très intéressants, vous avez attisé ma curiosité du côté de la Belgique!! louisehg

Bonjour Louise,

c'est gentil d'apprécier ce carnet, mais vous apprécieriez encore plus ce petit pays si vous aviez à découvrir la "belgitude"...

De la belgitude considérée comme un art de vivre(5)

Il y aura bientôt 450 jours que les Belges fonctionnent sans aucun gouvernement…sinon de gestion des affaires courantes…et le taux de croissance de l’économie belge n’a jamais été aussi florissant…

Les chroniqueurs-radio locaux s’en gargarisent avec un humour léger et bon enfant, le théâtre de rue s’empare de cette espèce de « je t’aime, moi non plus » que vivent flamands et wallons au quotidien…

Et pourtant, en Wallonie, au hasard des rues et des terrasses, dans les sous-titrages de films, le flamand est bien présent…

Il arrive même en enseignement obligatoire deuxième langue au niveau des écoles et des lycées.. Au restaurant, on croise des couples mixtes, elle wallonne, lui flamand, qui partagent le même goût pour la fête nocturne, les défilés de « doudou »(le dragon de Mons) ou les ducasses(foires locales)…

Alors, belgitude? Regard distancié sur ce qui pourrait noircir le bonheur des relations sociales? On est étonné de la serviabilité du passant, du commerçant ou du fonctionnaire public: tout un chacun disposé à vous remettre dans la bonne direction, à vous décrire le programme des festivités du week-end, à vous donner le bon tuyau, la bonne recette, partager la curiosité de savoir d’où vous venez: Ah! Cet accent français…

Cette belgitude est surtout faite de bonhommie et de simplicité: on ne perdra jamais son temps à vous renseigner et le sourire se partage…on se prend à avoir une nostalgie de rapports sociaux que l’on a oubliés, du temps où les fêtes et les terrasses de café bruissaient de spectacles toujours renouvelés…

Ici, c’est sur la « grand place » qua ca se passe: le carillon électronique a été démonté, il laissera sa place à un spectacle pyrotechnique et à des cracheurs de feu…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
PA Pat124 Veteran ·
Et bien etant de Mons, je n'aurrai jamais cru lire un carnet de voyage sur ma ville.

Comme quoi, la Wallonie est souvent mal connue de part le monde.

En Belgique, il y a pas mal de jolie ville du coté Flamand, le nord, mais le sud est aussi très chargé historiquement et souvent oubliée.

Encore bravo pour ce récit digne d'un guide de voyage.
Patrick et Laurence USA 2012:http://voyageforum.com/forum/nos_cinq_visions_usa_D5636074/ Ouest USA 2010 : http://voyageforum.com/voyage/etats-unis_il_etait_une_fois_quatre_belges_dans_ouest_americain_D3696866/ Tennessee et Orlando 2013 : http://voyageforum.com/v.f?post=6195909;live=1;
RA Raymond3 ·
Hola Tomas! Changement total de décor par 50° de latitude, nous sommes loin du Cap Vert et de ses paysages volcaniques lunaires. Mais finalement, rien n'est jamais très loin. Les Portugais et les Espagnols et leur partage du monde outre océan, l'empire où jamais le soleil ne se couchait et pour en finir, ma question: existe t'il un lien entre ces défilés de géants dans les rues lors des fêtes à Mons et "los gigantes y cabezudos", les géants et les grosses têtes des fêtes espagnoles? Ils sont la terreur et la joie des petits enfants. C'était à Logroño sur le Camino!

Faut il extrapoler à notre beau pays un fonctionnement du gouvernement gérant les affaires courantes sans premier ministre pendant plus de un an? On y gagnerai en stress et en précipitation. Une petite prise quotidienne de belgitude, pourquoi pas?
TO Tomas3 Veteran ·
Hola Tomas! Changement total de décor par 50° de latitude, nous sommes loin du Cap Vert et de ses paysages volcaniques lunaires. Mais finalement, rien n'est jamais très loin. Les Portugais et les Espagnols et leur partage du monde outre océan, l'empire où jamais le soleil ne se couchait et pour en finir, ma question: existe t'il un lien entre ces défilés de géants dans les rues lors des fêtes à Mons et "los gigantes y cabezudos", les géants et les grosses têtes des fêtes espagnoles? Ils sont la terreur et la joie des petits enfants. C'était à Logroño sur le Camino!

Faut il extrapoler à notre beau pays un fonctionnement du gouvernement gérant les affaires courantes sans premier ministre pendant plus de un an? On y gagnerai en stress et en précipitation. Une petite prise quotidienne de belgitude, pourquoi pas?

Ola Raymond,

ta première question me rappelle que Belgique et Pays-Bas ont longtemps été "provinces espagnoles"(cf.dans la page qui suit les attributions du Duc de Croy)... quant la seconde, n'est-ce pas une belle description par "l'absurde" que nous donnent les belges, foin des rodomontades de "petits marquis" libérant la Cyrénaique ou d'autres îles australes? souvent nos voisins suisses ou belges nous font des clins d'œil que nous ne voulons pas voir...

je me souviens des "grosses têtes" de Logrono, entreposées sous l'escalier de la Camorra entre deux défilés, je me souviens aussi des churros...

Péril en la demeure ou l’inquiétant château des ducs de CROY(6)

Il y avait trente trois sites à visiter ou à découvrir à l’occasion de la fête du patrimoine belge qui a lieu, esprit frondeur des belges, une semaine avant la fête française…

Elle avait choisi le Château de Havré, ancien fief des ducs d’Enghien et des ducs de CROY…

Dans la notice de présentation de l’édifice, on pouvait voir que Van Dyck et Rubens avaient séjourné à Havré…un tel détail valait le détour…

Hélas, trois fois assiégés par les flamands, les bandes liégeoises, voire les autrichiens, le pauvre château avait même brûlé au XVI ème siècle…

Relevé de ses ruines, il avait été restauré par un Marquis de Croy, ministre de Charles Quint, puis délaissé depuis 1840, à la mort du dernier descendant de la famille…

Le superbe édifice, car il avait du être superbe, mirait ses quatre tours dans les eaux des douves, réhabilitées, mais on pouvait voir le ciel à travers ses plafonds; des fendards énormes mettaient en péril ses tours d’angle…

L’ambiance était à la ruine et même « au péril »…Et pourtant, en ce dimanche de septembre, une foule d’humble croyants, de descendants de hobereaux belges ou flamands, assistaient à l’office de 10 heures, célébré par un prêtre à l’accent pointu de « parisien » (sic…) dans l’unique salle du château restaurée pour la circonstance en chapelle…

Le solide esprit belge était au rendez-vous: pendant que les fidèles se repassaient les hosties consacrées, de solides gaillards mettaient en place, au fond de la chapelle, les tables et les tréteaux de la « troisième mitan »…

Un vieux monsieur, au blazer bleu marine croisé à boutons dorés, n’attendit pas la fin de l’homélie pour inciter les paroissiens à prier et communier sous une « troisième espèce »: vins blancs, bières, champagnes, et petits fours: l’esprit des princes de CROY était respecté sous les trous dans le toit, avec un ciel à la Vermeer…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Et bien etant de Mons, je n'aurrai jamais cru lire un carnet de voyage sur ma ville.

Comme quoi, la Wallonie est souvent mal connue de part le monde.

En Belgique, il y a pas mal de jolie ville du coté Flamand, le nord, mais le sud est aussi très chargé historiquement et souvent oubliée.

Encore bravo pour ce récit digne d'un guide de voyage.

Merci Pat,

pour tes encouragements...il ne faut pas que je raconte de bêtises si je suis lu par un habitant de Mons...mais je dois t'avouer que j'ai été séduit par votre ville que vous avez su si bien protéger des bâtisseurs contemporains(exception faite du Musée des Beaux Arts...incongru en mitoyen du Théâtre Royal) ...

Un petit air de Toscane au milieu des maisons à « pignons »(7)

La capitale du Comté de Hainaut fut longtemps une ville fortifiée…Engoncée dans un carcan de bastions et de courtines dont elle ne se débarrassera vraiment qu’à partir de la seconde moitié du XIX ème siècle…

Au cours des siècles, les abbés des monastères voisins, les universitaires de passage, les magistrats, les princes itinérants avaient pris leurs habitudes à Mons: sous le nom de « refuges » (sic…)(mais l’église a toujours été très hypocrite…) ces messieurs avaient fait construire à l’intérieur des temparts de magnifiques hôtels entre cour et jardin où ils venaient goûter les joies de la ville, loin de leurs domaines ou de leurs abbayes en « commande »( le titulaire de l’abbaye touche les gras revenus des domaines en en confiant la gestion à un régisseur)

C’est ainsi qu’on ne compte pas moins de vingt somptueux « refuges », hôtels particuliers qui demandent à se découvrir, une fois la porte franchie, entre cour et jardin…

Mais les chanoinesses n’avaient pas été en reste bien avant les abbés au XVI ème et XVII ème siècles, elles avaient aussi leurs belles demeures « civiles »(un peu comme les chanoinesses de Remiremont dans les Vosges françaises) et si l’on ajoute leurs hôtels à ceux des abbés, on ne compte plus les maisons de maîtres dans le cœur historique de la ville…

Une fois franchie la porte armoriée, le promeneur est parfois stupéfait de découvrir des sortes de « jardins toscans » en Hainaut…Une avocate, séduite par ce cadre, a ouvert un bureau dans le logis de la sœur tourière*…

Les promoteurs se régalent: derrière les portes sculptées et les digicodes, des appartements luxueux se partagent le logis de l’ancien abbé ou de l’antique chanoinesse…L’Hotel de Graty, le refuge de l’Aulne ont des réminiscences( pour les jardins tout au moins) de San Gimignano, leurs jardins respirent l’odeur des jardins toscans, à 58 kms de Bruxelles…

Dans un périmètre de moins de un kilomètre, le promeneur curieux franchit allègrement en contemplant les façades les siècles et les espaces de l’Europe Renaissance jusqu’au siècle des Lumières…Victor Hugo, qui passait par là, en avait été ébloui…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
RA Raymond3 ·
Comme quoi l'exotique et le beau sont à notre porte, il suffit d'être curieux et de savoir ouvrir les yeux. Un petit coup de TGV et de trains belges où le service des contrôleurs est irréprochable, attentif et personnalisé au voyageur; une autre palanète quand on compare à notre service hexagonal. Merci pour ton récit qui nous donne envie de partir et d'aller visiter ces "indigènes" calmes et paisibles. Finalement, ces rêveries ne sont pas si éloignées de celles du pèlerin solitaire qui découvre la nature, les paysages et les lieux tels qu'ils veulent bien se laisser contempler.
TO Tomas3 Veteran ·
Merci pour ton récit qui nous donne envie de partir et d'aller visiter ces "indigènes" calmes et paisibles. Finalement, ces rêveries ne sont pas si éloignées de celles du pèlerin solitaire qui découvre la nature, les paysages et les lieux tels qu'ils veulent bien se laisser contempler.

Ola Raymond, qualifier les Belges d'"indigènes calmes et paisibles" n'engage que toi...pas si paisibles que çà quand il s'agit d'arracher les poils du "Doudou"(le célèbre dragon de Mons) ou d'envahir Nivelles lors de sa ducasse...mais "paisibles" comme le "Mons" d'une gravure ancienne tirée des albums de Croÿ...je suis d'accord , ou comme la campagne le grand "ring"franchi...

Où les faubourgs de la capitale du Hainaut se donnent un air de campagne anglaise(8)

Sitôt passé le ring(boulevard circulaire) qui a remplacé les anciens remparts, MONS explose en quartiers résidentiels et l’on ne sait plus où s’arrête la ville et où commence la campagne…

Il suffit de prendre le chemin de Beaumont, de bifurquer très vite en direction de Hyon, une fois les grands mails haussmanniens passés, pour entrer dans une campagne rieuse et verte, en suivant « la trouille » aimable cours d’eau ponctué de biefs d’anciens moulins…

Passé l’allée des mûriers qui donne tout au fond sur un cottage enfoui, on butte sur des pâturages où de paisibles charolaises vous regardent curieuses…

Plus loin, toujours le long de la Trouille, ce sont de véritables moutons écossais qui vous accompagnent…Bucolique? Un peu trop lêché? C’est le propre des villes de l’Europe du Nord de vouloir mettre en pratique le fameux défi d’Alphonse Allais de construire les villes à la campagne…

On pense à Munich, à Bâle, à Berne ou à Lausanne…le Grand Lac de Mons ne remplace pas le lac Léman, mais les émotions que l’on ressent le soir à la Brasserie Danoise sous une copie de Maître hollandais ou d’un Segantini de l’Ecole du Nord, sont les mêmes que celles ressenties dans la Landshutter allee des grands parcs bavarois…

Le feu de bois du cottage chasse très vite l’humidité de l’automne et les grandes baies vitrées donnent l’illusion d’un navire échoué dans un pré…

Tout au fond du pré, au-delà du Mont Panisel, le ciel est par-dessus les arbres, gris et bleu comme un Turner…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Parce que vous n'avez pas d'Indiens.

louisehg

bonjour louisehg,

certes, mais nous avons des "auvergnats" et bien d'autres tribus qui créent cette diversité au coeur des villes que d'aucuns nous envient...des WASP* mais aussi des fripiers, des bouchers, des tripiers, comme tu vas le voir dans la page qui suit...

Entre la Grand Place et le Marché aux herbes en suivant la rue des fripiers(9)

On peut découvrir Mons de différentes façons: en suivant la guide-conférencière du patrimoine, en lisant l’histoire des façades, en suivant un itinéraire d’adresses gourmandes ou de terrasses ensoleillées…

Mais la façon la plus directe et la plus chaude, celle qui vous fait entrer au cœur de la ville, est de parcourir l’espace urbain entre la Grand Place et le Marché aux herbes…

Sans le savoir, vous êtes au cœur historique du Comté de Hainaut, dont vous pouvez lire la première enceinte au fond de la Banque BBE*…

Mais le plus simple et le plus attrayant est de vous laisser guider par la toponymie des rues: avant d’atteindre la rue de la Chaussée( ancienne voie romaine qui prolonge la rue Havré) en partant du Marché aux poissons, il est amusant de suivre la rue de « la petite triperie », avant de gagner celle de « la grande triperie »….(sic)

Ne vous éloignez pas, vous pourriez vous égarer « rue de la petite boucherie » ou plus bas, rue des Juifs…

Il est alors grand temps de regagner le Marché aux Herbes et la « rue des fripiers »…C’est le cœur de la ville, les commerces sont animés, les terrasses de café bondées, les restaurants ont des allures de « bouchons lyonnais »…un peu trop de voitures sur le parking du Marché aux herbes…vous avez l’impression d’être au cœur de Metz ou d’une ville hanséatique…

La rue des Fripiers et la Rue de la Chaussée rivalisent d’enseignes et de franchises, quelques pharmacies ou bijouteries ont gardé leurs devantures « art déco », et les adresses gourmandes se concurrencent par cartes ou terrasses interposées, toutes plus tentantes les unes que les autres…

Quand vous avez gravi la rue de la Chaussée, que vous êtres parvenu au carrefour de la rue des Clercs et de la rue Cronque, le plaisir est de s’asseoir au pied de la fontaine* et de regarder déambuler une foule curieuse, jeune et bigarrée(beaucoup d’étudiants) à la recherche d’une enseigne, d’une terrasse ou d’une table gourmande…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
bonjour Grumpette,

sachant la ville pleine d'histoire que tu habites, elle avec la mer en plus, je ne peux que continuer ce récit qui te rappellera ta vieille ville, le quartier des Gades vaut bien celui de "l'éolienne"...

Le 6 de la rue des Gades(10)

« Tenir le haut du pavé », cette expression moyenâgeuse était liée à l’habitude qu’avaient les urbanistes anciens de laisser courir les eaux usées dans une rigole au milieu de la chaussée…

« Tenir le haut du pavé » permettait de ne pas mouiller ses chausses ou son pourpoint… A Mons, on tient le haut du pavé dès que l’on sort du Jardin du Mayeur et que l’on gravit la rue d’Enghien…

En traversant le porche de l’Hôtel de Graty(Passage Victor Hugo) en bordure du petit parc romantique Remond, on gagne la rue Marguerite Bervoerts et la rue des Gades…*

Toutes deux bordent le grand beffroi baroque*…On longe alors la bibliothèque de l’Université d’Etat(ancien collège des Jésuites) et l’on est éblouit par la somptuosité des hôtels particuliers et des façades anciennes, jusqu’à parvenir à l’auberge de jeunesse, résolument moderne.On pense à ces auberges de bêton que l’Europe a offertes aux espagnols sur les chemins de Compostelle en Espagne(Ruta de la Plata)…

Rue des Gades: peu ou pas de voitures, des pavés anciens, des façades en briques colorées ou enduites, des maisons adossées à l’ancienne enceinte comtale…*

Les toits pittoresques lancent leurs profils aiguisés d’ardoises ou de tuiles sombres, rompus par des chiens-assis de belle facture…*

Au pied de la rampe du château se niche le 6 de la rue des Gades…XVIII ème ? Peut-être, une arche gothique rompt la profondeur du grand salon du premier niveau…

Si vous avez la curiosité de regarder à travers les fenêtres du rez-de-chaussée donnant sur la rue, vous apercevrez un jardin de curé: le grand beffroi s’y reflète et s’y mire quand vous siestez sur un transat à l’abri de l’agitation de la ville basse…*
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Comme quoi l'exotique et le beau sont à notre porte, il suffit d'être curieux et de savoir ouvrir les yeux. Un petit coup de TGV et de trains belges où le service des contrôleurs est irréprochable, attentif et personnalisé au voyageur; une autre planète quand on compare à notre service hexagonal.

bonjour Raymond, je ne suis pas loin de partager ton point de vue...il y a une sorte de "belgitude" impalpable que l'on prend plaisir à partager, à découvrir, à approfondir...tu sais qu'il y a de plus en plus d'étudiants étrangers en Belgique, il faudrait se demander pourquoi...personnellement, j'aimerais bien faire un mémoire de "bistrologie et de bières d'abbaye comparées..." tu serais d'accord pour approfondir ce thème de recherche?

Taverne Copenhagen et croque-monsieur au saumon sauvage(11)

Grand Place, trois grandes brasseries se disputent leurs cartes gourmandes parmi une dizaine d’autres adresses. La brasserie Excelsior, au Nord-est de la place, la trattoria de Oro au Sud, et la taverne Copenhagen au Centre.

Selon l’exposition au soleil, on peut passer de l’une à l’autre selon les heures de la journée… L’Excelsior, le matin, la Trattoria de oro pour le « dîner »(à la belge, c’est-à dire vers treize heures) Et la Copenhagen pour le milieu de l’après-midi ou pour le soir.

En fonction de tous ces paramètres, on peut choisir un « espresso »(le demander) ou un café belge (café américain con latte) le matin à l’Excelsior après avoir récupéré le Monde de la veille au kiosque de la rue de la Coupe(face à la fontaine)

A treize heures, des « penne » aux pleurotes, accompagnées d’un vin des Pouilles, sous les oliviers en terrasse et face au fronton du Théâtre Royal, vous rappelleront avec nostalgie la piazza del populo à Rome( si le soleil est de la partie, il peut vous réchauffer en se glissant rue du Miroir tout au long de l’après-midi…)

Vers dix sept heures, il est de bon ton de s’installer en terrasse du Copenhagen, la clientèle est alors très internationale…on parle l’anglais avec l’accent de l’Arkensas ou selon, l’anglais du Pays de Galles, quand ce ne sont pas des langues slaves ou flamandes auxquelles vous ne comprenez rien…

Si le vent fraichit, Franck, le garcon, ne verra aucun inconvénient à ce que vous emmeniez vos Leffe ou vos Krieke à l’intérieur…Choisissez une table au rez-de-chaussée, vous admirerez le ballet des serveurs entre les étages, tout en dégustant une tomate farcie aux crevettes grises ou une grande assiette danoise…

En cas de petite faim, n’hésitez pas à commander un croque-monsieur au saumon sauvage, c’est un ravissement…il vous restera une place pour une poire belle-hélène comme vous n’en avez jamais dégustée….
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
RA Raymond3 ·
"personnellement, j'aimerais bien faire un mémoire de "bistrologie et de bières d'abbaye comparées..." tu serais d'accord pour approfondir ce thème de recherche? "

Oui, il y a beaucoup de sujets de recherche qui, mine de rien, sont au coeur de la vraie vie. Les bistrots ne manquent pas de vie et point n'est besoin de grandes enquêtes sociologiques pour tater en ces lieux le poul des citoyens. Alors oui, pourquoi ne pas passer par l'analyse comparée des bières d'abbaye.

Moi, le sujet qui me poursuit depuis des années est celui des cabanes, abris, appentis et autres extensions de jardin; je groupe le tout sous l'appellation de "cabanite", affection qui peut être aigüe dans certains cas. Il suffit d'observer les jardins à l'arrière des maisons; on les découvre très fréquemment depuis le train, la belle façade de la maison appartenant à la route, les arrières cachés au train.

C'est là que l'on revient à ton propos car, bien souvent, c'est dans ces cabanes qu'on y taquine la fillette; entendons nous bien, la bouteille de muscadet façon mini, of course. Un vieux maçon de ma connaissance avait ainsi partagé son jardin en deux parties, une moitié, proche de la maison pour Madame et ses fleurs puis, au delà d'une ligne Maginot symbolique, sa cabane avec cave et cheminée pour y faire ses grillades d'anguilles de Brière en les accompagnant de fillettes de Muscadet. Autant dire qu'il recevait là ses amis et non pas dans la salle à manger en faux rustique de Madame où il fallait chausser les patins de feutre pour rentrer.

Je penses qu'il y a de belles études sociologiques à entreprendre par ce biais.
TO Tomas3 Veteran ·
Je pense qu'il y a de belles études sociologiques à entreprendre par ce biais.

Bonjour Raymond,

tu ouvres ici des espaces insoupçonnés d'études et de recherches...Mdr de mon côté, inspiré par les bières belges(je suis tenace), je me suis permis de faire quelques recherches sur l'influence du "houblon brassé" sur l'art d'hier et d'aujourd'hui en Europe et voilà le résultat de mes premières découvertes:

De la bière belge comme explication « ontologique » du monde(12)

Sans remonter jusqu’à la Genèse(cf.Michel-Ange et la création du monde revisitée*) ni voir dans le sacrifice d’Abraham les effets d’une ingestion trop forte de houblon brassé, on peut d’ailleurs hésiter aussi sur les causes de l’ivresse de Noé (houblon ou jus de raisin?) on peut s’arrêter sur quelques œuvres majeures de l’Art Européen depuis la renaissance et constater que la « bière » a inspiré de nombreux artistes…

Le portrait avec bock* de Pablo Picasso, par exemple, pourrait en être un des derniers avatars…

Avant lui, Édouard Manet s’en était inspiré dans deux œuvres remarquables: les buveuses de bière*, la serveuse de bocks…(sic…)

Daumier, au XIX ème siècle, s’était moqué des bourgeois buveurs de bières…*

Dans l’Europe du Nord, Claetz au XVII ème siècle et Lambrechts au XVIII ème siècle ont croqué de séduisantes natures mortes avec bière*, voir tout simplement des « dames se désaltérant à la bière… »*

Dans le domaine du chef d’œuvre revisité et du clin d’œil, on ne peut s’empêcher de découvrir une « célèbre Joconde au bock »* à la manière de Léonard, ou « l’homme au nombre d’or et aux quatre bocks » de ce même Léonard.

Cette page n’étant pas très sérieuse, il serait intéressant d’étudier l’influence de la « fillette » au-delà de la cabane de jardin ouvrier dans la proche banlieue de Saint Nazaire…appliquer aussi une grille de lecture à de nombreux écrivains ou poètes dont l’usage immodéré de la « fillette »(demi de blanc ou de rouge piquant et frais) a décuplé l’imaginaire et la créativité…

On peut penser à Edgar Poe, à Gérard de Nerval, à Paul Verlaine qui, sous l’effet de l’absinthe, décrivait sa prison de Mons comme un palais enchanté…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Binche, la belle endormie:

A 16 kms de Mons, à 14 kms à peine de la frontière française, Binche, ville romaine et médiévale tout-à-la fois, dort derrière l’intégralité (3,5 kms) de ses fortifications* heureusement conservées…

Si l’on vous parle de Charles Quint et de Marie de Hongrie, ne cherchez pas trop la belle demeure de la Princesse, de son château, il ne reste que pans de murs et fenêtres à meneaux à ciel ouvert pour vous rappeler la légendaire initiatrice du célèbre carnaval de Binche et de ses Gilles* à plumes d’autruches…

Le château comtal a laissé place à une belle pelouse* ombragée parsemée de transats…

Heureusement, la collégiale saint Ursmer a conservé de magnifiques christs* tourmentés baroques, torturés et sanglants comme des christs espagnols*: une admirable veillée au tombeau*, en pierre de Bray colorée, mérite que l’on s’attarde dans ce vieil édifice du XI ème siècle…

Si vous cherchez à vous restaurer après saturation de vieilles pierres et de patrimoine, n’attendez pas d’avoir fait le tour de la Grand Place et de ses multiples terrasses, affrontez le courroux du patron du Feu de Bengale(moules de Zélande le jeudi et le vendredi) pour déguster ses moules* en cocotte… Résistez à sa truculente méchanceté , il vous offrira café et pousse-café avant votre départ…

Si vous vous hasardez hors de la vieille ville pour gagner les faubourgs, ne manquez pas la place Art Nouveau de la gare de Binche: la Gare de Binche* (1910) rivalise avec la Gare de Metz en incongruité néo-gothique: dans son jus… le train* lui-même, reliant Binche à La Louvière mériterait d’être classé.

De beaux sgraffites* et quelques bow-Windows* aux façades de style bruxellois à la Vandevelde ou à la Horta…

Ah, la verrière* de la gare…
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TO Tomas3 Veteran ·
Des Marolles au Sablon et plus si affinités:

Bruxelles, comme Paris, ne se découvre pas en trois jours…

Cette Capitale, car Capitale elle est, mérite d’être apprivoisée, itinéraire après itinéraire…

A pied si possible, surtout pas en voiture. Une façon parmi d’autres, encore qu’ici le parking n’est pas dissuasif, est de laisser son véhicule autour de la Porte de HAL, à proximité du quartier des Marolles…

C’est entreprendre Bruxelles des quartiers bas aux beaux quartiers situés sur les Hauts.

Remontez la rue Haute et contourner la cité HELLEMANS(curiosité architecturale) pour atteindre la Place du jeu de Balle… Là, sept jours sur sept, une brocante batignolesque, façon Tour de Babel, vous surprendra par l’hétérogénéité de ses produits: on y parle toutes les langues, on n’y déniche tous les produits (contrefaits ou non, style « cul du camion… ») de l’idole Soninké au portrait de l’ancêtre bruxellois, à la manière d’un « petit maître… »

On se pose chez Marcel ou à La Clef d’or, où pour quelques euros, vous dégustez de surprenantes tartines de fromages aux radis, des « stumps » à la viande ou des œufs au lard… tout en écoutant Jojo à l’accordéon…

Sortant de la Clef d’Or, vous remontez la rue Blaes et là, si vous êtes un tantinet amateur de vieilles choses ou de modernités, vous passez d’un antiquaire à un autre, vous êtes passé de brocantes et de « chines » populaires à de surprenants marchands à la « Fabius Frères… »

Des couples fortunés ont eu l’audace de descendre du Sablon(quartier huppé) pour débattre du prix d’une lithographie début de Siècle… ou d’un chiffonnier à la Van de Velde…

Amusez vous à dénicher la maison de Bruegel aux alentours de la Rue Haute…

« ils ont entassé là, pêle-mêle, tant qu’ils ont pu, des souvenirs de monuments sur des monuments de souvenirs… Ils ont empilé de l’assyrien sur du gothique, du gothique sur du tibétain, du tibétain sur du Louis XVI, du Louis XVI sur du papou…

« c’est tellement laid que cà en devient beau… » (Octave Mirbeau)

https://www.facebook.com/pages/ebrube/389008617794896
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Le Manneken Pis n’est pas effrayant du tout:

Lorsque vous avez contourné le Sablon pour rejoindre le Boulevard de L’Empereur, vous n’êtes plus très loin du fameux « Manneken Pis »…

A l’angle de la rue du Chêne et de la rue de l’Etuve, il vous compisse insolemment malgré les mètres de tissu dont il est recouvert ( vous découvrirez que la garde-robe de ce petit personnage de bronze approche les sept cent quatre vingt costumes…(Musée de la Maison du Roi)

Ici, les paparazzi mitraillent l’idole païen, les japonais se font de plus en plus nombreux et l’ilot prend des allures de quartier Latin…

Les marchands de gaufres font fortune en proposant les garnitures et les formes les plus farfelues; de la gaufre bruxelloise aux fraises à la chantilly, à la banane, au chocolat etc…

Les files d’attente rue de l’Etuve prennent l’allure de files d’attente à l’ère soviétique…

Il vous faut désormais vous frayer un passage pour gagner les Galeries Royales ou Galeries Saint Hubert…

Ce n’est qu’à la troisième galerie que la foule devient moins dense. On se croirait dans les plus beaux passages de la Via del Babuino à Rome…

Les chocolatiers de luxe, les terrasses de café embourgeoisées, les maroquiniers raffinés, de belles librairies alternent avec d’incongrus marchands de dentelles…

On se surprend à imaginer les élégants et les élégantes promeneurs à ombrelles des siècles derniers, à l’époque où la Belgique était encore la quatrième puissance mondiale…

On change de siècle Boulevard de l’Impératrice quand on remonte au Mont des Arts en direction du Palais Royal: là, les immeubles Art Déco de la Bibliothèque Royale et du Palais des Congrès, le Palais des Beaux-arts et les Musées Royaux prennent des allures de Palais Victor-Emmanuel romain…

Quand on atteint enfin le Boulevard de Waterloo en Direction du Palais de Justice, on a l’impression d’avoir rejoint les Champs-Elysées parisiens, tant les Grands couturiers affichent leurs succursales le long du ring intérieur…

http://www.google.be/...ds3AGaXg&cad=rja
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Où Bruxelles se souvient qu’elle avait un port (4)

Le quartier Sainte Catherine:

Au pied de la première enceinte(Ring intérieur Nord-Ouest) coule le Canal de Charleroi: bordé par le quartier Sainte Catherine où coule (coulait) puisque désormais entièrement enterrée, la Senne.(notre Bièvre parisienne)

C’est le quartier de l’ancien port médiéval où, jusqu’il y a peu de temps, se faisait l’arrivage des poissons.

Les quais au bois à brûler et les quais aux briques entourent de grands bassins, survivance de l’ancienne activité du quartier.

Place Sainte Catherine, on se dispute les dégustations de moules et de fruits de mer. La Brasserie de Jaloa est un de ces établissements(qui plus est, avec jardin intérieur) offrant plusieurs niveaux de gastronomie(à marquer d’une *)

On peut choisir plus simplement le cornet de moules sur les bancs de la place: c’est affaire d’économie…

On prend plaisir à suivre le bord des grands bassins où se reflète l’église sainte Catherine pour rejoindre la Tour Noire, fichée comme une excroissance incongrue, survivance des fortifications du XI ème siècle, entre deux immeubles contemporains.

A quelques pas de là, après le baroque de Saint Baptiste du Béguinage, on se surprendra à pénétrer dans les jardins de l’hospice, toujours en activité.

Béguines de Bruges ou Béguines de Bruxelles, ces braves femmes, qui ne pouvaient payer la dot exigée par les grandes congrégations, avaient trouvé là l’occasion d’exercer une activité d’assistance contre le gîte et le couvert.

Elles disparurent, balayées par la révolution française: le code civil français n’avait pas eu l’audace d’intégrer l’indépendance et l’autonomie des béguines, femmes libres et indépendantes avant la lettre et le droit.

http://www.google.be/...E89xnGFg&cad=rja
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Bruxelles, capitale des Iguanodons?(5)

On peut flâner dans Bruxelles le nez en l’air, sans plan préconçu, on peut aussi marcher sur les traces de Bruegel ou de Roger de la Pasture, voire de Magritte, mais le plaisir le plus goûteux est de se laisser surprendre:

Pourquoi pas Bruxelles, capitale des Iguanodons?

En fait, la capitale de Philippe le Bon(mais, oui…) et cà, peu de monde le sait, est aussi la capitale européenne des dinosaures…

Le Muséum des Sciences Naturelles, non loin du Parc Léopold, ne contient pas moins de vingt squelettes complets de ces étranges bestioles de 5 m de haut et de 8 mètres de long…

Le visiteur du Musée est amené à réfléchir sur un tibia de 2 m de haut, surmonté lui-même d’un fémur de la même importance, quand il n’est pas happé virtuellement par la mâchoire d’un de ces monstres, ou quand il ne surplombe pas le dépôt argileux où ces bêtes furent découvertes en I878 (à Bernissart aux environs de MONS) par 300 mètres de profondeur…

Ce musée fait le bonheur des enfants qui sont amenés dans des ateliers de sable à retrouver les ossements de ces grands reptiles…

Parcourir les Musées de Bruxelles, particulièrement le Muséum d’histoires naturelles et les musées du Cinquantenaire, c’est aussi marcher sur les traces de HERGE, qui avait fait des collections de ces musées, un étonnant gisement d’idées et de trouvailles…

On pense à la momie de Rascar Capac dans les salles de l’Amérique précolombienne…

Un des grands plaisirs de tintinophile(mais c’est personnel) est de dénicher le célèbre fétiche « arum baya » ( après les Sept boules de cristal, on passe à l’Oreille Cassée…) Ca vaut bien la recherche de l’ancien café-concert, jadis fréquenté par Rimbaud et Verlaine, et où ce dernier révolvérisa par deux fois son jeune amant…

Quiz? Où suis-je?
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Tournai: Clovis ou Childéric?

J’ai longtemps associé l’image de Tournai à l’Histoire de France…Il s’en est fallu de peu que Clovis ne s’y fasse sacrer « roi »…

Son père, Childéric, avait choisi de s’y faire enterrer avec 21 chevaux, pas moins…et 300 abeilles d’or et de grenat…

Ces mêmes abeilles que l’on retrouve sur les manteaux d’apparat de Napoléon…

Les abeilles ont aujourd’hui disparu, elles ont été volées en I830, la tombe de Childéric aussi…

Heureusement pour les archéologues nécrophiles, les fouilles récentes du sol de la cathédrale ont mis à jour les tombes de deux évêques de l’an Mil: les deux squelettes reposent sous des plaques de verre à 2,5 mètres en dessous du niveau actuel du sol: l’un porte l’anneau épiscopal en or: il s’agit de Beaudoin Ier…

Tournai, à défaut d’être devenu la capitale d’un empire franc-salien, est aujourd’hui une aimable ville de province qui accueille le tour de France le premier week-end de juillet…mais aussi de magnifiques expositions au Musée Victor Horta.*

La municipalité a rendu piétonnes les voies sur berges de l’Escaut dans la limite des anciennes fortifications jusqu’au Pont aux trous.*

Le quartier médiéval, restauré, s’anime désormais derrière les berges tandis que la Grand Place, au pied du beffroi*, aligne ses maisons à pignons* entre Halle aux draps et brasseries…

Bien sûr, il serait dommage de quitter Tournai sans s’arrêter à la pâtisserie salon de thé du Beffroi pour y goûter « une bêtise » tournaisienne…

Les villes du Nord Picardie ont longtemps rivalisé par la taille et la hauteur de leurs beffrois, elles rivalisent aujourd’hui en trouvailles « pâtissières » qu’elles entendent classer au patrimoine immémorial de l’humanité…

http://www.google.be/url?sa=t&rct=j&q=les%20abeilles%20de%20chideric&source=web&cd=5&ved=0CFwQFjAE&url=http%3A%2F%2Fhome.scarlet.be%2Ffrater5ttr%2Farticles%2Fles%2520abeilles%2520de%2520childeric.pdf&ei=c8b_T6LKNcnIhAeclM30Bw&usg=AFQjCNFP1rIvOQ7x2lzgaQztYUcovkuFhw&cad=rja
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Mariemont, Patchwork culturel au cœur du Borinage (7)

On se représente un parc de 45 hectares, peuplé d’arbres bicentenaires et d’espèces les plus exotiques, deux châteaux dévastés par le feu par trois fois (1554-1794-1960) au milieu de ruines romantiques, des Rodin( Les bourgeois de Calais)* des Bouddhas de Kamakura*…

Au cœur de ce parc à la Yellowstone, un Musée de béton armé d’une richesse inouïe… Tout çà légué par un descendant d’une lignée d’industriels du Borinage, mort célibataire à 47 ans, collectionneur compulsif et hétéroclite…

On peut choisir de flâner dans le parc et de suivre un circuit « arbres romantiques »*, on peut aussi choisir de visiter l’exposition temporaire(le loup dans tous ses états)* on peut aussi être attiré par les somptueuses collections d’antiques* ou de porcelaines* amassées par le riche mécène…

Les ombres de Marie de Hongrie et de Charles de Lorraine hantent encore les allées du parc, mais les formes de la statue fontaine de Lambeaux*(La source-1900) sont plus chaudes et sensuelles que les bronzes bleuis des Bourgeois de Calais…

Une étonnante collection de porcelaines de Tournai concurrence les idoles de la civilisation des Cyclades, des amphores à tableaux de figure noire, quelques kouroi archaïques…

Il n’est plus besoin de fréquenter les Musées bruxellois du Cinquantenaire…Waroqué, tel était le nom de l’industriel mécène, fut un monstre d’érudition, superbement conseillé…

Alors, MARIEMONT?, une adresse à 30 kms de Mons, à 40 kms de Bruxelles, au milieu d'hêtres pourpres*, de cèdres centenaires, de séquoias de 7 m de circonférence*, de ginkgos bilobas très Art Nouveau ou de colossaux pommiers d’amour?*…
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Le domaine du Château de SENEFFE (8)

Quand on sait que WATTEAU, CARPEAUX et MATISSE sont nés à moins de cinquante kilomètres de SENEFFE, on peut raisonnablement penser que le Château de SENEFFE, sa chapelle, son théâtre, et son orangerie, sont un bon compromis dans l’esprit des trois artistes …

La visite du parc du XVIII ème siècle mélange les genres du jardin à l’anglaise (nature sauvage) et du jardin à la française(allées, étangs, grands bassins, jardins de buis savamment taillés…)

Selon que l’on y accède par l’entrée Est ou la façade Ouest, l’image n’est pas la même..

L’EST est monumental et versaillais avec sa cour pavée et ses colonnades d’antiques*, La façade Ouest* est beaucoup plus anglaise, bordées de pelouses , de bassins à fontaines et de jets d’eau…

Le modernisme et la modernité apportent une touche d’incongruité le long des allées et des bosquets: des haut-parleurs perchés restituent des conversations de Marquis et de Marquise de Sévigné, au coin d’une volière ou au creux d’un bosquet…

On ne peut que se rappeler le Petit Trianon quand on découvre la volière ou le petit théâtre*:

Heureusement, l’Orangerie a perdu sa destination d’antan, c’est désormais un somptueux restaurant contemporain, de verre, d’aluminium et de béton…

Sans fausse note, on passe de la grande salle de bal de l’Orangerie, que l’on réserve encore aux noces et aux banquets, à une verrière très XXI ème siècle, qui ne déparerait pas le Guggenheim de Bilbao…

Les belges, bons enfants, en ont fait une de leurs haltes préférées lors de leurs circuits en vélos et des pelotons de cyclistes chamarrés dégustent des pintes de bière à l’ombre des pots à feu Louis XVI…
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http://www.google.be/...biw=1350&bih=578

Le Grand Hornu, où comment transformer une friche industrielle en Musée d’Art Contemporain (9)

L’image de la Wallonie est à ce point écornée par l’effondrement des Charbonnages et du tissu industriel du Borinage que construire sur une friche industrielle du premier quart du XIX ème est un remarquable challenge…

Cette friche n’était pas aussi erratique que çà: Monsieur De GEORGE, le paternaliste concepteur du site, avait du FOURIER et du Nicolas LEDOUX à la fois…

Il suffit de traverser ce qu’il reste des salles des machines des anciens bâtiments industriels pour les confondre avec les ruines d’un cloître romano-gothique..

La grande colonnade qui sépare le « château DEGEORGE » des ateliers n’est pas banale non plus…

Pierre HEBBELINCK, l’architecte du projet en 1989 , a conservé le bâti existant, murs de briques et colonnades, pour y faire éclore, pierres bleues au sol et enduits blancs, un ensemble dédié aux Arts contemporains de toute beauté…

Les expositions les plus variées, destinées aux publics les plus divers, trouvent ici un cadre somptueux, que ce soit l’orfèvrerie brésilienne, le photographe Jacques François ou des spectacles-vivants pour enfants…

L’installation dans les lieux de deux niveaux de restauration, une cafeteria et un restaurant gastronomique, une librairie au fond de livres et de reproductions artistiques dignes des Musées Nationaux, ajoute au site des attraits indéniables…que ce soit pour les grands ou pour les petits…

Grand Hornu a le double mérite d’être sur un parcours d’un sentier de grande randonnée et d’une piste cyclable: on peut aussi le découvrir à pied ou à vélo après avoir affronté les pavés du Nord et le décor des cités minières d’autrefois: une curiosité incongrue…

http://www.google.be/search?q=nicolas+ledoux&hl=fr&client=firefox-a&hs=Mw0&rls=org.mozilla:fr:official&prmd=imvnso&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ei=ebgDUOyIKMWChQfohYiLCA&ved=0CGIQsAQ&biw=1350&bih=578
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Pourquoi Blankenberge?(10)

Sur les 67 kms de bord de mer belge, il y a OSTENDE, ZEEBRUGGE, LA PANNE, DE HANNE, alors pourquoi Blankenberge ? À quelques kilomètres de Bruges…

Pour Mania, la marchande d’Art, qui s’est retirée dans une maisonnette de pêcheurs à Parkstraat ? Pour l’immense plage de 3,3 kilomètres de long et son front de mer très béton?

Pour le PIER? Ce chalet en bout de ponton qui sert de succulentes soupes de poissons?

Pour le parcours Art Nouveau d’une station balnéaire qui eut le bonheur d’être la coqueluche des bruxellois à l’aube du XX ème siècle?

Blankenberge a des charmes secrets: il faut laisser le front de mer aux touristes entre le Casino et le PIER pour s’égarer Elisabetstraat dans le quartier Art nouveau…

Ca ne vaut pas Ixelles ou Saint Gilles, mais c’est un avant-goût de tous les sgraffites et autres explosions de ginkgo bilobas de verres ou de céramiques belges…

On est ici à l’abri de cette terrible bise qui vous rend très vite inhospitalier le front de mer…

Heureusement, les plagistes blankenbergois ont réussi de belles trouvailles en matière de mobilier de plage: les couleurs des cabanons, alliées à celles des transats donnent des allures de Hampton ou de Key West à cette grande station populaire…

On y parle flamand, mais le français est partout parlé et compris. Choisir un établissement où les moules seraient meilleures qu’ailleurs, et que les blankenbergois affectionneraient particulièrement: derrière le port de plaisance, au bout du chantier de radoub, une adresse confidentielle, très prisée des locaux, où il convient de réserver…

Blankenberge a des charmes secrets qu’elle ne demande qu’à dévoiler…
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Blankenberge Art Nouveau (2) à la manière de Jacques Prévert:

chanson pour chanter à tue-tête et à cloche-pied:

Des paons sur azulejos Un couple de pêcheurs Une cruche pas tout-à-fait verte Une cruche plus modeste

Une sirène sur un pot de fleurs Des guirlandes sur le vitrail Où se mire un paon au soleil levant

Des bourgeois festoient Au Bon Marché Delhaize Leurs dames sont aux courses

En fond, la jetée-promenade Et les bains de mer Les plages de ZEEBADPLAATS Déshabillez-moi

Sur un bon arôme de café Les clochettes de l’arc-boutant Narguent les fleurs de fer forgé

Plus loin, nénuphars et libellules Sur une double porte gravée de paons Un cygne et une libellule conversent Sur des carrelages à l’ancienne Comme aux Jardins GUELLS
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Les chaussées Brunehaut mènent toutes à BAVAY…(11)

C’est fou le nombre de chaussées BRUNEHAUT que l’on trouve entre ARRAS et COLOGNE…

La plupart du temps rectilignes sur des dizaines de kilomètres, elles revêtent en fait les anciennes voies romaines de l’Europe du Nord entre COLOGNE, AIX-LA-CHAPELLE, TRÊVES, BAVAY et ARRAS…

BAVAY, l’antique BAVACUM (à la frontière belgo-française) était au croisement de pas moins de sept voies romaines…plusieurs chaussées Brunehaut partent de cette paisible bourgade frontalière qui fut jusqu’au quatrième siècle de notre ère une des capitales régionales de l’empire romain…

La formidable basilique et le Forum n’ont été découverts que récemment à l’occasion de chantiers privés, ils n’ont d’ailleurs pas été complètement dégagés de leur gangue de terre: on imagine ce qu’il faudrait détruire de la petite ville pour restaurer l’intégralité des bâtiments de l’ancienne Bavacum…

Les ruines romaines de Bavay sont plus modestes que celles de OSTIA ANTICA, le port de Rome, mais en gardent les apparences architecturales: piliers de pierres bleues alternés de briques, larges dalles de l’antique forum et des via romana dégagées, on trouve encore des traces d’ enduits peints…

Le musée archéologique local a fait appel à toutes les techniques modernes de reconstitution informatique virtuelle pour transporter ses visiteurs dans le Bavay du I er siècle de notre ère…

La mode reconstitution « in vivo » vous permet de côtoyer dans le Musée des guides transformés en sénateurs en toge curule ou de belles servantes aux pieds nus…

Des ateliers d’initiation à la mosaïque ou à la fabrication de pigments naturels vous aident à retrouver les techniques et les procédés de nos lointains conquérants: nous avons gardé beaucoup de leurs savoir-faire…

B
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Caillou qui bique: sur les traces d’Emile Verhaeren (12)

A 20 kms à l’Ouest de Mons, à cheval sur la frontière française, la Vallée et les gorges de la Honnelle: un nom de lieu-dit étrange : « caillou qui bique », et, nichée sous ce caillou, la résidence d’été du grand poète belge: Émile Verhaeren.

On a tous appris plus ou moins une strophe du poète des jours et des heures. Au fil du temps, on découvre que ses amis célèbres, Stefan Zweig, André Gide, Éric-Maria Remarque, lui ont rendu visite au fond de ce vallon..

On a envie de découvrir cet étrange « Ferney » du poète flamand. Le lieu ne serait pas célèbre à cause de la renommée de Verhaeren, il vaudrait par la rupture du rythme qu’il impose au « plat pays »…

On retrouve ici collines et escarpements, torrents courant au fond de gorges humides…Les estaminets et les guinguettes fleurissent de part et d’autre de la frontière et il faut se lever tôt le dimanche pour dénicher un coin de table au bord de la rivière…

On comprend l’attrait du poète pour ce pays de jonquilles, de prairies grasses et hêtraies denses aux odeurs de champignons.

Le plaisir est de gagner à pied la maison du poète, soit en partant de Roisin, le village médiéval, fief des Baudry de Frameries… soit de ONNEZIES, au centre du Parc Naturel des Hauts Pays…

De Onnezies, part le circuit des Pierres Émile Verhaeren, parcours fléché et émouvant de quelques kilomètres où l’on marche, de stèle en stèle, sur les traces du poète. De loin en loin, des pierres gravées des vers de l’auteur.

Au retour, comme par hasard, on se surprend à relire ce poète oublié, en se remémorant qu’il fut, non sans raison, ami de Verlaine et de Rilke…
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Au-delà de Dinant coule la Meuse (13)

A 87 kms de Givet, au Nord de Dinant, si l’on remonte la Meuse au plus profond des Ardennes, une ancienne ville de garnison au passé tumultueux, Charleville-Mézières, s’enorgueillit d’être la ville Arthur Rimbaud, le poète aux semelles de vent…

Ce n’est plus le Hainaut, c’est désormais l’outre-Hainaut, au-delà d’Avesnes et de Fourmies.

On peut d’ailleurs choisir cet itinéraire-là, l’itinéraire Ouest, le long de la frontière, pour gagner Charleville.

On sera d’ailleurs étonné, si l’on arrive par une belle journée d’été, de trouver la ville du poète aussi belle, lui qui maudissait ses grisailles dans ses cahiers d’écolier.

La ville garde l’empreinte d’une architecture très XVII ème siècle, avec sa place ducale et la Meuse qui paresse le long de ses quais…

L’itinéraire Rimbaud jongle avec la maison d’enfance, le collège, la maison d’adolescence, le Musée et bien sûr, le cimetière où repose le poète sous de grands buis…

De cet itinéraire hétéroclite, on retient surtout la valise de cuir avec laquelle Rimbaud revint pour solde de tout compte et complètement gangréné de son périple à l’Ouest d’Aden, mais aussi la maison bourgeoise de son adolescence où le poète révolté fut couvé par Madame Rimbaud et sa sœur Isabelle.

Sous le Musée, coule la Meuse et ses sonnets…

Rimbaud, brûleur de vie, grand marcheur avant la lettre, repose aux côtés de sa tendre sœur Isabelle, sous des buis démesurés qui semblent avoir pris la mesure de sa courte vie .

Au Musée, une reproduction du célèbre « coin de table « de Fantin-Latour et le portrait d’Isabelle Rimbaud…au cimetière, une boîte aux lettres « Arthur Rimbaud », d’or et de rayons de lumière…

Au retour de ce périple, on relit Rimbaud avec plus de ferveur…
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Watteau, Carpeaux, Borloo, cherchez l’intrus…

On n’associe pas forcément ces trois personnages à Valenciennes…et pourtant, chacun a laissé des traces dans cette ville à la frontière du Hainaut occidental, ville chargée d’histoire et de patrimoine…

Des trois, Carpeaux, l’enfant du pays , a laissé ses plus belles œuvres(sculptures, peintures, dessins) au Musée qui porte son nom. On y prend conscience très vite qu’il fut un très grand sculpteur, dans la ligne des Canova, des Rude ou de Rodin…

Une tête de négresse ou l’empreinte du pied s’imprimant dans les chairs d’une naïade fléchie donnent à ces œuvres de pierre une impression de vie…on pense à certaines œuvres de la villa Borghèse…

La saga du chien Nero et de son maître, le fils de Napoléon III confirme cette intuition: Carpeaux anime ses œuvres, l’impression perdure dans une tête de jeune homme hurlant ou dans cette allégorie de vieillard , assis , nu et abandonné…

Ses contemporains ne s’y sont pas trompés: il laisse un très court passage(il est mort à 48 ans) dans l’histoire de l’art au XIX ème siècle, mais l’importance de ses productions compense sa disparition.

Si l’on songe que Matisse était né à Cateau Cambrésis , qu’Antoine Watteau était aussi un illustre valenciennois, que Roger de la Pasture (Van der Weyden) était de Tournai, Roland de Lassus de Mons, on constate que cette terre du valenciennois a donné de grands artistes, sculpteurs, peintres, musiciens, dont la renommée a largement franchi les frontières du Hainaut et de l’Avesnois…
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TO Tomas3 Veteran ·
Couleurs de l’impressionnisme:

« couleurs de l’impressionnisme », c’est le titre d’un atelier du Musée des Beaux Arts de Valenciennes. Parents et enfants sont invités à suivre un parcours à thème au hasard de salles d’exposition judicieusement choisies, puis dans les sous-sols du Musée, dans un atelier spécialement aménagé, découvrir et pratiquer les fondamentaux d’un art plastique…

Il peut s’agir de modelage en initiation à la sculpture d’argile, il peut s’agir de tachisme en initiation à un courant pictural ou à une technique de la palette…

En l’espèce, il s’agissait de l’impressionnisme: passionnant et convaincant…

On part ainsi d’une nature morte flamande « au jambon »* où l’on est invité à repérer et découvrir les techniques de base du peintre, à une marine où il faut découvrir les jeux de couleurs…

On est amené à admirer le portrait d’une paysanne napolitaine(le parcours n'est fait que de chef-d’œuvres) pour terminer par une « jeune femme au bain »…ici, les couleurs priment sur le dessin, les formes s’estompent, le sfumato disparaît au profit d’une gouache raclée…

Dans quelques instants, tous autour d’une grande table de travail, armés de pinceaux et de gouache, le public attentif du groupe apprendra à combiner en jouant les couleurs primaires et les couleurs secondaires, puis à les mettre en pratique.

Plein de petits Signac et de petits Seurat vont apprendre sous l’aile tutélaire ou la main d’un grand (père ou mère) comment les petits ruisseaux font de grands fleuves…

Les chères têtes blondes repartiront avec leur rouleau de Velleda, tâché et coloré, les doigts pleins de gouache…

Certains parents oseront encadrer, comme un premier trophée, des dessins d’enfants inspirés…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Profiteroles à la flamande ou gaufres bruxelloises?

Quand on déguste, place aux oignons à Lille, chez le « vieux de la vieille », une profiterole à la flamande, on oublie gaufres bruxelloises ou liégeoises pour se concentrer sur sa kriek…

Certes la place aux oignons ne vaut pas les salons Meert, mais au moins, on ne fait pas la queue et on est servi avec célérité…

Le parcours gourmand lillois peut démarrer place Rihour, au café Leffe par exemple, pour se poursuivre à l’Huitrière, en snobant toujours les salons Meert…

Il est à l’image du vieux Lille: on se laisse surprendre par des arrière-cours où d’anciennes écuries sont transformées en « resto-épicerie fine »…

Des devantures art nouveau sculptent des annonces « pâtisserie-confiserie » ou « huitres-escargots-coquillages » qui forcent votre regard, vous obligent à vous arrêter, à résister ou ne pas résister…

Certes, les profiteroles à la flamande, à force de nappage de chocolat chaud, sont un peu écœurantes et vous font regretter le saupoudrage de sucre-glace de la gaufre liégeoise, mais le parcours Antoine Watteau sous de surprenantes HALLEKERKE vous remet rapidement en selle…

Lille est ainsi faite que cette mégalopole vous semble un gros village entre Collégiale Saint Maurice et Notre Dame de la Treille…

Contrairement à Bruxelles, elle n’est pas montueuse et les bicyclettes en raffolent, et, pour le confort des piétons, elle a su recouvrir ou faire disparaître ces affreux pavés inconfortables des villes médiévales de Flandre.

Alors un râble de lapin au Café Leffe ou des moules de Zeebrugge à l’Huitrière? Les flamands ne s’y trompent pas, les anglais non plus, ils sont nombreux à flâner entre la statue du petit Quinquin et les arcades de la Vieille Bourse, et les terrasses parlent toutes les langues du Nord…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."

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