Retour au Cambodge
by Hialle
This discussion is in French, the community’s main language.
Original post
Ca y est, je suis arrivee en Asie. Je ne suis pas la ou je voulais, mais j'y suis.
La journee du 23 octobre aurait pu mieux commencer. Mon homme partait en meme temps que moi de notre hotel a Paris pour aller bosser. A 6h15, on sort, il pose son sac et une merde de chien subreptissement se retrouve dessous (sous le sac). Mais non, c'est pas un mauvais presage.
Un bisou, les yeux en capote de fiacre, et on part chacun de notre cote.
Une heure apres, je suis a CDG, carrement en avance pour enregistrer. Il faut maintenant passer par des bornes. Impossible d'y arriver seule, ca ne passe pas. Un mec de l'aeroport m'aide, il m'enregistre pour Paris Amsterdam, mais ne peut pas le faire pour Amsterdam Bangkok. Ce gros malin me dit que l'avion doit etre deja complet. Je blanchi et il insiste : c'est comme ca, maintenant, tous les vols sont surbookes.
Je me vois mal passer des jours toute seule a Amsterdam.
Au comptoire, ils sont deja un peu plus malins, il y a certainement eu une selection dans les competences. La femme sympa me dit : mais non, puisque votre bagage va a Bangkok, vous y allez aussi. Il reste sans doute de la place. Vous enregistrerez de nouveau a Amsterdam, vous verrez, c'est tout simple. Soit !
Je reste donc sagement a la porte dont le numero corespond a celui de mon ticket d'embarquement. Il y a bien marque Amsterdam, mais pas grand monde. Une femme me dit que la porte est bien plus loin et que de toute facon, tous les vols pour Amsterdam sont retardes !
Je change donc de porte, me renseigne et un beau gars a l'allure de pilote me dit qu' on va embarquer, aucun retard. Trois minutes apres, ils annoncent plus d'1h30 de retard, et en fait, ils ne savent rien.
Je commence un peu a bouillir, je n'avais pas beaucoup de temps pour faire un nouvel enregistrement a Amsterdam.
Bref, apres etre restes longtemps coinces dans l'avion, on est parti et on est meme arrive a Amsterdam. Inquietude pour beaucoup de passagers. Tout le monde etait en transit, beaucoup savaient que leur avion etait deja loupe.
La famille a cote de moi allait aussi a Bangkok, on a fait equipe. Dans l'aeroport, un bordel sans nom, du monde partout, pas grand chose d'affiche, mais il fallait qu'on fasse tres vite.
Re-bref, on reussit a s'enregistrer tous les 6, avec juste un truc pour les bagages qu'on n'a pas trop compris.
On finit par trouver la porte, passer la securite... et monter dans cet enorme avion.
Ma place est devant les portes de secours. On nous donne plein d'instructions pour ces places en cas de pepin. Il faut etre valide, adulte, bien y voir (j'ai mis mes lunettes pour lire le truc) et aider le personnel navigant a evacuer les passagers. On se sent carrement investis d'une grande mission. Les deux russes a cote de moi ont compris encore moins de chose que moi, mais sur, on les aidera !!!.
11 heures apres, enfin, on atterrit. Passage de douane rapide, un douanier voyant la famille avec enfants est venu l'aider, et comme je suis devenue une "amie" de la famille, je suis passee avec. Ils allaient a l'hotel Sheraton, ils ont mis la meme chose sur ma fiche.
On atttend les bagages, on attend les bagages..... pas de bagages. Quelqu'un vient nous voir : vous venez d'Amsterdam ? vos bagages y sont restes. Bazard de bazard, je devai partir aussi sec en bus pour le Cambodge, c'est loupe. Avec la famille, on fait de nouveau equipe pour y comprendre quelque chose. On nous explique qu'ils sont censes arriver demain matin. Je demande a la femme si elle peut me les envoyer au Cambodge : non.
Voyant mon embarras, elle me dit de la suivre 10 m plus loin et me donne 50 dollars comme ca, sans recu ni rien en m'expliquant qu'elle ne peut le faire pour les autres passagers, on est trop a etre dans le meme cas..
Du coup, on prend un taxi et on file sur Bangkok au Sheraton. Si je veux une chambre, c'est 270 dollars...... j'irai ailleurs.
Finalement, on s'est balade toute la journee dans les canaux de Bangkok en bateau, flane dans les ruelles pour finir au bord de la piscine du Sheraton. Elle est pas belle la vie ????
Demain, si tout va bien, je prends la route khmere.
Pascale.
Dimanche 23 octobre
Bon! ce soir, me voila rassuree. Avec mon sens de l'orientation extraordinaire qui m'a fait faire plein de detours la semaine derniere dans Paris... et sans mon homme qui lui connait une ville avant meme d'y aller, je craignais d'arriver en Birmanie ou au Laos.... mais non. Je m'etonne moi meme, je suis bien au Cambodge, exactement la ou j'avais prevu d'aller. Faut dire quand meme que ce n'est pas moi qui conduisais.
Leve 5h pour etre le plus tot possible a l'aeroport. Un p'tit cafe dans la rue, un mini bus, et a 7h... China Airlines, me voila. Deja, faut trouver quelqu'un dans cette immense zone de passage qui puisse me renseigner. Drole de couple, sur ce banc... une jeune thai d'une 20aine d'annees avec un vieux de plus de 70 ans, les doigts entrelaces... c'est beau l'amour, quand meme (bof), mais la jeune fille a un petit air d'ennui manifeste. Pour etre depanne, il faut prendre un petit air triste, desempare, perdu... et ca marche! un homme m'a prise en charge et m'a fait traverser tout l'aeroport, ouvrant des portes interdites, des couloirs pour que je me trouve exactement au meme endroit que 24 heures plus tot, a l'arrivee de l'avion d'Amsterdam. Il me dit de rester la, qu'il allait se renseigner et eventuellement m'amener mon sac. Je regarde les gens sortir de l'avion, l'air encore endormi, les cheveux en bataille. Ils recupere leur valise. Je sens un peu de jalousie monter en moi. Regulierement, je guette la porte par laquelle l'homme est cense arriver avec mon sac, personne. Pourquoi a ce moment la, mes yeux se sont portes sur le tapis des bagages... toujours est-il que tout d'un coup, je decouvre le mien au milieu des autres, qui tourne tranquille. J'y crois pas. Mais un sac comme le mien, il n'y en a pas 36. Violet, un peu use, sans roulette. Je me surprend a crier "YESSSS!!!". Les autres voyageurs me regardent etonnes, mais tant pis, je ne vais pas leur raconter ma vie, pas grave s'ils me prennent pour une folle.
Je file vers l'exterieur pour aller a la station de taxi. On dirait la nana qui connait par coeur l'aeroport de Bangkok... facile, le reperage etait fait de la veille. Un taxi... et voila la gare routiere d'Ekamai en vue. La circulation est particulierement fluide. Je prends un ticket pour Trat, une ville proche de la frontiere. Super bus, climatise, avec meme un personnel de bord qui sert a boire et une sorte de gateau (a eviter). Superbe campagne toute verte. Bonne papote avec un couple d'americain en retraite en balade. Ce qui m'enerve dans ces cas la, c'est qu'ils comprennent hyper bien ce que je dis, mais de mon cote, je ne comprends pas le 1/3 de ce qu'ils disent. Je fais oui de la tete avec le sourire et ils pensent que j'ai tout saisi. 5 heures apres, voila Trat et sa petite gare routiere. Le bus suivant, c'est facile c'est marque "Cambodia Border". Impossible de se louper. Le driver me vend un ticket, tout surpris que je lui donne l'accompte sans lui demander le prix. J'adore ces moments ou l'on passe pour ce qu'on n'est pas : la fille qui connait tres bien le systeme et qui ne se fera pas avoir. Le bus partira quand il sera plein. Au bout d'une demie heure, c'est bon. Le driver me dit de monter devant... la meilleure place. En fait, il avait envie de papoter et m'a fait la tchat tout le trajet. Il a 54 ans, deux fils, et travaille tous les jours ! Plus un seul passager, tout le monde est descendu bien avant la frontiere.
Le moment redoute arrive. La frontiere. Je ne suis pas descendue du minibus que des hommes prennent mon sac pour le porter. Je suis peut etre une fille et mon sac est peut etre lourd, mais j'ai envie de franchir toute seule la frontiere a pied avec mon sac. Formalite d'usage pour sortir de Thailande. Et j'avance vers le Cambodge. Ca y est, j'y suis. Avant le visa, petit examen medical au cas ou j'aurai la grippe avec prise de temperature dans l'oreille. J'ai 34.7. Ils me demandent si je vais bien, je reponds bien sur tres bien. Pour le visa, le douanier me demande 1200 baths. Je lui dis que le prix est de 1000 baths, mais je sais bien que la, ce n'est pas moi qui vais gagner. Alors il me dit OK... 1100 baths. Bienvenue au Cambodge ! meme le prix du visa se discute!
Mais ca y est, j'y suis. J'ai encore 15Km a faire avant d'arriver a l'orphelinat de Koh Kong, ils seront faits en moto. Je dis au driver quand meme de ne pas rouler trop vite. Il a mon gros sac entre les jambes, la route est glissante et pleine de boue rouge apportee par la derniere pluie, et je n'ai pas de casque evidemment. Il roule hyper prudemment, evitant les gros nids de poule emplis d'eau. On croise une autre moto. Un homme conduit, une femme derriere avec un enfant sur les genoux. Elle tient au dessus d'elle une perfusion a bout de bras. Celle de l'enfant. C'est aussi ca, le Cambodge.
Voila enfin l'orphelinat, les enfants accourent en entendant la moto et me reconnaissent. Ils sont tout sourire, certain font meme des calins... punaise, ca valait bien le deplacement !
Pascale.
Hello Pascale 🙂
Un carnet de toi ne se rate pas... Me voilà donc partie pour de nouvelles aventures.. Qui me font déjà frissonner rien qu'en lisant ta (més)aventure Paris- Amsterdam-Bangkok, tout simplement parce que je vais emprunter ce chemin-là dans quelques temps... La trouille que tu me donnes 😮 !
Bon, je zappe autant que possible cette partie du carnet et j'attends le Cambodge avec impatience..
Dolma
Un carnet de toi ne se rate pas... Me voilà donc partie pour de nouvelles aventures.. Qui me font déjà frissonner rien qu'en lisant ta (més)aventure Paris- Amsterdam-Bangkok, tout simplement parce que je vais emprunter ce chemin-là dans quelques temps... La trouille que tu me donnes 😮 !
Bon, je zappe autant que possible cette partie du carnet et j'attends le Cambodge avec impatience..
Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
salut pascale
vivement le 25 octobre , je t avoue aprés la journée du 23 j ai cru a un post ovni😏 bon j ai compris on va suivre tes pas , compte sur moi pour la suite de tes aventures je te souhaite pas bon voyage puis que c est fait, mais me souhaite une bonne fucture lecture a plus benoit
ps petit rajout la photo de pseudo c est bien des gosse qui plongent dans le tomlé sap?
vivement le 25 octobre , je t avoue aprés la journée du 23 j ai cru a un post ovni😏 bon j ai compris on va suivre tes pas , compte sur moi pour la suite de tes aventures je te souhaite pas bon voyage puis que c est fait, mais me souhaite une bonne fucture lecture a plus benoit
ps petit rajout la photo de pseudo c est bien des gosse qui plongent dans le tomlé sap?
Et bonjour Dolma 🙂
surtout ne t'en fais pas pour le chemin que tu vas emprunter, il se fait les doigts dans le nez. Franchement, aucun souci et vraiment beaucoup de plaisir. Bon, si vraiment t'as la trouille, appelle moi, je t'accompagne 😉
Ne zappe pas trop... ce voyage au Cambodge fut différent des autres. Je n'ai pas visité réellement, j'ai rendu visite... et ça, c'est super ! Mais du coup, le carnet de voyage aura peu d'intérêt "touristique".
Tu pars quand ?
surtout ne t'en fais pas pour le chemin que tu vas emprunter, il se fait les doigts dans le nez. Franchement, aucun souci et vraiment beaucoup de plaisir. Bon, si vraiment t'as la trouille, appelle moi, je t'accompagne 😉
Ne zappe pas trop... ce voyage au Cambodge fut différent des autres. Je n'ai pas visité réellement, j'ai rendu visite... et ça, c'est super ! Mais du coup, le carnet de voyage aura peu d'intérêt "touristique".
Tu pars quand ?
Pascale.
Salut Benoit,
tu me mets la pression 😉😉, j'espère que la suite ne te décevra pas, mais c'est un voyage un peu particulier que j'ai fait. Il y aura peu de "bons tuyaux" à prendre.
Tu peux quand même me souhaiter un bon voyage, comme tout le monde sur VF, je prépare le prochain... qui sera loin de l'Asie 😎
PS : la photo avec les gamins qui plongent, c'est juste derrière le Taj Mahal. Un sacré moment qu'on avait passé avec eux !
tu me mets la pression 😉😉, j'espère que la suite ne te décevra pas, mais c'est un voyage un peu particulier que j'ai fait. Il y aura peu de "bons tuyaux" à prendre.
Tu peux quand même me souhaiter un bon voyage, comme tout le monde sur VF, je prépare le prochain... qui sera loin de l'Asie 😎
PS : la photo avec les gamins qui plongent, c'est juste derrière le Taj Mahal. Un sacré moment qu'on avait passé avec eux !
Pascale.
tu me mets la pression 😉😉, j'espère que la suite ne te décevra pas, mais c'est un voyage un peu particulier que j'ai fait. Il y aura peu de "bons tuyaux" à prendre.
Tu peux quand même me souhaiter un bon voyage
salut pascale
c est parfait les carnerts trop tarifés c est pas trop mon truc😉 j aime bien ton sens de l humour continue bien et bon voyage😏 benoit
Tu peux quand même me souhaiter un bon voyage
salut pascale
c est parfait les carnerts trop tarifés c est pas trop mon truc😉 j aime bien ton sens de l humour continue bien et bon voyage😏 benoit
Je ne zappe que le Paris-Amsterdam-Bangkok -que je découvrirai le 2 mars prochain !!
Et tant mieux si ton récit c'est autre chose que le Cambodge touristique, il ne pourra que me ravir encore davantage 🙂
Dolma
Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
Excellent !
Je te suivrai aussi avec plaisir, j'ai mis cette discussion ''sous surveillance'' (j'aime bien le terme 😎).
Continue comme ça, je suis impatient de lire la suite.
Merci pour ce petit mot sympa 🙂, mais ma "mise sous surveillance" me donne la pétoche.
Je vais essayer d'être à la hauteur 😮
Un peu moins "d'aventure", davantage d'emotion avec ces gamins de l'orphelinat de Koh Kong. On dirait, pour les petits, des chatons qui ont besoin de se blottir dans des bras, jouer et faire des calins.
L'orphelinat compte une bonne vingtaine d'enfants de 4 à 23 ans et quelques. Il a été repris en main il y a quelques années par Roger Barthas, qui a donné le flambeau à Alina.
Anne-Marie, une femme energique d'un peu plus de 60 ans y reste à demeure en tant que bénévole pour une longue durée. On a fait connaissance en février dernier, c'est quelqu'un qu'on ne peut pas oublier.
J'ai retrouve cette petite ville avec un immense plaisir, reconnaissant les lieux depuis fevrier qui n'ont pas change, le marché, les ruelles, le grand pont japonais. Drôle de sensation de se retrouver dans cette ville avec l'impression de la connaitre, là bas, à l'autre bout du monde. On y retrouve presque des petites habitudes et malgre mon sens de l'orientation lamentable, le bicyclette roule toute seule pour aller de l'orphelinat à la ville, puis au marché puis au bord du fleuve. Même dans le marché, retrouver le petit vendeurs de couteaux où je m'etais arretée l'an passé pour acheter un outil pour éplucher les noix de coco (indispensable en France 😉).
Gros boulot cet aprem avec les gamins de l'orphelinat, un tas de quelques metres cube de sable à deplacer, un sable bien mouillé par la grosse pluie de la 1/2heure precedente. Pour le faire, une pelle, deux rateaux, un seau, deux paniers en bambous, des petites pelles en plastics et une quinzaine d'enfants d'un age moyen de 8 ans. L'inventeur de brouettes a dû oublier le Cambodge. Increvables, ces gamins. Au debut, j'hesitais à trop les charger, mais ils en redemandaient toujours voulant porter plus lourd que le copain. Ils allaient vite en plus et trouvaient que je mettais du temps à remplir leur panier, ca les faisait rire. Un grand soleil chaud brillait juste apres une belle grosse pluie, une humidite terrible partout, je suais à grosses gouttes, mais impossible de s'arreter, je ne pouvais declarer forfait puisqu'eux ne demandaient que ca. Même la petite Chan (la petite de 4 ans abandonnee dans la forêt en janvier dernier), portait de grosses pelletés de sable en riant avec ses copines. C'est qu'elle a beaucoup changé depuis l'annee derniere. Elle a pris des centimetres, c'est une "grande" maintenant par rapport aux dernieres arrivées. Tout en pelletant, j'en arrivais à souhaiter un gros orage soudain qui nous oblige à s'arreter. Chacun avait un outil en main, personne ne râlait, le travail se faisait.
Finalement, le tas de sable s'est deplacé et la fin de journee est arrivee vite. A 6 heures, la nuit decide de s'imposer. Longue discussion avec Makara et Samath, deux grands de 17-18 ans. Leur probleme est complexe. Ils veulent faire des études, mais le coût est autrement plus élevé que lorsqu'ils sont à l'orphelinat. Il faut aller sur Phnom Penh, se loger, les études sont payantes et au niveau bourse, je ne suis pas tres certaine que cela existe. Il n'y a rien en place pour qu'ils puissent etudier, hormis peut être la pagode pour Samath. Gros dilemne, comment leur expliquer qu'on ne peut assurer la totalité du coût de leur études, qu'on peut juste les aider. Pour ces jeunes adultes, quand on est francais, on peut tout s'acheter, l'argent n'est pas un probleme. En fait, ils comptent sur nous pour leur avenir d'etudiant.
Pendant qu'on discute, les autres petits sont autour de nous, riant, jouant, insoucients. Ils sont heureux, ces gamins. Les petites se disputent mes genoux, mais jamais ça ne pleure. Celle qui est sur les genoux se serre contre moi dès qu'une autre s'approche, alors elles s'escaladent entre elles, se cassent la figure, rigolent et remontent. Les gamines sont à croquer. Les garçons un peu plus distants, ils ne montent pas sur les genoux, mais jouent à la provoc et passent derriere faire des chatouilles.
A l'heure de la douche, chacun y va, les petits d'abord qu'il faut shampouiner, savonner, rincer, sécher... Avec le shampoing, facile de faire des coiffures delirantes avec des mèches dans tous les sens. Seances photos et fous-rires assurés.
Pas de lumiere au vélo, donc difficile de rester trop tard. Les petites veulent un dernier câlin, un dernier bisou, et je regagne ma chambre de 9 mètres carrés. Avec un peu de chances, je ne verrai pas ce soir deux grosses bêtes carapacées grosses comme le pouce sans compter les antennes. De toute facon, celles d'hier sont décédées suite à un coup de tongues. Je sais, ce n'est pas tres bouddiste, mais c'etait elles ou moi.
J'enfourche ma bicyclette et rentre dans la nuit noire avec dans la tête les rires des petits qui raisonnent encore et les inquiétudes des grands face à leur avenir.
Un peu moins "d'aventure", davantage d'emotion avec ces gamins de l'orphelinat de Koh Kong. On dirait, pour les petits, des chatons qui ont besoin de se blottir dans des bras, jouer et faire des calins.
L'orphelinat compte une bonne vingtaine d'enfants de 4 à 23 ans et quelques. Il a été repris en main il y a quelques années par Roger Barthas, qui a donné le flambeau à Alina.
Anne-Marie, une femme energique d'un peu plus de 60 ans y reste à demeure en tant que bénévole pour une longue durée. On a fait connaissance en février dernier, c'est quelqu'un qu'on ne peut pas oublier.
J'ai retrouve cette petite ville avec un immense plaisir, reconnaissant les lieux depuis fevrier qui n'ont pas change, le marché, les ruelles, le grand pont japonais. Drôle de sensation de se retrouver dans cette ville avec l'impression de la connaitre, là bas, à l'autre bout du monde. On y retrouve presque des petites habitudes et malgre mon sens de l'orientation lamentable, le bicyclette roule toute seule pour aller de l'orphelinat à la ville, puis au marché puis au bord du fleuve. Même dans le marché, retrouver le petit vendeurs de couteaux où je m'etais arretée l'an passé pour acheter un outil pour éplucher les noix de coco (indispensable en France 😉).
Gros boulot cet aprem avec les gamins de l'orphelinat, un tas de quelques metres cube de sable à deplacer, un sable bien mouillé par la grosse pluie de la 1/2heure precedente. Pour le faire, une pelle, deux rateaux, un seau, deux paniers en bambous, des petites pelles en plastics et une quinzaine d'enfants d'un age moyen de 8 ans. L'inventeur de brouettes a dû oublier le Cambodge. Increvables, ces gamins. Au debut, j'hesitais à trop les charger, mais ils en redemandaient toujours voulant porter plus lourd que le copain. Ils allaient vite en plus et trouvaient que je mettais du temps à remplir leur panier, ca les faisait rire. Un grand soleil chaud brillait juste apres une belle grosse pluie, une humidite terrible partout, je suais à grosses gouttes, mais impossible de s'arreter, je ne pouvais declarer forfait puisqu'eux ne demandaient que ca. Même la petite Chan (la petite de 4 ans abandonnee dans la forêt en janvier dernier), portait de grosses pelletés de sable en riant avec ses copines. C'est qu'elle a beaucoup changé depuis l'annee derniere. Elle a pris des centimetres, c'est une "grande" maintenant par rapport aux dernieres arrivées. Tout en pelletant, j'en arrivais à souhaiter un gros orage soudain qui nous oblige à s'arreter. Chacun avait un outil en main, personne ne râlait, le travail se faisait.
Finalement, le tas de sable s'est deplacé et la fin de journee est arrivee vite. A 6 heures, la nuit decide de s'imposer. Longue discussion avec Makara et Samath, deux grands de 17-18 ans. Leur probleme est complexe. Ils veulent faire des études, mais le coût est autrement plus élevé que lorsqu'ils sont à l'orphelinat. Il faut aller sur Phnom Penh, se loger, les études sont payantes et au niveau bourse, je ne suis pas tres certaine que cela existe. Il n'y a rien en place pour qu'ils puissent etudier, hormis peut être la pagode pour Samath. Gros dilemne, comment leur expliquer qu'on ne peut assurer la totalité du coût de leur études, qu'on peut juste les aider. Pour ces jeunes adultes, quand on est francais, on peut tout s'acheter, l'argent n'est pas un probleme. En fait, ils comptent sur nous pour leur avenir d'etudiant.
Pendant qu'on discute, les autres petits sont autour de nous, riant, jouant, insoucients. Ils sont heureux, ces gamins. Les petites se disputent mes genoux, mais jamais ça ne pleure. Celle qui est sur les genoux se serre contre moi dès qu'une autre s'approche, alors elles s'escaladent entre elles, se cassent la figure, rigolent et remontent. Les gamines sont à croquer. Les garçons un peu plus distants, ils ne montent pas sur les genoux, mais jouent à la provoc et passent derriere faire des chatouilles.
A l'heure de la douche, chacun y va, les petits d'abord qu'il faut shampouiner, savonner, rincer, sécher... Avec le shampoing, facile de faire des coiffures delirantes avec des mèches dans tous les sens. Seances photos et fous-rires assurés.
Pas de lumiere au vélo, donc difficile de rester trop tard. Les petites veulent un dernier câlin, un dernier bisou, et je regagne ma chambre de 9 mètres carrés. Avec un peu de chances, je ne verrai pas ce soir deux grosses bêtes carapacées grosses comme le pouce sans compter les antennes. De toute facon, celles d'hier sont décédées suite à un coup de tongues. Je sais, ce n'est pas tres bouddiste, mais c'etait elles ou moi.
J'enfourche ma bicyclette et rentre dans la nuit noire avec dans la tête les rires des petits qui raisonnent encore et les inquiétudes des grands face à leur avenir.
Pascale.
Bonjour hialle ! 🙂
Tu sais que je suis dorénavant toutes tes aventures, la précédente à Sumatra m'avait intéressée mais bien moins que celle là, car je me sens plus proche de ce pays que je connais peu, mais où j'ai quand même été.
Je t'ai déjà dit que je me retrouvais un peu à travers tes voyages, que je ressentais parfaitement ce que tu décris si simplement mais si justement... Et bien là, une fois de plus, ton récit commence avec une anecdote que j'ai vécu: Une escale imprévue et le fameux sac qui n'arrive pas ! O rage, ô désespoir, pour ma part je l'ai attendu 3 jours à Manille, et 3 jours sans vêtements pour se changer et sans trousse de toilette, dur, dur !
Pour la suite de ton récit, tu nous fait vivre une bien belle journée à l'orphelinat, on imagine ce lieu teinté d'émotion et en même temps de gaité, ces gamins adorables. Personnellement j'apprécie beaucoup ce genre d'histoires, ces rencontres pleines de sensibilité, ces scènes de vie. Rassures toi, tes retrouvailles avec le Cambodge nous replongent un peu dans l'ambiance, pas besoin de renseignements pratiques, de carnet de voyage détaillé avec prix et adresses, ce genre de récit personnel est bien plus intéressant ! 😎 Ces retrouvailles sont très belles... Les photos aussi ! (J'adore la bouille du gamin plein de shampoing !) La 1ère photo est superbe, j'ai cru un instant que c'était la couverture d'un petit livre que j'ai (c'est une association humanitaire) et que j'aime beaucoup...
Tu sais que je suis dorénavant toutes tes aventures, la précédente à Sumatra m'avait intéressée mais bien moins que celle là, car je me sens plus proche de ce pays que je connais peu, mais où j'ai quand même été.
Je t'ai déjà dit que je me retrouvais un peu à travers tes voyages, que je ressentais parfaitement ce que tu décris si simplement mais si justement... Et bien là, une fois de plus, ton récit commence avec une anecdote que j'ai vécu: Une escale imprévue et le fameux sac qui n'arrive pas ! O rage, ô désespoir, pour ma part je l'ai attendu 3 jours à Manille, et 3 jours sans vêtements pour se changer et sans trousse de toilette, dur, dur !
Pour la suite de ton récit, tu nous fait vivre une bien belle journée à l'orphelinat, on imagine ce lieu teinté d'émotion et en même temps de gaité, ces gamins adorables. Personnellement j'apprécie beaucoup ce genre d'histoires, ces rencontres pleines de sensibilité, ces scènes de vie. Rassures toi, tes retrouvailles avec le Cambodge nous replongent un peu dans l'ambiance, pas besoin de renseignements pratiques, de carnet de voyage détaillé avec prix et adresses, ce genre de récit personnel est bien plus intéressant ! 😎 Ces retrouvailles sont très belles... Les photos aussi ! (J'adore la bouille du gamin plein de shampoing !) La 1ère photo est superbe, j'ai cru un instant que c'était la couverture d'un petit livre que j'ai (c'est une association humanitaire) et que j'aime beaucoup...
Merci Ming. J'adore la delicatesse de tes réponses.
Sumatra, je n'ai pas terminé le carnet et il faut que je m'y remette. Mais ce voyage au Cambodge est un peu plus frais dans ma tête et je reprends juste les mails que j'ai envoyés de là bas en les corrigeant un peu.
Voilà la suite et la fin de mon petit passage à l'orphelinat.
Quitter l'orphelinat avec la certitude d'y retourner un jour est beaucoup plus facile qu'un départ qu'on pense définitif. Je sais que j'y reviendrai. Les plus grands seront partis, les petits auront beaucoup changés et de nouveaux enfants auront besoin d'être cajolés. L'histoire des quatre derniers enfants arrivés n'est pas très belle. Ils ont leurs parents, mais le père tabassait toute la famille. Il faut voir les séquelles physiques sur les gamins (et psychologiques évidemment). Une des gamines aurait même besoin d'être opérée pour réparer sa jambe qui a subi pas mal de chocs. Faut dire aussi que traîner un gamin au sol par une jambe, c'est pas terrible pour les articulations, surtout a 3 ans. La mère a fini par fuir en Thaïlande avec la grand-mère.... mais elle a juste oublié les enfants. L'aînée de la fratrie qui avait 12 ans a donc fui la maison avec ses deux petites soeurs et son frère sous le bras. Ils ont été récupérés pas les flics, et vue l'état dans lequel ils étaient ont été confiés à l'orphelinat. Ca fait un peu l’histoire du « Petit poucet »... mais c'est juste la réalité. La grande soeur a maintenant 13 ans. Elle est encore complètement dans cette histoire avec un sentiment qui ne la quitte pas de devoir protéger les petits. Elle a beaucoup de mal à sourire et reste très réservée. Les trois autres sont étonnants tellement ils semblent avoir une capacité apparente de résilience. Il faut les voir éclater de rire à tout moment, espiègles comme pas deux. Une crainte plane, dont ils n’ont pas forcément conscience, c’est qu’un de leur parent vienne rechercher l’aînée et la petite dernière en laissant le garçon et la petite fille à la jambe esquintée. Deux jolies petites filles, c’est tentant quand l’amour parental n’est que vénal. Hier, on a continue notre terrassement débuté de la veille. A peine ai-je sorti la pelle qu'ils sont tous arrivés en renfort sans qu'on ait rien à demander. Uns énergie terrible. Et puis des trombes d'eau sont arrivées, tellement fortes qu'on ne s'entendait plus. Je pensais qu'il fallait arrêter (ce que j'ai fait), mais pas eux. Ils adorent être sous la pluie. Mais ce n'était pas un orage, ça durait, ça durait, avec des gouttes tellement lourdes que la pluie tombait toute droite. Les enfants étaient trop contents. Pour hier soir, la douche était prise. Dans la soirée, dîner en tête à tête avec Makara, une grande de 17 ans qui finit son premier cycle de scolarité. Son anglais n'étant pas bien meilleur que le mien, vous imaginez la discussion philosophique qu'on a pu avoir ! Par contre elle pensait qu'en France, j'avais à la maison une femme de ménage, une cuisinière, un jardinier, une nounou... vrai de vrai. Il fallait voir sa stupeur quand je lui ai dit que je faisais les différents rôles, comme toutes mes copines d'ailleurs. Pour elle, on nage dans le confort, l'argent et on ne fait pas grand chose.....! Makara est repartie sur son vélo dans la nuit, son sourire a disparu, elle est inquiète pour le futur, elle ne sait pas si elle pourra faire des études. On se reverra d’ici un an… peut être. Vers 22h, un malien, tout noir avec des cheveux jaune, qui fait du foot en Thaïlande est venu taper la tchat à la GH. Première question : vais-je à la messe ? On prend le bus pour Kompong Speu le lendemain, et il a acheté son ticket le double du mien. « C’est parce que moi, j’ai un bus de luxe » me dit il. En fait, on se retrouvera côte à côte dans le même bus. Je suis maintenant à Kompong Speu, dans le village de Loran. Je ne veux pas débarquer trop tôt… quelques minutes dans un Internet pour envoyer trois nouvelles.
Quitter l'orphelinat avec la certitude d'y retourner un jour est beaucoup plus facile qu'un départ qu'on pense définitif. Je sais que j'y reviendrai. Les plus grands seront partis, les petits auront beaucoup changés et de nouveaux enfants auront besoin d'être cajolés. L'histoire des quatre derniers enfants arrivés n'est pas très belle. Ils ont leurs parents, mais le père tabassait toute la famille. Il faut voir les séquelles physiques sur les gamins (et psychologiques évidemment). Une des gamines aurait même besoin d'être opérée pour réparer sa jambe qui a subi pas mal de chocs. Faut dire aussi que traîner un gamin au sol par une jambe, c'est pas terrible pour les articulations, surtout a 3 ans. La mère a fini par fuir en Thaïlande avec la grand-mère.... mais elle a juste oublié les enfants. L'aînée de la fratrie qui avait 12 ans a donc fui la maison avec ses deux petites soeurs et son frère sous le bras. Ils ont été récupérés pas les flics, et vue l'état dans lequel ils étaient ont été confiés à l'orphelinat. Ca fait un peu l’histoire du « Petit poucet »... mais c'est juste la réalité. La grande soeur a maintenant 13 ans. Elle est encore complètement dans cette histoire avec un sentiment qui ne la quitte pas de devoir protéger les petits. Elle a beaucoup de mal à sourire et reste très réservée. Les trois autres sont étonnants tellement ils semblent avoir une capacité apparente de résilience. Il faut les voir éclater de rire à tout moment, espiègles comme pas deux. Une crainte plane, dont ils n’ont pas forcément conscience, c’est qu’un de leur parent vienne rechercher l’aînée et la petite dernière en laissant le garçon et la petite fille à la jambe esquintée. Deux jolies petites filles, c’est tentant quand l’amour parental n’est que vénal. Hier, on a continue notre terrassement débuté de la veille. A peine ai-je sorti la pelle qu'ils sont tous arrivés en renfort sans qu'on ait rien à demander. Uns énergie terrible. Et puis des trombes d'eau sont arrivées, tellement fortes qu'on ne s'entendait plus. Je pensais qu'il fallait arrêter (ce que j'ai fait), mais pas eux. Ils adorent être sous la pluie. Mais ce n'était pas un orage, ça durait, ça durait, avec des gouttes tellement lourdes que la pluie tombait toute droite. Les enfants étaient trop contents. Pour hier soir, la douche était prise. Dans la soirée, dîner en tête à tête avec Makara, une grande de 17 ans qui finit son premier cycle de scolarité. Son anglais n'étant pas bien meilleur que le mien, vous imaginez la discussion philosophique qu'on a pu avoir ! Par contre elle pensait qu'en France, j'avais à la maison une femme de ménage, une cuisinière, un jardinier, une nounou... vrai de vrai. Il fallait voir sa stupeur quand je lui ai dit que je faisais les différents rôles, comme toutes mes copines d'ailleurs. Pour elle, on nage dans le confort, l'argent et on ne fait pas grand chose.....! Makara est repartie sur son vélo dans la nuit, son sourire a disparu, elle est inquiète pour le futur, elle ne sait pas si elle pourra faire des études. On se reverra d’ici un an… peut être. Vers 22h, un malien, tout noir avec des cheveux jaune, qui fait du foot en Thaïlande est venu taper la tchat à la GH. Première question : vais-je à la messe ? On prend le bus pour Kompong Speu le lendemain, et il a acheté son ticket le double du mien. « C’est parce que moi, j’ai un bus de luxe » me dit il. En fait, on se retrouvera côte à côte dans le même bus. Je suis maintenant à Kompong Speu, dans le village de Loran. Je ne veux pas débarquer trop tôt… quelques minutes dans un Internet pour envoyer trois nouvelles.
Pascale.
Merci pour cette suite, ton récit émouvant si personnel sonne tellement juste....!!!
Cela ressemble à une journée ordinaire dans un orphelinat, avec ses peines et ses joies, (j'imagine que cela doît être comme ça dans de nombreux endroits), en même temps cela ressemble si peu au circuit d'un touriste "ordinaire"... C'est une expérience particulière, que tu nous fait vivre de l'intérieur, nul doute que cela t'ai fait battre le coeur et que tu sois encore un peu là bas dans ta tête.... On aimerait tous voyager comme ça, quitter de temps en temps les circuits "classiques" et touristiques....
Cela ressemble à une journée ordinaire dans un orphelinat, avec ses peines et ses joies, (j'imagine que cela doît être comme ça dans de nombreux endroits), en même temps cela ressemble si peu au circuit d'un touriste "ordinaire"... C'est une expérience particulière, que tu nous fait vivre de l'intérieur, nul doute que cela t'ai fait battre le coeur et que tu sois encore un peu là bas dans ta tête.... On aimerait tous voyager comme ça, quitter de temps en temps les circuits "classiques" et touristiques....
Magnifique et émouvant récit hialle, comme dab oserai-je dire 😉 Merci.
PS. J'attend aussi la suite de tes aventures indonésiennes 😉
PS. J'attend aussi la suite de tes aventures indonésiennes 😉
Khun maa jak nai krap?
"être loin d'ailleurs, c'est être ici" (P. Geluk)
"être loin d'ailleurs, c'est être ici" (P. Geluk)
Arriver chez cet ami me procure une sensation très particulière. C'est avec lui que j'ai découvert une petite partie du Cambodge, qui me l'a fait aimer, qui m'a emmené dans des endroits perdus à bord de sa vieille voiture grinçante et fumante, qui m’a fait rencontrer des gens fantastiques.
Français et vivant au Cambodge depuis sans doute une quinzaine d'années, il est devenu Khmer et y a fondé sa famille, sa vie. Quand il est arrivé dans ce pays, il était jeune, il faisait un voyage à travers l'Asie. Posant le pied sur le sol Cambodgien, il a senti que sa vie serait désormais là. C’est toujours un plaisir de le retrouver, mais là, difficile. La semaine précédente, un drame s’était déroulé chez lui, accompagnant en même temps la naissance de son quatrième enfant. Que dire ? rien. Que faire ? rien. Ecouter, seulement écouter. Une grande joie et un grand malheur en même temps. Il avait besoin d’en parler. Difficile d’évoquer ce qui est certainement lié aussi aux défaillances de son pays d’adoption.
Mais la maison reste pleine des cris d’enfants, des disputes, des joies et ensoleillée par la présence du dernier nouveau-né de la semaine précédente.
Contrairement aux fois précédentes, la petite de 3 ans n’est pas sauvage. Elle a besoin de câlins, d’être cajolée, et se réfugiera sur mes genoux tout le temps où j’y serai, c’est contre moi qu’elle voudra s’endormir.
Cela m’amène à une question récurrente. Au Cambodge, les relations entre parents et enfants semblent bonnes, semblent proches. Les mères, quand elles le peuvent, jouent avec leurs petits. Mais on voit assez peu de câlins, de contacts physiques. Je me trompe sans doute (mon expérience d’occidentale dans ce pays est petite), mais chez nous, on est très tactile, on prend facilement un enfant dans les bras pour le cajoler. On embrasse, on caresse. Là bas, les petits semblent voir que cette « barrière » n’existe pas chez nous et se réfugient facilement dans les bras, comme s'ils découvraient une nouvelle sensation.
Longue soirée de papote.
Le lendemain, direction Phnom Penh. Sur la route, petite étape à Trapaing Anchang où j’ai retrouvé le directeur de l’école et où je passerai le reste du séjour. Il m'a montré où il était prévu que je loge. Une petite cabane en bois avec un toit de paille, un sommier avec des planches de bois et une natte dessus. Pas d'eau, pas d'électricité. Je savais que ce serait sommaire, c'est gagné.
Phnom Penh ! Toujours le même bonheur de retrouver cette ville qui semble regrouper toutes les souffrances et les bonheurs du Cambodge. Du monde, beaucoup de monde. C’est l’anniversaire du roi aujourd’hui, et la fête des eaux qui va bientôt commencer. Les motodops chargés de famille au complet se frayent un passage entre les tuk-tuk, les voitures et les charrettes à bras. Les marchands de rues déambulent avec leurs provisions, les gens des campagnes affluent. Ca sent la fête, les douleurs passées et présentes semblent s’estomper le temps de quelques jours. Sur le Tonle Sape, le fleuve qui traverse la ville, les bateaux s'entraînent pour la grande course de la semaine prochaine. PP va être bondé ! Un coup d'oeil par la fenêtre, un bateau immense tout coloré avec des dragons passe le long de cet immense quai de Sisowaths (le Moat Tonle comme ils disent). D'autres bateaux tout illuminés le croisent. Les festivités commencent. Le soir, un feu d’artifice tiré de la presqu'île de Chruy Changvar. Jamais vu un feu d’artifice qui durait aussi longtemps. Les khmers sont là, foule amassée et compacte, tous regardent vers le ciel, s’extasient et poussent des cris. Rarement vue cette population aussi unanime apparemment pour la même chose. Enfants, vieillards, riches, mendiants, ils sont tous là.
Français et vivant au Cambodge depuis sans doute une quinzaine d'années, il est devenu Khmer et y a fondé sa famille, sa vie. Quand il est arrivé dans ce pays, il était jeune, il faisait un voyage à travers l'Asie. Posant le pied sur le sol Cambodgien, il a senti que sa vie serait désormais là. C’est toujours un plaisir de le retrouver, mais là, difficile. La semaine précédente, un drame s’était déroulé chez lui, accompagnant en même temps la naissance de son quatrième enfant. Que dire ? rien. Que faire ? rien. Ecouter, seulement écouter. Une grande joie et un grand malheur en même temps. Il avait besoin d’en parler. Difficile d’évoquer ce qui est certainement lié aussi aux défaillances de son pays d’adoption.
Mais la maison reste pleine des cris d’enfants, des disputes, des joies et ensoleillée par la présence du dernier nouveau-né de la semaine précédente.
Contrairement aux fois précédentes, la petite de 3 ans n’est pas sauvage. Elle a besoin de câlins, d’être cajolée, et se réfugiera sur mes genoux tout le temps où j’y serai, c’est contre moi qu’elle voudra s’endormir.
Cela m’amène à une question récurrente. Au Cambodge, les relations entre parents et enfants semblent bonnes, semblent proches. Les mères, quand elles le peuvent, jouent avec leurs petits. Mais on voit assez peu de câlins, de contacts physiques. Je me trompe sans doute (mon expérience d’occidentale dans ce pays est petite), mais chez nous, on est très tactile, on prend facilement un enfant dans les bras pour le cajoler. On embrasse, on caresse. Là bas, les petits semblent voir que cette « barrière » n’existe pas chez nous et se réfugient facilement dans les bras, comme s'ils découvraient une nouvelle sensation.
Longue soirée de papote.
Le lendemain, direction Phnom Penh. Sur la route, petite étape à Trapaing Anchang où j’ai retrouvé le directeur de l’école et où je passerai le reste du séjour. Il m'a montré où il était prévu que je loge. Une petite cabane en bois avec un toit de paille, un sommier avec des planches de bois et une natte dessus. Pas d'eau, pas d'électricité. Je savais que ce serait sommaire, c'est gagné.
Phnom Penh ! Toujours le même bonheur de retrouver cette ville qui semble regrouper toutes les souffrances et les bonheurs du Cambodge. Du monde, beaucoup de monde. C’est l’anniversaire du roi aujourd’hui, et la fête des eaux qui va bientôt commencer. Les motodops chargés de famille au complet se frayent un passage entre les tuk-tuk, les voitures et les charrettes à bras. Les marchands de rues déambulent avec leurs provisions, les gens des campagnes affluent. Ca sent la fête, les douleurs passées et présentes semblent s’estomper le temps de quelques jours. Sur le Tonle Sape, le fleuve qui traverse la ville, les bateaux s'entraînent pour la grande course de la semaine prochaine. PP va être bondé ! Un coup d'oeil par la fenêtre, un bateau immense tout coloré avec des dragons passe le long de cet immense quai de Sisowaths (le Moat Tonle comme ils disent). D'autres bateaux tout illuminés le croisent. Les festivités commencent. Le soir, un feu d’artifice tiré de la presqu'île de Chruy Changvar. Jamais vu un feu d’artifice qui durait aussi longtemps. Les khmers sont là, foule amassée et compacte, tous regardent vers le ciel, s’extasient et poussent des cris. Rarement vue cette population aussi unanime apparemment pour la même chose. Enfants, vieillards, riches, mendiants, ils sont tous là.
Pascale.
Ce matin, JC arrive enfin à l'aéroport de Phnom Penh à 10h30, ou plutôt 11h. On se prend un tuk-tuk pour aller déposer son sac à la GH Dream Color, pas loin du pont japonais. L’environnement n’est pas fabuleux, mais le couple de belge qui la tient est sympa, et les deux jeunes filles qui sont là en permanence sont adorables. On file ensuite louer notre moto pour la semaine dans la petite boutique près de l’alliance française. Une très chouette petite 125 qui a les vitesses pas comme chez nous paraît-il, ce qui fait que la passagère est parfois obligée de s'accrocher de temps en temps au chauffeur pour rester en place. JC se débrouille comme un chef dans cette circulation hyper dense. C'est simple, si on ne force pas le passage, on ne passe pas. Donc, on s'impose. Un sourire ou un signe de la main, la moto qui avance et ils sont bien obligés de nous laisser traverser.
Bref, cheveux au vent (sous le casque pour JC), on file à la table d'un grand restaurant que j'avais réservée pour le déjeuner : un petit marchand de nouilles et de brochettes au marché russe. Il doit faire au moins 40° dans cet endroit, les ventilos rament comme ils le peuvent. Trois achats pour moi, et on file se poser à ce qui devient notre QG, le Riverside, sur le quai Sisowath. En plus, la bière est à 1$ après 16h, obligés de rester un peu. On appelle le directeur de l’école de Trapaing Anchang pour lui dire qu'on arrivera le lendemain.
JC s’endort sur sa bière. Faut dire quand même qu'il vient de se taper le trajet et qu'il a 6 petites heures de décalage. Certains diront que c'est une mauviette, ce sont de mauvaises langues.
On traîne un peu, et direction un petit resto indien avec de vrais indiens qui nous servent un vrai dîner indien.
Quelques rencontres sympas sur le quai
La nuit arrive vite, notre voyageur commence à être sur les rotules, on retourne à la GH. JC qui est tombé amoureux de sa moto de veut pas qu'elle dorme dehors. Heureusement, elle ne passait pas les escaliers ce qui m'a évité de l'avoir dans la chambre. Quelques minutes après s'être allongé, JC s'endort du sommeil du juste.... sa moto est à l'ombre. A peine quelques ronflements qui ne m'empêchent pas de voir le début de la Grande vadrouille, et je m'effondre à mon tour.
Le samedi matin, ok, on est en WE, mais on ne fait pas la grasse matinée. D'abord, une bonne douche parce qu'on ne sait pas trop dans quelles conditions on pourra se laver la semaine qui suit. Comme si on pouvait faire des réserves de fraîcheur et de propreté. On descend les premiers à la salle de resto. Il n'y en a qu'une qui est prête, c'est la moto, mais les grilles de fer sont fermées, il faut attendre un peu que le reste de la maison s'éveille. Peu après un bon café chaud et deux toasts, on file vers la ville en commençant pas le pont japonais. On est à la veille de la fête des eaux à Phnom Penh, veille de la grande course. Des quantités de bateaux sont déjà là à s'entraîner pour la course qui aura lieu le dimanche. C'est le seul moment de l'année où les équipages peuvent se tester un peu. Les longues pirogues filent au rythme du cri poussé par le "skipper". Deux écopeurs aux milieux, un barreur à l'autre bout. Facilement 60 personnes sur une embarcation de 30 m de long et 1 m de large.
Les pagayeurs nous font de grands signes, les bateaux se doublent, se croisent, les équipes sont toutes en rouge ou bleu ou jaune, on passerait des heures à les regarder et l'ambiance de fête nous monte à la tête. Du coup, on passe le pont pour aller sur la presqu'île de Chruichangwar entre le Mékong et le Tonle Sape, là où il y a toutes les intendances des équipes. De partout, on entend des cris, des rires, des sons de percussion... et pas un touriste à l'horizon. Du coup, on semble être plutôt les bienvenus.
Des grosses embarcations sont amarrées le long de la rive dans lesquelles des femmes coupent, épluchent, lavent et cuisent les légumes pour la soupe des hommes. Super ambiance.
On serait bien resté des heures à les regarder, mais le temps passe très vite. JC prend plaisir à appuyer sur son déclencheur. Faut dire qu'il y a de quoi faire. On continue la route vers le bout de la presqu'île, petite visite à la pagode bateau et on longe ce long mur blanc qui sépare la route du chantier du grand hôtel Soka en construction. Des hectares qui ont été vidés de leur population pour être déplacée à la périphérie de Phom Penh dans des villages comme Trapaing Anchang par exemple.
Avant de partir vers notre village, je montre à JC la maison dans laquelle une copine a passé son enfance. Toujours émouvant d'imaginer la petite fille qui habitait là haut et l'imaginer sortir par la porte. JC aussi têtu qu'un breton fait tout son possible pour qu'on puisse monter à l'appartement... et il y arrive. On y va, on prend des photos pour les ramener à la "petite" fille.
Une dernière bière à notre QG et quelques courses au Lucky Market. Pas grand chose, juste un peu de café, du whisky et un peu de rouge. Juste histoire de se prendre quelques petits apéros.
Et en route dans la lumière d'une fin d'après midi pour Trapaing Anchang.
La nuit arrive vite, notre voyageur commence à être sur les rotules, on retourne à la GH. JC qui est tombé amoureux de sa moto de veut pas qu'elle dorme dehors. Heureusement, elle ne passait pas les escaliers ce qui m'a évité de l'avoir dans la chambre. Quelques minutes après s'être allongé, JC s'endort du sommeil du juste.... sa moto est à l'ombre. A peine quelques ronflements qui ne m'empêchent pas de voir le début de la Grande vadrouille, et je m'effondre à mon tour.
Le samedi matin, ok, on est en WE, mais on ne fait pas la grasse matinée. D'abord, une bonne douche parce qu'on ne sait pas trop dans quelles conditions on pourra se laver la semaine qui suit. Comme si on pouvait faire des réserves de fraîcheur et de propreté. On descend les premiers à la salle de resto. Il n'y en a qu'une qui est prête, c'est la moto, mais les grilles de fer sont fermées, il faut attendre un peu que le reste de la maison s'éveille. Peu après un bon café chaud et deux toasts, on file vers la ville en commençant pas le pont japonais. On est à la veille de la fête des eaux à Phnom Penh, veille de la grande course. Des quantités de bateaux sont déjà là à s'entraîner pour la course qui aura lieu le dimanche. C'est le seul moment de l'année où les équipages peuvent se tester un peu. Les longues pirogues filent au rythme du cri poussé par le "skipper". Deux écopeurs aux milieux, un barreur à l'autre bout. Facilement 60 personnes sur une embarcation de 30 m de long et 1 m de large.
Les pagayeurs nous font de grands signes, les bateaux se doublent, se croisent, les équipes sont toutes en rouge ou bleu ou jaune, on passerait des heures à les regarder et l'ambiance de fête nous monte à la tête. Du coup, on passe le pont pour aller sur la presqu'île de Chruichangwar entre le Mékong et le Tonle Sape, là où il y a toutes les intendances des équipes. De partout, on entend des cris, des rires, des sons de percussion... et pas un touriste à l'horizon. Du coup, on semble être plutôt les bienvenus.
Des grosses embarcations sont amarrées le long de la rive dans lesquelles des femmes coupent, épluchent, lavent et cuisent les légumes pour la soupe des hommes. Super ambiance.
On serait bien resté des heures à les regarder, mais le temps passe très vite. JC prend plaisir à appuyer sur son déclencheur. Faut dire qu'il y a de quoi faire. On continue la route vers le bout de la presqu'île, petite visite à la pagode bateau et on longe ce long mur blanc qui sépare la route du chantier du grand hôtel Soka en construction. Des hectares qui ont été vidés de leur population pour être déplacée à la périphérie de Phom Penh dans des villages comme Trapaing Anchang par exemple.
Avant de partir vers notre village, je montre à JC la maison dans laquelle une copine a passé son enfance. Toujours émouvant d'imaginer la petite fille qui habitait là haut et l'imaginer sortir par la porte. JC aussi têtu qu'un breton fait tout son possible pour qu'on puisse monter à l'appartement... et il y arrive. On y va, on prend des photos pour les ramener à la "petite" fille.
Une dernière bière à notre QG et quelques courses au Lucky Market. Pas grand chose, juste un peu de café, du whisky et un peu de rouge. Juste histoire de se prendre quelques petits apéros.
Et en route dans la lumière d'une fin d'après midi pour Trapaing Anchang.
Pascale.
C'est un vrai grand plaisir que celui de te lire Pascale.
Loin du tape-à-l'oeil, du voyeurisme ou de la vulgarité, tu nous emmènes une fois de plus à la rencontre d'un pays et de ses gens avec toujours le même charme et la même humilité.
Merci...
Dolma
Loin du tape-à-l'oeil, du voyeurisme ou de la vulgarité, tu nous emmènes une fois de plus à la rencontre d'un pays et de ses gens avec toujours le même charme et la même humilité.
Merci...
Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
Merci Dolma, tes mots sont toujours aussi chaleureux.
Je vais sans doute poursuivre, mais avec quelques questionnements. La suite ne concerne pas à proprement parler du "voyage". On est resté une semaine dans ce petit village ou à proximité. Pas d'adresses à donner, pas de bons tuyaux hormis notre super cabane en bois aux planches ajourées 😉
Je vais sans doute poursuivre, mais avec quelques questionnements. La suite ne concerne pas à proprement parler du "voyage". On est resté une semaine dans ce petit village ou à proximité. Pas d'adresses à donner, pas de bons tuyaux hormis notre super cabane en bois aux planches ajourées 😉
Pascale.
Les rizières, ah les rizières.... du pur bonheur. Une chose qu'on ne manquait jamais le soir, c'était notre petit tour en moto aux dernières lueurs de la journée. Toutes les gammes de verts s'offraient à nos yeux, du plus vif au plus sombre. Le Cambodge dans toute sa splendeur.
Pour rejoindre le village, comme on était un peu chargé, on a pris un tuk tuk pour les sacs et moi, et JC a enfourché la moto, nous ouvrant la route ou nous la fermant. C'était franchement drôle d'être installée comme un "pacha" et l'observer se frayer un passage au milieu de la circulation. Bien sûr, on s'est planté et on a fait 6 Km de trop. Si vous voyez sur la gauche les grands bâtiments dans lesquels a lieu le procès des Khmers Rouges, c'est que vous êtes allés trop loin. Notre chauffeur de tuk tuk râlait un peu à cause du rallongi, mais comme on a rallongé aussi les dollars, il a fini sa course en souriant. Quand vous verrez la grande porte dorée à gauche juste après le golf Royal, vous passerez dessous pour prendre la piste. Attention aux nids de poules, c'est parfois des nids d'autruche et sans l'adresse de JC à les éviter, j'en aurais eu des bleus au menton (les filles, vous me comprenez).
Passées les premières maisons, prendre le premier chemin sur la droite qui mène au village, et là, aller toujours tout droit. Et c'est comme ça qu'on est arrivé avec notre chargement devant l'école, puis devant chez nous. Au prochain épisode, je vous ferai peut être visiter notre maison, notre terrasse, le jardin, la salle de bain d'été et tout et tout.
On arrive donc devant notre maison vers 16h avec tout notre barda. Thea, le directeur de l’école, nous présente rapidement à la famille d'en face. En fait, la maison dans laquelle on est leur appartient, c'est celle du chef du village. Le père, aimable : Chin Sarith La mère, adorable : Sour Sithan L'aîné, timide : Pisith, 13 ans Le second, malin : Pisâl, 12 ans La troisième : câline : Sokunthea, 9 ans. Vandy, un rayon de soleil : la cousine de 17 ans Nonal, le voisin de 20 ans qui est censé parler anglais, mais on n'arrivera pas à se comprendre. Smir, l'espiègle qui rigole tout le temps, une copine de 12 ans. Toujours avec son frère d'une quinzaine d'années qui malheureusement n'a pas tous les neurones bien branchés.
Thea s'en va rapidement, il a un rendez-vous...... et on prend possession de notre domaine. Je vous y emmène faire un tour.
Une grande cabane en bois et tôles ondulées de 25m², une seule grande pièce en terre battue avec un grand lit séparé du reste par une cloison en bois. Dans un coin, une table et quelques chaises, et une sorte de grand sommier à lattes utilisable comme une étagère pour nos affaires. Devant, une petite terrasse couverte de 2 m de large et un sol en pente.
A l’extérieur, un abris en béton de 2m² faisant office de WC. Une grande bassine d’eau avec une casserole en plastic pour la douche.
La nuit tombe vite, mais on a déjà de grands sourires de la petite famille. Comme à chaque fois qu'on emménage quelque part, on offre l'apéro à nos voisins pour faire connaissance. Un peu de vin rouge qu'ils semblent apprécier avec trois cacahuètes, mais Sithan, la mère ne se joint pas à nous, elle est en cuisine. En fait, elle est derrière sa maison dans une petite cour, devant une marmite posée sur un feu de bois.
Peu de temps après, à 18h pétante, notre plateau repas nous est apporté dans la salle à manger. Ce sera toujours le même délice, les mêmes petits soins, les mêmes attentions.
En fait, dès le premiers soirs, nos petits copains d'en face pointent le bout de leur nez, comme ils le feront tous les soirs. Leur jeux favori, le Mémory, et je ne vous raconte pas les branlées qu'on s'est prises. C'est toujours à ce moment là que JC avait besoin de regarder ses photos.
Ces enfants étaient calmes, hypers agréables, jamais un mot plus haut que l'autre, un délice. On a franchement bien rigolé avec eux, et je ne me souviens même pas que la langue puisse être un problème. On se comprenait. Après quelques parties pour cette première soirée, ils sont rentrés chez eux, juste en face, tout doucement. Le générateur s'est tu, le néon a laissé la place à la lune. Mettre la moustiquaire, fermer les yeux et écouter les bruits de la nuit. En l'occurrence, les chiens qui organisaient ce soir là un grand concert, s'appelant d'un bout à l'autre du village. Je crois qu'on a dû s'endormir avant la fin du concert, heureux comme des gosses.
Pour rejoindre le village, comme on était un peu chargé, on a pris un tuk tuk pour les sacs et moi, et JC a enfourché la moto, nous ouvrant la route ou nous la fermant. C'était franchement drôle d'être installée comme un "pacha" et l'observer se frayer un passage au milieu de la circulation. Bien sûr, on s'est planté et on a fait 6 Km de trop. Si vous voyez sur la gauche les grands bâtiments dans lesquels a lieu le procès des Khmers Rouges, c'est que vous êtes allés trop loin. Notre chauffeur de tuk tuk râlait un peu à cause du rallongi, mais comme on a rallongé aussi les dollars, il a fini sa course en souriant. Quand vous verrez la grande porte dorée à gauche juste après le golf Royal, vous passerez dessous pour prendre la piste. Attention aux nids de poules, c'est parfois des nids d'autruche et sans l'adresse de JC à les éviter, j'en aurais eu des bleus au menton (les filles, vous me comprenez).
Passées les premières maisons, prendre le premier chemin sur la droite qui mène au village, et là, aller toujours tout droit. Et c'est comme ça qu'on est arrivé avec notre chargement devant l'école, puis devant chez nous. Au prochain épisode, je vous ferai peut être visiter notre maison, notre terrasse, le jardin, la salle de bain d'été et tout et tout.
On arrive donc devant notre maison vers 16h avec tout notre barda. Thea, le directeur de l’école, nous présente rapidement à la famille d'en face. En fait, la maison dans laquelle on est leur appartient, c'est celle du chef du village. Le père, aimable : Chin Sarith La mère, adorable : Sour Sithan L'aîné, timide : Pisith, 13 ans Le second, malin : Pisâl, 12 ans La troisième : câline : Sokunthea, 9 ans. Vandy, un rayon de soleil : la cousine de 17 ans Nonal, le voisin de 20 ans qui est censé parler anglais, mais on n'arrivera pas à se comprendre. Smir, l'espiègle qui rigole tout le temps, une copine de 12 ans. Toujours avec son frère d'une quinzaine d'années qui malheureusement n'a pas tous les neurones bien branchés.
Thea s'en va rapidement, il a un rendez-vous...... et on prend possession de notre domaine. Je vous y emmène faire un tour.
Une grande cabane en bois et tôles ondulées de 25m², une seule grande pièce en terre battue avec un grand lit séparé du reste par une cloison en bois. Dans un coin, une table et quelques chaises, et une sorte de grand sommier à lattes utilisable comme une étagère pour nos affaires. Devant, une petite terrasse couverte de 2 m de large et un sol en pente.
A l’extérieur, un abris en béton de 2m² faisant office de WC. Une grande bassine d’eau avec une casserole en plastic pour la douche.
La nuit tombe vite, mais on a déjà de grands sourires de la petite famille. Comme à chaque fois qu'on emménage quelque part, on offre l'apéro à nos voisins pour faire connaissance. Un peu de vin rouge qu'ils semblent apprécier avec trois cacahuètes, mais Sithan, la mère ne se joint pas à nous, elle est en cuisine. En fait, elle est derrière sa maison dans une petite cour, devant une marmite posée sur un feu de bois.
Peu de temps après, à 18h pétante, notre plateau repas nous est apporté dans la salle à manger. Ce sera toujours le même délice, les mêmes petits soins, les mêmes attentions.
En fait, dès le premiers soirs, nos petits copains d'en face pointent le bout de leur nez, comme ils le feront tous les soirs. Leur jeux favori, le Mémory, et je ne vous raconte pas les branlées qu'on s'est prises. C'est toujours à ce moment là que JC avait besoin de regarder ses photos.
Ces enfants étaient calmes, hypers agréables, jamais un mot plus haut que l'autre, un délice. On a franchement bien rigolé avec eux, et je ne me souviens même pas que la langue puisse être un problème. On se comprenait. Après quelques parties pour cette première soirée, ils sont rentrés chez eux, juste en face, tout doucement. Le générateur s'est tu, le néon a laissé la place à la lune. Mettre la moustiquaire, fermer les yeux et écouter les bruits de la nuit. En l'occurrence, les chiens qui organisaient ce soir là un grand concert, s'appelant d'un bout à l'autre du village. Je crois qu'on a dû s'endormir avant la fin du concert, heureux comme des gosses.
Pascale.
Ces p'tits bouts de vies qui s'accrochent si délicieusement à tes mots...!
Ben oui, j'y peux rien : de tes écrits je suis fan 🙂
Dolma
Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
Ces p'tits bouts de vies qui s'accrochent si délicieusement à tes mots...!
Ben oui, j'y peux rien : de tes écrits je suis fan 🙂
+ 1 ! 😉
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"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
Bonjour Natine, voici quelques mots sur ce petit village.
Le village de Trapaing Anchang a surgi des rizières il y a environ 3 ans. Des populations expropriées de Phnom Penh ont dû quitter la ville et n’avaient d’autres choix que venir sur ce terrain situé à 20Km du centre. Les promoteurs qui font de grands hôtels à la place des quartiers d’habitation avaient deux contraintes : construire une école et un marché. L’école est bâtie même si le gouvernement n’a pas mis en place suffisamment d’instituteurs et que tous les cours ne peuvent être assurés. Le marché aussi : quelques poteaux sur de la terre battue avec une bâche qui s’agite au premier vent.
Les conditions de vie sont difficiles. Une seule arrivée d’eau pour tout le village, des générateurs individuels pour ceux qui en ont les moyens, pas de route digne de ce nom mais seulement quelques chemins poussiéreux ou réduits en patinoire à la première pluie, des maisons principalement en bois et tôles ondulées. Les gens travaillent sur place ou à Phnom Penh : ils travaillent sur des chantiers de constructions, gardent des enfants, trient des ordures, sont fermiers, sont motodops, vendent sur les marchés. Le niveau de vie est faible.
Le village de Trapaing Anchang a surgi des rizières il y a environ 3 ans. Des populations expropriées de Phnom Penh ont dû quitter la ville et n’avaient d’autres choix que venir sur ce terrain situé à 20Km du centre. Les promoteurs qui font de grands hôtels à la place des quartiers d’habitation avaient deux contraintes : construire une école et un marché. L’école est bâtie même si le gouvernement n’a pas mis en place suffisamment d’instituteurs et que tous les cours ne peuvent être assurés. Le marché aussi : quelques poteaux sur de la terre battue avec une bâche qui s’agite au premier vent.
Les conditions de vie sont difficiles. Une seule arrivée d’eau pour tout le village, des générateurs individuels pour ceux qui en ont les moyens, pas de route digne de ce nom mais seulement quelques chemins poussiéreux ou réduits en patinoire à la première pluie, des maisons principalement en bois et tôles ondulées. Les gens travaillent sur place ou à Phnom Penh : ils travaillent sur des chantiers de constructions, gardent des enfants, trient des ordures, sont fermiers, sont motodops, vendent sur les marchés. Le niveau de vie est faible.
Pascale.
Dimanche matin, pas de grasse matinée. Les coqs du village se prennent pour des muezzins et chantent à tue-tête dans tout le village. Il est 6 heures, le soleil a déjà pris un peu de hauteur, il est temps qu'on en prenne aussi.
A peine a t'on ouvert notre volet en bois bloqué par une lourde barre (ils ont tellement insisté hier soir pour qu'on le ferme bien), que nos petits voisins pointent timidement le bout de leur nez. On a les yeux encore en capote de fiacre, les cheveux pas très rangés (JC n'a pas encore mis son gel) et on s'échangent de grands sourires. Pas le temps de dire "Ouf", le café est là. Deux tasses roses avec un liquide bien noir de quoi réveiller un mort. C'est un des supers moments de la journée. On s'assoit devant notre petite maison, on croque dans des petits beurres LU ramenés de France, et on regarde les gens passer sur notre petite piste. On est comme chez nous. Une famille en moto, d'autres à pied, un gamin avec un vélo qui fait trois fois sa taille, un autre gamin qui pousse sa bombonne d'eau remplie à l'autre bout du village...
Bon, c'est pas le tout. On flemmarde, mais il y a du boulot. Première lessive. Le linge sale se lave en famille et on met tout dans une grande bassine avec un peu de génie sans frotter. Normalement, ça marche tout seul, il n'y a rien à faire que d'attendre. JC qui aime le linge nickel se met à frotter quand même.
Obligé d'interrompre nos tâches ménagères, on a de la visite.
Thea arrive avec les chefs de village et les instits. Petite réunion au sommet dans notre "salle à manger" transformée en "salle de réunion". L'école va pouvoir avoir 6 camions de terre pour limiter un peu le danger que la cour représente pour les gamins. Actuellement, c'est Verdun. Des trous d'eau, des bosses.
Du coup, on peut finir la lessive et se faire une petite partie de mémory avec les enfants. On se prend une raclée à chaque fois. Leur mémoire est mille fois plus aiguisée que la notre. On essaye de s'apprendre mutuellement les noms des animaux : tchkaé, tchrouk, tir... on a du mal, ça les fait rire. La fin de la matinée arrive vite. A 11h, c'est déjà l'heure de déjeuner et Sithân nous apporte notre plateau. Riz, poissons, viande, petites sauces et du thé.
Comme il n'y a pas école aujourd'hui, on part se balader en moto dans les environs avec notre jeune interprète qu'on n'arrive pas à comprendre. A trois sur la moto et un gros sac photo, ça le fait, même si je suis un peu sur la barre de derrière. On part voir le chef du village, notre voisin, dans sa ferme à quelques kilomètres. Des arbres fruitiers dont des jacquiers avec leurs énormes fruits, de la volaille, des cultures de cette espèce de plantes qui vit dans l'eau avec laquelle on fait la soupe. Un papi souriant comme tout, est là, peinard dans son hamac, un jeune travaille et on lui file un coup de main histoire de ne pas rester là à le regarder bêtement. On prend râteau et sarclette, et on y va. Oui, oui, même JC. En repartant, je prends la place du milieu sur la moto. Finalement, c'est un peu plus confortable. On va voir la pagode qui est en construction. Elle se trouve à l'intérieur de la cour d'une école et toute une ribambelle d'enfants nous accueille avec de grands rires. Ils nous suivent en choeur dans la grande terrasse couverte où les moines font leurs prières. Pendant un bon moment, on chantera avec eux (ils adorent frères Jacques et "ding, dung, dong"), JC fera une petite série de photos. C'est fou comme ils se prêtent au jeu. Ils rigolent, et au moment de la photo "hop", prennent un air hyper sérieux.
De retour au village, on part à pied dans les rues, accompagnés de nos copains voisins. Match de volley. En fait, on en verra beaucoup, on dirait que c'est presque le sport national, et ils jouent bougrement bien. A 4 ou 5 ou 6, peu importe, ça marche. Le village est vraiment pauvre. Les maisons ne sont que succession de petites cabanes, moitié planches, moitié tôle ondulée. Devant l'une d'entre elle, un gamin est assis par terre, sale, avec un ventre gonflé. Sa mère ou sa grand-mère, difficile à dire, est habillée de loques et a les yeux hagards. Plus loin, un groupe de jeunes visiblement éméchés font la fête. C'est la fête des eaux à Phnom Penh, et manifestement, l'ambiance est arrivée jusqu'ici. Un groupe de pêcheur attend le poisson auprès d'une marre. On s'approche, de loin, cela semble assez bucolique. Et ça l'est. Si on fait abstraction des tonnes d'ordures, de sacs en plastics qui jonchent le sol. On se demande comment les poissons peuvent vivre dans pareil milieu. Si ça se trouve, ce sont ceux qu'on mange à tous les repas et qu'on trouve hyper bons.
La lumière est moins vive. Comme chaque jour, on se dépêche d'aller prendre la moto pour aller faire notre petit tour dans les rizières. Le vert vif des champs, les palmiers à sucre avec leur fière allure, les khmers qui rentrent leurs buffles et les ombres qui s'allongent. Le spectacle est saisissant. On se remplit la tête et les yeux pour mieux vivre l'instant présent. Du bonheur en barre.
A 17h15, il est temps de rentrer si on veut avoir le temps de prendre l'apéro avant le dîner qui est à 18h. Il ne s'agit pas d'être en retard. Lui, un whisky ; elle, un rouge. Et trois cacahuètes. Ce soir, on le prendra seul sur le seuil de la maison. Juste nos copains qui viennent faire coucou. Et dès qu'on a fini de manger, ils sont là. Impatients, les yeux brillants. Ils veulent jouer. On est prêt pour se prendre une raclée supplémentaire. Il faudra vraiment qu'on trouve un autre jeu à faire avec eux demain où on pourra mieux tirer notre épingle du jeu.
La nuit est tombée, la lune est haute, les gamins sont couchés... et on rêve. Thea nous a dit que la maison dans laquelle on vit est à vendre. Toute la soirée, on fera des plans sur la comète. JC veut une dalle de béton, je lui accorde. Il veut des toilettes dedans, je refuse. Il faudra refaire aussi la toiture très certainement, et agrandir un peu la terrasse devant. Et on pourra y venir quand on veut. Je vois déjà des fleurs dans le jardin. Entre rêve et l'uthopie, on s'endort.
Du coup, on peut finir la lessive et se faire une petite partie de mémory avec les enfants. On se prend une raclée à chaque fois. Leur mémoire est mille fois plus aiguisée que la notre. On essaye de s'apprendre mutuellement les noms des animaux : tchkaé, tchrouk, tir... on a du mal, ça les fait rire. La fin de la matinée arrive vite. A 11h, c'est déjà l'heure de déjeuner et Sithân nous apporte notre plateau. Riz, poissons, viande, petites sauces et du thé.
Comme il n'y a pas école aujourd'hui, on part se balader en moto dans les environs avec notre jeune interprète qu'on n'arrive pas à comprendre. A trois sur la moto et un gros sac photo, ça le fait, même si je suis un peu sur la barre de derrière. On part voir le chef du village, notre voisin, dans sa ferme à quelques kilomètres. Des arbres fruitiers dont des jacquiers avec leurs énormes fruits, de la volaille, des cultures de cette espèce de plantes qui vit dans l'eau avec laquelle on fait la soupe. Un papi souriant comme tout, est là, peinard dans son hamac, un jeune travaille et on lui file un coup de main histoire de ne pas rester là à le regarder bêtement. On prend râteau et sarclette, et on y va. Oui, oui, même JC. En repartant, je prends la place du milieu sur la moto. Finalement, c'est un peu plus confortable. On va voir la pagode qui est en construction. Elle se trouve à l'intérieur de la cour d'une école et toute une ribambelle d'enfants nous accueille avec de grands rires. Ils nous suivent en choeur dans la grande terrasse couverte où les moines font leurs prières. Pendant un bon moment, on chantera avec eux (ils adorent frères Jacques et "ding, dung, dong"), JC fera une petite série de photos. C'est fou comme ils se prêtent au jeu. Ils rigolent, et au moment de la photo "hop", prennent un air hyper sérieux.
De retour au village, on part à pied dans les rues, accompagnés de nos copains voisins. Match de volley. En fait, on en verra beaucoup, on dirait que c'est presque le sport national, et ils jouent bougrement bien. A 4 ou 5 ou 6, peu importe, ça marche. Le village est vraiment pauvre. Les maisons ne sont que succession de petites cabanes, moitié planches, moitié tôle ondulée. Devant l'une d'entre elle, un gamin est assis par terre, sale, avec un ventre gonflé. Sa mère ou sa grand-mère, difficile à dire, est habillée de loques et a les yeux hagards. Plus loin, un groupe de jeunes visiblement éméchés font la fête. C'est la fête des eaux à Phnom Penh, et manifestement, l'ambiance est arrivée jusqu'ici. Un groupe de pêcheur attend le poisson auprès d'une marre. On s'approche, de loin, cela semble assez bucolique. Et ça l'est. Si on fait abstraction des tonnes d'ordures, de sacs en plastics qui jonchent le sol. On se demande comment les poissons peuvent vivre dans pareil milieu. Si ça se trouve, ce sont ceux qu'on mange à tous les repas et qu'on trouve hyper bons.
La lumière est moins vive. Comme chaque jour, on se dépêche d'aller prendre la moto pour aller faire notre petit tour dans les rizières. Le vert vif des champs, les palmiers à sucre avec leur fière allure, les khmers qui rentrent leurs buffles et les ombres qui s'allongent. Le spectacle est saisissant. On se remplit la tête et les yeux pour mieux vivre l'instant présent. Du bonheur en barre.
A 17h15, il est temps de rentrer si on veut avoir le temps de prendre l'apéro avant le dîner qui est à 18h. Il ne s'agit pas d'être en retard. Lui, un whisky ; elle, un rouge. Et trois cacahuètes. Ce soir, on le prendra seul sur le seuil de la maison. Juste nos copains qui viennent faire coucou. Et dès qu'on a fini de manger, ils sont là. Impatients, les yeux brillants. Ils veulent jouer. On est prêt pour se prendre une raclée supplémentaire. Il faudra vraiment qu'on trouve un autre jeu à faire avec eux demain où on pourra mieux tirer notre épingle du jeu.
La nuit est tombée, la lune est haute, les gamins sont couchés... et on rêve. Thea nous a dit que la maison dans laquelle on vit est à vendre. Toute la soirée, on fera des plans sur la comète. JC veut une dalle de béton, je lui accorde. Il veut des toilettes dedans, je refuse. Il faudra refaire aussi la toiture très certainement, et agrandir un peu la terrasse devant. Et on pourra y venir quand on veut. Je vois déjà des fleurs dans le jardin. Entre rêve et l'uthopie, on s'endort.
Pascale.
Merci pour ces petits moments d'intimité, qui donnent envie d'aller vraiment au coeur d'un pays comme tu le fais si bien.....🙂
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