oh-my-god, mais que lis-je ? la petite sirère, une vile nymphomane ? j'espère que tu as au moins conscience de briser menu les derniers idéaux, les derniers rêves d'innocence des quelques VFistes (les grands fous !) qui se seraient aventurés par là, avec ce relooking extrême des héros de notre enfance... aah, puissent-ils, puissions-nous, un jour, ressortir indemnes de cette relecture disons... progressiste, de walt disney (la paix sur lui). 😉
bon, où en étions-nous ?
ah, voilà. antoine de maximy, mécontent de ne pas avoir pu prendre son continental breakfast avec cet ingrat de will smith, à l'issue d'une équipée états-unienne ma foi forte en bouche, décide néanmoins de remettre le couvert aussi sec en se concentrant sur un sujet d'actualité (qui ne concerne toutefois pas michael jackson) et se lance dans un deuxième opus sobrement intitulé j'irai dormir chez vous : la france d'en haut. car oui, jamais à court de défis, toitoine ne se refuse rien et a choisi de s'incruster tout simplement chez l'irrésistible it-girl du moment. j'ai nommé liliane bettencourt, rien de moins.
la belle (??) est archi-médiatisée, harcelée et surveillée 24/24, désavouée par ses amis (son portraitiste, sa maquilleuse, sa comptable), sa famille lui veut du mal et elle n'a d'autre recours que de se perdre dans la poudre (matifiante). antoine arrive à point nommé. il veut à la fois pénétrer le temple méconnu (quoi, pas vous ?) de l'hyper-richesse (histoire de changer des plans bis chez l'habitant lambda au bhoutan, même pas foutu de lui servir une piquette convenable) et en même temps toucher à l'humain (le vrai, le vulnérable, celui que même l'argent ne rend plus heureux - car trop, c'est trop).
antoine enfile donc ses petites caméras, ses chaussures gore tex et sa petite gueule d'ange de vieux loup de mer et se rend en métro (prolo !) dans le XVIème, les beaux quartiers d'aragon, la cour de jeux des grands de ce monde, où l'on mange des macarons aux huîtres, de la soupe au thon rouge (le dernier au monde !), de la glace au foie gras. même le mcdo y est corrompu, puisqu'on y sert un big mac au magret de canard. bref. antoine sonne tout simplement chez liliane, probablement terrée derrière quatre ou cinq portes blindées, trois kevin costner (de la grande époque d'avant the postman, attention), un chien andalou, et trois perruches qui récitent du verlaine (la classe absolue). pour X raisons (la faiblesse, sans doute), liliane ouvre à antoine, qui à son tour s'ouvre à liliane de son projet fou. c'est parti.
mais voilà qu'on entend un grand tapage au-dehors. liliane, qui craint encore un peu pour son intégrité, envoie antoine en éclaireur. baroudeur dans l'âme, le maximy s'y colle. il constate effectivement un grand chambardement : avenue montaigne, des fans en furie d'obédience wayfarer attendent au tournant une limousine crème d'où émergent théodore monod et lady gaga, bras dessus, bras dessous, qui se rendent tous deux à une conférence inédite sur la mélancolie du chaos donnée par jean-paul rouve.
au même moment, mathieu almaric entre littéralement en collision avec notre ami maximy, et là, c'est le drame : une des caméras tombe à terre, anéantissant net des heures de prises exclusives (liliane raconte son enfance, liliane à la ferme, liliane se sent seule, liliane le vaut bien, liliane mange des raviolis en boîte ladurée, liliane regarde M6 comme tout le monde). pour se racheter, amalric négocie une nuit d'amour avec mimie le meaux, mais antoine est au-dessus de ça et puis il aime pas trop ses tatoos, à mimie. heureusement, voilà que débarque paz de la huerta, en grande forme après une nuit sous acide et un concert des animal collective, arrivée qui met tout le monde d'accord : ça pue l'embrouille, autant rentrer.
dans son petit salon de 300 m² (au passage, paz se demande où sont le colonel moutarde et le chandelier), liliane sert le thé, un thé spécial qu'elle importe du sikkim par hélico, avec des pâtisseries syriennes à se pâmer, le tout présenté dans de la vaisselle en baccarat sur mesure. aux murs, amalric dénombre discrètement, en amateur, un picasso, un degas, un damien hirst immonde, deux kahlo, trois matisse, un sempé original. côté photos, la dame a des goûts détonnants : diane arbus, david lachapelle, terry richardson ! ça frise l'ambiance boudoir, dites voir. mathieu ouvre un peu son col. il voit l'héritière d'un autre oeil.
pendant ce temps, l'homme de main de liliane, sam rockwell, veille au grain. il craint une nouvelle trahison et, se rappelant non sans nostalgie son passif de mercenaire tendance au coeur des ténèbres en sierra-leone, se déclare intérieurement prêt à remettre la main à la machette, au besoin.
loin de se douter de la menace qui pèse sur eux, les compères s'empiffrent comme il faut. mais voilà qu'on sonne à la porte. c'est jean dujardin qui revient des seychelles faire un petit coucou à sa grande tante. antoine les filme pendant qu'ils causent business, parce qu'il vient de se rappeler in extremis qu'il est avant tout dans une démarche sociologique - et non gastronomique, comme il a pu le penser jusqu'à présent. ça parle en K€, si bien qu'on ne sait plus combien coûte une baguette pas trop cuite, en ce bas monde. liliane reçoit un peu plus tard la visite de karl lagerfeld, venu lui présenter en exclu des modèles de robes dont le prix se rapproche approximativement du coût de lancement d'une fusée ariane depuis kourou. une bagatelle, donc. paz se sent un peu naze dans sa robe H&M fabriquée en malaisie, amalric se dit qu'il irait bien faire un saut en guyane, à l'occasion, quand antoine est sur le point de perdre les pédales quand il compare au propre budget de son film : minable. l'arrivée d'une nouvelle recrue remet tout ce petit monde à l'aise : ariane ascaride, la confidente et amie de liliane. la dernière fidèle. elle revient de dubaï où elle a été négocier le prix du lingot, en même temps qu'elle rachetait un groupe hôtelier en forme de phallus (une gageure pour l'endroit). une grande fille toute simple, quoi. qui trouve même le temps de lire katherine pancol quand elle n'est pas trop jetlaguée et qui a déjà mangé au buffalo grill en 1992, même que c'était pas dégueulasse.
il se fait tard, mais liliane a vraiment la pêche aujourd'hui, et elle leur propose une petite virée dans le paris upper-class by night. elle affrète donc son propre bateau mouche tout équipé (sauna, cinéma 3D, bar à soupes, studio d'enregistrement, magasin de lingerie, opticien) et les ballade sur la seine au son de l'orchestre philharmonique de berlin (au complet !), spécialement dépêché pour l'occasion. trop forts, ils jouent même du plastic bertrand si on leur demande ! pendant que paz et mathieu font semblant d'être des mélomanes, antoine fait ami-ami avec de curieux convives : une militante greenpeace désabusée, jodie foster ; un chirurgien esthétique au sourire carnassier, javier bardem ; un joueur d'échec prodige, jim carrey ; une bigote prosélyte, béatrice dalle, et même un as de la spéculation non-violente, mickey rourke !
antoine est sur le point de conclure avec une belle aventurière au CV mystérieux incarnée par (non, pas marion cotillard) cat power quand liliane rappelle qu'elle doit se lever tôt demain pour le procès et qu'il est temps de rentrer.
dernier plan : antoine filme longuement son lit à baldaquin et ses draps de soie, les dorures et la fresque hum... inquiétante (mais, ne serait-ce pas un tableau de marilyn manson ? décidément, cette liliane est rock'n'roll) qui lui fait face, en plus des miroirs multiples qui ornent globalement la chambre de 400 m² qu'il occupe. quoi d'autre ? six écrans plats, la bibliothèque complète de la pléiade (pour quoi faire, on se demande), trois canapés, un jardin d'hiver, une piste de danse, un chenil, un four à pizza, une machine à cocktails, une sculpture toute simple de henry moore (une petite, 3 mètres de haut), un dressing géant, un box à chevaux, une poste. "bienvenue chez les nantis", c'est la dernière phrase que se dit antoine, éteignant sa caméra, avant de s'endormir paisiblement, la tête sur un oreiller en hermine frappé des initiales LB. pfiou, ça change des guest-houses merdiques des précédentes émissions...