Il est tout à fait possible de voyager dans la région kurde en ce moment, mais il faut savoir où l'on met les pieds et prendre des précautions. C'est bien un génocide qui est en cours, à la fois "physique", culturel et psychologique.
Parler un peu turc me semble être le minimum.
Mon point de vue est le suivant : je ne pourrais pour ma part pas m'y rendre en "simple touriste" qui veut voir du pays. Par contre, si tu as envie d'en savoir plus sur ce qui se passe là-bas, discuter avec les gens, etc... alors pourquoi pas. Les Kurdes sont désespérés que personne ne sache ce qui se passe, et ils t'accueillerons les bras ouverts si tu fais preuve d'une curiosité sincère.
Cette guerre est étrange, certaines villes sont sous le feu de bombardements, d'autres continuent comme si de rien n'était, donc toute la région kurde n'est pas sous les bombardements. Selon les dernières nouvelles que j'ai lues, les villes suivantes ont été bombardées : Yuksekova, Nusaybin, Cizre (certains quartiers entièrement détruits), le centre-ville de Amed (diyarbakir en kurde).
Sache qu'en stop, si tu passes des checks-points tu subiras certainement des interrogatoires par le MIT (renseignements généraux), les flics ou l'armée. Cela a été mon cas par trois fois lors de mes derniers voyages en stop dans la région, et c'était avant que ce nouvel épisode de génocide démarre, et que la guerre entre PKK et armée soit relancée. Sache qu'ils peuvent te prendre pour un journaliste si tu as un appareil photo et que tu vas dans des endroits craignos (par exemple si tu essaies d'entrer dans Sur, le centre-ville de Diyarbakir).
Mon conseil : si tu sais pourquoi tu y vas, que tu fais l'effort d'apprendre un peu le turc avant de partir, et que ton but est autre chose que de voir des beaux paysages et des monuments historiques, alors je pense que cela peut être la base à de très belles rencontres, et peut-être que cela te donnera envie de pousser plus loin ta curiosité sur le mouvement politique kurde qui est d'une extrême richesse.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque