Dans trois semaines, j’ai 85 ans.
Ca va passer vite.
Ce matin ma hanche me fait souffrir. Le médecin que j’ai eu en téléconsultation m’a dit qu’une intervention ne serait pas intéressante pour moi compte tenu du contexte.
J’ai vu le Bourdon de la Santé Sociale se poser sur le perron d’Adrien. Depuis quelques jours ceux de la Brigade Géronte volaient en rase motte.
Je vais ouvrir les volets, aérer la maison, boire mon verre d’eau et saluer Adrien, lui souhaiter bon voyage éternel.
Depuis les années 2040 les établissements pour personnes âgées et dépendantes n’existent plus et les vieillards restent chez eux jusqu’au bout de leur vie autorisée.
La grande guerre sanitaire de 2020 à 2024 a profondément modifié l’existence et, avec les changements climatiques , les forêts desséchées et les campagnes désertiques se sont multipliées.
Les gouverneurs des cinq continents, l’Afrique, l’Asie, l’Europe, l’Amérique et l’Océanie ont édicté la LMN (loi du monde nouveau) et chaque habitant sur la planète s’est adapté à cette nouvelle donne.
Les voyages d’agrément et d’affaires n’existent plus depuis longtemps et les sites de voyageurs se sont éteints les uns après les autres.
En ville, les gens courent en tout sens les yeux rivés sur leur écran et, en dehors du bruit sourd des voitures électriques, du bourdonnement des climatiseurs qui tournent à plein régime malgré les lourdes taxes, on dirait des villes de fantômes où les passants, visages penchés, évitent leur congénères en douceur.
Durant la GGS (grande guerre sanitaire), les masques obligatoires avaient subtilement modifié les rapports, mais quand les villes avaient pu s’équiper de dômes, bulles transparentes enveloppant les cités et pulsant un air pur débarrassé de particules nocives, les gens qui craignaient l’hypercapnie avaient enfin respiré librement.
Il y a plusieurs mois que je n’y vais plus.
Pour voyager, il suffit de cliquer sur le Mur de Vie installé dans toute habitation. Il est possible de naviguer dans le passé, visiter chaque pays de l’ancien temps exactement comme si on y vivait et sans risques sanitaires. Bruits et odeurs sont diffusés et pour peu que l’on anticipe, le drone d’alimentation peut livrer des plats lyophilisés du pays choisi.
Très souvent, je me projette en Inde et me promène dans les rues surpeuplées, grimpe sans fatigue les marches des temples. Un plaisir oublié sans transpiration, sans microbe, sans saleté.
Je vais sucer ma pastille de tétrahydrocannabinol.
Depuis que j’ai 80 ans , j’ ai droit à 8 par mois. Dès 70 ans, j’en recevais 4, délivrées par le drone de Santé Sociale.
C’est un médicament obligatoire et gratuit que chaque personne doit prendre.
La vérification de l’absorption est simple. Il faut poser une infime goutte de sang dans un boîtier santé branché sur le dernier modèle de compteur Linky.
Ainsi, nous sommes tous bien pris en charge au nom de l’Egalité pour Tous inscrit dans la loi des derniers traités trans-mondiaux.
L’effet est apaisant sur ma hanche, il me ramollit le cerveau mais je vais me brancher sur les Cyclades que je ne connais pas et me laisser bercer…
Parodie de « Soleil vert » Pondy 😉😉😉 ?
Dur pour le moral , tu n’as pas quelque chose de plus doux pour surmonter l’avalanche de nouvelles morbides de ces jours de GGS .....
Ton récit est fort teinté de l'ambiance actuelle , et peut même paraître vraisemblable 🏴☠️.... Mais , il va heureusement encore se passer d'ici là beaucup de choses pour modifier le contexte 😛
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
Je me suis réveillée en pleine forme toute douleur disparue.
La Brigade Géronte est venue embarquer Adrien.
Sa maison sera donnée à un couple de plus de 70 ans, la ville et ses soleils culturels étant réservée à la jeunesse et à la maturité.
Le drone de l’Alimentation Générale m’apporte le nécessaire et, derrière la maison, à l’abri des regards de celui de la Caméra Ecologique qui tourne à intervalles régulier au-dessus du village, je cultive en cachette mes tomates, mes pommes de terre et mes poireaux. En ce moment, les potirons enflent péniblement.
J’ai soigneusement préparé mon carré mais la terre est pulvérulente et le résultat est maigre d’autant que je garde l’eau autorisée pour mes tomates.
Les semences se donnent entre nous sous le couvert, c’est notre minuscule rébellion mais qui pourrait nous coûter cher tant le Programme Agricole se doit d’être appliqué.
Dans nos 3m2 autorisés, cette année nous avions droit aux rutabagas et topinambours et nous avions transgressé.
Il y a 60 ans, les abeilles butinaient encore, les pattes lourdes de pollen jaune et j’aimais ouvrir ma liseuse et lire assise sur le banc écaillé dans la tiédeur de l’été et leur léger bourdonnement.
En même temps que les forêts s’éteignaient les livres disparurent. C’était installé l’ère numérique, l’ère robotique et domotique, l’ère de l’intelligence artificielle.
Dans la chambre, le Mur de Vie ondule et le visage souriant de ma petite fille remplit l’écran.
« Bonjour, bonjour, ça y est, nous allons déménagé dans la tour 126, c’est super, tu te rends compte, enfin de la place, 43 m², on a enfin obtenu l’autorisation. On va pouvoir commander notre bébé, les Nataliteurs ont donné le feu vert. »
« C’est parfait, vous avez fait votre choix ? «
« Pas encore, on hésite sur la couleur de la peau et des cheveux »
« N’oubliez pas l’option à cocher, le supplément d’âme »
« Ca, on ne sait pas si on va le faire, ça double le prix de la transaction »
« Faites attention, j’ai entendu les gouverneurs s’alarmer de la recrudescence de violence chez les enfants pour lesquels les parents n’avaient pas coché la case et ils semblent réfléchir à des sanctions »
« oui, oui, on va réfléchir, à bientôt »
Depuis la révolution du ciseau génétique à séquencer, il y a 70 ans, le système appelé CRISPR-Cas9 a ouvert la voie et vingt ans plus tard était réglé le problème de la reproduction humaine car dans le même temps, se développait à une vitesse fulgurante les matrices à embryons.
Il y avait eu un emballement scientifique et médiatique extraordinaire.
Dans les cités d’ordinaire si atones, les féministes trépignaient de joie. Si leur aïeuls avaient jeté le corset et le soutien-gorge, elles, aujourd’hui dansaient sur la liberté de leurs corps retrouvée.
Ainsi leurs ventres ne seraient plus des matrices reproductrices de location pour des milliers de femmes fragiles, vulnérables et pauvres.
La victoire scientifique, technologique et humaine était totale.
Lorsque j’ai sélectionné mes enfants et à l’époque nous avions droit à 2, sur le site usinaminot.fr je n’avais pas coché la case - tendresse et affection - tant ça me semblait aller de soi.
Aujourd’hui, parfaitement connectés à leur vie ils n’imaginent même pas une seconde que mon anniversaire qui approche puisse être ma plus grande préoccupation.
Je pense que dans les années 2040 et au-delà la médecine aura encore fait des progrès et vous serez en bien meilleure santé que les octogénaires actuels. Peut-être que vous ressentirez des douleurs un peu partout plutôt vers vos 90 ans ? En tous cas je l'espère 😛
Caro
La beauté des mots ne saurait excuser leur aigreur ~
voyageforum.com/discussion/votre-playlist-route-d10352797
depuis l ouverture des trous de ver et donc la domestication du continuum espace temps , avec la chargement de notre memoire dans des corps neufs , nos seuls soucis sont la gestion de notre immortalité et nos relations parfois mouvementees avec les espèces extra terrestres.
Il est vrai que mon epoque a commencé mille ans apres la tienne.
quand Chondy périt , Pondy chérit.
Je pense que dans les années 2040 et au-delà la médecine aura encore fait des progrès et vous serez en bien meilleure santé que les octogénaires actuels. Peut-être que vous ressentirez des douleurs un peu partout plutôt vers vos 90 ans ? En tous cas je l'espère 😛
Qui vivra verra , mais je n'en suis pas aussi certaine que toi ...à cause des pollutions , des cultures intensives , des élevages intensifs , bref d'une nourriture de plus en plus mauvaise qualité , et aussi les risques de famine dues au changement climatique , à cause aussi de la surpopulation .
Les personnes de 80, 90 ans et plus ont grandi dans un monde très différent , avec ses défauts et sa guerre mondiale , mais leur nourriture était plus saine , ils dormaient plus , vivaient dans l'ensemble plus simplement .
J'ai déjà vu pas mal de nonagénaires enterrer leurs enfants de 60 ans .
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
J’ai vu sur mon Mur de Vie, ce matin, qu’il neigeait dans l’Altaï. Le manteau blanc sur les arbres et les routes me fait rêver.
J’ai peu de temps aujourd’hui.
Je m’absente huit jours et j’ai réservé le drone taxi EHang 184 pour rendre une dernière visite à mes enfants. Ces taxis sont apparus peu après la Grande Guerre Sanitaire des années 20 et leur propulsion à l’hydrogène décarboné a modifié en profondeur le parc automobile devenu quasi inexistant.
Là où je vis encore quelques jours, il existait dans les temps anciens, des mines d’extraction d’uranium.
Période de peuplement intense qui s’est achevée à extinction des gisements.
Puis, des prospecteurs ont foré et découvert des gisements d’hélium, gaz si précieux et nécessaire à l’avènement européen et mondial de la 5G et de la FibrePourTous mais aussi pour le système de santé et d’imagerie médicale.
Alors, des villes ont jailli, nombreuses et de modestes dimensions pour faciliter l’installation des dômes de protection sanitaire, verdoyantes et totalement végétalisées dont l’entretien était et est toujours assuré par brumisation d’eau désalinisée.
Sur les 5 continents depuis la LMN, les ressources et les besoins sont mutualisés.
La planification quinquennale reste quasi identique depuis vingt ans.
La vie s’étend de la naissance matricielle à 85 ans.
Une vie sereine, calme où chaque individu reçoit une dotation financière mensuelle équivalente dans le monde entier.
J’avais fait le choix de ne pas travailler et de me satisfaire de ce qui m’était imparti mais d’autres travaillaient dans les entreprises d’enfantements, de gaz, de technologie bio-médicale, d’entretien et de services etc... pour un surplus conséquent qui leur offrait davantage de loisirs dans les complexes récréatifs.
Je n’ai jamais pu offrir à mes enfants le casque avec vision à 360° pour une immersion totale dans notre Mur de Vie. C’est ainsi.
Dans ce monde devenu parfaitement organisé, paisible, sans discorde, sans passion et sans émotion, je me suis sentie toujours décalée.
Les frontières n’existent plus étant entendu que les populations ont compris par la pédagogie à effet vicariant l’intérêt économique et sanitaire de rester dans leur lieu d’origine.
Le gigantesque problème des migrations est résolu depuis 50 ans et tout humain sur la planète était désormais logé à la même enseigne.
Il sait lire, se servir d’un clavier, des applications de son TT*, possède un Mur de Vie, le nécessaire pour se nourrir s’abreuver, des jeux sportifs en équipe statique et un accès au soin en cas de défaillance de son système immunitaire dû au dysfonctionnement temporaire du nano-médecin, ces nanorobots implantés capables de protéger le corps humain contre toute maladie.
L’extravagance, la fantaisie, l’imagination, la poésie, la littérature et la pensée différente existent encore à la marge mais la réprobation populaire silencieuse fonctionne si bien que le contingent de Brigades de Répression Morale a été réduit de moitié depuis trois lustres.
Dans ce monde de concorde lisse, j’ai vu les changements survenir avec crainte puis philosophie et j’accepte tout ce que l’on m’inflige, ce qui est bien pour notre humanité.
A demain
*Note historique
* terminal tactile et orthographié TT mais écrit tétée dans le référentiel des mots mis sur le marché
Bonjour Dom par curiosité j'ai voulu me glisser dans ton monde 2095. Si tu trouves que c'est une intrusion, donne moi une pichenette pour le futur et balance moi en 2515, mille ans après Marignan. Mais je crains qu'en ces temps le monde ne soit par trop lisse, les robots auront définitivement éradiqué la vie biologique, trop problématique, trop fragile.
En particulier le bipède, agité de toutes les passions, des sentiments bizarres qui n'ont plus cours, amour, haine. Dans sa grande présomption le bipède en parlant de lui et de sa race, ne parlait pas de mâle et femelle mais d'homme et femme. Nous les robots malgré notre immense bonté nous avons dû nous résoudre à le faire disparaître et à sa suite la faune et la flore, oui ces arbres dans les forêts qui sont en compétition pour sortir la tête les premiers, en plus les arbres avaient un côté dérangeant, plus enclins à aider leur propre espèce.
Nous les robots maintenant vivons dans un monde parfait. Les changements climatiques ne nous affectent pas, cette planète surchauffée où le biologique a été éradiqué est un paradis. Le monde minéral est plus facile à gérer que le vivant.
Bon alors je reviens à 2095:
Pour ma part je suis un peu plus vieux que Pondy, né au milieu du XXème siècle. En cette année 2095, je viens de dépasser les 140 ans mais, j’ai encore bon pied bon œil. Je suis loin d’être un cas isolé, cet âge ne peut plus être considéré comme canonique. Mais à partir de 140 ans nous sommes un peu plus surveillés, tout excès en tout genre étant interdit pour tous dans notre société du bonheur, alors là cela devient encore plus draconien. Nos déplacements journaliers sont limités, notre nourriture encore plus contrôlée. La réussite de notre société est directement liée au pourcentage de centenaires, nous en sommes la vitrine.
Les bourdons espions en tous genres sont plus nombreux et font des passages plus fréquents et plus longs, difficile de leur échapper. Cependant cela est toujours possible. En particulier, l’alcool totalement prohibé depuis 2075, cette interdiction n’avait pas pu se mettre en œuvre comme planifiée, donc ce délai a permis aux prévoyants de s’organiser, via des réseaux de marché noir, ce qui n’est plus possible.
L’argent commençait à ne plus servir, car toute activité non normée était strictement interdite, plus de chasse ni de pêche, nos gentils écologistes qui nous gèrent pour la paix du monde nous ont imposé par la terreur ce nouveau mode de vie très humain et non prédateur. La montagne aussi a été interdite, exposer sa vie sans raison, allons il faut être fou. Les récalcitrants se sont rapidement retrouvés dans des asiles de rééducation mentale.
Pour ma part, habitant au pied de grandes montagnes, cette activité, où le plaisir de risquer ma vie avait été ma raison de vivre, me manquait terriblement. Comment échapper aux bourdons espions. J’ai décidé de tenter le tout pour le tout, malgré les répressions possibles contre mon épouse et moi-même. Cette première émancipation remonte à une trentaine d’années, j’avais déjà 110 ans, mais toujours une forme olympique, voire olympienne à l’image des dieux grâce aux petites pastilles obligatoires.
Donc, un soir après voir fait semblant de m’endormir, j’ai ressorti mon matériel d’alpinisme caché derrière un tas de briques au fond de ma cave. Mon sac vite bouclé, je suis parti de 23 heures à 6 heures faire la belle paroi de 600 mètres de haut que j’avais grimpée de nombreuses fois à l’époque où rien n’était comme aujourd’hui, puis je suis revenu me glisser dans mon lit, sans oublier de planquer mon matériel.
Je venais de retrouver mes grandes jouissances d’avant. A deux reprises dans la nuit j’ai failli faire une chute de plusieurs centaines de mètres. La première, car une prise avait cassé, effectivement ce n’est pas évident d’évaluer la solidité du rocher de nuit, et la seconde parce que j’avais commis une erreur d’itinéraire et redescendre pour retrouver la voie d’escalade fut plus que limite. Mais qu’est-ce que je me suis senti vivre à l’idée que j’avais de grandes chances de perdre la vie. J’ai retrouvé cette sensation orgasmique de péril immédiat, où l’on se sent déjà un pied dans l’au-delà, et puis non ce ne sera pas pour cette fois. Vieille sensation d’une autre forme de bonheur, que je n‘avais pas ressentie depuis des décennies.
Mais, ces petites escapades ne sont pas possibles en été, les nuits sont trop courtes. Cependant, cette première expérience m’a conforté dans l’idée qu’il était possible, par moments la nuit, d’échapper au contrôle systématique mis en place pour notre bien-être, notre sécurité, notre sérénité dans la doctrine du bonheur pour tous imposé dans le meilleur des mondes. Mais, pour prendre des marges de sécurité supplémentaires, afin de ne pas être arrêté comme un fou échappant au bien-être et à la vie sécurisée sources de bonheur, droit premier de la nouvelle constitution, j’ai commencé à partir, toujours de nuit, mais par mauvais temps. A ces périodes les bourdons protecteurs sont moins présents et de plus incapables d’affronter la bourrasque et les précipitations.
Ohlala ce plaisir, le risque a été décuplé le plaisir s’est envolé de manière exponentielle, et en pleine sécurité les bourdons ne pouvant pas remplir leur mission de bonheur dans la tempête. Mais ces intermèdes de jouvence ne sont que des intermèdes dans une vie qui ne présente plus d’intérêt, le bonheur étant assuré à l’insu de notre plein gré. Certes si, le grand plaisir de « baiser » le flicage est bien réel, mais ce n’est pas ma façon de concevoir une société.
Je vais partir pour ma dernière ascension, je suis un peu triste pour mon épouse, mais ne peux en discuter avec elle, les bourdons repéreraient immédiatement la déviance de pensée en écoutant nos paroles. Nous nous connaissons depuis suffisamment longtemps, à travers mon regard elle a tout compris depuis longtemps. Ces éclairs de folie elle les a toujours vus dans mes yeux, déjà à l’époque lointaine des grandes ascensions ou des grandes traversées de déserts à vélo à l’autre bout du monde, dans ces temps déjà lointains où l’on pouvait se déplacer pour le plaisir sans rien demander aux autorités garantes de notre sécurité et responsables de notre bonheur.
Ce soir les conditions sont idéales, nous sommes vers mi-septembre. L’équinoxe d’automne étant proche, les nuits s’étalent sur 12 heures. Une période de très mauvais temps de longue durée s’annonce de manière imminente. On en sent déjà les premiers effets, un vent violent commence à souffler et, ce soir un peu avant le coucher du soleil la visibilité porte très loin sous la couche nuageuse, signe annonciateur de grosse dépression météorologique.
Mon plan, partir faire le grand couloir de neige et glace que je n’ai plus gravi depuis maintenant 70 ans. Les conditions sont très différentes du fait du réchauffement. Mais il se situe en altitude, 1000 mètres de dénivelé entre 3000 et 4000 mètres. Mon projet est simple, gravir les 700 premiers mètres, puis m’arrêter et faire une petite plateforme sur la neige et m’installer et attendre. Ce grand couloir je le connais bien, il est très présent dans ma mémoire. Tout là-haut à la sortie par mauvais temps se forme une grande corniche et juste dessous du fait des turbulences aérologiques apparaît une immense plaque à vent très instable, les couches de neige n’ayant plus de cohésion entre elles. Et puis de temps à autre la corniche, devenant trop proéminente, elle casse et tombe sur la plaque à vent qui dans un grand craquement s’affaisse et se fracture et déclenche une immense avalanche qui ravage tout le couloir sur son kilomètre de dénivelé.
Il y a très longtemps, je l’avais presque provoquée la rupture de cette plaque instable, le craquement, le souffle de l’air expulsé par la neige qui s’écrase. D’abord certain que j’allais mourir, puis tout étonné, rien n’avait bougé, mis à part l’affaissement de la couche de neige superficielle. Visible quelques mètres plus haut, seulement une grosse fissure dans le manteau blanc sur une trentaine de mètres, lourde de menaces en arc-de-cercle au-dessus de moi. Mais ce jour-là, la neige était un peu stabilisée après deux jours de soleil qui avait rendu leur cohésion aux flocons, sans toutefois vraiment renforcer la soudure entre les couches, mais cela avait suffi. Je m’étais fait très léger pour sortir de ce sale pas. Que ces situations font prendre conscience du trésor inestimable que représente la vie !
A ces souvenirs je souris, mais cette fois je compte attendre cette vague que j’ai déjà observée à plusieurs reprises. Cette idée m’avait déjà effleurée en lisant la vie des peuplades du Grand Nord. L’homme lorsqu’il considérait qu’il devenait un poids pour son clan, il partait seul s’installer sur la banquise et attendait de se transformer en glaçon. Me revient aussi en mémoire l’histoire de cet alpiniste américain qui, il y a très longtemps, à 70 ans trouvant son déclin imminent, ne pouvant admettre de ne plus être au top, un soir a fait une bise à sa femme et est parti s’installer au sommet d’une montagne à la manière des Inuits. Il lui avait laissé une lettre à ouvrir quelques jours plus tard. Elle aussi avait tout compris, mais n’avait pas protesté lorsqu’il avait franchi le pas de la porte.
Il me reste une heure avant de franchir à mon tour le pas de la porte. Je descends à la cave où dans le double-mur se trouve ma cave secrète qui échappe aux bourdons du bonheur depuis vingt ans. J’y choisis quatre bonnes bouteilles en rouge dans de grands millésimes, un côte rôtie, un Châteauneuf du Pape, un Saint-Estèphe Cos d’Estournel et un Clos Vougeot mais un haut de côte. Cela alourdit sérieusement mon sac, une bouteille pèse 1,6 kg. Ces derniers moments, si la corniche m’offre un répit, je compte bien en profiter, avec un peu de chance deux voire trois jours. Oui ces belles bouteilles, ici chez nous, lorsqu’il m’arrive d’en ouvrir une, je dois faire vite et n’en boire qu’un verre. Faire vite, car le bourdon sanitaire n’est jamais très loin, et si je bouge la nuit il s’inquiétera de mon état et volera à mon secours. Et puis, ne pas en boire plus qu’un petit verre, car lors du contrôle de ma goutte de sang hebdomadaire, si par malheur la moindre trace d’alcool était découverte cela chaufferait pour mon matricule ainsi que pour celui de Danièle.
Cela me rappelle les temps anciens, où les gens tentaient de s’échapper de pays comme la République démocratique allemande ou d’Albanie, les rétorsions contre la famille étaient terribles, mais il s’agissait de dictatures terribles, alors que notre société c’est la société du bonheur, certes obligatoire, mais du bonheur quand même, donc aucune justification possible lorsqu’on s’y soustrait.
Une fois ces quatre flacons dans mon sac, je remonte, Danièle est là, de son regard triste elle n’ose me fixer, le mien de regard se fait fuyant. Malgré ses 145 ans et mes 140 ans nous éprouvons l’un pour l’autre toujours un immense amour. Le comble, c’est que les pilules obligatoires du bonheur entretiennent la libido par-delà les années. Mais tout est au mieux dans ma vie, pourquoi fuir ?
Une dernière chose à faire impérativement, retirer la puce géo localisatrice de mon avant-bras. J’ai gardé un bistouri qui avait appartenu à mon père qui était chirurgien. Cet outil de chirurgie me rappelle lui aussi bien des souvenirs. Il y a très longtemps j’avais entre 16 et 20 ans, sur ma puissante moto je faisais beaucoup d’imprudences et les accidents étaient nombreux, et je me retrouvais fréquemment sur la table d’opération de mon père brandissant ce fameux ustensile.
Un peu de sang qui gicle ne m’impressionne plus depuis longtemps. Une entaille précise et hop la petite puce est enlevée. Il n’est pas question de faire appel au bourdon médecin ou infirmier, j’ai donc aussi gardé une aiguille à recoudre, trois points et la plaie est refermée. La puce, il me faut la laisser dans la maison, c’est là que l’alerte sera déclenchée le plus tardivement. Ce sera demain matin lorsque le premier bourdon du bien-être me géolocalisera et ne me verra pas. Je sais que je fais prendre des risques à Danièle, j’ai le ventre serré comme quand je partais plusieurs mois pour traverser un continent à vélo. J’aimerais tellement lui dire quelque chose de fort, mais l’enregistreur auditif détecterait immédiatement une anomalie de comportement et le bourdon vérificateur apparaîtrait dans les trois minutes. Je la regarde, lui prends la main, elle l’a toujours eu chaude et douce. Ne pas traîner, je risquerais de céder au bien-être du bonheur. J’exerce une petite pression sur ses doigts puis la lâche et me dirige vers le pas de la porte sans plus me retourner.
Une fois dehors, un vent rageur me secoue, l’air est frais, là-haut à partir de 3000 mètres la neige ne devrait pas tarder à faire son apparition. Je m’enfonce dans la nuit et la tourmente. Une immense sérénité me pénètre, je me sens libre, fraction de cette nature hostile, à laquelle notre société du bonheur ne veut pas me laisser accéder justement pour raison de bonheur. Je pars en direction de mon couloir de neige et glace, vers un destin qui est celui de mon choix.
Me panique parce que tu prends le risque d’être lu par le Contrôleur Général des Nations et tu dis que tu as dépassé l’âge d’autorisation de vie.
Existe t-il une partie de la planète où vivent des gens de plus de 100 ans, j'en suis ébahie.
Tu fais sans doute partie des VR* dont j’ai entendu parlé.
J’ai deux questions à te poser et peut-être, si tout se passe bien pour toi dans la dernière aventure que tu entreprends, pourras-tu me répondre.
La première : comment se fait-il que ta puce de contrôle soit implantée dans ton avant-bras. Habituellement elle est couplée et implantée avec celle du nano-médecin au stade embryonnaire ?
La deuxième : dans quelle partie du monde trouves-tu des montagnes de l’ancien temps.
Quand je prends le taxi drône, je ne vois que des paysages de désolation. Ma seule consolation est que tu parles d'un couloir de neige qui me fait penser à un monde virginal.
Penses-tu qu’il y ait une solution pour que je puisses éviter la gélule létale qui va être déposée par le Bourdon de Santé Publique ?
PS : Si tu n'as pas filé, branche toi sur ton Mur de Vie, je lirai tes réponses dans ton regard.
Cela fait longtemps que je ne m’étais déplacée pour choper un accès wifi-telepathic afin d’avoir des nouvelles du MN, j’ai donc capté ton message puisque tu as utilisé l’expression “VR” .
A te lire je ne regrette pas la décision que j’ai prise il y a maintenant si longtemps.
Un petit groupe avait décidé de fuir la désertification rurale organisée ainsi que le regroupement des populations dans les villes sous dômes. Un médecin nous avait ôté nos puces qui servent de détecteurs aux Bourdons de la LMN.
Depuis le brusque réchauffement climatique et la désertification rurale, puis enfin grâce à la stabilisation du climat, la grande forêt tropicale de Létavia, recouvre à nouveau toute cette ancienne région qui s’appelait Bretagne, comme jadis il y a quelques milliers d’années. Bon évidemment cette forêt a beaucoup changé. C’est là que nous nous cachons, sous le couvert des arbres, où les drones qui patrouillent parfois ne peuvent nous repérer.
Nous ne sommes pas nombreux dans cette forêt et nous vivons bien car nous nous étions préparés à tout ça bien avant, nous étions alors tous des “prepares”, ce que dans le MN vous appelez “VR” aujourd’hui .
Je sais ce que vous racontent les autorités aujourd’hui à propos de la nature et de la campagne pour vous tenir en effroi , mais ici nous élevons en dehors nos poules et nos lapins , nous cultivons nos légumes, dont de belles bananeraies, et nous buvons l’eau des rivières sans tomber malades (hallucinant hein?). L’air est parfaitement respirable ici.
Au début on n’osait pas consommer l’eau des rivières, mais à force nous nous sommes rendus compte qu’il n’y avait plus de risque. Nous nous soignons avec les plantes , et nous acceptons le risque de l’accident ou de maladie plus grave. En cas de besoin ou d’urgence nous envoyons un des nôtres à la cité XZW99 se fournir en médicaments, par un moyen dont je ne dirais pas plus, mais tu te doutes peut-être que la corruption n’a jamais disparu !
Nous sommes très bien organisés et nous vivons bien, en tout cas bien mieux que dans vos cités sous cloche.
Bien sûr les autorités savent que nous sommes là, mais comme nous n’étions pas nombreux à avoir pris la poudre d’escampette face à la LMN, ils nous avaient laissé tranquilles. Et puis ils étaient devenus trop paranos vis à vis de la nature pour oser s’y risquer! Nous sommes libres, nous avons recréé une petite société que nous avons appelé Letavia, comme je te disais plus haut, du nom de cette ancienne grande forêt de jadis que plus personne ou presque ne connaissait.
Mais... voilà que l’autre jour, lors de ma ronde, j’ai aperçu 4 personnes en combinaison sanitaire dont deux armées, sans aucun insigne sur leur combinaison. Ils étaient en train de prélever des échantillons des sols, des arbres, et de la rivière.
Ceci nous inquiète. Vont-ils découvrir que les rivières et les sols finalement ne sont plus pollués et nocifs pour la santé ? Vont-il prendre en prétexte la moindre bactérie naturelle pour nous interpeller “ceci pour votre propre sécurité et la sécurité de tous” comme ils disent si bien ? J’ai peur qu’ils essaient de capturer l’un d’entre nous pour l’étudier sanitairement.
Mais en même temps ils découvriront que le dehors n’est plus aussi dangereux qu’ils pensent ou qu’ils veulent croire et faire croire encore. Cela pourrait tout faire changer en tout cas. Pour quelques-uns d’entre-vous, cela redonnera espoir, mais la peur panique à nouveau risque de s’emparer d’un certain nombre d’entre vous, et cela risquerait alors de sonner la fin de la paix et de la liberté pour nous.
Nous avons donc posté des sentinelles un peu partout dans la forêt. Nous avons aussi posé des pièges à gros gibier car nous voulons en capturer au moins un pour savoir ce qu’ils ont en tête dans le MN.
Il faut que je m’en aille à présent, j’ai déjà débordé un peu sur mon temps de mission-médicaments à la cité, ce n’est pas prudent. J'essaierai de revenir.
PS: Salue Lucbertrand pour moi et dis-lui que le monde des hommes-robots ne tiendra plus longtemps, car l’expérience menée à ”l'île sous cloche”, il y a de cela fort longtemps, avait fini par échouer, et que si vous voulez en savoir plus à ce sujet faites des recherches via le Mur de Vie.
Ah, si tu veux venir fêter tes 85 ans dans la grande forêt, enlève ta puce et rends toi près de l'entrée du centre de récréation n°4 ce soir pour 21h précise. Ce sera avec plaisir. A toi de voir.
Bonjour Madame je m'appelle Danièle je suis l'épouse de Luc, il ne sera pas en mesure de vous répondre étant parti, je ne puis le joindre.
Mais de toute évidence vous avez accès à notre système de communication VB quantique non localisable à évasion de fréquences aléatoires, donc je peux vous faire confiance.
Je vous répondrai dès que je le pourrais.
En effet, d'une part la disparition de mon mari me mets sous le coupe de la justice et j'ai l'impression d'habiter une ruche. D'autre part notre système (dont je pourrais éventuellement vous parler) d'évasion temporelle m'a permis de faire un petit saut dans le passé, exactement le 12 septembre 2020 pour un plaisir malheureusement oublié depuis longtemps.
A très bientôt Danièle je serais en mesure d'éclairer partiellement votre lanterne, courage.
Danièle
Quand mon TT a vibré, j’ai eu l’impression de m’asseoir dans une flaque de lumière tant l’espoir a palpité.
Ainsi, ce n’est pas une rumeur, il existe bien des VR , des « préparés » dans ce monde pétrifié de bonheur et de sécurité.
Êtes-vous les descendants de la cohorte qui a participé à l’immigration des bretons en Armorique à l’époque des Grandes Invasions ?
J’en ai entendu parlé par le biais d’un message de Radio-Evasion que j’avais réussi à capter et d’ailleurs, si c’est la vôtre comment faites-vous pour n’avoir pas été repéré par la Gonio ?
La vie de votre groupe Létavia m’enthousiasme et je vous en conjure, protégez la. Attention aux Bourdons de surveillance et attention aux hommes en combinaison. Vous faites bien de piéger votre périmètre autour de Boconnec au coeur du Kreiz Breizh
Si depuis les années 2050 les puces de Santé et Contrôle sont directement implantées in-embryons, pour notre génération, nous avons dû les ingérer et elles se fixent définitivement dans le parenchyme.
Je ne peux donc pas l’enlever et ne trouve pas encore de solution pour le faire.
Elles ne sont extraites que lors de l’enlèvement des corps par la Brigade Géronte pour une question de tri.
Je mettrais, en te suivant, en danger tous vos membres qui seraient géolocalisés dans la seconde.
Tu dis obtenir des médicaments par la subornation de certains et ce n’est pas près de disparaître même après les lois du MN, et je sais aussi que je pourrais trouver ma solution par ce biais.
Jusqu’où ira ma droiture, c’est la question. Ou ma peur, ou mon courage c’est selon.
Je n’ai droit qu’à un seul taxi-drône par semaine et je suis désespérée de ne pas pouvoir me rendre à 21h au centre de récréation n°4 pour le seul plaisir de te rencontrer.
Bonjour Madame je suis toujours sous la coupe de l’enquête de disparition de mon mari, donc ma réponse sera partielle.
Comme vous le savez la brigade de répression morale (BRM) n’est plus très active donc on résiste assez facilement aux interrogatoires. D’autant plus à mon âge, avec une longue expérience de vie de 145 ans on gère ses émotions sans trahir ses pensées. Mais une évolution est en cours car je ne suis confrontée qu’à des bourdons enquêteurs, l’interface humaine a disparu dans ce domaine, je ne m’étendrais pas dans un premier temps sur ce que mon mari pense (oui à mon avis à ce jour il est toujours vivant, cela fait un peu plus de 24 heures qu’il est parti et bien qu’il ne se soit pas étendu sur son projet j’ai toujours lu en lui, et les grandes avalanches ne sont pas encore tombées, on en entend le souffle jusque chez nous).
Brièvement ce que mon mari pense du gouvernement mondial constitué des dirigeants de ce qu’on appelait les GAFA. Ce groupe humain s’appuie fortement sur l’intelligence artificielle, et des indices concordants semblent indiquer qu’un combat pour le contrôle du pouvoir soit enclenché entre l’homme et la machine. Cette dernière semble en mesure de prendre le contrôle, mais je ne sais pas tout, mon mari a toujours été évasif pour des raisons de sécurité.
Oui votre interrogation, pourquoi sommes-nous passés à travers, ce qui s’appelle l’élimination à 85 ans? Rapidement, à l’époque de la mise en place du système d’implantation des puces de santé, il s’agissait d’une simple implantation dans le bras. Le gouvernement mondial était parti du principe que tout le monde adhérerait sans restriction aucune car il s’agissait tout simplement de distiller le parfait bonheur, les petites pilules y aidant en plus.
Mais certains très rebelles d’esprit, ayant une autre idée du bonheur, je pourrais éventuellement vous en parler ultérieurement, le temps m’est compté aujourd’hui.
Oui donc notre puce, grâce à l’un de nos fils qui était ingénieur en informatique et aussi grâce au fils d’une camarade depuis l’école primaire, qui était un ponte chez Google encore existant à cette époque, nous avons pu apporter des modifications en matière de décompte du temps.
Pour faire simple nos puces sont bloquées à l’âge de 79 ans pour mon mari et 84 ans pour moi. Je n’en connais pas le processus exact, mais compliqué, car ce décompte pour passer inaperçu fait appel à la physique quantique ainsi qu’à la relativité, cette théorie d’un savant qui s’appelait Einstein et dont on a fait disparaître toute trace dans les mémoires de nos enfants. La fameuse formule :
Radical de 1- V carré/ C carré. Donc le bourdon sanitaire bien qu’il compte chez nous toujours le même âge ne peut réaliser que l’horloge est arrêtée.
Oui cette limite de 85 ans est horrible, elle nous choque vraiment. Mon mari n’emploie jamais ce chiffre 85, il dit toujours à la place centenaire.
Concernant les nouvelles puces, beaucoup plus sophistiquées, elles ne sont pas modifiables et l’horloge ne peut être perturbée. Le temps m’est compté ce matin, mais vous concernant tout espoir n’est pas éteint. En effet, le système de délocalisation spatio-temporel permet non une modification de l’heure indiquée mais une modification du temps dans lequel on se trouve, et une synchronisation précise permet de donner une indication temporelle au bourdon sanitaire, cette information temporelle venant d’un temps décalé. Je ne suis pas une spécialiste, mais la fameuse relativité restreinte dit que le temps est modifié par la vitesse. Vous pouvez vous retrouver plus jeune biologiquement parlant que vos enfants si vous partez longtemps très vite, c’est presque de la physique basique. Mais bien entendu il n’est pas question d’éveiller dans la conscience du peuple la réalité du monde. De plus les percées du groupe de scientifiques VR permettent de jouer sur des temps négatifs, mais mon mari ne rentre pas dans les détails, sécurité oblige, même si la LMN interdit le recours à la torture, comme dans certains régimes du XX ème siècle et avant.
Peut-être aurons nous des nouvelles de mon mari, car il a gardé son émetteur quantique échappant à la localisation par gonio et autre méthode.
Je suis obligée de vous quitter, car outre le bourdon médical dont j’entends le bourdonnement je pars faire un petit saut spatio-temporel pour me retrouver le 13 septembre 2020 où je vais aller acheter quelques viennoiseries pour un petit déjeuner à l’abri des bourdons et de leur horrible tambouille.
Très heureuse de vous avoir parlé, j’espère que cela va continuer et je vous tiens au courant concernant votre puce horloge
Danièle
PS : je n’ai pas le temps de relire et pour raison de sécurité mon système d’écriture n’est pas relié au système correcteur, d’ailleurs qui ne m’aurait pas permis d'aller au bout de ce que je viens de vous dire.
Merci Danièle pour cette mine d’informations et d’explications.
Vous ouvrez une porte d'espérance.
Quelle chance d’avoir eu dans votre entourage des spécialistes bloquant votre puce.
Cependant je peine à comprendre comment désactiver le système de délocalisation spatio temporel et ainsi modifier le temps.
Je vais réfléchir aussi de mon côté.
J’avoue que je vous envie de retourner savourer les viennoiseries des années 20.
Je suis bien contrainte de manger ce qui est fourni par le drone de l’alimentation générale et, il faut l’avouer, l’emballage comestible est meilleur que la dose requise de proteines-lipides-glucides en galettes colorées fournie hebdomadairement.
Garder le moral quand on a le Bourdon, ça me fait avancer.
J’ai le cerveau qui crépite comme si les dentrites s’entrechoquaient.
Deux VR donnent des pistes pour passer au travers des mailles du filet et le décret de 2050 édicté par le Contrôleur Général des Nations qui détermine notre longévité terrestre pourrait bien être contourné.
Le taxi-drone glisse sous la seule entrée autorisée dans la mégapole où vit ma famille.
Tout autour de la cité s’étalent et s’étendent à perte de vue des éoliennes immobiles et des champs de panneaux solaires noirs et luisants.
J’ai souvenir de champs de blés dorés et de tournesols éclatants et la vision d’aujourd’hui ne cesse de me déprimer.
Dans la cité, tout est parfait et élégant. Je n’ai même pas la perception du dôme tant sa construction est une réussite d’urbanisme.
J’ai le sentiment d’être dans black mirror, cette série des années 20 dont j’ai vu un épisode lorsque j’étais enfant. Les rues sont tellement propres et fleuries et la circulation si restreinte que le bruit n’est qu’un glissement assourdi. Les tours d’habitations enveloppées de verdure ressemblent à des forêts de séquoias géants.
Les gens concentrés sur leurs TT lèvent parfois leur visage et sourient.
Je comprends leur Grande Acceptation, ils vivent dans un monde protégé et par la grâce de leur nano-médecin implanté ne souffrent plus d’interactions négatives pour leur santé psychique.
Les neurobiologistes ont séquencé les gênes de violences tant physiques que verbales et ce qui existait durant la GGS n’a plus cours. Délation, médisance, critique, calomnie, mouchardage, sont des mots inconnus pour ces nouvelles générations.
Quand un individu perçoit un bruissement dans son oreille, la puce implantée s’étant déclenchée et avant qu’un malaise moral ne s’installe, il sait qu’il doit aller à la BBE (borne de bien-être).
Je les vois ces bornes à intervalle régulier dans les rues. Ce sont des anciennes bornes de délivrance de gel hydro-alcoolique installées lors de la GGS.
Les urbanistes ont eu l’idée géniale de garder leur cachet ancien et authentique. Aujourd’hui, par reconnaissance faciale, elle délivre une gélule rose à action sublinguale.
Après ingestion, le bruissement auriculaire cesse et l’individu poursuit sa journée dans un climat de sérénité parfaite.
Maintenant, installée chez ma fille dans un fauteuil de massage, l'O2Chair breveté depuis 60 ans et à l’efficacité prouvée, nous allons, en famille, regarder le Mur de Vie et le départ de mon petit-fils.
Il vit dans la colonie lunaire depuis trois ans et gérait jusqu’alors les mouvements des NIS ( navettes interstellaires), son poste ayant trouvé remplaçant, c’est enfin à son tour de rejoindre les habitants de Mars.
Lillie, je vois que vous intervenez, ainsi que d'autres personnes.
Vous avez donc accès vous aussi à ce réseau confidentiel et sécurisé.
J’en suis ravie mais aussi inquiète de ce qu’il peut advenir si nous sommes découverts.
Je souhaitais vous signaler que Luc ne donne plus signe de vie.
Il est intervenu sur son avant-bras et n’est plus traçable.
Je reçois des nouvelles par l’intermédiaire de sa compagne.
Je ne sais pas si compagne est le terme exact, il y a beau temps que l’on ne partage plus le pain qui n’existe plus. Le terme partenaire ne convient pas non plus, il me fait penser à une entreprise ou une relation quasi sexuelle et à 140 ans...Je cherche le mot juste dans la palette existant de nos jours.
Acolyte me paraît guerrier, allié pourrait aller mais il manque la notion d’amour.
Épouse rejoint l’idée de mariage et nul ne sait plus aujourd’hui ce qu’était cette cérémonie.
Bref, Danièle pense qu’il est en vie malgré les bourrasques et avalanches dont souffre la région où il vit.
L’ivresse du vin interdit couplé à l’ivresse des montagnes devrait l’aider à surmonter ses difficultés.
Je retourne sur le Mur de Vie.
L’arrivée sur la planète rouge ne devrait plus tarder.
Le pong d’une notification m’alerte.
Ainsi Lillie, tu repars avec Jim Harisson. Sans doute sur « la route du retour ». Foudroyant et génial.
Un auteur qui n'avait qu'un seul oeil mais mille regards.
Je pense que dans les années 2040 et au-delà la médecine aura encore fait des progrès et vous serez en bien meilleure santé que les octogénaires actuels. Peut-être que vous ressentirez des douleurs un peu partout plutôt vers vos 90 ans ? En tous cas je l'espère 😛
Qui vivra verra , mais je n'en suis pas aussi certaine que toi ...à cause des pollutions , des cultures intensives , des élevages intensifs , bref d'une nourriture de plus en plus mauvaise qualité , et aussi les risques de famine dues au changement climatique , à cause aussi de la surpopulation .
Les personnes de 80, 90 ans et plus ont grandi dans un monde très différent , avec ses défauts et sa guerre mondiale , mais leur nourriture était plus saine , ils dormaient plus , vivaient dans l'ensemble plus simplement .
J'ai déjà vu pas mal de nonagénaires enterrer leurs enfants de 60 ans .
C'est vrai qu'il y a la pollution et tout ce que tu rappelles, mais je veux rester optimiste et espérer qu'on fera les changements nécessaires à temps... 😕
Caro
La beauté des mots ne saurait excuser leur aigreur ~
voyageforum.com/discussion/votre-playlist-route-d10352797
bonjour Lillie mais non ton message était très bien, mais en 2095 difficile de te répondre, un petit passage en 2020 c'est moins dangereux d'y répondre.
Jim Harrison écrit merveilleusement sur la terre (au sens du paysan) et les émotions de l'homme qui y est confronté. J'adore le Jim Harrison de la pêche à la truite: John D. Voelker avec deux livres magnifiques qui parlent des rivières aux USA:
Testament d'un pêcheur à la mouche
Itinéraire d'un pêcheur à la mouche
Pas besoin d'être pêcheur encore moins moucheur pour apprécier cette manière de penser de l'Américain du fond de sa cambrousse. Et là aussi la bière et le vin coulent à flots. dans ses carnets il y a des grosses bredouilles et aussi des grosses cuites!
Luc
Pondy chère Dom ,
J'ai compris , ce matin , que mon message HS , avait dû faire ploutch !!! alors je continue à lire J.Harrison et on reste dans l'intimité des temps anciens , lui , écrivain et moi lectrice ...
Et aussi " je me crois en enfer , donc j'y suis "
et j'y reste !
j'ai demandé la suppression du message
j'ai passé de gentils moments parfois ici avec vous ! merci !
Lillie
Bonjour Lillie,
J'avais initié il y a peu une discussion sur les romans graphiques traitant du voyage, et comme vous mentionnez le romancier (non graphique) Jim Harrison et comme j'aime les romans tout court, laquelle de ses œuvres conseilleriez-vous à une amatrice de récits/romans de voyage ?
Caro
La beauté des mots ne saurait excuser leur aigreur ~
voyageforum.com/discussion/votre-playlist-route-d10352797
Bonjour Madame, le comité de décision des VR, bien évidemment contrôle les transmissions sur ce réseau pour raisons de sécurité, d’autant plus que l’on craint une prise de pouvoir complète par l’intelligence artificielle, éliminant définitivement les leaders des ex-Gafa qui ont encore un brin d’humanité.
Oui au départ les GAFA ne cherchaient pas à annihiler la façon de penser. Par exemple Amazon vous permettait de trouver n’importe quel livre, quelque part on pourrait dire que c’était un amplificateur de culture. Nous, nous n’y faisions qu’exceptionnellement appel, essayant d’épuiser auparavant toutes les possibilités de ce qu’on appelait les librairies, qui déjà en 2020 étaient en difficulté.
Donc votre cas a été étudié et dans le combat de reconquête engagé vous pouvez devenir un élément intéressant, en particulier du fait qu’à travers votre petit-fils vous avez accès à la Lune et bientôt à Mars.
Le système de scan quantique a cerné votre personnalité, certes vous pouvez penser qu’il a un côté très intrusif, mais à la guerre comme à la guerre. Ah oui ce mot guerre est aussi un mot banni, rayé à la fin de la troisième guerre mondiale qui avait duré de 2039 à 2045. Il en avait découlé une courte période glacière jusqu’en 2084, suite aux nombreuses poussières consécutives aux gigantesques explosions nucléaires ou pas. Je m’égare.
Donc, vos données ont été intégrées, dans les 24 heures vous allez bénéficier du masque temporaire d’écoulement du temps, avant que vous puissiez profier du privilège (pour le moment) du déplacement spacio-temporel. Cela permettra de coupler votre horloge, et vous permettre de fournir des données modifiées au bourdon décompteur.
Ce serait très long à vous expliquer et je ne suis pas experte. En gros lorsque vous partez dans un temps différé, tout en vous y va, rappelez-vous je vous avez parlé de ralentissement ou accélération de vie biologique du fait de la fameuse loi de la relativité restreinte. Donc lorsque vous basculez d’un temps à un autre, votre horloge aussi. C’est là que le génie des savants VR intervient. Au moment du basculement et à vrai dire juste après, il y a une rémanence et durant ces fractions de seconde votre horloge indique le temps duquel vous venez. Une bonne synchronisation que je n’ai pas le temps de vous expliquer maintenant. Ayant choisi l’époque de laquelle vous venez, cela permet de fournir le temps voulu au bourdon décompteur.
Je vais vous abandonner pour aujourd’hui, les grands souffles d’avalanches ne se sont pas encore produits et mon époux est parti depuis 48 heures. Ah oui ces mots qui ne veulent plus rien dire, époux, épouse, et autres. Oui déjà dans l’avant-dernière guerre mondial il y avait un langage spécifique qui a été synthétisé dans un livre intéressant « la langue du troisième Reich ». Puis dans les années 2020 il y a eu la nowlang, premier pas vers le bonheur.
Je vous dis à bientôt et fais mon petit saut temporel vers le 14 septembre 2020. Mon saut du 13 septembre fut une merveille je vous en donne une photo ou deux.
J’ai apprécié ma soirée d’hier à regarder l’installation de mon petit-fils sur la planète rouge.
Que d’évolutions depuis le départ du rover Perseverance dans les années 20.
Depuis la terraformation de Mars, une colonie de 400 individus s’est installée. Agronomes, botanistes, biologistes, chercheurs et autres scientifiques ainsi que des hommes et femmes reproducteurs aux gamètes flamboyants. Fini les incubateurs là-haut, il s’agit de reconstituer une planète la plus écologique possible sans renouveler les erreurs terriennes.
Bref, grâce au masque du déplacement spacio-temporel et je ne vous remercierai jamais assez, le Bourdon décompteur est bloqué.
J’ai cependant certainement fait une manœuvre erronée, un couac en quelque sorte car, à l’heure où j’écris je suis au Mexique à Campeche dans le Yucatan non loin de Mérida.
Mais aussi, en plus, mes cheveux balayent mon dos, ma peau est lisse et les gens regardent ma combinaison grise qui flotte sur mes hanches d’un œil étonné et curieux.
Dans un kiosque à journaux, je lis sur la première page du quotidien El Tiempo : 14 septiembre 1975.
Je suis au comble de l’excitation et je vais rester dans ce temps.
J’ai jeté le masque spacio-temporel.
Comment va être ma vie future ?
C’est une sensation vertigineuse, je vous l’assure.
Des mariachis chantent et jouent de la guitare sur le zocalo, j’y cours.
PS 1: Le masque spacio-temporel n’a vraiment rien à voir avec la DeLorean DMC-12, et j’ai su autrefois que les mouvements spacio-temporels étaient possibles car je faisais partie des témoins avec mes parents de la journée du 21 octobre 2015.
Bonjour Madame, je vous souhaite plein de choses en cette année 1975, qui me rappelle de beaux souvenirs.
Les grandes avalanches ne se sont toujours pas fait entendre.
Si vous désirez revenir en 2095 pour vous associez au combat dites-le moi.
Ici dans mon saut spatio-temporaire en 2020 dans les Vosges c'est le bonheur. La nature s'adapte à la sécheresse en particulier le Boletus Edulis appelé vulgairement cèpe de Bordeaux.
La forê d'épicéas moins, elle souffre et est ravagée par le scolite. Les forestiers ont remplacé le sapin traditionnel des Vosges par l'épicéa, plus rentable, ce qui mène à cette catastrophe, mais on va y remédier. La couverture forestière en France est beaucoup plus importante qu'au 19 siècle où les caprins avec leur système de broutage détruisaient jusqu'aux racines et ici dans les Vosges la désertification paysanne a fait que la forêt a repris ses privilèges au détriment des prairies à vaches.
Madame Danièle et Monsieur Luc Bertrand
Parc naturel des Ballons des Vosges
France
Bonjour à tous les deux.
Peut-être Luc, pourra t-il lire mon courrier si le Service Postal a toujours cours.
Je ne peux plus atteindre les messages car je viens de m’apercevoir qu’internet en 1975 n’existe pas.
Quelle poisse.
J’ai trouvé un joli timbre pour l’international et à tout hasard, je vous donne des nouvelles.
Je ne reviendrai définitivement plus en 2095 et pas plus en 2020, ce monde est décidément trop torturé et noué avec les grosses ficelles d’une organisation des populations qui ne me plaît plus du tout.
J’ai trouvé une robe fluide et délaissant cette affreuse combinaison grise commune à tous les habitants de la planète de 2095, je me fonds plus facilement tant dans cette époque que dans ce pays.
Je suis aujourd’hui à Palenque.
Ce site maya du Chiapas est parfaitement vierge de tourisme. Il n’est ni structuré, bordé de chemins à emprunter comme il l’est depuis les années 1990. et derrière les pyramides, sous les orangers, poussent en abondance des champignons qui font rire.
Voyez, pas du tout les mêmes que ceux que vous cueillez en 2020 dans les Vosges.
Il fait très chaud, il n’y a personne alentour.
Je suis avec Juan depuis quelques jours et j’exerce mon espagnol précaire.
Nous sommes un peu gauches et timides mais je vais m’étendre sous un oranger, à l’ombre et goûter.
Ce sera la première fois et je vous en dirai l’effet.
J’ignore combien de temps mettra ma lettre pour vous parvenir ni même si elle arrivera.
Vous pouvez m’écrire en poste restante si vous le pouvez ou si vous le voulez.
Je serai de toute façon injoignable pendant huit jours.
À lire les commentaires et récits de voyage, plusieurs touristes déclarent vouloir (ou avoir) visiter le « vrai (visage) » de tel pays. Cette utilisation…
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J'ai trouvé ceci ce matin sur le site du "Figaro" (n'étant pas abonné, je n'ai pu lire tout l'article): j'en suis resté assez stupéfait, et je me demande bien…
Hi everyone, just this once I’m not posting for a travel story, but to share a thought for Venezuela.
If you didn’t know—since it’s not making headlines—the country was hit by two 7.5-magnitude earthquakes last week. Over 2,200 people have died, more than 50,000 are missing, and some coastal towns have been completely destroyed.
Maybe when the scale of the humanitarian crisis becomes clear, our media will cover it a bit more... especially since earthquakes with this many casualties usually make the front page, but there’s been nothing in France.
So here’s a thought for this country, which, whatever you think of its politics, is a true jewel of South America, both for its landscapes and its people.
hi there
I’d like to invite you to discover my coastal province in central Vietnam: Quang Ngai.
This year, my province has really improved its infrastructure—mountains, countryside, and sea are all authentic here.
No harassers or thieves, and no Russians either.
A local lunch costs around 1 €.
A *** hotel room is about 25 €, and you can find hotels right on My Khe Beach.
We have a specialty: *banh xeo*—10 crepes for just 1.5 €.
You can rent motorbikes to explore the province and maybe visit the many ethnic minorities.
I live here—I’m not selling anything, but I can help if needed (my father-in-law is a traditional Vietnamese doctor and he’s very skilled).
Hi everyone! 😉
I’m Typhaine, 35 years old. Five years ago, I left France for a solo round-the-world trip—no planes, just a van, hitchhiking, cycling, and even a canoe in the Amazon! Today, I work as a naturalist guide in Argentine Patagonia.
Wherever I go, my compass stays the same: observing and photographing wildlife, which I deeply admire and respect.
My project: I’d love to share this experience through a sustainable, authentic, and immersive nature tourism initiative. But to build something meaningful, I need to understand how other nature enthusiasts experience their own adventures.
If you:
Are over 20 years old
Have a true passion for Nature
Have already taken at least one trip lasting more than 3 nights (in your country or abroad) in your life
Promise: I’m not selling anything, this isn’t marketing. Your answers are 100% anonymous and will only help me shape this wild project.
A huge thank you to everyone for your help and kindness! Looking forward to chatting in this thread 😛
(Dear admins, this is purely a collaborative effort for my project study, with no commercial purpose. Thank you so much for your support!)
Photo: Grizzly Bear (Ursus arctos horribilis), female on the left and her cub on the right. Photo taken by me in Alaska, Denali National Park.
It’s something we often notice in this forum—and many others—this behavioral shift.
A long-time member, or even a new one, asks a question.
They get one or more answers, some brief, some detailed, and then... nothing???
Not even a simple thank you!!!
From what I’ve gathered, if the answers don’t align with what they wanted to hear, it seems natural for the asker to just disappear!! 😕
Unless—(and I fear this is the case)—basic politeness is no longer part of our society????
I spent 3 weeks in Bali last summer (+ 3 nights on Gili Meno and a day trip to Kawah Ijen in Java). So I wanted to see what ChatGPT could suggest for comparison...
Here’s the prompt I gave:
"You’re a local expert guide for Bali.
- Plan a 20-day itinerary for Bali with a side trip to Gili Meno and a day trip to Kawah Ijen in Java without staying overnight.
- I’m traveling with my wife, and I love visiting historical sites, hiking, relaxing at the beach, snorkeling, and exploring rice terraces...
- For the duration of the stay, I don’t want more than 8 places to sleep, and I’d like to stay at least 2 days at each stop to avoid unpacking too often. Except for the last night, where I’m okay with just one night near the airport.
- I prefer neighborhoods that are walkable and try to avoid typical tourist traps, though I don’t want to miss the must-see spots. So suggest a mix of iconic sites and hidden gems.
- Recommend hotels or guesthouses with a budget of 50 to 100 € per night, including breakfast. Make suggestions in areas popular with travelers, specifying the vibe (I prefer quiet), and consider safety and proximity to attractions.
- For lunch and dinner, suggest two to three restaurants that are well-rated by customers.
- Give me a day-by-day program with details on travel times, visiting times for each point of interest, and recommendations for transportation (taxi, train, bike, etc.).
Estimate the total cost of the trip, including accommodations, food, transportation, and activities, and suggest two tips for saving money in each category.
- Don’t make anything up—be realistic about travel times, take into account the opening dates and hours of sites, and give me the entry fees for places to visit.
- Ask me all the questions until you’re 95% sure you understand what’s being asked. Don’t generate your response until you’ve understood."
The AI asked for a few clarifications:
"Great request—I can build you a really optimized and enjoyable itinerary, but to be 95% sure I hit the mark, I need a few key clarifications (this will really influence the pace, areas, and accommodations)."
In the end, it proposed a program very close to what we actually did.
I’ll skip its accommodation and restaurant suggestions...
Its proposal:
"Ubud (4 nights) => we did 5 nights
Sidemen (2 nights)
Amed (3 nights) => we’d planned 2 nights
Gili Meno (3 nights) => we did Gili between Sidemen and Amed
Munduk (3 nights) => we did 2 nights before Pemuteran
Pemuteran (3 nights) with Ijen => we did 4 nights
Sanur (2 nights + 1 last night) => we chose Jatiluwih instead of Sanur
It suggested "activities" (and accommodations too):
IN UBUD:
- Walk around central Ubud (1–2h)
- Campuhan Ridge Walk
- Tegalalang Rice Terrace
- Tirta Empul
- Gunung Kawi
- Massage / market / slow café
IN SIDEMEN:
- Rice terrace hike (2–3h)
- Cooking class
IN AMED:
- Snorkeling
- Japanese Shipwreck
- Beach + relaxation
- Volcano sunset
ON GILI:
- Snorkeling at Gili Meno Turtle Point, Nest Underwater Statues
IN MUNDUK:
- Jungle & waterfall hike - Munduk Waterfall + Melanting Waterfall
- Loop: 3–4h (perfect for your level)
- Ulun Danu Bratan Temple
- Twin Lakes
IN PEMUTERAN
- Snorkeling: Menjangan Island
For Kawah Ijen, it detailed the day well:
👍 from Pemuteran = best possible option
12 PM: leave hotel (we left at 10 PM)
1 PM: ferry
3 PM: arrival in Java + transfer
11 PM: start ascent
2 AM–6 AM: volcano
Return to Bali around 11 AM–12 PM (we got back at 4 PM)
👍 still very intense, but doable with an agency
💰 ~80–120 €/person all-inclusive
IN SANUR:
- Relaxation
- Quiet beach
- Proximity to airport (30 min)"
I’ve kept the habit of blowing my nose in the sink and then washing my hands—a custom I picked up in India. Sometimes, non-travelers are shocked when they catch me in the act... 🤪
Also, when I run out of toilet paper, it doesn’t bother me—unless I’ve got company over... 🤪
Just got back from walking a friend’s dog (while they’re on vacation), wearing a djellaba and Tibetan boots... 😏😏😏 Oh, for sure, if I’d run into locals, I probably would’ve shocked them? 😏
Anyway, as long as I’m not spitting on the floor at a restaurant or squatting on the side of a highway with a water bottle in hand...
After taking a little trip around the world, I came back a few months ago with an idea in mind.
I mostly do diving, and I love observing animals in their natural habitat without disturbing them.
During the trip, I realized it was quite complicated to know where and when to see certain species.
For example:
where to dive with sharks or manta rays
where you might get a chance to swim with whales
I even discovered thresher sharks during my trip… I didn’t even know this species existed before, even though they’re incredible to see.
We spent a ton of time searching for info all over the place, especially on social media, without ever getting a clear picture.
So I started putting all this together on my own, in the form of a map, to make it easier to visualize where to go depending on the seasons.
I recently put a first version online (it’s called Fauneya).
There are probably mistakes, inconsistencies, or things to improve, and that’s partly why I’m posting here.
I’d really love to know how you all go about planning this kind of trip.
As part of my Master’s thesis, I’m currently conducting a public survey on a topic that concerns all of us when planning a trip: artificial intelligence and the role of human contact in travel planning.
These days, we’re using more and more digital tools to find ideas, compare options, and book trips... but is the role of human advisors still essential? At what moments? And for what types of trips?
The survey is anonymous and takes about 7 minutes.
It’s aimed at anyone who travels (or has traveled) for leisure, whether you plan everything yourself or go through an agency.
While browsing the forum to gather info for my upcoming trip to Thailand, I often see the terms "traveler," "great traveler," and also "tourist"—so what’s the nuance for you?
I've traveled quite a bit in Vietnam over the past few years—from the southern delta to bustling cities and even some small islands—but what really sticks with me is the north, the high mountains.
Up there, there's something different—maybe slower, more raw. The morning markets with ethnic groups, women in traditional clothes, the colors...
The stilt houses, kids following you and laughing for no reason, the terraced rice fields—it almost feels unreal at times, so vast and quiet, yet so human and simple.
You often hear that Sapa has become too touristy, and that's partly true, especially in the center. But as soon as you move a little farther away, everything changes quickly. The landscapes open up, encounters feel more natural, and you rediscover something truly authentic.
I think it's that contrast that struck me—the difference between what you imagine before going and what you actually discover when you take the time.
And you—what memory do you hold onto from Vietnam? A particular place that touched you more than others?
Hello,
We’re finalizing the plans for our upcoming trip to China in May 2025. The second-to-last stop will be in Zhangjiajie, where we’ve planned to stay for 2 full days before heading to Shanghai.
We’re traveling solo using local transport and have arranged to stay in the city of Zhangjiajie.
We’ve seen that there’s a lot to see:
Tianmen Mountain, the Grand Canyon and the glass bridge, Zhangjiajie National Park, and that the sites are quite far apart with fairly expensive entry fees.
We’re thinking of dedicating one day to the national park and the Grand Canyon (glass bridge) and one day to Tianmen Mountain.
But we’re not sure if this plan is realistic—any thoughts would be much appreciated!
I should be serving a warming drink to the participants in the discussion about gardens and parks that provide us with beautiful photos, I could mention the delicious buttery scent wafting from bakeries in the thread about returning to France, but my heart, its powerful pulse that nourishes my entire being, is elsewhere.
Dasht-e Lut, Yazd, Esfahan, Bam, Kerman, Qeshm, Hormuz—a melody, a prayer at the heart of desire.
A dream, an unattainable fantasy? No. Not anymore.
A very serious Italian travel agency is organizing this trip for 6 people this winter. I’m signed up, I’m going, I’m living. Maybe.
"But you’re completely crazy!!!!"
I know... I know that every civilization, every society has a vital need to create scapegoats to define and justify itself, pathetically. And Iran is one of them, top of the list. I laugh or sigh, and it doesn’t bother me.
But that unchanging red, deep red and garnet, so beautiful in itself, in all the Western chancelleries repeats, whispers, shouts: don’t go, don’t go, don’t go, you’re putting yourself in danger and we can’t do anything for you. You’ll be turned into mere bargaining chips, into arguments for endless negotiations. Fear must be instilled, its power absolutely preserved, no concessions made to the enemy. The information (how many French hostages, real or fake, compared to the number of travelers?) is always lacking.
Traveling becomes a merciless confrontation between desire, the vital pulse, and anxiety, its ghosts.
Hi everyone, here’s our itinerary. Arriving on the evening of December 13th. Departing on January 7th.
Thanks in advance for your tips and valuable feedback.
Manila – 1 night
Coron – 4 nights
Coron to El Nido cruise – 2 nights
El Nido – 4 nights
Port Barton – 5 nights
Flight from Puerto Princesa to Vigan
Vigan – 2 nights
Sagada – 2 nights
Banaue – 2 nights
Bagabag – 1 night
Manila – 1 night
I’ve only booked the flight to Manila and the Manila/Coron flight so far. Is it possible to book boat trips, accommodations, and the Puerto Princesa flight last-minute?
Really disappointed with Costa Rica! Pura vida? The scam of the century!
(Costa Rica pure emptiness).
The country where animals are free and people are in cages.
3 weeks in December in this country and never again. Imagine the trailer of a movie that seems interesting, and when you go see it, you realize it’s a flop and the best moments were in the trailer.
Well, that’s exactly how we felt with Costa Rica pure emptiness.
My wife and I have traveled quite a bit and didn’t expect to be so wrong about a place.
On the main routes, we visited:
San José
Alajuela
Limón, Cahuita, Puerto Viejo, Manzanillo (Caribbean side)
Jaco, Quepos, Manuel Antonio (Pacific side)
And a few short stops in intermediate towns.
Our dissatisfaction grew gradually like this:
When we arrived at the hotel, the taxi dropped us off on a small street in front of a white metal gate with ground-floor windows barred. We looked at it skeptically, but the sign matched.
He approached the gate, rang the bell, the buzzer sounded, and the door opened slightly. The hotel wasn’t bad for the price, a 10-minute walk from downtown, but with a "Fleury-Mérogis" vibe guaranteed.
So far, so good.
After showering and regaining our bearings, we headed downtown.
What started to unsettle us on the way was seeing houses with bars on the ground-floor windows and even on the second floor.
At first, we thought the hotel’s neighborhood wasn’t great.
Downtown San José:
It’s a generic city, not very exotic, with a pedestrian street and a small mercado where you can eat local food without frills. Very few tourists—if any—which let you blend in with the locals. We had lunch and struggled to make ourselves understood because, aside from one or two shops, English wasn’t spoken.
On the way back to the hotel, we took a different route, and while chatting and strolling, my wife pointed out a beautiful two-story white house completely barricaded like Fort Knox.
From that moment, we started noticing the facades of houses and buildings, and wow, it was creepy—most looked like prisons, some even with barbed wire.
Though put off, we told ourselves it was probably a big-city thing and the rest of the country couldn’t be like this.
So far, so good.
We relaxed at the hotel and had a drink at the bar. Night falls early, around 5:30 PM. By 7:30 PM, we headed back downtown for dinner. A bit unsettling for a capital—downtown was almost deserted, and aside from fast-food chains, very few restaurants were open, with hardly anyone on the streets.
Bars with security guards out front.
I won’t say we felt unsafe that night, but once it got dark, we realized the bars on the windows weren’t for nothing. First day in, and our impression was already mixed.
The next day, we explored the city and surroundings, and our feelings didn’t change.
So far, so good.
Off to Cahuita by bus—4 hours of travel.
The landscapes are very green but quickly become monotonous. The road runs alongside the forest and passes through a few towns and villages, and even in the countryside, there were just as many prison-like houses.
The bus dropped us off at Cahuita’s terminal station—only four of us got off. It’s a village, or rather, a small town. Cahuita is basically one straight road and a perpendicular one, and honestly, doubt started to creep in.
A few restaurants that add 13% tax and 10% service charge—so 23% extra. We dropped our stuff at the hotel and went to explore. In 20 minutes, we’d seen it all. We had lunch and planned to check out the famous park.
Entry is by donation—well, the "entry" is a joke. There’s a path along the forest by the sea, and that’s it.
Nothing’s going right anymore.
We thought it was a total scam, but since we hadn’t gone far, we decided to come back the next day to explore further.
We returned to the hotel, relaxed, and around 8:00 PM, we went out for dinner. Only two restaurants were open, and the streets were deserted.
Creepy!
The next day, we explored the so-called park more thoroughly and really got it.
A path along the forest by the sea—2 hours there and 2 hours back, where you see animals that feel like showing their faces.
A total joke—"all that for this?"
The beach was full of wood debris and coconut husks. We wondered if the photos online were edited because the sea, very rough, wasn’t the azure blue we’d seen in pictures.
But calling this a park is a joke—it’s like a new concept.
When we thought about the reviews online, we started to suspect that professionals with interests in the country were monitoring and countering any negative feedback that could harm their business.
Too bad we didn’t check the negative reviews beforehand—we did while we were there, and it helped. We wondered if we’d become too demanding after all our travels, but no—when something’s bad, it’s bad.
Manuel Antonio’s park is even more ridiculous—there’s a short path along the sea for about 500 meters, and then nothing. You have to climb through mud and hack your way through the forest. We ended up barefoot because the mud was up to our calves. All that to see a raccoon and a few parrots flying overhead.
We didn’t expect Noah’s Ark, but we’ve seen more animals in Bali, Mexico, and Thailand while visiting temples or just walking around than in these so-called parks!
Puerto Viejo, not far from Cahuita and supposedly livelier—well, it couldn’t be worse!
According to Lonely Planet, it had a Caribbean vibe and wild nights, but maybe that was a long time ago. The good reggae music playing everywhere isn’t enough.
In the evening, Puerto Viejo was a bit livelier than Cahuita, but that’s not saying much. Very few tourists—if any—no night market, just two or three shops open selling $20 T-shirts. Same vibe as San José.
No big deal—we enjoyed the beach and the sun, which was reliable.
Our itinerary was supposed to include Tortuguero Park, but after talking to other travelers who’d just been, we changed our minds, knowing we’d be visiting Manuel Antonio Park on the Pacific side.
To get back to the Pacific side, you have to take the bus and go through San José again—5 hours this time—then switch bus terminals and another 4.5 hours to Quepos.
A stopover town to get to Manuel Antonio’s beach and park!
A town just like the others we’d seen—deserted as soon as the sun sets, and not exactly bustling during the day either. (Where are all the tourists?)
Still as many bars on the windows and that feeling of being in the wrong place.
7 km later: Manuel Antonio beach and park.
The beach is very beautiful and quite large, but don’t expect turquoise blue water—the waves stir up the sand, giving the water a brownish color.
Along the beach, shops and restaurants for about 300 meters, and then nothing. At night, after sunset, the town shuts down too.
Manuel Antonio Park is highly praised for its wildlife, so we were eager to see it. When you express dissatisfaction with Cahuita or Manzanillo parks, the response is always, "But you should’ve gone to Monteverde or Manuel Antonio!" No matter what you do or say, they’ll tell you, "You should’ve gone there or here."
Back to our famous park—entry was about $16, and contrary to what we’d heard, it wasn’t crowded!
Guides at the entrance with spotting scopes offered their services for about $30.
The park: a mix of boardwalk and dirt paths through the forest, sometimes running alongside beautiful coves and beaches.
As soon as we entered, a crowd was taking photos of a deer eating leaves.
A little further on, a guide with a group of five stopped. The guide raised his arm and set up his spotting scope! He showed them, about 100 meters away, a hummingbird perched on a branch. Some, looking through the scope, exclaimed, "Oh my God! Amazing! Incredible!"
For a moment, we thought they’d discovered a unicorn or were in Jurassic Park and had just crossed paths with a T-Rex!
The concept is comical—looking at a bird or another animal through a spotting scope because it’s too far away. Isn’t that what TV is for?
For our part, we saw monkeys, ants, an armadillo, an iguana, and the backside of a sloth climbing a tree. Amazing, incredible!
We stayed a few days in Manuel Antonio to enjoy the beach, changing hotels often because prices varied wildly from one day to the next for shameful services. On top of that, they’d quote a price in dollars and convert it at their discretion—thieves!
Alajuela, a city near the airport, has a two-story mall and a local market downtown! No interest except its proximity to the airport.
What we liked:
The climate and, in hindsight, San José—the most authentic city we visited.
What we didn’t like, in addition to what we’ve already mentioned:
Costa Ricans aren’t very friendly or communicative. English is barely spoken, not even by doctors at Quepos Hospital, where my wife ended up with food poisoning (thanks, Google Translate). The widespread obesity among Costa Ricans, who eat like Americans. The insecurity. The eco-hipsters who leave their $150 lodges in minivans with guides to visit parks and other sites, then return to barricade themselves in their fortresses at nightfall (oh my God, amazing, incredible). The blue signs at the entrance of towns that accept this payment method: "We accept American Express." Parking lots that become paid just because a guy is watching your car. Prices displayed in dollars. The cost of living (hotels, restaurants, taxes). Landscapes that are too green and not flowery enough. Beaches—nothing exceptional. Pollution in cities where big American trucks rule. Sewage dumped directly into the sea. Aside from the jungle, there’s nothing to visit—no ruins, monuments, or anything worth seeing.
In short, my wife and I think the hype about this supposedly eco-friendly country is overrated. It’s just the trendy destination of the moment. There are much better, cheaper, and more authentic places.
In hindsight, we keep the good memories and our beautiful photos, but if we had to do it over...
Before signing off, a little message to those who don’t like hearing opinions different from theirs:
Well, some things aren’t up for debate. And to those who’d have us believe that in 3 weeks, we don’t have the right to criticize a country or express our feelings—how can you praise it in so little time? What a scam. Costa Rica is a money pit. Pura vida? Pure cosmic emptiness.
If you like spending your evenings barricaded in your cozy hotel after dark, this country is for you.
For everyone else: run!
Hello,
Since the war between Russia and Ukraine, nothing is simple anymore for traveling to Belarus due to sanctions.
No more direct flights from the EU to Minsk.
Driving is a huge hassle, especially crossing through Poland at the only open border in Brest—you can wait 2, 3, or even 4 days just to get through by car.
The least painful driving option is to come via Lithuania and cross at the only open border, with a minimum wait time of 8 hours, sometimes up to 20 hours or more!!
Controls are very strict and annoying on both the Lithuanian and Belarusian sides. Avoid bringing alcohol, food, or cigarettes—everything will end up in the trash, especially when leaving Belarus for Vilnius, where the Lithuanians are tough, even with EU citizens.
The joy I once knew when visiting my wife in Minsk is sadly over—it’s now a real ordeal.
The fastest solution is to fly. My wife travels to France by taking a bus to Kaunas in Lithuania, where you can catch a flight (though not daily) to Paris Beauvais or Charleroi in Belgium with Ryanair, for example.
For the return trip, it’s the same: a flight to Kaunas and then a direct bus from the airport to Minsk.
The bus crossing is quicker than driving—the 250 km journey, including border checks, takes about 6 to 8 hours for buses leaving Lithuania around midnight, but controls are still strict at the border.
The biggest challenge is finding flight schedules that align with the bus routes between the two countries, given the unpredictable border crossing times.
Now, my wife travels via Charleroi in Belgium (near Brussels), and you can take a train to Paris. Alternatively, you can fly into Beauvais and take a bus to Paris (Porte Maillot).
For those driving, note that EU insurance and assistance policies no longer work in Belarus or Russia. You’ll need to get local insurance, usually limited to third-party liability (I don’t think full coverage exists?), as well as mandatory medical insurance. This is available at the border.
You now have to pay highway tolls—no more BELTOLL boxes. Instead, you pay a flat fee for the duration of your stay. Stop at the first gas station after crossing from Lithuania to fill up on fuel and cigarettes.
From what I know, Lithuania bans carrying more than 60 € in cash, but there’s no limit for USD (though it’s capped at $10,000??).
With a Visa card, you can now withdraw 1,000 rubles per week (about 270 €)—two months ago, it was only 500 rubles!!
For now, you can still pay by card in shops and gas stations.
However, major retailers like KORONA (which may be Russian-owned??) no longer accept foreign Visa cards.
Unfortunately, the additional sanctions announced by the U.S. on August 5, 2025, against Russia—and possibly Belarus—aren’t promising for the future.
After 20 years of visiting Belarus, I’m truly saddened to see the joy of living in this country with my wonderful wife turn into such a bleak situation, all because of human folly.
Hi everyone!
I’m putting together our travel itinerary for Veneto at the end of April. And the more I look and research potential sites to visit, the more I find!
We’ll only be there for a week—my family and I—including 3 days in Venice. So we have to make some choices...
I plan to rent a car when we arrive in Venice and head straight to Bergamo, which would be our first stop. We’d leave the car at the airport when we return to Venice so we can explore the city at our leisure.
What do you think:
1 night in Bergamo (a 2h15 drive from Venice airport),
1 night in Garda,
1 night in Verona,
1 in Padua, and
3 in Venice—would that be doable?
Thanks in advance for your tips and experiences! :)
Now that the curtain has fallen on the past year, it’s time to see what’s happening around here.
It seems pretty quiet, but I’ll read more in detail later.
First, I need to tell you all an anecdote.
My eldest little girl, in her third year of law school, was really scared she wouldn’t pass the year.
I told her:
“Trust yourself, you’ve worked so hard, and worst case, if you fail, you’ll just redo the year.”
“But I don’t think I’ll make it—they changed the rules, and if I mess up even one unit, I have to start all over.”
I knew her grades weren’t exactly stellar, and with what I was about to say, I wasn’t taking much of a risk.
“Here’s the deal, sweetheart: if you pass, I promise I’ll take you to India, just the two of us.”
I have to admit, India is a country I’ve talked about so much to all my grandchildren that in their minds, it’s become a magical, mythical place (hmm).
July had barely begun when my phone rang, her name flashing on the screen.
“Mamido, I did it!”
My promise came rushing back—oh no, oh no, oh no!
“Congratulations, sweetheart!”
A little shyly, she said:
“Is the India trip still on?”
And me, replying:
“Of course it is!”
And that’s that—a promise is a promise, or you risk losing that precious trust that keeps hearts warm and at peace.
We’re leaving in February. Only 8 days—yikes, the carbon footprint!
But we can’t miss her tutorials, or she’ll be kicked out.
Personally, that works just fine for me.
Going to India has become a challenge for me. It’s far, it’s exhausting, I sweat, I hate mosquitoes, the spices bother my mouth when I used to love them. There’s noise all the time—at night, the dogs bark nonstop, and we almost get run over. I’ll get lost in the streets because my sense of direction has vanished. I don’t like rice anymore. All that chaos and those cultural differences that once enchanted me now just overwhelm me.
But I promised.
The upside—and it’s a big one—Raman, the same driver I’ve had forever, will be at the airport with a sign with our names. We’ll stop at the same little shop for chai (or tea, plain and simple) with that aroma that intoxicates me, halfway through the trip.
It’ll be a tiny trip—staying with friends, I’ll show her a few places I love: Chidambaram, Mamallapuram, and the clinic where I worked. Then we’ll head back.
My little girl will go home to her parents.
As for me, I’ll leave right away for our Scottish island with Homme for our chilly winter.
How can you love a country so much you want to live there, then suddenly reject it, no longer able to appreciate what once made it special?
That’s the mystery of love, I guess.
I’ve visited the U.S. four times myself, including two long road trips. The last one was just this past August...
I won’t be going back. I already felt guilty last August, but recent policies have finally convinced me: the humiliation of Zelensky, authoritarian excesses, Gestapo-like methods for detaining people of foreign origin, the murder of innocent people (a mother shot dead), corruption, insane "tariffs," skyrocketing healthcare costs for Americans, the abduction of foreign figures to secure oil, the requirement to disclose social media accounts, and now... threats and blackmail to forcibly take Greenland—a region that belongs to Denmark and thus the European Union!
The reality is that simply posting this could get me denied entry to the U.S.!
In this context, I just can’t keep spending money there. I loved my trips, but there are so many other countries with stunning landscapes to explore.
So I get why you’d want to travel there. I did, and I loved it. But once a country no longer respects any of the values that made us love it, why go?
How can we even consider traveling to a country that threatens to take one of our territories by force?
Hello everyone,
Controversial topic? Not necessarily—maybe just a reflection on a world to come.
I spent the last 15 days of August on a cruise in Greenland, from Kangerlussuaq to Tasiilaq.
I was utterly amazed by this unique world of rock and ice, the little houses in every color, a simple life that’s also complicated by isolation and climate, among other things...
I carry in my heart the kindness of the people I met, the raw and gentle majesty of the icebergs, the colors of the sky...
So, I can’t even imagine a massive presence of raw material prospectors, heavy machinery requiring roads to be built—if that’s even possible—changing their way of life... putting sled dogs out to pasture!
Do fast food and Greenland’s northern lights really mix?
I wouldn’t trade my memories for an ESTA!
All opinions are respectable, which is why this isn’t a controversy—but I’m sorry, I have a soft spot for *my* Greenland.
We’re a couple aged 58 and 63. We’ve just returned from a wonderful trip to South India in Tamil Nadu and a few days in Kerala. We traveled with a local French-speaking guide and his friend, the driver. They both live in Pondicherry. We spent 3 weeks with them in the most authentic way!
We covered just over 2,500 km and visited not only temples but also archaeological sites, museums, and small artisanal businesses making tiles, tea, sculptures, bronze, and silk spinning. We were lucky enough to visit a public school, attend a wedding, and even a death announcement in a small countryside village. We were fully immersed in the culture, food, noise, and colors—it was incredible!
The hotels and guesthouses we chose were very clean and mostly quiet. We’re returning from India with amazing discoveries!
We’re happy to share more info if you’d like!
M-Claire and Jean
This catchy and somewhat mysterious title comes from several questions I’ve been asking myself.
VF has been back open for a reasonable number of weeks and months now.
The number of visitors overall matches past averages, but the number of members online in the last 24 hours seems relatively lower than what we used to see.
Yet, to my surprise, I’m seeing fewer travel journals, way fewer messages, and way fewer questions.
I don’t see many new registered users online, and I notice a number of members who are logged in but either aren’t participating or have stopped participating.
Something’s not adding up for me because, in my opinion, VF is still appealing, and I don’t see which other sites could really compete.
Was there a real break between pre- and post-Covid?
Does it just take more time for some people to discover the site or learn that it’s active again?
Do people now prefer quick consumption on sites like FB or others I’m not familiar with?
Where have the site’s old-timers gone, and what are they doing with their time now?
What’s really going on here?
This isn’t exactly a traveler’s question... I’d like to know who handles the technical side of this forum?
I run a similar forum on a different topic (unrecognized children), and we’re dealing with a few technical issues that are slowly killing our forum... so I’d have one or two questions to ask 😊.
Also, I was wondering who created this forum... who the administrators or moderators are, etc.
I think this forum is great. Much better than Facebook, which I’ve been using since it shut down (so I’m happy to see it’s working again...)
Hi there, I’ve been traveling for 18 years now, at least 6 months a year, and as the years go by, I actually enjoy coming back to France more and more—a feeling I struggled with at first. I mean, we always think the grass is greener elsewhere.
But in the end, I find meaning in that saying about how there’s no place like home. I still love traveling just as much, but now my trips are shorter, and I enjoy spending more time in our beautiful country, even though I don’t hesitate to criticize it.
How about you? How do you handle coming back from your travels?
A few years ago, I went with a group of friends to lend a hand at a small rural school near Thiès, Senegal.
It was a relaxed but hardworking atmosphere—hands in the mortar, laughter, exchanges, and everything that a COOPERATION project can bring.
Today, the little project is flying on its own.
Wanting to explore Senegal’s riches, we set off for some tourism in the Siné Saloum. One girl in our group fell ill (a malaria attack), and we decided to take her to see a doctor at a large tourist complex nearby. Despite her condition, we had to "show our credentials" (if I may say so) just to get in. She was treated and has been fine since.
This "stop" at a Club Med-style resort with a Teutonic twist—resembling Le Grau-du-Roi but fancier—was a horror show for us: pools, massive artificial basins dyed blue, pink, or green (!!!!), animators shouting around wet T-shirt contests or coconut tree climbing, and sunburned (or sun-pinked) *toubabs*.
The entire hotel was surrounded by a huge wall, behind which a small souvenir-seller slum had sprung up, worthy of Dakar’s outer neighborhoods.
On leaving, we saw a minibus of guests returning from an "excursion," loaded with masks, fabrics, and djembés—African souvenirs?
Maybe those will be *theirs*?
What impression did the kids clustered at the hotel gates get?
What about the Black servers in "traditional African costumes," serving cocktails and ice cream nonstop?
For me, who experienced Africa very young and in the bush, this remains a haunting image.
On VF, this kind of vacation doesn’t seem to be the norm among users, and that’s exactly why I signed up.
Have you ever experienced this kind of interstellar travel?
Do you understand the Martians?
Are their motivations peaceful?
I’ve been wondering: Is it still reasonable to rent a car in the U.S.?
Apparently, since early January 2025—and very quietly—the most important insurance coverage, namely the driver’s civil liability, has seen its coverage amount drop from $1 million to just $300,000. This coverage is supposed to protect us from damages we might be responsible for while driving. We can go decades without a single scrape (especially if it’s our fault), but anything can happen in a split second. A motorcycle appearing out of nowhere, a misjudgment at one of those huge intersections with staggered traffic lights, and suddenly we could be deemed at fault for the accident. We’d then have to pay out of pocket for the other party’s medical expenses. Given what hospitals charge... it can easily exceed $300,000 and turn into a nightmare in no time!!! Plus, anyone who’s driven on American roads has seen those billboards for lawyers offering their services to accident victims. So on top of the sky-high medical bill, the lawyer will demand compensation worthy of a Hollywood movie!!!! So, is it even worth getting behind the wheel in America anymore? Well... that’s just my take! And on top of that, I haven’t found any insurance company that offers such high civil liability coverage. Chapka and others do offer coverage in the millions, but motor vehicles are excluded.... So here’s the thing... Unless I’ve "missed something," I’ve come to this conclusion: Renting a car in the U.S. is like playing Russian roulette! But maybe I’m being too pessimistic? What do you think?
My two bullfighting traditions when I'm back home in Camargue (France) and in Colombia (Caribbean) every time I return. 🤠
Details:
Bullfights (corridas) aren’t part of my two bullfighting traditions, but I respect those who attend them!!!
In these two ancestral bullfighting traditions—which aren’t bullfights—the Bulls and Toros aren’t killed or tortured, as some might think.
These are bull games where the animals return to their pastures afterward and only come back to the Arenas 2–3 times a year at most.
They spend 15 minutes in the ring for the Camarguais and 5 minutes for the Toros in the Colombian Corralejas.
They’re cared for and pampered. They’ll die of old age in miles of open fields.
The young people who face them are professionals, risking their lives to support their families and live their Passion for the Toro!!! 😄
https://youtu.be/yYKQer42HoQ
Colombian Corraleja in the link below (hope it works) 🤪
https://fb.watch/BMfmuCgQpG/